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 Feuilleton : A l'ombre du géant

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MBS

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MessageSujet: Feuilleton : A l'ombre du géant   Ven 7 Nov 2008 - 0:38

EN GUISE DE PRELUDE


Les géants portent en eux quelque chose de nos humaines faiblesses. Ils observent de leurs hauteurs nos petites manies, nos grosses colères, nos vies étroites... Et ils s’en moquent. Leur regard est si détaché de notre monde brûlant qu’ils ressentent à peine les piques du temps. Ils avancent et avancent encore, parcourant à vastes enjambées des territoires que nous n’égratignerons jamais. Lorsqu’ils nous reviennent, le front ceint de lauriers, leur besace est pleine des parfums du monde, de ces visages que nous n’aurions jamais vus, de ces instants que nous ne pouvions imaginer. Alors, ils nous prennent au creux de leurs mains, nous élèvent vers le ciel, nous emportent avec eux.
Géant tu l’étais et ce n’était pas le moindre de tes mérites que de ne jamais l’oublier. Tu étais l’humanité avec ses pires excès et ses générosités puériles. Tu étais la vie et la mort, l’amour et la haine, le vent et la mer. Tu voyais haut, tu voyais loin. Rien n’échappait à ton vaste horizon. Rien n’avait jamais chez toi le triste goût du banal. Le faste était ton quotidien et le doute ton exception. Le commun t’était insupportable et l’excès indispensable. Ta vie c’était folie que de la vivre ainsi mais tu ne pouvais la concevoir autrement. Il te fallait du soleil pour étouffer la pluie. Il te fallait l’univers pour oublier l’ennui.
Je te regarde partir pour l’autre rive, géant. Là où ton corps sera poussière mais où ton âme restera forte. Là où sont déjà tes parents, tes amours, tes amis, tous ceux qui un jour ont croisé ton chemin et qui n’avaient ni ton goût de vivre, ni ton art de le faire bien. Dans ta poche peut-être qu’il reste un ou deux sous, témoins métalliques de cette fortune que tu bâtis et que tu égaras dans des fêtes pantagruéliques ou des projets de chimère. Pars puisqu’il n’y a rien ici qui puisse te retenir, tu as rompu les derniers cordages. La vie a quitté ton dernier amarrage. Pars, géant, mais tu sais qu’il nous reste tout le génie de ton art. Tes plumes ont couru plus vite que le vent, les femmes ont vécu aux crochets de ton sang. Celui que tu pissais en fines tâches noires et qui irrigue aujourd’hui nos mémoires. Le temps est ton allié dans ce dernier effort qui te verra revivre bien après nos morts.

à suivre
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MessageSujet: Re: Feuilleton : A l'ombre du géant   Sam 8 Nov 2008 - 22:51

CHAPITRE I
MON FRERE DE LAIT


Je ne me souviens pas de notre première rencontre. Quoi de plus normal ! Je n’étais alors qu’un enfantelet venant de naître, une touffe de chairs roses emmaillotée dans du linge de même couleur. A-t-il su dès ce jour-là que je me prénommais Louise ? Pouvait-il deviner qu’il serait mon maître et un peu plus qu’un ami ? La destinée est une mauvaise fille qui ne vous donne rien à l’avance, ni un signe, ni une indication même vague. Il l’ignora. Et moi aussi.

J’avais six jours et Alexandre, qui allait devenir mon frère de lait, n’en avait guère plus. Sa mère, Laure Labay, était une modeste cousette résidant au quatrième étage du pâté des Italiens. Elle vivait seule ce qui suffisait à dire pour les cancans la mauvaise vie de la dame. On ne devient pas mère à trente ans passés sans qu’un homme ait traversé votre vie en passant par les rivages mouvants d’un lit. Quel était cet homme ? Pour l’état civil, il n’avait pas de nom et sans doute que pour beaucoup d’habitants du quartier il n’en avait pas davantage. Il était une drôle d’ombre pressée qui allait et venait sans jamais sembler s’arrêter.
Pour ma mère, Marie Fontan, qui vivait au troisième, le mystère de l’enfant de Laure Labay n’en était plus un depuis longtemps. Elle savait, pour en avoir été un témoin particulièrement curieux, que la dame avait fini par succomber aux appétits terribles d’un jeune employé des bureaux du duc Louis-Philippe d’Orléans. Cela s’était fait au cours de l’automne de l’année 1823. Rapidement, pour économiser sur le loyer, les deux amants avaient choisi de ne plus vivre que dans un seul appartement de ce quatrième étage dont le palier les avait rapprochés. Singulier homme à vrai dire que cet employé du cousin du roi, il semblait ne vivre que pour l’écriture. Ma mère le voyait le plus souvent passer dans l’escalier, la chemise piquetée de tâches d’encre faites à son travail où il écrivait les lettres pour le service du duc ou au cours de ces nuits fiévreuses qui le voyaient taquiner la muse. Le père du petit Alexandre se piquait en effet d’écrire et il fréquentait assidûment les salons littéraires de la capitale. Ma mère l’entendait rentrer le soir à des heures tardives, après une représentation théâtrale ou un dîner. Le lendemain matin, une nouvelle cavalcade dans l’escalier annonçait le départ de ce jeune homme joufflu, de haute taille, avec juste une once de duvet au-dessus des lèvres. On le distinguait entre tous dans l’immeuble comme dans les rues du quartier par ses cheveux crépus et d’un noir profond. Certains, en vertu de ce seul trait physique, l’appelaient le nègre.
Et puis, l’homme se fit plus rare et ma mère comprit qu’il avait quitté le nid. Elle apprit de sa voisine du dessus que, fort d’une augmentation qui lui permettrait désormais de toucher 1500 francs par an, l’homme qui courait après la gloire avait pris son envol pour une autre femme. Une autre femme dont elle ne parvenait pourtant pas à être jalouse puisque celle qui lui avait dérobé le père de cet enfant à naître n’était autre que la propre mère du géniteur. Ne voulant ni régulariser sa relation avec Laure, ni endurer les foudres d’une mère aimante mais très regardante sur les bonnes mœurs, il avait agi comme agissent le plus souvent les hommes, par le silence, la fuite et le secret. Ainsi, il courait encore plus, passant du pâté des Italiens aux loges des théâtres, de son nouvel appartement de la rue du faubourg Saint-Denis à son bureau du Palais-Royal. Et l’immeuble murmurait sur ce les folies de ce diable de monsieur Dumas.

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MessageSujet: Re: Feuilleton : A l'ombre du géant   Dim 9 Nov 2008 - 20:30

Ma mère n’avait pour vivre que les petits talents d’une femme. Elle savait préparer de savoureuses tourtes légumières, repriser et blanchir le linge, entretenir le feu et donner de l’amour aux êtres. Le souvenir que j’ai gardé d’elle dans les premiers âge de ma vie, quand son visage portait encore une douce fraîcheur, est lumineux comme un soleil de juillet. Sa blondeur légèrement cendrée éclairait un visage souvent pâle, des lèvres presque blanches que relevait un regard bleu. De mon père, je ne sus jamais rien ; il ‘avait guère eu d’importance… ni pour elle, ni pour moi. Faute d’économies pour subvenir et de patrons pour lui payer des gages, Marie Fontan s’était faite nourrice à 19 ans. Avant moi, elle avait donné la vie à deux autres enfants, deux petits bâtards que Dieu avait rappelé précocement à lui. Il s’était trouvé plus de lait et plus de vie pour les enfants que des mères soucieuses de leur dignité lui abandonnaient. Le sein maternel avait donc la réputation de faire prospérer les fils des autres et d’assécher rapidement les forces de ceux qui en étaient issu. Lorsque, pour la troisième fois, ma mère se retrouva enceinte, il se trouva plusieurs femmes du quartier pour lui demander de les suppléer dans les tâches pénibles de l’allaitement et de la surveillance de leurs futurs enfants. Parmi ceux qui, connaissant la réputation avantageuse du lait de Marie Fontan, proposèrent de l’engager, il y eut le « nègre » et sa cousette. Entre le 4è et le 3è étages du pâté des Italiens, l’affaire fut rapidement conclue. Mon destin était scellé par cet accord : ou je naissais avec une robustesse suffisante pour survivre, ou j’étais condamnée à passer après ces « enfants payants ».
A croire que le lait maternel convenait mieux aux filles de la famille, je survécus et, quelques années plus tard, ma petite sœur Léonie aussi.

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MessageSujet: Re: Feuilleton : A l'ombre du géant   Dim 9 Nov 2008 - 21:18

Il ne me reste de cette prime enfance que des souvenirs éparpillés dans des recoins de ma mémoire, des moments très courts échappés à l’infernal oubli. L’un d’eux se rapporte justement à Alexandre, mon frère de lait. Nous avions grandi d’abord ensemble, puis en simples voisins, partageant des jeux innocents qui nous voyaient courir à perdre haleine et équilibre dans les escaliers sombres. Et puis, un jour, ma mère me prit à part pour me parler.
- Louise, tu es une grande fille désormais. Tu peux comprendre ce que je vais te dire, n’est-ce pas ?
J’approuvai d’un signe de la tête, le visage déterminé et le buste bien redressé puisque j’étais une grande fille – j’avais remarqué combien les dames se tenaient bien droite quand moi j’étais toujours penchée à chercher quelque chose à droite ou à gauche, quand ce n’était pas à plat ventre que je rampais à en déchirer mes robes.
- Madame Labay vient de me dire qu’elle va quitter son appartement. Monsieur Dumas a payé à Alexandre des études à la pension Saint-Victor…
Elle comprit rapidement que je ne comprenais pas. J’étais à un âge où on pense innocemment que tout dure toujours. Alexandre était mon voisin, mon ami, presque mon frère. Rien ne pouvait venir remettre en cause cette réalité-là. Pas plus que je ne pouvais imaginer que la promesse que nous avions échangée de nous marier un jour ne puisse se réaliser.
- Tu ne reverras plus Alexandre. Il est parti.
Là cela devenait plus clair. Plus clair et plus douloureux. Je sentis quelque chose me brûler sous les yeux. Cette sensation que je connaissais pour l’avoir éprouvée après être tombée, après qu’on m’eût refusé un gâteau, après une rebuffade, voilà qu’elle naissait d’une impression de manque et de vide. Qu’étais-je sans lui ? Qu’étais-je sans ses petits commandements secs auxquels j’obéissais sans comprendre et en riant ? Que serai-je sans sa voix douce et sa petite main qui caressait mes cheveux ? Le futur me faisait peur, le futur me faisait mal.
Mais les grandes filles ne pleurent pas et j’avais été d’accord avec ça. Alors je n’ai pas pleuré… Parce que les dames ne pleurent pas. Elles peuvent bien avoir des douleurs, des drames, des tristesses, elles restent dignes et tamponnent nerveusement de leur mouchoir de baptiste le coin de leurs yeux. Exactement là où était la brûlure qui me faisait si mal. Que faire si on ne pleure pas, comment occuper ce vide, cette sensation d’avoir tout perdu ? J’ai découvert ce jour-là la force immense qu’il faut pour continuer à vivre lorsque votre univers vous échappe. J’ai découvert le silence, le retrait du monde, les vertus du repli sur soi-même. Tout ce qu’il me restait de mon frère de lait c’était ces quelques pages cousues ensemble par Laure Labay, une histoire de chasse que le père si souvent absent avait écrite pour son fils. Les mots tracés par le géant aux cheveux étranges n’avaient pour moi que peu de sens - je savais à peine mon alphabet et mes premières syllabes – mais certains d’entre eux étaient accompagnés de petits dessins malhabiles dans lesquels j’allais découvrir le monde.
C’est sur ces pages ocre que j’allais apprendre à lire, à aimer les mots et leur musique, à apprécier le raclement de la plume sur le papier. Une fille de nourrice n’a guère de destin si elle ne prend pas celui-ci entre ses mains. Le mien tenait dans ce petit cahier oublié par mon petit Alexandre et né du génie encore inconnu qui me laissait parfois quelques sous pour me faire de menus plaisirs.

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MessageSujet: Re: Feuilleton : A l'ombre du géant   Mar 11 Nov 2008 - 19:45

A 14 ans, ma vie semblait tracée. Par une de ses clientes, ma mère avait obtenu que je me présentasse au domicile de monsieur Védel pour y trouver un emploi de femme de chambre. Sans être illustre, l’homme avait de l’importance puisqu’il dirigeait la prestigieuse Comédie Française. La place qui m’était donnée auprès de son épouse était assurément une bonne place surtout pour une jeune fille dont la tête était plus aux étoiles qu’aux réalités matérielles. J’entrais dans mon rôle avec l’humilité nécessaire, le goût de bien faire et la satisfaction de trouver dans la bibliothèque de mes patrons les pages d’évasion dont j’avais besoin.
Parmi les ouvrages que je lisais par bribes, lorsque personne ne pouvait me surprendre, il y avait tout le théâtre romantique, toutes ces œuvres qui avaient révolutionné la littérature et la scène alors que j’étais encore une enfant. Sans bien saisir toutes les subtilités des drames de messieurs Hugo, Dumas ou Vigny, j’épousai sans peine le désarroi des héros confrontés à leur destin. Comme eux, je portais en mon cœur une indicible souffrance, celle d’avoir perdu mon frère de lait, ce cher petit Alexandre. Pour le jour où nous nous retrouverions, je me devais de me faire savante dans l’art de vivre et d’aimer. Je trouvais dans les écrits des auteurs romantiques une passion semblable à celle qui brûlait mon esprit. Ils éclairaient ma route vers l’instant des retrouvailles.
Lorsque j’entrais au service de monsieur et de madame Védel, la Comédie Française donnait une reprise d’un drame de Victor Hugo, Angelo, tyran de Padoue. Ce drame en prose avait été créé trois années auparavant en 1835 avec un certain succès mais sans avoir suscité les élans et les les imprécations qui avaient accompagné Hernani en 1830. La reprise pouvait s’enorgueillir de compter dans la distribution la sulfureuse Marie Dorval qui jouait le personnage de la comédienne Tisbé. Elle reprenait le rôle créé par mademoiselle Mars, une autre prestigieuse comédienne de la troupe, celui d’une femme qui découvre que l’homme qu’elle aime en aime une autre. Cette souffrance serait plus tard la mienne mais rien ne pouvait me le dire encore.
Le 18 février 1838, après seulement trois semaines au service des Védel, j’accompagnais ma maîtresse au Théâtre-Français. J’étais chargée de veiller sur sa traîne et ses menues affaires que je portais dans un sac de cuir. Il y avait une foule certaine à l’entrée du Théâtre-Français et je peinais à suivre ma maîtresse au milieu des dames en belles robes et des messieurs en fracs. Nous réussîmes à nous faufiler au milieu de toute cette presse jusqu’à la loge du directeur encore vide celui-ci demeurant jusqu’aux derniers instants en coulisse.
- Où vas-tu, ma petite ? me demanda madame Védel en me voyant approcher de la rambarde du balcon.
- Je demande pardon à madame pour cette audace, mais je n’avais jamais vu une salle de théâtre… Et c’est tellement grand et c’est tellement beau… Ces lumières, ce grand rideau rouge, cette foule qui bruisse…
- Tu fais bien de t’extasier, ma petite Louise, car tu sais bien que tu ne dois ta présence en ces lieux qu’à l’indisposition de Juliette. Tu ne reviendras pas de sitôt.
- Bien le sais-je madame… Et je vous fais mille mercis de m’avoir laissée vous accompagner.
Madame Védel me considéra avec dans le regard une lueur amusée. Après tout, se disait-elle, c’est encore une gamine et elle a bien le temps de s’habituer à tout cela. Peut-être songeait-elle à ses propres émotions la première fois où elle avait découvert la salle et l’ambiance de ce monde d’artistes. Elle était sûrement blasée aujourd’hui, les spectacles succédant aux spectacles et les émotions aux émotions.
- Eh bien, ouvre grand tes yeux pendant un instant et viens ensuite te poser sur ton siège. Tu n’en bougeras plus ensuite jusqu’à l’entracte.
Je fis ainsi que madame Védel me l’avait commandée mais, lorsque le rideau se leva, je ne pus m’empêcher de me soulever quelque peu de mon pliant pour deviner la scène. Le décor représentait un jardin. Je n’eus que le temps de deviner quelques frondaisons avant que de me rasseoir, craignant d’être prise en faute. La première voix emplit la salle, tourna contre les velours et me retourna ; je partis pour Padoue au cœur du XVIè siècle. J’étais immédiatement subjuguée, conquise, prise sous le charme des intonations, des cris, des soupirs. Et ce balcon me devenait prison. Je sentis que ma vraie vie ne serait pas là, dans l’ombre, mais bien de l’autre côté dans l’éclat de la lumière de la rampe des bougies.
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