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 Nouvelle parution

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Renord

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MessageSujet: Nouvelle parution   Sam 28 Mar 2009 - 19:58

Montréal à l'encre de tes lieux


http://www.ledevoir.com/2009/03/28/242202.html
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MessageSujet: Re: Nouvelle parution   Ven 10 Avr 2009 - 15:35

Dany Laferrière, cette excellent écrivain né à Hahiti et qui a choisi de vivre à Montréal, publie "La fête des morts", illustrations de Frédéric Normandin. Collection Taxi, Les Éditions de la Bagnole


http://www.ruefrontenac.com/spectacles/3526/3526
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MessageSujet: Re: Nouvelle parution   Jeu 16 Avr 2009 - 13:59

La grande romancière canadienne anglaise Margaret Atwood publie un essai sur le phénomène de la dette

http://www.ledevoir.com/2009/04/16/245953.html?fe=6646&fp=401374&fr=143712
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MessageSujet: Re: Nouvelle parution   Jeu 16 Avr 2009 - 18:02

Le discourt sur la tombe de l'idiot.
JULIE MAZZIERI

http://www.canoe.com/divertissement/livres/critiques/2009/03/04/8627451-ici.html
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MessageSujet: Re: Nouvelle parution   Lun 11 Mai 2009 - 16:00

Un taxi la nuit

Un blog, un taxi...
http://www.ledevoir.com/2009/05/09/249561.html?fe=6822&fp=401374&fr=147569
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Romane
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MessageSujet: Re: Nouvelle parution   Lun 11 Mai 2009 - 17:46

Ren', je ne le dis pas systématiquement, mais ces liens sont extras. chinois

(Rendez-vous dans dix pages, pour un prochain commentaire. Mais je les lis tous)

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Bonjour, je suis Romane, alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane."
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
http://lessouffleursdereve.jimdo.com/
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http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
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MessageSujet: Re: Nouvelle parution   Lun 11 Mai 2009 - 20:23

Romane a écrit:
Ren', je ne le dis pas systématiquement, mais ces liens sont extras. chinois
C'est pour le plaisir de tout le monde.
À dans dix pages...
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MessageSujet: itinéraire d''un salaud ordinaire   Dim 17 Mai 2009 - 20:13

Le journal "Le devoir" par Christian Desmeules :

«L'homme dépend très étroitement de son reflet dans l'âme d'autrui, cette âme fût-elle celle d'un crétin», écrit Gombrowicz dans Ferdydurke. Cette motivation pousse des hommes et des femmes, écrivains, éditeurs, imprimeurs et journalistes, toute une chaîne de complicité bénigne, à nous proposer chaque année de plus en plus de livres.


Éric Gougeon, né en 1976, ajoute sa petite pierre à l'édifice branlant de la production littéraire contemporaine avec Itinéraire d'un salaud ordinaire, un premier roman sans beaucoup d'envergure qui tient du road novel et de la peine d'amour aux motifs anémiques.

Conseiller politique auprès du Parti national, formation au pouvoir à Québec, François Deller, 31 ans, surfe sur la vie avec toute l'assurance et le cynisme d'un trentenaire qui est à l'aube de son déclin. «Depuis l'âge de dix-huit ans, j'avais l'habitude de me payer des putes», nous avoue-t-il. Plus simple, «pas de cérémonial», peut-être même plus économique.

Après une brève relation sentimentale et (surtout) sexuelle avec une danseuse nue, une «demi-mondaine» pressée comme lui de gravir les échelons du pouvoir, il ressent le besoin de s'éloigner pour un temps de la politique et pourquoi pas, qui sait, de se retrouver un peu: «Tout ce temps à mentir aux autres et surtout à soi-même.»

Pour le reste, la trame du roman est surtout constituée du compte rendu d'un voyage chaotique et initiatique en Italie, par des anecdotes professionnelles et quelques souvenirs d'enfance et d'adolescence du narrateur -- liés notamment à la mort de sa mère lorsqu'il avait onze ans et à sa relation quasi inexistante avec son paternel.

En Italie, petit garçon seul traînant le souvenir de la belle Annie -- ou l'humiliation d'avoir été jeté --, il aura l'occasion de boire beaucoup, de prendre de l'ecstasy et de vivre un ménage à trois improvisé avec une Italienne et l'un de ses amis rencontrés par hasard. Après quelques semaines de flottement, défiguré à la suite d'un accident d'auto, notre «salaud ordinaire», sans doute parce qu'il n'en a plus les moyens, se voit forcé de remettre en question son arrogance habituelle.

Prostituées, bars de danseuses, triolisme improvisé, provocation émoussée et apitoiement: c'est le cocktail approximatif que brasse cet Itinéraire d'un salaud ordinaire, qui propose aussi un certain nombre d'écarts touristico-didactiques qui pourraient figurer dans un guide Michelin.

Écrit sans beaucoup de style, et sans oreille (Hemingway: «Un écrivain sans oreille est comme un boxeur sans main gauche»), le roman d'Éric Gougeon ne creuse pas vraiment la psychologie de son protagoniste, se contentant de le faire figurer dans des situations où la vraisemblance n'est pas toujours au rendez-vous.

***

Collaborateur du Devoir

***

ITINÉRAIRE D'UN SALAUD ORDINAIRE
Éric Gougeon

Québec Amérique

Montréal, 2009, 264 pages
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MessageSujet: Un western féminin !!!   Dim 17 Mai 2009 - 20:17

Une femme en fuite. Une veuve de 19 ans. Qui a tué elle-même son mari, on ne sait pas pourquoi ni comment, pas encore. Elle court, à perdre haleine, dans la forêt. C'est le point de départ de La Veuve.


«C'était la nuit, et les chiens surgirent d'entre les arbres, déchaînés, hurlants.» Ça commence comme ça. Et tout de suite on est là. On sent le souffle de la femme qui s'épuise, le danger qui guette. On est aux aguets.

On s'effraie, comme elle, autant qu'elle, la veuve, de voir apparaître soudain ses poursuivants, deux géants roux assoiffés de vengeance: ses beaux-frères. Comment leur échapper, comment sauver sa peau?

Cette poursuite, qui prend place dans l'Ouest canadien au début du XIXe siècle, constitue le coeur du roman. Le premier roman que signe Gil Adamson. Une Torontoise de 48 ans qui a fait sa marque comme poète et nouvelliste. Et qui pourrait bien, désormais, figurer parmi les grands romanciers de notre temps.

L'un d'eux, Michael Ondaatje, a d'ailleurs dit, à propos de La Veuve, couvert de prix et acclamé par la critique anglo-saxonne: «Un premier roman remarquable, plein de verve, superbement écrit, avec tout le panache de l'aventure de haut vol.»

Tout à fait d'accord. Bien sûr, il faut aimer les descriptions détaillées, il faut vouloir se perdre dans la nature sauvage, il faut accepter de perdre pied, de se faire avaler par un monde où réalité et délire hallucinatoire se confondent.

Il faut aimer l'errance. Et les allers-retours dans le temps. Les souvenirs qui émergent au tournant. Qui, à force, finissent par éclairer le présent, mais par bribes, par fragments.

Peu à peu, on va comprendre d'où elle vient, cette jeune veuve, «veuve par sa faute». Le spectre de la mère morte, l'image du père dévasté, de la grand-mère rigide: toute l'enfance va défiler. Se mêlant aux angoisses de la fuite.

Non, rien ne la préparait, cette fille qu'on préférait docile, effacée, dépendante, pas trop intelligente, pas trop éduquée, pas trop libre... à cette vie sauvage, cette vie d'errance, de misère, où la faim tenaille et le froid menace, où il faut chasser pour se nourrir, se cacher pour survivre. Et lutter avec ses démons intérieurs, seule au monde.

Peu à peu, on va aussi revisiter les moments-clés de sa vie conjugale, basée sur la tromperie, le mensonge, la violence. Le beau rêve, la belle promesse qui s'effondrent. La désolation. Et le bébé qui arrive au milieu de tout ça. Le bébé mort, qui va conduire à la folie, entraîner l'irréparable.

Autre strate qui s'ajoute: les rencontres, au gré du parcours de la veuve pour sauver sa peau. Toutes sortes de rencontres, avec des personnages plus grands que nature. Certains sont là pour aider, d'autres pour mal faire. Certains ne font que passer, d'autres scelleront à jamais le destin de la veuve.

Et puis il y a l'amour, aussi, sur sa route. L'amour absolu, impossible. L'amour qui chavire, qui gémit, qui explose. Qui s'immisce dans la moindre parcelle de peau. Et qui fait peur.

Il y a tout cela qui s'imbrique dans La Veuve. C'est un roman complexe, oui. Mais sans lourdeur, sans que jamais l'on ne sente la fabrication.

C'est un roman comme on en lit rarement. Une sorte de western au féminin, un roman d'aventures, certes, où l'action, les rebondissements, le rocambolesque sont au rendez-vous. Mais portés par une plume lyrique, puissante.

Certaines phrases sont comme des couperets. Elles tombent, implacables, assassines. Au milieu de nulle part. Celle-ci, par exemple, après une nuit de tourmentes: «Le soleil se leva sur la femme et le cheval, créatures impitoyables qui baissaient la tête à la manière de condamnés à mort.»

Et puis ça repart. Les voix, les visions, les réminiscences du passé qui surgissent, se jettent sur la veuve comme sur une proie, la broient, tandis que les menaces extérieures se multiplient, que les colosses roux se rapprochent dangereusement.

C'est une femme seule, désespérée, épuisée, au bord de la folie, qu'on suit. Et c'est à l'intérieur d'elle-même qu'on plonge tandis qu'elle fuit. Ça vibre de partout.

C'est la grande force de La Veuve: on en vient à ressentir physiquement le trouble de l'héroïne. On est avec elle complètement.

Et en même temps, on voudrait la sauver, la sortir du gouffre.

C'est la clameur des ténèbres qu'on entend, c'est terrifiant. Terrifiant de beauté.

***

La veuve

Gil Adamson

Traduction de Lori Saint-Martin et Paul Gagné

Boréal/Chritian Bourgois

Montréal/Paris, 2009, 424 pages
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MessageSujet: Le Jourde & Naulleau   Dim 17 Mai 2009 - 20:27

Éric Naulleau et Pierre Jourde se propulsent loin dans le présent siècle, voire à l'orée du prochain, pour mieux présenter 17 auteurs français de notre époque, à la manière de Lagarde et Michard, célèbres pour leur manuel d'initiation à la littérature, accompagné de remarques sur le style, d'exercices et de corrigés. Mais qu'on ne se méprenne pas: si leur livre est bel et bien un pastiche du Lagarde et Michard, les extraits de romans et d'essais commentés ici sont rigoureusement authentiques.


On se souviendra peut-être qu'en 2003, Éric Naulleau, alors un éditeur inconnu et traducteur de poètes bulgares, a publié chez un éditeur confidentiel Petit déjeuner chez Tyrannie, dans lequel il se moquait copieusement et avec beaucoup d'esprit de la directrice du Monde des livres, Josyane Savigneau. Cette dernière avait pris la mouche après que Naulleau eut publié La Littérature sans estomac, un essai de Jourde portant sur la littérature française contemporaine, où l'auteur s'employait méthodiquement à séparer le bon grain de l'ivraie. À la suite de cela, les deux amis ont lancé leur Jourde & Naulleau, non sans déclencher des accès de prurit dans certaines salles de rédaction, réputées pour leur goût irréfutable et sûr. Chose étrange lorsqu'on sait combien il a été conspué, Naulleau est devenu depuis deux ans une véritable célébrité en collaborant à l'émission de Laurent Ruquier On n'est pas couché (diffusée à TV5), où, sans complaisance jamais, il ramène les auteurs à leurs textes et s'intéresse au style. Le fait qu'un chroniqueur parle du sens et du style des livres dans une émission de variétés est en soi un tour de force. Ou une incongruité aux yeux des directeurs de chaînes. Aujourd'hui, Naulleau, qui a même droit à une marionnette aux Guignols de l'info, est traité sur tous les tons, même les plus outranciers, de «méchant», de «snipper» intolérable, alors que, répétons-le, plutôt que de céder aux sirènes du marché, plutôt que de polir les chaussures de vedettes surmédiatisées, posant aux persécutées, il s'attache uniquement aux qualités et aux défauts des textes, sans égard à la notoriété des auteurs présents à l'émission (on peut voir, sur Dailymotion, avec quel aplomb il leur donne la réplique).

Il reste qu'à la télévision, on n'a pas toujours le temps d'entrer dans les détails, c'est pourquoi la lecture du Jourde & Naulleau mérite le détour, d'autant qu'il est vendu à un prix assez modique. À la fois sérieux et très spirituel, ce manuel revu et augmenté met en lumière -- de même qu'en perspective -- l'écriture des Sollers, A. Jardin, D. de Villepin, Labro, Besson et autres Gavalda, grands habitués des salons ou des plateaux de télé. Certes, il est toujours amusant de voir ridiculisées de fausses valeurs, ou des pointures inférieures à leur réputation, mais cela est encore plus jouissif quand ceux qui s'en chargent le font avec brio et une cinglante ironie.

Ainsi, tout comme Lagarde et Michard entendaient nous édifier en présentant Balzac, Hugo et Lamartine, Jourde et Naulleau adoptent le même ton (à quelques exceptions près), celui de l'éloge, ce qui nous vaut de franches rigolades, quand ce ne sont pas des crises de fou rire. Chaque chapitre commence par une brève biographie de l'auteur étudié, suivie d'extraits de son oeuvre, ponctués de notes, attirant l'attention sur les techniques employées («Noter ici la prudence avec laquelle l'auteur introduit la comparaison»), sur l'influence de tel auteur sur tel autre, ou encore sur les pièges dans lesquels on tombe lorsqu'on a l'inconscience d'écrire de façon trop amphigourique ou niaise.

Des exemples

Chacun d'entre nous chérit ses têtes de Turc et se délectera si celles-ci se nomment tantôt Philippe Joyaux -- un écrivain lisible, ayant réussi à se hisser à des sommets d'illisibilité, avant de choir à nouveau dans la lisibilité après une navrante cure de désintoxication -- ou BHL, présenté comme un grand humoriste, capable de dérider toute une génération -- la nôtre -- assombrie par les prohibitions du politiquement correct. Son «romanquête», Qui a tué Daniel Pearl?, est comparé ici à une aventure de James Bond «explicitement à la période Roger Moore (la meilleure à notre sens) et, plus précisément, à l'épisode intitulé Octopussy [...]. À la quête d'un oeuf de Fabergé répond l'enquête sur Pearl [...] à la pieuvre qui donne son titre au film [...] répond la tarentule que BHL voit dans l'oeil de son voisin pakistanais [...] au jabot immaculé de James Bond répond l'impeccable chemise de BHL, aux méchants enturbannés d'Inde et d'Afghanistan, qui poursuivent Roger Moore, répondent leurs terribles homologues de Karachi pendus aux basques de Bernard-Henri Lévy».

Par ailleurs, dans le chapitre consacré à Christine Angot, Jourde et Naulleau s'en prennent aussi à certains travers de notre époque: «À ce sujet, il faut savoir qu'au tournant des XXe et XXIe siècles s'étaient également constitués des comités chargés de déterminer si comparer sa fille à une truie en chaleur était de l'art ou du cochon. Dans le cas de Christine Angot, ainsi tranchait-on invariablement, c'était de l'art.»

Après la lecture de cet essai à forte teneur satirique, plusieurs d'entre nous ne sauront plus détacher dans leur esprit un certain auteur peu modeste de sa poilante «daurade au sel».

Un délice.

***



LE JOURDE & NAULLEAU

Précis de littérature du XXIe siècle

Pierre Jourde - Éric Naulleau

Mango

Paris, 2008, 280 pages


Dernière édition par Renord le Dim 24 Mai 2009 - 19:50, édité 1 fois
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MessageSujet: Vie du lettré   Dim 24 Mai 2009 - 19:43

Qu’est-ce qu’un lettré ?

Celui qui consacre sa vie à la chose écrite est une étrange créature. On le nomme « le lettré ». Le professeur de littérature William Marx lui consacre tout un essai. Dans « vie du lettré », qui se veut une sorte de biographie « non autorisé », donc assez libre, du personnage, il écrit en préambule : « À tout prendre, un lettré se situe du côté du lecteur plutôt que de l’auteur : il a sacrifié sa vie pour faire entendre la parole d’autrui. »
En 24 chapitres, une radiographie générale du lettré s’élabore, entre Orient et Occident, d’Aristote à Barthes, avec une nette préférence pour les lettrés de l’Antiquité, qui, peut être, ayant vécu de plus près cet incroyable passage de l’oral à l’écrit, ont mieux que toutes les générations suivantes compris l’énorme révolution qui s’opérait dans l’histoire humaine – en fait, sans les lettrés, il n’y aurait pas eu d’Histoire…
Pour quoi il vit, on le sait. Mais comment vit-il, ce lettré, et comment parvient-il à vivre de ce qui lui donne envie de vivre, c’est autre chose, ce que Marx s’applique à démontrer en tissant les grandes lignes de son existence. L’organisation spacio-temporelle, le corps, et ses besoins, la vie en société, les dérives de l’âme, les sirènes de la gloire, les rivalités, les menaces de la censure, tout cela est abordé pour mieux comprendre les sacrifices, les audaces ou les périls de la vie de ce personnage, dont le « plaisir propre est de représenter la civilisation à soi seul. La représenter et surtout, savoir qu’il la représente. »
Il lui fait se libérer des « embarras de la vie courante ». On ne s’étonne donc pas de trouver plus de lettrés dans la vie monastique où le calme et le partage des tâches permettent la vocation. Cela explique la quasi-absence des femmes dans cet essai aussi. Mais cette vie communautaire du moine n’est-t-elle pas en contradiction avec l’individualisme nécessaire au lettré, dans son travail comme dans la pensé ? Et Marx de souligner le paradoxe de sa lutte quotidienne : « ici l’antithèse entre nature et culture se résout en harmonie : l’homme sauvage n’est-il pas celui qui s’enferme avec ses livres plutôt que de fréquenter ses semblables ? »
Formidable dilemme
Dans cette essai billant qu’on savoure à petite dose, Marx s’arrive pas à répondre (et pourquoi le ferait-il?) le formidable dilemme auquel fait face le lettré (qui n’est pas nécessairement un écrivain) en choisissant sa vocation. La vie dans les livres est-elle vraiment la vie ? OU alors vit-on mieux et plus en lisant ? Toujours est-il que le lettré n’est pas un fantôme, et que son travail n’a aucune valeur s’il n’est pas incarné. Au chapitre de la mort qui clôt l’essai, Marx cite le maître soufi Tierno Bokar : « l’écriture est un chose et le savoir en est une autre. L’écriture est la photographie du savoir, mais elle n’est pas le savoir lui-même. Le savoir est une lumière qui est en l’homme. » Et l’auteur de préciser : « Sur ce plan, la distinction entre civilisations orales et écrites s’estompe. Fût-il le plus érudit, fût-il fondé sur toute une bibliothèque, il n’y a pas de savoir en dehors de son actualisation vivante dans un être humain : il n’est pas séparable d’une dimension proprement existentielle. »
Car après tout, à quoi peuvent bien servir le savoir et les livres, sinon qu’aux hommes et à eux seuls? Quand à l’utilité du lettré, ce serait « recueillir la tradition pour l’éterniser, donner une existence actuelle et prochaine à ce qui a été, serait susceptible de n’être plus ». Mais ce faisant, parait-il. Il tu les dieux….
William Marx
Édition de minuit, 181 pages, 36,95$
Article de Chantal Guy, La presse
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MessageSujet: Edwardo Mendoza   Lun 1 Juin 2009 - 17:49



Le personnage principal de ce roman brillant, loufoque et irrévérencieux est à la fois philosophe et physiologiste.

À la recherche d'eaux thérapeutiques, Flatus arrive en Judée en proie à de violentes diarrhées et d'assourdissantes flatuosités qui ne sont pas étrangères ni à ses malheurs, ni au patronyme que l'auteur lui a forgé. Sans le sou, il voyage avec une légion qui le conduit jusqu'au représentant de Rome dans la province. C'est là qu'il apprend qu'un homme riche a été assassiné, mais que le coupable, un sombre charpentier, a été trouvé et condamné à la crucifixion.

Flatus applaudit la diligence de la justice romaine. Quelques instants plus tard, il rencontre cependant un gamin qui lui promet 30 deniers pour trouver le vrai coupable avant l'exécution de son paternel, prévue le soir même.

L'affaire n'enchante pas le docte romain, mais sa précarité financière l'oblige à accepter l'humiliant marché. Il découvrira alors les étranges moeurs politiques et religieuses des Juifs, aux yeux d'un Romain. Jouant de ruse et de lâcheté, Flatus s'improvise détective et tombe amoureux d'une femme publique qui décrypte les rêves. Il met finalement à jour tout un petit monde qui, pour le lecteur, est rempli de connaissances et de résonances. Elles font ressortir l'érudition, l'humour et le grand art de cet écrivain, servi ici à souhait par le talent de traducteur de François Maspero.

Les aventures miraculeuses de Pomponius Flatus

Eduardo Mendoza

Rudy Le Cours le journal La Pressse
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MessageSujet: Pourquoi les chiens reniflent-ils les derrières   Dim 7 Juin 2009 - 18:18

Si vous êtes le moindrement observateur, vous avez sûrement remarqué que nos amis à quatre pattes se saluent en se reniflant le derrière et qu'ils font aussi parfois la même chose avec les humains qu'ils rencontrent. C'est une habitude universelle (et parfois embarrassante...), qui s'explique de manière rationnelle mais qui peut aussi donner lieu à des explications fantaisistes et amusantes. À cet égard, Pourquoi les chiens reniflent-ils les derrières? propose une explication absolument loufoque mais tellement rigolote qu'on ne regardera jamais plus un chien renifler les foufounes d'un autre chien ou d'un humain sans rigoler.

Dawn Mc Millan et Bert Signal
400 coups,
32 pages
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MessageSujet: Uashat   Dim 7 Juin 2009 - 20:01

C'est en lisant les récits d'un chasseur innu recueillis par l'anthropologue Serge Bouchard au début des années 60 que l'auteur et historien comprend un jour toute la portée d'un tel sujet. «Ça m'avait foudroyé, affirme-t-il. Ces récits des territoires me fascinaient. Il y avait là une telle beauté, une telle poésie...»

Des années plus tard, après avoir recueilli plus d'une centaine de témoignages en vue d'un rapport sur la disparition de ce mode de vie traditionnel, Gérard Bouchard se frappe à l'évidence. «Ces témoignages racontaient la tragédie de ces communautés avec une telle vérité, une telle éloquence que je me suis dit que ce serait un désastre de mettre cela dans une monographie d'universitaire. Je ne voyais qu'un moyen de préserver toute cette émotion, et c'était la voix romanesque.»

Uashat relate, à travers le regard naïf de Florent, jeune stagiaire en sociologie, la triste cohabitation des résidents de la ville de Sept-Îles lors de son expansion au début des années 40 et des autochtones en périphérie qui n'ont d'autre choix que de laisser les terres aux blancs. «Toutes les données que j'avais recueillies, je les ai utilisées pour le fond de scène où évolue Florent, explique Bouchard. Plusieurs personnages sont d'ailleurs inspirés de personnages dont j'ai entendu parler dans les archives.»

C'est le cas du chef rebelle Bellefleur, de Gobeil l'adjoint du maire, mais aussi de Grand-Père, cet aïeul Montagnais qui recueille chez lui le jeune stagiaire et en profite pour tenter de reconduire une transmission rompue. «Toute une culture s'est bâtie sur le mode de vie en territoires de chasse. La cassure qu'ont connue ces gens fut brutale.»

Le miroir Canadien français

L'auteur qui a grandi dans un quartier ouvrier de Jonquière tenait d'ailleurs à mettre en parallèle la situation canadienne-française de l'époque et l'assimilation des Innus. Le jeune Florent se définit par l'indigence de son quartier de Lévis. Le «bas de la côte».

«Ce parallèle ne se fait malheureusement pas souvent, déplore Bouchard. Pourtant, à l'époque des colonies, il y avait une réelle solidarité entre la main-d'oeuvre blanche et les autochtones. Les blancs n'étaient pas préparés du tout au territoire. Les témoignages des premiers colons sont très explicites là-dessus: sans les autochtones, les blancs seraient morts. Il y a donc à l'époque une vision positive de l'Indien et une grande proximité entre les deux communautés. Les colons étaient aussi d'une mobilité incroyable au contraire de la vision française à la Maria Chapdelaine. On montait vers le nord avec eux, il y avait une réelle solidarité.»

«Or, les élites canadiennes-françaises ont inventé l'image du mépris du sauvage parce que ceux-ci dévoyaient les bons chrétiens, poursuit-il. On a fait des autochtones des primitifs dangereux pour la morale. Le message de l'Église était si puissant qu'il a alimenté les élites laïques. Les romans, les médias, ont emboîté le pas. Ce stéréotype qui a écrasé l'autre image est aujourd'hui quasi impossible à contrer puisque la société indienne est désormais défaite, complètement assimilée.»

Gérard Bouchard se garde pourtant dans son roman de jouer la corde sensible de la culpabilité. «Je ne voulais pas faire de politique, de sociologie. Or en écrivant un roman, j'oserais dire que l'élément de culpabilité ressort encore plus fort. Je n'ai donc pas besoin d'en rajouter.» Sommes-nous donc voués à observer l'échec sans pouvoir de réparation? «On pourrait dire que toute l'histoire de la modernité a fonctionné en détruisant des micro communautés, des ordres sociaux, des cultures. Or il y a aussi toute une histoire de résistance au développement de la modernité qui se poursuit. Le mouvement écologique en est d'ailleurs une nouvelle branche. Mais le capitalisme est une bête irrésistible. La seule chose qu'on peut espérer, c'est qu'il s'autodétruise.»

La réserve d'Uashat existe encore aujourd'hui, grâce à la poignée de rebelles dépeinte dans l'ouvrage. Sachant que des centaines de lecteurs ont entrepris de véritables pèlerinages sur les lieux des deux précédents romans de l'auteur, on ne peut qu'espérer que ce nouveau roman attise l'intérêt. Ce vent d'optimisme jure d'ailleurs avec le sombre constat de l'oeuvre. «Le sociologue aurait probablement clôt l'ouvrage sur l'heureuse portée de cette révolte indienne de Uashat mais le romancier a préféré suivre la trame tragique du jeune stagiaire», admet l'auteur le sourire en coin.

Il faut dire qu'au fil du récit, le sociologue n'est pas tendre envers le cadre universitaire des sciences sociales. «Je ne crois pas au pouvoir absolu de la science sociale, confesse-t-il. Elle est indispensable, certes, mais limitée. Il faut y ajouter toutes ces choses que l'on ne peut quantifier, qui relèvent du rêve... Le rêve est fondamental dans une société.»
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MessageSujet: Re: Nouvelle parution   Lun 8 Juin 2009 - 15:27


Oliver Gallmeister a conquis la France en passant par l'Ouest américain. En fondant sa maison d'édition, Gallmeister, en 2005, il s'est fait une mission de sortir de l'ombre une littérature américaine méconnue chez ses pairs. Ce que les Français ont coutume d'appeler le «Nature Writing» connaît, certes, un vent de succès ces dernières années, mais tout un pan de cette littérature demeurait à ce jour introuvable en traduction française.

Le premier obstacle rencontré par le jeune éditeur fut de briser l'image d'une littérature écologique, politique et ennuyeuse. «J'ai employé le terme "Nature Writing" pour me différencier de la littérature écologique qui, en France, est associée à l'essai politique et non pas à l'art. Les éditions Gallmeister sont pourtant une maison littéraire. Ce ne sont pas des livres où l'on parle d'une fleur pendant 50 pages», explique au téléphone l'éditeur, joint à Paris.

Le catalogue comprend 26 titres et rassemble effectivement d'étonnantes trouvailles. Edward Abbey fait partie des auteurs cultes de la contre-culture américaine que l'éditeur a permis de faire découvrir aux lecteurs francophones avec, entre autres, Le gang de la clef à molette, préfacé par Robert Redford. Ce polar culte des années 1970, où des inconnus se lancent dans l'écosabotage pour défendre le désert de l'ouest, s'avère brûlant d'actualité. «Il y a 30 ans, Edward Abbey passait pour un dangereux révolutionnaire, mais il posait des questions évidentes aujourd'hui». On trouve également le magnifique recueil de textes Texas Marijuana, de Terry Southern, scénariste d'Easy Rider et de Doctor Strangelove, ainsi que des polars de la nature comme Casgo Bay de William G. Tapply.

Amoureux de la nature et grand lecteur de littérature américaine, Oliver Gallmeister a eu le déclic lorsqu'il a découvert des auteurs américains de la nature qui faisaient de la vraie littérature. Dans la foulée des Melville, Thoreau, et même Steinbeck et Hemingway, la littérature américaine regorge de trésors littéraires où il est question de nature et de grands espaces, indique-t-il. «Je crois qu'il y a deux styles de littérature américaine: celle de la côte est, urbaine, cérébrale et psychanalytique, bien connue en Europe, et celle de l'Ouest, qu'on connaît très mal. Là, on est vraiment en Amérique!»


Oliver Gallmeister développe sa maison avec de jeunes auteurs, mais reprend aussi des classiques, «les clefs de voûte d'une collection "Nature Writing"». Construite autour de cette collection, surtout constituée d'essais et de récits littéraires, la maison possède aussi une collection «Noire», consacrée aux romans policiers des grands espaces. «Il y a une manière de traiter ces sujets par des romans plus plaisants et ludiques. Je ne propose pas des polars qui se passent à New York, avec des tueurs en série. Je publie des polars qui vous donnent envie d'aller dans la nature».

À ces deux collections vient de s'ajouter la collection «Americana», dédiée à la contre-culture américaine, où intervient souvent la nature. «C'est parti du constat que la littérature de nature est une littérature contestataire. Plusieurs écrivains remettent en cause notre modèle de développement, notre rapport à l'environnement et interrogent la place de l'homme dans la société et sur la planète». Le premier livre de la collection, Das Kapital, de Viken Berberian, met en scène un terroriste corse amoureux de la nature. L'éditeur élargit ainsi les horizons de sa maison prometteuse, qui redonne à un genre littéraire sous-estimé ses lettres de noblesse.
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MessageSujet: Re: Nouvelle parution   Dim 14 Juin 2009 - 16:22


une vidéo du conteur : http://www.youtube.com/watch?v=thSwdH3ojIw
Conter son temps
Fred Pellerin

Les contes de L'Arracheuse de temps surgissent au son de la cloche de l'église de Saint-Élie-de-Caxton. Sombre présage pour Méo, le «décoiffeur», Toussaint Brodeur, le vendeur de bière, la Belle Lurette et les autres villageois, qui croient entendre le glas retentir pour eux.


Dans ce quatrième livre de Fred Pellerin, ses personnages de la scène font encore une fois le saut de la scène à la page. Le conteur a couché sur papier les histoires de son spectacle L'Arracheuse de temps, qu'il promène dans les salles québécoises depuis l'année dernière. On y découvre une facette plus intime de l'enfant terrible du conte, alors que la mort et le deuil se glissent dans son imaginaire pour la première fois.

Dans L'Arracheuse de temps, la mort ne frappe pourtant pas une seule fois le village. Mais, pour lui échapper, Méo, Toussaint et la Belle Lurette vont, tour à tour, malgré l'interdiction du «curé neuf», rendre visite à la «stroop», une étrangère accusée de sorcellerie et établie en retrait du village. La stroop saurait lire l'avenir et «arracher du temps à la mort». C'est par le biais de ce mystérieux personnage, où légende et réalité s'entremêlent, que Fred Pellerin arrive à guérir la peur de mourir.

L'Arracheuse de temps con-tient aussi l'enregistrement d'une représentation du spectacle du même nom, capté en février 2009, devant le public de L'Assomption. Chez Fred Pellerin, l'écrit vient ainsi après le «contage» et n'en est pas la simple transcription. La forme écrite offre plus de densité à sa petite chronique de village. Si, dans son livre, Fred Pellerin s'abandonne moins aux sursauts de la mémoire et aux digressions, il y conserve le caractère prolixe de la tradition orale, son rythme rebondissant et ses expressions parfois tordues.

Selon la petite histoire, la stroop elle-même aurait tué la mort à Saint-Élie-de-Caxton. Mais, dans L'Arracheuse de temps, il semble plutôt que ce soit Fred Pellerin qui se fasse maître du temps, capable de déjouer le cours de l'oubli et de fixer la mémoire du village au fil des pages.

***


Dernière édition par Renord le Lun 15 Juin 2009 - 16:36, édité 2 fois
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MessageSujet: Autoportrait de l'auteur en coureur de fond   Lun 15 Juin 2009 - 1:55



Voici une lecture qui donne beaucoup de plaisir. Un plaisir presque physique. Mais ce n’est pas tout. Ce livre très singulier s’approche de la leçon de philosophie, sans aucune intention moralisatrice. Par touches anecdotiques, le grand romancier japonais Haruki Marakami approfondit la compréhension d’une réalité bien humaine : la relation entre le corps et l’esprit. La course de fond pratiquée sur une longue période, n’apporte pas seulement des bienfaits physiques. Elle modifie les capacités mentales. L’homme ou la femme qui court devient une autre personne. Comment ? Marakami l’ignore. Pourtant c’est un fait.
La course set un sport simple. L’écriture de roman est une exercice cérébral complexe. En apparence, ces deux activités n’ont rien en commun. En vérité, elles requièrent les mêmes aptitudes : concentration, patience, persévérance et goût de la solitude. « En ce qui me concerne, la plupart des techniques dont je me sers comme romancier proviennent de ce que j’ai appris en courant chaque matin, écrit Marakami. Tout naturellement, il s’agit de choses pratiques, physiques… Je suis sûr que lorsque je suis devenu romancier, si je n’avais pas décidé de courir de longue distances, les livres que j’ai écrits auraient été extrêmement différents. Concrètement, en quoi auraient-ils été différents ? Je ne saurais le dire. Mais quelque chose aurait été profondément autre.
« Courir constitue une aide véritable. Se consumer au mieux à l’intérieur de ses limites individuelles, voilà le principe fondamental de la course, et c’est aussi une métaphore de la vie – et, pour moi, une métaphore de l’écriture. Je crois que beaucoup de coureurs seraient d’accord avec cette définition. »
Étant moi-même coureur et gagnant ma vie grâce à l’écriture d’articles, je suis tout de suite tombé d’accord. Mais un ingénieur ou un comptable sédentaire verra lui aussi de quoi il s’agit. Se mettra-t-il à courir ? Marakami n’incite personne à lancer ses souliers de course. Il ne fait pas la leçon. Celle-ci se révèle pas la simple force de son récit : l’effort physique contribue à l’accomplissement de soi.
Marakami court 10 kilomètres par jour, tous les jours, depuis une trentaine d’années. Il participe à des marathons et à des triathlons. IN en donne des descriptions très vivantes. Il ne bat aucun record, loin de là. SA vitesse diminue avec l’âge, ce qui nous vaut de beaux passages sur l’inéluctable vieillissement. Il a su choisir le bon ton : ni vantardise, ni fausse modestie. So livre est un habile mélange d’anecdotes et de réflexions porté par un style sobre et convaincant.


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MessageSujet: Re: Nouvelle parution   Lun 15 Juin 2009 - 2:08

Le dernier Murakami dépasse déjà le million d’exemplaires
Shinchosha, la maison d’édition de l’écrivain japonais Haruki Murakami, a annoncé mardi qu’elle allait faire un huitième tirage de 1Q84 premier roman depuis cinq ans de l’auteur à succès. Le roman, sont le tires peut être lu 1984 en japonais, était devenu un best-seller au Japon avant même sa parution, le 29 mai. CE nouveau tirage, à peine 12 jours après la première publication, fera dépasser le million d’exemplaires à cet important livre de plus de 1000 pages.
Le secret le plus total avait été conservé sur le contenu de cette œuvre mystérieuse, contrairement à la publicité qui avait accompagné en 2002 la sortie de Kafka sur le rivage.
À 60 ans, Marakami est souvent cité parmi les lauréats possibles du prix Nobel de littérature. Ses œuvres, consacrées à l’absurdité du monde moderne et à la solitude, ont été traduites dans une trentaine de langues. Son plus récent roman paru en français est Autoportrait de l’auteur en coureur de fond.
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MessageSujet: Dai Sijie   Sam 20 Juin 2009 - 20:59

Cirque chinois
Guylaine Massoutre, le Devoir
L'ACROBATIE AÉRIENNE DE CONFUCIUS
Dai Sijie

Vous connaissez Dai Sijie. Pour comprendre L'acrobatie aérienne de Confusius, son dernier roman, inutile de prendre la pose du penseur de Rodin. Vous l'avez aimé, vous le retrouverez, dans un roman-scénario bidon, mais fantasque et dépaysant. Je n'ai jamais très bien compris les honneurs littéraires dont Dai Sijie a été comblé: attendant peu de ce livre-ci, j'en ai souri, étonnée de son imagination.

Le roman débute en 1521, à Pékin, dans le palais impérial. Son souverain paranoïaque y est affublé de cinq sosies, que l'Histoire n'arrivera plus à distinguer. Cette confusion fait loucher et fait place à un conte rouge exotique, au coeur duquel le changement de sexe impérial attire les vices dans la Cité interdite. Tout y est grand-guignolesque, parodie, lanternes, portes coulissantes et froufrous de papier. Un théâtre de son et lumière, au sens concret, se donne la parole au mitan.

Rabelais, son contemporain, apparaît ensuite. Le roman traite légèrement la rencontre de l'Occident avec l'empire du Milieu. Décentrements comiques, décalages dramatiques, Dai Sijie aime la bouffonnerie funambulesque. Nul doute que nombre d'ima-ges ont passé chez lui la porte du Triomphe et de la Vertu; il en demeure une mascarade pour enfants.
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