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 Mémorial pour un épiphénomène

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Vic Taurugaux

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MessageSujet: Mémorial pour un épiphénomène.   Ven 10 Aoû 2007 - 10:13

Mémorial pour un épiphénomène.




Alfred Jarry est mort (ou serait mort, c’est selon) dès 1907. Doukipudonktan ? S’inquiéta Zazie dès 1959, interloquant en cela les zazous de l’Oulipo. C’est qu’un cadavre, ça dégage toujours, fut-ce un cadavre exquis. Aussi, malgré toute cette mort réitérée par deux guerres contre la Germanie, son absence était-elle feinte car de son absinthe éléphante, sa littérature accoucha de l’énormité de ce plombier polonais qui, si selon la légende eût bu pantagruéliquement jusqu’à plus soif, annonça par là-même son inévitable retour cent ans plus tard afin de manger à nouveau le pain des Français.
Aussi ce faux décès, ce vrai défi, à un siècle d’intervalle ouvre-t-il enfin du caveau la porte sur l’Ethernité.

La pompe qui aspirait maintenant fort mal à l’Europe avait déjà dit non à sa constitution.
-Merdre ! S’était d’ailleurs exclamé le nouveau Président. Les guignols des médias tiquent depuis que l’info tourne à l’intox. Leurs blogs ne font plus rire personne, et rarement mes erreurs pourtant marrantes connurent un tel bide. Rhaa ! Il faut donc que je me remplace moi-même.

Ce qui fut fait dans un simulacre d’élection. Sans réel espoir. Tous le sentaient, tout cela puait le renfermé. Le camembert. Dans sa petite boîte en bois, Alfred quant à lui, pestait contre les asticots. Plus exactement, il rongeait son frein, car depuis son départ, le peloton avait depuis trop souvent pédalé dans la choucroute. Maintenant, il faisait chaud. C’était la dernière étape et, sur tous les poursuivants, le soleil dardait ses rayons comme autant d’aiguilles d’EPO. Il fallait intervenir. C’était écrit dans la consigne. C’est pourquoi, Alfred se remit dans la course, mais en roue libre.

Alfred JARRY (in petto): Maintenant que je suis mort, je n’ai plus besoin de monter en danseuse…
Mère UBU (Elle, elle était toujours là, la grosse vache !): Pédale !
Alfred JARRY : Gouine !

Le principal intérêt du Tour de France est qu’il revient toujours au même endroit. Cela, Alfred le savait fort bien. Aussi pour remonter les Champs-Élysées en direction de l’Etoile, n’avait-il nul besoin de jouer plus avant le soldat inconnu. Sur le parcours, à coup sûr, son public le reconnaîtrait. Ainsi, à l’issue de ce cycle souterrain, les spectateurs en liesse le virent-ils ressusciter en tête tel le zouave du pont de l’Alma.
-Tout concorde ! S’exclama-t-il en apercevant l’obélisque. Mais, entre-temps, chose qu’il ignorait, la nouvelle organisation de l’épreuve sportive, avait eu la malencontreuse idée de déplacer la buvette au-delà du rond-point des Champs-Élysées.
-Tout se perd ! Mais là, il voulait juste parler des traditions. Enfin, puisqu’il faisait désormais partie des immortels (tout en ayant échappé au quai Conti), il remonta fier comme Artaban la légère pente située derrière la Présidence, où, d’un geste élégant, méprisant la victoire, il descendit de sa machine qu’il appuya contre la barrière. Méticuleusement, il examina sa bicyclette Clément Luxe 96 et, radieux, se rendit pédestrement au comptoir afin de commander son premier apéro. Il se choisit une table en terrasse judicieusement placée pour que les Parisiennes qui se pressaient puissent contempler à l’envie son académie. Le garçon déposa devant lui le fameux breuvage. Il était temps. Placés en chasse-patate, les premiers poursuivants déboulaient sur le bas de l’Avenue.

Symboliquement, pour l’honneur, il trempa ses lèvres dans le verre juste au moment où ces derniers passaient à sa hauteur. Il leur avait déjà pris dix tours, pas la peine de se faire péter les varices, surtout à l’heure du ravitaillement.
L’alcool avait comme un arrière-goût d’ambroisie. Cela lui plut à moitié. Il héla le personnel afin de s’en jeter un deuxième derrière la cravate pour mieux se rendre compte. De leur côté, (côté Grand-Palais) les officiels s’affairaient à la préparation du podium. Il leur fallait rajouter sur les drapeaux tricolores les nombreuses cocardes des chaînes de télévision. En direct mondovision, y serait bientôt diffusée la crucifixion des trois larrons. Tout comme les vermisseaux, la foule grouillait. Chacun, fébrile, attendait le résultat des courses : le nom du héros. Par vagues, la clameur informait que ça pédalait ferme.

Alfred JARRY : C’est quoi cette bibine ?
Le garçon : Un Pernod !

Tout comme le Coca-cola avait su prendre la couleur de l’alcool mais n’était pas de l’alcool, certains avaient cru bon remplacer l’absinthe par leur patronyme pour mieux se faire leur propre publicité. Pour celui qui avait autrefois élu domicile au Calvaire du Trucidé, il trouva que le procédé ne manquait pas de culot. Mais les symboles sont les symboles et s’il devait à présent consommer le ciboire jusqu’à la lie, c’était sans doute que ses survivants avaient eu, eux aussi, à porter leur croix.

Le soleil de juillet réputé orgueilleux mais n’ayant pu brillé sur toutes les étapes, semblait vouloir enfin se rattraper sur la ligne d’arrivée : aujourd’hui, il faisait ubuesquement beau. Alfred étendit les jambes pour réchauffer ses vieux os. Pour tout roucoulement, les Parisiennes alentour cancanèrent. Il aurait volontiers somnolé là si un brouhaha ne l’avait sorti de sa douce torpeur. Son principal poursuivant venait de déclarer forfait. Après un tour en tête, ce deuxième breton remonta comme il pût de la Concorde, jeta de rage sa bicyclette contre la grille et, fourbu, vint s’asseoir auprès de son illustre devancier.

Alfred JARRY : Et ben André, un coup de pompe ?
Le BRETON : Le vélo, c’est pas mon dada !
Alfred JARRY : Pour toi qui voulais changer le monde ! Attends, on va te servir un remontant.
Le garçon apporta deux jaunes. Au moins, ceux-ci avaient la couleur du maillot. Mais, l’André était morose. Il avait perdu le sprinter de son équipe dès l’étape de Verdun.
Le BRETON : Tu comprendras que notre Jacques partait toujours bille en tête. Plus d’une fois que je l’ai ramassé dans le fossé ! Je lui ai appris l’anglais pour le remettre en selle. Mais repartir à la guerre, Monsieur trouvait cela « surréaliste »! Alors, sans rien en dire, il a chargé la mule !
De ce souvenir, lui restait comme du crachin dans les yeux. Vaché, ça avait été un sacré pédaleur ! Mais de l’avoir perdu si jeune, poussa André à en transformer la réalité ! La mort a ceci de particulier sur les êtres, c’est qu’elle oblige tout un chacun à voir différemment les choses. Alors, une guerre, mondiale qui plus est, vous pensez ! Du coup, le Breton avait versé comme tant d’autres dans cet humour noir que manient si bien tout ceux qui croient encore pouvoir cacher quelque chose. Ainsi s’était-il plu à en devenir leur chef de file. Mais depuis un certain temps, son équipe partait, comme qui disait, à vau l’eau. Le loufiat, pour avoir précédemment soigné de nombreux hydropathes, connaissait son métier : il leur en servit deux autres. Le peloton remonta à nouveau les Champs. Les co-équipiers d’André semblaient maintenant pédaler de façon automatique, sans réfléchir plus avant sur une quelconque stratégie de course. Tout cela avançait rapidement dans une poussière désormais dorée. On entendait siffler les boyaux sur le pavé et ahaner tous ces forçats de la route. Il n’y avait rien à penser. Seulement faire groupe. Appuyer sur les pédales. L’idée, selon eux, germerait d’elle-même. De surcroît. Alors, les champs baignèrent dans une atmosphère magnétique. Or, cette accalmie fut de courte durée. Bientôt, les Allemands reprirent les hostilités. Cela fusait de partout. Le peloton s’étira dispersant les engagés sur toute la longueur de la boucle. Il y eut bien quelques coups héroïques mais aussi des coups bas, des coups tordus.
Un troisième vélo fut jeté clandestinement sur la grille. Son cycliste vint s’asseoir à la table déclenchant illico une énième tournée.

Alfred JARRY : Tu capitules Paul ?
ELUARD : Au contraire, je reprends ma Liberté !
Lui, s’étant toujours porté utile, dans les pires étapes de montagne, avait su résister. Mais voici qu’également, il s’était arrêté sur le bas-côté.

Comme un long serpent, le mouvement littéraire continuait sa perpétuelle ronde. Tout cela tournait maintenant à une vitesse folle dans Paris et les prix sur la ligne étaient de plus en plus nombreux. Le défilé de par sa vitesse rendait les coureurs anonymes quand chacun souhaitait connaître là son heure de gloire. La cloche annonça le dernier tour. Pour la célébrité, ils allaient à nouveau s’entre-tuer. Lancé à vive allure, le groupe des sprinters frôlerait dangereusement les barrières comme pour mieux se départager. La folie de toute cette ambition écœura Alfred. Tout cela devenait monstrueux. Il était temps de rentrer. Le pataphysicien salua ses descendants et repartit en titubant un peu. Il se sentit à nouveau comme un cadavre solitaire mais lui faisait désormais chaud au cœur cette idée que certains l’avaient suivi. Il remonta sur son petit vélo, et à contre-courant de la course, zigzaguant toujours en roue libre, rebroussa chemin.

A Montparnasse, il irait prendre le train pour Laval. Les peintres du quartier l’accompagneraient jusqu’au quai et, sans doute le douanier Rousseau rentrerait avec lui au pays. Là-bas, point de maladies, ni d’hôpitaux ni de docteur Faustroll. Là-bas, le ciel est d’azur. Le temps y est éternel. Haillons d’argent, seules y frissonnent les blessures. Le poète redevient soldat. Pour berceau, il retrouve un coin de verdure. Pour toute médaille, il y gagne deux trous rouges au côté droit.
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Romane
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MessageSujet: Re: Mémorial pour un épiphénomène   Ven 10 Aoû 2007 - 13:21

Ce délire !!! mdr mdr

Je me suis parfois dit que ton cerveau devait être fait en forme de carte routière. Gagné ?

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Bonjour, je suis Romane, alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane."
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Vic Taurugaux

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MessageSujet: Re: Mémorial pour un épiphénomène   Sam 11 Aoû 2007 - 10:13

Pour la carte routière, voici un poteau indicateur pour tout ceux qui s'interesserait à ce drôle de personnage qu'est le père du père Ubu. Un potache qui est à l'origine du symbolisme, mouvement littéraire qui a donné naissance au surréalisme...entre autres.
http://www.alfredjarry2007.fr/passionjarry/passionjarrypanneaux.html
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Romane
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MessageSujet: Re: Mémorial pour un épiphénomène   Sam 11 Aoû 2007 - 12:44

N'empêche, sacré personnage de belle trempe ! Un qui secoue les puces...

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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zoé sporadic
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MessageSujet: Re: Mémorial pour un épiphénomène   Sam 11 Aoû 2007 - 14:26

Voilà qui s'appelle posséder son sujet ! T'es tombé dedans quand tu étais petit ?Gaga
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Vic Taurugaux

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MessageSujet: Re: Mémorial pour un épiphénomène   Sam 11 Aoû 2007 - 15:29

zoé sporadic a écrit:
Voilà qui s'appelle posséder son sujet ! T'es tombé dedans quand tu étais petit ?Gaga

Bien sûr.
Avant le lycée, j'ai effectué toute ma scolarité à Sainte Anne d'Auray.
http://www.alfredjarry2007.fr/passionjarry/passionjarrypanneaux.html
Sainte Anne d'Auray, les cimetières militaires en plus, c'est le Lourdes des bretons. De chaque côté du parvis de l'imposante cathédrale sont disposés deux monuments qui se ressemblent.
Sur la gauche, le plus grand qui est la réplique de l'autre jugé trop petit. C'est le mémorial que Jarry n'a pu connaître, les événements s'étant déroulés après sa mort. Ce mémorial, tout comme la Scala Sancta qu'on escalade à genous en récitant des rosaires et que décrit Jarry dans son pélerinage est une sorte de tribune de pierre desservie par deux escaliers monumentaux faisant face à une esplanade et qui sert à dire la messe en plein air quand la foule est trop grande pour être contenue par la nef de la basilique.
Mais, à la différence de la Scala Sancta, le Mémorial trois fois plus grand est placé sur une crypte. Or, tout ceci est trop lourd et s'enfonce, s'enfonçait à l'époque d'où je vous parle de trois centimètres par an dans le sol. (Le sol étant toujours le marécage où par une nuit sans lune, Saint Anne, la patronne des bretons est apparue à Yvonnig parmi les feux follets: http://www.sainteanne-sanctuaire.com/01-01.html.)
L'esplanade placée devant le mémorial est aussi nettement plus grande. Elle peut accueillir plusieurs dizaines de milliers de fidèles. Elle est entourée d'un mur, en breton, on nomme cela un champ clos. Et, sur ce mur, sont gravés dans des plaques de marbre les centaines de milliers de noms des soldats bretons morts durant la guerre de 14-18. A l'arrière, on a rangé les cimetières de la guerre 39-45 qui malgré la présence réelle de dépouilles utilisent ici moins de surface. Collégien avec mes copains on était de corvée tous les jeudis après-midi pour nettoyer tout ce listing où l'on s'amusait à retrouver et à se moquer mutuellement de nos noms de familles.
Sainte Anne d'Auray est un symbole qui a ainsi depuis le XVIIème siècle permis au clergé de rassembler la foi bretonne. Les foules, c'est toujours utile en cas de conflits.
Mais, Alfred Jarry, lui, à son époque, était déja potache et ce qui l'amusait était de déboulonner les symboles. De la même façon qu'il reste crédule de tant de piété, il se moque de son professeur de lettres, de la littérature et oh! scandale: de ce grand poète bourgeois, monument alors de la littérature française: ce cher Victor Hugo. Cet éternel lycéen ne gobait pas n'importe quoi, préférant s'amuser avec les copains, faire l'artiss' boire de l'absinthe, écrire et faire un sport alors tout nouveau: du cyclisme.
Bien sûr, comme il habitait dans le quartier Montparnasse au lieu dénommé par lui "le calvaire du trucidé" passée la Passion de sa jeunesse, il est également mort à 33 ans.
Cette année, cela fera cent ans. La France a bien ri du Père Ubu, mais l'a-t-elle vraiment écouté? Les visionnaires étant ou des délirants ou des prophètes.

"Il connut la basilique illuminée toute la nuit comme un brasier du parvis, et fut la communion de la bouche rouge du grand portail. Et on le rammena à pied jusqu'à des gares, par une route matinale de genêts, ocellée des croissants de petits scorpions noirs."
(Les jours et les nuits)


Deuxième poteau indicateur: http://www.alfredjarry2007.fr/index.php


Dernière édition par le Sam 11 Aoû 2007 - 16:29, édité 1 fois
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Romane
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MessageSujet: Re: Mémorial pour un épiphénomène   Sam 11 Aoû 2007 - 15:38

Vic, tu m'épates. Tes réponses sont de plus en plus limpides.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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Vic Taurugaux

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MessageSujet: Re: Mémorial pour un épiphénomène   Sam 11 Aoû 2007 - 16:30

Romane a écrit:
Vic, tu m'épates. Tes réponses sont de plus en plus limpides.
Il faut me donner le temps de les écrire.
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MessageSujet: Re: Mémorial pour un épiphénomène   

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