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 ça chauffe !.....

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Vilain
Nain de Jourdain
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MessageSujet: ça chauffe !.....   Mar 3 Fév 2009 - 20:52

Citation :
Valérie Pécresse choisit le bras de fer avec les universitaires en grève
mardi 3 février 2009
(18h08)





Au deuxième jour de la grève lancée dans les Universités, le gouvernement clairement décidé de jouer le bras fer jusqu’au bout.


Valérie Pécresse annonce qu’elle ne négociera aucun
aménagement du projet de décret affirmant :"si ce décret était modifié,
ce serait extrêmement dommage pour l’université française et pour
l’ensemble des chercheurs ". Elle a d’ailleurs envoyé le texte de son
décret au Conseil d’Etat vendredi pour un examen final. De son côté le
premier ministre François Fillon a déclaré : "Il faut que la réforme du
statut des enseignants chercheurs voie le jour. Les présidents
d’université doivent pouvoir recruter librement et arbitrer entre temps
de recherche et temps d’enseignement". Un propos qui vient cogner avec
la déclaration de la Conférence des Présidents d’Université qui
conteste l’affirmation selon laquelle ils bénéficieraient de "pouvoirs
exorbitants".


Dans les Universités, les signes de mobilisation se
multiplient. D’après ma collègue de Libé Lyon l’Université Lyon-3 s’est
mise en grève. L’Institut d’Etudes Politique d’Aix-Marseille continue
sa grève. Des A-G ont voté diverses actions, dont la grève, à Toulouse,
Lyon, Clermont-Ferrand-2, Lille, Montpellier-3, à Saint-Etienne,
Bordeaux-3, Nantes, Troyes, Mulhouse, Rennes-1, Rennes-2, Strasbourg,
l’IUTd’Aix-Marseille,Dijon, l’UFR de sciences sociales de l’Université
Versailles Saint Quentin, Paris-6, Paris-7, Paris-8, l’UFR d’histoire
au Mans, celui de maths à Orsay, plusieurs UFR à Paris-4, Paris-13
etc... Un signe amusant : le site web de Sauvons l’Université connait
quelques ratés car l’explosion de sa fréquentation a contraint ses
responsables à changer de support. Des sites web locaux ont été créés
(ici celui d’Orsay). De plus en plus de sites de laboratoires et
d’Universités sont utilisés pour diffuser l’information (ici un labo de
mathématiques de Strabourg). Dans la presse, ce mouvement commence à
percer, de nombreux articles dans la presse régionale, un beau portrait
d’Olivier Beaud dans Le Monde, le juriste de Paris-2 Assas qui a
assassiné (textuellement) le projet de décret du ministère


Aujourd’hui, à 12h, une centaine de chercheurs et
d’universitaires ont lancé plusieurs centaines de chaussures dans les
jardins du ministère de Valérie Pécresse, en signe de protestation
contre le mépris du gouvernement et du Président de la République à
leur égard.


La Coordination nationale réunie hier à la Sorbonne
annonce avoir rassemblé 276 délégués et appelle à de nouvelles actions
dont une manifestation nationale le mardi 10 février à Paris. Je publie
ci dessous ses trois motions.


Laurence Giavarini (porte parole de SLU) contactée au
téléphone me dit que "cela prend, nous avons de nombreuses informations
sur des Assemblées générales. Les votes de grève se sont multipliés.
Des délégations d’enseignants et d’étudiants auprès des Présidents
d’Universités demandent l’organisation de journées banalisées, de
refuser d’envoyer les maquettes pour les formations d’enseignants au
ministère là où les Conseils d’Administrations n’on pas encore voté ce
blocage".


La ministre a reçu le soutien de l’ancien Président de
Paris-4, Jean-Robert Pitte, qui appelle notamment à instaurer la
"sélection à l’entrée de l’Université" et à "augmenter les droits
d’inscription".


http://sciences.blogs.liberation.fr...
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Vilain
Nain de Jourdain
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MessageSujet: Re: ça chauffe !.....   Mar 3 Fév 2009 - 21:02

Citation :
Si même Lyon III se met en grève...
mardi 3 février 2009
(15h21)



1 commentaire



Si même Lyon III se met en grève...


EDUCATION – L’université Lyon 3 en grève. Une première
ou presque. « D’autant plus historique que le mouvement a touché la fac
de droit », souligne depuis la tribune Eric Carpano, maître de
conférence en droit public à Lyon 3. Lors d’une AG, lundi,
l’universitaire rappelle qu’il y a encore quelques semaines, le mot «
grève » était encore ici perçu « comme un gros mot ». Certes, la
mobilisation contre la réforme du statut et de la formation des
enseignants-chercheurs est encore loin d’être massive. Mais elle est
bien là et touche tous les départements de cette université pas
vraiment rompue à la rébellion…


Pour ne pas dire totalement et historiquement sourde à
tout mouvement social. Après soixante-huit, le monde universitaire
lyonnais avait préféré se scinder en deux entités aux positionnements
politiques assez clairs, l’une serait de gauche, l’autre de droite. A
côté de Lyon 1 (facultés de sciences et médecine), furent créées donc
deux autres universités de lettres, droit et sciences humaines : Lyon 2
et Lyon 3, qui garantissait à chacun de rester entre soi.


Un schisme qui a réussi à traverser, presque intact,
les décennies. Durant les années 80-90, Lyon 3 a abrité un noyau dur
d’enseignants d’extrême-droite (allant des négationnistes aux
royalistes en passant des néocolonialiste, la nouvelle droite ou
d’éminents membres du Front national) sans que la direction de
l’université ne s’en émeuve vraiment. Les années brunes semblent
refermées, mais l’image de l’université de droite perdure. L’an
dernier, au moment du vote de la loi LRU de réforme de l’Université,
Lyon 2 s’est retrouvée paralysée durant plusieurs mois, conflit locaux
fermés et cours annulés. A Lyon 3, la vie universitaire continuait
comme si de rien n’était.


Il aura donc fallu attendre l’arrivée sur le plateau de
l’actualité des décrets d’application Pécresse sur la réforme du statut
et de la formation des enseignants pour que l’université connaisse son
premier mouvement social. Un enseignant de la fac de droit a une
explication à ce brutal réveil. « Ce n’est pas un hasard si les
juristes se mobilisent sur cette réforme. Il n’y a pas besoin d’avoir
fait dix ans de droit pour savoir que ce que l’on nous propose, ce
n’est ni plus ni moins que le droit divin accordé aux présidents des
universités pour l’évolution de carrière des enseignants-chercheurs.
C’est une aberration juridique ».


Grève illimitée


Lundi soir, ils étaient une centaine réunis en AG dans
l’amphi C de la manufacture des tabacs, désormais site principale de
l’Université. Des enseignants, mais aussi des étudiants. Tous sagement
assis et levant la main pour intervenir chacun son tour. Au final, ils
ont voté la reconduction illimitée de la grève tant que la ministre ne
retire pas son décret, conformément au mouvement national mené par la
coordination nationale des universités. Préalablement, et parce qu’on
n’est pas chez les révolutionnaires autonomes, ils auront longuement
discuté des enjeux de ce décret et des formes possibles et utiles de
mobilisation.


Une AG, à Lyon 3, ça commence par un exposé argumenté
et précis d’une prof de droit public, sur la réforme et ses dernières
modifications. La terminologie n’est guère plus digeste que le décret
lui-même, mais tout le monde semble comprendre que les
enseignants-chercheurs vont désormais voir leurs évolutions de carrière
et surtout leur ratio cours-recherches tomber aux mains de leur
président d’université, amené à remplacé le CNU (conseil national des
universités), instance nationale qui, jusqu’ici décidait seule de ces
questions. Désormais, les profs mal évalués pourront être privés de
recherche et devront prendre plus d’heures de cours.


En haut de l’amphi, un enseignant prend la parole et
s’adresse aux étudiants présents. « Tout cela est très technique, et
vous pouvez croire que ce que nous défendons là relève d’un certain
corporatisme. Mais c’est assez simple et très important pour vous
aussi, et plus globalement pour l’université ». Ainsi, en bon
traducteur, le prof explique ce qui se cache derrière la vilaine
expression « modulation des services » qui fait bondir le corps
enseignant. « Cela veut dire que les enseignants vont faire moins de
recherche. » Puis il poursuit, devant un auditoire tout ouie, « notre
statut d’enseignant-chercheur repose sur deux piliers essentiels :
l’acquisition de connaissances, c’est-à-dire la recherche, et la
transmission de ces connaissances, c’est-à-dire l’enseignement. Comment
peut-on transmettre des connaissances que l’on n’acquiert plus ? Et
pourquoi vais-je acquérir des connaissances si ce n’est plus pour les
transmettre ? » L’enseignant voit là une remise en cause du rôle même
de l’université. Il dit redouter que l’on ne transforme ainsi
l’université en un « super lycée ». Ou qu’on transfère les
connaissances « vers les écoles de commerces ».


L’UNI veille


Un étudiant de l’UNEF prend la parole. Il appelle les
étudiants à soutenir le mouvement des enseignants car, explique-t-il, «
ce décret fragilise toute l’université ». « On nous dit que les mauvais
chercheurs devront faire plus d’enseignement. C’est clairement une
dévaluation de l’enseignement ». Puis il enchaîne sur les
revendications plus larges de l’UNEF pour l’université, avec le débit
du leader syndical aguerri à devoir dire beaucoup en peu de temps.
Comme on est à Lyon 3, à sa suite, c’est un représentant de l’UNI,
syndicat de droite qui intervient. Il prévient : « on n’est pas là pour
soutenir une politique anti-gouvernementale, ce n’est pas le sujet. Je
ne crois pas qu’exiger le retrait pur et simple du décret soit une
bonne chose. Il vaut mieux d’abord débattre ». Puis il conclut, prenant
la posture du porte-parole de ministre, devant une assemblée
mi-énervée, mi-amusée, « de toute façon, je vous garantis que vous ne
l’obtiendrez pas ce retrait ».


A l’heure de prendre une décision sur la poursuite du
mouvement, certains soulignent l’importance stratégique de ne pas
s’éloigner du débat et de faire attention à ne pas tomber dans la
revendication de «politique générale », afin de ne pas trop froisser
les sensibilités pas toutes très à gauche de cette université.


« C’est un vrai problème ici. On sait très bien qu’une
grève illimitée n’a de poids que si elle est massivement suivie. Que
va-t-on faire si l’on est cinq par UFR ? », interroge une enseignante
linguiste. Les enseignants-chercheurs de Lyon 3 ont finalement tranché.
Décidant de suivre le mouvement national de grève illimitée. Une petite
révolution entre ces murs que rien, jusqu’ici, n’était parvenu à faire
trembler.


Alice GERAUD


http://libelyon.blogs.liberation.fr/info/2009/02/lyon-3-la-fac-q.html
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Vilain
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MessageSujet: Re: ça chauffe !.....   Mar 3 Fév 2009 - 21:12

Citation :
Sarkozy défie l’intelligence
mardi 3 février 2009
(13h43)





Une contribution remarquable d’André Gunthert (maître de conférences à l’EHESS), 28 janvier 2009


Sentant monter la colère des universités, Valérie
Pécresse a jugé utile de publier un éloge de la concertation et du
dialogue. Mais dans ce pays gouverné d’une main de fer, les Français
savent que l’avis d’un ministre ne vaut pas grand chose. Jeudi dernier,
à l’occasion de la présentation du comité de pilotage stratégique
qualifié de «Grenelle de la recherche et de l’innovation», c’est le
président de la République lui-même qui a pris le soin d’indiquer aux
universitaires quelle est sa conception du dialogue.


Il y a plusieurs styles Sarkozy. Pendant la campagne
présidentielle, les Français ont entendu des discours remarquablement
construits, tissés de références historiques, vibrants d’émotion. Il
est vrai qu’il s’agissait alors de convaincre l’électorat. En septembre
2007, pour la "Lettre aux Éducateurs", le président confiait encore à
Henri Guaino la rédaction d’un texte dont on pouvait discuter le
contenu, mais certainement pas nier qu’il était écrit dans un français
charpenté, inspiré du robuste modèle Troisième République qui
caractérise le conseiller spécial.


Pour le discours du 22 janvier, le chef de l’État a
choisi une autre posture. Découvrant un texte composé de «phrases
agrammaticales, tournures d’une vulgarité confondante, raisonnements
circulaires, interjections, interpellations grossières de l’auditoire»,
un lecteur attentif a cru à une manipulation. Il a fallu qu’il vérifie
que ce document provenait bien du site de l’Elysée pour admettre qu’il
avait en face de lui une déclaration du plus haut personnage de la
fonction publique.
Ce discours, le plus mal embouché de la mandature, n’est pas une erreur
de communication. Alors que 72 des 85 conseils d’administration des
universités avaient adopté des motions marquant leur défiance à l’égard
des réformes, alors que la coordination nationale votait la grève le
matin même, Sarkozy a soigneusement choisi la tonalité de sa réponse.
Non pas celle du respect, de la compréhension et du dialogue. Mais
celle de l’intimidation, de l’affrontement et du poujadisme.
Devant la montée de la mobilisation, le chef de l’État a enfilé l’un de
ses costumes préférés : celui du caïd. Qui met les pieds sur la table,
et ne s’en laisse pas conter. Le message est limpide : «Il faut que
cela cesse.»


Le diagnostic lui non plus ne fait pas dans la
dentelle. «Nous ne sommes pas aujourd’hui dans le peloton de tête des
pays industrialisés pour la recherche et l’innovation. Il y a une
raison à cela quand même, c’est parce que bien souvent on a reculé
devant la nécessité de réformer nos universités et nos organismes de
recherche.»


Dépeindre le contestataire en affreux conservateur
rétif à toute réforme fait partie des réflexes pavloviens de l’UMPiste
de base. Branchez Copé ou Lefebvre, il n’iront jamais plus loin que cet
argument qui se veut imparable. Dommage qu’il soit faux. Qui a mis en
musique la grande réforme du LMD (licence-master-doctorat) depuis cinq
ans, qui a réorganisé les filières et réécrit les maquettes, à toute
vitesse et au prix d’efforts considérables, sinon le corps
universitaire?


Non, les enseignants-chercheurs ne rejettent pas "les
réformes". Mais cela fait une dizaine d’années qu’ils résistent avec
constance à un seul projet, toujours le même : celui inspiré des
recommandations de l’OCDE, mis en musique sous les appellations de
"stratégie de Lisbonne" ou de "processus de Bologne", qui vise la
marchandisation de l’enseignement supérieur et la rationalisation de la
recherche sur un modèle de gestion entrepreneurial.


De nombreux savants l’ont dit et répété depuis dix
ans : un tel modèle est néfaste pour la science et même pour
l’innovation. En 2004, les chercheurs se sont réunis en états généraux
et ont proposé leurs propres pistes de réflexion, appuyées sur
l’expérience de la recherche et non sur un programme à caractère
idéologique. Malheureusement, le dialogue politique est un outil
curieux, qui ne marche que dans un sens : celui où le public est
supposé écouter (respectueusement) les (sages) décisions prises par les
gouvernants.


La France s’est vu décerner un Nobel de physique l’an
dernier (Albert Fert), un de médecine cette année (Françoise
Barré-Sinoussi, Luc Montagnier). S’agit-il d’un signe positif dont on
peut se réjouir? Une indication que tout ne va pas si mal? Que nenni.
Pour le chef de l’État, ces succès sont «l’arbre qui cache la forêt»,
qui sert d’«alibi aux conservateurs de tout poil.»


Un Nobel? Démembrons le CNRS. Sarkozy a beau répéter
qu’il ne fait que décrire la réalité, pour comprendre son raisonnement,
on est contraint d’admettre que sa vision du monde est sérieusement
déformée. Pour le café du commerce, un fonctionnaire est un fainéant et
un assisté. Dans cette optique, on comprend qu’il est rageant de voir
le prix d’excellence mondial attribué à un pur produit du "modèle
français", que le chef de l’Etat qualifie d’«organisation désastreuse.»
Il doit y avoir un bug quelque part. Ca ne peut être qu’une exception.


Discuter sur ces bases est difficile. Dans le schéma de
Lisbonne, scrupuleusement recopié par le rapport Attali, l’évaluation
est présentée comme la clé du système. «S’il n’y a pas d’évaluation, il
n’y a pas de performance», répète Sarkozy, laissant entendre que les
chercheurs, ces réfractaires chroniques, sont tout aussi hostiles à
l’évaluation qu’à la réforme. «Écoutez, c’est consternant mais ce sera
la première fois qu’une telle évaluation sera conduite dans nos
universités, la première. En 2009. Franchement, on est un grand pays
moderne, c’est la première fois.»
Le malentendu ne saurait être plus grand. L’évaluation n’a jamais fait
peur aux universitaires. Elle fait partie de leur univers quotidien, de
jury de thèse en comité de rédaction, de rapport en concours. Difficile
de le savoir pour quelqu’un qui ne s’est jamais frotté au monde savant,
mais celui-ci repose depuis bien longtemps sur le principe de
l’évaluation par les pairs – la vraie, celle qui se base sur la lecture
et la discussion des travaux, non sur quelque construction statistique
ou classement théorique. S’il faut employer correctement les termes,
l’évaluation dont se gargarisent les libéraux, matérialisée par des
agences comme l’AERES, n’est rien d’autre qu’une vulgaire notation.


Faut-il noter les chercheurs? C’était le pari de
Lisbonne il y a dix ans, bien avant la crise et la faillite des agences
de notation financières, dont les appréciations sont aujourd’hui
dénoncées par les économistes comme relevant de la «fumisterie» pure et
simple. Non, les universitaires n’ont pas peur d’être évalués ni même
notés. Comme dans les cas de manipulation qu’on a pu observer récemment
dans les domaines du chômage ou de la criminalité, ils craignent en
revanche que ces indicateurs ne servent qu’à organiser la pénurie,
habiller des décisions déjà prises et afficher des bilans truqués.


Sarkozy, qui ignore tout de la recherche, ne sait ni
comment elle fonctionne, ni même à quoi elle peut servir. La seule
notion qu’il mobilise pour en juger se résume à sa mesure politique :
le prestige national. Mais soyons sérieux. Qu’est-ce que c’est que
cette absurdité de «bataille pour l’intelligence»? Le président
s’est-il cru dans un stage de motivation pour cadres? Contre qui
faut-il se battre? Où sont nos concurrents? Mondialisée depuis le
Moyen-âge, la science échange et partage au mépris des frontières. Il
n’y a pas de «bataille pour l’intelligence», mais un concert où les
chercheurs français jouent leur partition en fonction des moyens qui
leur sont alloués.


Prôner le dialogue, c’est bien. Mais Nicolas Sarkozy a
dû oublier de transmettre son discours à Valérie Pécresse. En
l’écoutant, on comprend que l’heure n’est plus au débat. Au contraire,
«il est temps d’agir», conclut le chef de l’Etat. Ainsi soit-il.


http://blogbernardgensane.blogs.nou...
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Vilain
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MessageSujet: Re: ça chauffe !.....   Mer 4 Fév 2009 - 21:01

Citation :
les Editeurs pour la défense des sciences humaines et sociales !!!
mercredi 4 février 2009
(17h54)





Dix éditeurs en défense des sciences humaines et sociales


«Nous partageons la conviction que la vivacité de notre
démocratie repose sur la compréhension de notre temps pour laquelle les
sciences humaines et sociales jouent un rôle éminent.» Dix éditeurs
(Fayard, Erès, MSH, La Découverte, Actes Sud, Ed. Thierry Magnier, Les
Prairies ordinaires, L’Atelier) cosignent un texte de soutien aux
chercheurs, universitaires et enseignants actuellement mobilisés pour
défendre l’autonomie de leurs activités.
Suite de l’article :


http://www.mediapart.fr/club/edition/les-invites-de-mediapart/article/040209/dix-editeurs-en-defense-des-sciences-humaines-e
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Vilain
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MessageSujet: Re: ça chauffe !.....   Mer 4 Fév 2009 - 22:45

Citation :
Les élèves de l'ENS Ulm soutiennent le mouvement de grève


<table style="font-family: Verdana,Arial,Helvetica,sans-serif; font-size: 9px; color: rgb(102, 102, 102);" width="100%" cellpadding="0" cellspacing="0"> <tr><td rowspan="2" style="border-bottom: 1px solid; font-size: 33px; font-weight: bold; padding-bottom: 3px;" valign="bottom" align="right"> 4</td>
<td style="padding-bottom: 3px;" valign="bottom" width="25" align="right">févr.</td>
</tr>
<tr><td style="border-bottom: 1px solid; padding-bottom: 3px;" align="right">2009</td></tr>
</table>


Des élèves de l'Ecole Normale Supérieure
de la rue d'Ulm viennent de me faire parvenir un texte expliquant leur
participation au mouvement de protestation qui secoue l'Université. Le
voici ci-dessous.

L'ENS MOBILISEE POUR LA SAUVEGARDE DE L'ENSEIGNEMENT ET DE LA
RECHERCHE.



Un grand nombre d'universités votent la grève, des conseils
d'administration adoptent des motions condamnant une réforme hâtive et
dangereuse… Rarement le monde de l'enseignement supérieur aura été si
uni dans le mécontentement. La multiplicité des mots d'ordre ne doit
pas masquer leur convergence, de même que la diversité des projets
gouvernementaux ne saurait dissimuler leur cohérence. L'Ecole Normale
Supérieure, partie intégrante du système de l'éducation et de la
recherche, ne peut rester à l'écart de ces combats.

L’origine de ces tensions est à chercher dans la réforme des concours:
au terme de ce projet, les universités devraient proposer des masters
d'enseignement distincts des masters de recherche. Ces masters
réserveraient une large part à des contenus "pédagogiques" développés
au détriment de la pratique de la discipline elle-même, pour justifier
que les professeurs soient d'emblée affectés en horaires pleins, sans
période de rodage !


L'agrégation non plus n'est pas épargnée: le gouvernement prévoit la
fin de la possibilité de passer le
concours de l'agrégation après
l'obtention d'un master 1. Or cette interruption d'un an entre les deux
années de Master permettait à beaucoup de réfléchir attentivement au
choix de leur sujet de mémoire, qui détermine déjà le thème de leur
futur doctorat. Dorénavant, ce choix se ferait au cours de la quatrième
année de scolarité, dans la foulée de la licence … En fait, ce que
souhaite le gouvernement, c'est que le master recherche soit réservé à
quelques mauvaises têtes.
En distinguant enseignement et recherche, il
crée un fossé entre deux activités complémentaires. De fait, la réforme
des concours est indissociable de celle du statut
d'enseignant-chercheur. Selon cette réforme, l'évaluation des
chercheurs déterminerait les crédits et la liberté dont ils
disposeraient. Mais sur quels critères se ferait-elle ? Ceux de
l'Agence d'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur et
de ses classements de revues quelque peu opaques : plusieurs revues
d'envergure internationale ont refusé d’y collaborer. Controverses
coupées du monde ? Qu'adviendrait-il alors des étudiants ayant obtenu
leur master enseignement mais échoué aux concours ? Ils iraient grossir
les rangs des vacataires que l'Education Nationale recrute à tour de
bras. Mais si le Ministère dispose de cohortes de vacataires, pourquoi
se priverait-il de réduire le nombre de postes aux concours ? C'est
bien à une stratégie raisonnée de sape des statuts que l'on est
confronté. Au malthusianisme scolaire (moins de doctorants, moins de
titulaires) s'ajoute le dumping professoral entre titulaires et
vacataires.


Au terme de plusieurs assemblées et réunions d'information, une
pétition a été mise en circulation à l'intérieur de l'ENS pour demander
que l'Ecole refuse de proposer des masters d'enseignement, comme
d'autres universités. Elle a recueilli plus de 300 signatures en deux
semaines, ce qui est considérable pour un campus de seulement 2000
élèves et étudiants. Forts du soutien explicite de nombreux
professeurs, nous nous déclarons solidaires des actions entreprises
pour contester cette réforme dont la mise en œuvre montre autant de
précipitation que d'entêtement idéologique. Nous considérons ces
revendications comme indissociables du combat pour la sauvegarde de
l'ENS. Dans la foulée du rapport Attali, la « réforme » de l'ENS est en
effet à l'ordre du jour, tandis qu'un « comité d'orientation
stratégique internationale » est chargé de travailler à la
transformation de l'école - mais de quelles marges de manœuvre
bénéficie-t-il ?Les pistes évoquées jusqu'à présent représentent une
rupture dans la tradition qui est celle de l'Ecole et qui a été
constamment réaffirmée depuis la Révolution jusqu'à la loi sur le
statut des Normaliens de 1948. De fait, les attaques du gouvernement
contre le système d'enseignement et de recherche s'inscrivent dans un
cadre global de remise des traditions républicaines et sociales: après
la retraite, la Sécurité Sociale, la Justice, le volet éducatif des
réformes de la Libération. M. Sarkozy déclare volontiers vouloir
liquider l'héritage de 1968 : ne s'en prend-il pas plutôt à celui de
1945?
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Vilain
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MessageSujet: Re: ça chauffe !.....   Ven 13 Fév 2009 - 4:04

Citation :
Le fossé s'élargit entre le monde de l'enseignement et le gouvernement


2009-02-12 22:24:10
PARIS (AFP)





© AFP

Xavier Darcos le 27 janvier 2009


Le
fossé s'est élargi jeudi entre le monde de l'enseignement et le
gouvernement: les présidents d'université ont nettement durci le ton
contre les réformes en cours, tandis que chercheurs et syndicats de
l'éducation ont chacun de leur côté exprimé leur défiance.
Les
étudiants de l'Unef ont en outre appelé à une journée d'actions avec
d'éventuels rassemblements le 17 février et à manifester le 19 février,
date lancée mercredi soir par la coordination nationale des universités.
Selon
le syndicat, "plus de 55 universités", sur 83 au total ont "voté la
grève côté étudiants". Certains d'entre-eux étaient d'ailleurs dans la
rue: des cortèges de plusieurs centaines d'étudiants ont défilé, à
Rennes, Nantes et Poitiers.
Des assemblées générales ont continué à se tenir, comme à Paris-XII Nanterre, qui a reconduit la grève.
Au
lendemain du lancement de la médiation sur le statut des universitaires
qui aboutira à un "texte nouveau", la Conférence des présidents
d'université (CPU), qui y a participé, a exprimé "de fortes réserves
sur la nature et la durée" de cette médiation, "qui ne répondent pas à
l'urgence de la situation".
La concertation ne peut être
engagée que si "un climat de confiance" est "restauré", ce qui passe
selon la CPU, par un "rétablissement des postes supprimés" dans le
supérieur (900 en 2009) et un report de 2010 à 2011 de la réforme de la
formation des enseignants.
"Il n'y a aucune raison
aujourd'hui de repousser" cette réforme, a réagi le ministre de
l'Education, Xavier Darcos, tandis que Valérie Pécresse, ministre de
l'Enseignement supérieur, a souligné que ce n'était "pas dans l'intérêt
des étudiants".
© AFP

Des étudiants et enseignants-chercheurs manifestent, le 5 février 2009 à Paris


Avec
les étudiants, celle-ci a néanmoins tenté de renouer le dialogue, en
promettant des annonces sur l'amélioration de la condition étudiante en
avril.
Le discours du président de la République le 22 janvier sur la recherche a également contribué au malaise.
La CPU a demandé aux politiques "une meilleure prise en considération des résultats de la recherche française".
"Le
manque de considération dont vous avez fait preuve (...) le 22 janvier
dernier a eu et aura des effets catastrophiques", ont aussi écrit, dans
une lettre ouverte au chef de l'Etat, 128 chercheurs de l'Institut
universitaire de France, qui a pour mission de favoriser la recherche
de haut niveau.
"A budget comparable, un chercheur français
publie de 30 à 50% en moins qu'un chercheur britannique dans certains
secteurs. Evidemment, si l'on ne veut pas voir cela, je vous remercie
d'être venu, il y a de la lumière, c'est chauffé...", avait notamment
déclaré M. Sarkozy.
Voir la vidéo
"La
qualité des productions ne se mesure pas systématiquement avec des
indicateurs chiffrés et des classements", lui ont rétorqué les 128
chercheurs.
Jeudi, environ 400 chercheurs en grève, réunis
en assemblée générale à Paris, ont aussi exigé le maintien du CNRS en
tant qu'"opérateur de recherche", s'opposant au projet de le
transformer en simple agence de moyens.
Et le groupe PS a l'Assemblée a souhaité une "mission d'information" sur la réforme du statut des enseignants-chercheurs.
Enfin,
sept fédérations de l'Education ont appelé les enseignants du primaire
et du secondaire à la grève et à manifester le 19 mars, demandant au
gouvernement de "répondre positivement" à la mobilisation dans le
"supérieur et la recherche".




© AFP.








AngeR Ben...on va vers la sur-chauffe !
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Vilain
Nain de Jourdain
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MessageSujet: Re: ça chauffe !.....   Ven 13 Fév 2009 - 4:10

Mais...là aussi, ça chauffe.....

La Réunion appelle à son tour à la grève générale
jeudi 12 février 2009
(21h52)



3 commentaires



La Réunion appelle à son tour à la
grève générale
France Info - 21:27
Ce sera le 5 mars. Le Collectif des organisations syndicales,
politiques et associatives de l’île demande à son tour une augmentation
des salaires - de 200 euros nets - comme à la Guadeloupe...


Le mouvement commence à faire tache d’huile. Après la
Guadeloupe, après la Martinique, c’est maintenant la Réunion qui se
lance dans la grève générale. Prudent, le Collectif des organisations
syndicales, politiques et associatives, prévient d’une journée de grève
générale et de manifestations le 5 mars... à moins d’avancées d’ici là.


Le Collectif a ainsi arrêté une liste de quatre mesures
immédiates : hausse des salaires de 200 euros nets, baisse de 20% des
produits de consommation courante, gel des loyers sociaux, et baisse de
5 euros sur la bouteille de gaz. Des revendications qui font
furieusement penser à celles présentées dans les Caraïbes...


La Collectif, qui regroupe désormais 25 organisations
(les principaux syndicats, les partis de gauche, des associations),
doit se réunion à nouveau dimanche, pour arrêter d’autres
revendications sur les questions de l’emploi, du logement, des services
publics et de l’agriculture.


Guillaume Gaven, avec agences
source : France Info
Citation :
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Irma

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MessageSujet: Re: ça chauffe !.....   Ven 13 Fév 2009 - 10:54

ÇA VA PETER!
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Tryskel
Miserere mei
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MessageSujet: Re: ça chauffe !.....   Ven 13 Fév 2009 - 16:57

Bon, faut quand même dissocier:
Le "Mouvement en Guadeloupe" je connais, j'y étais. il ne représente pas la majorité, mais la majorité a peur de ces excités et se tait. Ce qu'ils veulent? Toujours plus de subvention de la Métropole théoriquement haïe. Cette société là, je sais comment elle fonctionne et c'est dramatique, même si c'est pas la faute du plus grand nombre.
Les "dominants" tant "Syndicalistes" que politiques tendent la main et reçoivent quoiqu'on en dise des masses de fric, sauf que, ce fric théoriquement destiné à être redistribué, ne l'est que selon la volonté des roitelets bananiers qui tiennent les harnais, et distribuent les prébendes à leurs féaux! Et c'est si facile de bloquer une île en la privant des approvionnement si chers payés de la Métropole!
Beaucoup moins loin géographiquement, j'ai vécu ça en Corse!
Oui, la vie est trés chère là bas, les produits de 1ère necessité coûtent en moyenne le double d'ici, faut payer le voyage.
Qu'on m'explique pourquoi, alors que ces produits coûtent la peau des fesses, des trucs aussi essentiels que l'alcool et les clops y sont moitié moins cher?
Ils vont obtenir quoi, juste ce qu'ils veulent, gueuler Indépendance surtout en la voulant pas et encore plus de sous pour que les potentats locaux les utilisent à leurs fins!
Et non, j'exagère pas, encore une fois, je sais, j'y ai vécu!
Et c'est grave parce qu'il a des gens lambda géniaux, un potentiel culturel, sauf que, ils ne peuvent pas s'exprimer!
Et je peux vous dire que ça chauffe pas autant qu'on veut le faire croire, on va traiter avec les leaders locaux qui manipulent la population, et ça retombera dans la torpeur tropicale, au plus grand profit de ceux qui sur place, contrôlent la situation!

Et les "Enseignants Chercheurs", un autre problème!
Pour moi qui fut enseignante, il n'y a pas d'enseignement sans recherche! Même si ta recherche est pas homologuée "Université", si tu veux enseigner, tu dois progresser dans ta discipline pour transmettre le "Savoir", c'est tout con, c'est pas franchement admis parce seuls peuvent chercher les "Chercheurs" estampillés qui "Publient" dans n'importe quelle revue et peuvent dire n'importe quoi, l'important, c'et pas le contenu, c'est publier, Diégo a dit un truc du genre!
Améliorer la "Condition Etudiante" moi, je veux bien, mais faudrait qu'on m'explique en quoi ça consitste!
Le mépris est insuportable, mais... si la versaillesse Pécresse pense toute seule, les menhirs vont danser la gavotte!
Ce que je veux dire, enfin j'essaie c'est que le Prince qui nous gouverne veut une société formatée à sa botte, que c'est pas acceptable, mais que tous ces "mouvements contre" pour avoir vécu 68, je suis moins que pas sûre que ce soit le peuple profond qui réagisse dans tous ces "mouvements".
Parce que tout ça date pas d'hier, alors pourquoi ces gueulantes aujourd'hui?
Parce que avec la "Crise" on craint pour ses prébendes?
Parce que si les "Enseignants" chercheurs ou pas veulent vraiment que ça change, ils arrêtent complétement de bosser, et ils bloquent le système en place, là, oui, avec l'accord des "élèves" et "étudiants" on pourra peut être obtenir un frémissement pour que ça change et que le savoir soit accessible à tous ceux qui veulent y accéder.
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