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 Du monde au Balkon

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MBS



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MessageSujet: Re: Du monde au Balkon   Sam 14 Mar 2009 - 21:50

- C’est à prendre ou à laisser !
Le directeur de la rédaction de Channel 27 n’hésita pas longtemps. Ce que proposait cette journaliste free-lance c’était de la bombe. Elle pouvait non seulement apporter de nouveaux développements sur l’affaire Cathy van der Cruyse mais aussi commenter en direct, et quasi de l’intérieur, ce qui se passait à Caen. A Caen où ils n’avaient personne. C’était pain béni.
- Ok. Je prends au tarif que vous avez demandé. Mais vous ne touchez rien sur les redifs.
- Ca marche.
- On va couper l’émission en cours, faire un plateau de lancement avec la journaliste de garde et elle vous passera la parole. Ne faites ni trop long, ni trop précis, ce n’est pas un article de presse… Et n’oubliez pas que nous n’aurons pas d’images, vous êtes nos yeux et nos oreilles.

Pour Gilbert Pierron, plus rien ne serait jamais comme avant. Qu’avait-il fait pour enfanter ce monstre ? Sa fille l’avait trahi au-delà même d’une simple affaire de dopage. Elle avait mis au point le trafic de produits dopants au sein de l’équipe belge, en profitant sans doute de sa complicité involontaire, au minimum de son aveuglement. Elle avait ordonné l’assassinat d’au moins une personne et voulu lui faire suffisamment peur pour qu’il disparaisse à jamais du circuit de l’athlétisme.
Abandonné à un arrêt de bus avec sa cuisse trouée par « l’Ange de la Mort », il avait d’abord pleuré avant de se reprendre. Toute sa vie il avait été quelqu’un de fiable, d’honnête et d’inattaquable. Coléreux, oui. Chiant, sans doute. Mais personne n’avait jamais pu le suspecter d’avoir triché ou d’avoir prêté la main à une tricherie. Pouvait-il se permettre, parce que c’était sa fille, de déroger à cette ligne de conduite ?
Non.

- Ici Louisa Barbosa. Je me trouve actuellement devant le commissariat de police de Caen où les dernières minutes ont été marquées par des événements d’une grande tension. Le sprinter belge Léo Chopin, blessé jeudi soir à l’entrainement, est entré en force en défonçant l’entrée du commissariat. Il a présenté son intervention comme le résultat d’une dépression amoureuse, réclamant la présence de Cathy van der Cruyse près de lui. Je suis en mesure de vous révéler qu’il y a en fait derrière ces événements une grave affaire de dopage. Le monde entier a été stupéfait par l’extraordinaire performance de Cathy van der Cruyse vendredi soir à la rencontre d’athlétisme Pythagore près de Lille. Cette performance est le résultat de l’absorption de plusieurs gélules d’un produit dopant appelé Balkon. Le Balkon se présente sous la forme d’inoffensives gélules rouges. Son pouvoir est véritablement terrifiant car s’il accroît de manière spectaculaire les performances athlétiques, il dérègle également la psychologie des personnes. Ainsi, on ne peut comprendre le geste de Léo Chopin si on ignore qu’il est lui-même addict au Balkon et qu’il est celui qui a fourni les gélules de Balkon à Cathy van der Cruyse.
- Louisa, intervint la journaliste en plateau, quelle est la situation exacte à Caen ?
- Léo Chopin a pris Cathy van der Cruyse en otage et il a réclamé une voiture pour s’enfuir. La police locale a décidé de céder à cette demande. Par ailleurs, on n’a pas vu de signes semblant annoncer l’arrivée de forces d’intervention. Il semble donc que Léo Chopin pourra quitter le bâtiment sans être inquiété.
- Louisa, vous enquêtez depuis plusieurs jours sur cette affaire de dopage. Sait-on si on est là face à un scandale comparable aux affaires qui ont touché l’athlétisme américain il y a quelques années ?
- C’est assez difficile à dire. Tout ce qu’on peut remarquer c’est que depuis deux ans des sportifs belges s’illustrent en nombre croissant dans toutes les disciplines nécessitant force et vitesse. Léo Chopin a été un précurseur en athlétisme avant la performance de Cathy van der Cruyse. En tennis, Josy Hénon vient de remporter plusieurs victoires retentissantes en tennis. Joe van den Turp a battu à plusieurs reprises le record du 100 mètres nage libre. Ce ne sont pas à mon avis des coïncidences.
- Louisa, nous venons de joindre notre consultant athlétisme, Bruno Saint-Pognon… Bruno, que pensez-vous des informations apportées par Louisa Barbosa depuis Caen.
- Je dois dire que je suis assez sceptique. On ne connaissait pas Cathy van der Cruyse, c’est vrai et on est en droit de s’interroger sur sa performance… En revanche, quelqu’un comme Léo Chopin est bien connu depuis plusieurs années. Il n’a pas eu de progression fulgurante et n’a jamais été suspecté ou inquiété lors de contrôle antidopage.
- Bonjour monsieur Saint-Pognon, fit Louisa… Venez donc faire un tour ici et voyez dans quel état de nervosité est le dénommé Léo Chopin, et nous en reparlerons…
- J’ai parlé de ses performances, pas de sa personnalité. Nuance ! Dans le milieu, tout le monde sait que Léo Chopin a des réactions souvent excessives et que son équilibre mental fragile était susceptible parfois de l’amener à péter les plombs.
- Alors si vous avez des informations, pourquoi ne les avez-vous jamais données ? Vous êtes journaliste.
- Je suis juste consultant. Je ne suis pas journaliste.
- Mais si je vous suis, les problèmes de Léo Chopin étaient connus… Alors pourquoi aucun journaliste spécialisé ne les a évoqués ?
- C’est du ressort de sa vie privée.
Louisa martyrisait son téléphone portable. Ce type, qu’elle ne connaissait pas, était en train de lui casser son scoop.
- Ecoutez, je possède une gélule de ce produit. Je la ferai analyser et nous verrons bien. C’était Louisa Barbosa pour Channel 27 en direct de Caen.
Elle appuya sur le bouton rouge pour couper la conversation. Pour un fiasco, c’était un beau fiasco.
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MessageSujet: Re: Du monde au Balkon   Sam 14 Mar 2009 - 21:50

Franka, comme l’avait ordonné Léo Chopin, s’était couchée à côté de Cathy, le nez dans l’annuaire – peu épais heureusement – de la Creuse.
- Ca va, Cathy ? chuchota-t-elle.
Cathy, les yeux comme des billes et la bouche serrée nerveusement, ne répondit rien.
- Ca va ? répéta Franka.
Cathy inclina légèrement la tête. Elle semblait bizarre, mais bizarre elle l’était toujours, qu’elle soit ou non dans son état normal.
- La voiture est prête, lança Luc Savidan.
- Alors on y va !
Léo Chopin reprit ses béquilles, fit signe à Franka et Cathy de passer devant lui pour lui servir de bouclier humain. L’inspecteur Savidan ouvrit le chemin le long d’un couloir interminable qui conduisait à l’arrière du commissariat.
- Ce sera plus discret par là, expliqua-t-il en croisant le regard soupçonneux du preneur d’otages. Pas de journalistes…
- Monte là ! ordonna Léo Chopin à Cathy. A côté du conducteur ! Moi je me mets à l’arrière.
Pour gagner la place que venait de lui indiquer le sprinter belge, Cathy passa devant l’inspecteur Savidan. Elle s’arrêta devant lui, le toisa pendant deux secondes puis lui cracha dessus.
- Je t’aime plus ! T’as rien fait pour me sauver !
Elle s’engouffra dans la voiture laissant l’inspecteur interloqué. Léo Chopin eut un sourire de vainqueur à l’encontre de son rival malheureux. Quant à Franka, elle s’installa au volant en se demandant pourquoi personne n’avait encore cherché à maîtriser ce dingue en béquilles.
Même pas elle !

- Louisa Barbosa ?
- Oui… Qui êtes-vous ?
- Gilbert Pierron.
- Je ne reconnaissais pas votre voix…
- J’ai été agressé, je perds mon sang et je ne sais pas si je vais avoir envie de m’en sortir. Il faut que je parle à quelqu’un…
- Appelez plutôt la police.
- C’est à vous que je veux parler… Parce que vous allez comprendre très vite… Et que je ne veux pas avoir à répéter ce que je vais vous dire… Ma fille Cécile est responsable du trafic du Balkon.
- Vous pouvez répéter ?
- Non… Cela fait trop mal de le savoir et encore plus de l’avoir dit… Je vous fais confiance pour dire cela à qui de droit.
La voix de Gilbert Pierron disparut dans l’écouteur. L’écran du portable afficha « fin de communication ». Louisa se retrouva dépositaire d’une nouvelle information primordiale. Elle chercha dans le répertoire du téléphone le numéro de Franka. Elle seule saurait quoi faire.

- Pourquoi on ne les suit pas ?
L’inspecteur Coutron était sidéré par l’apathie de son collègue. Savidan était revenu la tête basse et la mine grise du parking d’où s’étaient envolés Léo, Cathy et Franka.
- Elles vont très bien s’en sortir sans nous, répondit Savidan. Nous, dans toute cette histoire, on n’avait rien à y voir. Qu’elles aillent finir ça ailleurs… Et sans nous.
- Au moins, t’auras récupéré la légion d’honneur dans l’histoire, fit Coutron en éclatant de rire.
- Quoi ?
Yannick Coutron tendit la main vers le revers de la veste de Savidan, en ramena une petite gélule rouge qu’il mit sous le nez de son chef.
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MessageSujet: Re: Du monde au Balkon   Sam 14 Mar 2009 - 21:51

Le téléphone se mit à sonner alors que Franka s’engageait sur le boulevard périphérique de la ville.
- Je peux l’éteindre ? demanda-t-elle.
- Ce serait mieux…
Franka glissa la main dans sa poche, tâtonna pour trouver le bouton d’arrêt, puis ramena la main sur le volant.
- On va où ?
- Voir ceux qui te payent. Ils voulaient Cathy, je leur amène Cathy.
- Mais ils sont où ?
- Je comptais un peu sur toi pour me le dire, fit Léo Chopin en approchant le canon de la tempe de Franka.

- Vous comptez faire quoi pour elles ? demanda Claire de Roncevaux.
- Madame de Roncevaux…
- Appelez-moi Claire.
- Comme vous le voulez… Donc, Claire, je suis sûr d’une chose… Et, une fois que votre esprit angoissé aura repris le dessus sur votre cœur de mère, vous serez d’accord avec moi. Cathy ne fera qu’une bouchée de Léo Chopin lorsqu’elle ne le supportera plus. Il est sportif, elle l’est aussi. Il est plus musclé qu’elle mais elle a ses deux jambes.
- Et elle est ceinture noire de judo, ajouta Claire.
- Vous voyez.
- J’aimerais quand même savoir où ils vont.
- Ce n’est pas bien compliqué à deviner, intervint l’inspecteur La Garenno. Léo Chopin était là pour éliminer Cathy van der Cruyse. Soit il veut vraiment la tuer lui-même et il le fera le plus vite possible… Mais, rajouta-t-il aussitôt pour éviter d’inquiéter Claire de Roncevaux, je suis comme mon collègue, je ne lui donne pas une chance d’y parvenir.
- Soit ? questionna Savidan qui avait envie d’entendre autre chose que la mise en danger de Cathy.
- Soit il veut livrer directement Cathy à ceux qui lui fournissent habituellement le Balkon.
- Personne ne sait où c’est, objecta Savidan. A part Chopin.
- Raison pour laquelle il aurait été plus avisé de les faire suivre, conclut La Garenno..

Avec un pistolet sur la tempe on réfléchit mieux et plus vite. C’est ce que disent les gens qui n’ont jamais été confrontés à une telle situation. Pour Franka, la chose se trouvait compliquée par le fait qu’on attendait d’elle une réponse qu’elle n’avait pas. Si elle protestait en disant qu’elle ne savait pas, Léo Chopin pourrait fort bien tirer. Si elle disait n’importe quoi, elle gagnait du temps.
Mais il fallait que ce soit plausible.
- Ils sont à Lille… dit-elle.
- Nous retournons donc à Lille, décréta Léo Chopin… Mais ne trouvez-vous pas étrange qu’ils soient justement là où se tenait la compétition ?
Une soudaine inspiration dicta à Franka une réponse qui pouvait retourner la situation à son avantage.
- C’est ce qui nous a permis d’éliminer les bavards… Vous connaissiez Albertine-Ulla van retrouvé ?
- Evidemment…
- Poum ! Entre les deux yeux !
Franka lâcha le volant pour mimer de la main droite la balle venant frapper en pleine tête. Comme elle l’avait espéré, Léo Chopin se recula. L’élimination d’une cliente par les fournisseurs de Balkon lui disait une nouvelle fois que ces gens-là ne plaisantaient pas. Après le coup des caméras à son domicile, les menaces au téléphone, il y avait là quelque chose d’encore plus tangible. Il en vint à se demander si aller retrouver ces malades était une bonne idée.

La voix du professeur Pochard de Namur était non pas ensommeillée mais alcoolisée. Visiblement, les scientifiques savaient avoir de joyeuses soirées après avoir quitté leurs labos.
- Professeur Pochard, c’est quoi ce rapport ? attaqua le colonel de Roncevaux qui n’avait aucune envie de prendre des pincettes.
- Quel rapport ?
- Celui sur l’échantillon GBH-453-SV-2.
- Connais pas, répondit Josiane Pochard… Pose tes deux pieds en canard…
- Vous pouvez pas arrêter de chanter ?!
- Je chante si je veux… C’est mon anniversaire de mariage !
- Je vous en félicite, fit en essayant de se calmer Roland, et je félicite aussi votre mari.
- Mais mon mari il est pas là… On a divorcé il y a onze ans… Mais je continue à fêter l’anniversaire de mariage quand même… La chenille part toujours à l’heure…
- Bon sang ! Fermez-la un peu !… C’est un rapport que vous avez fait cette après-midi…
- Cette après-midi ?… Ah oui ! C’est à cause de ce truc que j’ai pas pu aller chez le coiffeur… Et tout ça pour quoi ?!… Nic’ un peu de champ’ s’il te plait… Pour un composé de trucs sans intérêt.
- « Rien d’intéressant » avait vous écrit.
- C’était bien le seul truc à dire. Dans cette gélule, il n’y avait rien de cohérent. Du sucre, du fluor, un concentré lipidique…
- Il y avait bien autre chose… C’est un produit dopant quand même.
- Rien, je vous dis… Il vient ce champ’ ?

Louisa s’escrimait depuis cinq minutes pour pénétrer dans le commissariat. Après le départ du preneur d’otage – qu’on supposait tant la tension était retombée autour du bâtiment – les journalistes n’avaient pu entrer en contact avec les flics. Ceux-ci avaient refermé la brèche ouverte par Léo Chopin et refusé de faire toute communication sur les suites de l’affaire. A chaque fois que Louisa essayait de parlementer avec l’inspecteur Cotron, elle se heurtait à un mur.
- Nous n’avons rien à dire pour l’instant.
- Je ne vous demande pas de me dire quelque chose… Je vous demande de dire quelque chose à quelqu’un.
- A qui ?
- Franka Ramis.
- Elle n’est plus là !
Ou bien il mentait, ou bien c’était une information importante. Franka devait pister le ravisseur de Cathy, ce qui expliquait peut-être le silence obstiné de son portable.
- Bon sang ! Vous avez bien un chef, un responsable ?
- Il est un peu aux fraises.
- Demandez-lui de sortir de ses fraisiers et d’entrer en contact avec le colonel de Roncevaux à Bruxelles…
- Comment dites-vous ?
- Le colonel de Roncevaux..
- Entrez.
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MessageSujet: Re: Du monde au Balkon   Dim 15 Mar 2009 - 14:29

Chapitre 23
Gloire post-mortem


La communication arriva sur le portable personnel du colonel de Roncevaux. Encore irrité par la manière dont le professeur Pochard l’avait traité, raccrochant après avoir obtenu son verre de champagne, le chef des services secrets l’avait mauvaise. Il bougonna plus qu’il ne répondit lorsqu’il reconnut la voix de son épouse à l’autre bout du réseau.
- T’es où ?
- Je suis au commissariat de Caen. La situation est la suivante. Cathy et Franka sont otages de Léo Chopin…
- Il faut déc…
- Ne t’emballe pas ! Tout le monde est d’accord pour dire qu’elles ne risquent rien et plus j’y pense, plus je me demande si c’est pas ce couillon qui est en fait leur otage…
- Ils sont où ?
- Quelque part dans la nature…
- On peut toujours tenter de géolocaliser leurs portables.
- Pourquoi pas ? L’essentiel c’est de ne pas intervenir… Ils nous conduiront peut-être à la source du Balkon… En revanche, nous venons de recevoir une information très importante par le canal de Louisa Barbosa… Tu te souviens d’elle ?
- La journaliste…
- Exactement. Selon un informateur qu’elle n’a pas voulu citer, il y aurait derrière l’affaire du Balkon une certaine Cécile Pierron. C’est une athlète de l’équipe belge.
- Pierron ? fit le colonel en se plongeant nerveusement dans son dossier. Elle ne serait pas en famille avec le coach de l’équipe.
- C’est sa fille.
- C’est donc elle qu’il faut retrouver en priorité.
- Ta fameuse géolocalisation, elle peut rien faire à ce sujet.
- On va essayer… Je t’embrasse.
- Moi aussi… Mais, Roland, si tu peux nous dire quelque chose sur Cathy et Franka, on ne dit pas non.
- Promis.
En pensant à sa fille, Claire avait toujours tendance à oublier le reste du monde. Comme le fait que Franka avait pour lui autant d’importance que Cathy en avait pour elle. Il n’allait pas se désintéresser de leur sort. Bien au contraire ! Plus vite Cécile Pierron serait retrouvée et mise hors d’état de nuire, plus vite il pourrait concentrer ses efforts sur la recherche de Franka et Cathy.
- Lieutenant Montereau. Si vous parvenez à me trouver le numéro de téléphone portable de Cécile Pierron et à me géolocaliser son emplacement, vous commanderez le groupe qui ira l’intercepter.
- Mon colonel, c’est comme si c’était fait.

C’était beaucoup trop dangereux de continuer.
Telle avait été la conclusion de Cécile Pierron lorsque son complice et amant lui avait annoncé qu’une journaliste avait en main tous les éléments permettant de mettre fin au trafic de Balkon.
C’était aussi très dangereux de laisser d’éventuels témoins dans la nature. Le sort d’Albertine-Ulla avait été réglé à temps mais il restait une demi-douzaine de sportifs à faire taire avant que la police ne les alpague. C’était la priorité des priorités.
- On va pas saborder tout à cause de ce taré de Chopin et de sa pétasse blonde, lui avait lancé son compagnon.
- On a touché beaucoup grâce à eux… On peut disparaître quelques années et vivre sous les cocotiers sans rien faire.
- Je ne peux pas disparaître comme ça, je suis un homme public.
- Eh bien, attends que les flics viennent te pincer derrière ton micro. Moi je rentre à Bruxelles, je fais ma valise et je disparais.
- Tu t’affoles pour rien… Tu sais bien que le Balkon est indétectable. Encore une fois, si on élimine Chopin et Van der Cruyse, on est sauvés et tout continuera. Cette journaliste, on la mettra plus bas que terre si elle persiste. On s’en sortira, tu verras.
Il embrassa Cécile avec toute la fougue d’un amant bien plus âgé. Leur couple secret était bien construit. Elle était passionnée et énergique quand lui était froid et raisonnable. Elle n’aurait jamais mis en place toute l’affaire s’il n’avait été là pour l’encadrer, la conseiller, lui donner des repères. Elle avait eu l’idée de base et fournit la substance, il avait apporté son sens de la communication pour la mettre en musique. L’idée de la Grosse Voix au téléphone, c’était lui. C’était par ce biais téléphonique que les contacts avaient été pris, que les livraisons étaient annoncées. Cécile écoutait au jour le jour les athlètes parler, se plaindre de leur sentiment de plafonner dans leur progression chronométrique, elle sentait ceux et celles qui étaient prêts à franchir le pas du dopage. Quelques jours après, la Grosse Voix les contactait et ils disaient « oui ».
Tous !
Cela avait pris un an pour commencer à voir des résultats se produire. Lui, il refusait de prendre le risque de voir tout s’arrêter. Oui, ils gagnaient beaucoup… Mais, l’affaire Cathy van der Cruyse, loin d’être une mauvaise affaire, pouvait leur permettre, grâce à la publicité ainsi faite, d’aborder le marché américain. Là-bas, ils étaient moins regardant avec la morale quand il s’agissait de réussir et de gagner des dollars à foison. Les petites gélules aideraient à toucher de gros cachets.
- Rentre à Bruxelles mais attends-moi jusqu’à demain 15h. Si je ne suis pas là, tu pourras t’enfuir si tu le souhaites.
- On se retrouve où ?
- Là où tout a commencé…
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MessageSujet: Re: Du monde au Balkon   Dim 15 Mar 2009 - 14:31

De temps en temps, Franka jetait un coup d’œil sur sa droite. Cathy restait droite comme un « i » et regardait la route. Franka avait espéré secrètement qu’elle s’endormirait, histoire d’avoir l’esprit et les mains libres lorsqu’elle déciderait d’inverser la situation avec Léo Chopin.
Mais Cathy ne dormait pas.
Et Cathy ne dormait pas alors qu’après chaque gélule de Balkon, elle sombrait à l’habitude dans un profond sommeil.
Franka pesta entre ses dents. On ne pouvait décidément pas compter sur Cathy pour faire quelque chose d’intelligent.
- Je veux faire pipi !
- Quoi ?! s’exclama Léo Chopin.
- Je veux faire pipi ! répéta Cathy.
- On ne peut pas s’arrêter. Tu te retiens !
- Oui mais je veux faire pipi. Ca te va bien de dire ça « tu te retiens » mais on n’y peut rien si on a une vessie plus petite. La capacité normale chez l'homme est de 350-600cc et chez la femme de 250-500cc. Donc, forcément, on a envie plus souvent.
Franka se surprit à sourire. Cathy ne dormait pas, Cathy avait toujours dans la tête des trucs bien mémorisés, Cathy était horripilante comme une chanson engagée. Cathy était toujours Cathy. Soit le Balkon n’avait plus d’effet sur elle, soit elle ne l’avait pas avalé pour rester elle-même. Elle repensa alors au crachat vers l’inspecteur à Caen, puis trouva une explication au mutisme de Cathy lorsqu’elle l’avait rejointe dans le camp retranché de Léo Chopin. C’était ça ! Cathy avait fait mine d’avaler la gélule mais elle l’avait gardée dans la bouche pendant de longues minutes avant de la recracher..
- Si on s’arrêtait, j’irai bien moi aussi au petit coin, fit Franka. Sans doute pour les mêmes raisons que vient de donner Cathy.
- On ne peut pas s’arrêter ! Vous vous retenez !

- Mon colonel, nous avons repéré le téléphone de Cécile Pierron.
- Où est-il ?
- Malheureusement, il est en France…
Intervenir en France, cela voulait dire demander des autorisations, expliquer le comment et le pourquoi. Ce n’était déjà pas simple en temps normal mais pendant une nuit entre samedi et dimanche ça relevait de l’impossible.
- Où en France ?
- Attendez, s’écria Charlotte Montereau, attendez ! Elle bouge !…
L’agente spéciale affina le zoom sur sa carte, passant à une localisation plus fine.
- Dieu est belge ce soir, mon colonel… Elle est sur l’autoroute et elle va vers la frontière. Dans une dizaine de minutes, elle sera de retour au pays.
- Chose promise, lieutenant… Interceptez-moi la demoiselle… Le plus vite possible !

- Je veux faire pipi !
Au bout de dix minutes de pleurnicheries, Léo Chopin avait les tympans en compote. La grande asperge avait ce talent extraordinaire de vous mettre les nerfs en pelote avec sa petite voix de gamine.
- Ok… On va s’arrêter…
- C’est pas trop tôt ! fit Cathy.
- La prochaine aire est dans 22 kilomètres, dit Franka qui conduisait toujours en mémorisant ce genre de détails.
- Vous croyez pas qu’on va s’arrêter en public ? Vous me prenez pour un Français ou quoi ?… Arrêtez-vous dès que vous pouvez. Vous passerez par-dessus la glissière de sécurité, vous ferez ce que vous avez à faire et voilà. Si vous cherchez à vous échapper, je tire.
Franka commença à ralentir pour s’arrêter sur le bord de l’autoroute. Tirer sur des fugitives dans la nuit ? Ce Chopin était un grand naïf. Il faisait nuit noire, l’autoroute n’était pas éclairée et la lune brillait surtout par son absence. La seule peau qu’il pouvait éventuellement trouer serait celle du silence.

L’hélicoptère décolla du sommet de l’immeuble de la fausse banque. A son bord, sous le commandement du lieutenant Montereau, trois aspirants des services secrets dont c’était la première mission sur le terrain. C’était tout ce qu’on avait plus trouver en un temps aussi court. On les avait raflés à la cafétaria de l’école, armés et briefés rapidement.
- Bon les bleus, fit Charlotte Montereau en rigolant, j’espère que vous avez pas le mal de l’air ?
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MessageSujet: Re: Du monde au Balkon   Dim 15 Mar 2009 - 14:32

Bruno Saint-Pognon se glissa dans la camionnette garée sur le parking près du stade. C’était leur poste d’opération privilégié. Qui prêtait attention à ce genre de véhicule utilitaire blanc, vaguement cabossé et sans aucun signe distinctif ? Personne !
A l’intérieur, il y avait leur petit laboratoire dans lequel ils fabriquaient les gélules de Balkon, l’appareillage informatique qui permettait de donner de la consistance et du volume à la Grosse Voix et, surtout, le coffre-fort dans lequel ils avaient entassé plusieurs millions d’euros. Depuis les dernières mesures internationales, les paradis fiscaux n’étaient plus ce qu’ils étaient. Mieux valait garder son blé pas trop loin de soi.
« L’Ange de la Mort » avait réclamé son complément de salaire après avoir bousillé la cuisse de Gilbert Pierron. Il fallait bien revenir à la planque pour dégager la somme nécessaire des ressources globales de l’entreprise.
- Je vous donne le boitier ? demanda le tueur lorsqu’il eut fini de recompter les billets.
- Le boitier ? Bien sûr ! C’est même pour l’avoir que j’ai rajouté un petit plus à votre salaire, mon cher.

- Qu’est-ce qu’on fait ? demanda Cathy après le franchissement de la glissière de sécurité.
- Toi tu pars en courant… La prochaine sortie est dans 3 kilomètres… ça doit pas te faire peur… En te voyant détaler, il va prendre peur… Et là, moi je le prends à revers et je lui fais bouffer sa béquille.
- Pourquoi ce serait toi ?
- Tu as vu mon visage ?
- Bah… Avec un peu de fond de teint…
- Cathy, je t’interdis de me coller tes cochonneries sur la tronche…
- T’es vraiment pas une fille ! pesta Cathy. Si t’étais une fille, peut-être que tu serais plus gentille avec moi. Parce que tu m’as laissée tomber dans toute cette histoire… T’étais jamais là !
Là c’était vraiment trop fort ! Cathy commençait à lui faire une scène.
- Ecoute, c’est pas le moment… mais permets-moi de te dire que tu n’en avais que pour ton Balkon, que ça te rendait intelligente et des conneries comme ça… D’ailleurs, pourquoi tu l’as pas avalée la gélule tout à l’heure ?
- Ca me faisait plus rien… A chaque fois je dormais. Alors ça sert à quoi d’être intelligente si tu as même pas le plaisir de t’en rendre compte.
- Ca, Cathy, c’est le truc le plus intelligent que tu aies dit depuis longtemps.
Elle lui serra affectueusement le bras, l’attira vers elle et déposa un baiser sur sa joue.
- Allez, file maintenant !
- Attends, faut que je fasse pipi d’abord, répliqua Cathy.

La Grosse Voix tira Léo Chopin de la douce léthargie dans laquelle il était en train de s’enfoncer sans en avoir conscience.
- Alors ? Vous l’avez finie ? Elle ne parlera plus ?
- Nous sommes sur la route en ce moment… Je la ramène… Vous lui ferez ce que vous voulez parce que moi, après, il faut que je disparaisse de la circulation…Et si je pouvais éviter d’avoir du sang sur les mains… Vous m’avez quand même mis dans un sacré merdier.
- Vous vous y êtes mis vous même, Chopin ! Personne ne vous obligeait à faire une prise d’otages dans un commissariat et devant une bande de journalistes.
La Grosse Voix avait raison. Il avait été fin dans cette affaire comme une boite de gros sel.
- Et vous êtes où là ?
- Quelque part en Normandie…
- Parfait ! Je vous attends au centre de la place Bruno Benabar à Lille. En échange de la fille, je vous donnerai de quoi vous aider à vivre pendant le 5 prochaines années. Juste retour des choses.
Léo Chopin retrouva instantanément le sourire. Finalement, tout allait bien se terminer. Sauf si…
Mais oui, c’était bien une silhouette qui s’éloignait au pas de course !
Léo Chopin baissa la fenêtre, hurla un « revenez ! » tonitruant puis tira un coup de feu en l’air.
L’instant d’après, une main s’agrippait à son bras, le tirait vers l’avant. La tête du sprinter frappa le montant qui séparait la partie avant de la partie arrière du véhicule. La main qui ne le lâchait pas le projeta à trois reprises contre la barre métallique puis le laissa s’affaler.
KO technique.
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MessageSujet: Re: Du monde au Balkon   Dim 15 Mar 2009 - 14:32

- L’objectif est entré sur notre territoire. Nous l’intercepterons ici, expliqua le lieutenant Montereau au pilote de l’hélico en montrant un point sur la carte électronique.
- Vous voulez que je me pose sur l’autoroute ? s’étrangla celui-ci.
- Evidemment ! Vous croyez pas qu’on va courir après une voiture quand même…

- Cathy ! Cathy !
Cette cruche n’entendait rien !
Franka fit quelques pas et recommença à appeler. Sa voix se perdait dans la nuit et dans le bruit des rares voitures qui passaient à pleine vitesse.
Elle aurait bien pris la voiture pour la rattraper mais elle n’avait rien pour attacher Léo Chopin. S’il se réveillait, il pourrait la surprendre pendant qu’elle conduisait. Il lui fallait Cathy pour conduire. Elle, elle le surveillerait.
- C’est pas grave… Un peu de footing nocturne ça ne me fera pas de mal !
Elle n’avait pas pour idée de rattraper Cathy en adoptant son rythme de fondeuse mais bien de sprinter comme une fondue pour se rapprocher assez pour l’appeler en ayant une chance d’être entendue. Au lieu de longues foulées souples, Franka embraya sur une fréquence rapide. Elle ne tiendrait que quelques centaines de mètres à ce rythme-là. C’était sprint contre demi-fond.
Elle s’était éloignée d’une centaine de mètres quand une violente explosion la jeta à terre. La voiture banalisée de la police s’était transformée en un vigoureux brasier. Ca cramait comme à une garden-party en enfer.
Dans la nuit, elle entendit un cri, une plainte terrible qui lui réchauffa le cœur.
- Frankaaaaaaaaaaaaa !!!

Les bleus avaient de l’énergie à revendre. Un peu trop même aux yeux du lieutenant Montereau qui trouva soudain qu’elle avait dû vieillir beaucoup. Contrairemen à eux, elle n’éprouvait pas ce besoin de frapper fort, de crier fort, d’agir sans retenue.
L’hélicoptère s’était à peine posé sur le goudron sombre de l’autoroute qu’ils avaient jailli comme des diables d’une boite et entouré la Peugeot 207 qui venait de freiner brusquement. Un aspirant bondit sur le capot et braqua son arme vers le pare-brise, un autre arracha pratiquement la portière quand la troisième tirait vers elle la conductrice.
Cécile Pierron se retrouva sans avoir eu le temps de comprendre, le nez contre le goudron, un canon froid de mitrailleuse dans la nuque.
Cinq minutes plus tard, elle était menottée et bâillonnée dans l’hélicoptère qui reprenait le chemin aérien de Bruxelles.
- Mission terminée, fit Charlotte Montereau dans le micro de son casque.

- Tu es où ? demanda le colonel de Roncevaux après un léger silence qui marquait à la fois sa surprise et sa joie d’entendre Franka.
- Quelque part du côté du Havre… Pour nous, je crois que la mission est terminée. Cathy pleure comme une madeleine parce que Léo Chopin est mort et moi je crois que j’ai les nerfs bousillé pour un moment. SI j’avais suivi ma première idée, je serai en train de découvrir les secrets de la vie d’une bûche jetée dans une cheminée en plein hiver.
- Pourquoi elle a explosé cette voiture ?
- J’ose pas te dire ce que je pense…
- Dis toujours !
- Les flics français avaient piégé leur bagnole…
- Cherche autre chose… Ils n’auraient pas pris ce risque-là.
- Je ne sais pas moi… Peut-être qu’ils entretiennent mal leur matériel alors…

A 5 heures 17 du matin, un touriste japonais, en plein décalage horaire, se promenait le long des berges du lac du Héron lorsqu’il aperçut un corps qui flottait dans l’onde poisseuse à défaut d’être poissonneuse. Il sortit son Canon auto-reflex et prit une photographie du cadavre. Il ressemblait étrangement à Gilbert Pierron.

* * * * * *
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MessageSujet: Re: Du monde au Balkon   Dim 15 Mar 2009 - 14:33

- Si je comprends bien, dans cette histoire, les apparences étaient trompeuses.
Le colonel de Roncevaux hocha la tête en signe d’acquiescement. Par définition, il valait toujours mieux être d’accord avec son ministre de tutelle.
- Mais ce Balkon était-il oui ou non un produit dopant ?
- Personne ne comprend monsieur… Nos meilleurs spécialistes sont penchés sur ce mystère depuis une semaine. Ils pensent que c’est un produit qui a un effet sur la psychologie plus que sur le muscle. Le cerveau donnerait l’ordre aux muscles de se remuer davantage.
- Effet placebo ?
- Peut-être… On sait pas, mais on cherche… C’est fait pour ça les chercheurs après tout.
- Oui mais ce serait quand même bien qu’ils trouvent quelque chose… J’ai des comptes à rendre aux finances, moi.
- Je comprends très bien cela, monsieur le ministre.
- Qu’en est-il alors de la fameuse Cathy van der Cruyse ?
- Nous avons présenté toute l’affaire comme une malheureuse affaire sentimentale. Une affaire qui se termine par un drame horrible sur une autoroute française. Bien sûr, ce sera difficile pour Cathy d’admettre qu’elle est officiellement morte mais, après quelques jours en observation à l’hôpital Pierre Cambronne, elle prendra le chemin de Liverpool. On nous a indiqué là-bas un spécialiste qui pourra peut-être mettre de l’ordre dans ses terminaisons cérébrales. Dans quelques mois on l’aura oubliée.
- Les coupables ?
- Arrêtés et inculpés pour meurtre.. Seul le tueur à gages, l’homme qu’ils appellent « L’Ange de la Mort », court toujours. On finira bien par l’avoir. Interpol est sur le coup.
- Quand même, quand on y pense… Avoir piégé le plâtre de Léo Chopin, c’était machiavélique…
- Tout était machiavélique. Pris séparément Cécile Pierron et Bruno Saint-Pognon ne sont que deux sportifs avec un QI de sportif. Mais ensemble ils ont embobiné tout le monde. Ils avaient même réussi à faire croire à Léo Chopin qu’ils avaient truffé son appartement de caméras. S’il n’y avait pas eu les grandes jambes de Cathy pour blesser Léo Chopin, nous serions peut-être passés à côté de la vérité tant ils avaient tout verrouillé pour être insoupçonnables.
- Vous oubliez ce malheureux Gilbert Pierron dans vos louanges. Il mériterait des obsèques nationales.
- Alors donnez-les lui, monsieur. Cela permettra peut-être d’honorer le seul homme honnête de toute cette aventure. Et puis, nous avons laissé croire qu’il n’a pas supporté la défaite de son équipe. Ce serait un bon moyen de conforter ce pieux mensonge.
- Je vois que vos réclamez le transfert de l’inspecteur La Garenno dans vos services… et une promotion salariale pour le lieutenant Montereau… Colonel, vous allez nous ruiner.
- Admettez que cela donne des résultats, monsieur le ministre.
- Cela fait quand même beaucoup de bruit toutes vos histoires. A l’avenir, essayez d’être plus discret. Vous semblez oublier que dans « service secret » il y a secret.
- Il y a aussi « service », monsieur, répliqua le colonel de Roncevaux. Et, à l’avenir, je pense que vous aurez encore l’occasion de les trouver prêts à agir.

FIN
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