Forums Liens Utiles


 
AccueilAccueil  FAQFAQ  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Clair-Obscur

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Romane
Administrateur
avatar

Nombre de messages : 91113
Age : 62
Localisation : Kilomètre zéro
Date d'inscription : 01/09/2004

MessageSujet: Clair-Obscur   Lun 15 Oct 2007 - 1:38

Clair-Obscur


Tout porte à croire qu'il existe un point de l'esprit d'où la vie et la mort, le réel et l'imaginaire, le passé et l'avenir, le haut et le bas, le communicable et l'incommunicable cesseront d'être perçus contradictoirement. (André Breton)


- Madame… je… puis-je vous dire que j’ai aimé vous lire ?

Un temps.

Comme un silence incohérent, une inhabitude, un entrechoc dans la pensée. Un temps existe peut-être en soi, mais on lui attribue un mot erroné qui ne s’encastre pas bien dans la définition de ce vide lui aussi mal nommé. Un temps n’est qu’un chaos indicible, je crois. La surface n’a d’importance que par ce qu’elle cache. Ou par ce qu’elle recouvre, comme on veut. C’est en dedans que tout vit, bouge, bouillonne, exulte et prend ses formes véritables.

Musique.

J’veux pas. J’veux pas ! Arc boutée contre l’intrusion que je n’ai pas voulue, je m’en veux d’être là, en vie, au milieu d’un amas de mouvements auquel je ne comprends rien. Les questions affluent, envahissantes, dérangeantes, impossibles à canaliser. Des bribes entre réel et imaginaire flashent en rafales le petit quotidien. Impacts. Un, deux, dix, cent, un milliard. Lancinantes. Tragiques. Absurdes. J’veux pas.

Il y a toujours quelqu’un quelque part. Peut-être. Sûrement. Pour les autres. Moi ? Moi je n’existe presque pas. C’est tout juste si je respire. Je crois bien que mes poumons n’utilisent qu’un pourcentage très faible de leur capacité totale. Je ne sais même pas comment on fait pour vivre quand on n’attrape qu’une goulée d’oxygène de temps en temps. Impure, rouillée, souillée, cadenassée dans les trois secondes qui suivent son absorption, par ce que vous avez laissé en moi. Je ne suis que votre décharge à ordures.

Rouge.

J’ai rêvé de mes doigts trempés de ce rouge visqueux coulé de votre chair.

Un enfant chante. Non. J’entends une chanson enfantine interprétée par la voix d’un enfant, mais je ne suis pas sûre qu’il s’agisse d’un enfant. Qui, parmi vous sait encore chanter avec sa voix de jadis ? Je veux dire : qui parmi vous a gardé intacte la spontanéité ? Une chanson-fleur, délicate et subtile, confiante en l’éblouissance du ciel. Une chanson-sourire. Une chanson-j’arrive.

Je suis venue à vous sans comprendre qu’un jour il faudrait choisir les bonnes clés, verrouiller les bons cadenas, barbeler les ères de liberté. Fermer.

On ne sait jamais combien de temps dure la réclusion. Ni dans quelles conditions.

Musique.

Des ocres et des bleus en palette de peintre. Plein. Beaucoup plein. Enormément plein. A l’infini déclinés, comme une poésie amoureuse, harmonieuse, pleine et douce. Je voudrais m’allonger dans ces variantes en cours de formation, me fondre en elles et me savoir m’apprêter à la création. Que ferai-je de moi… Qu’as-tu fait de toi ?

Un temps.

Je t’aime.

Un temps.

L’aveu d’amour, quand il n’est pas galvaudé, s’exprime dans la gravité de l’instant cambriolé de tout ce qu’il contenait, par le sentiment.

Un temps.

L’amour n’est qu’instant. Celui-là. Celui d’après. Celui d’après encore. Et puis d’autres, d’autres, d’autres, d’autres à foison, tourbillons, tempêtes, séismes, remue-ménage jusqu’à disparition absolue de toute réalité conventionnelle, jusqu’à ce qu’il explose dans son originalité unique et incroyablement inventive.

Jusqu’à.

Rouge. Jusqu’à ce que l’indicible beauté unique et intemporelle se fasse violer par ce putain de rouge visqueux. Le sang de l’effondrement.

Sais-tu la fragilité ?

Silence…

Te. Tu. Toi. Vous. Je n’ai pas compris à qui je parle quand les mots ne franchissent pas le bord de mes lèvres. Est-ce un moi qui se veut planqué contre l’attaque de soi-même ? Qui n’ose pas jusque dans l’assurance d’une intimité inviolable ? Le désir est-il à ce point inavouable ? L’exploration du sordide, des bas fonds de l’être-soi dérange-t-il et qui dérange-t-il ?

Interdit.

A transgresser. Au nom de l’équilibre, de l’harmonie. Tenir debout à tout prix, entier, fier. Sans complexe. Je. Oser. Je.

Musique.

Femme. Quelle indécence ! Désirer ce type que je ne connais pas, là, tout de suite, dans l’urgence de la provocation qui se bouscule en mon for intérieur, impudique et dans l’impossibilité de le dire parce que ça ne se fait pas. Flash érotique au moment où précisément rien ne l’attendait. Brutal et sans autre perversion que celle qu’ « on » lui attribuerait si « on » pouvait lire dans ma pensée. Violence de cette image crue, moi-je livrée à cet homme, plus nue que nue dans une étreinte à faire mal, crucifiée dans l’explosion crescendo de l’amour que l’on se fait pendant que rien ne le laissait prévoir.

Ramper dans la terrifiante souffrance d’un corps mort, mutilé par les interdits. Je n’ai plus ni jambes, ni bras. Ma tête ne sert plus qu’à insuffler l’effort surhumain à ce corps maudit pour qu’il parvienne à traverser la marée humaine, indifférente, accaparée par ses propres fantasmes dans un monde étrange où tout s’éloigne là où tout se rejoint.

Mots.

Dans la solitude d’un désert sans nom, ils sont là malgré tout. Surtout.

Que pourrais-je dire
que pourrais-je faire
capturer le mot du point final le mot du point naître
comment le reconnaître parmi tous les inutiles
futiles
vains
comment...
Là, en ce point de l'instant où j'ai tout à vous dire
en ce point du monde où les mots se bousculent au point de ne plus exister,
parce qu'ils sont trop
qu'ils s'étouffent de leur trop
jusqu'à n'être plus que si peu
dans ce point de l'instant là
si peu
si rien
rien
.
alors le silence par dessus l'étouffement des mots vains
encore lui sur la brèche de l'impuissance
désordonné
remuant
le silence en forme de supplique parce que tout est à dire mais rien ne peut se dire ni même se
laisser dire
et le regard affolé en dedans soi, pendant que les yeux que vous voyez ne vous regardent plus
parce qu'ils sont orphelins
du mot
vain
quel geste esquisser
et comment
et puis pourquoi
pour quoi dire puisque le mot n'existe pas
peut-être faudrait il le sentir simplement
lui
fait de tous les autres
point d'orgue du langage
cercle de l'expression
centre de l'univers
mot de l'instant de maintenant, de maintenant qui n'existe pas
le seul
le sentir au fond de soi comme la pierre du centre cœur
sans définition
il bouge
....................................../............


Un pied devant l’autre.

- Madame… je… puis-je vous dire que j’ai aimé vous lire ?

Je ne le connais pas. Je l’observe m’observer. Nous nous observons.

Il y a dans ces deux regards soudés, l’improvisation de l’instant surprenant. Ce type est entré de plein fouet dans un univers qui ne lui appartient pas, le mien, livré par consentement mutuel entre l’auteur et le lecteur. L’un est entré dans la vie de l’autre. Soudain, par le biais de cette approche tout à trac, l’autre entre dans la vie de l’un. Fusion.

Rencontre.

Nul n’est besoin de civilités. Ce peut être un regard. Deux témoins d’un événement. Deux mains inconnues qui s’enlacent sans qu’un mot ne se prononce, dans l’extraordinaire d’un instant. Ce peut être.

Musique.

Vous êtes entré en moi sans effort, vous-même étonné de cette intrusion dont vous ignoriez tout avant d’ouvrir le livre. Vous êtes entré dans mes mots comme vous m’auriez intimement pénétrée si. L’ambigüité fait son chemin. Sauf que tout reste confiné sous la surface. La pensée est un formidable asile. Son avantage est qu’elle ne sera probablement jamais formulée. Encore moins concrétisée. Son inconvénient est qu’elle peut transparaître à la surface. Se forger un visage de marbre, habilement façonné d’un sourire chaleureux, sans qu’il soit possible d’en deviner autre chose qu’un abord charmant.

Illimité.

L’univers en soi. A en perdre l’équilibre, s’il n’existait pas. Absurde, plateau des possibilités hypothétiques. Ou pas.

Musique.

Un temps. Un temps. Un regard. Désir. Un flash. Un temps. Sonnée. Un temps. Un sourire. Un temps. Un temps.

Rouge.

Rouge soie. Sans rien d’autre que la volupté d’un instant qui retient un monde qui n’existe nulle part ailleurs qu’en soi. Soie-Soi.

Musique.

Vous m’êtes doux comme un drap d’écume à rouler mes rêves dans le ressac de vos gestes. Vous m’êtes indispensable, vous m’êtes précieux, vous m’êtes unique. Vous êtes la noce du feu et de la glace, tendre, violent, intense. Vous m’éveillez à vous. Vous me faites je.

Un temps.

Sourire. Joliesse d’un message que plus rien ne pourra défaire. Le monde à portée de mains, à portée de mots. Dans ce formidable désordre de l’en dedans soi, dans l’enchevêtrement des mots pulsion, des métaphores-émotions, dans les fantasmes striés de blessures à apprivoiser pour les franchir sans s’abîmer davantage, dans l’espérance, dans la honte, dans l’innocence qu’on porte malgré soi, dans les ténèbres de nos bas-fonds, dans l’incroyable vivier de l’imaginaire, tout reste à inventer.

Romane

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Bonjour, je suis Romane, alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane."
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
http://lessouffleursdereve.jimdo.com/
Revenir en haut Aller en bas
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Clair-Obscur   Lun 15 Oct 2007 - 11:44

déroutant ce Clair-Obscur. de bien belles images, de bien beaux mots, mais un sens général qui m'échappe, liquide, liquéfié plutôt, délayé, volontairement épars.
ça me fait penser à certains passages de l'Ulysse de Joyce. tout dans la sensation et dans le ressenti.
il me manque un fil néanmoins, un script disons, parce que si je m'y suis engouffré rapidement (une très bonne plume aide toujours), je m'y suis souvent perdu, abîmé ; comme lire un journal intime, lire l'intimité d'une personne malgré soi, voyeur involontaire, on cherche ce que ça nous offre mais on se rend compte que ce n'est pas pour soi, que, quelque part, ces lignes ne nous appartiennent pas, qu'elles ne sont pas écrites pour nous... donc oui, déroutant, un peu trop, j'ai aimé vous lire, Madame, mais peut-être auriez-vous pu ouvrir davantage les persiennes au public, ce serait ma seule critique...
intéressant travail en tout cas. merci Ro
Revenir en haut Aller en bas
Romane
Administrateur
avatar

Nombre de messages : 91113
Age : 62
Localisation : Kilomètre zéro
Date d'inscription : 01/09/2004

MessageSujet: Re: Clair-Obscur   Lun 15 Oct 2007 - 11:55

Il suffit au lecteur de saisir la balle au bond et d'entrer dans ses propres dédales. J'ai volontairement cheminé dans le chaos de la pensée (je le cite clairement), la surface est symbolisée par "madame... je... etc.", le fond est bien sûr la pensée et son chaos.

Peut-être pensez vous de manière linéaire ? Moi pas. Vraiment pas. Tout se mêle dans une drôle d'anarchie, moi seule peux m'y reconnaître et ça tombe bien, ça n'appartient qu'à moi.
Ce que nous pensons et qui nous appartient, est un autre monde caché par la surface, la vitrine, ce que nous donnons à voir.

J'ai émaillé ce texte de phrases à réflexion. Chacun mène la réflexion (ou les) que ça lui inspire, c'est fait pour. Un texte directif et précis n'aurait pas donné le reflet de la réalité de ce qui est impossible à décrire autrement que par ce mot : chaos.

Cela peut dérouter, mais pour peu que le lecteur soit libre dans sa tête, alors il peut vagabonder à son aise, le texte ne servant que de point de départ.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Bonjour, je suis Romane, alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane."
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
http://lessouffleursdereve.jimdo.com/
Revenir en haut Aller en bas
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
Miss You

avatar

Nombre de messages : 3139
Age : 50
Date d'inscription : 21/09/2007

MessageSujet: Re: Clair-Obscur   Lun 15 Oct 2007 - 12:18

Vagabondage, voilà exactement le mot qui résonne...
Chaos et entrelacs de pensées, fugaces, douces ou sombres, des couleurs, des silences et des notes... tout y est.
Merci Romane.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Clair-Obscur   Lun 15 Oct 2007 - 12:27

ce n'est pas le manque de linéarité qui me chagrine, un écrit peut tout à fait être décousu et posséder un sens puissant. ce n'est pas ça, non. mon souci est que ce " je " là est bien trop personnel pour que je puisse me permettre d'aller chercher puis de livrer mes propres réflexions, ce " je " là m'apparaît directif de nature si tu préfères, même anarchique, même chaotique ; le sens de ce " je ", c'est toi, toi qui te livres, de manière peut-être volontairement diffuse mais toi quand même. il me manque une distanciation, tout bonnement : te ressentir dans chacun de ces mots m'empêche de voguer sur la mer de tes lignes et de m'y sentir pleinement à l'aise. embourbé dans ce qu'il faut convenir d'appeler ton chaos, celui-ci m'empêche d'y percevoir le mien propre. j'accepte d'être libre dans ma tête et de faire mes propres interprétations mais l'auteur a tout de même le devoir de donner le change ; dire : voilà cet écrit, cherchez-en le sens en vous-même, ce n'est faire que la moitié du chemin. disons que si je comprends parfaitement ton point de vue, ma principale question de lecteur quand je lis quelqu'un est : qu'a voulu dire l'auteur ?, qu'a-t-il voulu (dé)montrer ? ici, je n'ai pas ces réponses. ce n'est pas un reproche, simplement l'aveu de mon incapacité à m'imprégner corps et âme de ton écrit.
Revenir en haut Aller en bas
Romane
Administrateur
avatar

Nombre de messages : 91113
Age : 62
Localisation : Kilomètre zéro
Date d'inscription : 01/09/2004

MessageSujet: Re: Clair-Obscur   Lun 15 Oct 2007 - 12:32

eh bien tu es en plein, Miss. Vagabondage, dans tous les sens du terme.

J'aime susciter la curiosité, l'envie de faire soi-même son bout de chemin, ne pas livrer l'intégrale pour que le lecteur puisse sortir de la passivité dans laquelle l'enferme trop notre société. Trop d'assistanat, trop de chemins balisés, trop de tout, qui font qu'à force on n'est plus que mouton, y compris dans l'art, et notamment dans le domaine littéraire.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Bonjour, je suis Romane, alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane."
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
http://lessouffleursdereve.jimdo.com/
Revenir en haut Aller en bas
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
Romane
Administrateur
avatar

Nombre de messages : 91113
Age : 62
Localisation : Kilomètre zéro
Date d'inscription : 01/09/2004

MessageSujet: Re: Clair-Obscur   Lun 15 Oct 2007 - 12:39

Je te lis bien, mon grand.
Mais voilà justement, pourquoi l'obligation de savoir ce qu'a voulu dire l'auteur ? On peut avoir envie de le savoir, mais ce n'est pas obligatoire.
Les mots livrés ne nous appartiennent que pour ce qu'on a voulu en dire soi. Mais si le lecteur en fait une interprétation totalement différente, c'est son droit aussi. Par contre, il n'a pas le droit d'affirmer que "l'auteur a voulu dire que..." parce qu'il l'ignore, si c'est ça ou pas.
Quand un auteur est vivant, on peut lui demander. Mort, on ne peut plus. On est alors en face de soi-même.
Les questionnements sont bons. Je peux te décortiquer tout le texte, si tu le souhaites, de sorte que tu en comprendras "mon" sens. Ce serait un travail d'ailleurs très intéressant mais surtout axé sur la psychologie de l'être, ici la mienne. Les conséquences du vécu (ou du non vécu), les fantasmes, les pleurs secrets.
Il y a bien sûr ce que j'ai mis de moi perso, mais il y a des constats ou des questions qui pourraient faire l'objet d'un fil débat général. Tu peux aussi t'en servir, c'est le but.

A partir des images que quelqu'un envoie, on crée ses propres images, l'un n'empêche pas l'autre. En tout cas, moi ça ne me dérange pas et plus les images sont puissantes, plus elles le sont de mon côté.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Bonjour, je suis Romane, alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane."
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
http://lessouffleursdereve.jimdo.com/
Revenir en haut Aller en bas
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
Miss You

avatar

Nombre de messages : 3139
Age : 50
Date d'inscription : 21/09/2007

MessageSujet: Re: Clair-Obscur   Lun 15 Oct 2007 - 13:00

Romane a écrit:
eh bien tu es en plein, Miss. Vagabondage, dans tous les sens du terme.

J'aime susciter la curiosité, l'envie de faire soi-même son bout de chemin, ne pas livrer l'intégrale pour que le lecteur puisse sortir de la passivité dans laquelle l'enferme trop notre société. Trop d'assistanat, trop de chemins balisés, trop de tout, qui font qu'à force on n'est plus que mouton, y compris dans l'art, et notamment dans le domaine littéraire.

Entièrement d'accord sur tout, et tu sais quoi, en plus vagabonder j'adore ça.

Rêve
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Clair-Obscur   Lun 15 Oct 2007 - 13:09

évidemment qu'à chaque lecteur, ou lecture, son interprétation d'un écrit. encore heureux. simplement, l'écriture est une question de se faire comprendre et de s'expliquer, de s'affirmer aussi, autrement, par le biais d'une feuille de papier et d'un crayon. ne pas offrir un minimum d'éclaircissements, ou de réponses, ou d'arguments, simplement formuler des questions (avec style tant qu'à faire) et laisser le lecteur s'en dépatouiller lui-même, mystifier son propos en quelque sorte, je trouve cela bien plus passif et pépère que d'aller au charbon et balancer ses propres idées. on peut tout dire bien sûr, avec des énigmes sans clé, on peut tout dire, sauf qu'au final, eh bien, rien n'a été dit, c'est le lecteur qui a réfléchi et tout subi cependant que l'auteur compte les points, en recul, déjà en recul sur son écrit, complaisant avec ce qui l'intéresse, relâchant ce qui lui déplaît. du coup, si je suis un mouton, qui me fait bêler ? si l'objectif est de débattre, pourquoi, après avoir posé les questions, ne pas donner le change en commençant par y répondre au moins en partie ? encore une fois, j'ai beaucoup apprécié cet écrit pour la qualité de la plume et la force de ses images, je regrette simplement de n'y trouver que des impasses. voilà tout, rien de bien méchant. mon commentaire critique et définitif de lecteur qui ne débat plus, c'est bien normal parce que c'est son rôle, d'être catégorique, puisque ma lecture est finie et réfléchie. tong
Revenir en haut Aller en bas
Romane
Administrateur
avatar

Nombre de messages : 91113
Age : 62
Localisation : Kilomètre zéro
Date d'inscription : 01/09/2004

MessageSujet: Re: Clair-Obscur   Lun 15 Oct 2007 - 13:29

Il n'y a pas que des questions. Déjà avec tout ça, y'a de quoi s'interroger et discuter.

Romane a écrit:
La surface n’a d’importance que par ce qu’elle cache.

Les questions affluent, envahissantes, dérangeantes, impossibles à canaliser.

On ne sait jamais combien de temps dure la réclusion. Ni dans quelles conditions.

L’aveu d’amour, quand il n’est pas galvaudé, s’exprime dans la gravité de l’instant cambriolé de tout ce qu’il contenait, par le sentiment.

L’amour n’est qu’instant.

Interdit. A transgresser. Au nom de l’équilibre, de l’harmonie. Tenir debout à tout prix, entier, fier. Sans complexe.

un monde étrange où tout s’éloigne là où tout se rejoint.

Mots. Dans la solitude d’un désert sans nom, ils sont là malgré tout. Surtout.

Ce type est entré de plein fouet dans un univers qui ne lui appartient pas, le mien, livré par consentement mutuel entre l’auteur et le lecteur. L’un est entré dans la vie de l’autre. Soudain, par le biais de cette approche tout à trac, l’autre entre dans la vie de l’un. Fusion.

Rencontre. Nul n’est besoin de civilités. Ce peut être un regard. Deux témoins d’un événement. Deux mains inconnues qui s’enlacent sans qu’un mot ne se prononce, dans l’extraordinaire d’un instant.

La pensée est un formidable asile. Son avantage est qu’elle ne sera probablement jamais formulée. Encore moins concrétisée. Son inconvénient est qu’elle peut transparaître à la surface.

L’univers en soi. A en perdre l’équilibre, s’il n’existait pas.

Le monde à portée de mains, à portée de mots. Dans ce formidable désordre de l’en dedans soi, dans l’enchevêtrement des mots pulsion, des métaphores-émotions, dans les fantasmes striés de blessures à apprivoiser pour les franchir sans s’abîmer davantage, dans l’espérance, dans la honte, dans l’innocence qu’on porte malgré soi, dans les ténèbres de nos bas-fonds, dans l’incroyable vivier de l’imaginaire, tout reste à inventer.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Bonjour, je suis Romane, alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane."
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
http://lessouffleursdereve.jimdo.com/
Revenir en haut Aller en bas
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
lucius

avatar

Nombre de messages : 1045
Age : 54
Localisation : Paris et sa campagne
Date d'inscription : 15/09/2007

MessageSujet: commentaires sur les petites notes de Romane   Jeu 18 Oct 2007 - 23:27

J'ai lu la moitié des petites notes, et je garde le reste comme une bonne liqueur à siroter, une goutte par ci, une goutte par là, chaque jour.

je me décide enfin à poster un commentaire, avant d'avoir fini, car il serait vraiment étonnant que la deuxième moitié de l'ouvrage ne soit pas de la même qualité que la première.

Ce qui ressort, en premier lieu, est une grande qualité d'écriture, et derrière cela, une profondeur dans la réflexion et l'introspection. Chapeau bas! Peu d'auteurs en seraient capables, et en lisant les mots de Romane, je me sens fourmi sous le pied d'un géant. J'ai presque honte de présenter mes élucubrations loufoques. D'ailleurs, je vais de ce pas brûler tous mes manuscrits et rejoindre l'ermitage le plus proche.

Pour écrire tout cela, avec cette intensité, il faut un vécu. Douloureux, malheureusement, comme on peut s'en douter. Je pense particulièrement au film "Big fish" de Tim Burton, où le héros s'arrête dans un village dans lequel tout le monde est heureux (un bonheur artificiel, de carte postale). Un poète habite ce village et travaille depuis des années sur son unique poème, qui commence ainsi:
"L'herbe et verte, le ciel est bleu
Que c'est chouette!"


tout un programme...

Merci Romane pour ces petits mots, et un gros carton rouges à tous les éditeurs qui ont harcelé Bertrand Cantat pour obtenir sa biographie. Ils se sont certainement trompés de cible.
Revenir en haut Aller en bas
http://www.luc-doyelle.com
Romane
Administrateur
avatar

Nombre de messages : 91113
Age : 62
Localisation : Kilomètre zéro
Date d'inscription : 01/09/2004

MessageSujet: Re: Clair-Obscur   Jeu 18 Oct 2007 - 23:38

Je me sens toute conne devant mon écran, en lisant ce commentaire élogieux et chaleureux. Pour plusieurs raisons ;

- j'ai lu ton premier roman, que j'ai trouvé remarquablement ficelé et d'une écriture drôle, tonique, tendre et sans faute, le genre de roman que j'aimerais tenir en format livre entre mes mains, pour le relire une deuxième fois.
Donc que tu me déclares ainsi une telle admiration me semble impossible, puisque je me suis dit que je ne t'arrivais pas à la cheville, en te lisant .

- je n'ai jamais suivi d'études littéraires, et pendant très longtemps je n'ai pas pu lire, pour diverses autres raisons. Mais surtout, je n'ai pas appris le monde et la vie dans le même ordre ni de la même manière que vous tous, et de ce fait je ne le perçois pas de la même manière. Je n'ai pas votre culture, je fais tout au feeling, tout en impro, tout, tout tout, archi tout, et moi qui talonne tout le monde pour travailler et retravailler, je n'ai pas beaucoup travaillé mes textes. Disons que j'ai ressenti profondément chaque mot choisi avant de le coucher sur le papier, pour être sûre qu'il ne trahirait pas l'indicible.
Ce qui revient à dire que n'ayant pas moi-même travaillé mes textes comme il le faut, je suis plus qu'étonnée par les commentaires positifs.

Je me dois de reconnaître qu'ils le sont tous. Je crois ne pas avoir encore reçu un seul commentaire de quelqu'un qui n'aurait pas aimé. Je suis sciée.

Vous t'avoue, Lucius, que je ne comprends toujours pas comment je fonctionne. Car il en va des pièces de théâtre comme des petits mots, elles marchent toutes, alors que je n'ai jamais appris la méthode pour écrire des pièces, et que ça m'a pris sur le tard, tout ça.

Bref, je ne pige pas.

Je prends ton hommage comme un cadeau précieux que j'ajoute à tous les commentaires reçus. Et je t'en remercie infiniment. J'espère que la deuxième moitié te plaira autant que la première.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Bonjour, je suis Romane, alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane."
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
http://lessouffleursdereve.jimdo.com/
Revenir en haut Aller en bas
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
lucius

avatar

Nombre de messages : 1045
Age : 54
Localisation : Paris et sa campagne
Date d'inscription : 15/09/2007

MessageSujet: pas grave   Jeu 18 Oct 2007 - 23:43

c'est pas grave si tu ne comprends pas
continue à fonctionner ainsi
Comme monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir, le jour où il a voulu apprendre, ça marchait moins bien. Comme quand tu montes les escaliers quatre à quatre. Si jamais tu te demandes où tu dois poser le pied, tu es sûre de louper une marche.
Revenir en haut Aller en bas
http://www.luc-doyelle.com
Romane
Administrateur
avatar

Nombre de messages : 91113
Age : 62
Localisation : Kilomètre zéro
Date d'inscription : 01/09/2004

MessageSujet: Re: Clair-Obscur   Jeu 18 Oct 2007 - 23:51

Même sans y penser...

Hein ? Shocked nannan j'ai rien dit. Laughing

T'es chou, Lucius.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Bonjour, je suis Romane, alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane."
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
http://lessouffleursdereve.jimdo.com/
Revenir en haut Aller en bas
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Clair-Obscur   

Revenir en haut Aller en bas
 
Clair-Obscur
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Mon premier Clair /Obscur
» [Larsen, Nella] Clair-obscur
» Clair-obscur...
» Clair Obscur
» Nephilim [CP V. Breakaway08] Clair-Obscur - p5

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Forums Liens Utiles :: Littérature :: Vos écrits : Poésie, nouvelles, romans, théâtre... :: Romane-
Sauter vers: