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 De moi à vous : l'instant

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Romane
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MessageSujet: De moi à vous : l'instant   Mar 26 Oct 2004 - 21:24

De moi à vous... l'instant.

Tout ce qui passe par la tête, les double-fonds, quoi ! Les coups de gueule, les coups de coeur, les coups AU coeur, les blessures, les espérances fragiles, les rêves inachevés, ceux qui vivent encore, ceux qu'on voudrait rêver mais qu'on ne sait plus comment faire pour les rêver, enfin tout ça, si je comprends bien.
Faudrait y passer une nuit, une vie, on pense toujours, on ne cesse pas de penser et tout ce qui traverse l'esprit, c'est bordélique, doux et douloureux à la fois...
Dans l'instant, je pense que la vie est dégueulasse, qu'elle te file sous les yeux le caviar de l'amour mais qu'elle te lie les poignets derrière le dos pour être sûre que tu ne pourras pas t'en servir, le faire exploser dans ton petit coeur qui n'en peut plus de tant de manque, qui n'en peut plus des chemins qui se croisent sans se confondre...
Dans l'instant, je pense qu'à force d'aimer, d'aimer vraiment je veux dire, d'aimer comme ça, gratuitement, d'aimer les autres pour ce qu'ils sont, sans rien changer de ce qu'ils sont, avec leurs failles et leur force, ça fait très mal, une vraie douleur physique, un tremblement permanent de l'être, de l'âme, une nécessité, l'essentiel.
Dans l'instant présent, je saigne tout cela, et rien que cela.
Non. Pas rien que cela.
Je saigne que l'on me dise depuis quelques semaines, sans que je comprenne pourquoi ces gens qui me le disent n'ont aucun lien entre eux, mais me disent la même chose, ce truc qui te fait t'écrouler tellement que tu as la sensation que c'est lourd, plus lourd que tout le reste : "tu es un être exceptionnel"... Je ne me remettrai jamais d'un truc pareil. Je suis quoi pour qu'on me dise ça... petite, si petite, si fragile, si insignifiante, si impuissante, si torturée... si rien. Un petit bout de rien qui ne trouve sa place nulle part. Amoureuse de la vie, amoureuse de l'Amour, amoureuse de l'Amitié, mais sans cesse à remplir, à remplir, à faire déborder pour être sûre d'être remplie de cela. Et l'instant meurt vers demain, celui qui vient me trouve à nouveau vide, vide à ne plus en pouvoir...
Tu voulais quoi ? Que je te dise tout le monde il est beau, la vie est belle ?
Non. Elle est terrifiante, la vie. Elle est incompréhensible.
Regarde tous ces civilisés (nous) qui avons massacré des peuples entiers, au nom de la civilisation, au nom de il faut. Il faut quoi ? Mais Quoi ?
Qu'on me le dise...
Je n'irai jamais jusqu'au bout. Rien ne finit jamais et tout meurt à la fois. C'est sans fin, sans fond, et en boucle, comme le truc que tu as vécu, trop fugace, trop inachevé, qui te laisse sur ta faim et que tu repasses en boucle inlassablement, et que tu tentes d'enjoliver mais c'est impossible, enjoliver dans la tête et rien que dans la tête, ne donne rien à la réalité.
Je pense que c'est dégueulasse qu'un homme te dise je t'aime et puis qu'il se mette soudain à vouloir te changer, d'abord à petites touches et puis comme il n'y parvient pas parce que je suis ce que je suis et que ce serait me renier, me suicider que d'accepter d'être une autre, il se met à employer les grands moyens, à poser tranquillement sa main, sa grande main d'homme sur le sommet de ton crâne, et comme dans un savant ralenti de théâtre, de ceux que j'aime utiliser pour former une image qui va vriller le coeur du public tant elle est belle, glissante, merveilleuse comme un tango rouge sur un fond noir, aussi lentement que ça, il appuie, inexorablement, pour te l'enfoncer sous l'eau, là où tu sais bien que tes narines ne pourront plus boire d'air, de cet air qui fait chanter ton âme...
Je pense que d'autres y sont allés seuls, sous l'eau, parce que la vie était devenue insupportable. Alors je m'envole au fond de l'océan, par la pensée, et c'est dur de t'imaginer, mon amie perdue à jamais...
Quand j'entends gronder l'océan, la nuit, lorsque la ville dort, c'est à elle que je pense. C'est elle que je vois marcher droit devant, elle... elle qui fut noyée sous la main de cet homme...
Je résiste. Je n'irai pas sous l'océan. Je me briserai les cervicales s'il le faut, sous cette autre main masculine, mais je te jure que je resterai moi.
On appelle ça l'amour... T'en penses quoi, toi ? Aimes tu ? Si tu aimes, fais le vraiment, pas comme cela, pas si pitoyablement, pas si impitoyablement.
Je pense que je ne sais plus si je crois en quelque chose, sinon en cet aspect misérable de ce que sont les humains. Nous portons le poids de nos détresses, le poids de nos erreurs, le poids de notre incapacité à regarder les choses en face sans les transformer, le poids de nos masques. Je hais les masques. Ils traduisent la peur d'être, la peur de montrer ce que l'on est.
C'est sans doute pourquoi j'aime autant le théâtre, la raison pour laquelle j'y écris et y mets en scène mes rêves, mes vérités...
Arriver là, à la pliure de ma vie, avec la conscience aiguë et douloureuse de tout cela, je ne sais pas quoi en penser. On me traite de cérébrale, de rêveuse, on me dit même parfois, quand je donne l'humour à revendre et la répartie facile : est-ce que tu joues ? Non, que diable, je ne joue pas. Je ne joue pas. Je vis le plus possible et si peu... et si mal...

Octobre 2004 - Romane

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