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 incipit

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Farouche

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MessageSujet: incipit   Sam 25 Avr 2009 - 3:25

Un incipit est le début d’un texte, en général d’un roman (du latin incipio, is, ere : « commencer »).

À l’origine, on désignait par ce titre la première phrase d’un roman, aussi nommée « phrase-seuil ». Par extension, il désigne aujourd’hui le plus souvent le début d’un roman, de longueur variable selon les nécessités de composition ou d’étude scolaire qui le découpent. Il peut ne durer que quelques phrases, mais aussi plusieurs pages. Dans le cas d’un article (d’encyclopédie, de journal), d’un descriptif, d’une note technique… on parle parfois de chapeau pour désigner de façon moins savante l’incipit destiné à « accrocher » l’attention du lecteur.

Contrairement à l’incipit, l’excipit est la fin d’un chapitre, d’un ouvrage (les derniers paragraphes, les dernières phrases).

L’incipit répond généralement à trois caractéristiques. Il informe, intéresse et noue le contrat de lecture. Il informe en mettant en place les lieux, les personnages et la temporalité du récit. Il peut même, comme chez Diderot dans Jacques le fataliste ou comme Balzac par exemple dans l’incipit du Père Goriot, apostropher le lecteur et signer un contrat explicite avec lui : « Ainsi ferez-vous, vous qui tenez ce livre d'une main blanche, vous qui vous enfoncez dans un moelleux fauteuil en vous disant : Peut-être ceci va-t-il m'amuser. » Il intéresse par divers procédés techniques, par exemple l’utilisation de figures de style ou encore en une entrée in medias res (le récit débute dans le feu de l’action). Il noue aussi ce qu’on pourrait appeler un « contrat de genre » en indiquant au lecteur le code qu’il doit utiliser dans le cadre de sa lecture. Différents signes annonciateurs de ce genre littéraire apparaissent ainsi, comme dans le conte bien sûr, mais aussi le roman policier. Il fait souvent l’objet d’un travail d’écriture particulier, particulièrement poétique, surprenant et rythmé, comme le prouvent les exemples qui suivent.


* Du côté de chez Swann (1913), Marcel Proust :

Longtemps je me suis couché de bonne heure.

* Aden Arabie (1931), Paul Nizan :

J’avais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie.

* L'Étranger, (1942), Albert Camus :

Aujourd’hui, Maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas.

* Jacques le Fataliste, (1773), Denis Diderot :

Comment s’étaient-ils rencontrés ? Par hasard, comme tout le monde. Comment s’appelaient-ils ? Que vous importe? D’où venaient-ils ? Du lieu le plus prochain. Où allaient-ils ? Est-ce que l’on sait où l’on va? Que disaient-ils ? Le maître ne disait rien ; et Jacques disait que son capitaine disait que tout ce qui nous arrive de bien et de mal ici-bas était écrit là-haut.


A vous Smile
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Romane
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MessageSujet: Re: incipit   Sam 25 Avr 2009 - 3:42

Fastoche. Il me suffit de copier coller la phrase que j'ai postée dans le fil phrase ce matin :

Les accords de la chanson mexicaine précédant celle qu'il veut écouter viennent de s'éteindre et, tandis que l'aiguille névralgique du tourne-disque commence à se traîner dans le no man's land, ces sillons de sable stériles qi séparent les mélodies, cette illustre canaille de Vieux Fioca, veste à petits carreaux verts et pantalon marengo dix centimètres au-dessous du nombril - miracle stupéfiant d'équilibrisme du bassin - tout tremblant encore de sa biture de la veille et transparent à force d'être pâle, remplit son troisième verre de gros rouge, appuyé comme un spectre au zinc de la seule gargote ouverte de si bonne heure le dimanche - jour du Seigneur comme le lui rappellent, dehors, remplis de piété et à pleine voix, les évangélistes matinaux de la Compagnie - jour où sans devoir aller à la mine il s'est levé à sa putain d'heure habituelle, en pleine nuit, sentant dans sa gorge l'érosion croissante d'une gueule de bois - les salines d'Atacama peuvent s'aligner, mon pote - qui l'a fait sortir des navires (non sans avoir frappé en vain à la porte des cabines occupées par ses copains de virée) pour une tournée fantasmatique à travers les rues du campement - encore désertes à cette heure et couvertes d'une fétide brume de poussière ; et en ce début de matinée, quand ce maudit soleil du désert pique comme seul peut piquer ce maudit soleil du désert, le Bolivien du Copacabana avait daigné ouvrir ses portes et lui confier jusqu'à jeudi, sans faute mon vieux, tu me connais, cet urgentissime litron de Sonrisa de Leon qu'il vient de poser à moitié vide sur le zinc graisseux du bistrot, s'accoudant et s'installant non pour écouter mais pour mieux savourer - on est sentimental ou pas - cette ranchera qu'il aime tant, l'avant-dernière de la face A du trente trois tours qu'il a eu un mal de chien à faire mettre à ce pouilleux altiplanique de merde, trente trois tours à la magnifique pochette multicolore qu'il faucherait sans remords, une nuit de cuite, à ce même Bolivien de mes deux qui l'a affichée dans sa cabine de vieux solitaire (de vieux plaqué et amateur de branlette, comme disent dans les gargotes à poivrots pour l'emmerder et essayer de le mettre en colère les poivrots mariés, mais cocus à ne pas pouvoir passer sous les portes, leur rétorque-t-il incisif) ; elle est placée à côté de la photo de Miguel Aceves Mejia à cheval, au milieu d'un véritable catalogue de filles à poil libidineusement découpées dans les revues spécialisées qui couvrent les murs de sa cambuse, mais à une place de choix, bien sûr, entre ses deux chouchous : la rousse perverse offrant l'exubérance de ses mamelles sur un plateau d'argent et la superbe brune protubérante agenouillée béatement, une coiffe immaculée de Mère Supérieure pour tout vêtement.


Hernan Rivera Letelier
: première phrase d'un livre magnifique La Reine Isabel chantait des chansons d'amour.
(le reste du livre est composé de phrases tout à fait normales)

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Farouche

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MessageSujet: Re: incipit   Sam 25 Avr 2009 - 3:46

J'étais sûûûûûûûre que tu allais faire ça ! Rêve
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Romane
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MessageSujet: Re: incipit   Sam 25 Avr 2009 - 3:53

Laughing m'étonne pas... Laughing

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MessageSujet: Re: incipit   Dim 26 Avr 2009 - 16:21

Le soleil et moi étions levés depuis longtemps quand je me souvins que c'était le jour de mon anniversaire, et du melon acheté dans le dernier bazar traversé la veille au soir.

Nicolas Bouvier - Le poisson-scorpion

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azul47

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MessageSujet: Re: incipit   Dim 26 Avr 2009 - 21:53

La nuit dernière, j'ai rêvé que je revenais à Manderley...

Daphné du Maurier : Rebecca

Cette phrase m'est toujours restée. Il faudrait que je relise ce roman.
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Renord

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MessageSujet: Re: incipit   Sam 9 Mai 2009 - 21:42

Si le sexe était tout, il suffirait du'une main tremblante pour nous faire cuiner, comme des poupées, les paroles attendues...
Wallace Steven, "Le mononcle de mon oncle"
Chet Raymo
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