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 Merce Cunningham en banlieue parisienne

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Romane
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MessageSujet: Merce Cunningham en banlieue parisienne   Dim 22 Mar 2009 - 14:16

Alors là, coup de chapeau pour le principe...

Citation:
Merce Cunningham en banlieue parisienne, c'est fou !", s'exclame une spectatrice, habituée à voir le nom du grand chorégraphe américain à l'affiche du Théâtre de la Ville, à Paris. Fou ? Presque. Basée à New York, la Merce Cunningham Dance Company est lourde, nombreuse et chère. L'imaginer en dehors d'un grand théâtre relève presque du fantasme. Elle vient pourtant de quitter les Etats-Unis afin de donner, du 21 mars au 4 avril, sept représentations dans sept théâtres en marge de Paris, dans le cadre du 30e anniversaire de la Biennale nationale de danse du Val-de-Marne.

"C'est un tour de force, répète Bénédicte Pesle, consultante en France du chorégraphe depuis les années 1960. Le directeur de cette Biennale de danse, Michel Caserta, et moi l'avons rêvé. Mais si j'avais mesuré la complexité de l'affaire, je ne suis pas sûre que j'aurais persévéré."

Mars 2007. Michel Caserta prend son téléphone et lance l'invitation. "Cunningham est le plus grand, et je voulais l'offrir au public de banlieue, explique le directeur de la Biennale. Merce a dit oui." Depuis un an, les équipes de la Biennale, celle de la Compagnie et de son bureau à Paris sont sur les dents. Fiches techniques, contrats, hôtels, logistique entre les théâtres, studio de répétitions à dénicher... Les indispensables contrats de travail sont arrivés il y a trois semaines à peine, provoquant un soulagement. "On a embauché une directrice technique bilingue pour servir d'interface entre la troupe et les théâtres", dit Bénédicte Pesle, qui est allée cinq fois à New York pour gérer l'affaire.

La Compagnie Cunningham vit grâce au mécénat, qui apporte environ la moitié des 5 millions de dollars annuels nécessaires. Les subventions publiques sont de 200 000 dollars. "Il faut trouver le reste", explique Bénédicte Pesle. Le reste, ce sont les ventes des spectacles.

Une représentation isolée de Cunningham - ce qui n'arrive quasiment jamais - coûte autour de 70 000 euros. Après négociations, et en faisant " comme si la troupe jouait dans un seul endroit", dit Bénédicte Pesle, le coût de chacune des sept représentations a été réduit à 36 000 euros, hôtels compris. Loger 26 personnes n'est pas une mince affaire.

La Biennale de la danse, selon sa règle, paie autour de 30 % de la facture. Les 60 % ou 70 % restants, selon les lieux, sont à la charge de chaque théâtre - soit autour de 21 000 euros. Chaque lieu a dû se débrouiller, casser sa tirelire - le coût moyen d'un spectacle de danse varie de 8 000 à 10 000 euros. Augmenter le prix du ticket ? Ce choix a été écarté. "Le prix maximum des places est de 20 euros, ce qui reste modeste", explique Hervé Masquelier, directeur du Théâtre des 2 Rives, à Charenton. Certains se sont tournés vers leur municipalité. Le maire d'Orly, Gaston Viens, a fait voter une subvention spéciale de 15 000 euros pour que le Centre culturel Aragon-Triolet accueille Cunningham.

LA BARRIÈRE DE LA LANGUE

Il y a eu ensuite le problème des lieux. La compagnie Cunningham a dû constater, plans en main, qu'aucun des sept théâtres ne possédait un plateau assez grand, la régie technique et la fosse d'orchestre pour y accueillir leurs pièces. Le Théâtre des 2 Rives a acheté pour l'occasion un plancher de danse. " C'est un énorme effort financier, reconnaît le directeur Hervé Masquelier. Mais investir pour avoir Cunningham à domicile est la moindre des choses pour notre public."

La Compagnie Cunningham a dû adapter ses propositions aux scènes. Elle vient avec des Events, composition d'extraits du répertoire, ainsi que l'historique Suite for five (1958). Heureusement, le fond de scène dessiné par l'artiste Robert Rauschenberg a pu rentrer partout. " Pour le reste, les lumières des compagnies américaines sont assez standards. Pas de problème majeur", commente Denis Collinot, directeur général technique de la Biennale.

Restait à se conforter aux strictes réglementations de la Compagnie. "Rien que les contrats de travail entre le festival, les sept théâtres et la troupe, me mobilisent depuis un an, glisse Christine Fouilleul, administratrice de la Biennale. Et avec la barrière de la langue..." Les syndicats américains veillent aux emplois du temps. Une semaine ne peut comporter que trois représentations dans des lieux différents. "Le planning est tendu, rien n'est laissé au hasard, souligne Denis Collinot. Jusqu'au nombre de litres d'eau nécessaires pour les répétitions."

Enfin, les danseurs ont dû voter "pour ou contre" les conditions de tournée. Résultats : partants ! "This is our job, we dance", a dit Robert Swinston, maître de ballet. Quant à Cunningham, qui ne fera pas le déplacement, il est ravi que sa compagnie s'affiche au milieu des jeunes artistes de la Biennale. Il fêtera le 16 avril à New York ses 90 ans.


Citation:
Quatre des sept villes embarquées dans l'aventure Cunningham - Vitry-sur-Seine, Noisy-le-Grand, Noisy-le-Sec et Bezons - ont choisi de présenter L'Event. Ce terme énigmatique cache une originalité du chorégraphe depuis ses débuts : il s'agit pour lui de bâtir un spectacle constitué d'extraits de pièces de son répertoire. L'Event qui va débarquer dans ces quatre villes a pour titre Autour de Paris. Mais chaque représentation sera différente - l'Event est donc unique (costumes, lumières...). L'ordre des séquences ne sera connu que le jour même par les quatorze danseurs. Mais il y a des points communs : la présence de quatre musiciens en direct et celle du plasticien américain Daniel Arsham. Ce dernier sculptera - découpage et brûlage - in situ un mur de polystyrène blanc de 3 m x 10 m. L'éphémère du "faire" comme l'aime Cunningham.


Source : http://www.lemonde.fr/culture/article/2009/03/21/comment-sept-petits-theatres-se-sont-offert-merce-cunningham_1170912_3246.html#ens_id=1170997

...sauf que :
Le seul bémol est la question d'argent. Là, on lâche du fric, parce que c'est un grand, et parce que c'est médiatique.
Alors que tant de secteurs culturels français manquent cruellement de moyens.

Autrement dit : il faut l'intérêt médiatique à tout prix.

Autant je trouve fantastique le projet de délocaliser les grands vers les petits, autant je trouve nul qu'il faille en passer par la médiatisation pour que quelque chose se passe... et pour qu'on lâche les cordons de la bourse...

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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