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 Voyeur

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xian
Invité



MessageSujet: Voyeur (1)   Mer 22 Déc 2004 - 9:10

VOYEUR
(Nouvelle de Bécassine)






Je suis Bécassine, je suis rousse et assez petite. Mais cela vous intéresse-t-il ?
Mon plus grand plaisir, chaque soir que Dieu fait (ainsi parle Mamy, quand elle vient nous rendre visite) est de marcher de long en large sur le balcon qui court contre la façade de notre immeuble.

C’est un grand bâtiment assez récent de construction, il est un peu par le travers, ayant été construit après les autres et l’architecte a voulu respecter les espaces verts. Le souci des hommes à préserver un bout de pelouse et un bosquet de rhododendrons après avoir ravagé à coups de pelles mécaniques des talus bien naturels paraît un peut naïf, un peu vain. Mais, c’est peut-être enfin le processus qui déclenchera un jour l’idée de ne pas vouloir détruire avant de bâtir.

Bien que, c’est Mamy qui le dit souvent, on ne fait pas d’omelette sans casser les oeufs.
Un grand parallélépipède avec des verres et des aluminiums décoratifs, une entrée de résidence et une entrée de service avec un concierge, une entrée directe par le garage, endroit malodorant s’il en est. C’est aussi par le garage que l’on sort les poubelles contenant les détritus ménagers de toutes les familles qui habitent là.

L’appartement, quant à lui, est très bien. C’est un vaste plateau que le maître d’ouvrage a cloisonné selon les desideratas des propriétaires. Propriétaire est aussi une notion qui me paraît si vaine et si naïve. A quoi cela peut-il bien servir de vouloir posséder ce qui ne pourra être emporté partout où l’on va, plus spécialement dans le monde que l’on appelle la mort. Un monde qui effraye et apaise. Moi, je sais que je mourrai jeune.

Mamy dit que c’est toujours ainsi quand on brûle la chandelle par les deux bouts.

Mamy n’habite pas avec nous. Elle a la chance d’être logée à la campagne, dans une très belle nature. J’y suis allée en vacances l’an passé quand les autres sont partis en Italie. J’ai beaucoup aimé, j’y ai découvert un monde insoupçonné en plus des choses que je ne connaissais que pour les avoir vues à la télévision. La télévision, après mon évasion quotidienne, c’est regarder pelotonnée en rond s’agiter des gens. Il y a des pièces de théâtre que je comprends et que je suis seule à regarder, sauf Anne qui vient parfois voir avec moi. Alors, on se met l’une contre l’autre et tout en regardant les acteurs, on se fait des papouilles.

C’est amusant comme tout.

La télé est pour tout le monde, installée dans le living, au creux d’un beau meuble en bois véritable, les autres sont du genre plastic. Dans l’appartement, il y a mon coin à moi et celui des autres, Michel a un bureau, Anne a sa chambre, Pascale joue beaucoup dans sa cuisine et s'affaire de la meilleure manière. Elle nous en apporte de délicieux petits plats. Parfois, elle dit qu’elle en a marre, le boulot, le mari, et tout le bazar et la cuisine, le linge et tout le fourbi. Pourtant, Michel a fait son possible, il y a une machine à laver le linge dans la salle de bain, une comme on voit à la télé au milieu des films, et il a fait placer dans la cuisine un lave-vaisselle automatique très divertissant. Ça se déclenche avec des bruits et des jets de vapeur. J’en ai des frissons mais quand on est habitué on n’y pense plus. Seulement, ça m’énerve si c’est pendant l’émission « Les animaux du Monde ». Car, c’est le programme que je préfère. Avec les grands tigres, les oiseaux et les poissons, des rongeurs et des toutes sortes dont je ne connais pas le nom.

Je suis noctambule, un peu nyctalope, - ce sont des mots que je ne connais pas, ils ont été inventés par Mamy, je le sais bien parce que quand elle les a prononcés, ils n’ont pas eu l’air de bien les comprendre. Michel, le lendemain est venu dans le bureau d’où il m’a chassée mais je sais qu’il a regardé dans le grand dictionnaire. Je l’ai bien vu. Il ne range jamais rien exactement comme avant. Moi, j’ai horreur qu’on bouge les choses.

Le soir, j’aime par dessus tout regarder en me promenant le long de ce balcon dont je vous ai parlé, c’est fascinant, c’est mieux que la télé. Chaque fenêtre d’en face est une télé et on n’est pas embêté par le son criard de ceux qui mettent des musiques cacophoniques.

On voit que la soirée va commencer parce que de place en place, hiver comme été, s’allume une petite lueur scintillante. Cela commence souvent chez les Ramoutteau, la fille rentre de l’école quelques minutes avant que sa mère arrive de l’atelier de fourrures – cela doit être passionnant d’effleurer toute la journée des poils de bêtes féroces, grands félins qui n’ont pas imaginé finir en manteau, cape, toques, bottes.

L’été les fenêtres sont ouvertes, l’hiver la lumière intérieure permet de regarder chez tous ceux-là qui ont un appartement quasiment comme le nôtre. Quand je les vois disparaître, je sais que celle-là va dans la cuisine et telle autre à la toilette. Il y a de grandes fenêtres et de plus petites.

Courent sur la façade d’en face des balcons comme chez nous, mais on n’y voit rarement quelqu’un, Tommy, parfois, c’est un garçon de chez les Finger. J’oublie de dire que je vois aussi très souvent le garçon de chez les Saunier (rez-de-chaussée droite,3.) qui rentre par la fenêtre laissée prudemment entrouverte, après avoir découché – mais ça, c’est quand je regarde le matin.

Au coin, les fenêtres de cuisine de ceux qui habitent le trois pièces bleu (c’est en bleu à chaque étage, sauf au rez où il n’y a qu’un débarras inhabitable) qui donne sur la chaussée.
Ces fenêtres-là s’éclairent à peu près ensemble, et s’éteignent de même. De temps en temps, il y a une petite lumière, c’est quand l’un ou l’autre des habitants va dans le frigidaire. Tout le monde en a maintenant , avec le contrat de confiance de Parti d’ailleurs c’est intéressant, on reprend l’ancien plus cher qu’il n’a été acheté.
Mais avec l’assurance et le contrat d’entretien et le transport et compte tenu de calculs en centimes et en anciens nouveaux francs c’est drôle qu’ils aient inventé des francs qui changent. Moi, c’est toujours pareil, ancienne ou nouvelle monnaie, je petit-déjeune en vitesse avec eux le matin, je grignote un petit quelque chose une ou deux fois dans la journée, le soir alors, avant mon bol d’air, je me tape une solide assiette.

(à suivre)
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xian
Invité



MessageSujet: voyeur(2)   Mer 22 Déc 2004 - 9:11

(suite)

De notre côté, chez nous, c’est l’avant dernier étage, je vois très bien partout sauf vraiment chez l’étudiant du cagibi du haut. Lui, je sais qu’il est là quand il y a de la lumière mais, je ne vois pas grand-chose, et à côté, il y a une petite bonne qui travaille chez l’avocat sur l’autre face de l’immeuble. Je suis déjà allée chez elle, c’est tout mignon, bien décoré. C’est un deux pièces en bonbonnière, elle a du goût… et l’étudiant doit lui en trouver beaucoup, à moins qu’il ne veuille l’instruire, car l’autre jour, alors que je voulais passer lui faire un petit bonsoir, la porte est restée fermée et pourtant j’ai entendu des bruits confus et des rires étouffés. J’ai bien vu que le flat de l’étudiant était déserté, la porte ouverte béait et il était certainement à côté.

En dessous, il y a un couple de retraités. Ils sont gentils quand on les voit le soir. Ils s’asseyent l’un à côté de l’autre pour regarder la télévision, ils ne parlent pas. Ils ne parlent jamais. Il n’y a pas de disputes.
Des disputes, il y en a souvent chez Laure et Sylvie. Parfois des disputes terribles avec des coussins d’abord, puis des vases qui se fracassent. Elles ont l’air d’être souvent sur les nerfs. Aujourd’hui encore, c’est un drame. Oui, je le vois bien que c’est pas heureux-heureux, chez ces deux nénettes qui habitent le J8 (côté Sud), elles n’aiment pas les hommes dit Mamy qui les a observées un jour avec les jumelles de Michel, et ce soir elles se battent dirait-on vraiment . Je ne comprends pas tout car la fenêtre est fermée et il faut que je lise sur les lèvres. Elles sont nues devant la vitre, visages courroucés, elles sont véritablement toutes deux en colère.

- C’est mon tour de faire l’homme dit la grande.
- Pardon, répond l’autre, de plus en plus fâchée, c’est toi, moi, j’ai mes règles aujourd’hui.

Et puis il y a la plus grande qui s’accroche aux tentures (qui n’étaient pas fermées) et patatras, tout s’écroule, elle reçoit la barre sur la tête sûrement puisque je ne la vois pas se relever. Sa copine a plongé sur elle. Probable qu’elle va la soigner. Je ne vois plus que la lumière sans rien qui s’agite.

En dessous, à droite, il y a un couple moderne. C’est Mamy qui dit que c’est un couple moderne. A quoi voit-elle cela ? Lui, c’est Roger, mais on l’appelle Bob, elle c’est Barbara (écrit sur le bouton de sonnerie) mais Mamy dit que le concierge a dit que le gars de l’EDF lui a montré le document pour l’inscription des relevés de compteurs et que c’est Germaine qu’elle s’appelle.

En général, Bob s’en va vers les sept heures, le soir et rentre tard dans la nuit. Comme elle est toute seule, Barbara s’active au téléphone et bien vite accourt un sans doute cousin qui vient la consoler, qui la prend dans ses bras souvent ils vont dans la chambre dont les volets sont clos jours et nuits. Ils sont très naturels et l’appartement doit être bien chauffé car on les voit quelquefois passer devant la fenêtre du living, ils sont nus.
Le concierge a dit l’autre jour à Mamy que cela pouvait être dérangeant. Qui cela pourrait-il déranger que quelqu’un se promène nu dans cet appartement-là ? Il n’a rien de spécial et si comme je le crois c’est bien chauffé, ils ne risquent pas d’avoir un rhume. Un rhume, c’est ça qui est dérangeant. On éternue, on a les yeux qui pleurent.

La femme du concierge, elle, elle doit sûrement courir toute nue dans une loge mal chauffée puisqu’elle est tout le temps grippée, malade.

- Je suis sur la Sécu, qu’elle a dit quand on lui demande pourquoi elle n’est pas à son boulot.

Chez le concierge, on ne voit rien, jamais. Il y a un petit guichet à la loge et les rapports se passent au travers ou encore par le téléphone intérieur de la maison. C’est très moderne, chez nous. Les fenêtres de chez le concierge ne sont jamais ouvertes et les tentures ou les volets empêchent toujours de voir. Par contre, les bruits passent très bien. En particulier le tam tam du fils qui joue dans un orchestre rock. (Mamy dit : chez les singes !)

Il y a un représentant qui habite quasi en face de chez nous. Il ne vient qu’assez rarement et se fiche pas mal qu’on le regarde ou non. Il est assez beau garçon. Il a l’air doux et calme. Il n’est jamais là en fin de semaine. Peut-être va-t-il chez sa mamy ?

A côté de chez lui, c’est une dame qui me fait toujours rire. Elle met des masques de chat avec des oreilles et puis des loups et des cagoules. Dans la rue, quand elle part faire ses courses, c’est Madame Toutlemonde, mais alors, le soir, chaque soir, elle passe une bonne heure dans sa salle de bain et en ressort déguisée, elle a des justaucorps de cuir et de latex, des bas noirs collants, des slips à trous (ce qui d’ailleurs me semble plus normal que ceux d’Anne ou de Pascale, avec un slip à trou pas besoin de faire chaque fois une gymnastique ondulante pour l’enlever), elle enfile parfois des cuissardes comme les mousquetaires, mais je n’ose pas rôder par là quand elle s’habille comme ça, elle brandit des fouets et d’autres cravaches. Michel lorsqu’il l’aperçoit dit qu’elle fait encore une crise de domina. Comme Michel ne travaille jamais dans son bureau, je ne sais pas au juste ce qu’il fait mais, il doit être dans la psychologie.


(suite en direct chez vous : demander gentiment à xian)
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X ian
Invité



MessageSujet: voyeur (3)   Jeu 23 Déc 2004 - 10:02

- Le plus marrant, c’est que souvent, pendant qu’elle se barde de cuirs et de clous, fenêtre à côté c’est le contraire. Si elle est insignifiante, lui est gardien de la paix ou de quelqu’autre invention de sécurité et en même temps que sa voisine endosse une personnalité, lui se dépouille de ses accessoires qui en font un personnage. Lui, sans ses baudriers, sa casquette, ses galons, lui, il n’est rien.

Un agent de police.
Des agents, là en face, ce n’est pas cela qui manque. Nous avons, dans le désordre : un agent de police, donc, un agent d’assurances, un agent des services publics, un agent d’affaires, un agent industriel et un agent de l’état, de l’autre côté, dans le grand bureau voisin de celui de l’avocat, un agent de change. Et à en croire Mamy, un gars du syndicat qui est un agent provocateur.

En voilà des gens qui agissent !

Ce qu’on n’a pas, dans l’immeuble, c’est un agent atmosphérique. Qui existe puisqu’on en parle souvent à la télé.

Je me demande si la tapette du troisième étage est agent de quelque chose. Tout le monde est gentil avec lui et il est gentil avec tout le monde mais il est très malheureux, on le voit bien. C’est dur de porter cent-vingt kilos de muscles harmonieux, d’avoir les épaules larges et les deltoïdes en forme et de ne pas trouver comme dit Mamy chaussure à son pied. Mais aussi pourquoi n’a-t-il pas des mœurs comme tout le monde. Et pourquoi tout le monde a-t-il des mœurs pareils ? Mamy disait que du temps des Romains, c’était fréquent ces choses-là.
Mais pour le moment, il n’y a paraît-il que des minets.
Alors, on a une famille de cinq enfants où tout le monde court et piétine. Et le soir, les lumières s’allument et s’éteignent au gré des voyages de chaque personne. Il a oublié une chaussure dans l’entrée, mais l’autre se souvient du petit camion qui est dans la salle de bain. Le père file une taloche à la plus grande qui n’est rentrée qu’après dix heures.

- J’te l’avais dit pourtant ! Finies les sorties. Tu prends tes parents pour quoi ?

C’est la grande crise d’autorité. Souvent les adultes manifestent ce genre de crise . Il doit y avoir là un besoin de défoulement, une agressivité retenue qui doit exploser.
On serait mieux inspiré à placer à côté de l’ascenseur une loge insonorisée où chacun en rentrant viendrait crier, hurler, tempêter.

L’aigreur accumulée des délicieux contacts humains sur les lieux de travail, dans la rue, face à toujours plus de chef que soi serait ainsi déchargée. A moins qu’on invente, pour les hommes, un truc comme Mamy a exigé que Michel place à sa 4L, une petite bande dure qui frotte par terre et empêche le petit éclair qui se produit quand on tend la main vers la voiture.
Rien n’est conséquent dans un building, dans le trois pièces, ils sont cinq plus un chien que je n’aime pas et sur le même palier, dans l’appartement classe un de deux cents mètres carrés, il y a un veuf.

A la petite fenêtre plus loin, c’est un Martiniquais. Il est très aimable et reçoit souvent ses cousins et ses cousines. Il paraît que cela fait du chambard mais d’ici, on n’entend rien de spécial. Pourtant j’ai l’oreille fine. Mais on dit peut-être des choses ainsi, sans savoir que cela pourrait conduire le syndic de l’immeuble à demander qu’il parte.Où irait-il alors ? Dans de belles forêts tropicales comme j’ai vu dans l’émission de la Chasse au Trésor ?

Une qui est bien gentille avec moi, quand on se rencontre, c’est Mireille. Mamy l’appelle Mireille parce qu’elle parle avec un autre accent que nous. Elle vient du pays des Pieds-Noirs. C’est peut-être une tribu d’Indiens parce que ses pieds, je les ai vus l’autre jour, elle avait défait ses bottes sur son palier. Dehors, il neigeait et pour ne pas mouiller la moquette, elle s’était déchaussée. Elle n’avait pas l’air d’avoir les pieds plus noirs que les autres dont j’ai déjà vu les pieds. Un vrai pied-noir, c’est Célestin Degrève. Mais c’est normal, il est ramoneur. (Savoyard dit Mamy qui croit toujours connaître le village des gens).
Mireille, elle est vendeuse au Prisu la journée et trois soirs par semaine, elle reçoit. Mamy dit que c’est pour arrondir ses fins de mois. Elle doit vouloir dire de bois et ils font de la menuiserie peut-être. Je n’ai jamais été invitée.

Il y a Monsieur Nymphette qui habite le septième. Il paraît que c’est un vicieux. Je ne sais pas pourquoi. Il est trop vieux pour avoir une petite fille qui va à l’école en uniforme de pensionnaire, alors, tous les vendredis, il fait venir une dame qui se déshabille d’abord et puis qui se rhabille en uniforme de pensionnaire. Il la prend sur ses genoux, la câline et puis c’est la scène inverse et la dame s’en va. Moi, j’aimerais bien qu’on mes fasse des câlins comme ça, assise sur les genoux.

Pas chez Marcel par exemple. Il est plombier et il gueule tout le temps sur tout et sur tout le monde.
- Bande de minables, ils ont encore mis le coude de travers et on n’a pas d’eau chaude !
On a aussi un comptable qui s’efface encore plus que sa femme. C’est triste, elle ne rêve que de coups et de misères. On dit qu’elle s’appelle Josiane. Elle rêve que son mari devienne tyrannique, il lui enlève le jeans, baisse la petite culotte et la fesse, le visage de l’homme dur, le visage de la femme en adoration servile.


(à suivre)
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xian
Invité



MessageSujet: voyeur (4) (Nouvelle de Bécassine - fin)   Ven 24 Déc 2004 - 7:48

ensuite des 1,2,3 .... y aviez-vous pensé ?

- -Ooh oui maître de moi fesse-moi fort, encore plus fort, pense-t-elle et elle essaye n’importe quoi pour que cela arrive mais, lui, tranquillement, il lit le journal dès qu’il rentre, se plonge dans l’OM et dans les aventures de Noah. Elle a beau lui dire que la voiture est cabossée, que le tapis du living a été souillé par le chocolat chaud qu’elle transportait dans une casserole dont l’anse s’est brisée en tombant, la casserole a rebondi et brisé le Chine dans l’entrée, le chocolat a éclaboussé le fauteuil et en voulant éponger j’ai renversé le seau d’eau, glissé sur le sol mouillé, la télé a culbuté et …
- -A quelle heure vient le réparateur ?

Vous me direz que c’est bien du monde dans un immeuble. C’est pas tout. Il y a encore ceux qu’on voit rarement mais qu’on connaît quand même. Il y a par exemple le fou à côté c’est le mari ou le concubin (encore une nationalité décelée par Mamy) qui souhaiterait fesser sa femme. Loi universelle de la vexation, il aurait dû épouser la femme du comptable. Alors, il essaye de temps en temps. C’est ainsi que le mois dernier il a voulu fesser la petite Nadine dans l’ascenseur… il avait oublié qu’elle était fiancée à un professeur de karaté. Le résultat est une tête au carré, une luxation des vertèbres, une épaule démise et le bas-ventre en piètre état.

A côté de chez ce type-là, il y en a deux qui lisent tous les soirs des bandes dessinées. Des Tintin et des Cléo, des Jugurtha et des Paulette, ils en ont un rayonnage de mur, du plancher au plafond. Des dingos de la BD.

Tous ces gens-là, c’est chez moi. Et de temps en temps, pour le leur rappeler, je pousse un puissant miaulement.
- Bécassine tais-toi crie Michel. Viens ici, tout de suite, allez rentre, tu vas encore nous faire avoir des ennuis avec les voisin, allez viens, tiens regarde je verse du lait dans ta soucoupe.
Je suis rentrée en ronronnant.
On m’a gentiment installée pour regarder les fins d’émissions. Ils savent bien que j’aime regarder , voir. Je ne comprends pas toujours tout, mais ils ont annoncé que Mamy venait passer le week-end et c’est toujours gai parce que je suis très bien considérée quand Mamy est là et je peux dormir dans le lit de Anne.
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