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 Henri Troyes ( feuilleton )

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LuluBerlue



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MessageSujet: Re: Henri Troyes ( feuilleton )   Jeu 13 Avr 2006 - 12:46

On appele ça une chute de rêve non ? AngeR
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Xian

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MessageSujet: Re: Henri Troyes ( feuilleton )   Ven 14 Avr 2006 - 19:02

Grandes musiques, Wagner et tout glissade, Mozart … La complicité s’installe. On s’était connu, on s’était reconnu, on s’était perdu d’vue, on s’était retrouvé. Et à la fermeture de l’établissement elle va m’accompagner, cette jeune femme qui ne pourra lutter contre l’envie de s’offrir un dernier verre. Une fois passé le seuil de la chambre meublée, un lourd rideau de velours pourpre et or s’abat sur notre aventure qui annonce les amours les plus folles.


— Reste tranquille Magda, dit Henri le barman, t’affole pas, il cause seulement Monsieur Henri, il parle, c’est tout, quand il aura terminé son vittel-menthe, il rentrera s’allonger, c’est pas un client Magda !



Assis sur un petit banc , j’observe le petit peuple. Ensemble, nous prenons l’air au parc des buttes chaumont. Plus tard, je reviendrai lentement, me gorgeant d’images, par l’avenue Mathurin Moreau, la place du Colonel Fabian, direction Stalingrad, puis, je longerai le quai jusqu’à la place de Bitche. Je vais manger un bout puis j’irai me coucher, demain, je reprendrai la route pour m’en revenir affronter ce fameux conseil, demain à seize heures.
D’où je suis, j’observe des gamins qui jouent près du temple de la Sibylle. Cette prêtresse consacrée au culte d'Apollon, qui lui avait donné le pouvoir de prophétie, rendait ses oracles sous la forme d'énigmes écrites à Marpessos, près de Troie mais plusieurs lieux revendiquent la présence d'une sibylle, j’aurais aimé rencontrer celle d’ici.

Je vais rentrer dîner, chez Henri, Hamida et Mauricette ont prévu ce soir un de ces petits menus comme je les aime : petite salade de filets de truite aux pignons de pin arrosée d’une vinaigrette à l’huile de noisette accompagnée d’un château La Jauberterie 1996 un Bergerac de grand choix ! Ensuite un boudin de chapon de Berry aux endives belges purée de lentilles avec château Canuet (Margaux de cru bourgeois) pour terminer, croquettes de fraises au coulis de framboises.

Qu’aurai-je appris ici ? Qu’il y a plus d’un Henri.


A seize heures tapantes, Joseph en uniforme de grand chambellan m’introduisit dans la grande salle du Conseil qui était plus vaste que le public n’en a idée. Une longue table rectangulaire revêtue de feutre billard vert pomme habitait le centre de la pièce. Tout autour des chaises à haut dossier, chacune supportant un personnage important. Le long des murs, des stalles offraient des petits sièges basculants à de nombreux courtisans et membres du conseil de deuxième rang.
Des sous-main de cuir fauve, un crayon, une feuille aux armoiries de la famille complétaient la panoplie de chacun.

Lorsque Joseph fit refermer les deux vantaux, je m’avançai dans le local, suivi de mes deux gardes du corps, l’ensemble de l’assemblée se leva et me salua. D’un geste auguste je les priai de se rasseoir et pendant cet instant je mémorisai les visages, les regards.

Brouhaha, départ de conversations, interjections sourdes, petits gestes. Ainsi donc, face à moi, en bout de table, madame Mère, à ses côtés, le siège vide de François Doeuf, je l’ai su tout de suite, il ne pouvait en être qu’ainsi, à la vitesse de l’éclair je revécus les avatars de tante Marie qui bien que très belle finit très mal, le siège suivant était occupé par un personnage falot qui se présenta comme délégué de mon beau-frère, un capitaliste castillan qui ne pensait qu’à investir dans des usines flamandes, ces gens-là disait-il travaillent mieux que les esclaves et on les paye moins.

Claude, pâlotte, était assise sur le bord de son siège, comme si elle avait un train à prendre dans la minute, j’ai su plus tard qu’elle était arrivée de Lorraine le soir précédent et que sa santé déclinait, on a toujours été un peu fragile dans la famille. En face de chacun un conseiller pavoisant de la branche des de Guise. La chaise de Louis était occupée par un homme de loi, gestionnaire de biens et de fortunes que je devais déjà avoir rencontré puisqu’il me fit un grand sourire.

Mon regard se porta alors sur la droite de Madame Mère pour découvrir hautain et suffisant le président en exercice, Charles, dont j’espérai tout de suite qu’il soit venu avec Elisabeth, son épouse, une très belle femme qui m’avait toujours plu. Et si l’occasion faisait le larron, une réception était-elle prévue pour ce soir, c’était trop tard pour le demander à Joseph.
À côté de lui, découvrant sa poitrine jusqu’au nombril, Margot faisait son petit effet dans cette salle jésuitique.
Elle pelotait un peu le voisin d’Hercule – François qui semblait d’ailleurs s’en féliciter.

Dans les stalles, sur la première chaise de la première rangée, je reconnus tout de suite Némo qui, m’avait dit Joseph, avait été ma secrétaire la plus récente, derrière elle, Céline, qui n’avait pas l’air plus étonnée que cela de me voir, je me rendis compte alors que la plupart de ces sièges-là étaient occupés par des femmes que je ne pouvais qu’avoir connues, bien intimement.

Par ailleurs, des représentants de familles influentes, les Caponni, les Bettencourt, les Bloch, Cousin en personne raide comme un de ces clous qui, firent sa fortune raconte-t-il à tout le monde.

Les personnages proches me saluèrent gentiment et Joseph me présenta rapidement Perry Mason que j’avais bien reconnu, conseiller juridique assisté d’Henri Basnage de Beauval qui fut fort influent dans l’affaire de Lady de Nantes, un homme très cultivé à qui l’on doit un dictionnaire universel, recueilli et compilé par feu Antoine Furetière.

L’un des Henri (chaise de droite) commença à lire un interminable rapport d’activité d’une société patricienne mais dès avant d’en venir à la présentation des comptes, je fus très personnellement mis en cause par un représentant de la famille de Guise me traitant d’homosexuel, ce qui n’était évidemment pas le sujet du jour, oh le jaloux des avantages que j’avais accordés à quelques mignons qui, il est vrai avaient souvent couru à la faillite.

Un rapport complet allait être établi, dit-on, pour lundi concernant la gestion de madame Mère – en mon absence et je compris alors que des événements importants s’étaient déroulés, on disait ici clairement que j’avais joué au parrain, ordonné des éliminations, massacré mieux que certains concurrents lors d’une Saint Valentin passée, que j’étais un monstre et qu’en aucun cas on ne devait me laisser reprendre les rennes. Margot fut la plus virulente, je ne sais pas comment j’aurais pu répondre à tout cela, surtout que l’on parla d’un mariage, avec qui ? de la Pologne où il y aurait des loups, de gens qui meurent de faim et de collecteurs de fonds Unicef qui s’empochent de sacrées sommes.

Heureusement, Mason fit d’emblée le vide et se tournant vers le Guise qui se croyait procureur le remit vertement à sa place lui rappelant quelques aventures roses à Blois et quelques adresses d’auberges et de pavillons de chasses de banlieue.
C’est quand on parla de la tour de Nesle que le délégué de Buick voulait faire abattre pour y construire une grande surface avec parking que des images assez crues se firent jour en moi.

Malgré le soutien de quelques amis ayant lancé des anathèmes vengeurs, ou des mots gentils à mon égard, en dépit des mots d’un poète roumain, d’un général en exercice, d’une photographe liégeoise, d’une créatrice de petits miquets, aurai-je le courage d’attendre lundi la publication de ce qui fut décidé, il faut bien le dire sans moi, puisque je quittai la salle en traitant ces gens-là de petits valets de pieds et d’incapables !
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MessageSujet: Re: Henri Troyes ( feuilleton )   Lun 17 Avr 2006 - 7:41

Il n’était pas question d’attendre quoi que ce soit, les visages m’étaient revenus, j’allais incessamment recouvrer ce qui avait fait, ai-je cru comprendre, de moi, un homme assez craint. Comme je le dis à Joseph qui montait dans le carrosse avec moi, si je ne puis me faire aimer, on va apprendre à me craindre !

J’ai quitté la salle du Conseil d’un air outré lançant à la cantonade un : « Je reviendrai » assez sonore. Je vis plusieurs dames qui pleuraient, Perry Mason qui jetait des articles de la loi en discussion, j’envoyai Joseph chercher deux gardes supplémentaires et ainsi équipés, nous prîmes la route d’un mien château fort agréable, en bord de Loire où, dis-je à Joseph, je vais me retirer jusqu’à l’automne, rassembler mes gens, reprendre mes affaires sous contrôle, réfléchir aux événements passés dont les mots Tour de Nesle m’avaient laissé entrevoir, il est vrai, quelques turpitudes de jeunesses. Margot m’avait souri, madame Mère aussi, je savais d’ores et déjà que j’avais deux appuis dans les salons parisiens où se font et se défont les auteurs, les ministres, les généraux.

J’ai donné ordre à un laquais de prendre la petite Némo et Céline sous sa protection dès la fin officielle du Conseil où tout un chacun allait de toute façon les oublier, les négliger, le sujet principal du jour étant l’élargissement du marché de la pomme de terre bintje que nous cultivons en famille de générations en générations.

La possibilité dès le premier mai de vendre notre spéciale frite jusqu’aux confins de la Lithuanie ou jusqu’au Péloponnèse ouvrait des avenirs ambitieux non négligeables. Mon aventure polonaise malheureuse, je me souviens de tout, tout à coup, je vous raconterai cela un jour prochain, il y a déjà tant et tant à raconter. Vais-je devoir réembaucher Némo ?

Enfin, voilà, évitant les tracés de mousquetaires et autres gardes, archers flasheurs, gens d’armes et de peu de sympathie, nous avons traversé bourgades et campagnes rapidement avant que les manifestations paysannes et ouvrières se mettent en branle. Curieuse coutume, curieuses habitudes dont on serait sans doute bien marri de connaître l’origine.

Toute la douceur des pays de Loire est ici concentrée, voici à deux pas des cousins Bretons et des Vendéens qui me soutiendront sans doute le petit castel où je vais me ressourcer. Joseph a tout organisé pour que dès lundi le petit personnel soit en place, nous ne manquerons de rien, le prévoyant chambellan a déjà invité des servantes, des cuisinières et des jardiniers, des hommes entraînés sont disposés pour assurer la sécurité, les terres qui entourent la demeure sont cultivées par des familles à notre dévotion, l’étang Montayer est gardé et l’eau assurée par le petit ruisseau qui le traverse depuis le bois de Brissac, augmenté d’ailleurs des eaux qui nous viennent de l’étang des Moines.

Ici donc, je vais préparer mon grand retour.
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MessageSujet: Re: Henri Troyes ( feuilleton )   Lun 17 Avr 2006 - 12:05

incl36 Intarissable Xian, pour le plaisir de ses lecteurs. Je me demande (trrrrrès souvent) où tu vas chercher tout ça. Mais ce n'est pas bien compliqué, au fond : suffit d'ouvrir les yeux autour de soi.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: Henri Troyes ( feuilleton )   Lun 17 Avr 2006 - 12:21

Shocked
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MessageSujet: Re: Henri Troyes ( feuilleton )   Lun 17 Avr 2006 - 12:24

kikya Xian ? Ceci était ma réflexion du jour, regroupant l'ensemble des textes que tu écris. Fais un effort. Tu sais bien que le matin de bonne heure, m'exprimer relève de l'exploit. Gaga

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MessageSujet: Re: Henri Troyes ( feuilleton )   Mer 19 Avr 2006 - 17:49

Grand retour, en route !



Je n’ai pas passé la nuit au château, dernier sursaut peut-être de celui qui va se prendre « en mains ».

Je me réveille et je suis seul. Elle ne m'a pas mis à la porte. Elle est simplement partie. Je m'étire. Je suis encore gluant. J'attends son retour. Le temps passe. Elle ne reviendra pas. Je me rhabille, tâte mes vêtements et vérifie que les trente mille écus sont toujours là. Ils ont changé de poche. Elle s'est servie. Elle n'a pris que quelques billets, le prix de son labeur. Une jeune fille honnête.

Il y en a encore ! Comme il y en a qui se souvient de Deneuve, de Sylvie Vartan heureuse avec Tony en Californie, de Mitterand, de Polak, Michou, Jackson, de Caroline faisant ses courses à Paris, de l'attentat fou de Longwy, de Jane Fonda superbaisable en body bleu, voici venu le joli mois de mai. Oui, en mai les souvenirs reviennent aux plus folles comme à celles qui font ce qui leur plaisent, grimaçant, se tordant le cul, voire la bouche, dans des parures superbes sur la Riviera qui se peuple de Ricains. Ah, le Festival de Connes ! Ah, Sophie Marceau ! Ah ! Adjani ! Ah, qui d'autres ? Souvenirs oui trop anciens ceux-là, Jeanne Moreau, oui, évidemment, être et avoir été. Tiens, l'autre-là, Virginie Ledoyen, elle rit, elle ne sait pas ce qui l’attend, elle ne sait pas que c’est épatant de perdre la mémoire, ainsi,

Ainsi,
On ne vieillit pas !
Un jour on se réveille pour voir des poufs en maillot qui les perdent devant des types déguisés en autofocus.

Un jour on sait Victor Hugo et Stendhal, mais aussi la princesse de Clèves et Nothomb, et puis c'est normal, les filles sont les premières de la classe depuis que je suis tout petit.
Le grand retour, cela se prépare sur tous les plans. Je sais. Quelques assurances d’abord, prendre contact avec des spécialistes du genre.

Je pense à Anna que je vais appeler personnellement.
Anna.
Un beau cul de fille dans la petite soie blanche d'un slip à jolie dentelle.
Anna Hallers a été, des années durant une des figures de proue du secteur financier anversois. Elle tenait salons tandis que son mari André Blèsent était, entre autres, président du VEW. Il a dirigé le groupe Van Teneuse qui repose sur deux grands piliers : la banque de Teneuse (absorbée récemment par le holding Acquerrons & van Harem) et la banque Dresse. À côté de cela, Van Teneuse est un leader du marché des courtiers en assurances. Van Teneuse est aux mains des familles Blèsent et Van Antwerpen.

La fortune d’André Blèsent provient de son mariage avec Anna Hallers, fille du propriétaire de l’agence portuaire Hallers and C°. En dix ans, Blèsent a développé Hallers pour en faire un groupe de navigation de 1.000 salariés. Ensuite, il a vendu 75% d’Hallers au groupe allemand Stipes. “Dès ce moment-là, l’argent est devenu un moyen et non plus un but” a-t-il dit par la suite. Tout comme le fameux Cousin, il cherchera à prendre des participations financières stratégiques où, avec un apport financier minimal, il pourra exercer un pouvoir maximal. Cela est apparu clairement lorsque le holding Gavait a été absorbé dans l’ensemble CBK.
Dans les coulisses, Blèsent tient un des grands rôles. Le fondateur de Gavait a passé le flambeau opérationnel à ses enfants. Son fils aîné Christian investit par holding personnel interposé dans de jeunes entreprises. Il se profile aussi en tant que politicien. Son frère Thomas est à la tête de ZHMUK. Il reprend également la tâche de son père au sein de la VULL qui édite un journal quotidien de bonne audience.
Bon, noter : appeler Anna, oui, c’est bien ça, ça conscientise, on se sent la tranquillité de celui qui achète à la FNAC les livres d'ATTAC distribués par Largadère & Fils.

La rencontrer, choisir une petite auberge pas trop loin d’ici, pas au château, c’est une envahisseuse ! La convaincre de m’aider, lui parler de la liberté, « La liberté est le crime qui contient tous les crimes, c’est notre arme absolue. », ça, ça va la séduire, et une petite note « d’autrefois », des quelques beaux jours passés, où était-ce encore, à Marbella, je crois.
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MessageSujet: Re: Henri Troyes ( feuilleton )   Jeu 20 Avr 2006 - 9:50

Le lieutenant Catherine Lemercier s’étira comme un chat et repoussa la couette. Par contraste, la fraîcheur toute relative sur son corps nu hérissa le duvet de ses bras et constella sa poitrine d’une chair de poule peu compatible avec la douceur des vingt-deux degrés ambiants.
Elle rétablit son équilibre thermique en se frictionnant vigoureusement les seins et consulta son radio-réveil.

Dix heures cinquante-cinq.
Elle avait réellement fait une super grasse matinée ! Elle ne rappelait pas s’être offert une sieste pareille depuis des lustres. Un véritable camouflet au pauvre monde besogneux. Pour des vacances, c’étaient des vacances.
Elle s’extirpa de son lit mais décida de ne pas se rhabiller, de déambuler nue dans son appartement et de tuer le temps en faisant semblant de ranger jusqu’à ce que la faim se manifeste. Mozart assassiné.
Le téléphone portable.

Seul Palumbo connaissait ce numéro-là.
Bonjour dit-il, alors on bronze ?
Je ne suis là pour personne dit Catherine.
D’accord lieutenant, mais comme votre repaire est à deux doigts du nid d’aigle de notre client, cela me ferait plaisir que vous y jetiez un coup d’œil, simplement en passant, comme ça pour voir quoi, rien d’autre…



Un incertaine s’imaginait le grand, voire le très grand retour, il faudra se contenter de bribes et décors durant quelques semaines, la mise en place des pions humains est plus délicate qu’il ne paraît. Jean-Pierre sait faire du bon café, mais ce n’est pas suffisant.

Hier, le soleil était un peu de la partie, j’ai demandé à Joseph que l’on installe quelques draps dans le champ qui jouxte les maïs transinternationaux, une variété que nous exportons aux États et que mon ami Caponni écoule dans les magasins de la French connexion.
J’ai passé une excellente après-midi, au bord de la petite rivière qui traverse notre propriété, ma propriété me rappelle Joseph qui précise : « Monsieur est aussi marquis de Caracas ». Déjeuner sur l’herbe très Renoir, Joseph, paniers pique-nique, jeunes femmes nues se dorant au soleil.

Une Marinette s’approche pour tâter un sandwich cornichon, 'Aï love you !'... lui crié-je !... c'est du Shakespeare répond-elle, la belle avait des lettres, je lui ai enseigné quelques nouvelles périphrases, lui démontrant que la langue est riche et habile pour qui sait entendre.


Renversé sur le dos, les bras enserrant les reins cavaliers de Marcelle, il la goûte, sa langue dessine la spirale autour de l’ombilic, repasse dans le pli des noces, le creux de l’aine et quantité d’autres replis...
Elle se cramponne à lui pour jouir... soumise, intimidée par cette ferveur...

— T’es meilleure que le pinard, meilleure que tout, j’ai jamais vu ça dit-il, lui qui a le plus souvent déjà vu ça, le Commandant Parmentier est de ceux que je dois convaincre, il faut qu’il soit de mon côté. Nous avons vécu quelques aventures, il y eut aussi plusieurs voyages de croisière, dont la curieuse entreprise du Thijsville reconditionné et celle de l’Olympic Wave avec la belle Jackie.

Quai 14 on tourne « Départ pour Kamatchka », un nouveau James Bond, c’est l’histoire d’une jeune professeur d’archéologie et d’histoire de vingt-quatre ans.
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MessageSujet: Re: Henri Troyes ( feuilleton )   Jeu 20 Avr 2006 - 10:01

Rebelle. J'avais dit que je ne voulais pas bosser aujourd'hui.
Je confirme. Café et lecture, depuis le bureau.

Aucun regret. incl36

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: Henri Troyes ( feuilleton )   Ven 21 Avr 2006 - 7:59

Elles n'ont jamais le regret de leurs actes !!!

Une scène torride sera filmée dans une autre cité portuaire aux ruelles étroites puis le navire fera escale aux Canaries.

Le film est produit par Valérie Pèches animatrice de réality show télé et son oncle. Ce dernier est un grand ami de D’Avignon. Nous nous connaissons bien aussi, Alexandre et moi, ai-je dit que je m’appelle Alexandre, Henri n’est qu’un surnom, que j’aurais dit-on usurpé en allant en Pologne.
La bignole du petit restaurant nouvellement installé dans le virage à qui je racontais un peu le scénario me disait hier soir : oh oui, Monseigneur devrait faire venir cette dame de la télévision, nous aussi, dans la région on aimerait montrer nos animaux et ce serait l’occasion de créer des dialogues, peut-être en faire une bande dessinée. J’ai coupé court, l’idée est déjà venue à d’autres, il faudrait travailler, les femmes veulent-elles me faire travailler ? N’ont-elle pas lu le petit mot de Némo, en date de hier ?

Je me demande si elle a parlé à Céline, je pense à Némo, bien sûr, la petite Némo qui tapait les résumés d’aventures, les notes de frais et tous autres travaux comptables de la librairie où j’étais devenu le Barry Soccer, le Wonderboy, un moment de rap, de rabe un boni dans une vie tracée, rigide fermée… Némo, c’est quelqu’un de bien, Céline aussi, il faut le reconnaître et rendre à Césarine ce qui lui est dû.
Vais-je l’aimer ? L’ai-je aimée ? Amour toujours parcours détour …

L'amour est certes une émotion extraordinaire qui, selon les poètes, guiderait le monde vers un âge d'or nouveau. C'est oublier que l'amour suscite dès sa naissance tant d'autres émotions qu'il est autant fauteur de guerres sanglantes que de romans courtois.

La violence des hommes et leur amour a souvent le même but, en définitive : le sexe féminin.
La voie au sexe de la femme est une sorte d'accès mental à un pouvoir, seul pouvoir possible pour tant d'hommes au physique plus fort, à l'âme moins prude, plus rude.

Il faudrait que je recouvre toutes mes facultés et aussi que je sache exactement quel événement a causé mon état psychique actuel. Je n’ai rien dit mais j’ai découvert dans des malles empoussiérées, au septième étage, de nombreuses bandes dessinées, des journaux et des livres et plusieurs cahiers. Les journaux et les cahiers m’intéressent fort.

Seul, assis près du temple de Zeus, je prends un cahier toilé assez épais que j’ai caché ici sous une marche de marbre rose un peu descellée. Le cahier est en assez bon état, il doit contenir des écrits assez récents sommes toutes.


En effet, l’ouvrant au hasard, je lis :
Première semaine de mai 1989, mardi.
Jeanjean sort, lentement et sans mettre le moteur en route, la R5 Alpine de Bruno du garage. Cette voiture est une petite bombe sur roues, parfaitement au point. Jeanjean va la piloter, Jeanjean sait tout faire, il a même fait disparaître le grand danois hier au soir, pour l'envoyer faire un tour au Moyen Âge. Jeanjean a bricolé cette voiture en cachette de son oncle et de sa tante, grâce à des éléments retrouvés dans les affaires remisées d’Albert Paulien, récemment disparu, il a transformé la voiture mais évidemment, seul lui et moi le savons. Les commandes particulières sont dissimulées dans les interrupteurs et autres boutons habituels d’une full options transformée par le concepteur d’autos, comme le soutient la publicité.

Jeanjean aurait bien expédié le maître du chien aussi, mais il n'a pas osé, à cause du problème que pose le paradoxe de l’hyperbole sensible. Cette nuit, tout sera résolu. A 11h50, le grand voyage est prévu. La voiture est poussée devant la maison de Véronique et Bruno. Comme prévu, à cette heure-là, la lumière s'agite de la salle de bains à la chambre. Véronique va se coucher. Jeanjean a patienté un petit quart d’heure puis il ouvre la porte du véhicule.

Je m’assieds à côté de lui, nous patientons un moment puis Jeanjean démarre silencieusement, arrivé à l’entrée du petit bosquet de l’avenue des Arts, Jeanjean tourne dans le sentier et se gare là où seuls passent de rares piétons, le jour.

Encore cinq minutes, puis il appuie sur le petit switch, l’aiguille du tachymètre monte doucement jusqu’à vingt, puis trente, on ne voit rien dehors, c’est comme s’il pleuvait fort, ou plutôt c’est comme un crachin, Jeanjean transpire puis il n'y tient plus.
La portière s'ouvre dans un grincement. Jeanjean risque une tête à l’extérieur, et il respire profondément l'air de 1959 si semblable à celui de 1989, presque une déception.

Nous quittons la voiture, nous sommes sur une allée gravière, rien ne semble avoir vraiment changé en trente ans.

La page suivante est souillée, peut-être une tache de thé que quelqu’un aurait faite en écrivant ou en lisant, relisant ces pages.


Je continuerai ma lecture plus tard, j’entends des pas sur le gravier du sentier qui vient des écuries vers le petit temple de Zeus. Je me dissimule dans un buisson d’hortensias. Un prêtre passe, un prêtre, ici ? Il se dirige directement vers la petite porte latérale qu’il ouvre avec une clé accrochée à un trousseau suspendu à sa ceinture de soutane, une soutane rouge cardinalice ? Ici ? Chez moi ? Suis-je au courant ? Un prêtre entre dans le temple de Zeus, est-ce raisonnable ?

Doit-on vivre de raison ?
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MessageSujet: Re: Henri Troyes ( feuilleton )   Ven 21 Avr 2006 - 10:02

Citation :
Doit-on vivre de raison ?

Puis-je emprunter votre phrase, mon cher Xian, pour ouvrir un fil qui commencerait par ces bien jolis mots ?

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: Henri Troyes ( feuilleton )   Ven 21 Avr 2006 - 14:46

Empruntez, ma chère, empruntez ...
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MessageSujet: Re: Henri Troyes ( feuilleton )   Dim 23 Avr 2006 - 8:23

Je poursuis mon enquête et j’interroge calmement, de-ci delà, des femmes surtout, elles parlent plus facilement, se posent en martyres ou en héroïnes, elles ont quelque chose à dire, à revendiquer, elles veulent s’exprimer, elles imaginent que leur voix compte sur la ligne du destin.

Rencontrer des inconnues vous place dans une situation assez inconfortable surtout quand Joseph qui s’occupe de tout n’a rien à en connaître. Les recoupements, les appels téléphoniques, le nouveau système électronique tout cela confine à l’art, et décider l’autre à venir se livrer n’est pas plus simple que de se décider à aller l’écouter. On passe du sourire niais à l’écoute de la déblatération abominable, aux pitreries pitoyables.
Cette autre, peut-être a-t-elle menti, n’a-t-elle rien à dire, peut-être pas. Arrivé au rendez-vous, s’éteint brutalement la lumière imaginaire et la barrière physique reprend ses droits, même lorsque, plaisamment, c’est une barrière particulièrement magnétique...
Je rencontrai à Angers, à deux pas du Concorde, une Martine qui avait été secrétaire d’un mien ennemi.

Celle-ci avait un peu peur, mais je suis arrivé à la mettre à l'aise tout en essayant de ne pas laisser ma raison s’abîmer dans la paire d'yeux félins qui se jouent de moi, je le remarque bien. Cette fois, je ne m’attendais pas à un tel ravissement. Le sourire ne quitte pas l’adorable minois de mon inconnue. Je me sens gauche. Elle me laissa pénétrer dans son logis, elle disait « mon studio ».
Je l’ai débarrassée de son grand manteau noir et de son écharpe, je lui ai pris les mains puis je l’ai serrée dans mes bras, je joue je module je nodule je parle bas doucement lentement ma voix est rassurante, sensible, émotionnée. Je lui dis des mots sans importance comme s’ils détaillaient mon âme, je la lâche, elle s’avance dans un intérieur très fille. Des photos de chanteurs et chanteuses au hit parade étaient punaisées au mur.
Des poupées chiffonnées voire qui perdaient leur molleton étaient arrangées avec soin sur son canapé-lit sur le côté, comme une sorte de loggia où elle tient bureau et elle me dit d’une voix profonde « C'est ici que ça se passe, que j'écris, rêve, aime virtuellement ».

C’est un appel, je ne résiste pas, je la reprends contre moi, l’entoure de mes bras chauds et solides, je l’embrasse dans le cou, ses lèvres s'égarent sur les miennes, sans insister. Quel baiser de feu, respectueux de l'autre, profond, simple, sans fioriture. Par–dessus son épaule, je regarde la chambre, grand lit, placards, je remarque l’oreiller solitaire.
Nous nous détachons, elle m’offrit un verre d’eau minérale bonne pour la ligne, le teint et l’épaisseur des cuisses, il n’y avait en fait rien d’autres à boire sinon un peu de lait concentré qu’elle nuageait dans son thé le matin et le soir.
Je la laissai parler et elle me raconta tout, que je ne pus entièrement comprendre. Il y eut beaucoup de moments tendres ce jour-là. Elle me parla de son amour pour le cinéma, les comiques de l’époque Bourvil de Funès, les comédies musicales américaines. Jaime tout cela et j’aime la vie, c’est à cause de cet amour que j’ai accepté de vous rencontrer, des personnes vous ont fait du mal, n’est ce pas, je n’aime pas le malheur, j’aime les gens qui aiment vivre, mes neveux et nièces, mes copines, les réunions de famille, les chanteurs pour le plaisir, le fun, Bécaud, Brel, Brassens, Ferré et puis Claude François, Aznavour, Fugain, Goldman, Le Forestier, Souchon , Voulzy … et la poésie, la lecture, les bouquins, les romans, et les biographies, l’amitié, les papotages, les radotages, les vieux meubles en bois que j’aimerais posséder, le vin rouge de bordeaux, les vases de Baccarat, les beaux verres, les belles tables, les bougies parfumées, les lumières tamisées. J’adore ma petite terrasse jardinée, oui, celle-là de deux mètres carrés entre le mur de la salle de bains et celui de la kitchenette, les bouquets de tulipes. C’est formidable de cuisiner pour les gens que j’aime. J’aime, je les aime, je les veux tendres, et des preuves de tendresse. J’affectionne les amoureux, je collectionne les dessous sexy, les câlins sous la couette… sur la couette… à côté de la couette... les câlins n’importe où. J’aime la vie et les couleurs, je raffole du blanc, du bleu, du jaune, du rouge et du noir. Je suis entichée de monopoly de scrabble, de tarots,. J’en pince pour une plage déserte, même en hiver au bout du monde, et dans les eaux plus clémentes, nager toute nue, bronzer sans rien.
Elle me laissa entendre aussi qu’elle aimait le petting, ce qui est, m’expliqua Joseph le soir même un pratique courante venue des états de l’ouest où la jeunesse circule beaucoup en grosses voitures, consistant en caresses sexuelles sur l'ensemble du corps, mais excluant le coït. Plus soft dit-il est le necking, pas besoin de grands dessins pour devenir clerc. Mais il m’annonça aussi dune nouvelle moins agréable, Bloch a racheté LE FIGARO, il a pris le contrôle à 80% de la Socpresse, deuxième groupe de presse français, ce qui ne laisse pas à Monsieur d’alternative, il faudra bien investir dans le premier si Monsieur veut aller réellement de l’avant.


Elle me raconta beaucoup de choses qui quelques fois me firent réfléchir. Elle aussi parla d’un grand drame, elle soutint que tout de suite après ce fut l’occiement national total de tout un tas de salopes, les aristos à la lanterne, les salopes à la boucherie !


Elle, il faut bien avouer qu’elle me fit un peu de charme et que j’aime ça.
Nous nous sommes revus plusieurs fois par la suite sans que cela porte à conséquences.
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MessageSujet: Re: Henri Troyes ( feuilleton )   Mar 25 Avr 2006 - 19:24

En rentrant, je passai dans quelques campagnes de betteraviers et m’informant auprès des betteravières reçu partout la même réponse : oui, oui, ces terres sont celles du Marquis de Caracas.


Jeudi
Je poursuis mon exploration et je pose calmement mes questions, de-ci delà, aux femmes surtout, elles parlent plus aisément, se pensent persécutées ou protagonistes, elles ont quelque chose à dire, à briguer, elles veulent se manifester, elles imaginent que leur sexe influe la ligne de vie.
Pourtant, ce matin, c’est un homme que j’ai rencontré d’abord.

Celui-là me raconta ... Je persiste et je signe ! J’ai vu, tout petit, la misère, mais je ne sais pas par quel mystère j’ai trop vite compris. Je venais d’avoir dix ans, c’était un matin après le p’tit déj'. Mon père a dit, comme il le faisait souvent avant de partir au boulot sur son vieux vélo, “Bon, allez ! J’vais au chagrin !” J’ai pris le chemin de l’école et j’ai vu un type en costard, cigare au bec, passer dans une voiture rouge, une Lamborghini. J’ai trouvé ça, comment dire… disproportionné, indécent. Le gars a garé sa belle bagnole, je suis passé à côté et quelques instants plus tard je suis revenu sur mes pas. J’ai réussi à forcer la portière, fauché cinquante francs, deux paquets de clopes et un stylo-mine qui traînaient dans la voiture et j’ai fait brossé les cours. C’est ce jour-là que je me suis mis en marge comme on dit. Voilà, c’est ce fond qui est inaltérable. Mais je ne pète pas plus haut que mon cul, j’ai aussi mes contradictions et je me soumets bien plus souvent que je ne me révolte. Je paie mes tickets de transport en commun, je ne mets pas un coup de boule dans la tronche du premier flic venu. Je suis donc insoumis et soumis.
Tu parles Charles ! M'est idée qu’il avait une foutue tête de syllabus de Freud donnant l'impression d'un cocu content, fier d'être enculé par la joie de vivre moderne médiatique et tellement peu en mesure d'accepter ceux qui pensent pas comme le chef de la meute voudrait qu’on pense ! Sifflet, salut au drapeau ! Les bons à gauches, les repentis à droite, les salopiaux au trou, la misère mon cul, ce petit baron de la chansonnette a le droit d'être heureux et de s’en satisfaire, de croire en l’ultime récompense, mais pourquoi emmerder les autres avec les paradis artificiels ? C'est ça le problème des gens, incapable d'accepter ceux qui ne pensent pas comme eux, des faux réfractaires, des voleurs à la tire juste bon à faire l’école buissonnière sous couvert de la Sécu.
Puis je rencontrai celle-là qui me parla de Marie de Clèves mais je la fis taire, de celle-là, je savais tout.
Et puis une autre me raconta une histoire extravagante :

Marie est très belle et comme le lui dit son compagnon, une fameuse beauté de deux mille ans.
C’est une manière à lui de parler comme cela. Il exagère toujours les choses. Il dit à propos d’un fait divers :
- Il y avait deux millions d’Egyptiens.
- C’est un hippie, pas vraiment. Il a dû être hippie quand c’était la mode. Il est doux, barbu, mal habillé. Il fait des petits boulots qui lui permettent de manger et de faire plus ou moins décemment vivre sa compagne.
- Du fait des fichiers de police, des impôts, des tracasseries administratives, ils n’ont pas décidé de se marier, enfin, de se marier en l’inscrivant sur un papier devant les édiles. Le mariage dit-il n’est pas un document, le mariage c’est le sentiment le plus beau d’un adulte vers un autre adulte, c’est avoir envie de vivre ensemble sans penser que cela s’arrêtera. C’est mettre en commun les ressources de ses bras mais surtout de son cœur. C’est aimer quelqu’un pour lui et seulement pour lui et pour le couple qui se crée. C’est devenir un seul devant le bien et le mal, dans le malheur et parfois le bonheur.
- Le mariage n’est pas un nom que l’on donne, un nom que l’on prend, ce n’est pas non plus prendre femelle pour l’engrosser. La filiation et l’enfantement ne sont pas les issues ou les buts du mariage. C’est une histoire d’homme et de femme, le mariage Les enfants, c’est naturels, c’est parce que dans cette histoire de femme et d’homme, il est difficile de ne pas se serrer l’un contre l’autre, il est difficile dans l’adversité de ne pas chercher refuge dans le corps de sa compagne, dans la force de son compagnon, il est difficile de ne pas caresser la beauté, de ne pas toucher le corps dans des moments de grand bonheur.
- Le mariage, pense Marie, c’est lui et moi, pour toujours.
- Qu’importe les âmes bien pensantes et les religions qui veulent que l’on sacralise, lui et moi, moi et lui.
- Le souci de Marie est ailleurs que dans l’amour de son homme.
- Hier, le gynécologue a été formel. Elle peut procréer, enfanter, concevoir. Pas comme cette autre patiente qui attendait comme elle dans le salon, qui venait voir le professeur pour parler des nouvelles méthodes. Hors les chemins artificiels, le corps de cette femme ne pouvait donner la vie. La femme avait longuement regardé Marie, parlé à Marie et puis après avec le Professeur. La beauté de Marie n’est pas une orchidée stérile comme celle de cette femme-là. Le gynécologue a été gentil, bien sûr, très psychologique, enfin quoi se dit-elle, cela veut-il dire que je n’aurai pas d’enfants donc que je ne peux lui donner l’assurance que sa propre vie perdure.
- Je n’ai pas moi, pense Marie ce tracas-là, ma vie est ma vie, mais lui, je le sais, souhaite que sa vie continue à l’infini, l’infini vrai, celui des mathématiciens qui vous montrent l’absurde et vous disent qu’il existe.
- Pour Marie donc le propos est de ne pas savoir comment dire à son compagnon, je n’ai rien, c’est toi qui est en cause.
- Le professeur Gabriel de l’Université reçut longuement sa patiente, lui explique les mécanismes du corps humain, lui fit des démonstrations éloquentes.
- Rendez-vous fut fixé à la semaine prochaine.
- Quand Marie sortit de son cabinet, le professeur Gabriel admira sa silhouette. Une bien belle fille pensait-il, douce et lumineuse. Lorsqu’elle avait été nue, pour l’examen, la première fois, au-delà de l’homme de l’art apparut l’homme, seulement l’homme. Des filles et des femmes, dans son métier, il en avait tant vues. Mais celle-là, elle avait un je ne sais quoi, elle était différente. Longues jambes minces, cuisses arrondies d’un galbe étonnamment parfait, des hanches de grâce, deux seins petits, hauts placés, très beaux. Et le visage. Un visage qui…
- Oui, je vous écoute dit-il à la patiente suivante. Et de se forcer de revenir à son travail de médecin.
- La semaine suivante, le fils du Comte de Saint-Esprit, époux de cette dame triste de ne pouvoir enfanter vint au cabinet. Il y rencontra Marie et l’on s’accorda sur les modalités.
- Fin février, on parla des conditions de l’intervention, du meilleur moment qui se situait entre la fin et la mi-mars.
- Le planning de chacun fut mis en place et il y eut incontestablement réussite.
- Les journalistes furent informés régulièrement et c’est vers la fin décembre que le résultat fut connu. Bien entendu, on avait suivi de tous les moyens scientifiques acquis le lent processus de la création.
-
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- Communiqué par la police.
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- Disparue de l’hôpital civil où elle était sous la surveillance d’une équipe de chercheurs, la dénommée Marie Vierge, domiciliée présentement rue de l’Etable 4 à Bayt Lahm. La dénommée Marie Vierge, âgée de vingt-cinq ans, bouche fine, pas de signes particuliers connus s’exprime aisément en notre langue et paraissait jouir de ses facultés mentales.
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MessageSujet: Re: Henri Troyes ( feuilleton )   Mer 26 Avr 2006 - 6:17

Les Belges savent pourquoi ...

Il n’était pas inintéressant de s’interroger sur les motifs de l’écriture de « Halte au feu », il est troublant de se rappeler les causes de l’écriture, il y a vingt ans, de « La Colo »... deux éclats suivis d’un engagement politique...
pour se trouver un matin du XXIème siècle, dérisoire devant la marée inhumaine.

Étonnant monde de sourds et de mal-entendants, de marcheurs aveugles, étrange société émotionnelle du « oh ! mon Dieu, je m’étonne de ce qui se passe ! »...

« Comme vous nous sommes choqués que ces jeunes soient capables de tuer quelqu'un pour lui voler un lecteur de mp3 » m’écrit un lecteur, qui pourtant sait que je n’en suis pas choqué, étonné, stupéfait, décontenancé. N’ai-je pas, comme nombre d’entre nous écrit, dit, enseigné que l’on ne voit que la toute petite partie émergée de l’iceberg ?

Il est évident que l’on n’a pas tué pour un mp3, on a tué parce que le monde est peuplé d’humains qu’il faut sans cesse éduquer à devenir des hommes. Il y a de bonnes et de mauvaises méthodes. On sait – ou on peut lire, celles que je propose, on sait ou on peut lire ce que je pense de la domination de soi, de la conquête de la maîtrise, on fait semblant de ne pas savoir les découragements, les lassitudes ... la civilisation mp3 est celle de Coca Cola, la multinationale ne m’en voudra pas d’utiliser son nom comme une ba-nalité, c’est la rançon de la gloire, Monsieur Poubelle en sait quelque chose.

« La violence n'engendre que la violence. C'est trop facile de détourner les yeux des jeunes, de passer sans les voir, de ne leur offrir aucun avenir, aucune place dans la société, aucun respect pour leur individualité, leur potentiel. » m’écrit un autre... C’est surtout trop facile de cloisonner ! Pourquoi dire, penser « les jeunes »... sont-ils des êtres différents du genre humain ?
« Chacun dans la société doit prendre sa part de responsabilité, des parents, des en-seignants, de la police, des politiciens ». C’est dans la gazette, c’est facile à écrire ! En-core des cloisons, des murs d’incompréhensions, des barrières de silence ! Journaliste, descend de ton nuage et devient – rien de tout cela, devient homme simplement.

Comme les Allemands qui ignoraient tout des camps de concentration nazis, alors que leur maison se recouvrait des cendres des fours crématoires, nous aussi, nous avons à prendre à bras le corps les problèmes de notre société : au hasard ... suite sans fin, suite sans raison surtout, hooliganisme, drogues, violence, vols, viols, chômage, mondiali-sation, écosystème bouleversé, énergie hors de prix, ... Se voiler la face, et se draper dans une fausse dignité face à ces horreurs, ne résout rien.

Le premier mouvement barbare et humain est la haine extrême : une Saint Bar-thélemy, une "nuit des longs couteaux", cependant, face à l’émotion normale et ordi-naire, devenir enfin personne de raison, retrouver l’harmonie perdue, comprendre et respecter, combattre le mal dans ses racines.

Show must go on ...
C’est une manière aussi, ma liberté de penser et d’écrire et de dire à travers les mots anodins ma haine de la haine, mon chant d’amour.




Alors, les circonstances étant atténuantes, exténuantes (lundi de Pâques et ce triste fait divers, en gare centrale), il a manqué à Charles Lauter et son alter ego Xian quelques mo-ments d’imagination. On sait que l’un et l’autre ne comprennent rien, n’ont jamais rien compris aux femmes et donc, de vifs remerciements, courbettes et salutations respectueuses prolon-gées sont ici officiellement rendues à la dame qui a bien voulu se creuser pour donner quelques indications utiles pour la recherche hors catalogue Damart de quelques colifichets. Ceci est un fromage hommage très personnel, bien entendu si la vaniteuse veut voir son patronyme affiché en tête de l’article (ou au bas), elle le signale au directeur qui en fera faire la notification par les typographes. En attendant, appelons là Colette, elle aime les chats.



Résumé : Panem et circenses, bof, pouh, élections présidium suprême de gruyère, régionomuci-napile, dans la grisaille du présent, nous attendons un jour nouveau, une vie nouvelle, un printemps nouveau, une rédemption, un rachat, une revanche, une révolte.
Henri s’est intéressé à Cousin, premier milliardaire belge cité par les rédacteurs de la revue For-ban, … étonnant, il est le seul, hors il n’est pas le plus riche belge… La liste reprend son ami fran-çais Bernard Arnaud de Chassipoulet fort encombré lui aussi de valises, parfums et champagnes. Insondables mystères de l’argent et de la manière d’en faire. Que penser de l’opération Walba-nie ? Ouvrir une gazette devient un pensum... Clown, Jeanmart, Dubois et l’horrible viol chez Lau-rette... ça ne va pas plus mal qu’en quarante hein m’fi s’écria François Pignon.

Walbanie - Commanditaire de l’opération : Sippelberg, brainstorming financier

Trois morts : Clown, Dubois et Jeanmart

Personnages encore en vie : (C’est plus que dans Molière, mais c’est moins que dans Homère et ce ne sont que ceux dont on parle dans l’épisode)

Céline, amie de Henri
Charlotte, buveuse de Western soldats
Colette, écrivaine éponyme
Dewalle, inspecteur
Fabienne, thérapeute, judokate et politicienne
Jim Jungle, peintre, ami de Fabienne
Ludyvine, repreneuse à p’tit cul, personnage totalement inspiré de damwa
Massart, inspecteur principal en second
Mustapha Dupont, dans le décor
Polak, assureur de jambes de stars
Rey Ban, inspecteur principal, adjoint au commissaire politique de Sclessin
Sex Pistol, incognito
Rolande, actrice recyclée boutiquière
Saddam, ex-tyran
Tania, patronne foldingue
Vous lecteur et des lectrices qui friment les magasins ( voir le courrier ! ), de Villepin (pourquoi pas ste-plé ?), un piquet bruxellois, quatre cents députés fédéro-régionalisés belges et allochtones pour le même combat démocratique et urbain, trois sommités françaises de la grande cuisine chinoise, quatre Ivoiriens dont un de la porte de Namur, un ancien cycliste recyclé en commercial Cofidis, un millier d’autres éwarés sans compter tout un monde interlope et permanent, ils sont là hurlant :

Et alors Henri ? Henri de Lavallière ? Henri Roadrunner ? Henri Troyes, Henri du 349, Henri Cicéron, fonctionnaire du laboratoire d’Interpol ? Henri chanteur :
J'suis chanteur, je chante pour mes copains. J'veux que les femmes dans la rue ...

On dit aussi que plusieurs métiers ont servi de couverture à ce contrebandier douanier, ce spécialiste du trou de la couche d’ozone, qui aurait même été dit-on soudeur à l’estragon, mécanicien dentelliste, mutuelliste en voiturette électrique, vendeur d'automobiles d'occasion, qui est Henri ?
Un homme.
Et il s’en vante.

suite ci-dessous ...
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MessageSujet: Re: Henri Troyes ( feuilleton )   Mer 26 Avr 2006 - 6:17

Le printemps est arrivé et le doute s’installe... Une allemande de l’Est est devenue dé-mocratiquement papesse du Reich, la Queen a fêté ses quatre-vingts balais, le soleil vient de clamser d’un coup de cumulo-nimbus. Les pieds dans l’eau, Henri achève de remplir le coffre. Consciencieusement, il dépose les paquets qui ne sont plus emballés dans ce pourri plastoche qui allait faire mourir la planète. Le Martini dry, l’eau de javel, des berlingots de lait A UHT estampillés comme le reste du sigle recyclable européen. Les adjuvants, les additifs et les co-lorants sont répertoriés sur les emballages : choisissez le vôtre de 101 à 458, votre numéro cancérigène sortira illico. Le coffre est plein d’offres multi discount que c’en est incroyable qu’avec les ristournes il y ait encore une facture à payer à la caisse, la TVA sans doute, on de-vrait plutôt nous la rembourser, quelle valeur ajoutée trouve-t-on dans les chaussettes chinoi-ses ? Il ferme le coffre et il démarre. Le bitume noir du parking est luisant, les pneus larges éclaboussent des gamins qui n’ont pas l’air d’être d’ici. Des enfants de footballeurs sans doute. Quels autres travailleurs immigrés s’installeraient encore chez nous ?
On pollue le tiers monde, ils nous envoient leurs pauvres, c’est bien fait pour nous. Au delà de la courbe, une voiture incendiée. Souvenir d’Europe pour un GI rentrant d’Iraq ? Que fera-t-on pour donner du boulot aux incendiaires (avec allocations familiales) de bagnoles ? Informaticiens en Indonésie ? Ouvriers à la chaîne en Chine ? Que fera-t-on des agriculteurs une fois les subventions envolées ? Que fera-t-on des gros porteurs quand les charters ne s'intéressent qu'aux petits porteurs ? Comment vivre le siècle des verts en lisant qu’on n’a ja-mais autant vendu de véhicules automobiles roulant au pétrole que cette année ? Que fera-t-on quand les fonds de pensions auront racheté le dernier boulanger que Fernand Raynaud n’avait pas convaincu de partir ?
Il faut s'y faire : la démocratie populaire représentative n’est pas la panacée de paix et de confort imaginée. Ce n’est même plus le régime social le mieux adapté ... Henri véhicule ses doute de rues en boulevards. Des gens dans les rues, des jeunes et des vieux, des formatés pour pouvoir les ranger dans des cages à poules, sous le filet protecteur antigrippal. C’est presque le soir, le vrai soir qui est noir de nuit et que l’on peut voir scintiller les écrans savou-rés par un public canalisé à la coke. La télé vous guide, vous tient la main, pas peur du noir, d’ailleurs toutes les équipes de foot sont noires, méthode Coué de bonne vie et mœurs.
Le marché n’est pas mieux que l’état, la médiocrité s’impose. Spleen. Vision de temps passé. Nostalgie.Le bon vieux temps !
Tiens ! Voilà
Mustapha Dupont (de la France d’en bas), sur le trottoir devant le légumier Turc, le premier a été inventé par Pierre Delanoë qui pouvait tout dire sur trois notes de musique. Il est né entre Constantine et Joinville-Le-Pont, Dupont Mustapha, c'est un bon Français Comme toi et moi, il a été chanté par un interprète ensoleillé prénommé Gilbert, lançant bécots et sourires aux dames de passage.
Mohamed Durand Il a vu le jour entre Fez et Clermont-Ferrand, Durand Mohamed Français cent pour cent de A... à Z...
Les croisades et la croissanterie... pas sûr que cela fasse du bon cramique. Coutellerie de Gembloux, couteaux suisses, couteaux polonais...



— Alors, Dewalle, qu'est-ce que tu me fiches ?
— Indices...
— Quel genre ?
— Empreintes des roues de la moto, et elles sont superbes ! poursuivit l'inspecteur en se retournant.
— D’accord, mais cela ne veut rien dire, résumons ce que nous savons ou ce que nous croyons savoir : Clown est révolvérisé par un motard, Jeanmart est fusillé par un présumé mo-tard, le sieur Dubois est pulvérisé d’un coup de spray dans les vestiaires de son club de tennis, son partenaire, témoin de rien comme tous les témoins a entendu, par la fenêtre ouverte de la douche, une moto s’éloigner. Rien n'indique que nous ayons affaire au même tueur, marmonna le procureur en soupirant.

Il nous faut trouver une solution ! dit doctement l’inspecteur Rey qui entrait accompagné de l’inspecteur Massart qui opina du bonnet.


Début d’après-midi, Jim Jungle, le peintre téléphona à Fabienne, prenant de ses nouvelles, et ta moto ? pas retrouvée ? il faudrait que tu déclares le vol à ton assurance et tant que tu y es, c’est le Polak ton courtier, demande-lui quand on se voit question élections, il est urgent de s’y préparer, tu as vu, dans les sondages, les rouges gagnent du terrain. Il faudrait que nous ayons une réunion, ce samedi peut-être, pour définir notre attitude face à ces cocos et aux événements tragiques qui se passent en ce moment.
— Oui, toi aussi tu as été choqué par la dernière nouvelle n’est-ce pas : La FGTB Métal s'est scindée en trois ailes.
— Heu ...
— Comment peut-on voler avec trois ailes ou alors autrement raisonné, que va-t-on nous voler de plus ? Tout va bien, Mittal métal !
— Le congrès s’amuse.
— Les policiers semblent se désintéresser de leur travail, rechercher des malfrats que l’on relâche, quelle utilité...


L’inspecteur Rey est rentré chez lui, il semble de bien mauvaise humeur.



Depuis le début de cette affaire « Walbanie », Céline a pensé souvent à Henri, elle y pensait même, ces derniers temps en jouant les prolongations au lit avec des copains de bar n’ayant laissé aucun souvenir ému; des fredaines sans importance qu’ils ont qualifiées d'hygié-niques et moi de frustrantes. Tous les mêmes, inquiets et anxieux de leur entrejambe. Vite fait, mal fait; des jeûnes... le jeûne, transpiration et ahanements. Petit dégoût de soi-même, souvenir amer. Débriefing le lendemain avec les copines autour d'un café, même constat. Le redire à Ludyvine, le téléphoner à Charlotte, (Charlotte, vous vous souvenez ? non ? rappelez-vous : Au Péboy, un peu mal à l'aise dans cet endroit emplit de mâles en goguette, c’est la fille qui tirait sur sa petite robe noire en cherchant du regard sa complice de toujours. Personne à l'horizon. En désespoir de cause, elle s'était installée au bar, elle avait commandé un Western Soldat), faire semblant de rien devant M proposant de repartir en mission avec Henri... gorge serrée, lui proposer un rendez-vous hors mission ? Elle y pensait les seins durs, le sexe palpi-tant, pourquoi ne vivaient-ils plus ensemble ? Peut-on vivre sans Henri ? Affolements, couardi-ses, épouvantes, le public, le privé, les infos, les missions, tout cela à la longue ne commence-t-il pas à faire peur ?
Il y avait eu la rencontre provoquée provocante à la boutique, comme autrefois et des pincements de cœur.

Ils étaient sortis de la librairie... mais Henri avait simplement caressé son bras, jetant un baiser de joue, il avait dit : « ce soir j’ai à faire »... mais je suis heureux de t’avoir revue, ici.
Il s’en était allé... Avant de partir il avait dit, "Je pars vivre ma vie d'homme pressé, où il n'y a pas de temps pour délacer des lacets, des rubans, même roses, surtout les roses au-jourd’hui." Et juste avant de claquer la portière de son nouveau spider, il avait ajouté comme pour lui-même : "Toute cette dentelle me gratte, me lace ", j'avais compris "me lasse"


Lundi, lundi c’est hier, avant-hier pour le lecteur inattentif.
Lundi, dingeling (je ne le fais pas aussi bien que Ludyvine qui a chargé une sonnerie fa-buleuse...) « Henri » qu’on entend ...
— Henri ?
— Je te vois mercredi ?
...
— T’es mollusque
— Où
— Chez toi chez moi ch’sé pas



Henri, THE mec, l'Amant selon Duras, le Casanova du XXIème, je le kiffe trop lui. J'ai consulté ma carte astrale ce matin : passion ascendant torride, ça va donner !
Lundi jambes de flanelles. Mais il est là demain, il me revient, et ces mots-là "Cela doit être doux et bien ajusté" sonnent comme une nouvelle énigme à résoudre, une nouvelle mission dans laquelle je me lance de ce pas, s'il n'était qu'il reste deux heures à tuer avant l'ouverture de la boutique de l'empaqueteuse. C'est décidé, ce mardi, je prends mon après-midi.
— Allo Tania, c’est Céline, t'es pas overbookée ces prochaines heures ? J'ai un pro-blème, je suis grave là tu vois.
— Godfverdom, raconte. (Le juron est typique, Tania comme on l’avait lu précédemment, est veuve de son mari. Depuis 1993, Tania Mintjens est à la tête de l’entreprise fondée par Karel. Nombreux sont les sceptiques quant à la filiation réelle de Tania et de Karel, quoiqu’il en soit, un autre facteur d’étonnement est qu’il est très rare de voir en Flandres, une entreprise de taille moyenne à être dirigée par une femme. On la dit austère mais, elle se laisse souvent aller lors de rencontre avec Céline, copine de faculté. Il y a ainsi des confidences à l’un ou à l’autre, il y aurait eu un homme … Qu’il est difficile quand on a une sentimentalité idiote, des sens odieux et un tempérament honteux, de rester fidèle au souvenir d’un mari si merveilleux qu’il ait été, difficile d’être la femme qu’on voulait être, avait un jour monologué Tania.

— Pourquoi tu parles si bas ?
— Ben je suis au ciné, me disent de sortir pour téléphoner ces bouffons.
— Quoi ?
— Henri revient !
— Il est too much ce mec.
— Tu m'accompagnes à la boutique, chez Rolande, la monteuse de décors qui a repris le "An plein, Mille Lieues", celle qui propose la ligne Bride-Jette jaune ? t'sais la lingerie jeune..
— Géniaaaaaaal, je fonce

— jour M’dame Ro.
— Bonjour Mesdames annonce aimablement Rolande qui pensait terminer la pièce qu’elle écrivait depuis 1988, cet après-midi, pensant : Ah non, ces deux simplettes vont tout me faire déballer pour des cacahuètes.
— Qu’est ce qu’on est contentes ! Vous vous souvenez d'Henri, M’a ‘m’ Ro ? Il fait son coming bak. Sortez nous des trucs dans le genre « allumage automatique » si vous voyez ce que je veux dire, on ne passe pas par la case diesel, direct au super. Je suis décidée à faire chauf-fer la CB, s’exclame multienthousiate une Céline déchaînée.
— (petite prétentieuse ça va encore te coûter de sacrés frais de découverts). Mais bien sûr ma chérie, tu devrais trouver ton bonheur… et le sien ha ha ha !
— (pffffff on va encore se farcir ses blagues vaseuses pourvu que sa lingerie ne soit pas style victorien). Alors M’âme Ro comment marchent vos pièces de théâtre, c'est dur de remplir les balcons hein ?
— Il n'y a pas qu'au théâtre qu'ils soient difficiles à remplir, dit Ro en regardant Tania, je te conseille un soutien-gorge à bonnet. J'ai les nouveaux Dubon-Dubon. Voyons la taille. Du-bon-Dubon du bonnet 80 B. Il a de grandes mains Henri ? je me souviens seulement qu'elles étaient douces. (prends ça petite punaise).

— Hé c'est un truc-de-ouf hein Tania ?
— Ouais, c'est pas le nirvana, autant se mettre un bonnet vert sur la tête. Et puis, pourquoi les gens pensent-ils que toutes les poitrines commencent au bonnet bééé...pfffff ! regarde-moi, toi ! et puis c’est jamais donné, des soutif à quatre-vingt euros, le string qui va avec et qui est très joli sera à soixante euros...
Franchement, ça fait cher la surface de tissu d'emballage de soi...pffff, pffff, pffff ! L'année passée, j'ai acheté un bikini au rayon enfant de Carouf en taille 16 ans...m'allait à ravir...héhé.

— Bon passons au bas. Résilles et porte-jarretelles sont d'excellents classiques tou-jours appréciés.
— Porte quoi ? s’exclame Tania qui en définitive n’a jamais connu que des platoquets. (elle dit : des boers !)
— Entre les bas et le porte-jarretelles, juste un peu de peau que la main trouvera en remontant. Des prémices, un frémissement, une pré récompense, dit Rolande.
— Hé vous parlez comme dans vos pièces, dit Tania pendant que Céline passée à moitié derrière un petit rideau essaye un Lou,
Je trouve ça chelou votre porte-résine, poursuit Tania, à tout prendre plutôt du latex, vous en avez ?
– Non, c’est une marche populaire sous la pluie ?
— Et elle parle de quoi votre prochaine pièce ? répond haineusement Tania.
— Je dois mettre en scène deux jeunes femmes d'aujourd'hui et je n'ai encore rien écrit.
— Se mettre dans la peau d'une jeune génération n'est pas simple pour vous (et toc), assène l’amie de Céline à Rolande un peu estomaquée.
Céline aligne sur le comptoir verglacé deux slips tendance, un riviera de Chantelle, deux bustiers Fantasy Honeymoon Pearl, une guêpière et , eeh oui, un porte-jaretelles blanc un shorty chuchotements en 80% polyamide, 20% élasthanne, dentelle devant, dos en tulle. Fond doublé coton, un tanga, un soutien gorge balconnet, un caraco bleu des îles, des mitaines en dentelle, je prends le tout et je viendrai vous raconter la réaction d'Henri. Je suis certaine qu’il dira : cela te va à ravir... ne te ravise pas.
— Comme tu veux, n'oublie pas le champagne, il aime commencer par là. (hé hé). Et toi Tania tu n'achètes rien ?
— Si la même chose, alle dingen.
— Ben t'es loufdingue, pourquoi ?
— Netchaïev est de retour, répond Tania moqueuse et ...(Et moi j'ai ma pièce, pense Ro-lande).


Que deviendrait-on sans la trahison ? pensent ensemble, mais pas au même endroit Céline et Henri.
Que ferait-on avec une femme s’il n’ y avait pas cette trouille qu'elle se fasse la valise avec un autre ? Rien. On ferait rien. On se regarderait. On serait béats. Ça serait une autre histoire, on écrirait rien ...
La femme est un diamant qui trotte sur des talons et qui, comme tout ce qui brille, éveille des convoitises. Le bonhomme pense cela à sa manière, la dame à la sienne. Les courants de pen-sées sont donc logiques et cependant se rencontrent si peu... il en est en ces matières comme en toutes autres choses.



Des trahisons, il y en a partout ... vous le saviez, vous que le nom de Saddam Hussein avait été retiré de la liste des descendants de Mahomet, que c’est une décision du chef de l'Association des Achrâf (les «nobles»), chargée de veiller sur l'arbre généalogique de la des-cendance du prophète de l'islam, qui s'est recréée après la chute du régime baassiste. Le ché-rif Najeh Mohammad Hassan al-Faham al-Aaraji a reconnu que le dictateur déchu était parve-nu à usurper le titre de «sayyed» (descendant du Prophète), dont la liste des membres est conservée à Bagdad. «Saddam a forcé les experts à falsifier son arbre généalogique de ma-nière que celui-ci remonte jusqu'au Prophète», a-t-il reconnu. La décision de rayer Saddam Hussein a été décidée trois jours après sa capture. Sacré Saddam ! Vous auriez cru cela vous, qu’un politicien s’arroge des titres ?

(suite feuilletonnesque ou débuts, sur les Henri's blogs)
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MessageSujet: Re: Henri Troyes ( feuilleton )   Mer 26 Avr 2006 - 10:55

mdr mdr mdr

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MessageSujet: Re: Henri Troyes ( feuilleton )   Mer 26 Avr 2006 - 19:06

- Elle a quitté l’hôpital vêtue d’une longue robe bleu clair, elle ne semble pas avoir emporté d’autres effets si ce n’est une couverture bleue en laine angora dans laquelle se trouve un enfant auquel elle venait de donner le jour. Cet enfant, par contrat bien établi est la propriété des Vicomte et Vicomtesse de Saint-Esprit. Le prénom de l’enfant avait déjà été choisi :
- JESUS.
- Toute personne pouvant fournir des informations au sujet de la mère porteuse et de l’enfant volé doivent s’adresser au poste de police le plus proche.
-
-
-
- Flash prio/police center.
- Re notre information concernant la dénommée Marie Vierge.
- Autorisation utiliser la contrainte par la force pour récupérer l’enfant Jésus, celui-ci doit être épargné pour être remis au Professeur Lepère de l’Université, pour une expérience prévue (subsides déjà accordés) qui doit durer une bonne trentaine d’années et qui portera le nom de code CROIX.Le gouvernement tient beaucoup à réaliser cette expérience qui permettrait à notre pays de faire faire à l’industrie de la production de cellules à tendance immortelle un pas décisif sur les pays concurrents et absorberait selon le calcul actuel de 12.025,3 à 14.524,78 emplois.





7 mai
Je poursuis mon exploration et je pose calmement mes questions, de-ci delà, aux dames surtout, elles parlent plus aisément, se pensent torturées ou vedettes, elles ont quelque chose à dire, à comploter, elles veulent se manifester, elles imaginent que leur sexe influence avenir et futur, elles oublient facilement que sans les fioritures masculines, les choses restent en l’état. Certaines viennent fleureter à deux pas de mes fenêtres, tandis que leurs baladins se gaussent de ma salle à manger.

Rentré de mon jogging quotidien et matinal, (d’autres vont à la piscine, certains restent au lit) je fouinai dans la grande bibliothèque, à l’étage, héritage cumulé de plusieurs générations de grands hommes, nous avons eu selon les tableaux qui pendent ici des abbés, des généraux, des maréchaux d’empire, des notaires, des hauts fonctionnaires, espérant dénicher des informations sur moi-même et quelques vérités de toutes choses... Je ne trouvais que des banalités.
Pas de traces d’histoires dans l’Histoire sinon dans celle des reines de France dans le lit desquelles j’aurais été, mais diable suis-je allé partout ? Pas de mystères dans les dictionnaires, on n'y trouve rien en phrases et rien en phase du sens caché des mots. Peut-être dans des partitions, des livrets du lyrique, de la poésie... clef des vérités de l’âme selon certains, du cœur selon d’autres auteurs ! Là non plus... Je consultai Joseph qui me conseilla la bécane Youlite paquard mais là, même Internet ne savait rien !

Bien que Joseph avait l’air soucieux en me disant que l'Espagne se prépare à lancer son Invincible Armada contre l'Angleterre d'Élisabeth, ma cousine, et qu’ici la lutte entre catholiques et hérétiques atteint son paroxysme, il est question de croix et de breloques, de foulards fichus et autres chapeaux avec ou sans plumes; Henri de Guise von Kubilair a négocié et échoué à procurer un aéroport sur la Manche à son allié irlandais. Ma situation semble incertaine, notamment à la bourse de Bruxelles, où les prédicateurs montés sur les marches excitent la population contre moi, soi-disant tyran de l’emploi, esclavagiste, fouteur de situation économique critique. Alors, fais-je de la finance, des affaires, de la politique comme on fait du solfège ? Comment sais-je que le résultat final de l'activité politique répond rarement à l'intention primitive de l'acteur.

Je me souviens... ils m’ont vraiment demandé de me souvenir, alors, doucement, je me souviens... J’ai interrogé, enquêté, causé, parlé, jacté, discutaillé, je me souviens ...
Je me souviens que j'avais absolument envie d'avoir 16 ans pour aller voir les films enfants non admis et je me souviens que le premier fut Arsène Lupin, savoureux Robert Lamoureux complimentant Liselotte Pulver dans le château du Kaiser Guillaume, savoureux et la question est restée sans réponse, pourquoi diable les enfants ne pouvaient-il regarder les exploits patriotiques du bel Arsène ?

Puis je rencontrai à nouveau celle-là qui voulait m’étourdir de Marie de Clèves mais je la fis taire, de celle-là, je savais tout.
Et puis une autre me raconta une histoire extravagante :
La lune dans l’eau. Tel était le titre du livre avec lequel elle s’était endormie. Par l’as de carreau des volets, le jour le soleil la vie resplendissante entraient, voleurs de sommeil dans la chambre ou Martine reposait, la tête noyée dans ses cheveux de blés et de lins sauvages. Le soleil tournant un peu alluma pendant quelques minutes une aisselle douce à touffe blonde.
Tiens ? C’est l’envers d’hier, pensa-t-elle.

Le soir précédent, au passage des mécréants dans le département de l’Isère, sur les chapeaux de roues et plein de mauvaises intentions, elle s’était avisée qu’elle était dans la pénombre et qu’ici, dans la montagne, sans neige car c’était l’été, le soir amenait une obscurité claire dont elle ne savait rien dans sa grand’ville.
Là-bas, il y avait sans cesse les Klaxons, les tramways, les hommes pressés et les mémères – bonnes et compréhensives, qui savent que Renaud n’est pas un voyou, que Sacha est bien malheureux et que c’est la faute à Rika si la saucisse de Strasbourg fait grossir et que le capricorne entre demain en sagittaire – menant faire pipi sur le trottoir un chien qui leur ressemble.
Elle avait lâché son livre à couverture glacée, violemment colorée et illustrée d’une de ces nanas comme il n’y en a que sur les livres des bibliothèques de gares et de supermarchés, à l’exclusion de toute rencontre au bureau de tous les jours – sauf Huguette qui est toute pareille avec son rouge à lèvres, son fard à sourcils et ses incroyables cheveux à la brosse, ils aiment ça les garçons, des cheveux comme ça où les mains n’ont aucun plaisir à traîner ?
Un coup de vent, pas vraiment le simoun, descendit du glacier là-haut sur la montagne si près si loin et la pinça en slip et soutien-gorge devant la fenêtre.
Allez, zou ! on ferme le vantail, brr le chaud, ici c’est froid, pensa-t-elle en regardant le soleil qui illuminait une gravure sur le mur d’en face.
Et elle se mit à songer quelques secondes que c’eût été mieux d’aller avec Huguette au camping des flots bleus, sur la côte, là où toutes les publicités disent qu’il n’y a jamais que le soleil chaud chaud.

Comme elle avait la peau moite, elle frissonna. Elle ferma la fenêtre mais pas tout à fait, l’air c’est bon pour le teint, et elle partit examiner un peu de rougeur qui s’était mise sur un bras. Elle frissonna à nouveau et courut se cacher sous le drap.

Les gangsters avaient décidé d’attaquer une banque et Radio Monte-Carlo disait que la journée de demain ce serait couci-couça. Ce qui l’étonnait dans ce qu’elle lisait c’était que la grande femme qui accompagnait…


Elle s’éveilla en sursaut, un bruit insolite, une odeur de café aussi et puis elle se rappela qu’elle avait tout mélangé, l’auto-stop, les gangsters de « La lune dans l’eau » quel drôle de titre pour un roman policier et le soir qui arrive sur la montagne où il n’y a pas de neige car c’est l’été, Gilles avait dit tout ça. Gilles, c’était le gentil monsieur qui avait bien voulu l’héberger cette nuit-là car sans sou … sans sous Madame Monsieur, sans sous on n’est rien.

Elle trouve à la patère une vieille veste de pyjama et s’en vêtit.
Dans la pièce cuisine salle à manger salon living et tout ce qu’on veut, atelier de plomberie même, au vu de tuyaux bizarres et d’une clé à molette, Gilles avait fait du café et il y avait du pain frais sur la table. Elle comprit que son cœur ce matin-là était un peu à lui. Après avoir dit bonjour comment allez-vous, il a dit :
Il y a du beurre, si vous voulez, et des couteaux dans la cuisine. Je pars au village faire quelques achats. Je ne savais hier encore que j’aurais une invitée. Je nous rapporte de quoi varier ces quignons et les carottes qui sont sur l'évier. Ne vous envolez pas le ventre vide, belle oiseau.
Il referma sur lui la porte de bois et elle entendit le bruit d’un Solex peut-être même d’une machine japonaise, le progrès est partout.

Le moteur ronronna du côté des grands pins, sauta le ruisseau, se perdit dans un creux, reprit sur une demi-colline mourut enfin après un virage masqué.
Elle s’étira, peigna ses cheveux à grands coups de mains, fi grimper un short le long de jambes très belles et sortit. Au bout de la terrasse, elle se mit dos aux pierres, chaudes du soleil déjà. Si elles étaient chaudes, le vrai soleil n’était pas encore tout à fait vrai. Il montait dans les ciel sans s’arrêter comme si quelqu’un le tirait vers là-haut mais on avait dû oublier d’allumer son feu.
A moins que ce ne soit le vent ? La pointe de ses seins s’érigea et il se fit de petits grumeaux tout autour de l’aréole. C’est une sensation qu’elle aimait bien, avoir froid aux bouts ; c’est chouette ça, on se sent vivre. Dans la cuisine, elle avait pris un couteau bien trop grand pour couper le pain. La montagne sous la lumière du matin qui bientôt serait midi prenait des reliefs et changeait de forme à chaque instant. Sur l’horizon, de grands nuages blancs étaient des montagnes. De grandes montagnes étaient des nuages.
Le bout de cette terrasse, là, un peu à l’abri, était un endroit rêvé pour un bain de soleil total. A la mer, même Huguette n’ose pas se mettre toute nue. Pourtant maintenant, dans les magazines, on ne voit que des dames aux seins nus sur les plages et il paraît que les gendarmes n’embêtent plus personne pas plus à Pamplonne qu’ailleurs, mais il faut oser. Ici, c’est extra.

Et elle fut nue en un instant.

Avant de s’étendre sur la veste disposée en coussin, elle se regarda, se trouva blanche et citadine.
Un peu de hâle sur les bras, un peu sur les jambes et un peu sur le haut de la poitrine que les décolletés de promenades avaient permis. Elle se livra au plaisir d’être parfaitement nue et vraiment nue.
Personne pour regarder si qui ou quoi que ce soit arrive, un petit coulis de vent, un bon soleil et toutes les pensées qui courent et le livre dont on ne tourne plus les pages. Elle se demanda à quoi pensent les autres filles lorsqu’elles sont nues ?

Elle ne connaissait qu’Huguette, et puis la vieille qui avait au moins trente-cinq ans, l’an dernier sur la plage. Huguette aussi, c’était à la plage, on avait la même cabine de bains. On se déshabillait ensemble et depuis quelques années, on comparait nos poitrines, on les touchait. Parfois même, on les embrassait, pour les réchauffer, parce que le petit bout était dur mais alors, on avait de plus en plus de frissons et le petit bout restait dur. Il y a deux ans, j’avais voulu savoir si vraiment une femme c’était comme moi et j’avais lancé mes mains pleines de doigts tout au bas d’Huguette. Elle avait fait l’horrifiée et l’indignée et elle n’a même pas ri quand je lui ai dit que je m’appelais Jules. Elle avait voulu crier et elle me mordait. Moi, j’étais déchaînée, je l’ai giflée à tour de bras. Je n’y voyais plus clair puis elle s’est mises à pleurer et s’est laissée faire.
J’étais chavirée par la douceur de sa peau, là au centre de son corps. Une peau encore tout mouillée du bain que nous avions pris, je l’appelais chérie et amour et elle ronronnait.
Mais en se levant, elle a dit, la sale garce :
— Je vais le dire à mon père.

Je l’ai coupée en tranches.

La vieille de l’autre fois, c’est sur la plage que je l’avais rencontrée, elle marchait lentement, insouciante, le long d’une bande de sable désert. Elle n’était ni laide, ni belle, simplement, elle était nue. Probablement mieux ainsi qu’habillée. Sa nudité la sauvait qui n’avait aucune classe sociale et aucun signe extérieur de plus ou de moins. Elle ramassait de temps en temps des coquillages et son derrière haut levé se reflétait dans l’eau stagnante d’une petite mare. On aurait dit la lune dans l’eau. Je me suis approchée et nous avons parlé. Elle était belle en souriant, en parlant des poissons et des objets que l’on découvrait le long de la mer. Elle était laide quand mes mains couraient sur sa poitrine et pinçaient les petits bouts rouges.

J’ai perdu mon Opinel dans le sable.

Voilà Gilles, mes petits bouts sont durs. Il manque un couteau à la cuisine.
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MessageSujet: Re: Henri Troyes ( feuilleton )   Ven 28 Avr 2006 - 5:44

8 mai
Je me souviens...c’est le jour du souvenir disent certains, ils m’ont vraiment demandé de me souvenir, alors, doucement, je me souviens... J’ai interrogé, enquêté, causé, parlé, jacté, discutaillé, je me souviens.
Je me rappelle que je ne me souvenais de rien. Aurais-je eu affaire aux effaceurs de mémoire ? Le négationnisme a été généré, dès 1946, à l'extrême droite, par Bardèche, à l'ultra-gauche par Rassinier... La Guerre Sociale, un groupe d'ultra-gauche ayant rejoint le combat négationniste de Robert Faurisson dès 1980, refaisait parler d'elle à Lyon. L'un de ses anciens militants avait obtenu, dans de curieuses conditions, un poste d'ingénieur au CNRS... Le procès Barbie permit de découvrir la trace de quelques effaceurs de mémoire.

Je me souviens de mon oncle Fernand qui allait voir tous les samedis le film de la semaine, une arrière salle du café du village, chez Raymonde, le projectionniste arrivait avec son matériel, il y avait les entractes bobines et les chûût, je me souviens des séances du Movy et celles du Corso, en ville, deux programmes « permanents » par semaine, et des filles dénudées dans l’ombre du deuxième balcon. Je me souviens d’y être allé pour la première fois un huit mai, oui mais...
Mais qu’est-ce à dire, ces gens qui pensent que je ne me souviens de rien, je me souviens très bien de celle que l’on avait surnommée la Pucelle, pourchassant les Goddons sortant de leurs bastides, s'enfuyant en abandonnant leurs vivres et leur artillerie puis criant à la joyeuse entrée dans les rues d’Orléans et des orgies qui s’en suivirent, une première Jeanne à mon palmarès, descendue en flamme, j’ai noté le coup sur mon calepin à couverture noire comme les aviateurs du Yorktown peignaient les zéros descendus à Midway.
Je peux raconter mes souvenirs du Mississippi que nous commençâmes à remonter pour découvrir des squaws Choctaws et Séminoles en un temps où les doubles scalps de l’aristocratie n’étaient pas encore venus les pervertir.
C’est un huit mai, qui le sait, que Madame Dunant donna naissance à Henri, le fondateur de la croix rouge et c’est un jour calendrier identique que Madame Contendin accoucha d’un Fernandel à la mâchoire chevaline.
Je peux parler, enfin, si l’on m’en donne l’autorisation au ministère, de Bond qui dégrafa le haut de son costume noir, déboutonna la veste qu’il porte toujours sous ses tenues de combat, en sortit à regrets les 8 flasques de whisky qui lui restaient pour les remettre à Caplan. Une scène impossible, un écossais qui donne sa raison de vivre ! Et pourtant, je l’ai vécue, j’étais avec eux chez Blofeld. Oh ! J’en ai connu des faux blonds et des bruns bouclés, des néo socio et des socio saucisso, depuis le 8 mai 45, date importante et fausse, tous les Rémois vous le diront, qui s’est installée en de nombreuses places avenues rues dans le monde occidental, ailleurs, je ne sais, sans aller jusqu’aux Sarrasins, je sais le danger de parler du loup, on fait tout aujourd’hui pour taire l'origine ethnique, il n’y aurait en ce bas monde qu’une sorte d’individus, les uns et les autres auxquels on crie : vous êtes d’ici, d’ailleurs, il n’y a plus de chez vous, partout c’est l’Europe oui mais moi, j’ai encore quelques craintes qu'en criant au loup, il franchisse le Rhin, les Ardennes, enfin bon, les frontières naturelles. Et si dorénavant on crie à tout va dans l'Europe des 25, méfions-nous quand même des Loups qui ne sont pas forcément à nos portes. Parfois, les loups sont dans Paris, charmant Elvire. Comme je le disais encore à James.
— Désolé, interrompit Bond d’un air soulagé. Oui mais, nous sommes arrivés. Vous finirez votre histoire demain matin. Rendez-vous à 7 heures, ici même devant l’hôtel.
Tandis que je m’éloignais, Bond et Caplan, qui ont réservés chacun une chambre au 18ème étage, passent prendre leur clé à la réception et se dirigent vers l’ascenseur.
— No passaran les injurie un aficionado
— Multo bene s’exclame un tifosi.
— Meubles jaunes Ikea dit un suédois qui avait appris le français avec Bernadotte.
En panne déclare en rouge sur fond blanc le petit panneau avec une main tendue qui ressemble à celle des marcheurs de Touche pas à mon pet.
Tandis que je m’éloigne en longeant le Rare Vos et l’ancien Cinérama ruiné, je jette un regard sur des enfants jouant aux billes dans le caniveau. Une lettre de Valériane entre les mains, une lettre qui parle de HongKong. Et alors n'écoutant plus, ne regardant plus, j'imagine le regard de Valériane presque oublié. Presque mais pas tout à fait...
Je me souviens, je voudrais fermer les yeux, mais c’est imprudent dans ce quartier de la ville.
Ai-je l’air ... un air ... un passant s’arrête, demande s’il peut m’aider, ai-je envie de pleurer, de lui jeter que je suis venu pour la cérémonie, que je n’ai pas trouvé la place où il fallait déposer la gerbe. Gerber sur le soldat inconnu, n’était ce pas ce que Joseph m’avait demandé de faire aujourd’hui.
— N’oubliez pas, Monsieur d’assister à l’une ou l’autre cérémonie, il en va de l’avenir, Monsieur et soyez prudent, une vraie mère poule avec son poussin ! Fort bien dit mais ...oui mais ...
La mémoire des lieux n’est pas aussi évidente que celle des idées, des relations de voyages, Joseph et les autres ne peuvent me demander l’ incognoscible.
Mais je me rappelle fort bien de Ma chérie et de la scène du hammam, surprenante et étonnamment longue avec Marie-Christine Barrault dans le plus simple appareil. Pour le reste, va-t’on échouer comme le seigneur du château de Kafka sans cesse dérobé aux yeux de l’Arpenteur, comme la femme de chambre de madame Petitbus, comme mon oncle d’Amérique parti un jour avec la malle des Indes et dont la famille attend sans impatience le retour.
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MessageSujet: Re: Henri Troyes ( feuilleton )   Ven 28 Avr 2006 - 12:09

juste à peine une tout'tit' incursion, pour te dire combien te lire est un plaisir et combien je me laisse porter par l'histoire, les histoires ! bisou

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MessageSujet: Re: Henri Troyes ( feuilleton )   Sam 29 Avr 2006 - 7:11

9 mai
Malgré l'interdiction que je lui en ai faite, Henri de Guise est entré dans les groupes laitiers, sucriers et il est devenu actionnaire de Nestlé aujourd’hui. On le cote à la bourse de Paris lundi prochain. Vu les circonstances ville pinniennes, je renonce à exiger son départ, mais je prends également des intérêts dans des maisons concurrentes, je poste pareillement mes gens de Sécurisas et de la garde populaire avancée pour éviter les troubles syndicaux, je place quelques directeurs et hommes à tout faire, que m’a conseillé Joseph, en des points stratégiques.
A l’initiative de Joseph, s’est constituée ici une petite cour de bretteurs dévoués plutôt que de courtisans amateurs de plaisirs. Cette cour donnera naissance à une nouvelle noblesse qui prendra une partie de l'influence perdue par les grandes familles en révolte.
Parmi eux, il me faut citer celui qui me semble être le plus dévoué des amis, un Brésilien danseur de capoera nommé Chicon (prononcer Tchiconne).

A l’instant, Dumassienne à ne plus savoir glisser un camélia entre ses seins, la duchesse de Guise, seule et lentement se traîne... de couloirs en corridors, de souterrains en colombiers.
Oh! s'il pouvait m'aimer assez peu pour ne pas venir...Jusqu’à trois heures cinq, les gardes laisseront passer, j’ai su que des ligueurs se retrouveront… Encore une demi-heure d'angoisses et de tourments... médite-t-elle en consultant la Marseillaise qui sait tout des heures de la nuit. Depuis quatre heures que je suis enfermée dans cette chambre contiguë à la croisée des passages secrets, je n'ai fait qu'écouter si je n'entendais point le bruit de ses pas. J'ai voulu prier;...prier!... Écoutant en se rapprochant de la porte, (c’est presque hugolien ce n’est encore que rewriting fulminant, négrier, dumassien !) Ah! mon Dieu! Non...non...ce n'est pas encore lui...
Elle va à la tapisserie qui ne cache aucune croisée, un mur moëllonné... que n’y a-t-il une ouverture, que n’ai-je flambeaux et bougies et le voir, par quelque signe l'avertir du danger. La grille huit se ferme à l’heure habituelle, nous ne nous embraserons pas, il est sauvé pour cette nuit du moins... Quelque obstacle l'aura arrêté‚ loin de moi, pense la duchesse en reprenant le chemin la menant à sa chambre froide.
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MessageSujet: Re: Henri Troyes ( feuilleton )   Dim 30 Avr 2006 - 8:59

Certain ont tenté de me projeter Sisi, seins en avant, si si. Je n'ai rien d'italien à courir à mano, quand mano viendra, mains en avant et toutes ces choses. Les mains aux seins, elles demandent, je fais, ces gestes-là, je n'ai pas oublié...
10 mai
Je me souviens... ils m’ont vraiment demandé de me souvenir, alors, doucement, je me souviens... J’ai interrogé, enquêté, causé, parlé, jacté, discutaillé, je me souviens ...
Je me souviens d'Audrey Hepburn dans "My fair lady", et puis de celle des Vacances romaines en Vespa.
Je me souviens de Tarzan et de John Wayne au Victory, j’avais des billets de faveur parce que je connaissais la caissière et puis j’étais galant avec l’ouvreuse principale. J’ai bousculé des Brigitte Bardot et Romy Schneider, Claudia Cardinale et Mireille Darc et puis la nouvelle vague des Delon Brialy Belmondo Blain Terzieff.
Je me souviens de celle qui chantait moi je fais que des bêtises quand t'es pas là et qui mangeait tout mon chocolat.
Je me souviens Un arbre de boue jaillit. L’obus est tombé devant l’adjudant-chef Joseph Alfort qui a eu le temps de se coucher de tout son long. Le silence. Nom de Dieu, il y a eu trois tirs, pense-t-il, je suis mal mis, il faut que je bouge. On entend un sifflement formidable puis une explosion qui vous pulvérise les tympans. La grande guerre s'enlise dans des tranchées boueuses qui courent le long de l'Yser. Dans les campagnes, les Uhlans à cheval traquent quelques paysans rétifs. Les officiers disent que les Américains vont venir nous aider. Nivelle échoue lors de son offensive sur le Chemin des Dames et la Meuse reste sous le feu permanent. Il ne fait pas bon vivre en Ardennes, ces temps-ci.

La déclaration Balfour prévoit la création en Palestine d’un foyer national pour le peuple juif. En Ethiopie, on achève le chemin de fer d’Addis-Abeba et, cependant que la Grèce entre en guerre, le général Pétain remplace le général Nivelle au haut commandement. En août la bataille de Verdun est relancée., les Anglais attaquent Cambrai et la révolution russe éclate, en Ukraine d’où nous recevons des lettres, sporadiquement, d’un lointain cousin parti là-bas au début du siècle, cultiver du blé, on se demande à quelle sauce on sera mangé : Soviétique ou Allemande ? Ce sera bolchevique : l’armistice germano-russe est signé au moment où les Italiens sont défaits à Caporetto. Bagdad et Jérusalem sont prises par les troupes anglaises.


Jocelyn Alfort, le frère de Joseph, est garde forestier pour la compagnie des chemins de fer de l'Est qui possède un quart des terres, ici, l’autre quart appartient aux de Lafontaine et aux de Montpellier, Isabelle, sa femme, est couturière et bonne à tout faire chez les Marcellin qui tiennent en métairie la grande ferme de briques rouges, bâtie entre le bois du dessous et le chemin de la Brochette. Nous sommes en pays de Meuse, entre schistes et Semoy, à cheval sur trois pays : la Belgique, le Luxembourg et la France. Notre famille habite de part et d’autre des frontières, aux Hautes Rivières, à Gedinne, à Monthermé, à Sugny, à Virton, à Montmédy, à Chiny, à Dudelange, à Frésange. Nous avons de la chance que mon père ait un emploi très officiel, tous les non-qualifiés ou les chômeurs de la région ont été embarqués par les Allemands vers des camps de travail au-delà du Rhin.


Ca y est, les Américains et le Brésil déclarent la guerre à l’Allemagne cependant que les Portoricains reçoivent la nationalité américaine.

Le tissus du temps devient élastique, depuis combien d’heures, de jours, de mois se traîne-t-on dans la boue, la moitié de mes camarades ont disparu, deux soldats rampent frénétiquement pour éviter les balles d’une mitrailleuse qui arrose tout depuis le haut du village qui est, je crois, complètement détruit, tout ce qui bougeait s’est figé, a pissé le sang, s’est envolé en éclats, le jour du jugement dernier, c’est aujourd’hui, et le dieu du ciel en est resté écoeuré, il ne s’intéresse même plus à eux, mais où était-il lui et l’ennemi, qui est l’ennemi ? L’obus de mortier est haut dans le ciel et explose à deux centimètres du crâne de Joseph, une rafale d’éclats l’atteint en pleine poitrine, ses cris se mêlent à ceux de villageois en train de brûler, puis un tonnerre invisible, un boucan de fin du monde, l’artillerie pilonne de nouveau, elle couvre la retraite, tombant du ciel des vagues de bombes réduisent la terre et la végétation en un bel humus compacté avec des os et du sang. Seulement courir et crier, hurler et courir.

Les Allemands sont arrivés en août et n’ont pas quitté la région. Combien de mois d’enfer déjà ? La Champagne disparaît sous les obus. Il paraît que Joffre les a arrêtés sur la Marne. C’est où, la Marne ?

Foch a été nommé généralissime.


— Halte au feu, mon lieutenant ! Halte au feu !

Le rigolo court en haut de la tranchée, il va se faire abattre, pense Simon de Montpellier. Le silence. Même les oiseaux sont morts, ils sont tous morts sauf Adelin qui court là haut et les trois amis de Gilbert. Un coup de feu claque, Adelin s’écroule et meurt, le tireur allemand ne savait pas encore qu’il avait perdu la guerre.

A Rethondes, dans l’Oise, on vient de signer dans un wagon de chemin de fer l’armistice suspendant les opérations militaires.


En 1937, Antoine de Saint-Exupéry signe une série de reportages sur la guerre civile en Espagne. Il écrit dans ses carnets :
« Les hommes ne se respectent plus les uns les autres. Huissiers sans âme, ils dispersent aux vents un mobilier, sans savoir qu’ils anéantissent un royaume... On fusille ici comme on déboise. En Espagne, il y a des foules en mouvement mais l’individu, cet univers, du fond de son puits de mine appelle en vain au secours.»

Le jour de mes vingt-trois ans, on ne mangera pas le gâteau prévu, le roi Léopold a fait signifier l’alerte maximum depuis hier soir à minuit moins le quart et les Allemands ont parachuté des unités d’assaut sur les forts de Liège, ils ont pénétré en territoire belge. Nous sommes le 10 mai 1940. C’est mieux qu’un coup de tonnerre, c’est une fusée d’éclairage qui explose au-dessus du fort. Le lieutenant Hans Steinbrecher du commando Koch commande, comme à la manoeuvre, des planeurs DFS230. Alors que la fête de Vouziers battait son plein, hier soir, le major hollandais Sas lié d’amitié au Colonel allemand Oster, adjoint de l’amiral Canaris, avertissait ses supérieurs de mouvements importants de la Wermacht et d’une possibilité à 95 % d’attaque de la Hollande en matinée. Dès dix heures du soir, hier, les permissionnaires hollandais étaient rappelés à leur poste et sur la route vers les Ardennes, des soldats belges sont interpellés par des gendarmes et renvoyés vers Namur, Liège, la Meuse, le canal Albert.

Au canal, les hommes m’attendent, il y le clairon, Carbonelle, et mon ordonnance, Kintzelé et les sergents Devos, Marchant, Bonjean et Adamo, j’ai 4 fusils-mitrailleurs et une quarantaine de vieux Lebel, un pistolet et le colt du sergent chef Garson qui n’est pas encore revenu de permission. Il est minuit, je m’endors dans la tranchée. Je pense à Pilou.

Vers deux heures trente :
— Mon lieutenant, il y a alerte !

C’est mon ordonnance qui frappe au carreau, d’un bond, hors du lit, encore une alerte ! Il faisait si bon au lit, mais il ne faut pas traîner. Je me précipite sur le téléphone, j’appelle RK7 et le sergent Vermidek, à Eupen, me confirme :
— Oui, c’est l’arrivée imminente de troupes allemandes, elles se massent devant la frontière, fini la belle vie ici, mon lieutenant, je crois qu’ils arrivent ! Et en plus, je n’ai plus de rosbif pour préparer la tambouille. (La grande affaire de Vermidek dans son poste de garde depuis six mois est la préparation d’un excellent déjeuner, surveillance destruction d’accord mais légumes, boeuf et pommes de terre s’il vous plaît !)

Se souvenir est donc inutile. Pour disparu qu’il soit, on ne peut changer le passé.
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MessageSujet: Re: Henri Troyes ( feuilleton )   Dim 30 Avr 2006 - 12:34

Citation :
Se souvenir est donc inutile. Pour disparu qu’il soit, on ne peut changer le passé.
Si tant est qu'on se souvienne dans le but de changer...
Sinon ça ne change rien mais on se souvient quand même. bisou

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: Henri Troyes ( feuilleton )   Mer 10 Mai 2006 - 16:58

11 mai

Est-il alors utile d’avoir le souvenir de la traversée de Paris d’un Gabin qui n’était pas clachfaçad mais peinteur n’est ce pas et d’un trouillon de Bourville (bourg du Calvados ou de la Manche), et du marché noir et de la rue des radis et de la nuit de Noël à Etterbeek où avec Charlie nous avons transporté – toute la nuit – un sapin de plus de deux mètres tout au long des rues, toute la nuit, pour finir par le monter dans la chambre de bonne où je logeais, plus tard, nous avons mangé les bougies.

Je roule volontiers à vélo, si j’ai l’occasion de m’inscrire sur des listes électorales, je voterai écolo comme tout bon universitaire, j’ai été universitaire, j’en suis certain, même si je ne me souviens que d’avoir été stagiaire et chômeur.

J’ai l’image floue d’un adolescent amoureux de Corinne, une petite de la cité qui a mon âge, j’ai voulu savoir si elle ne s’en allait pas avec mon meilleur ami !

Je me souviens d’une Carine qui me disait : t’as une tête de cochon et puis qui se couchait tard à se laisser réveiller par les rayons du soleil. Viens petit soleil disait-elle et je lui montrais l’ardeur de mon rayon, une femme ça se couche partout, sur le papier aussi.
Il y a des phrases qui traversent mon univers balzacien, dumassien, martien ?
Oui;...mais un secret terrible; un de ces secrets qui tuent. Ah! Entends-je une voix me dire, fais en sorte que ta physionomie ne le trahisse pas, que tes yeux ne le dévoilent jamais, tu es jeune Henri, conserve la gaieté‚ et l'insouciance de ton âge. S'il arrive que nous nous rencontrions, passe sans me connaître, sans m'apercevoir; si tu avais encore dans l'avenir quelque chose à m'apprendre, ne l'exprime point par des paroles, ne le confie pas au papier. Après quoi, quoi faire, on ne sait plus très bien, certaines disent Hou ouh le moralisateur n’ose dire où il met les mains, la bouche, le dard. Est-ce vrai ? Hier encore, Isa me le rappelait, ces dames ont envahi la littérature érotique avec frénésie, elles produisent à flux tendu, elles, bien plus que toi qui ne sais où donner de la tête entre l’hôpital, la politique, la famille, les ex et les lectrices, les mignons et Margot dont il faudra bien finir par parler, n’est ce pas, et les bonnes œuvres, tu fais petit gamin de la patrouille des castors en parlant décemment de-ci delà de tes femmes, Henri ! Maintenant, on les retourne comme des crêpes, des crèmes fouettées, on les assaisonne, elles deviennent garde chiourme en Iraq et elles croient se réinventer Gretchen.

J’ai parlé à Henri Kiss se souvenant d’un moment canadien, dans un coin sombre, il avise un minois. Curieux minois. Une pute qui se cache. Il s’approche. Elle se rencogne un peu plus. Curieuse souris qui fuit le client.
Je suis tout près d'elle, raconte-t-il. Elle est minuscule. Je lui prends les épaules. Elle me toise. Je la pousse vers l'étage. Elle est belle. Elle monte devant moi et, comme tout vulgaire micheton, ma main s'envole vers son cul. Un réflexe. Je parviens à me contrôler. Je me bloque à mi-geste. Je ne veux pas passer pour ce que je suis. Je la regarde onduler. Nous n'avons pas échangé un mot. Elle me conduit au sacrifice. Elle va au sacrifice, j’aime ça sans rien dire, je suis de leur monde, celui des faux-culs qui ont gagné la bataille médiatique.

Peut-être est-ce une « nouvelle » femme, elle étudie socio et va passer son doctorat, elle n'hésite pas à prononcer tous les mots que le Larousse conservait pour les étudiants de nuit, pédoenculé, et sodomie, juter et branler, enfin, c’est le contraire mais c’est pareil, celle-là racontera-t-elle aussi son attirance pour un homme qui aime les vestons Pierre Cardin et les grosses américaines. (NDLR, ceci n’est pas une faute d’orthographe, l’auteur pense ici à l’automobile et non à l’obésité cellulitique classique), qui porte des caleçons blancs, trop larges, avec un élastique légèrement détendu et dont l'activité prioritaire est la baise, la vodka, et la parlote gauchiste. (NDLR, ceci ne vise nullement nos amis maoïstes écrasés sur une place célèbre ou le philosophe roumain qui lança de sa baignoire quotidienne et matinale le fameux Eurêka). La permanence de l'homme dans son triomphe viril et doux n’a pu être évacué par les féministes droidelomistes.

Grâce à George Captain Walter America Bush Jr., demain, on va se réveiller dans un monde plus sûr, où notre liberté sera préservée. Et ça, ça n'a pas de prix !
Dites-moi le contraire !
Je me souviens de Herriot, 50 ans de règne municipal, 2 guerres, une carrière politique nationale : rien ne pouvait arrêter Édouard Herriot (1872-1957), militant radical (centre-gauche), dont les plus anciens se souviennent de la diction, de la moustache et de la pipe de cet orateur bougon et habile qui avait le sens du raccourci (« La politique, c'est comme l'andouillette : ça doit sentir un peu la merde mais pas trop »). Rendons grâce à Herriot, qui eut le bon goût de faire appel, pour quelques grandes réalisations, à un architecte de talent : Tony Garnier.
Je me souviens d’un Juju qui était plutôt balèse devenu restaurateur sur le Viroin et d’une Juju qui indiscrètement s’informait et à qui l’auteur avait répondu :
Il y a un Tu m'as fait le plaisir d'un coucou en me demandant le pourquoi d'un Xian... Je ne me souviens pas de t'avoir répondu, je ne me souviens jamais de rien, c'est comme cela qu'on sait qu'on n'oublie pas. J'ai découvert les soldats en 1975, un bail disais-je, ils étaient gratuits et poussiéreux comme la Chine d'alors qui ne se réveillait pas encore... Quand es-tu passée par là ? Mais ça n'a rien à voir avec le pseudo qui me court les bottes depuis encore plus longtemps et m'a posé dans certains cercles, restreints (?) comme sage. Sage, c'est bien comme cela que je me vois, le sage est celui qui regarde le pêcheur du matin relancer son hameçon et qui déjeune à midi chez François d'un homard plus certain. Arrêter un bloc... on ne peut pas, c'est une pierre qui roule, pas toujours dans le même sens ... Mais on ne peut pas arrêter le mouvement, tu t'imagines, il gèlerait puis il se briserait plus rien On ne peut pas être plus rien.

On écrit sur des pierres, sur les murs des cavernes avec du charbon de bois, imagine, belle époque, le règne de l’expression écrite commençait par des petits miquets galopant derrière des bisons. On ne disait que oomph et pfououou mais on s’exprimait déjà et ça n’allait plus s’arrêter, à cause des souvenirs, à cause du futur qui n’est pas demain mais qui a déjà commencé, même déjà passé.

La balance s’est équilibrée entre les orateurs et les écrivains puis la dernière guerre a démontré que les pigeons étaient aussi fusillés que les hommes, alors on a inventé la radio, le poste dans lequel on cause, la victoire de la parole sur l’écrit ? Il était écrit « La guerre de Troyes n’aura pas lieu » et la radio beuglait le contraire, discours incendiaires et guerre suivante, une nouvelle fois la dernière. La radio, Ortf et Radio Vatican, la voix de l’Amérique et la BBC je me souviens, Ici Londres, les Français parlent aux Français, Dac et Blanche n’auraient osé inventer ça ! ensuite il y a eu la télévision, l'abrutissement général, et enfin vint, Internet, le retour de l'écrit que ça aurait pu être, que ça sera peut-être un jour, tu vois je suis un optimiste, la vie est dure, la vie est cruelle, la vie est injustice même, tant qu’il y a de la vie, il y a cependant de l’espoir, et des politiciennes qui peuvent vous aider, des Magda, des Laurette... Rosine et Marie Antoinette (qui a assez mal fini, il faut oser le dire, même en des temps politiquement corrects) mais pour l'instant ce n'est que le début, la génération d'aujourd'hui, elle n'a pas encore appris, elle nage encore dans la poésie gnan gnan, il y en a des tas de pages sur Internet, je t’aime d’amour et de haine enculé d’ta mère, un jour certains auront tout écrit, d’autres auront tout lu alors, l’âge d’or reviendra, on repeindra les murs des grottes pour le plaisir, sans y voir de miracle.
J’ai donc des souvenirs sociaux, des souvenirs d’amours et puis des souvenirs de haine ... éternelle la haine, faudrait bien qu'on en parle un jour, que l'on se penche sur cette curieuse manifestation d'amour, toi le révolté, toi la Louise, comment ça t'est venu toi, la haine? Tu te souviens des premières manifestations, Céline, l'adolescence, l'enfance, dis-moi, écris-moi. Reviens, veux-tu.
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MessageSujet: Re: Henri Troyes ( feuilleton )   Jeu 11 Mai 2006 - 5:44

12mai.
Les syndiqués de la GGT réagissent ce 12 mai, en dressant des barricades dans la plupart des quartiers de Paris, et jusqu'aux alentours du Louvre. Plus loin, les non-marchands, en tête, les kinés qui se sont massés le long des grilles de la préfecture.

L’un d’entre eux ressemble au grand André, l’André Zalinsky qui voulait nous faire étudier le rock ‘n roll invention étrange d’un type chantant l’horloge parlante ouanne aux cloques tout eau cloque et ainsi de suite, la ronde du temps, plus tard j’ai gratté la guitare avec Freddy du même nom, j’ai accompagné Brel et Bécaud, j’ai tenu la lumière pour la chèvre d’Ivanhoé et j’ai souillé Gaby au champagne écossais.
Rien n’existe et tout existe, le hasard n’est qu’un concours de circonstances voulues et cependant nous aurions pu ne pas exister, ne pas rencontrer André, vous et moi. Et s’en souvenir. Comme de K. et de M. qui ne souhaitent pas voir apparaître leurs noms associés, encore que je doute, pour K. qui s’appelle Raphaël et qui s’occupe de la tête des gens, l’aurait peut-être dû s’occuper de la mienne, mais il habite entre le Matto Grosso et le Rio Piranhas qui ne sont pas des destinations Virgin.
Je me souviens des Beach boys, de Donovan et des Beatles. Je me souviens de l'atèle en plâtre autour de ma jambe sports d’hiver, et des signatures qui l’ornaient.
1903 -- Mort du peintre français Paul Gauguin, né en 1848. 1902 -- Eruption de la Montagne Pelée (Martinique): 30.000 morts. 1921 -- La peine capitale est supprimée en Suède. 1916 -- Le corps expéditionnaire australien-neo-zélandais débarque en France. Quelle journée !
Et on dit que je ne me souviens de rien ?

Le facteur est passé, belle invention que le portage du courrier de tout un chacun, j’ai félicité Joseph de nous permettre d’accéder tout de même aux étonnants progrès que je constate. Bien que...
Malgré que déjà des chagrins ont fait voter des lois et se sont trouvé des défenseurs promographiques, le courriel donc comme les sifflants messages murmurés n’ont plus désormais garantie de confidentialité, Big Brother s’est arrogé le droit de vous lire, vous écouter, vous contraindre... une fois de plus tous ensemble un grand vivat, bêêêêêêe^.
Un moment de calme dans une vie trépidante, je suis assis dans la grande bergère d’Emmanuelle, ça me va bien, j’ai fait comme elle, je me suis déshabillé, je crois que je pourrais poser ainsi mais trêves de discours, voyons donc ce fatras de colis et enveloppes rien de standardisé, des prioritaires, des imprimés, une alléchante proposition pour m’agrandir le pénis, moultes fichiers attachés qui ne contiennent pas de virus contaminants, applause ils viennent tous sous vocables étrangers, qui sont-ils pour me croire loufdingue ? Cauchon a eu beau brûler une femme en braies et en place publique, je n’en suis pas converti pour autant, boutons le Goddam dehors ! La langue française est royale ! Que foutre baragouins d’autour et alentours ! Compagnons de Jéhu ! boscos, bachi-bouzouks, ectoplasmes, fabliers, iambiques, gamopétales labiées, obits, rabans, vérolés, xanthines nucléotiques ! !...d’où sortent ces fraudeurs d’engliches, les flamchiches, les genevois traînards qui s’entichent de Zürich, zébus d’académie, à dieu va petit mousse comme le vent te pousse, qu’écrivis-je là-haut, des pages et des pages de grand siècle, l’habitat entre le parc de Brissac et les caves à vin de Champigny, pour rien, il semblerait.
Il semblerait, c’est ce que dit Chicon !

Il se dirait que je ne sois qu’un rien du tout, carabistouilleur bouilleur de cru arrière petit fils de Rackham le rouge, vais-je me prendre la tête, à la lanterne ? hip hop pivot sur la gauche, stabilité mobile, on ne va tout de même pas prétendre m’apprendre à retomber sur mes pieds ! L’univers de Newton, je connais, c’est pour ma pomme, j’ai compris en même temps que Lord Greystoke.
Un avis de tempête dans le golfe de Gascogne, une nouvelle cocotte minute rouge avec adjoncteur activé gratuite en cas d’achat de deux bouteilles de mécacola, le programme des socialistes pour les élections européennes, le camion d’outillages et bancs de jardin sur la place du village à l’arrêt du bibliobus lundi prochain, l’horaire des temps d’ouverture de la nouvelle salle paroissiale, un bon à échanger lors de votre prochain et imminent passage chez Matelas 2000, tiens... une imaginative (Madame K, rien à voir avec le Raphaël brésilien , bien que...) je vous livre in texto :
Le voilà. Il est là. Enfin pas vraiment. Juste ses mots, laissés, accessibles à tous. Je rêve que ses mots ne s'adressent qu'à moi. Mais je sais que non. Laissez-moi rêver ! Je le trouve charmant, j'aime le lire. Il ne m'attire que parce qu'il est inaccessible. Et alors ? Ses mots sont empreints de tant de force. Il m'émeut. J'ai envie de le prendre dans mes bras. Mais je sais que j'ai plus besoin de cette étreinte que lui. Je ne souhaite pas le rencontrer pour ne pas briser mon rêve. Juste caresser, effleurer ses mots, du bout des doigts. Je l'imagine grâce aux écrits qu'il éparpille derrière lui, comme le petit poucet, me montre-t-il le chemin ? Souvent, je me pose la même question. Me voit-il lui aussi ? Est-ce que je le touche autant que lui m'affecte ?

J’ai bien entendu eu cette folle envie de lui répondre intimement, Joseph, grand chambellan de longue expérience me cita des cas malheureux, des Lavallières, des cavalières, des pièges lascifs et des fondrières...Monsieur se doit de répondre, Monsieur doit faire un avis, une publicité, une annonce, une notification, une dame du peuple écrit à Monsieur, il est bon que le peuple d’en bas sache que Monsieur s’en préoccupe, s’en occupe, s’y intéresse, prend la chose à cœur... Monsieur devrait dire...

Le toucher est un de ces mots de la langue aussi difficile à manier que le bâton, que le manche à balais de l’avion, de la sorcière. Comment aurait-elle pu le toucher, ils sont à mille lieues, chausser des bottes ? Cela ne se fait plus, aujourd’hui on géphonise, on tégévore les kilomètres... Ils sont donc de ceux-là que le temps ne touche pas. Elle imagine le possible, il intente procès au réel démontrant la duplicité des mots transformant les idées dès leur naissance. La distance n’existe plus.
Elle a vu, chatte bondissante capturant l’idée jaillissante, déjà elle a cloué aux yeux de tous sa vision des choses, de l’événement, comment ne pas être touché, à la fin de l’envoi, toc toc, palper adhérer être contre elle pour mieux voir, mieux sentir ah ! oui encore une tromperie, sentir, en caressant ? n’est ce pas touchant ? la toucher, une touchette, palper, on en arrive à s’ausculter...
Il a repris les mots, les a une fois de plus jeté en pâture, l’image est cruelle. Empereur de l’inaccessible étoile enfermé dans sa tour d’ivoire, se laisserait-il accoster, coincé, touche-à-tout va-t-il céder, la sape est efficace, tu es beau, tu es intelligent, le fromage est tentant, tu mémeuh dit-elle, regarde comme bat mon cœur, et la gredine d’ouvrir large son corsage.

Racine, radical, concentration, terminaison, il aime les mots, peut-il voir les traces, les obliques, les couleurs, peut-il comprendre la caricature, le dressé, le levé, le lavis, projeter réduire calquer domaine des déesses ? Les mondes virtuels se touchent-ils ? Esquisse image reproduction croquis gouaches et académies...
Ah ?
Les académies, ...peut-être serait-il ému ?
Bouffre, se faire des idées nouvelles à propos de jouvencelles, alors que c’est Céline que j’attendais – vainement,... un document ! suite de l’inventaire sans raton laveur, des prospectus des dossiers des pièces des manuscrits, deux procès automatiques diaboliques, des pièces jointes et des photographies de paparazzi, on t’as vu, crie une mégère en brandissant ce qui pourrait être ma photo mais ce qu’on y voit est largement découvert, le postère de Britney, ce qui est choquant, normalement on ne montre d’elle que son nombril, du moins dans les revues de musique, nombres d’invitations à consulter un astrologue, à venir voir les nioues tînes ou les biggueustes tits inne ze weurld fortement dénudées.
Que de lecture ce matin ! Je renverse la pile, pas de céliniouze... Chicon se serait-il trompé, prétendant l’avoir secrètement rencontrée, favorable à ma fuite de ce castel qui n’est que champagne cigarettes whisky et p’tites pépées surtout miroir aux alouettes, je ne suis ni mouton ni lagopède, ce n’est pas le fermier José Philippe qui va me faire changer d’idée, je n’ai peur ni de Néro Wolf ni de Sherlock Holmès, ne suis-je d’ailleurs pas les deux conjugués, voire plus si affinités.

Devant chez Paul, le restaurateur sympathique du coin, ou plutôt de la place, une vieille 403 pourrie ...
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MessageSujet: Re: Henri Troyes ( feuilleton )   Ven 12 Mai 2006 - 6:31

Toujours une ardeur d’avance

13mai

Le 13 mai, l'agitation ne retombe pas, je suis convaincu que les Kubilair vont tout organiser pour me faire limoger de mon poste et que l’on parle contre mon titre pourtant mérité de marquis de Caracas, une noblesse d’église qui en vaut d’autres. Je ne rentrerai pas à Paris, marchons à Chartres, évitons souplement les ligueurs, les socialistes, les nazis, les juifs et les Sarrasins, les gangsters et les bandits, Robin des bois et tous autres coupeur de bourses et de jarrets.
Joseph me parle de co-signer une note avec Lady de Lunion Saint Gilloise, une Milady introduite par de Guise prête à confirmer les entretiens secrets de Nemours dont je n’ai aucun souvenir, enfin sauf la nuit alors que tous les chats étaient gris et que couleur muraille je me suis glissé dans la couche de l’Anglaise, la couche, la bouche, au petit matin, la douche.

Chicon s’impatiente, me dit qu’il faut que je me rappelle tous les instants, qu’il serait dommage d’être embastillé, masquedeferrisé, transformé en mendiant définitif après avoir côtoyé des Ben Tapijt, des Cousins, et me dit-il plus sèchement, découvert le secret de l’aiguille creuse et n’en avoir pas fait profiter les vrais amis.

Je voulais lui répondre qu’on partage ses amis, pas ses milliards mais le ding dong du courrier est venu me sauver la mise, peut-être Chicon que je ne connais pas encore bien est-il aussi susceptible que certaines artistes de saint Anselme.

Un petit mot de Dominique qui me confie un message pour une dame d’œuvres d’Etampes où je passerai. Dominique !

Je me souviens de Dominique nique Nique, une nonne folle de messes, se suicidant après avoir connu un féerique succès mondial, à quoi mène la foi ? Chansong, je me souviens de Juliette qui avait encore son nez, Pétula appelant Roméo qui s’enfuyait sur son chariot.
Je me souviens du scandale d’Edith Piaf épousant le pâtre grec Théo Sarapo, vingt ans son cadet et qu'elle posait fièrement à ses côtés devant les caméras de la télévision qui commençait à fleurir de café en maisons bien pensantes. "A quoi ça sert l'amour". Et je le chantais à Eliane mélangeant les genres avec « Sans toi ma mie » et en bleu jeans et blousons de cuir.

Ce qui est avantageux avec le « portable », c’est qu’il est transportable, en cas de besoin, on peut même le tenir sur ses genoux, aux toilettes. Nouvelles alarmantes de mes actions cotées rue du mur de l’autre côté de l’Atlantique et courtes mais bonnes nouvelles de Tex, il veille sur Domino, une petite au caractère trempé (je commence à les collectionner !) tandis que Merveille prend garde à la santé de Francis.
Le chef de la police anglaise accuse Internet d'être la source de tous les maux de la société et réclame une épuration vigoureuse du cyber-espace.


Me voilà allongée sur la plage. Une lumière soudaine me fait sortir de ma torpeur. Une silhouette se dessine, mais trop floue pour que je puisse la distinguer. La lumière se fait force, m'empêche de voir. -Suis-je morte ? -Mais non, tu ne l'es pas ! -Ah ! Cette voix, je la connais. (.) Mon père. -Pff ! Si je ne suis pas morte, alors qu'est-ce que tu fais là ? dis-je en me dressant sur les coudes. Mes yeux commencent à s'habituer à la luminosité. Il vient s'asseoir à coté de moi, me regarde et sourit. -Je suis toujours là, non ? Alors, comme ça, tu t'es laissé surprendre ? -Bah, oui ! Tu sais ce que c'est ! Quand on est face à quelqu'un, on peut communiquer. Face au néant, que veux-tu faire ?
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