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 Les larmes de Mary

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Scapinocchio de la Mancha

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MessageSujet: Les Larmes de Mary   Dim 20 Jan 2008 - 19:39

LES LARMES DE MARY



Mary pose son front contre la vitre froide. De la cour, de la grange, du chemin qui se perd au-delà des labours, son regard ne voit rien. Elle a fermé les yeux. Mary est triste. Et Mary reste ainsi, les yeux fermés, le front brûlant contre la vitre froide.
Elle voudrait que l’hiver qui n’en finira plus envahisse son corps et se love en son ventre et s’installe en son cœur. Il est si grand ce vide en toi, Mary ! Si douloureux !
Les yeux fermés, Mary s’efforce à deviner le chemin creux derrière la ligne d’horizon. Où va-t-il quand il n’est plus cette griffure blafarde à travers les labours, à l’instant même où la terre et le ciel se rejoignent ? Où va-t-il ce chemin lorsqu’il n’appartient plus à la terre ni au ciel ? Où vont ceux que l’on aime et que deviennent-ils quand ils ont disparu de l’avoir trop suivi ?
« Je veux tant qu’il revienne ! »

Mary est triste ; d’une tristesse aussi brûlante que les morsures d’hiver qui s’insinuent en elle au contact glacé de son front sur la vitre. Il est des peines si profondes, si convulsives, que l’âme seule ne sait les contenir ; qu’elles s’incarnent en toi. Oui, c’est cela : la tristesse parfois est si envahissante, si lancinante, qu’elle peut s’incruster dans l’intimité de ta chair, jusqu’à devenir ta propre chair. Tu l’éprouves physiquement. Elle est là, elle fait corps avec toi. Et tu dois la nourrir pour ne pas qu’elle t’affame.

Tu veux tant qu’il revienne ! Mais ce matin, Mary, quand il t’a dit, "Je pars !" tu n’as su aucun mot qui eût pu l’apaiser, tu n’as su aucun geste pour le retenir. Tu n’as été capable que d’un grand désarroi. "Non ! Ne me laisse pas !" Ce long cri de détresse, avant qu’il ait franchi tes lèvres, s’est éteint au baiser qu’il y a déposé. A ce "Pourquoi ?" muet dans tes yeux embués, tu savais la réponse avant qu’il ne la dise, tant tu la redoutais : " J’étais venu pour une nuit, te souviens-tu ? Quatre hivers ont passé !" Et tu as murmuré : "Mille printemps aussi !" Il n’a plus dit un mot ; sa musette déjà pendait à son épaule. Tu as compris alors qu’il était déjà loin.
- Pourquoi faut-il, toujours, que les hommes partent ?
- C’est qu’ils sont si légers que le vent les emporte ! Et le monde est si vaste !

Tu veux crier "Reviens !" mais le froid du dehors étouffe ton silence.
- Comment veux-tu, Mary, qu’il revienne ton homme, tant le chemin qu’il a suivi est figé dans l’hiver ? Comment veux-tu, Mary ?
- Ma peine et ma souffrance n’y réussiraient pas ? Et ce vide effrayant que j’ai là, tout en moi, partout en moi, cette force vaincue devenue inutile que j’ai au fond du cœur, n’est-ce donc pas assez pour le faire revenir ?
- Eh bien ! Essaie Mary ! Qui pourrait t’en dissuader ? L’amour puise parfois au fond du désespoir des énergies insoupçonnées !

Mary, le front brûlant contre la vitre froide – pont thermique entre l’hiver avide du dehors et cette solitude ardente qui brûle en elle – à pleins poumons, à pleine douleur, aspire le chemin comme pour l’avaler. Elle sait qu’elle devra l’absorber tout entier. Il va la pénétrer, s’insinuer en elle, emplir ce vide immense dont elle est faite, se lover en son ventre au chaud de son désir. A force de l’appeler, les yeux fermés, de le vouloir si fort, il va bien apparaître, mon homme – film à l’envers – au bout du chemin entre ciel et terre, sa lourde silhouette d’homme puissant dur au labeur, va se découper sur le ciel froid – il t’a tant ébloui dans le soleil couchant lorsqu’il rentrait des champs –, de son long pas d’homme tranquille, de sa démarche souple, il sera bientôt là, à fouler le chemin sans éviter les nids de poules, il grossit, il approche, il traverse la cour, les deux barbaries qui fouillent du bec dans la boue s’écartent à peine sur le passage de l’homme de la maison. La soupe est sur la table, fumante, il va s’asseoir et manger sans bruit, tu vas le regarder, lui poser mille questions muettes, et seulement quand il sera rassasié il te dira les labours et les semailles, les promesses de moisson, la jument à ferrer, il te dira aussi le lièvre qui a filé entre ses jambes et qu’il n’a pas osé tirer. Et tu seras heureuse et il sera ton homme qui ne partira pas.

Il ne t’aura pas dit les oies sauvages qui filaient vers le sud.

Mais le chemin est long, si long, trop long et il a dû marcher si vite, ou bien il a pris les sentiers de traverse pour continuer sa route à travers le monde, cette route qu’il avait interrompue un soir d’hiver. D’où venait-il ? Simplement la porte s’était ouverte et le froid et la nuit étaient entrés, mais quand la porte s’était refermée, n’était plus resté que ce grand corps qui avait faim et froid, et le froid et la nuit s’en étaient allés pour longtemps.

Les yeux fermés, le front contre la vitre froide, Mary continue d’engloutir le chemin. A force de volonté obstinée, l’espoir inespéré prend corps, corps d’homme. Mary ouvre les yeux, car elle a discerné une silhouette qui se découpe sur le ciel. Les yeux grand ouverts maintenant, elle la voit à l’endroit même de l’horizon où elle l’a attendue. Je te l’avais bien dit ! Il y avait tant de vide en moi !

Mais la silhouette qui croît n’avance pas du long pas de l’homme tranquille. Elle sautille, court vêtue d’une robe qui danse au vent. Balancent à la cadence de ses sauts de faonne guillerette, ses nattes enrubannées. Mary rentre de l’école. Se peut-il que je vienne de si loin ? Se peut-il que ce vide en moi ait été si profond pour qu’il y ait autant de place, de la place pour un si long chemin ? Ce n’est pas possible ! Mais c’est bien Mary-enfant, mais c’est bien Marynette et son sourire qui envahissent la cour. Elle approche de la vitre froide et Mary dit "Entre en moi Mary, au chaud de moi ! Au moins toi tu as su revenir ! Viens m’habiter comme autrefois !" Mais Mary-enfant est trop rayonnante, le pont thermique ne fonctionne plus, et elle reste dehors et elle rit de bonheur et Mary, les yeux grand ouverts, appelle Mary-enfant. "S’il te plaît entre en moi, s’il te plaît Marynette ! Je suis si seule" Se peut-il que j’aie parcouru un si long chemin ? Mais le chemin désert a pris trop de place depuis longtemps, et l’enfant reste là si proche derrière la vitre, inaccessible et Mary impuissante tremble de froid, ses yeux fatigués dans les yeux malicieux et cruels de l’enfance. Mary colle plus fort son front contre la vitre, mais n’entre en elle qu’un long, qu’un trop long jour d’hiver. L’enfant rit.
Et Mary pleure.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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Dernière édition par Scapinocchio de la Mancha le Jeu 4 Sep 2008 - 23:56, édité 2 fois
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reGinelle

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MessageSujet: Re: Les larmes de Mary   Dim 20 Jan 2008 - 19:47

chinois chinois ffffffffffffffff
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Scapinocchio de la Mancha

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MessageSujet: Re: Les larmes de Mary   Dim 20 Jan 2008 - 19:49

Merci m'dame !

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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reGinelle

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MessageSujet: Re: Les larmes de Mary   Dim 20 Jan 2008 - 19:52

Scapinocchio a écrit:
Merci m'dame !

beaucoup de "choses" dans ce "ffffffff"... mais je sais que tu as compris.

merci... suis très émue par ce texte... bisou
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Romane
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MessageSujet: Re: Les larmes de Mary   Dim 20 Jan 2008 - 19:53

A couper le souffle, tout ça en dedans soi qui se défait dans la brûlure de l'impossible... un monde s'est écroulé...

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: Les larmes de Mary   Dim 20 Jan 2008 - 20:01

Après la lecture remuante (très) des Larmes de Mary, je repense soudain à cette lettre d'amour extraordinaire de Soie (Alessandro Baricco). Aussi désespérée, dans ce qui n'est ni larmes visibles, ni cri audible, tout en dedans profondément.

Gé, quelle sensibilité...

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: Les larmes de Mary   Dim 20 Jan 2008 - 20:20

La difficulté ici (mais c'est cela finalement, le travail d'écriture), a été de me mettre à la place d'un autre, particulière d'une femme ! C'est sans doute pour cela que c'est le texte qui m'a fait le plus souffrir, au point que je l'ai travaillé pendant presque un an ! je ne vous dit pas les centaines d'heures ! Si le résultat plaît, c'est une grande satisfaction. Pour moi, de l'avoir achevé (en principe), c'est un grand soulagement !

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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BloodyMary
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MessageSujet: Re: Les larmes de Mary   Dim 20 Jan 2008 - 20:21

Je sors de cette lecture...Retournée... Labourée devrai-je dire. Et je le dis.
Chapeau bas...
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MessageSujet: Re: Les larmes de Mary   Dim 20 Jan 2008 - 20:23

Au début, Mary était Marie. Je ne sais pas pourquoi j'ai mis cet y.
Merci Bloody !

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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Romane
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MessageSujet: Re: Les larmes de Mary   Dim 20 Jan 2008 - 20:27

Scapinocchio a écrit:
La difficulté ici (mais c'est cela finalement, le travail d'écriture), a été de me mettre à la place d'un autre, particulière d'une femme ! C'est sans doute pour cela que c'est le texte qui m'a fait le plus souffrir, au point que je l'ai travaillé pendant presque un an ! je ne vous dit pas les centaines d'heures ! Si le résultat plaît, c'est une grande satisfaction. Pour moi, de l'avoir achevé (en principe), c'est un grand soulagement !

Je peux te dire sans me tromper que tes efforts n'ont pas été vains, et que tu as bellement traduit le ventre vide de cette femme, vide de son homme, tandis que son coeur déborde et qu'elle veut à tout pris.

L'arrivée d'elle-enfant est absolument remarquable. J'y vois que l'homme, son homme, a emporté avec lui ce qu'elle portait de fraîcheur et de spontanéité, de pétillance et de joie de vivre.

Vraiment, vraiment, Gé, je salue ton travail et reconnais ta sensibilité. Tout y est, il ne faut rien ôter, rien rajouter, tout est en nuances, fort dans la désespérance, doux à la fois, vraiment.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: Les larmes de Mary   Dim 20 Jan 2008 - 20:29

Scapinocchio a écrit:
Au début, Mary était Marie. Je ne sais pas pourquoi j'ai mis cet y.
Merci Bloody !

Moi je l'ai lue en MarIE pour tout l'univers pastoral autour de toutes façons Wink
Et en rroulant les rrr ! Encorrre Brrravo.
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Scapinocchio de la Mancha

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MessageSujet: Re: Les larmes de Mary   Dim 20 Jan 2008 - 20:36

Si ! Je crois savoir pourquoi Marie est devenue Mary ! En cours d'écriture, m'est revenu à l'esprit "Sur la route de Madison" et Meryl Streep.
Si Mary a un visage, c'est le sien.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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filo

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MessageSujet: Re: Les larmes de Mary   Dim 20 Jan 2008 - 20:49

Gérard, mes respects.
Ce texte est brillant, sensible, et subtil en plus.
Poétique, même.
Quand je pense à toutes ces nullités qui sont édités et best-sellerisées, et que toi, tu es ici, parmi nous...

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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nouchka

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MessageSujet: Re: Les larmes de Mary   Dim 20 Jan 2008 - 21:11

ce texte est bouleversant. Merci
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Scapinocchio de la Mancha

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MessageSujet: Re: Les larmes de Mary   Dim 20 Jan 2008 - 21:13

Sur l'aspect poétique, relevé par Filo : ç'a été une autre difficulté. Je me suis attaché à rendre, je ne dirais pas poétique, mais "musicale" la lecture, en travaillant la plupart des phrases - dans la première partie en tout cas - en successions d'alexandrins ou d'octosyllabes, brisés quand le texte l'exigeait par des phrases ou éléments de phrases à rythme différent. D'où des choix de mots ou de tournures de phrases qui pour certaines m'ont pris... un temps certain.
Si le résultat est perceptible, ça me rassure !

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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Vilain
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MessageSujet: Re: Les larmes de Mary   Dim 20 Jan 2008 - 21:15

je dis rien Gérard.... chinois
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lison

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MessageSujet: Re: Les larmes de Mary   Dim 20 Jan 2008 - 22:41

Très touchant ton texte, gérard. J'en ai encore les trippes qui remuent. Merci chinois

Sais pas moi, mais je verrais très bien vilain en train de le lire ce texte...
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Vilain
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MessageSujet: Re: Les larmes de Mary   Dim 20 Jan 2008 - 22:45

lison a écrit:
Très touchant ton texte, gérard. J'en ai encore les trippes qui remuent. Merci chinois

Sais pas moi, mais je verrais très bien vilain en train de le lire ce texte...


encore une qui veut me faire bosser!....(c'est une manie ou quoi ?!) grrrrrrrrrrr

Mais..;oui...je le dirais avec plaisir.... Gaga on va voir ça un de ces jours...
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Scapinocchio de la Mancha

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MessageSujet: Re: Les larmes de Mary   Mer 23 Jan 2008 - 16:10

Romane a écrit:
L'arrivée d'elle-enfant ... J'y vois que l'homme, son homme, a emporté avec lui ce qu'elle portait de fraîcheur et de spontanéité, de pétillance et de joie de vivre.

Je n'y vois pas cela. (Mais l'auteur est-il le mieux placé pour comprendre les sentiments qu'il a cru dépeindre ?)
J'y vois le désir ardent que l'on peut avoir, à certains moments particulièrement éprouvant de sa vie, quand tout semble vous abandonner, craquer autour de vous, de "revenir" en enfance, de retrouver cet autre soi-même que l'on fut, revenir à une époque où tout était simple. De se réfugier dans ce que l'on a été.
Mais on ne fait jamais le chemin à l'envers.

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reGinelle

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MessageSujet: Re: Les larmes de Mary   Mer 23 Jan 2008 - 16:14

aussi... c'est ainsi que je le perçois... le désir d'en revenir à des temps plus doux... mais ce n'est pas possible... et Mary-enfant reste derrière la vitre.
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Slayeras

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MessageSujet: Re: Les larmes de Mary   Mer 23 Jan 2008 - 19:42

c'est un très beau texte Gérard. Tellement triste, le temps qui passe, un retour en arrière impossible, l'impasse.

Merci. chinois
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almalo

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MessageSujet: Re: Les larmes de Mary   Mer 23 Jan 2008 - 20:47

Scapinocchio a écrit:

retrouver cet autre soi-même que l'on fut, revenir à une époque où tout était simple. De se réfugier dans ce que l'on a été.
Mais on ne fait jamais le chemin à l'envers.

C'est exactement ce que j'ai ressenti aussi. Et tu l'as magistralement bien décrit, avec les mots qu'il faut, pas plus ni moins.
Tout le texte est prenant, remuant comme l'ont dit les autres, bouleversant et...Ben je n'ai pas d'autres mots.
Ce sont des larmes si belles, si profondes, sans chichis ni trémolos. de vraies larmes que l'on vit avec Mary. L'écrire "Marie" aurait peut-être fait trop biblique, je ne sais pas.
Avec ou sans Y c'est une belle femme.
chinois
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Romane
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MessageSujet: Re: Les larmes de Mary   Mer 23 Jan 2008 - 21:30

Scapinocchio a écrit:
Romane a écrit:
L'arrivée d'elle-enfant ... J'y vois que l'homme, son homme, a emporté avec lui ce qu'elle portait de fraîcheur et de spontanéité, de pétillance et de joie de vivre.

Je n'y vois pas cela. (Mais l'auteur est-il le mieux placé pour comprendre les sentiments qu'il a cru dépeindre ?)
J'y vois le désir ardent que l'on peut avoir, à certains moments particulièrement éprouvant de sa vie, quand tout semble vous abandonner, craquer autour de vous, de "revenir" en enfance, de retrouver cet autre soi-même que l'on fut, revenir à une époque où tout était simple. De se réfugier dans ce que l'on a été.
Mais on ne fait jamais le chemin à l'envers.

Comment dire... sans doute parce que jamais il ne m'est arrivé de vouloir retourner dans l'enfance (parce qu'elle n'était pas sécurisante), mon réflexe est de la symboliser, cette enfance, plutôt que d'y revenir.
Mais je comprends bien ta vue à toi, qui serait plutôt même naturelle, normale. C'est moi qui, ne l'ayant pas vécue ainsi, ne peux pas le concevoir ainsi, en recevant ton texte.

D'ailleurs, l'exemple est intéressant et prouve bien qu'on perçoit les choses selon ce qu'on est soi. Si l'enfance avait revêtu l'aspect émotionnel d'un cocon, j'aurais plongé sans doute comme la plupart des lecteurs dans ton explication. J'en suis incapable. Et pour autant, on s'aperçoit du coup que quelle que soit la manière dont un lecteur capte et ressent un texte, il le fait vivre de toutes les couleurs possibles.

Etrange phénomène, quand on y pense.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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Slayeras

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MessageSujet: Re: Les larmes de Mary   Mer 23 Jan 2008 - 22:39

Citation :
Etrange phénomène, quand on y pense.

Ce n'est pas du tout étrange. C'est quelque-chose de naturel. Aucune interprétation n'est plus vraie qu'une autre. Mais je pense que tout ce qu'on interprète, les différents sens qu'on peut donner, ont voulu être dit par l'auteur, consciemment ou inconsciemment. Je ne sais pas... Je me pose la question ?????

Tu vois, j'ai interprété ce texte comme s'il y avait une cassure subite. Mary réalise qu'elle n'est plus une enfant quand son homme la quitte. Avant cette prise de conscience, peut-être avait-elle encore l'âme d'une enfant. C'est ainsi que j'ai vu les choses.

Et le temps qui passe lentement mais sûrement. Comme des hivers sans fin. Et le regret du temps où elle se posait moins de question etc.

Une impasse dans laquelle elle se trouve finalement. Elle vit dans les regrets.
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Eamo

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MessageSujet: Re: Les larmes de Mary   Jeu 3 Sep 2009 - 15:54

Subtil, oui, touchant et poétique, également.
Merci Romane de m'avoir ouvert la porte de ce texte. Merci Gérard, de l'avoir écris!
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MessageSujet: Re: Les larmes de Mary   

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