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 Vint un soleil, comparable à nul autre

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Romane
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MessageSujet: Vint un soleil, comparable à nul autre   Mer 8 Sep 2004 - 0:50

Vint un Soleil, comparable à nul autre.


J’arrive au bout de quelque chose. Là, tout surgit.

Drapeau des impasses, flèche des dissonances, fichés bien profondément en terre, érigés jusqu’au plus haut des nuages les plus hauts du ciel – j’imagine leurs racines enfoncées jusqu’à se perdre dans le cœur de la terre – une épée pour chaque erreur, pointées, droites et sans bavure, cent, mille, autant de jours et de nuits accumulant les maladresses.
Fond de tunnel en pierres de blessures, de ces pierres qu’on ne peut pas soulever, ni même faire trembler, de ces pierres qui pèsent le poids d’une vie humaine multipliée par autant d’autres vies – ceux qui, jadis, à peine hier et peut-être encore en cet instant ne peuvent pas être et ne furent pas des anonymes.
Cul de sac de l’errance, où le regard ne peut plus fuir au-delà des arrangements, des convenances et des médiocrités méticuleusement orchestrées, des ravaudages grossiers et hâtifs, des contentements restreints et restrictifs.

Où le regard ne peut plus que saisir la vérité des mensonges, le non sens des mots prononcés parce qu’il fallait les dire pour se rassurer, pour tenter de croire qu’ils exprimaient ce qu’ils taisaient.

Où le regard ne peut que prendre à la loupe ce qu’il refusait de voir à l’œil nu ; l’imprécision, la défaillance, la feinte des gestes auxquels on ajoutait un sous-titrage mal traduit car en réalité ils n’étaient que des gestes muets, je veux dire à destination perdue.

Où le regard embrasse toutes les promesses reprises, toutes les parades d’un soir, d’un an ou de vingt ans, épuisées par le cauchemar de la rupture, toutes les eaux troubles de ces autres regards à fausse route, toutes ces frêles embarcations, tous ces mots bernés par les sens et les sens trompés par la faim, tous les éblouissements artificiels et fugaces, tous les orgasmes en cri de solitude que l’autre n’entendait pas au milieu de son propre cri de solitude, toute la fragilité de l’espérance et tout l’abîme du désespoir intimement mêlés au crépuscule du cœur bouleversé.

Où le regard se heurte aux débris, aux gammes enrouées, aux intentions sans attention, au frou-frou à l’en dessous sans cœur dedans fait pour l’âme qui l’effeuille, aux enfants que l’on fait trop tôt et si mal, aux piliers branlants, aux fondations sur des sables mouvants à l’apparence de terre fertile.

Où le regard décèle les anomalies des définitions : homme, femme, couple, serment, Amour, engagement, écoute, offrande ; ceux là et tous les autres, tous sans exception ni concession, tous les mots clé nécessaires pour fabriquer ensemble, tous ces mots détournés par l’inconscience ravageuse et la cécité du cœur.

Où le regard fait le compte des nuits blanches à brûlures glaciales, de ces nuits ardentes dans ce que l’on croyait être des draps inusables.
Où le regard s’écorche encore aux cicatrices que l’on imaginait à tort pâlies par le temps.

Où le regard, agressé par toutes ces vérités accumulées, dressées en monument dédié à la mémoire du temps de l’errance, ne peut plus se soustraire et s’enfuir, ne peut plus transformer ni justifier.

Où le regard devient courageux, parce qu’il ne VEUT PLUS se soustraire ni s’enfuir, ni transformer, ni justifier.

J’arrive là, en ce point précis où tous les masques s’effondrent au pied des erreurs et de leurs récidives, en cet endroit où le jour et la nuit se confondent pour n’être plus qu’un projecteur révélateur des actes faussés par l’inauthenticité du sentiment que l’on croyait juste et pur.

J’arrive en ce point rond comme le monde, d’où rien ne s’échappe ni ne se perd, où tout porte un nom clairement énoncé ; tout ce que l’on cachait, tout ce que l’on ignorait, tout ce que l’on pressentait, tout ce que l’on cherchait confusément, tout ce que l’on craignait sans en saisir l’essence, tout ce que l’on refusait, tout ce que l’on attendait, ce que l’on revendiquait, tout ce qui blessait dans l’inconfort du détournement, des privations, des excès, des absences et des quêtes.

J’arrive là, au centre de l’éveil, au point G de la conscience, en ce que je croyais être introuvable, fruit des utopies ou mirage des vieux rêves humains.

J’arrive là et ce n’est ni un lieu, ni un instant, mais UN ETAT.

Je suis arrivée la première au rendez-vous du Lien Sacré et si je tremble de tous mes membres, de tout mon être, c’est parce que j’ai peur. Viscéralement.

Il n’y a que cette peur là, pour donner au Lien Sacré le poids de sa gravité et sa certitude de vérité.

12 Juillet 2004 - Romane
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