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 Les belles frontières de l'Enfer

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MBS

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Localisation : Toulouse
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MessageSujet: Les belles frontières de l'Enfer   Mer 26 Mar 2008 - 15:49

Les belles frontières de l'Enfer



Oh que les femmes sont belles ! Leurs jolies robes, leurs cheveux qui dansent dans le vent, leurs sourires gracieux comme ceux des anges.
J’aimerais le leur crier. Le hurler à m’en briser les cordes vocales, à m’en rendre muet et sourd pour l’éternité.
Mais je n’ose pas car je ne sais pas.
Je ne sais pas ce que c’est d’aimer. Je ne sais pas exactement quels mystères ces nobles créatures de Dieu enfouissent sous leurs cottes. Pour tout dire, je ne sais rien de ce monde-là. Fils unique, orphelin, je n’ai connu que des hommes autour de moi. Il y eut bien un temps ma grand-mère pour m’apporter un peu de douceur, de tendresse mais son esprit est parti battre la campagne bien avant que le Seigneur ne l’appelle en son paradis.

Je les regarde se promener avec une sorte de nonchalance affectée. Aujourd’hui, c’est dimanche et il me semble qu’elles ont décidé de renverser l’univers à coups d’œillades assassines et de lents mouvements de capeline.
Je les regarde.
Et elles aussi ne me lâchent pas du regard.
Discrètement. Sans y paraître. Comme part inadvertance.
Mais chaque étincelle de prunelle me cloue sur place m’interdisant d’aller au-delà, de pousser vers elles.
Oui, que les femmes sont belles quand on ne les connaît pas. Quand elles sont encore en bouton, repliées sous la résille légère qui leur dissimule le visage. Je me sens prisonnier de leur bon vouloir, complice déjà de ce qu’elles voudront bien faire de moi. Je m’embarquerai sans hésiter pour tous les voyages qu’elles voudront bien m’annoncer, me promettre, m’inventer. Les voilà ces îles de rêve vers lesquelles je mérite d’aller me reposer ! Une grande fille brune dans sa longue tunique bleu de ciel, une petite blonde au sourire charmant comme une flamme, une timide dont on ne devine ni les yeux, ni les cheveux sous son chapeau à larges bords.

Oserai-je les accoster ? Elles semblent avoir jeté l’ancre en m’attendant. Elles babillent à qui mieux mieux. Du temps qu’il fait, de chiffons, de ces vieux souvenirs qu’on exhume du fil des mémoires juste pour continuer à donner le change.
Allons. Elles m’attendent. Je le sais, je le sens. A mille détails imperceptibles que mon corps, en dépit de son inexpérience coupable, a su deviner. A mille riens qui conjugués ensemble forment un énorme signal, comme ces grands feux qu’on allume sur les rochers pour détourner les bateaux.
Allons. Je n’ai rien à craindre. Quelque chose me protège, quelque chose me pousse. L’envie, le besoin, une inconscience terrible ? Je ne sais comment définir cela. C’est en moi, ça brûle comme le brasier qui propulse vers l’avant les locomotives.
- Pardon, mesdemoiselles, me permettez-vous de vous tenir compagnie quelques instants ?
Les mots sont venus tous seuls. Polis par des mois de répétition et pourtant si simples et courtois qu’elles en rosissent de plaisir. Comme si elles les entendaient pour la première fois.
Oui. Elles m’attendaient.
Perdues dans leur solitude, égarées dans un désert aux nuits sans chaleur, elles avaient autant besoin de moi que moi d’elles. Notre rencontre ne pouvait dès lors être le simple fruit du hasard.

Le parc était d’une tristesse épouvantable. Seuls les frais minois des trois petites souris pouvaient illuminer cette absence de vie, ce silence éteint. Elles avaient en elles assez de chaleur pour redonner vie aux brindilles d’amour maintenues sous la cendre grise des jours.
Elles eurent un petit rire en me voyant m‘approcher. Je devais avoir une dégaine pitoyable avec ma valise en carton bouilli, ma casquette à carreaux et mon sourire un peu béat de timide mal dégrossi.
- Mais n’ayez pas peur, allons… Approchez !
Nouveau petit concert de rires. Charmant concerto à trois voix dont j’avais l’impression d’être à la fois l’inspirateur et le chef d’orchestre.
Quand je me suis planté devant elles, ma casquette battant nerveusement mes genoux pour en chasser je ne sais quel insecte imaginaire, ce fut un point d’orgue, seulement troublé par un hoquet de la blonde.
- Pardon, fit-elle en me décochant un regard vert qui contredisait ses paroles. Je crois que j’ai un peu trop bu…
- D’où venez-vous, demanda la plus grande à qui sa taille élancée semblait conférer une autorité indiscutée sur la triade ?
- Créhen… C’est en Bretagne, ajoutai-je en percevant dans leurs froncements de sourcil la perplexité que provoquait le nom de mon village.
- La Bretagne ?! Dis donc, t’es vraiment loin de chez toi alors ?... Et tu connaissais pas Paris ?
- J’y suis passé en allant… ben là où vous savez… Mais à part les gares et cette espèce de grand chemin de fer sous la terre, j’ai rien vu.
- Tu as pris le métropolitain ?... Ben ça alors ! Moi qui suis née ici, je ne le connais que du dehors… Dis, c’est comment ?... Ca fait peur ?
J’eus soudain l’impression de comprendre. Moi l’homme seul j’étais à leurs yeux une sorte de héros. Parce que j’avais affronté le monstre souterrain de fer et d’acier et que j’en étais revenu vivant. Parce que j’avais dans mes yeux les reflets sauvages des eaux froides de la Manche. Parce que j’étais un homme, denrée devenue trop rare au goût des vierges impatientes.
- Non, ça ne fait pas peur…
Je mentais bien sûr.
J’avais tremblé comme jamais en entendant la longue plainte stridente qui montait des roues torturées dans les courbes serrées. J’avais cru manquer d’air, compressé dans le wagon où ne dansaient que de faibles lumières. Et je peux affirmer sans risque de me tromper que je n’étais pas le seul à avoir la chemise humide et le teint blafard en remontant à la surface.
- Vous êtes plutôt joli garçon.
Je remerciai d’un sourire timide. C’était la première fois qu’on me faisait ce genre de compliments. Enfin non pas exactement… Dans le train vers l’Est, il y avait eu ce type qui m’avait jeté des regards étranges pendant des dizaines de kilomètres avant de disparaître en bougonnant si c’était pas malheureux d’envoyer des petits anges blonds au casse-pipe.

Elles s’étaient mises à me parler toutes ensemble. A vanter mes grands yeux clairs, ma blondeur de blé mûr. A me poser des dizaines de questions sur la mer qu’elles n’avaient jamais vue, sur les rochers roses dont elles avaient entendu parler dans leur livre de géographie. Insensiblement, elles se rapprochaient de moi, cherchaient à tour de rôle à capturer mon attention, à détourner mes paroles pour leurs seules oreilles. Au milieu de cette fournaise sonore, j’avais fini par apprendre leurs prénoms et deux ou trois détails les concernant.
La grande c’était Simone. Une rude fille de Belleville, née près du ruisseau et grandie entre la marée et le cuir, sa mère étant poissonnière et son père artisan cordonnier. Depuis le début de la guerre, elle était employée chez Renault où elle tournait ces saloperies d’obus.
La blonde se faisait appeler Marie. Un prénom virginal qui m’apparaissait bien peu lui convenir. Des trois, elle semblait la plus délurée. Elle parlait fort, multipliait les coups d’œil aguicheurs. Devant elle, je me faisais l’impression d’être une proie jugée, jaugée en attendant d’être dévorée irrémédiablement.
La timide avait su profiter des éclats de voix de ses amies pour entrer dans la danse. J’avais compris qu’elle s’appelait Micheline, qu’elle était d’origine auvergnate et que son père était bougnat. Des trois, elle était la seule à me vouvoyer encore… La seule aussi à parler un français correct, ce que je tenais pour une preuve certaine de bonne éducation.
C’était donc cela les femmes ? Beaucoup de bruit et de certitudes ?
Elles attendaient peut-être que je fasse le paon devant elle, que j’exhibe ma belle médaille comme un témoignage de ma valeur et de mon courage, que je fasse ronds de jambe sur ronds de jambe, sourires sur sourires. Elles ne pouvaient pas savoir qu’elles étaient les premières que j’observais de si près. La lande de Créhen, la maison isolée, les rares sorties au village. Trois excellentes raisons pour avoir toujours observé de loin l’espèce faite à l’image de Eve. Même à l’église, elles étaient loin de moi, séparées pendant l’office par la travée centrale, parties depuis longtemps lorsque je quittais la sacristie où j’avais aidé le prêtre à se débarrasser de ses vêtements d’officiant. Toute ma vie, elles m’avaient fui…
Ou peut-être que je n’avais pas su leur plaire, les attirer.

Mais elles, elles étaient là mes trois beautés parisiennes avec leur capiteux parfum à la violette, leurs gants légers qui dissimulaient peut-être les écorchures endurées à l’usine. Et surtout leurs sourires de femmes en attente.
Que devais-je dire pour débloquer la situation ? Elles parlaient beaucoup et j’étais encore plus taiseux qu’à mon ordinaire.
Ce fut d’abord un filet sonore suintant entre les arbres du parc. Des gouttes de musique timides qui se déversaient pourtant en moi avec l’impétuosité d’une pluie d’orage. La musique était un luxe dans ma vie, un luxe impensable pour tous les hommes qui comme moi étaient saoulés jour après jour de bruits sourds et menaçants, du crachat mortel des mitrailleuses, des déflagrations des obus qui renversaient le terrain aussi sûrement que nos tripes nouées par la peur.
Elles aussi l’entendirent. Marie me prit la main :
- Tu veux danser ?
Danser ? Quelle drôle d’idée ! Je n’avais pas la moindre idée de ce qu’étaient les danses à Paris. Les copains m’avaient bien parlé de la valse… ou de cette danse langoureuse venue d’Amérique que l’Eglise avait condamnée et dont le nom m’avait longtemps battu les tympans pour sa sonorité âpre. Le tango.
Danser ? Etait-ce obligatoire ? Devais-je me couvrir de ridicule pour espérer que l’une d’entre elles daigne faire de moi un homme ?


Dernière édition par MBS le Sam 8 Nov 2008 - 14:42, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les belles frontières de l'Enfer   Mer 26 Mar 2008 - 15:51

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MBS

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MessageSujet: Re: Les belles frontières de l'Enfer   Mer 26 Mar 2008 - 15:51

Autour du kiosque, la fête battait son plein. La musique couvrait à peine les bavardages des danseurs qui virevoltaient avec aisance. Parfois, deux filles dansaient entre elles, signe évident de la pénurie d’hommes dans la ville. Et j’étais bien placé pour savoir que ça ne s’arrangerait pas de sitôt. S’il y avait bien quelques types comme moi, portant dans les yeux et sur les épaules le froid de la tranchée, l’horreur de la mort abjecte, la plupart des hommes étaient trop bien mis pour être issus du monde rural ou du monde ouvrier. Des planqués ! Cette engeance maudite que nous vouions régulièrement à l’enfer. Juste retour des choses. Eux après leur mort, nous pour toute la vie.
- Alors, tu veux danser ?
Je me laissai guider par Simone et entrai au milieu du tourbillon. Le contact entre nos deux mains, je le perçus comme une douce écorchure. Ma main à la paume calée sembla riper sur son gant puis finalement s’abandonna, se fondit entre ses doigts. C’était doux. Doux et terrifiant à la fois. Cette chaleur au creux du ventre, cette douleur à l’âme. Ca ressemblait vaguement à ces bonheurs d’enfant lorsqu’on a réussi à dégommer une perdrix au lance-pierre, à ces petits riens de la vie qui font qu’on a envie qu’elle dure encore. Mais là c’était plus fort. D’une intensité telle qu’on craint que cela s’arrête de peur de ne jamais le retrouver.
D’un geste sec, Simone me rapprocha d’elle. J’avais maintenu une certaine distance entre nos corps, elle l’effaça en me lançant une sonore réprimande :
- Je te fais si peur que ça ?
Peur ? Oui, j’avais peur. Plus peur que dans la boite de conserves qu’on appelait métropolitain. Presque aussi peur que dans ma maison de boue plantée dans le froid glacial de Lorraine. Je sentais à peine mes pieds. J’avais l’impression qu’ils m’avaient échappé. De temps en temps, je les regardais : ils se balançaient en mesure, dans un sens puis dans un autre, allant, venant, rencontrant parfois la cheville de Simone qui ne se dérobait pas à ce nouveau contact.
La femme, la danse, Paris. Pour moi, tout était nouveau. Tout était trop beau. Quel était ce paradis que j’avais atteint après avoir quitté l’enfer ? A quatre heures de train d’ici, mes potes de tranchée se faisaient trouer la paillasse pour garder intact l’honneur du drapeau et de la patrie. Et moi, moi je guinchais comme un imbécile. A quatre heures de train d’ici, ça sentait la pourriture, l’huile chaude et la mort. Et moi je respirais à chaque volte de Simone la violette de Toulouse. A quatre heures de train d’ici, les femmes étaient un monde perdu et moi j’en avais trois. Rien que pour moi. N’attendant que moi. Espérant de mes mains un miracle d’amour, un tourbillon d’oubli.
- Vous pouvez pas faire attention, non !
C’était bien à moi qu’était destinée la remontrance. Cette fois-ci, ça n’était pas la cheville ou le bout des orteils de Simone que j’avais maltraité mais le ventre rebondi d’un notable venu s’encanailler au milieu du populaire.
Ma réaction a dû être maladroite car j’ai senti les doigts de Simone se désolidariser, son corps se décoller du mien.
- Viens !
Mais je ne l’ai pas suivie. Je me suis planté face au bourgeois et je l’ai fixé droit dans les yeux.
- Tu viens souvent ici t’amuser, on dirait. Ca te change de ta rombière, pas vrai ?
Cette voix qui crachait l’injure, qui tutoyait sans aucune forme de politesse, c’était la mienne ! Cette main ferme qui serrait le col du bourgeois, c’était la mienne !
Je pris conscience juste à temps de la folie qui m’avait submergé. Juste à temps pour ne pas écrabouiller le notable et son col amidonné… Pas assez pour que ma gorge arrête les flots de mots qui se bousculaient dans ma bouche.
- Tous les dimanches, pendant que tu danses, pendant que tu viens renifler les filles et sans doute plus que ça, nous on est dans la tranchée, nous on danse avec la mort. Et elle est pas mauvaise garce avec nous, elle nous laisse des baisers brûlants dans le corps. Elle nous fait bouillir le sang jusqu’à ce qu’il explose hors de nous… Et pendant qu’on crève comme des chiens, tu es où toi ? A écouter de la musique dans les parcs… Peut-être que tu vas au théâtre aussi… Et à l’opéra… Le soir… Et la journée, je suis sûr que tu as tes grosses fesses bien plantées dans un fauteuil confortable… La guerre te rapporte, pas vrai ? En tous cas, elle n’a pas l’air de t’inquiéter ou de te révolter… Sais-tu au moins qu’on existe, nous les paumés de la Terre, les sans grade, les moins que rien ? Tu le sais au moins ?
Le visage du type avait viré au blanc. La musique s’était arrêtée. Je pris soudain conscience que tous les regards étaient tournés vers nous. Vers moi !
Il y eut deux ou trois permissionnaires pour applaudir mes paroles, les autres restèrent figés comme plantés dans le sable de la piste de danse. J’avais ouvert pour eux le grand livre des horreurs, le grand livre de la vérité. Pas celle moralisante et rassurante des canards qu’ils pouvaient lire au quotidien. Non, la vérité vraie. Celle qui de la Mer du Nord au Rhin voyait chaque jour disparaître la chair et le sang d’une humanité devenue folle, les forces jeunes de plusieurs nations. Des paysans, des vitriers, des carreleurs, des instituteurs, des ouvriers.
Mon regard était celui d’un fou. Qu’avaient-ils fait de moi ? J’avais dans la bouche le goût du sang. J’avais dans le corps l’appétit de violence que mes paroles entendaient dénoncer. Je me souviens que j’ai serré très fort dans ma poche mon couteau. Lui l’ami fidèle. Le seul qui me restait. Tous les autres étaient encore là-bas… ou rentrés chez eux dans une grande boite en bois.
Le silence a duré encore quelques secondes, puis l’orchestre a attaqué une nouvelle valse. Ils se sont remis à danser. En murmurant. En évitant soigneusement de me regarder… Ou alors à la dérobée, comme on surveille une bête malade en attendant qu’elle meure dans son coin.
Même Simone m’avait lâché.
A quoi devait bien pouvoir ressembler l’enfer si le paradis était si vide de compassion, d’amour et de compréhension ?
Et mes trois anges ? Envolées ! Enfuies !
Trois beautés du diable qu’elles étaient ! Trois tentatrices avides de satisfaire leurs instincts sans se soucier d’autre chose. Elégantes pour plaire, belles pour charmer, suaves à en mourir. Aussi violentes que la guerre, aussi douces que le sucre.
Pour elles, je n’étais rien qu’un besoin, une envie, une étape. Ce qu’elles ont vu en moi les a fait fuir comme si j’avais la peste. Ce que j’ai compris d’elle a mis ma vie sur un autre chemin.

* * *

Pourquoi ai-je ressenti aujourd’hui le besoin d’écrire tout cela entre les lignes serrées d’un vieux cahier ? Peut-être parce que aujourd’hui, encore plus qu’hier, je me sens seul. Isolé du monde. Avec dans mon cœur toute l’horreur que j’ai connue pendant quatre années, avec dans l’âme toute la douceur de la compassion.
Le passé s’enfuit au fur et à mesure que l’encre sèche.
La lande est belle sous le soleil timide d’avril. Il est bientôt midi.
Les cloches m’attendent.
Je reboutonne ma soutane et je ferme le cahier.

FIN
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