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 Henri Troyes ( feuilleton )

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Xian



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MessageSujet: Re: Henri Troyes ( feuilleton )   Sam 11 Mar 2006 - 15:35

Je vais passer ma journée à l’organisation de mon organiseur et de mon agenda électronique, inscription des numéros de téléphone auxquels j’ai accès et mise en place de quelques notes dans mes calepins. Sans doute cette méthode inverse de recherche me donnera des indications sur ce fameux passé auquel on ne veut me confronter, que l’on m’escamote, que l’on me dissimule et ce présent qui semble plus attrayant au dehors de ma vie qu’en dedans.
Je suis tout de suite très ennuyé avec mon patronyme, pourquoi m’éclabousse en flash violent le vocable guerre des trois Henri. A qui fais-je la guerre ? D’après la télé qui passe en boucle dans les salles auxquelles j’ai accès et d’après les douces qui me veulent du bien chaque soir et même pendant la journée, la guerre est une affaire d’Indiens et de Sarrasins, voire de rois esclavagistes lointains, cela ne devrait pas me préoccuper.
A
Ai-je des noms à placer en A ?
A zéro, boule à zéro, c’est pas un nom de chrétien cela.
Abdel, oui, j’ai souvenance d’un Abdel, pas plus chrétien que le précédent sans doute, il est mort, oui, celui-là se nommait Lejuste; je le vois encore en train de mourir, il a été militaire, il était au Tchad, ce n’est pas là qu’il est mort.
Abraham, ah ! oui, nom peu courant dans mon entourage, qu’ai-je à mémoriser d’un Abraham, deux même, sinon trois en comptant celui qui fit un barbecue sur le Mont Sinaï, oui, je vois un Berstein, Abraham Bernstein; dont le vrai nom était d’ailleurs Youri Yiélinski, espion soviétique à n’en pas douter, qu’ai-je à faire d’espionnage et de bolcheviques ? L’autre est plus typé, Dutuit ou Dutoit, on l’appelait Jo le gourmand, israélien sans discussion.
Adèle Braconnez; que l’on surnommait Blancsec, mais à part cela, rien, rien de bien, rien de mal, faut-il bloquer une ligne de A pour Adèle ? Adèle, cheveux, chapeau, jambes, moches, maligne et fouinarde comme une souris, malin une souris. Bien qu’à ce qu’on m’en dit, cela connaît-il réellement l’informatique ?
Parce que maintenant, pour être à la mode, il faut tout avoir de cette maladie-là.
Un peu l’air d’Hélène ? qui depuis quelques jours est devenue ma kinésithérapeute attitrée, on va dans le grand bassin ensemble, paraît que la natation et les massages devraient me redonner du tonus, Joseph me dit qu’Alcazar se baigne tous les jours, comme manie, pourquoi pas ? Hélène est charmante dans son maillot de bain rouge avec un petit sifflet à roulette comme celui de l’agent quinze de Quick et Flupke, mémoire, vision, voir, comprendre Quick n’est pas le concurrent d’un roi écossais fabriquant du bœuf irlandais moulu, voir, comment voir à l’intérieur de sa tête ? A. Je n’ai donc encore rien écrit à la ligne des A !

Adeline Katquart; du gâteau, de l’argent, de grosses fesses, organisation de la case quatre, mémoire, on s’était connu on s’était reconnu je m’appelle Henri.

Adeline sortant d’enfance, disait : Je n'ai plus le droit de jouer dans les terrains vagues de recevoir des messages d'amour des garçons de mon âge gravé à la pointe du canif sur les troncs des palétuviers, en fait de vieux sureaux faisaient l'affaire, pourtant on m'avait laissée tranquille, il n'y avait pas eu de mets ta culotte serre les genoux ôte tes mains de là, j’avais eu la paix et personne ne s'occupait de mes jeux avec les garçons, mais maintenant ce n'est plus pareil depuis que deux cailloux ont poussé sur ma poitrine les grands ont commencé à me faire des sourires idiots et à me parler du printemps et des bourgeons, les voici chuchotant autour de mes seins naissants sous mon chandail et autour de ce duvet brun qui court sur mon pubis, puis accourent toutes les cachotteries des bonnes femmes ombres chinoises derrière les portes en verre trempé opaque le mystère de la cuvette rouge, mon corps je n'y pensais pas les autres y songent pour moi, je les emmerde je suis bien.
Adeline Halliday ? Qu’est ce que ça veut dire Halliday, voconces lorsqu’on permute o et a. A Adeline
Adeline, d’adolescence. Voici un corps maigre un garçon ou une fille de quinze ans, le chemisier déboutonné laisse voir deux petits seins bien séparés l'un de l'autre, le pantalon collant montre une jolie paire de fesses, elle peut être prise pour une toute jeune fille et faire des études, garçon égale fille et inversement dans des circonstances réelles. Tout en me dictant le dernier cours à apprendre, je lui effleurais le sein, je la sentais frémir, la main descendait glissait sur le petit ventre rond puis descendait encore là ou le pantalon moulait le sexe, elle se trémoussait.

Je lui écrivais des billets puis un jour, fin d’après-midi, je l'ai attirée dans ma chambre où je me suis jeté sur elle. Elle s'est enfuie en criant pour l'amour de dieu et nous ne nous étions pas revu pendant plusieurs années.
Des années, des siècles, des filles des femmes des femelles, Joseph ! Joseph ?
— Monsieur.
— Joseph, avons-nous connu réellement une Adeline ?


— Joseph !
— Monsieur.
— Joseph, qu’est-ce ce carton ?
— Une dame est passée, Monsieur, Une dame a laissé ce carton pour Monsieur.
— Joseph nous en avons déjà des cents et des mille
— Monsieur me pardonnera, j’ai cru bien faire, un air Rom peut-être mais une recommandation d’un Egon, cette dame portraitise.
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Xian

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MessageSujet: Re: Henri Troyes ( feuilleton )   Mar 14 Mar 2006 - 7:57

— Joseph, trois antichambres et deux galeries nous comblent d’ancêtres.
— Ces jeunes d’aujourd’hui osent, peut-être pour le vestiaire ou la garde-robe, cette personne parlait de schématiser une Adeline de vos connaissances.
— Adeline ? Joseph, n’est ce pas aller à la catastrophe, comment expliquer leur non-présence à ces autres Amélie, Bernadette, Charlotte, Daisy, Emilienne, Fernande, ah, Fernande, Joseph ! quand je pense à Fernande ! Gabrielle, Huguette, Ischia, Joséphine, Klystra, Léopoldine, Marcelle, Ninon, Omphale, Pierrette, Joseph souvenez-vous de Pierrette ! Quetzy, Rolande, Sylviane, Thibaude, Ursule, Véra, Wapitoune, Xénia, Zoé et les autres, les autres, les autres ...
— Certes, certes, Monsieur, mais Henri de Navarenx a présenté Jean Loup, Henri Kiss a poussé cet emballeur de génie, chez les de Guise on orne avec des Léonard, on soutient une Académie, l’époque est au soutien populaire Monsieur, que Monsieur regarde attentivement, Séguéla lui-même est porté à bout de bras par la ferveur consommatrice rouge.
— Joseph, nous avons tout de même des principes, Joseph, je suis des amis de Stéphane et de ceux de Georges Rémy, Joseph, j’ai déjà fort à faire, le dîner du golf-club de Waterloo est à peine digéré, un Haddock est dans notre salle de marine, un Tryphon orne l’entrée de nos laboratoires, Bianca est à la porte de la petite salle de musique.
Bien que, oui, bien que, Joseph, lorsqu’elle repassera, dites lui donc de nous faire quelque chose, cela fera enrager cette clique, c’est Margot qui va râler !
— Monsieur se souvient de Margot, alors Monsieur se redécouvre.
— Pas tout à la fois, Joseph, pas toutes à la fois...
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Romane
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MessageSujet: Re: Henri Troyes ( feuilleton )   Mar 14 Mar 2006 - 14:17

Je te lis, je te lis, je te lis, et me demande ce qui est en cours de formation dans tes neurones !

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Bonjour, je suis Romane, alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane."
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MessageSujet: Re: Henri Troyes ( feuilleton )   Mar 14 Mar 2006 - 16:08

moi, je me laisse emporter...
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Xian

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MessageSujet: Re: Henri Troyes ( feuilleton )   Jeu 16 Mar 2006 - 10:19

Je n’ai certes pas voulu tuer le temps, je pense que déjà... déjà j’ai tant de fois écrasé des mouches et des nuisibles, alors tuer, encore tuer ! Tout de même, j’imagine la scène de tous ces joyeux qui saississent leur livre de poche, le mien est à mon chevet, je le saisis donc pour saisir sur le clavier selon les instructions.

Nouveau petit Larousse illustré publié sous la direction de Claude Augé, à Paris, peu avant le passage éclair de Sioran, en 1936, tous droits réservés.
Le dernier paragraphe est formel, droits réservés, bien entendu, je ne conteste pas cette notion des choses, la rousse a tous les droits qu’elle désire.
Page 23, arbitrairement j’imagine.
Agraphie(fl) n, f. ( du gr. A priv. et graphein écrire). Impossibilité d’écrire, quoique le malade entende, comprenne et lise.
Publieder : sdpoikf+Qqqqzefd la maladie donc et puis Henri Henri mémoire relire finir par élise Elise Elise je t’aime, je t’aime je t’aime pourquoi m’as-tu quitté ?




— Tant d’intellectualisme me tue Joseph !
— Ce n’est pas le moment, Monsieur, je suggère à Monsieur de s’occuper un peu des B dans son rangement, de voir aussi les personnes qui seront en fin de mois au Conseil où des choses se décideront, j’en informerai Monsieur en temps utile et puis, mourir Monsieur, mourir c’est s’enfuir, s’échapper se tailler carapater Monsieur ne fera pas cela, Monsieur fera face !

Les b ? Alors qu’on a rien tiré des A, alors qu’il en reste de quoi emplir toutes ces pages entre ce fleuve côtier de France au nom germanique et ce peuple du Mexique qui écrivait en idéogrammes fleuris et géométriques, les b, de où et quand ? Où est Caen ? Dans le Calvados, B, boisson forte et fatalement Bébé pollutions nocturnes, masturbations sanguinaires c’est cependant à Babette que je pense d’abord.

A l'époque, je jouais au club de tennis du petit bled d'à coté (oui, il y a encore plus province que cette cité où j’ai vécu). J'aimais le jeu par lui-même, mais j'aimais surtout rencontrer ces gars et ces filles que je n'aurais jamais fréquentés si je n'y avais pas joué.
Je souriais souvent de voir, après un match, les filles tirant sur leur jupe pour s'asseoir, de peur que quelqu'un voie furtivement leurs dessous... Cinq minutes auparavant, sur le court, des dizaines de gens avaient pu les détailler parfois pendant des heures sans qu'elles s'en soucient un seul instant. J’aimais beaucoup les petites fesses rondes en culotte blanche de Babette, une joueuse de tennis courant dans la poussière, bousculant l’herbe ou la brique pilée, smashant sur le béton avec le même entrain et revenir vers les vestiaires de son talon sportif. Babette est à croquer, elle est irrésistible, elle est jolie, charmante, complètement craquante.

Oui, je mouille le bout du crayon et j’écris Babette, je l’appellerai. J’écris aussi Banania.
Banania est un Noir comme son nom ne l'indique pas (une banane n'est noire que pourrie !), il parcourt la cuvette centrale depuis des années dans une vieille Jeep qui a connu des jours meilleurs au temps de Rommel.
C'est un bon copain de Oudairwine, de temps en temps, ils font des coups ensemble.
Banania est Zaïrois (mais cela ne se dit plus), Oudairwine est Anglais (mais il préfère dire anglo-saxon) et Blackbelt est Belge (c'est-à-dire régionalisé trois langues, trois régions deux communautés mille et un sinistres ou secrétaires d’état, un gros Louis et un Flagada), ils sont présents dans ma mémoire des premiers jours, alors tout me revient, le passé explose en présent, à présent, au présent.
Georges Oudairwine et Jésus Banania enquêtent pendant que Bob reprend du service aux Comores. Bob avait télégraphié, perdu dans un désert australien où il négociait l'achat d'une mine d'or ou d'un club de vacances chez des autochtones, en mangeant du lézard cru; il s'était infiltré dans une horde primitive où les femmes dormaient nues dans des creux de poussière et migraient sans cesse, avec pour tout bagage trois calebasses et un tison charbonneux dont la braise amoindrie portait tous les espoirs de feu et de survie, que tout est prêt. Et Tex, ou Stany ou leur fils s'est saisi du pouvoir de la Kalachnikov en donnant un peu de verroteries aux singes. Bob vivait réellement les aventures que Tex rêvait et que Franz ratait, Franz si je me souviens bien, n'est-ce pas ce petit mercenaire qui collait toujours à Schramme ?
Bé, b, béa b de Bao Daï fut empereur du Vietnam, ça fait kitch après le colonel Sponz d’apocalypse now et pourtant le pays cochinchinois avait un empereur gras et souriant avant qu’Ho Chi Minh ne décide que l’ensemble des citoyens fasse une cure d’amaigrissement.
B a Béa Comme c’est curieux je ne vois aucune Béatrice, b se cache tellement que j’ai pensé un moment qu’Hollinx me l’avait enlevé, les b s’enchaînent en maillons pour se couler dans l’uniforme de la Navy entre le Yorktown et le Missouri. Buck Dany.
S’en souvient-il, lui de nos combats avec, je veux dire contre, les Viets... 7 FEVRIER 1968. Bien que militairement désastreuse, l'Offensive du Tet s'avère une réussite d'un point de vue de la propagande, les médias américains nourrissant sans le savoir le sentiment anti-guerre aux USA. Photos de cadavres de combattants dans le couloirs de l'ambassade US, film de l'exécution en pleine rue d'un suspect par le chef de la police de Saigon, photos de GI blessés dans les combats de rue à Hue... et, pour clore, l'interview par Peter Arnett (oui, le même qui couvrira plus tard la Guerre du Golfe pour CNN) d'un officier américain qui explique, dans une phrase devenue célèbre que "Afin de sauver la ville de Ben Tre, il a été nécessaire de la détruire intégralement".

— Je vois que Monsieur pense, réfléchit, écrit, Monsieur revoit, Monsieur revit ?
— Je ne sais pas Joseph, je flotte. Par contre, je trouve qu’il y a ici du laisser aller.
— Monsieur.
— Clarifions les choses Joseph ! Vous vous mettrez à l’ouvrage dès demain pour établir un règlement des visites, en particulier une sorte de va et vient acceptable des courtisanes, dressez, voulez-vous une sorte de comment dire, mode de fonctionnement de la maison, et pas seulement de la maison, j’aimerais qu’il y ait ordonnance de toutes les matières pour remettre ordre et police en cette demeure et celles que nous dominons, car nous dominons, n’est ce pas Joseph ?
Remettre en état la circulation des personnes et des denrées ici, comme cela devait être du temps des feus présidents François et Henri mes aïeuls et pères. Faites débourser madame mère et que l’on construise une balustrade dans la grande salle à manger et que l’on soit plus sélectif quant à l'accès aux appartements privatifs, n’est ce pas !
Et ces personnes, Joseph, ces personnes dont vous parliez... celles qui seront du prochain Conseil, Joseph, je veux leurs noms leurs promotions leurs grades de sadiques, leurs sécurités, leurs tantièmes tout en lettres d'or, en plein granit, dans la Sainte Chapelle, vous m’en ferez une vidéo, un listing, je veux connaître leurs maladies, les noms de leurs maîtresses et ceux des amants de leur femme, je veux leur état de fortune au centime près et la photo de leur maison, de leur voiture et de leur dernière déclaration d’impôts ! Et pas des trucs bidons, n’est ce pas Joseph, rien d’arrangé de caché de bidonné de bidouillé de cochonné !
— Bidonné, Monsieur ?
— Mais oui, ne faites pas plus surdoué que vous êtes, vous voyez ce que je veux dire, n’est ce pas !
Certainement Monsieur, je vois très bien où Monsieur veut en venir, mais si Monsieur me permet, je voudrais lui dire de se montrer parcimonieux avec ses retrouvailles mémoristiques, on va croire que Monsieur simule. Monsieur devrait plus regarder le journal télévisé et la ferme, Monsieur devrait éviter de ressasser certaines vieilles rengaines, Brassens ou la guerre d’Indochine, Monsieur devrait se concentrer sur les happeur de pognon, les boit sans soif les conseilleurs qui ne sont pas les payeurs, Monsieur devrait fustiger les faux amis, arrêter de déconner Monsieur a connu le succès, peut-être est-ce dangereux d’en chercher un autre ou un suivant ? Monsieur ne doit pas croire les Eliot, les de Guise les de Navarre, Monsieur doit observer ce qui se passe ailleurs , chez les Stuart qui disent que sans les lingots empilés au seul endroit connu de Monsieur, Monsieur serait oublié morfondu culdebassefossé ! Monsieur doit penser que peut-être Cousin, de Gerpines comme dit la rumeur ne veut que les ors et les argents de Monsieur.
— Monsieur doit s’attentiver auprès de ceux qui disent que Monsieur n’entend que ce qu’il veut entendre, ne se souvient que de ce qui plaît à Monsieur, Monsieur doit montrer clairement que Monsieur ne joue pas avec le feu. Monsieur doit surveiller ses paroles, même s’il s’agit de souillons de servantes de basculs, de courtes cuisses, de Bécassine et autres bécasse, la gent féminine est de nos jours propice à la révolte, Monsieur a bien lu que Madame de l’oncle Linx fait la pluie et le beau temps auprès de la magistrature, Monsieur est un esthète qui aime regarder danser les petites filles, je dis alerte, on peut regarder mais pas toucher. Monsieur doit savoir que si le cheik Ramandan peut se permettre de répudier une vieille de vingt-six ans pour reprendre une jeune de treize, il n’en reste pas moins pieux et respectueux de la loi qui ne l’autorise pas à être l’époux de plus de quatre maritornes. L’époque de Monsieur a changé, la maréchaussée en casquettes pokemon arrête les excessifs de la route, l’on préfère en ces jours les nouilles aux repas pantagruéliques qui sont politiquement incorrects en ces temps où sœur Emmanuelle est sortie de son fauteuil pour dynamiser les loquedus. Elle se la joue d’ailleurs gros, les roquettes volent bas ! Monsieur doit canaliser, sélectionner, voir l’approche la plus favorable, sentir les amis qui sont nuls et ceux qui sont bien, découvrir les haineux et pourchasser les imbéciles !

— Que de travail Joseph ! Que de travail en perspective, la mémoire qui se reconstruit ne me claironne pas technicien de surface des écuries d’Augias ! Ne peut-on simplement faire un audit ? Ne peut-on réellement m’en laisser à mes adroites en amour, à celles qui en savent plus d’un tour, femmes d’atours, d’images et de mots de douceurs petits lokoums tendres, aisance de langue et seins palpitants, indécente à en faire mourir ce nouveau Ben oït qui cherche les jeunes chrétiennes ou qui sait, à le faire vivre ?
— Monsieur doit rester réaliste, Monsieur doit savoir que les gens jasent, se demandent pourquoi tant de facilités proposées au Conseil...
— C’est qu’ils ne s’aiment pas Joseph ! Devant la supériorité, disait Goethe, il n'y a de salut que dans l'amour. Si vous n'admirez pas, si vous n'aimez pas l'être en qui s'incarnent des valeurs supérieures, vous ne pourrez maintenir l'estime que vous avez de vous-même qu'en dénigrant tout ce qui se rattache, non seulement à cette valeur, mais à l'idée même qu'il puisse exister des valeurs supérieures. Il en va ainsi. Joseph, pour ce conseil de vendredi, je mettrai mon nouveau costume arrivé ce matin de Savile row bien que l’on dise que la Kublair a quelques difficultés.
— Citer Goethe et se préoccuper de la toile de ses fripes démontre à raison la supériorité de Monsieur.
C’est un mot final pour cet instant, Joseph, je me retire, déjà je le sais, l’une d’entre elles m’attend et cela vaut mieux sinon que la scarlatine, du moins que le rire bellâtre de Lundentreux.
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MessageSujet: Re: Henri Troyes ( feuilleton )   Ven 17 Mar 2006 - 8:25

Ainsi donc, un texte prévu chaque jeudi ...

Ce jeudi, un cadavre gelé est découvert dans le bois de la Housse.
Point d’orgue ou point de départ ?
Quel commissaire s’occupera de l’affaire ?
On le saura jeudi prochain, si le printemps est arrivé.

Ce sera uniquement chez - Henri Lundentreux http://cderos.skynetblogs.be/
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MessageSujet: Re: Henri Troyes ( feuilleton )   Lun 20 Mar 2006 - 13:48

Le Conseil aura donc lieu vendredi en huit et mon diaribouque n’est pas même à jour, j’en étais à la lettre B sans avoir complété les A, dites trente-trois, C comme conseil chambre chambre du conseil antichambre antipape soupape, on va pourtant voter des choses dit-on voter quelle curieuse manière de faire, je décide un point c’est tout et Mère approuve, Mère fait exécuter le bourreau exécute nous sommes tranquilles j’en étais aux cés.
Un lot m’en est venu tout à la fois, Clémence, Clément Marot, Clotilde et Clovis Noël, Colette Puratos et le célèbre Colinot, Connie et Constant et Cori le moussaillon, Cori Nadine, Cousin, Cousteau, Craquette, Crespel...
Et Camille, Camille Sigrand si je puis oser la citer, On ne parle guère de la famille Sigrand, dirigée par Camille Sigrand. Le groupe est pourtant un « grand » de l’industrie portuaire. Le groupe agit comme affréteur, chargeur, propriétaire de navires, exploitant de ferries, de lignes vers l’Afrique et l’Amérique latine, agent, transporteur de voitures et expéditeur. Quasiment une moitié de son chiffre d’affaires provient de la branche affrètement. Il gère une flotte de 9 bateaux dont 5 ferries et 4 cargos de vrac au départ d’Anvers et de Zeebrugge.
Camille adore être nue
Elle apparut un certain jeudi, vers midi et demi. C’est grâce au bœuf bourguignon, bien sûr, que je me souviens du jour et de l’heure.
Elle était grande et portait un manteau d’astrakan beige que sa chevelure blonde fermait d’une écharpe soyeuse. Ses lunettes de soleil interdisaient de saisir son regard et empêchaient même de distinguer les traits de son visage. On aurait dit l’un de ces «loups» de soie noire que les femmes portaient à Venise lorsque plus jeune j’allais au bal masqué ohé ohé, masque de toutes cachant les ridées mieux que Revlon, escamotant les grincheuses, livrant aux coquettes des instants de rencontres, des minutes de plaisirs interdits, de petites jouissances calmes sous couvert d’anonymat captivant.
J’étais dans un gîte relais mousquetaires en cuisine, quatre cents chevaux Rosa Testa rangés devant la porte, larbin de concours et de circonstance, le directeur de la masure accourut pour lui ôter son manteau comme l’eut fait un Giscard inaugurant une statue de la liberté. Mais il n’y eut pas de discours, que de la comment dire, rien, un moment de silence total. Du mouton noir bouclé et crêpé de Russie surgirent deux épaules indescriptibles sous un fin tulle écorce d’orange translucide et pas comme on en voit de nos jours en aubergine pourrie, ceinture de cuir à boucle d’or, jodhpur de lastex moulant hanches bassin et cuisses allégoriques. La féminité était entrée de plein dans mon champ de vision et celui de quinze à vingt dîneurs ébahis. Il serait malveillant d’expliquer ici comment elle fut amenée à s’asseoir à ma table, à me parler de sa vie à prendre le café en terrasse, à déguster des alcools fins et rares à l’étage, à s’allonger un moment pour reprendre ses esprits, j’avais perdu les miens ....

Je les recouvre, je revois des moments, je visionne des gestes, curieux l’amnésie ?
Se soigne-t-elle par les regards sur les cimaises d’ancêtres, sur les pages d’albums photos ? De Camille, Je n’ai gardé d’elle aucune photo alors que j’ai gardé celle du 1 FEVRIER 1968. Le deuxième photo la plus célèbre du Vietnam : alors que l'offensive du Têt fait rage et que le VietCong semble l'emporter, le Général Nguyen Ngoc Loan, directeur de la police nationale du Sud Vietnam invite des journalistes à une visite guidée de son secteur. Croisant une patrouille qui vient d'arrêter un civil anonyme, soupçonné d'être un chef communiste, Loan exécute le civil d'une balle dans la tête devant le photographe Eddie Adams et le caméraman de NBC Vo Suu qui immortalisent la scène. Le film de l'exécution passera en boucle à la télévision aux US et en Europe et la photo, sera publiée des millions de fois. Ils contribueront à monter l'opinion publique contre la guerre du Vietnam. Loan se réfugiera aux US, évitant un procès pour crimes de guerre grâce à l'entremise de Ronald Reagan. Il y mourra d'un cancer en 1998. Photo: http://www.wellesley.edu/Polisci/wj/Vietimages/vcexec.htm La scène figure même dans un jeu vidéo: http://whitelead.com/jrh/screenshots/saigon.JPG
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MessageSujet: Re: Henri Troyes ( feuilleton )   Lun 20 Mar 2006 - 14:06

Des Henri’s à la pelle ... dès le printemps... chez
- Henri Lundentreux http://cderos.skynetblogs.be/
- Henri Sim à Liège http://xian.skynetblogs.be
- Henri Belle, amoureux d’elle,http://xi.skynetblogs.be
- Ri, ketje de Bruxelles http://perdumonnom.skynetblogs.be
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MessageSujet: Re: Henri Troyes ( feuilleton )   Mer 22 Mar 2006 - 12:35

La suite au sujet des problèmes pubs intempestives ici :
http://liensutiles.forumactif.com/viewtopic.forum?t=9672

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MessageSujet: Re: Henri Troyes ( feuilleton )   Mer 22 Mar 2006 - 16:36

Sûr que je n’allais pas conserver toutes les photos des courtisanes pour que vous convulsiez, que vous hihahaniez de mes saillies, plein votre tête, en parliez et même les reproduisiez, les lecteurs ne sont-ils pas un peu pervers ?



Huit demain matin avant ce conseil, qu’entends-je Joseph me dire d’à-propos d’agenda de noms de répertoire de mise à jour de la lettre D, dé six faces chiffrées six coups le seul sept coups de l’Arizona, dé, dédé, Dédée, Dédé d’Anvers.
Delphine dauphinou forme apocopée de adelphos le frère, Delphine, fut un moment comme une sœur mais en cette soirée d’été dernier, chaud, faut-il le rappeler, Madame de Staël nous servit l’apéritif au bord de la piscine, à l’ombre d’un gros figuier, parmi les géraniums en fleurs. Delphine troqua l’azur de sa robe contre celui de l’onde chlorée et mêla aux feux du crépuscule les flammes dorées de sa nudité.
J’aurais, me dis-je, pu rencontrer Delphine Seyrig, aurais-je pu lui jouer mes comédies ? ou Delphine Ingres, mais comment dévêtir une femme de peintre déjà nue sur les murs de plusieurs de mes amis, ou Delphine Miranda, mais baise-t-on les pieds les mains enfin tout de l’épouse dévouée d’un général en prison ?
Et puis, il y avait Céline, je ne pouvais tout faire... Céline, qu’est ce que cela, flashe, trombinoscope, lueurs hippiques, elleessedéiques, chandelliques, je vacille me rattrape de guingois entre la table chêne massif et une chaise qui se secoue me secoue m’échappe s’en court je suis à terre, je n’oserais appeler Joseph, que lui dire, j’ai vu le diable, cornu fourchu terrible c’est Line ? Line, je ne me souviens que d’une petite mignonne qui joua pudeur et jambes croisées auprès d’un boucanier... Line, non, le visage est estompé, le brouillard tenace soyeux fibreux lisse diffus vibré
Je me souviens
Vaguement mouvance de souvenirs images imaginées Chez Boris Viande à toute heure, il était peintre, non, en tous cas il gâchait de la gouache et de l’acrylique, il salopait ses tabliers, il en oubliait ses sauces, quelques tables des Messieurs pressés et d’autres furtifs, des habitués du bout de gras et des amoureux amoureux amour amours septième ciel sept cieux et sept mercenaires un bistrot un café un bar tabac Je m’appelle Henri la rengaine à la mode, le contreur de Mitterand, du vin messe curé pensionnat château ah tout de même château brouillard brume voile flou alcools bistrots bistrot café bar tabac Je m’appelle Charly et je m’appelle Lulu. On est sur M6 pour le Hit Machine le samedi en compagnie d’Irène et Jessy.
Le samedi en compagnie d’Irène et de Céline …Je m’appelle encore Charly et je ne sais plus je ne sais pas je ne sais rien on est sur le disque, pour faire la musique. Le mercredi on peut mais on est jeudi, bon sang, nous sommes jeudi et je m’appelle Henri !
Mardi, mercredi et jeudi, donc aujourd'hui, je suis allé à Belle île, je voulais rencontrer celle qui avait écrit : faire les magasins. Non pas pour céder à ma fièvre acheteuse, mais pour déposer des CV. Ce qui nous fait un total de 123 CV distribués en 3 jours ! Pas mal du tout! Ce matin je suis allée faire un tour à Belle Ile en Liège. Le plus gros centre commercial du coin. Je me suis trompé, je m’appelle Henri je suis allé à Belle île, en mer, du côté de Kim Wilde. J’aurais voulu la voir celle-là qui distribuait les chevaux, moi, j’en ai 300 dans la Testa rossa mais je crois que je vais la vendre, le cendrier est rempli et Joseph me dit que ce n’est pas de son ressort.
Tiens c’est un jeudi que la juge A. Jetée des référés du tribunal de Paris a confirmé l'annulation du spectacle que devait donner un dieu à l’Olympia sans se prononcer sur le principe de la liberté d'expression évoquée par le fils de la Bretonne et d’un Camerounais, je crois que j’aurais pas supporté moi, situation sensible non ? Qui me voit en fils de Bécassine ?
Une note est tombée, un post-it, peut-être une trace de mon passé, Jeudi 10 octobre 2002 :
Aujourd'hui je me suis levée vers 11h, j'ai pris mon petit déjeuner, ma douche et, après m'être fait un maquillage léger et avoir enfilé une jupe en jean avec un petit haut noir et marron avec bottines assorties, j'ai sauté dans ma Smart et je suis allée déposer ma candidature pour des petits rôles dans le cinéma ; puis je me suis occupée de répondre à mes e-mails et de préparer mes affaires pour mes spectacles de ce week-end. Demain, départ pour Forbach où je crois qu'il va faire très froid ; je dois penser à prendre ma lingerie en vinyle pour le spectacle, puis mes cuissardes, mes paillettes pour briller de mille feux. Bien sûr, je dois aussi préparer mes affaires de toilettes : string de rechange, nuisette, lait corporel, gel douche à la vanille, rasoir pour avoir les jambes douces pour mes fans lorsqu'ils me caresseront lors de mon show ; c'est vrai que quelquefois, ils ont le temps de toucher !
Patricia Fromage ? rien ne s’arrange, j’ai beau laisser tourner le moteur, j’ai beau avoir la cavalerie à mon service, des mousquetaires au couvent, des mignons dans les antichambres et des jardiniers anglais tressés de myosotis, je m’appelle Henri je m’appelle Henri je me le répète et ça ne sert à rien. Je n’y vois pas plus loin je n’y vois pas mieux je reste naïvement souriant.
Un autre post-it sur le coin du vaisselier d’étains qui parle d’Espagne et de guerre, je l’avais dit que cela tournerait mal avec ceux de Navarre, on ne m’écoute pas ici ! Aujourd'hui, dit mon ragusette, nous savons qu'à partir du jeudi 11 mars à 19h40, les enquêteurs espagnols savaient que l'explosif employé par les terroristes était de la gélatine de type "Goma 2". Nous savons qu’ils savaient que nous savions, de quoi s’en ponce pilater les mains ! Ils le savaient car ils venaient de retrouver dans un sac un engin explosif intact... C’est fou ce que les gens sont distraits, c’est dingue ce qu’on laisse traîner, à la portée des enfants, tiens, je traverse un parc pour rentrer, vous avez vu, avec la statue de Diane qu’à photographiée Alcazar, eh bien, voyant un emballage Quick Bacon, j’ai tout de suite pensé à un attentat ! Un gus qui avait perdu ça ne pouvait être qu’un attentiste. Pas un de l’ETA, c’est bien connu, les Castillans emploient des toros à petites cornes, les Basques sont plutôt suspendus à des méthodes plus anonymes, explosifs dans les bérets, pelote et autres matériaux, pourquoi changeraient-ils d’idée, ces gens-là, quand on a un bon fournisseur, on n’en change pas.
Ces considérations me rapprochent-elles d’Henri ou m’en éloignent-elle ? Quel sera l’ordre du jour du conseil de ce fameux vendredi, Joseph me dira tout samedi. Enfin, parole de Joseph !
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MessageSujet: Re: Henri Troyes ( feuilleton )   Mer 22 Mar 2006 - 17:30

ah, ça fait du bien de se mettre à jour de lecture !!!
incl36

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MessageSujet: Re: Henri Troyes ( feuilleton )   Mer 22 Mar 2006 - 17:40

Xian a écrit:
Il y avait plusieurs femmes, ce qui semblait normal, c’était la journée de la femme. Pourquoi pas une journée de la femme, il y a bien une journée des handicapés.

J'en ai profité pour relire un peu ici, et comme à la première lecture.... mdr mdr mdr

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MessageSujet: Re: Henri Troyes ( feuilleton )   Ven 24 Mar 2006 - 8:11

Vendredi 24
Une semaine avant le conseil vite la lettre E, y trouverai-je mieux qu’ailleurs, il me faut des mais pour me soutenir au conseil on va voter me rappelle Joseph !
Elle était en retard.
Comme d'habitude.
Allongé dans son lit étroit, les paupières à demi closes, je l'observais en secret.
Elle avait des gestes nerveux d'oiseau habile et pressé.
Elle commençait de se vêtir dans ce désordre qui lui était propre lorsqu'elle devina que je l'observais.
En deux bonds elle fut au pied du lit.
Mon coeur heurta ses cuisses nues qui me dédiaient un sourire cannibale.
Elle plantait son regard dans le mien.
" Tu m'aimes ?
Ce n'était pas une question.

Mais j'ai répondu oui.

Je suis certain qu’elle s’appelait Elisabeth et qu’il était Siam
L. Siam


Samedi
Donc, après l’éuh l’effe Leffe Dinant trappiste fromage santé, je relis une fois encore la lettre que le porteur de DHL a déposé en mes mains propres comme le figurait l’imposition sur l’enveloppe.
Monsieur Henri,


Je m’appelle Eugène Flahaut, comme mon ancêtre, je suis ingénieur et Français. Mon aïeul, avec son demi-frère Stéphane Mony, construisit la première ligne ferroviaire française: Paris-Le Pecq (près de Saint-Germain-en-Laye), en 1837, puis Paris-Rouen (1840) et Rouen-Le Havre (1842).
Personnellement, je me suis contenté d’un diplôme et de quelques années au service d’un industriel de Nancy. Plus tard, je suis rentré à la police scientifique et je suis devenu par le hasard des choses un collaborateur de la DGSE à moins que cela ne soit du CRN ou du KWIK, toutes ces abréviations ne veulent rien dire et n’ont d’utilité que de pouvoir nommer des fonctionnaires à des postes précédemment inexistants. J’ai arrangé une petite chose pour la fille du président de la république et c’est ainsi que je suis devenu un conseiller « dans l’ombre ». Grâce à cet appui occulte, j’ai obtenu un poste à la Gécamines.
Un peu après, j’ai été conseiller aux affaires africaines durant l’année 83. C’est alors que j’ai été au mieux avec Marius Jacob et André Clown. C’est aussi à ce moment-là que nous avons fait affaire avec vous. En ce souvenir, j’aimerais vous transmettre des documents qui vous seront fort utiles lors de la séance plénière de vendredi prochain.
Votre dévoué Flahaut.



C’est étonnant, je n’avais pas fini de lire cette lettre qu’un certain Alain Zucco, policier de la sûreté de l’état ayant récemment monté une affaire en épingle me fait tenir une courte note par porteur, enveloppe E/V.

A Monseigneur Henri,
Le thème du criminel qui a payé sa dette envers la société pour commencer une nouvelle existence en mettant son expérience du mal au profit du bien se retrouve chez Victor Hugo. Faisant la connaissance de Vidocq en 1849 au moment de la rédaction des Misérables, Hugo le dédouble dans les personnages antagonistes de Jean Valjean, ancien bagnard, et du policier Javert. A la générosité du personnage épique de Valjean qui renonce a sa vengeance, s’oppose la malfaisance de l’inspecteur, espion maniaque, enfermé dans une conception étroite et institutionnelle de la justice et de la Loi. Sans être un roman policier, Les Misérables valorisent la structure narrative du roman noir, la poursuite d’un ancien bagnard par un policier. Le cas de Monsieur Henri ayant habité au 349 Impasse Delarue relève d’un genre cynique proche. L’amalgame habituel belgicain risque de vous éclabousser. Le lieutenant Palumbo est toujours à la recherche dudit Henri et de ses femmes disparues. Vous pourriez être dans la tourmente, mais aussi l’éviter, pouvez-vous faire déposer une somme intéressante à mon adresse (au verso) en échange d’informations pertinentes démontrant votre totale innocence en cette affaire.

Votre serviteur,
Alain Zucco, retraité en résidence à LaRoche.



A l’instant où je pensais remettre à Sarco, valet de pied s’occupant des poubelles, ces chiffons de papier, un troisième message me parvient par le biais du Minitel.


Pour le Général Commandant Henri,
De Auguste Dupin

Mon Général,
J’ai bien retrouvé le témoin anonyme,
On pouvait espérer de sa part plus de précision. Rien n’est encore éclairci, et il faudra attendre, pour en savoir davantage, qu’un disciple, un témoin oculiste ou un descendant, enhardi se présente.
Je reste votre ordonnance active, tout est prêt pour vous recevoir, la maison d’en face est louée, la lumière sera allumée tous les jours à cinq heures.
Fin de message.



Un psychanalyste ne saurait mieux dire. La lumière sera allumée. Progressé-je, Joseph va-t-il me donner les explications manquantes ? Quel genre de week-end s’annonce ?
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MessageSujet: Re: Henri Troyes ( feuilleton )   Sam 25 Mar 2006 - 10:02

Rapport du détective Lestrapade. (parvenu à mon bureau par l’opération du saint esprit et d’une demoiselle de chambre qui fit oh quand je la retournai !)
Après avoir déjoué de nombreuses tentatives d’assassinat, je peux certifier que je n’ai trouvé aucune trace d’un mari quelconque officiel qui aurait été dans la vie de la dénommée Céline Fernand. Un homme, son mari légal mais dont aucune trace ne figure sur les registres d’état-civil de la commune de Stanleyville ( détruits par un incendie tribal ) où il serait né et où il aurait épousé ladite, a quitté la route, il y a moins d'un an le long d'une falaise de la côte entre Eze et Menton, léguant à la jeune femme un mas de belle taille, qu'elle ne semble pas décidée à quitter, dans le village situé à une dizaine de jets de pierre, en contrebas d'un enclos dissuadant les curieux et au bout d’un chemin en garigue qui semble être gardé sinon par un concierge attitré du moins par un garde chasse ressemblant à un garde du corps. Certains pensent que ce Melocake, c’est le nom du garde chasse, un écossais, est son amant, d’autres, dont la caissière du Super U voisin disent qu’au contraire elle a un amant en titre, un médecin, dit-on, d’autres au village dont la femme du garagiste affirment qu’elle se fait culbuter par les deux voire par mon mari quand il va chez elle pour des bricoles, comme il dit, je répare les bougie, je tripote sous le capot, enfin, les hommes ! Depuis la fin de l’hiver en tout cas, je peux dire que la vie affective de la dame Céline semble avoir trouvé un nouveau souffle. Deux fois par semaine en effet, on peut apercevoir une voiture rouge stationnée devant le poulailler jusqu'au lendemain matin.
Ma mission s’arrête ici, la dernière note de frais n’ayant pas été honorée.
Toutefois je peux ajouter que plusieurs témoins pourraient donner des informations capitales, le principal étant sans doute le tenancier d’un bar-tabac à Paris, près du canal de l’Ourcq.



Vais-je monter à Paris ? Vais-je en parler à Joseph ? Quelle conclusion heureuse attends-je de me retrouver ?
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MessageSujet: Re: Henri Troyes ( feuilleton )   Sam 25 Mar 2006 - 16:31

Voui, ça vaut le coup de fouiller partout. Na.

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MessageSujet: Re: Henri Troyes ( feuilleton )   Mer 29 Mar 2006 - 21:20

Bien que je ne sache pas au juste qui et quoi, il est cependant nécessaire que je conserve mon incognito, je suis donc descendu en baskets souple, jean moulant et tee-shirt rose, j’ai cru comprendre d’une communication avec madame Valoo que le rose était la couleur parisienne, peut-être un point de ralliement.
On ne sait jamais, il va peut-être falloir séduire quelques indigènes, j’ai poussé dans le coffre d’une très anonyme Pijosimca aux ressorts dignes d’un lit français deux casques de chantier blancs (pour la visite des halles), quelques robes en diolène achetées en vitesse hier sur le marché de Maastricht (comme monnaie d’approche pour les autochtones que l’on dit peu farouches), trois revolvers à eau en plastique (pour leur marmaille), un gildwelle à longue lame dans son étui (pour la découpe des cuissots et des cuisseaux, lesquels sont les meilleurs d’après Mérimée ?) une paire de bottes (pour la visite des catacombes), de l’ail et deux citrons (contre les vampires et le scorbut), des chaînes d’acier trempé (pour attacher les porteurs récalcitrants), un coffre de verroterie (de chez Kruidtvat) et des bibles (illustrées imaginativement et abrégées), un petit fût de rhum (Negrita). Je trouverai certainement le reste sur place, un bidet pliant, un canot gonflable, du sérum contre le venin et une boîte de capotes.

Au sous-sol, je me suis senti l’âme de Henri Morton Stanley sur le chemin de Portsmouth. Sur la rampe j’ai accéléré pour passer à l’orange, j’ai viré sur les chapeaux de roue dans l’avenue encore sombre à cause du changement d’heures, j’ai vrombi tant que faire se peut des quatre cylindres de Sochaux, pilé au stop du boulevard du souverain pour laisser passer un curieux passant en slip de bain, j’ai franchement survolé le viaduc de béton mou, engagé la surmultipliée, dépassé un livreur en tricycle, poussé dans ses retranchements un facteur d’orgues, talonné un camion de TNT bourré à exploser, autostrade, bétonbahn, flash radar était là, je pompe je pompe je pompe j’entre dans la dixième province récente et encore endormie. Déjeuner frugal d’une tartine de beurre jambon sous feuille diaphane, café de la machine à vapeur, je dégaine comme le gaucher, pistolet de la pompe à essence, glouglouglouglouglouglou, ces vieux chevaux consomment, dis-donc, broum, vroom, crachotis, pétarades, La Louvière, visiter les ascenseurs, incroyable époque, de mon temps il y avait les musées ou les monuments, ça me rappelle irrésistiblement Viviane qui voulait toujours pousser sur le bouton arrêt, un gros bouton rouge, je lui avais dit je viens avec toi, au centre Martini, je te montrerai même mieux, il y a aussi un téléphone dans la petite cabine, incroyable dit-elle bon, on s’égare mais la route est monotone, Borinage, archéologie industrielle, monument à la gloire de Sogetra double face à Hensies, Valenciennes au loin, la Somme défile, laissant loin derrière moi les bêtises, le passé, justement, j’aurais voulu le retrouver, c’est le but de ce voyage, jonction avec la piste de bison futé venant de chez les Chtimis, gauche, droite, rien en vue, Péronne, au loin les tours de Senlis, file, péage ! On me l’avait dit, ils jouent les civilisés mais ne vivent que de rapines et de pots de vin, j’ai ce qu’il faut dans la malle arrière, des couteaux en plastique, une bouteille de Zizicoincoin, cela devrait suffire.

A ma droite le fameux château du général Alcazar, aux mille écuries, devant, les tours jumelles de la porte de la chapelle, le joint de culasse explose de joie dans le tunnel.
— Vieux connard ! crie un taximan qui me double tandis que je me range. Ainsi donc, même leur langue est fruste, je lui fais tout de même signe de la main, pas la peine de se fâcher avec les indigènes dès le premier contact. Dans la boîte à gants qui jamais n’en a contenus, je prends le manuel qui devrait répondre à mon questionnement.
Vérifier la carte verte, na transportez pas du vin sans un congé que vous devez obtenir sur place au moment de l’achat, ne stationnez pas devant les ministères, des hôtesses fournissent les prix des garages liste séparée, la priorité de passage est accordée aux ambulances, un document d’importation temporaire est nécessaire pour votre avion, si vous avez un accident...
Ce doit être la bonne rubrique, que faire, un garder son calme, deuxio rechercher un agent de l’autorité, ...
Précisément, en voilà à bord d’un véhicule assez surprenant surmonté d’une petite lampe bleue, ce n’est pas très joli.
— Ah messieurs, je vous salue.
Papiers, carte grise, z-êtes étranger ? les mains sur le toit du véhicule, écartez les jambes...
Je me suis invité dans la ville lumière, il n’est évidemment pas question de détonner, je suis les coutumes locales.



Rien n’a bougé depuis longtemps, ici rien ne bouge jamais, entre la société du gaz et les abattoirs, les immeubles sont restés, seuls les gens ont changé, et encore, pas tous, les habitués de chez Henri travaillent rue de l’Ourcq, rue de Cambrai, rue de Nantes, rue de Montaigu, rue de la digue. Autour de Saint Christophe se rassemblent des populations étranges venues des quatre horizons, on dit ici qu’il y en a de Belleville, que des Bretons se sont installés impasse de Joinville, que Désiré connaît Marseille. Des parfums d’Afrique montent du sol aux linges d’Italie pendus aux fenêtres.
Paris ressemble aux contes de mon enfance, toi la Maria, toi la servante...assis dans ma cage vitrée, j’observe le va et vient devant le bar tabac café brasserie restaurant coiffeur, je regarde impressionné l’enseigne peinte par un ancien décorateur qui faisait les affiches de cinéma du vendredi (les films changeaient le vendredi à dix heures et dans le quartier il y avait le Movy, je me souviens comme si c’était hier du Mariage à l'italienne (Matrimonio all'Italiana) de VittorioDe Sica).
Chez Henri.
Ainsi donc, ici, je trouverais, disent certains, toutes les réponses à mes questions. Sans doute est-ce beaucoup demander, si déjà je pouvais avoir des certitudes quant à mon père, ma mère, mes frères et mes sœurs, oh oh ! Avec ces indications-là, je n’aurais pas l’air novice, collégien, puceau, vendredi prochain, grand jour du Conseil.
De l’autre côté du trottoir à côté d’une colonne Morris un kiosque étale des couvertures de magazine que ne regarde qu’un adolescent un peu pâle. Traîne le Elle ou Emmanuelle Béart est mi-nue, trempée dans l’eau jusqu’aux fesses, un vieux plan Hatier, le Paris-Turf, des seins marmoréens, des seins virginaux, maternels, érotiques voire historiques, tel celui d’Evelyne Thomas dont la manchette hurle « Elle crie au faux ! ». Le sein, compte tenu du nombre d’expositions dont il bénéficie semble être un objet de culte dans le quartier, peut-être appartient-il, il est vrai, au patrimoine national. Il est celui de Marianne avant d’être celui d’une quelconque dévergondée.
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MessageSujet: Re: Henri Troyes ( feuilleton )   Ven 31 Mar 2006 - 17:25

Marianne et la France, Marie de Clèves et Louise de Lorraine, Jeanne d’Arc, des noms de femmes me sautent au visage comme ces poitrines généreusement exposée chez le petit libraire, des formes, généreuses elles aussi, la Maria, elle me trotte, la Maria et puis Fabienne, Fabiola, Fatima, Géraldine, Germaine, Georgette, très généreuse, le cul large, des formes, pas de visages, des noms, pas d’époques, ...
Louise, Louise, vos démons ? Tina, Brooks, ...du café Henri entrent et sortent des dizaines de personnes, cela marche bien ce petit bistrot qui ne paie pas de mine.
Louise, Maria, c’est quoi, c’est qui d’où me viennent des images des mots, Maria toute noire à la Boule rouge, Maria, toi la Maria, toi la servante ...l’air tourne comme le moteur de cette camionnette qui vient me couper le champ de vision, n’est-ce pas étonnant que l’on puisse encore couper une vision à celui qui déjà ne voit rien.
Je crois bien que je l’ai déjà dit, mais ne peut-on, se bisser ? Je me d'mande si c'est la même qui nettoyait à La Boule Rouge, un bistrot huppé de Matadi, on lui disait souvent, regarde Maria, ici c'est pas encore propre et Maria se penchait se penchait se penchait s'épanchait, je l'aimais bien Maria, je lui disais tu dois encore laver ici et là, Maria....
Donc je suis allé à Matadi. C’est loin du canal de l’Ourcq. Ce café serait-il un rendez-vous d’anciens saigneurs, de mercenaires, de colons en panne ? Qu’ai-je à y voir, à y faire ? Y avait-il là une alcôve cachée dans la boiserie où la duchesse de Guise se pelotonnerait, un cabinet où l’on peut tout entendre, voir au besoin sans être vue. Par Notre-Dame ! c’est bien utile, un cabinet, pour les expériences politiques, pour de magiques opérations.
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MessageSujet: Re: Henri Troyes ( feuilleton )   Ven 31 Mar 2006 - 21:53

incl36 je rattrape, je rattrape !!! Tu vas pouvoir continuer.

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MessageSujet: Re: Henri Troyes ( feuilleton )   Sam 1 Avr 2006 - 8:53

La camionnette s’en va en dégazant, c’est pestilentiel ! C’était une livraison pour le marchand de journaux, la dernière gazette du matin dont la manchette est : « Les chiffres ne mentent pas, trois mariages sur quatre terminent en divorce ». Cela m’incite à penser que tous ces Messieurs auraient plus simple à vivre s’ils épousaient directement leur quatrième femme.

— Maria. Oui, j’ai bien connu une Maria m’à raconté le marchand de chez Nicolas à qui j’achetais un litron pour écluser en attendant de décider, de décider de décider, ce qui n’est jamais simple !
La trace de Maria de Naglowska se perd au début de la guerre, n’est-ce pas mon pôv messieu, à mon avis, elle n’aura été qu’un de ces météores que nous fréquentons parfois et dont on ne peut mesurer la trajectoire que sur un parcours réduit. Elle était pauvre, et il est évident qu’elle aura succombé finalement à ses difficultés financières; les livres qu’elle préparait et annonçait comme la Messe d’Or ou la Victoire de la vie, le Bien et le Mal et Harmonie Nouvelle, n’ont sans doute jamais paru. A-t-elle pu rester à Paris durant l’occupation ; ou a-t-elle résidé dans une autre ville de France ? Comment savoir, voyez-vous ?
Je ne voyais rien du tout, une première piste sérieuse quant à mon passé, celle de Maria, s’effondrait-elle ? De la guerre j’avais gardé l’impression que, chaque nuit, je périssais dans les flammes d’un château de Touraine. Une image folle surgit d’un bout de Seine et d’une tour similaire à celle de ce château, la tour de Nesle.
Onze heures, je me décide, je m’arrache au cuir de skaï et je vais balancer mon grand corps beau et tout jusqu’à l’entrée du bar, j’y pénètre derrière un habitué qui jette à la ronde un « salut tous Henri, un demi ». Voix off relayée par un tonitruant un demi Maâmm Maria.
Des tables au formica pas trop propre, un bar rafistolé une vieille Faema du temps de Merckx, des chaises bancales, des tabourets, une barre, le zinc classique mais plus loin l’arrière salle meublée de tables couvertes de nappes à carreaux rouge et blanc. Ce café avait un bar d’habitués très occupés, trop pour se laver les mains entre chaque dégustation mais il s’y commerçait visiblement des plats du jour appétissants, le lunch ressuscitant, la cuisine de chez nous, cet établissement offrait des beignets au poisson, du punch planteur, des boudins créoles, du gumbo à l’acadienne au milieu de sa clientèle locale et celle glissant du périphérique par le boulevard Mac Donald, des hommes d’affaires, des directeurs bureaucrates, des voyageurs de commerce en tissus milanais, des plafonneurs sardes, des carreleurs calabrais, des maçons espagnols, de plombiers parisiens, des employés de la Lyonnaise des eaux et ceux de la banque Ben Tapijt, des marchands de charbon et vin auvergnats, un représentant en moutarde de Dijon, des agents d’assurances suisses, de midinettes du coin et de quelques présidents en costumes foncés. La cuisine, chez Henri était tenue par un Hamida fort en gueule et par une Mauricette de l’île Maurice qui vous plantait d’un regard assassin toute tentative de touche à mon et tu verras Montmartre et qui n’arrêtait pas de gazouiller.
Pour midi c’est complet annonça l’affichette à ceux qui se pointèrent trois minutes après le coup de gong. Chez Henri, la salle à manger s’ouvrait sur un coup de gong.


Le plat du jour, un demi de rouge, la cuvée du patron, un Henri de derrière les fagots, très gouleyant, une île flottante, un express.
Ronronnement de conversations multiples, voix qui s’entrecoupent, sonorités étranges et vocalises assourdies, eh oui hier, j’étais fatiguée ! Et c'est dommage parce que nous avions prévu avec mon chéri d'aller assister à un spectacle de piano de musique romantique et me voilà tellement fatiguée que je n’ai rêvé que d'une bonne douche chaude et de télévision bien au creux de coussins de soie, chez moi dit, une petite voix chaude, probablement la blonde assise au trois quart d’onze heures, direction fenêtre, une habituée sans doute, une dactylo qui lisse sa jupe en se levant, elle salue quelqu’un que je ne vois pas. Elle sort en lançant un au revoir Henri.
Je hoche la tête.
« Malgré son importance, la présence active de gros bonnets industriels et financiers dans les conseils d'administration des principaux groupes de presse ne justifie pas à elle seule la connivence systémique qui se développe de plus en plus entre les cercles médiatiques dominants et les milieux d'affaires ; le gratin du monde économique et financier cherche aussi à rencontrer l'élite des pouvoirs médiatique et politique dans des lieux privés, à l'abri des regards indiscrets. » Bon inintéressant, rien à voir avec moi.
Sur une banquette, un petit couple doux. Il avait l’air d’avoir trop chaud et transpirait abondamment, elle semblait avoir froid ou du moins tout juste. Elle avait bu un jus pêche abricot avec des glaçons, lui une bière pression. Sans doute parlaient-ils de tout et de rien, il lui caressait le dos à travers au moins deux pulls. Ses mains étaient peut-être froides car la fille frissonnait, Maria murmura le garçon, Henri répondit doucereusement la fille en grelottant de plus belle.
Il parla, disant des choses sur lui, comme on aime en dire de soi à la personne que l’on aime, il la prenait sous le bras, déposait sa tête sur son épaule large et solide. Tout à coup, ils se mirent sur pieds, salut la compagnie ânonnèrent-ils, soudainement les voilà pressés, une urgence d’amour sans doute.
En face d’eux absents désormais, un personnage dodelinait du chef, étrange ressemblance, du déjà vu, un Henri de ma famille, un beau-frère de Maria, non, mieux et pire, la mémoire est donc suprêmement sélective, j’avais devant moi attablé calmement le sosie – ou le vrai, Jean-Pierre Marielle peintre de natures, chercheur de la perfection faite fesse. Je fermai un moment les yeux pour me repasser sur l’écran noir la servante de l’hôtel baissant culotte, ah ! ha ! nom de dieu de bordel de merde quel cul mais quel cul.
Comme quoi la Bretagne n’a pas que des galettes et du chouchenne à proposer.
Et de Bretonne avant la bonne Bécassine, j’en ai connu l’une ou l’autre, souvenir vivace mais sans images d’Alexandrine que j’avais surnommée drinne-drinne, en raison de la petite secousse que je recevais chaque fois que je lui parlais. Ce fut elle qui me "prit en mains" à mon arrivée au cours de technologie maritime. Donc j’ai suivi un cours de ce truc là, je ne me souviens de rien, mais, c’est moins étonnant, peu d’élèves se souviennent des cours du secondaire évolué. Mais une fille, oui, elles font tout, maintenant, paraît-il, il y a même des chauffeurs routiers, chauffe Marcelle, que je fasse un pneu ! Ce ne fut pourtant qu’après un temps que je fus invité à passer l'après-midi chez elle, dans son grenier. On s'est éclaté comme des fous à réciter des poèmes et des fables, et à jouer aux chiffres et aux lettres. Puis je suis resté jusqu'à la fin de l'orage qui faisait rage à l'extérieur.
Je n'ai aucun autre souvenir d'elle.
Surtout que ça fait des années qu’elle est dans la chaussure, dit une voix grave à la table voisine (ce ne peut être qu’un code !).
Peux-tu nous parler de ta collection, “De l’huile sur le feu” dit un levantin un peu gras à une écolo à lunettes. Flash clache drache hache Henri reposa Céline à terre et prit ses deux mains dans les siennes. Un sourire éclatant illuminait son visage.
— Sortons Céline ! lui dit-il avec fougue.
— Je veux rire, m'amuser avec toi ! Je veux écouter les bruits de la ville en ta compagnie et croquer intensément chaque instant de la vie, de la ville. Nous avons tant et tant à rattraper !
Les lèvres un peu entrouvertes, Céline le regardait. Mal remise encore de l'émotion violente, du choc de la surprise, d'effroi et du bonheur intense qu'elle avait éprouvé quand elle avait cru le perdre et qu'elle s'était précipitée à sa poursuite pour le retenir. Elle tressaillait maintenant qu'il était devant elle, baissant les yeux devant ce regard persan qui la figeait.
Iranien eut mieux valu, cette estocade ne marquait qu’un passé ou un avenir sans forme, je tournai la tête en tous sens sans voir de Céline, sauf peut-être la grande brune au décolleté avantageux, un C était brodé sur son sein gauche. Moment de plaisir à regarder cette forme féminine, regard échangé, elle se lève mais son commensal aussi. Au revoir dit-elle en me fixant dans les yeux. Adieu Jean cria une voix depuis le comptoir à coquetèles. Ce C était d’une Cruche, Cruche , l’eau, allô ? Mauvaises nouvelles Madame le marquise, mauvaises ! rien ne marche, morbleu! nous sommes des conspirateurs à l'eau rose. Nous perdons le temps en fadaises politiques; nous courons de porte en porte pour faire signer l'Union. Par saint Thomas ! Vous n'avez qu'à vous montrer, monsieur le duc; quand ils vous regardent, les huguenots sont de la Ligue.

Le discours Dumassien était-il pour moi ?
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MessageSujet: Berlin   Lun 3 Avr 2006 - 19:09

BERLIN
(Nouvelle de Rebecca)



On leur avait fait tout croire et plus encore. Le grand Directeur avait annoncé dans la presse qu’elle serait chez eux demain, avec eux.

Trois hommes attendaient, comme on attend son tour chez le médecin, chez le dentiste. Et deux autres, comme on attend au Palais de Justice, sur le banc, précisément pour attendre, que Monsieur le Juge d’Instruction veuille bien vous recevoir.
Il s’occupera de votre cas.
Ces deux-là, feutre mou à large bord, manteau de couleur très foncée à la coupe rigide, ceinture étroite, souliers d’ordonnance, les mains dans les poches ne pouvaient pas dire qu’ils n’en étaient pas.
Il y avait cinq personnes dans cette pièce au mobilier un peu désuet.

Jacob n’avait pas saisi parfaitement ce que Rebecca lui avait raconté. Il n’était pas très au courant de toutes ce nouveautés que l’on voyait désormais tant dans les boutiques que dans les fêtes.

L’armoire était grande, et ne pouvait manquer de la contenir et pourtant quelle déception lorsque le spécialiste en ouvrit les portes.
Dans une lumière blafarde, à travers la lucarne, on la voyait, comme assez loin d’ici.
Elle souriait, elle tenait un accordéon dont on vit bien qu’elle en savait jouer.
Une mélodie s’échappa de la sorte de TSF qui était sous la lucarne.

A ce moment-là, Kurt demanda, si c’était bien elle Rebecca, fille de Jacob Goldestein.
Oui, c’est ma fille dit-il au même moment, il vit Madame Weiss pâlir.

Vous avez donc bien essayé de la cacher, on nous l’avait bien dit, mais avec nous point de cachettes qui nous résistent ! Au nom du Reich, moi feldgendarme Kurt Blummentritt, je l’arrête. Et il sortit son Lüger, et visant la jeune fille au centre de la pièce, il cria :

- Sale juive, vous êtes en état d’arrestation. Sortez de votre trou.

Comme la jeune fille ne faisait pas mine de l’entendre, il tira.
Le tube explosa et l’incendie provoqué détruisit quatre maisons. On ne retrouva pas autre chose que les corps de ces ennemis de la patrie et de deux héroïques gendarmes, décédés en mission.

L’Allemagne venait en 1935 de perdre son premier téléviseur.
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MessageSujet: Re: Henri Troyes ( feuilleton )   Mer 5 Avr 2006 - 1:25

mdr mdr

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MessageSujet: Re: Henri Troyes ( feuilleton )   Mer 5 Avr 2006 - 1:55

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MessageSujet: Re: Henri Troyes ( feuilleton )   Sam 8 Avr 2006 - 18:50

(Note liminaire tardive, pour éviter d’être reconnu par un témoin Arlonnais ou Malthusien à la mémoire plus aiguisée que la mienne, il faut rappeler que tous les personnages qui apparaissent dans ce récit sont fictifs, y compris ceux qui occupent un poste officiel, et c'est bien fait pour eux, ah ah ah !)

Nicole, de Savigny, qui me revient-là ! Maîtresse d’un Henri, était-ce moi, longues cuisses blanches, épaules raides et dos droit, je ne sais plus le regard, je ne sais plus le coup de reins, elle met au monde un fils. Doutant d'en être le père, Henri ne le légitime pas. Ce nouvel être, Henri dira la mère, il s’appelle Henri, reçoit cependant le titre de comte de Saint-Rémy et trente mille écus. Une somme ! Ce fut, j’en suis certain, un parent de la comtesse de la Motte-Valois, impliquée dans l'affaire du collier de Marie Antoinette. A-t-on raconté cette affaire ? Le procès fut-il impartial, l’affaire du collier, qu’en disent Blake et Philippe Mortimer ? Oui, oui, je prendrai un autre petit café, dis-je à Maria, qui passe enlever le minuscule plateau, la soucoupe, la tasse vide.
— Table huit, un café et table deux aussi.
Je ne puis m’empêcher de tourner un peu la tête, une dame, la quarantaine un peu marquée, sac à main, serviette en cuir, beau, du veau retourné, un cadeau sans doute d’un mari attentionné aux premiers temps. Chef de bureau ? Enseignante ?
Quatre jeunes femmes discutent âpre derrière moi. « Le seul problème, ç'est que pour le moment, on n'a ni obtenu l'égalité ni la liberté. Et de toutes façons, comment peut-on envisager ne serait-ce que l'idée qu'une personne puisse être libre en système capitaliste ? C'est un non-sens. Les femmes peuvent, et doivent, obtenir l'égalité et le semblant de liberté que les hommes croient avoir. C'est indiscutable. Mais gardons à l'esprit que la véritable liberté, dans ce système, ne peut exister. L'un des principes-moteurs du capitalisme est aux antipodes du bonheur des personnes. Car des personnes malheureuses consomment plus que des personnes heureuses. » Allez, c’est l’heure dit la plus âgée des quatre en se levant.
— Voilà M’dame Jacqueline dit la Maria en déposant sous-tasse et tasse dangereusement près du bord de la table, table numéro deux.
Maria s’avance d’un bon pas vers moi, nous ne nous connaissons pas encore, elle parle à Madame Jacqueline, alors les deux enfants sont grands, maintenant, madame Jacqueline ! et sans attendre plus loin la réponse, elle dépose mon café, pivote sur les talons et annonce un pousse pour la deux, offert par la maison ! Je remarque que la dame s’est tournée légèrement vers moi, esquive mon regard, le reprend dans le miroir de la colonne. Elle baisse les yeux, peut-être parce que mon regard est descendu sur ses seins. Parce que les femmes ont une capacité de jouissance infiniment supérieure aux hommes et qu'il faut les tenir en laisse, on leur a inculqué la honte de leur corps, alors, elles baissent les cils, elles closent les genoux.
Suis-je venu ici pour découvrir Maria la servante, simple employée au fixe et au pourboire, syndiquée et couverte par la sécurité sociale, détecter des évaporées qui s’échappent aux bras d’amants pressés, trouver une Jacqueline de l’éducation nationale écrite alors qu’elle aurait pu être dessinée, je m’adosse et des yeux fait le tour de la salle à manger, n’y restent que six convives, trois jeunes cadres supérieurs ayant déposé leurs ordinateurs portables contre le radiateur, Jacqueline, une brune qui devait avoir été blonde comme c’est courant m’avait dit Joseph lorsque j’avais prétendu reconnaître une dame à ses cheveux... Perruques, shampooings colorants, bombes de laque à paillettes et artifices en série, Monsieur ne se rend pas bien compte de tout ce que ces dames nous cachent sans cesse, Monsieur doit bien comprendre qu’elles ne parlent pas toujours notre langue, qu’elles sont habillées souvent comme des hommes, qu’elles cachent leurs jambes et montrent leur derrière, qu’elles arborent des bijoux insensés aux endroits les plus ahurissants, que leurs pantalons en denim ne sont pas taillés pour aller à cheval mais pour épouser la forme de leur sexe, qu’elles se font refaire des nez, des seins, des hanches, elles se liftent se multipiqûousent anti cellulittement, elles boivent d’étranges liquides blanc visqueux en s’exclamant qu’on voit le bien tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, Monsieur ne doit ni sourire ni plaisanter à ce propos, Monsieur se ferait agonir !
Dans la salle une autre dame seule, elle se lève et va au comptoir, de l’autre côté-là où le bar tourne et devient bar tabac coiffeur, elle pose la main sur le comptoir et demande quelque chose à voix basse au barman, j’entends Henri, je vois que l’on me regarde. Je me lève et viens m’asseoir sur un tabouret étroit, à une encablure de la postluncheuse. Serait-ce une peritoinette ?
Joseph m’avait bien mis en garde, Monsieur monte à Paris, Monsieur prendra garde, à l’auberge de Meung, les rencontres étaient ferraillantes, aujourd’hui, des loubards vous escamotent pour moins d’une couronne ! Sitôt en ville, on ne trouve plus aussi facilement d’aimables lingères, les Constance se font rares en ces temps de wasserettes automatiques. Monsieur a peut-être tort de faire ce voyage avant vendredi, monsieur sera sans doute invité à y aller la semaine prochaine.
— Oui, sans doute mais encadré contrôlé visualisé, non non, je vais y aller seul toute la semaine, Joseph.
Jacqueline se lève, ne m’accorde pas même un coup d’œil, tête haute, talons claquants, elle quitte l’établissement sous le « à demain madame Jacqueline » hurlé par Hamida du fond de la cuisine.
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MessageSujet: Re: Henri Troyes ( feuilleton )   Dim 9 Avr 2006 - 8:50

Mercredi
J’ai rêvé un moment, le regard sans doute perdu au fond du miroir, derrière les bouteilles, il y a toujours un miroir... Monsieur Henri boira ? Le barman, un moustachu qui venait de prendre son service me regardait en souriant et redemanda : Je vous sers ?
Amaretto dis-je sans bien préciser, égaré dans des souvenirs portuaires. J’étais retourné au port. Je l'avais cherchée. J'avais fait tous les bars mal famés. J'ai retrouvé la chambre. Elle était close. J'ai attendu sans espoir. J'ai repris mon errance, dévisagé les filles, lorgné dans des bouges, bu dans des boîtes, assisté à des spectacles douteux et je suis rentré saoul à l'aube.
Il est mi-après midi, Maria balaye, le barman allume une gauloise disque bleue, je me tourne vers ma voisine de tabouret qui dit simplement : Tout va bien M’sieu Henri ?
Ils me connaissent donc tous ? N’y aurait-il que moi à ne pas savoir ce que j’étais venu chercher ici ?

La porte s’ouvre, dans mon dos, voilà bien quelque chose qui n’est plus arrivé depuis des lustres, ai-je oublié les consignes de mon parrain ? Un homme entre, s’avance côté bar-tabac, s'assied à l’autre bout du comptoir. Dans le miroir, je distingue une silhouette qui, après avoir observé un moment au travers de la vitre, se glisse dans la pièce et s’assied le long du mur, à gauche sous l’affichette de Ricard, je l’ai vu, je le dévisage, je le connais je ne sais pas qui il est. Il est vêtu d’un blouson un peu élimé. On voit la trame à zéro.
Je n’y suis plus, deux jours entiers à Paname ne m’ont ouvert aucune porte.
Je tressaille à l’interjection.
— Alors, Henri, du boulot ? questionne le barman en versant un petit blanc à l'inconnu.
— Eh non, Henri, répond le dénommé Henri après avoir éclusé aussi sec son dé à coudre. Tu sais, dans ma situation ...
— Ouais, pas évident ...
Sans attendre la commande de son client, le barman lui remplit son verre. Qui est aussitôt vidé. Verre après verre, l'homme au blouson déglutit une dizaine de blancs. Avais-je dit qu’il portait un blouson de cuir noir avec un aigle sur le dos. S’appellerait-il aussi Henri ?

Voici un autre buveur, je l’ai repéré hier, je quitte un moment ma voisine des yeux, portant mon attention sur celui qui va s’installer devant la fenêtre qui donne sur cour , un chauffeur de taxi qui va fumer sa huitième Gitane maïs espérant que ne tarde pas le client qui s’arrêtera devant sa voiture stationnée sous le porche, pour tromper son attente, il refeuillettera pour la soixantième fois un Playboy de mars l’an dernier, ponctuant sa lecture d’onomatopées aie, ouille oh oh , et j’écoute le barman déposer un muscadet devant l’homme : Voici Henri ! je te fais signe s’il y a quelqu’un... Je savais déjà qu’il s’appelait Henri...j’en perds un peu d’attentions pour ma voisine qui me parle, je lui souris, je ne sais pas ce qu’elle me dit, ...

M’aurait-elle accompagné hier ? Je suis content de la chambre où je loge, j’ai demandé à Henri, le garçon qui servait hier soir s’il connaissait un coin tranquille pour dormir, facile avait il répondu : Pour atteindre le dourmidou du gîte, tu dois prendre l'escalier extérieur, sinon tu passes dans le corridor des vaguemestres. Elles essayent toujours de se taper un nouveau lapin, si elles t’ennuient, tu déclares que c’est Henri qui t’a envoyé. Je vais téléphoner pour que ta cambuse soit retenue.

Dans ma chambre, je me suis déshabillé et précipité sous la douche, désireux de faire disparaître toute la poussière accumulée d’une longue journée, voiture, rues de Paris, petit moment d’observation, Henri pour l’apéro, Henri pour le repas de midi, Henri pour le pousse café, Henri pour la sortie des bureaux, Henri pour le dîner, Henri pour m’indiquer l’hôtel, oh ! pas loin, derrière le coin, là où il y a la camionnette d’Henri. Henri ? Oui, le plombier... La nausée...
Une serviette autour des hanches, je me suis dirigé vers le mini-bar et je me suis versé une bonne rasade de Haig 20 ans d’âge, sur 2 glaçons jetés négligemment au fond du verre…
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MessageSujet: Re: Henri Troyes ( feuilleton )   Jeu 13 Avr 2006 - 11:47

Une dame avec cabas revenant du Super U entre et sans vergogne m’accoste, je suis une lectrice dit-elle. Ici le dialogue pourrait tourner vinaigre, pour s’en prémunir, nous tenterons la machine à zertie et moi d’en limiter le flot de paroles et de paragraphes, trop de paragraphes causent des perturbations dans le métro que doit se dépêcher de prendre tous les matins le représentant de la Spielberg, Crighton and co pour le remake de Kongo.
Ce n'est pas Henri que vous présentez, dit donc la lectrice, un peu haut, un peu hautaine dirais-je même, c'est votre propre conception d’une histoire sommes toutes sordide, qu’avez-vous fait de Corine, qu’est devenue Céline, un massacre et des assassinats, des religions d’amour qui sèment la haine et en plus de ....

L’auteur Xian face à la meute : (et qui d’autre pourrait répondre, Henri est hagard, d’ailleurs, il en laisserait là son carrosse pour descendre à Crimée, sauter dans la rame, remonter gare de l’Est, changer, pas même tant pis, la gare de l’Est, c’est bon, un billet Madame dirait-il au composteur, t’es nase répondrait un jeune homme en casquette inversée, ça cause pas, ça attend les pièces, c’est tout, un ticket pour pour enfin pour l’Est, Metz, Strasbourg, Bâle, Innsbruck, Zagreb, Belgrade, Istamboul...plus loin, encore plus loin...Plus loin c’est la guerre dirait l’autre jeune en blouson noir, les deux mains dans les poches, les santiags souillées aux pieds...)
Bien sûr, je veux dire sans doute, enfin, excusez-moi de demander pardon, d’abord m’asseoir à la place réservée pour les grands invalides, ensuite préciser que l’histoire est un genre essentiellement subjectif. L’auteur n’est pas responsable de tout, en plus on tente de l’égarer souvent vers de pervers chemins de traverse, par exemple hier, Xian Xian xian, le cri habituel de la belle en pamoison, l’auteur se précipite...
Il n’était question que d’édition de mots mis bout à bout annonçant une kyrielle de maux alors que l’émotion grandissait de plus en plus ! Qu’imaginer ? Donc me voilà parti à la recherche de la belle éliminant dans cet Etrimo de quartier la déplaisance, les odeurs de frites dans les couloirs, les inévitables exhibitionnistes tentant le coup à la Sifreddi, (dont même le correcteur orthographique de Windows ignore les syllabes !)
Traverser les ondes au langage Save My Soul, traquer les mauvais élèves du cours de Madame Francwès et ceux qui abusent de leur force pour ponctuer sans cesse.
Où se cache-t-elle, crier Xian et ne point rester, attendre, voir venir, à quel étrange supplice convie-t-elle le pauvre narrateur ? Il ne s'agit pas que mes demoiselles me jouent l'air. Serait-elle ici dit-celui-là en poussant une porte, non pas possible il n’y a que des mangas (le mot japonais assez banal signifie bande dessinée) crus comme les sushis, des écolières sans culotte, des infirmières à grosse seringue, des dragons à pénis exhaussés grâce à des machines que l’on vend à tour de bras. Ce palier ? Non, une carte de visite épinglée couverte de smiley’s, non, elle ne loge pas ici, du bleu la mer, cœur boum boum un appart prozac et un voisin qui cause de construction de blocs de logique de bogues n’arrivé-je pas au grenier, je vais tomber sur des en-manque, des nymphettes prépubères, qui sait un placard un cadavre, une chambre de bonne ou s’échine sur une vieille Remington un écrivaillon génialement incompris empilant des mouchoirs en papier dans la corbeille ad-hoc, jetant en boule par-dessus des dizaines de pages blanches, toujours la page blanche, virginale, jamais il n’a pu se décider à la culbuter, la prendre par l’autre face, qu’elle ne voit rien on peut tout faire, il existe même des gommes, du correctors, et l’on peut s’esquiver sans laisser de traces, mais précisément, précisément pleurerait-il, les gens vont dire qu’il se drogue, ma bonne dame dira l’une à l’autre, je le savais, je l’avais remarqué bien que tranquille savez-vous coi, il restait souvent coi. En fait, dans ce gros bloc d’interférence céleste, n’y aurait-il qu’un seul endroit où vivre ? La belle serait-elle allée se réfugier chez un nageur de notre connaissance ? Chez une demoiselle qui montre son dos, sa jambe sa cuisse sa nuque enfin beaucoup trop peu d’elle ? Auprès d’une autre qui serait ravie de dire du mal de son employeur, à moins qu’elle se planque dans l’étoile ?


Interloquée ! La dame au cabs, interloquée. Rarement un auteur prend à ce point l’initiative dans le récit. D’habitude le héros, enfin, il est vrai qu’ici le héros n’a pas toute sa tête, n’est-ce pas ?
Je me retourne vers Henri le barman et je lui dis pression, mon vieux, je m’équipe de pichets de bière. M’a donné le tournis, celle-là.
— Bah, laisse dire, on la voit souvent, elle passe, elle essaye de vendre des bricoles, elle surnage dans le monde cruel, elle va bientôt toucher la retraite, sans doute finira-t-elle à Benidorm où à Tenbel.

Et puis merde ! Y en a marre ! Je vais faire comme tout le monde, Henri, je suis entré, rengaine tes bières, éclabousse moi d’un Chivas Régal double, triple, file moi une clope, t’es con ou quoi, rien à en foutre de ta nationale, je veux une vraie extension phallique d’homme qui le vaut bien, j’ai accroché la longe de mon destrier à gauche de la porte double battants, mon colt est semi dégainé, t’as pas intérêt à me jouer un tour, alors aboule cette Marlboro !
Tout en sirotant nonchalamment mon verre, regarde Henri, regarde le geste, inspire-toi bon sang, t’en connais combien qui ont ma tenue, mon port élégant, t’as vu mon gilet violet, ma chemise à manchettes, regarde Henri barman, un jour tu seras peut-être client, regarde, je tourne lentement la tête, insensiblement, vers la créature de rêve à ma droite. La jeune femme n’en peut plus de ne voir que moi, de ne remarquer qu’un seul consommateur. Elle se tourne à son tour vers moi. Elle me dévisage lentement puis fixe mes yeux, son regard dans le mien, Folcoche et puis succion d’amygdales en vue. Regarde Henri, écoute barman, elle cause, elle jacte elle s’affirme :
— Ne nous sommes nous pas rencontré déjà ? Comment vous appelle-t-on ?
— Je suis dans les affaires et j’ai furieusement envie de vous.
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MessageSujet: Re: Henri Troyes ( feuilleton )   Jeu 13 Avr 2006 - 12:46

On appele ça une chute de rêve non ? AngeR
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Henri Troyes ( feuilleton )
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