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 Italie 1996

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kate100fin
Canta Strophe


Nombre de messages : 8360
Localisation : Bout du Monde
Date d'inscription : 04/02/2009

MessageSujet: Italie 1996   Mar 24 Fév 2009 - 10:17

Pise,
Pise, ça commence par la traversée de l’Arno, et la visite de quelques ruines antiques qui donnent un avant goût d’aventure – tout comme les couleurs particulières de la terre toscane et de ses maisons.
On sent bien qu’une frontière est passée par ici.
Nous nous approchons de notre premier but ; j’essaie de me remémorer les quelques notions d’italien qui vagabondent dans ma tête…
Pise ne doit être qu’un petit arrêt, histoire de la voir, puisqu’elle est sur notre route.
Ҫa y est, nous y sommes.
Au détour d’une cathédrale, place des miracles, la voilà : la Tour.
Premier choc.
Cette chose n’a rien à voir avec toutes les images d’elle qui circulent.
Bien que des dizaines de bipèdes la contournent sous tous les angles qu’elle n’a pas, elle est terriblement seule, unique, en retrait du monde et, inaccessible.
Je m’approche avec respect ; je sens bien qu’elle me dépasse, et pas seulement par la taille. Elle est habitée, vivante, impressionnante de déséquilibre et de puissance. Si je pouvais l’entendre, je dirais même qu’elle parle.

Sans que je m’en rende compte encore, ce pays a ouvert une brèche dans mon petit crâne, et je suis marquée, dans tous les sens du terme.
Mais j’ai à peine le temps de me remettre qu’il faut repartir, car il est un lieu qu’il nous faut atteindre avant la nuit, le lieu qui a motivé ma venue dans ce pays.


Sienne,
Ce qui m’amène ici, c’est la course de chevaux. Une course sauvage sur la place du palio, où les concurrents défendent la couleur de leur quartier, sans en faire, paraît-il – de quoi bercer l’imagination…
Mais nous arrivons trop tard, la course est finie.
Ce n’est pas si grave, je voulais surtout renifler l’ambiance. Et la suite des évènements allait combler mes attentes.
Petit tour en ville pour trouver nos marques, mais assez rapidement, c’est nous qui sommes repérés ; un groupe de jeunes filles très à la mode et légèrement vêtues nous estampillent sans procès : « Ah, ces français, ils se croient tout permis parce qu’ils sont en vacances ! » Elles parlent bien sûr de nos tenues vestimentaires et semblent avoir un grand mépris pour le « jean – tee-shirt ». Nous feignons de ne pas avoir compris un mot, ravalons notre blessure et traversons la rue pour arriver au premier quartier de la vieille ville.
Ҫa ressemble à une cité d’un ancien temps. Des drapeaux, des sculptures sur la pierre des maisons et des représentations en fer forgé, indiquant les couleurs et l’appartenance des habitants à leur quartier. Ici, des rhinocéros, là, des tortues ou encore, des dragons…et une devise pour chacun. Il n’y a pas un endroit qui ne soit pas « imprimé ». Etranges lieux, à la fois beaux et inquiétants.
De retour sur la place, nous nous écroulons mollement à l’ombre d’une terrasse, le soleil tape, il fait « caldo ». Nous commandons un chocolat chaud.
Je n’aime pas les chocolats chauds, mais ici, ils ont sûrement un autre goût.
Curieusement, nos regards vides se portent sur un couple assis à côté - Lui, en train de lire le journal, Elle, de boire son café avec élégance.
Puis, soudain, il abaisse son journal et s’adresse à elle. Dans un silence involontairement complice, nous suivons la scène et regardons la jeune femme se lever, puis, se baisser aux pieds de l’homme.
Aurait-il fait tomber quelque chose ?
Non – c’est bien pire –
Et là, nous sommes sortis ensemble de notre léthargie, abasourdis.
La première pensée qui me vient alors, c’est que je suis peut-être mal habillée, mais ce n’est pas demain que je vais m’accroupir pour refaire les lacets d’un homme !
Je suis tellement frappée que je commande malgré moi un autre chocolat chaud…
Puis, le soir arrive, nous n’avons pas bougé ; je suis plongée dans la contemplation de la place du palio, imaginant la course et la violence des coups de sabots frappant les pavés.
Soudain, des cris montent dans la ville, comme des hurlements furieux.
Nous croyons d’abord à une attaque terroriste, un cataclysme, ou bien pire … mais les cris semblent se transformer – en chants – des chants et des musiques de fanfare qui sortent de derrière les maisons, il y en a à gauche, à droite, ça vient de partout – et ça se rapproche…
Mine de rien, une petite inquiétude grimpe sur nos épaules ; et nous restons là, n’osant rien faire, pris entre la curiosité et l’appréhension, attendant l’explosion.
Et l’explosion arrive.
De toute part des groupes d’individus colorés surgissent sur la place dans un vacarme assourdissant.
Ce sont les vainqueurs de la course, suivis de tous leurs supporters. Ils fêtent leur triomphe en circulant dans chaque quartier, histoire de bien marquer leur victoire et coller la honte à tous les perdants.
Et comme une explosion n’arrive jamais seule, voilà le feu d’artifice, aussi soudain et démesuré que le reste. C’est la folie, sur terre et dans les cieux.
Sienne : deuxième choc.


Florence,
Nous arrivons à Florence par un matin calme. Sur la route nous avons fait quelques emplettes sur un petit marché qui sentait trop bon le fromage pour qu’on l’ignore.
Puis, c’est l’entrée dans Florence : le marbre et le faste…
Ici, on sent que l’appareil à touristes tourne sans relâche ; mais il y a de quoi, l’endroit est tellement grandiose qu’il semble irréel, une cité des Dieux. On en oublie la misère qui se cache sûrement, quelque part.
Je veux voir chaque musée, je veux m’asseoir à toutes les fontaines, je veux toucher chaque pierre – je veux croiser Léonard –
Et j’ai vu la cathédrale immense, j’ai vu le tombeau des Médicis, j’ai vu des tableaux qui m’ont raccordée avec le ciel, des sculptures qui respiraient mais gardaient volontairement le silence ; j’ai vu des artistes en herbe qui vendaient cher leurs oeuvres ratées.
J’ai vu les dessins de Léonard – j’ai ramené « La Furia ».
Et au bout de plusieurs heures d’ébullition, alors que mon corps et mon esprit commençaient à avoir du mal à se traîner, je l’ai vu Lui, mon troisième choc : David.
Jamais je n’aurais imaginé ressentir autant de choses incompréhensibles et magnifiques en si peu de temps, en si peu d’espace.
Il était là, grandiose, en même temps parfait et imparfait, dégageant à lui seul la force et la faiblesse de l’humanité.
Seule une âme pure peut exprimer autant d’émotion.
C’est alors que le mal de dos qui me menaçait depuis un moment décida de me donner le coup de grâce, et je dû quitter David, pliée en deux.
Je fis le voyage de retour, allongée à l’arrière de la camionnette.
J’avais côtoyé des villes magnifiques, appréhendé les merveilles que les hommes sont capables de bâtir, partagé le plaisir de vivre en communauté dans la cité, mais en fait, ce qui m’avait le plus touchée, était tout ce qui en représente le contraire : la vision personnelle du monde, l’indépendance d’expression, la liberté et l’absence de murs…le lien entre le ciel et la terre.
Autant d’opposés concentrés au même endroit ne pouvaient que créer des chocs violents.

En ce qui me concerne, cela m’avait laissé sur le flanc un bon moment…


sculpteur
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lasorciere

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Date d'inscription : 29/01/2009

MessageSujet: Italie   Mar 24 Fév 2009 - 10:26

Qu'il est joli
Ce beau pays
Qu'est l'Italie

J'ai adorée ,ça me rappelle quand j'y suis allée, pour la premiére fois avec mon mari
Veritable Italien de par son pére,lui tout sa famille est du nord de lItalie
Lac Majeur ,son pére est né dans un petit village Invorio à côté du Lac.
J'ai passée des vacances inoubliables.
Super de faire voyager pom pom chinois bisou
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http://birette18.skyrock.com/
francoisdalayrac

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Date d'inscription : 26/03/2007

MessageSujet: Re: Italie 1996   Mar 24 Fév 2009 - 13:13

J'aime l'Italie, passionnément. Je viens de retrouver mes propres périples.

Italie, notre berceau.

Rome, unique objet etc...

Et Florence, Venise, Sienne, Milan, Naples où flotte encore l'ombre de Malaparte.

Virgile, Lucrèce, Dante, Botticelli, Raphaël, Verdi et Puccini.

Souvenirs, souvenirs... et projets.

François
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Italie 1996
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