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 La lune dans l'eau

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xian
Invité



MessageSujet: La lune dans l'eau   Mar 28 Déc 2004 - 18:19

LA LUNE DANS L’EAU
(Nouvelle de Martine)




La lune dans l’eau. Tel était le titre du livre avec lequel elle s’était endormie. Par l’as de carreau des volets, le jour le soleil la vie resplendissante entraient, voleurs de sommeil dans la chambre ou Martine reposait, la tête noyée dans ses cheveux de blés et de lins sauvages. Le soleil tournant un peu alluma pendant quelques minutes une aisselle douce à touffe blonde.
- Tiens ? C’est l’envers d’hier, pensa-t-elle.

Le soir précédent, au passage des mécréants dans le département de l’Isère, sur les chapeaux de toues et plein de mauvaises intentions, elle s’était avisée qu’elle était dans la pénombre et qu’ici, dans la montagne, sans neige car c’était l’été, le soir amenait une obscurité claire dont elle ne savait rien dans sa grand’ville.
Là-bas, il y avait sans cesse les klaxons, les tramways, les hommes pressés et les mémères – bonnes et compréhensives, qui savent que Renaud n’est pas un voyou, que Sacha est bien malheureux et que c’est la faute à Rika si la saucisse de Strasbourg fait grossir et que le capricorne entre demain en sagittaire – menant faire pipi sur le trottoir un chien qui leur ressemble.
Elle avait lâché son livre à couverture glacée, violemment colorée et illustrée d’une de ces nanas comme il n’y en a que sur les livres des bibliothèques de gares et supermachés, à l’exclusion de toute rencontre au bureau de tous les jours – sauf Huguette qui est toute pareille avec son rouge à lèvres, son fard à sourcils et ses incroyables cheveux à la brosse, ils aiment ça les garçons, des cheveux comme ça où les mains n’ont aucun plaisir à traîner ?
Un coup de vent, pas vraiment le simoun, descendit du glacier là-haut sur la montagne si près si loin et la pinça en slip et soutien-gorge devant la fenêtre.
- Allez, zou ! on ferme le vantail, brr le chaud, ici c’est froid, pensa-t-elle en regardant le soleil qui illuminait une gravure sur le mur d’en face.
- Et elle se mit à songer quelques secondes que c’eût été mieux d’aller avec Huguette au camping des flots bleus, sur la côte, là où toutes les publicités disent qu’il n’y a jamais que le soleil chaud chaud.

Comme elle avait la peau moite, elle frissonna. Elle ferma la fenêtre mais pas tout à fait, l’air c’est bon pour le teint, et elle partit examiner un peu de rougeur qui s’était mise sur un bras. Elle frissonna à nouveau et courut se cacher sous le drap.

Les gangsters avaient décidé d’attaquer une banque et Radio Monte-Carlo disait que la journée de demain ce serait couci-couça. Ce qui l’étonnait dans ce qu’elle lisait c’était que la grande femme qui accompagnait…

Elle s’éveilla en sursaut, un bruit insolite, une odeur de café aussi et puis elle se rappela qu’elle avait tout mélangé, l’auto-stop, les gangsters de « La lune dans l’eau » quel drôle de titre pour un roman policier et le soir qui arrive sur la montagne où il n’y a pas de neige car c’est l’été, Gilles avait dit tout ça. Gilles, c’était le gentil monsieur qui avait bien voulu l’héberger cette nuit-là car sans sou … sans sous Madame Monsieur, sans sous on n’est rien.

Elle trouve à la patère une vieille veste de pyjama et s’en vêtit.
Dans la pièce cuisine salle à manger salon living et tout ce qu’on veut, atelqier de plomberie même, au vu de tuyaux bizarres et d’une clé à molette, Gilles avait fait du café et il y avait du pain frais sur la table. Elle comprit que son cœur ce matin-là était un peu à lui. Après avoir dit bonjour comment allez-vous, il a dit :
Il y a du beurre, si vous voulez, et des couteaux dans la cuisine. Je pars au village faire quelques achats. Je ne savais hier encore que j’aurais une invitée. Je nous rapporte de quoi varier ces quignons et les carottes qui sont sur l’évier. Ne vous envolez pas le ventre vide, belle oiseau.
- Il referma sur lui la porte de vois et elle entendit le bruit d’un solex peut-être même d’une machine japonaise, le progrès est partout.
Le moteur ronronna du côté des grands pins, sauta le ruisseau, se perdit dans un creux, reprit sur une demi-colline mourut enfin après un virage masqué.
Elle s’étira, peigna ses cheveux à grands coups de mains, fi grimper un short le long de jambes très belles et sortit. Au bout de la terrasse, elle se mit dos aux pierres, chaudes du soleil déjà. Si elles étaient chaudes, le vrai soleil n’était pas encore tout à fait vrai. Il montait dans les ciel sans s’arrêter comme si quelqu’un le tirait vers là-haut mais on avait dû oublier d’allumer son feu. A moins que ce ne soit le vent ? La pointe de ses seins s’érigea et il se fit de petits grumeaux tout autour de l’aréole. C’est une sensation qu’elle aimait bien, avoir froid aux bouts ; c’est chouette ça, on se sent vivre. Dans la cuisine, elle avait pris un couteau bien trop grand pour couper le pain. La montagne sous la lumière du matin qui bientôt serait midi prenait des reliefs et changeait de forme à chaque instant. Sur l’horizon, de grands nuages blancs étaient des montagnes. De grandes montagnes étaient des nuages.
Le bout de cette terrasse, là, un peu à l’abri, était un endroit rêvé pour un bain de soleil total. A la mer, même Huguette n’ose pas se mettre toute nue. Pourtant maintenant, dans les magazines, on ne voit que des dames aux seins nus sur les plages et il paraît que les gendarmes n’embêtent plus personne pas plus à Pamplonne qu’ailleurs, mais il faut oser. Ici, c’est extra.
Et elle fut nue en un instant.

Avant de s’étendre sur la veste disposée en coussin, elle se regarda, se trouva blanche et citadine.
Un peu de hâle sur les bras, un peu sur les jambes et un peu sur le haut de la poitrine que les décolletés de promenades avaient permis. Elle se livra au plaisir d’être parfaitement nue et vraiment nue.
Personne pour regarder si quoi ou quoi que ce soit arrivé, un petit coulis de vent, un bon soleil et toutes les pensées qui courent et le livre dont on ne tourne plus les pages. Elle se demanda à quoi pensent les autres lorsqu’elles sont nues ?
Elle ne connaissait qu’Huguette, et puis la vieille qui avait au moins trente-cinq ans, l’an dernier sur la plage. Huguette aussi, c’était à la plage, on avait la même cabine de bains. On se déshabillait ensemble et depuis quelques années, on comparait nos poitrines, on les touchait. Des fois même, on les embrassait, pour les réchauffer, parce que le petit bout était dur mais alors, on avait de plus en plus de frissons et le petit bout restait dur. Il y a deux ans, j’avais voulu savoir si vraiment une femme c’était comme moi et j’avais lancé mes mains pleines de doigts tout au bas d’Huguette. Elle avait fait l’horrifiée et l’indignée et elle n’a même pas ri quand je lui ai dit que je m’appelais Jules. Elle avait voulu crier et elle me mordait. Moi, j’étais déchaînée, je l’ai giflée à tour de bras. Je n’y voyais plus clair puis elle s’est mises à pleurer et s’est laissée faire. J’étais chavirée par la douceur de sa peau, là au centre de son corps. Une peau encore tout mouillée du bain que nous avions pris, je l’appelais chérie et amour et elle ronronnait.
Mais en se levant, elle a dit, la sale garce :
- Je vais le dire à mon père.
Je l’ai coupée en tranches.
La vieille de l’autre fois, c’est sur la plage que je l’avais rencontrée, elle marchait lentement, insouciante, le long d’une bande de sable désert. Elle n’était ni laide, ni belle, simplement, elle était nue. Probablement mieux ainsi qu’habillée. Sa nudité la sauvait qui n’avait aucune classe sociale et aucun signe extérieur de plus ou de moins. Elle ramassait de temps en temps des coquillages et son derrière haut levé se reflétait dans l’eau stagnante d’une petite mare . On aurait dit la lune dans l’eau. Je me suis approchée et nous avons parlé. Elle était belle en souriant, en parlant des poissons et des objets que l’on découvrait le long de la mer. Elle était laide quand mes mains couraient sur sa poitrine et pinçaient les petits bouts rouges.
J’ai perdu mon opinel dans le sable.

Voilà Gilles, mes petits bouts sont durs. Il manque un couteau à la cuisine.


Dernière édition par le Mer 29 Déc 2004 - 17:49, édité 1 fois
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Romane
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MessageSujet: Re: La lune dans l'eau   Mar 28 Déc 2004 - 20:05

Nom d'un chien, quel chouette texte !
L'espace d'un éclair, je me pose la question : Xian, es-tu homme ou femme ?

Ou bien attentif, simplement....

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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xian
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MessageSujet: Re: La lune dans l'eau   Mer 29 Déc 2004 - 7:03

Dur dur

Citation :
L'espace d'un éclair, je me pose la question : Xian, es-tu homme ou femme ?


Va-t'en savoir ?
On ira se promener le long des plages....


dis-moi, je viens de me relire, je vois qu'il y a de nombreuses fautes (de frappes! sales petites frappes !) comment fait-on pour les corriger ? ou faut-il reposter tout le texte revu ?
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Romane
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MessageSujet: Re: La lune dans l'eau   Mer 29 Déc 2004 - 14:26

Xian....

La plage est tout près de chez moi... elle t'attend !

J'ai quand même ma p'tit' idée, cher monsieur...

Tu es sans doute très attentif. Magnifique qualité. Elle me laisse pensive...

Cliques sur Editer en haut à droite de ton texte, et là, tu corriges tout ce que tu veux corriger, puis tu refais Envoyer et hop !
Normalement, tu peux le faire dans tous tes messages. Chacun a accès à ses messages ainsi.
Si tu rencontres un problème, envoie moi un mp, je t'aiderai, promis.

Bisous océaniques
Romane

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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xian
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MessageSujet: Re: La lune dans l'eau   Mer 29 Déc 2004 - 17:50

merci bocou

je corrigerai demain Cool
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MessageSujet: Re: La lune dans l'eau   

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