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 LA DOUCEUR DES ORANGERS

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béquille mutuelle

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MessageSujet: Bequille Mutuelle   Jeu 14 Aoû 2008 - 20:14

Ce texte fait partie d'un ensemble plus vaste en gestation. Roman ou recueil de nouvelles, je ne sais pas encore.

Merci d'avance de vos lectures.


LA DOUCEUR DES ORANGERS


Lars Thorgarsson bailla et s'étira sur sa chaise longue. Vingt-huit degrés ! Sa montre en or indiquait vingt heures et il faisait encore vingt-huit degrés sur le thermomètre au bord de la piscine. Il allait piquer une tête, même si c'était déjà le dixième bain de la journée. Peut être même plus. Un autre bain, juste pour le plaisir.
Chaque plongée dans cette eau chaude lui rappelait sa jeunesse. Ou plutôt lui permettait d'oublier sa jeunesse: les pieds transis dans les bottes humides, les doigts engourdis qui remontent le poisson de la mer de Norvège, le vent hurlant qui empêche de ramener le filet sur un pont qui ne connaît plus l'horizontale.
Voila encore trente ans, il était marin pêcheur, propriétaire d'un minable chalutier transmis par son père et avant lui son grand-père. Le sel et le froid rongeaient peu à peu la coque et achevaient l'oeuvre des années. La glace bloquait régulièrement le treuil ou les cabestans et il avait dû tourner parfois pendant des jours avant de pouvoir remonter le chalut. La seule glace qu'il acceptait encore fondait en ce moment dans son verre.
Il avait également hérité d'un morceau de terre gelée près de Mosjøen. Vingt hectares au creux d'un fjord norvégien isolé. Son père avait acquis cette terre peu à peu, économisant poisson après poisson et la lui avait transmise comme un trésor. Lars lui avait ri au nez. Il se souvenait de ses paroles: "Quatre cailloux glacés, juste bons à faire paître des rennes pendant le mois d'été ". La honte accompagnait ce souvenir.
Grâce à ces quatre cailloux, il était maintenant à la tête de la plus immense propriété agricole de toute l’Europe. Elle couvrait douze millions d’hectares sur la zone côtière de Norvège, entre Tromsø au nord et Kristiansand au sud, face au Danemark. Jadis ces terres faisaient difficilement vivre les rares paysans qui avaient tourné le dos à la mer, et désormais elles permettaient de fournir un repas par semaine au milliard d’Européens du sud et d’Africains qui avaient fui la sècheresse et la canicule pour venir s’accumuler sur les rives de la mer du Nord.
Les hectares paternels avaient donc enflé, le portefeuille de Lars tout autant, et il ne désespérait pas de posséder un jour toute la Scandinavie. Et même la Mer de Norvège, cette garce qui l'avait fait tellement souffrir. Pas pour le poisson, voilà au moins quinze ans qu'il n'en goûtait plus, mais simplement par revanche. L'eau et le vent étaient chauds maintenant, mais les vagues étaient toujours aussi hautes et Lars ne mettait plus les pieds sur un navire. Il voyageait sur son jet et admirait le monde assoiffé qui défilait sous ses pieds. Il avait beau savoir que des millions de personnes étaient mortes et que la sécheresse poursuivrait son oeuvre, il aimait cette chaleur et le désert qui grignotait le globe. Il n'avait jamais vécu avec autant de facilité et de luxe. L'effet de serre avait bouleversé la vie de Lars Thorgarsson.
La planète ne s'était pas réchauffée brutalement. Pendant plusieurs décennies, la température de l'air avait crû de façon lente, sans doute grâce à l'inertie des océans. Des débats passionnés avaient agité le monde. Les écologistes annonçaient un désastre sans précédent, avec chiffres à l'appui: le monde allait périr étouffé, cuit comme un oeuf sous sa coquille. Les scientifiques ne pouvaient se prononcer. Les premiers organisaient des marches silencieuses ou des sittings rythmés par le chant des baleines devant les palais des congrès où les seconds débattaient de leur absence de certitude.
Les Autorités Compétentes prirent les choses en main. L'ONU organisa un "Sommet mondial sur la santé de la planète et de ses habitants". La Chine mit son veto, ce qui n’empêcha pas les sommets, mais réduisit tout de même passablement le nombre des habitants en question. Des émissaires de toutes les nations du monde étaient conviés à ce show écolo-scientifique pour exprimer leur opinion. Et, accessoirement, dépenser leurs généreux émoluments dans des soirées aussi joyeuses, arrosées et riches en paillettes que les après midi étaient ennuyeux. Les adversaires d'antan avaient désormais un cadre officiel et des fauteuils moelleux pour débattre. Un australien rougeaud attribua au trou de la couche d'ozone le nombre de ses compatriotes morts de cancers cutanés, mais un vulcanologue éminent lui expliqua qu'en 2056 ou peut être 57 avant Jésus Christ, une terrible éruption volcanique avait relâché au dessus du Pacifique Sud entre 28 et 38 milliards de tonnes de poussières de composés fluorés susceptibles de réagir avec l'ozone, ce qui n'avait pas empêché les aborigènes d'Australie de vivre jusqu'à nos jours. Avec la peau noire, il s'entend, ce qui avait d'ailleurs permis à son distingué collègue, ami et remarquable ethnologue des populations, l'orateur suivant, d'échafauder une nouvelle théorie sur l'ethnomorphologie, et incidemment d'être là, lui aussi. Cette fantastique réunion accoucha d'une conclusion profonde: la terre se réchauffait sans doute. Rien ne fut fait.
Le père de Lars n'entendit même pas parler de ce premier Sommet à Rio de Janeiro. Olaf Thorgarsson était trop occupé à ramener un maigre bénéfice dans ses filets pour offrir une vie à peine décente à la belle Güdrun Ringdal qu'il venait d'épouser. Depuis que les écologistes avaient obtenu l’arrêt de la pêche à la baleine, il avait perdu son emploi sur le baleinier-usine, et il avait dû réarmer le vieux chalutier de son père. Travailler dix heures par jour dans le ventre moite du baleinier valait quand même mieux qu'être ballotté par le vent hurlant sur une coquille de noix à la recherche hypothétique d'un banc de morue. Il regrettait la sécurité douillette du grand navire et la certitude du bulletin de paye. Mais il regrettait aussi le grincement du palan qui remonte la bête, les cris des hommes qui s'invectivent, l'odeur du sang et la vapeur qui s'échappe des gros blocs de viande. La nostalgie se transformait en amertume dans le blizzard qui balayait le pont du chalutier. Et en colère quand il entendait parler d'écologistes. Il en aurait volontiers accueilli deux ou trois à bord, juste pour vérifier s'il savait encore découper un gros bloc de viande. Il valait mieux qu'il n'entende pas parler du Sommet de Rio. De toutes façons, le rédacteur en chef de la Tribune de Mosjøen ne donna à l’événement que douze lignes en troisième page.
Lars avait quatre ans lors du deuxième Sommet, organisé à Johannesburg. L'éminent vulcanologue n'était plus là, mais le trou d'ozone n'avait progressé que de 2,34 % en moyenne sur la décennie, ce qui ne permettait aucun affolement. En cherchant bien, dans son quart sud-est, il avait même régressé de 1 % et il convenait donc d'être optimiste, ce que l'australien rougeaud retourna expliquer à ses compatriotes, malgré les nausées dues à la chimiothérapie de son mélanome. Six milliards d'individus, chinois compris, purent dormir tranquilles: tout allait bien.
Le troisième sommet eut lieu à Pékin, puissance de l’Asie oblige. Lars en écouta les joyeuses conclusions pendant que sa mère pansait les engelures de ses doigts. Il fut très étonné. Il revenait de sa première campagne sur le chalutier, et il aurait pu témoigner que la terre ne se réchauffait pas. Un mousse de quatorze ans, même fils du Capitaine, n'a pas beaucoup de droits sur un navire, encore moins celui de pleurer quand le froid pénètre sa chair. Heureusement, le vent rugissant avait emporté ses larmes avant que son père ne les aperçoive. Olaf refusa de répondre à ses questions sur l'effet de serre. Tout ça n'était que boniments de fainéants tout juste bons à se prélasser avec un thermomètre et à empêcher les autres d'exercer leur métier. Il chassa même par une claque vigoureuse et une veille supplémentaire sur le pont, toute velléité écologique qui aurait pu germer dans l'esprit de son fils. Cette tendresse paternelle dissuada effectivement Lars de rejoindre les six courageux membres du Parti Vert local, mais, surtout, réussit à le convaincre de tout mettre en oeuvre pour ne pas rester marin.
Il interrogea Nils Kirgard, un vieux matelot bourru qui l’avait secouru quand il s'apitoyait sur son sort lors de la première pêche, mais lui avait en même temps servi d'ami et de confident. Nils approchait de la retraite et il avait toujours servi sur un chalutier. Il connaissait plus d'histoires de mer et de pêches qu'aucun marin dans tout le fjord, peut-être même jusqu'à Oslo.
– Vois-tu, mon garçon, lui répondit Nils, les temps changent. Et le temps aussi. Je suis Danois, tu le sais. Je suis né il y a soixante-deux ans, le dix-huit octobre, prés de Copenhague. Je n'ai pas connu mon père car il a eu la glorieuse idée de se tuer ce jour-là. Pour fêter ma naissance, il s'est saoulé comme un cochon, et il a voulu patiner sur le canal de la Wansee qui était gelé. Pas assez malheureusement. On n'a retrouvé son corps qu’au dégel. Ma mère habite toujours là-bas, je suis retourné la voir pour Noël. Le canal aussi était là, libre, pas gelé, sans même un petit glaçon qui flottait. J'ai interrogé les voisins : personne ne se souvient de l'avoir vu gelé depuis peut être dix ans. Alors mon père était un imbécile, mais le tien l'est encore plus qui refuse de voir la vérité en face. Son monde et le mien sont finis. Il ne pêchera plus jamais la baleine, et je ne reverrai jamais le canal de la Wansee gelé. La mer de Norvège est encore assez froide pour tes pauvres doigts mais un jour viendra où des vents chauds souffleront par ici. Penses-y mon garçon et ne sois pas aussi bête que nous. Suis le vent, ne lui résistes pas.
Peu de temps après le décès d’Olaf, le réchauffement n’avait plus guère fait de doutes. Les pays du sud de l’Europe avaient vu s’installer une sécheresse de plus en plus sévère et avaient en quelques années commencé à manquer de nourriture. Alors Lars avait suivi le vent. Il avait acheté dés que les maigres économies de son bateau le permettaient le plus petit lopin de terre à vendre. Ses voisins se moquaient de lui et le traitaient de fou comme son père.
En quittant à regrets l’eau tiède de sa piscine, il se remémora avec délectation la liste de ses domaines : cultures maraîchères au bord du fjord, céréales et volailles sur les plateaux, bovins et ovins sur les pentes herbeuses. Mais ce dont il était le plus fier, c'était l'orangeraie. Blottie tout au fond du fjord, derrière un à-pic qui la protégeait des vents marins et créait un microclimat encore plus doux et stable. A peine cinq cents hectares de limon amassé par la rivière Anslå, mais qui rapportaient à eux-seuls plus de dix pour cent des bénéfices. Il faut dire que parmi toutes les terres que la montée du niveau de la mer n’avait pas fait disparaitre, seules celles situées au nord du soixantième parallèle étaient encore suffisamment épargnées par la chaleur et la sécheresse pour permettre les cultures. Et parmi toutes celles là, rares étaient celles sans vent trop puissant, sans embruns maritimes ou sans un terrain trop pauvre pour permettre autre chose que des céréales ou de l'élevage. Lars avait fait venir pour un prix exorbitant des plants d'oranger espagnols, au tout début de la canicule, avant que l'Espagne ne soit un désert brûlant. Il avait amoureusement planté ses premiers arbres, puis greffé, multiplié, cajolé avec passion. Les nouveaux riches de ce monde asséché se battaient pour ses oranges. Ils payaient des milliers de dollars pour venir s'allonger sur les chaises longues de ses hôtels quatre étoiles et boire un jus d'orange fraîche tout en contemplant l'orangeraie. De loin bien sûr. Une double barrière électrique de trois mètres de hauteur les séparaient des maîtres-chiens armés et de leurs dogues qui veillaient nuit et jour sur les arbres.
– Lars ?
Gunnar Ovulsen apparut par l’immense baie vitrée qui ouvrait le salon de repos sur la piscine. Ami, confident et chargé d’affaires, ses yeux gris métallique semblaient encore refléter l’ancien ciel gris et bas de la Scandinavie que le réchauffement avait pourtant presque fait oublier. Propriétaire d’un petit lopin de terre à Mosjøen lui aussi, il avait vite compris l’opportunité de se rallier à Lars et d’unir son avenir à son sens des affaires. Il avait alors pris à bras le corps le côté technique des exploitations et dirigeait celles-ci avec un savoir-faire et un bon sens complétant parfaitement le flair de son ami pour la gestion financière.
– Que se passe-t-il ? demanda Lars, remarquant la ride soucieuse qui barrait son front.
– Ça recommence, répondit Gunnar, d’une voix sombre.
– Où ça ?
– Flekkefjord. Ils ont réussi à remonter jusque là.
– Merde ! Que foutent les vedettes, bon sang ? Et les radars ? Ils dorment ?
– La mer était houleuse, cette nuit. Il y avait plein d’échos et ils ont réussi à passer au travers du filet…
– Il y a combien de bateaux ?
– Six.
– Combien de personnes en tout ?
– Sept cents. Huit cents peut-être…
– Qui est là-bas ?
– Magnus.
– Qu’a-t-il fait ?
– Rien pour l’instant. Il attend tes ordres.
– Ils ont réussi à débarquer ?
– Oui.
– Je croyais que la mer était houleuse…
– Ils se sont volontairement échoués.
– Pour qu’on ne puisse pas les renvoyer chez eux… Ils viennent d’où ?
– Danemark et Allemagne.
– Sacrée traversée. De nuit et par gros temps… Ils sont comment ?
– Magnus a dit : « Morts de faim ».
Plusieurs minutes passèrent dans un silence profond tandis que chacun réfléchissait à ce que sous-entendaient ces simples mots.
C’est finalement Gunnar qui rompit le silence.
– Alors ? Que fait-on ?
– Comme la première fois, répondit Lars, en plongeant volontairement son regard dans le sien.
– Écoutes, on pourrait peut-être…
– Quoi ?
– Je ne sais pas. Leur donner quelque chose…
– Tu veux leur donner à manger, c’est ça ?
– Oui. Ils partiraient peut-être après.
– Avec quoi, Gunnar ? Ils se sont échoués exprès.
– Ou les laisser entrer.
– Ils sont huit cents…
– Ce n’est pas tant que ça, Lars. On les absorberait sans problème.
– Et les autres ? Tous ceux qui sont de l’autre côté de la Mer du Nord ou de la Baltique ? Tu les accueilleras aussi ? Tu imagines le message quand ils entendront que nous ouvrons les barbelés ? Ils viendront de partout. Dans la semaine, ils seront des milliers, puis des millions. Comment tu les absorberas ?
– On pourrait essayer…
– Et détruire tout ce que nous avons construit ? Je ne donne pas huit jours pour que tout soit saccagé. Tu sais d’où ils viennent ? Chez eux, il fait cinq degrés de plus qu’ici et ça suffit pour que plus rien ne pousse. Ils rongent des racines et se battent à cinquante pour un kilo de blé. Ils déferleront comme des criquets, détruisant tout sur leur passage, capables de tout pour bouffer. Une vermine grouillante prête à s’entretuer pour venir chercher une orange jusque ici. Tu te sens prêt, Gunnar ? Tu es d’accord pour abandonner tout ça ? Ta belle maison ? Ta piscine ? Et ton pognon, aussi ? Il ne restera rien si on les laisse entrer !
La tête baissée, le regard fuyant, son ami lui tendit dans un soupir le téléphone portable qu’il avait gardé dans sa poche pendant toute cette discussion.
– Allo, Magnus ? C’est Lars. Où en es-tu ? … Combien, tu dis ? … On fait comme la dernière fois… Quoi ? Tu veux que je te le dise de vive voix, c’est ça ?... Okay. Alors… Tirez.



Fin
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Farouche

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MessageSujet: Re: LA DOUCEUR DES ORANGERS   Lun 8 Sep 2008 - 15:40

Intéressant !
Je suis une fondue de SF, alors forcément ça me parle Smile
Toutefois, en habituée de la nouvelle, j'aurais scindé le dialogue en deux, pour en mettre une partie au début, et l'autre à la fin, en coupant à "morts de faim", puis flash back sur le discours indirect. Cela permettrait au lecteur d'entrer plus vite dans l'histoire, de faire monter le suspense (qui sont-ils, pourquoi ? etc)
Évidemment, ça supposerait un remaniement de l'approche du récit de Lars, ce que tu ne souhaites peut-être pas. De toute façon, ce n'est que mon avis, qui n'engage que moi.

(pas de S à "écoute")
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Romane
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MessageSujet: Re: LA DOUCEUR DES ORANGERS   Mar 9 Sep 2008 - 10:37

Je ne l'avais pas lu, j'ai du en louper quelques uns cet été, je rattrape peu à peu mon retard.

Plusieurs choses ; tu écris de manière si vivante, et ce n'est pas la première fois que je te le dis, que pour la millième fois je pense que tu ne serais pas loin de pouvoir écrire pour la scène. Ici, ce n'est pas un texte à dire, parce qu'il n'est pas fabriqué dans ce but et qu'il faudrait le remanier si l'on voulait qu'il soit dit sous forme de sketch, mais ce n'est pas loin, vraiment pas loin. Le ton y est, on peut entendre ce texte plutôt que le lire, je dirais.

Une tonicité réaliste, malgré le genre SF. Voilà. Je cherchais l'expression la plus approchante de ce que je ressens en premier réflexe.

Moi qui ne suis pas portée sur la SF, et même pas du tout, je suis surprise quand je me sens accrochée par un texte de ce genre. Avec toi, ce n'est pas la première fois. Tu as cette manière de rendre non ennuyeux un genre qui n'est pas parmi les favoris, que ça m'étonne à chaque fois.

Pour cette histoire précise, j'ai aimé. Tout vient par glissades successives et cohérentes, avec humour et pétillance. J'ai quand même une petite réserve pour la fin que je trouve amenée un tantinet trop rapidement. Je m'attendais peut-être à ce que le récit continue à glisser d'une atmosphère à l'autre, comme un mécanisme qui s'inverserait ; nous sommes allés de la banalité à l'émerveillement, je pensais que nous verserions de l'émerveillement à la déconvenue par petites touches progressives, tu vois ?
Du coup, la chute me semble moins réussie que si, en une phrase finale bien sentie, comme tu en as le savoir-faire, tu avais tiré une conclusion malicieuse, amère, enfin bref une conclusion dans le même sens, mais seulement après un développement plus consistant entre le plaisir et le constat.

Les regards sur la relation hommes/femmes, au passage, sont fameux !! Une ironie bien sentie, la jalousie abordée, le petit côté macho des hommes, et bien sûr ce cerveau si bizarrement placé un peu trop bas pour qu'on puisse parler du crâne, en joyeuse auto-dérision.

Conclusion : je file au suivant ! J'adore ces petits textes que tu nous ponds régulièrement, ma chère Béquille !

aaaah pendant que j'y pense ; un truc m'a gênée : les poissons somptueux. Je ne sais pas si "somptueux" est le plus parlant, pour évoquer la saveur. Ou bien est-ce moi, qui, au réveil, ne suis pas encore bien plantée dans mes baskets, c'est possible. Je le consigne quand même ici, à toi de dire ce que tu en penses.

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MessageSujet: Re: LA DOUCEUR DES ORANGERS   Mar 9 Sep 2008 - 14:32

Je vais relire ce texte avec ton regard, Romane. J'aime quand tu te fais critique...
Pour rester dans le ton, juste un extrait tiré de "Birdman" de Mo Hayder, à propos de nous les hommes, bien sûr :
"Dieu ne leur a pas donné assez de sang pour irriguer leur cervelle et leurs bigorneaux. Et quand ils veulent utiliser les deux en même temps, houla ! "Calamité" est un mot trop faible pour décrire le résultat."
Sans commentaire, Mesdames, s'il vous plait... Smile
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MessageSujet: Re: LA DOUCEUR DES ORANGERS   Mar 9 Sep 2008 - 15:25

argh, j'ai été interrompue par les maléfices de la technique, aussi je ne suis pas sûre de pouvoir commenter le prochain aussi vite que je l'avais programmé. Bon mais comme je prends toujours un temps considérable, ça finit par ne plus se remarquer. Gaga

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MessageSujet: Re: LA DOUCEUR DES ORANGERS   Mer 10 Sep 2008 - 11:11

Je ne rajoute pas une couche, j'avais capté aussi. Mais c'est bien écrit !

La solution d'Almalo est judicieuse
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MessageSujet: Re: LA DOUCEUR DES ORANGERS   Dim 28 Sep 2008 - 21:45

Merci de ta lecture, Farouche.
En fait j'ai écrit les 2/3 de cette nouvelle voilà de longs mois avant de laisser murir et venir la fin. Le dialogue ne s'est imposé qu'à ce moment-là. On pourrait effectivement amener une intensité dramatique dès le début avec une 1ère moitié de dialogue, mais pour un premier texte sur ce sujet, j'ai plutôt eu envie d'établir le contexte un peu comme une introduction aux autres textes de la série.
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MessageSujet: Re: LA DOUCEUR DES ORANGERS   Lun 29 Sep 2008 - 0:48

Je suis un peu de l'avis de Farouche, mais c'est parce que trop de description me lasse souvent, aussi je l'aurais sans doute appréciée entrecoupée de répliques, que je verrais bien se raccrocher à la fin de l'histoire, dans une sorte d'avant-finale sans donner le fin mot.
Tu vois ?

Sinon, je trouve justement très agréables tes descriptions, bien amenées, bien campées. Juste une histoire de rythme pour ne pas entrer dans un ronron (pardon ronron tong ), et se sentir un peu bousculé au départ.

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MessageSujet: Re: LA DOUCEUR DES ORANGERS   Lun 29 Sep 2008 - 8:51

Bon, eh bien, puisque les avis concordent..., c'est sûrement que vous avez raison. A reprendre, alors... Merci de vos lectures, à toutes les deux Smile .
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