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 Mithra

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Tryskel
Miserere mei
Tryskel

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MessageSujet: Mithra   Mithra EmptyLun 11 Mai 2009 - 13:11

21/12/07


MITHRA


I) UN DIEU INDO/IRANIEN

Mithra, est un dieu venu de l’Inde où il est connu depuis plusieurs millénaires (l’orthographe indienne est Mitra- sans le h d’origine héllénique-). C’est par le culte que lui rendaient les romains qu’il nous est le mieux connu, étant admis qu’il existe des différences notables entre le Mitra indien et le Mithra romain.

Sa fonction principale: Mitra, le Contrat, l’Ami, le rend proche des hommes, il les répartit selon les classes traditionnelles:
--La société indo/ européenne est tripartite: les prêtres (bramhmanes); les guerriers (râgans) et ceux qui produisent des biens matériels (vishyas). Une structure que l’on retrouve chez les Celtes et qui perdure en France (les Trois Ordres) jusqu’à la Révolution.
Mitra est le dieu de l’ordre, il organise l’univers social.
“ Mitra est appelé ainsi parce qu’il fait s’organiser les hommes. Mitra a porté de tout temps la terre ainsi que le ciel. Mitra jette son regard sans cligner sur les établissements humains.” Véda (3.59)
Il représente le pôle bienveillant et lumineux de la souveraineté et veille à l’organisation pacifique des hommes entre eux selon l’ordre et sous le regard des dieux.
Son opposé, le pôle obscur est Varuna, qui châtie, frappe et paralyse de ses liens magiques tout pêcheur où qu’il se tienne.
Les deux divinités sont complémentaires, opposées et indiscociables. Elles apparaissent dans un traité passé en 1380 avt JC, entre un roi hittite et un souverain mitanien.
__La Mitannie était l’empire des Hourites, un ancien peuple attesté en Anatolie, haute Mésopotamie et Syrie au XIVème siècle avt JC, il fonde le royaume de Mittanie qui est détruit par les Hittites.__ ( pas de complexes, moi non plus, j’avais jamais entendu parler d’eux.)
Le traité qui figure sur une tablette retrouvée en Anatolie montre que Mitra a déjà fait bien du chemin depuis l’Inde et s’ils le prennent pour arbitre c’est que les deux peuples le reconnaissent

II) LA DIFFUSION DU CULTE

C’est à Rome et par les romains que l’Occident découvre Mithra, il est connu dés le Ier siècle avt JC, son culte attesté dés le Ier siècle.

Comment est il arrivé là?
On a peu de connaissance sur la transition entre le dieu indo iranien et la divinité gréco romaine. Mais Rome occupe un vaste espace géographique et culturel. Alexandre le grand est allé jusqu’en Inde, il est roi de Perse où Mithra est vénéré dés le VIème siècle avt JC comme divinité tutélaire du souverain. On peut penser que ses soldats de retour en Europe on transporté ce culte avec eux, et qu’il est arrivé à Rome via la Gréce.
Les royaumes d’Arménie et du Pont ( N/E de l’Asie Mineure au bord du Pont Euxin; mer Noire;) le pratiquent et les rois du Pont prennent le nom de Mithridate (donné par Mithra).
On ignore comment et pourquoi, dans le monde romain, ce culte est devenu une religion à mystères, ce qu’il n’est pas en Orient.

Plutarque raconte que des pirates combattus par Pompée entre 78 et 67 avt JC auraient trouvé refuge en Cilicie (Sud de la turquie d’Asie) et auraient, lors de cérémonie secrètes pratiqué des rites occultes. Contraints à la clandestinité comme ennemis de Rome, ils auraient développé une religion à mystères, prenant appui sur un dieu guerrier et souverain, garant des serments. Capturés et réduits en esclavage, ils auraient répandu leurs croyances en Italie.
Le tout au conditionnel, Plutarque qui était grec et vivait au Ier siècle, n’est pas un témoin direct.

Pline l’Ancien rapporte que le roi parthe Tiridate, couronné à Rome en 66 aurait initié “Repas des Mages” et l’aurait honoré du nom de Mithra.

Le mithraïsme a une influence grandissante à Rome aprés 150, avec une période d’expansion maximale au milieu du IIIème siècle.
Les soldats romains engagés dans les conflits en Orient ont été en contact avec le culte mithriaque lors des campagnes contre les Parthes entre 114 et 165. ils ont répandu ces croyances au gré de leurs affectations. l’ère de propagation du culte s’étend jusqu’aux Limes (les frontières avec les barbares) Rhin et Danube.
Il n’est donc pas surprenant que de nombreux adeptes soient des soldats, il compte aussi des esclaves, des commerçants, des étrangers d’origine orientale.Mais le monde rural lui reste fermé et (comme presque toujours dans la société romaine) les femmes en sont exclues.

Le culte de Mithra n’est jamais reconnu comme religion officielle, mais ne suscite pas de réaction négative chez les dirigeants romains.
Les romains sont ouverts à tous les cultes et acueillent de plus en plus favorablement les cultes dits “orientaux”.
Commode (180/192) fut initié, mais à titre privé. Septime Sévère, Caracalla et Geta s’y montrent favorables.
Aurélien promeut le culte du Sol Invictus et fait édifier un temple au Soleil. vers 307/308, Dioclétien, Galère et Licinus désignent Mithra “Fautor Impérii”: protecteur de l’Empereur.

III) MITHRA ET SON CULTE

Quasiment aucun texte sacré ne nous étant parvenu, les connaissances sur le mithraïsme sont fondées sur l’iconographie, aucune explication ne permet d’en décrypter la doctrine.
Par définition, les religions “A mystères” où les adeptes suivaient un cycle d’initiation, ne révélaient rien de leurs pratiques à l’extérieur.
Ces religions sont arrivées à Rome par la Gréce qui les pratiquaient de longue date: Démèter (Eleusis), Orphisme, Pythagorisme et sous certains aspects, le culte de Dyonisos...
Ne trouvant plus de satisfaction dans leur religion (empruntée essentiellement aux Grecs et aux Etrusques) les romains friands de nouvauté, s’ouvrent aux cultes des pays conquis.
Le druidisme a été exterminé parce que les druides étaient vus comme les seuls aptes à fédérer une résistance celtes contre Rome.
Le christianisme, d’abord reçu comme un simple culte oriental, connaît des persécussions à cause de l’attitude jugée “incivique” des chrétiens qui refusaient comme idolâtre le culte de l’Empereur divinisé (de son vivant aprés Auguste).

Mithra naît prés d’une source sacrée, sous un arbre également sacré. Il surgit d’un rocher, tenant une torche d’une main et de l’autre un glaive, pour combattre le mal qui a pris la forme d’une sécheresse qui détruit la vie. Auto engendré, c’est un dieu des puissances naturelles et cosmique, lié à la terre et au soleil.
Il veille sur l’odre du monde, assure sa survie en luttant contre les esprits mauvais, le sauve d’une sécheresse, de la soif et de la mort des troupeaux. Il fait jaillir une source d’une paroi rocheuse.
Puis il se met à la poursuite du Taureau Primordial, dont le sacrifice redonnera au monde la force vitale.
Symbole récurent de l’Antiquité (Les Crétois l’honoraient, Héraclés vainquit le taureau de Créte), et chez les Celtes, le taureau représente la force et la fécondité. Son sacrifice permet la régénération du monde par le sang et le sperme répandus.
Le taureau capturé est egorgé dans une caverne, comme il en a reçu l’ordre du Soleil.
Ce “taureauctone” (ctone: du grec qui signifie sacrifice, mise à mort) est la représentation la plus répandue de Mithra, figuré en pleine action, un genou sur la croupe de l’animal, il lui plonge son épée dans la gorge.
(je sais, une photo serait bienvenue, mais je sais pas faire passer, lol).
Il porte le bonnet phrygien, (celui de notre République, coiffure des esclaves affranchis à Rome).
La victoire est célébrée par un banquet__ pratique suivant les sacrifices, aprés avoir brûlé la part des dieux (sauf en cas d’holocauste où l’animal entier était consumé) on se partageait la chair lors d’un banquet__ où sont présents Mithra et le Soleil; Sol Invictus (invaincu et invincible) qui monte ensuite au ciel sur un char, laissant la prédominance à Mithra sur la terre.
La scéne du taurreauctone est complétée par un chien qui mange le grain sortant de la blessure (lhumanité alimentée?), un scorpion qui pince les testicules du taureau (victoire de la mort?) et un serpent qui, comme l’Orobouros, serait une allusion au cycle de vie.
Mais, encore une fois, en l’absence de textes explicatifs d’époque, il s’agit d’interprétations fondées sur la symbolique connue de ces animaux.
Mithra est souvent accompagné du Soleil et de la Lune, de Cautés qui tient une torche levée à gauche sous le Soleil (soleil levant) et de Cautopatés qui tient une torche baissée à droite (soleil couchant).
Les figures rapellent le déroulement du temps et l’importance de l’astrologie dans la religion mitriaque, et qui était, en Perse comme à Rome, un élément fondamental de la vie publique et privée.

L’iconographie servait à l’enseignement des fidéles qui comprenaient sans difficulté ces symboles; ils leurs étaient familiers.
Le culte se pratique uniquement dans le sanctuaire le “mythéum” qui représente à la fois la caverne du sacrifice originel et le cosmos. De taille restreinte (30/50 personnes) il est placé sous des maisons privées et souvent à proximité des casernes.
Le rituel devait comprendre un premier temps d’instruction appuyé sur l’iconographie, puis un repas rituel qui commémorait celui de Mithra et du Soleil. La nourriture (on partageait le pain et le vin) permettait une régénération physique et spirituelle. il comprenait probablement des sacrifices animaux, l’eau et le Feu y jouaient un grand rôle.

Il existait 7 niveaux d’initiation qui peuvent être mis en relation avec les 7 platénes reconnues à cette époque. La majorité des adeptes n’accédaient qu’au 4ème grade.
1) Corax (corbeau) Mercure
2) Nymphus ( fiancé, épousé) Vénus
3) Miles (soldat) Mars
4) Léo (lon) Jupiter
5) Perse (persan) Lune
6) Héliodomus (emissaire du soleil) Soleil
7) Pater (père) Saturne, dont les attributs; le bonnet la crosse et l’anneau; rappellent ceux de l’évêque chrétien.
Ces grades ne signifient pas grand chose pour nous, si ce n’est un avancement dans la révélation, mais certains auteurs avancent que les Francs Maçons s’en seraient inspiré pour leur propre rituel.
Pendant les rites, les initiés portaient des masques d’animaux correspondants à leur degré d’initiation. Objets et rites participent à la réactivation d’un mythe complexe qui donne à l’adepte une vision globale et cohérente du monde.
Le “taurreaubole” dans lequel les adeptes s’aspergent du sang du taureau sacrifié, reste la pratique la plus spectaculaire et la plus connue.


IV) LA FIN DU MITHRAÏSME


Le succés des cultes à mystères (et celui du christianisme), tant en Gréce qu’à Rome, s’explique par l’indigence spirituelle de la religion traditionnelle.
Si celle ci mentionne bien une vie aprés la mort, c’est devenir une ombre dans les Champs Elysées (pour les héros et les gentils) ou souffrir les supplices du Tartare pour les méchants, les deux lieus constituent les “Enfers”.
Mais elle ne s’interesse guère à l’âme elle même, dimension qu’apportent les cultes à mystères.Le “Myste” accéde à un degré de connaissance qui lui permet d’envisager la survie de son âme sous la protection et dans la lumière du dieu qu’il a choisi.
Le parcours initiatique recouvre celui de la vie, on franchit les divers degré d’illumination qui permettent la compréhension de l’Univers.

Ces cultes étant ésotériques, on sait trés peu de choses sur leur pratiques et leur finalité, seul l’Orphisme a laissé quelques textes sacrés. Ils sont Tous originaires du Proche et Moyen Orient. une zone de contact entre Orient et Europe qui connu pendant l’Antiquité (et au delà) un intense brassage de populations et de croyances.

Le culte de Mithra, lié au mazdéisme (Mazda est le dieu bon de la lumière dans le zoroastrisme, opposé à Ariman, le mauvais créateur de la matière). Certains auteurs considèrent le culte de Mithra comme une forme hérétique du zoroastrisme.; à l’hindouïsme, au panthéon gréco latin et egyptien; en relation avec le platonicisme, le stoïcisme est le pythagorisme (oui, tout ça...) en plus de l’astronomie peut être vu comme un syncrétisme, ce qui expliquerait qu’il a attiré de nombreux adeptes, chacun pouvant y trouver ce qu’il recherchait. Bien qu’à mystère, le culte n’est pas dogmatique et n’apparaît pas fermé.

Culte Monothéiste, ce qui est rare à l’époque dans le monde romain (les juifs excéptés), le mithraïsme s’inscrit dans la dynamique d’un salut apporté par un dieu sauveur qui agit pour les hommes, et dans la lutte (suivant un principe d’origine orientale) entre le Bien et le Mal.
“Et tu nous a sauvés en répandant le sang porteur d’éternité” (inscription trouvée dans le mithréum de Ste Prisca à Rome.
Le sang répandu est celui du Taureau et non du dieu lui même. La notion de purification et sauvetage par le sang d’un être d’exception qui accepte son sacrifice pour le bien commun est bien antèrieure au christianisme.

Au IV éme siècle, le christianisme, sorti de l’ombre et adopté dans les plus hautes sphères sociales, devient religion officielle, il s’oppose au mithraïsme avec lequel il a des correspondances (peut être trop au goût des chrétiens qui déjà, ne brillent pas par leur tolérance religieuse; non c’est pas de “l’anti “ primaire, c’est un constat...). C’est pourtant par les auteurs chrétiens qu’on a les seules sources. Les auteurs latins n’en parlent guère, sans doute le considéraient ils comme normal.
Bien sûr les auteurs chrétiens (qui ne brillent pas leur objectivité, lol) en disent pire que pendre, lui renvoyant les reproches qu’on leur adressait peu avant sur des pratiques blasphématoires, inspirées par le démon et d’autant plus louches que secrètes.
D’autant plus qu’elles présentent des ressemblances jugées dangereuses avec leur propres pratiques et croyance (ha, la concurence!)
Cette animosité se manifeste dans la fixation de la date de la naissance de Jésus (sur laquelle les Evangiles sont muets) au 25 décembre, qui cumule la fête de Sol Invictus, celle de la naissance de Mithra et le Solstice d’Hiver, au IVème siécle. Fête païenne donc, d’une importance fondamentale puisqu’elle rassemble une grande partie des divers cultes (les réjouissances duraient 12 jours), qu’il convient de récupérer en la couvrant d’une chape chrétienne. Les habitudes ne sont pas bousculées, c’est le “fêté” qui change...
Une technique dans laquelle l’Eglise chrétienne va exceller.
En 391, l’edit de Théodose interdit les cultes païens (qui ne disparaissent pas pour autant du jour au lendemain). les chrétiens s’acharnent particulièrement sur le mithraïsme, les mithrréums sont détruits volontairement (attesté par l’archéologie) ou couvert par une église.
On lui reproche aussi d’exclure les femmes.
malgré quelques sursaut et un maintien clandestin jusqu’au VIIème siècle, le mithraïsme disparaît.
Il joue cependant un rôle important dans le manichéisme (bogomiles, cathares) qui fut lui aussi un rival sérieux du christianisme.


Sur les mythes, je sais faire ça, aussi...

Ce travail, je l'ai fait à la demande de Filo pour un autre site.
J'en ai plein d'autres comme ça, des "travaux sérieux"!
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Romane
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MessageSujet: Re: Mithra   Mithra EmptyLun 11 Mai 2009 - 13:37

Ceux-là sont très intéressants. Wink

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Bonjour, je suis Romane, alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane."
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
http://lessouffleursdereve.jimdo.com/
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Ysandre
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MessageSujet: légendes et mythes : Mithra   Mithra EmptyLun 11 Mai 2009 - 14:41

Bougrement interessant Trys ! bien documenté, bien expliqué, (tiens, je connaissais les Hittites, ils ont été longtemps en guerre avec les egyptiens sous Ramsès II)
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filo

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MessageSujet: Re: Mithra   Mithra EmptyMar 12 Mai 2009 - 5:18

Oui, je me souviens, je t'avais commandé cet essai et tu t'en étais sortie comme une chef !
Bien vu de le poster ici, mais nul besoin de dire que tu sais faire, tsss.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
L'art est parfois un sale boulot, mais il faut bien que quelqu'un le fasse
Le site Filosphere ** Filographies : photo & design ** Ma musique récente ou inédite ** Musique de la Juste Parole
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http://filosphere.com
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MessageSujet: Re: Mithra   Mithra EmptyMar 12 Mai 2009 - 9:02

interessant...
Et la question de savoir pourquoi ce culte est devenu une religion à mysteres
("On ignore comment et pourquoi, dans le monde romain, ce culte est devenu une religion à mystères, ce qu’il n’est pas en Orient.")
me turlupine.. Toujours est il que Rome acceptait d'integrer toutes les religions dans la mesure où elles n'etaient pas monotheistes et ne la mettaient pas en danger. Donc ce n'était à priorité pas dans le but de se defendre contre Rome que ce culte integrait des mysteres...

L'illustration du taureauctone dont tu parles :

Mithra Fresquemithradouraeurop
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Tryskel
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MessageSujet: Re: Mithra   Mithra EmptyMar 12 Mai 2009 - 11:20

Merci Sbreccia pour l'illustration!

Une des rares fresques conservées!
Je souhaite qu'elle permette à ceux qui ne connaissainent pas de mieux comprendre!

Filo,inutile me taper sur les doigts encore une fois!!!
je me tiens desormais à ce que je sais faire...

Sage Tryskel!
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Sbreccia

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MessageSujet: Re: Mithra   Mithra EmptyMer 13 Mai 2009 - 19:04

Un complement à ton post:

10. Culte de Mithra

10.1 Mithraïsme

Le mithraïsme (ou mithriacisme ou mithracisme) est l'une des religions principales de l'Empire romain vouée au culte de Mithra, dieu de lumière et de sagesse dans la Perse antique.
Le mithraïsme est issu du zoroastrisme lui-même héritier du mazdéisme appelé aussi parsisme.

Le culte de Mithra (fêté le 25 décembre), déjà introduit à Rome vers 68 av. J.-C. par des pirates ciliciens capturés par le général Pompée le Grand, puis apporté en Rhénanie par les militaires, principalement par les légionnaires venus des Balkans et de Syrie, fleurira jusqu’au Ve siècle.
Ce culte est représenté en Germanie par un nombre assez important de sanctuaires et par des bas-reliefs représentant Mithra égorgeant le taureau.

Le sacrifice du taureau par Mithra paraît également avoir évoqué aux yeux des Gaulois le sacrifice annuel des taureaux en l’honneur de la déesse-mère : des reproductions du sacrifice de Mithra, associées sur des bas-reliefs aux représentations de la déesse-mère, prouvent que cette interprétation du sacrifice du taureau par Mithra a été réellement faite par les Gallo-Romains.

Dans l'Avesta, les écritures sacrées zoroastriennes des anciens Perses, Mithra apparaît comme le « yazata » (le bénéfique), l'esprit du bien et l'ordonnateur du monde. II est le dieu du « contrat ». II représente l'apport juridique de la fonction royale. II tue le taureau divin et du corps agonisant de ce dernier jaillissent toutes les plantes et les animaux bénéfiques à la race humaine.
Après avoir conquis l'Assyrie au VIIe siècle av. J.-C. et Babylone au VIe siècle av. J.-C., Mithra devint le dieu du soleil qui était désormais adoré en son nom.

Les Grecs d'Asie Mineure identifièrent Mithra à Hélios, le dieu grec du soleil, contribuant ainsi à répandre son culte qui fut introduit à Rome vers 68 av. J.-C. par des pirates ciliciens capturés par le général romain Pompée le Grand.
Le mithraïsme se propagea très rapidement dans toute l'Italie et les différentes provinces romaines pendant le Bas-empire.

Vers 160, les légions revenues de Syrie, vouaient un culte fervent à Mithra, dieu perse de la Lumière, de la Justice et de la Bonté, fêté le 25 décembre (jour anniversaire de la naissance du Soleil et de celle de Mithra) par le sacrifice d'un taureau.
L'initié recevait le baptême de sang (taurobole) qui lui assurait l'immortalité de l'âme. Le sang du taureau, égorgé par un pieu sacré au-dessus d'une fosse où se trouvait le fidèle, purifiait et régénérait celui qu'il inondait : le baptisé était « renatus in aeternum » (re-né pour l'éternité).

Le mithriacisme, adopté par Rome, fut le rival du christianisme dans le monde romain.
L'empereur Commode (180-192) se fit initier.
En 274, l’empereur Aurélien (né en Pannonie d’une mère prêtresse du Soleil) veut réunifier la conscience religieuse du monde romain autour d’un culte solaire, celui de Mithra, « Sol Invictus » (Soleil Invaincu), auquel il dédie un temple à Rome le 25 décembre.

Le mithraïsme se pratiquait en petits groupes. Les « mithraea », lieux de culte, grottes ou bâtiments ayant la forme d'une grotte, étaient toujours de taille modeste. On y prenait des repas en commun pour commémorer le festin fait par Mithra et le Soleil après la création du monde (peut-être y consommait-on la chair d'un taureau sacrifié). Le septième jour de la semaine était particulièrement fêté tout comme le septième mois de l'année.

Les initiés étaient répartis en sept grades correspondant chacun à un astre : le Corbeau protégé par Mercure ; l’Époux (« nymphus ») par Vénus ; le Soldat par Mars ; le Lion par Jupiter ; le Perse par la Lune ; le Courrier d’Hélios (« heliodromus ») par le Soleil ; le Père (« pater sacrorum ») par Saturne. Des masques et des insignes appropriés caractérisaient les dignitaires de ces fonctions. Les Corbeaux servaient à boire, les Lions brûlaient l’encens et purifiaient les mystes par le feu, les Soldats étaient consacrés par une sorte de baptême et sans doute marqués au fer rouge.
Sur chaque communauté veillait un Père ; le Père des Pères avait le rang d’un évêque métropolitain ou d’un pape.

Les mithraïstes se représentaient la fin du monde comme une conflagration universelle (victoire totale du Bien sur le Mal après un combat qui fait la texture même de l'existence).

Mithra est un dieu solaire indo-iranien, serviteur du dieu suprême Ahura Mazda (d’où : mazdéisme), dieu aux mille oreilles et dix mille yeux, distributeur de l'énergie vitale, dieu sauveur, vainqueur invincible, souverain des armées, ange de lumière, nommé « Sol Invictus » (Soleil invaincu), tauroctone (tueur de taureau) et juge des morts qu'il ressuscitera à la fin des temps. Placé près de Mithra, l'ange Rashnu pèse les âmes (comme Osiris chez les Egyptiens et comme l'archange Michel chez les Chrétiens). Mithra ne meurt pas : il s'élève au ciel.
En Inde, dans le Veda et l'Avesta, il est le fils de la déesse Aditi et, avec ses 7 frères, forme le groupe des Aditya. Son culte ainsi que celui de son frère Varuna, déclinèrent très vite.
En Perse, il crût rapidement. Unique dieu des mystères non liés au culte de la végétation, il était considéré comme l'intermédiaire entre le Dieu Ahura Mazda et les hommes. II n'est plus mentionné après la réforme de Zarathushtra, mais son culte reste populaire.
Dans la perse ancienne, il préserve la loi et de l'ordre : « Mitra », en sanscrit, signifie « associé, allié » (en iranien ancien : « contrat »). Il personnifie amitié, bienveillance, non-hostilité, veille sur contrats et accords, aide aux compromis (on lui doit la concorde).
Monté sur un char d'or attelé de 4 chevaux blancs, Mithra combattait les forces démoniaques et permettait à ses adeptes d'accéder à l'immortalité.
Le sacrifice du Taureau cosmique est un rite perse destiné à restaurer le règne de fertilité et d'abondance de Yima, le premier homme.
Mithra appartient à une première triade avec Ahura Mazda et Anahita et à une deuxième triade en tant que Soleil, entre Cautas (Soleil Levant) et Cautopatès (Soleil couchant).

Mithra (« saxigenus » ou « pétrogène ») naquit de la roche (saxigenus) ou de la pierre (petra generatrix) un 25 décembre (jour où se célébrait la renaissance du soleil invaincu : « Natalis Solis invicti ») tout près d'une source abritée par un arbre. Il portait le bonnet phrygien, une torche et un couteau. Il but l'eau de la source et coupa, avec son couteau, le fruit de l'arbre. Avec les feuilles de cet arbre, il se confectionna des vêtements.

Mithra a été identifié au dieu primordial de l'orphisme, Phanès, qui surgit de l'œuf cosmique à l'origine du temps, engendrant l'univers.

Sur ordre du Soleil (ordre transmis par un corbeau), Mithra égorgea le taureau primitif, premier être vivant crée par Ahura Mazda, dont le sang répandu donna naissance à toute la création, malgré les efforts du serpent et du scorpion agissant pour Angra Mainyu (Esprit Destructeur) appelé aussi Ahriman, jumeau maléfique de Ahura Mazda.

Les manichéens opposaient un « vrai » Mithra au « faux Mithra » chevauchant le taureau.




10.2 Zoroastrisme, mazdéisme, parsisme

Le zoroastrisme, appelé aussi mazdéisme ou parsisme, tire son nom du prophète Zoroastre ou Zarathushtra ou Zarathoustra (dont la date et le lieu de naissance sont controversés : peut-être Ragès en Médie au VIIIe ou VIIe siècle av. J.-C. ; pour certains 650-583 av. J.-C. ?), mage à la cour du roi de Bactriane et réformateur de la religion iranienne antique dont les doctrines sont conservées dans les gathas (hymnes métriques), qui forment une partie du recueil de textes sacrés appelé Avesta.

L’enseignement qu’il propagea repose sur la théologie dualiste du mazdéisme qui oppose Ahura Mazda (ou Ormuzd), le dieu du Bien, à Ahriman, le dieu du Mal.
L’homme, par la pureté de sa vie, de ses pensées, de ses paroles et de ses actes dont il rendra compte dans l’au-delà, doit contribuer au renforcement de la puissance du Bien pour que diminue celle du Mal.

Les trois fils de Zoroastre instituèrent les 3 classes sociales : prêtres, guerriers et agriculteurs.

Les principes fondamentaux des gathas reposent sur le culte de Ahura Mazda (le « Seigneur de Sagesse » ou le « Maître du Savoir ») et sur un dualisme éthique opposant Vérité (Asha) et Mensonge à travers tout l'Univers. Les « gathas » et quelques éléments tardifs de « l’Avesta » établissent le caractère monothéiste de la croyance prêchée par Zarathushtra.
La divinité suprême, Ahura Mazda, « désirant le bien, a créé à la fois le bonheur et le malheur » (« Yasna », LXV, 9 ; Dhalla, « Zoroastrian Theology »).
L’Esprit mauvais n’est pas l’adversaire du créateur unique, mais seulement de l’Esprit bienfaisant. D’ailleurs, la lutte aura un terme : la victoire ultime du Bien sur le Mal.
Tout le Bien procède des émanations de Ahura Mazda qui lui donnent forme et existence : Spenta Mainyu (l'Esprit saint, la force créative) prend six aspects différents (3 masculins et 3 féminins). Ces aspects devinrent six dieux différents (Bon Esprit, Vérité, Pouvoir, Dévotion, Santé et Vie), puis le nombre s’accrut : par exemple avec Mithra, le dieu du Soleil.
Tout ce qui est Mauvais provient du « mauvais jumeau » de Spenta Mainyu : Angra Mainyu (« Esprit Diabolique » ; en persan « Ahriman ») et de ses assistants. Angra Mainyu est mauvais par choix, car il s'est allié au Mensonge, tandis que Spenta Mainyu a choisi la Vérité.
De la même façon, les hommes doivent opérer ce choix fondamental. Après la mort, l'âme de chacun est jugée sur le Pont du Jugement ; seuls les partisans de la Vérité le traversent pour être conduits au Paradis ; les partisans du Mensonge tombent en Enfer.
À la fin des temps, tout mal est éliminé de la Terre dans un supplice de feu et de métal fondu.

II est possible que Zoroastre ait tenté la synthèse de deux systèmes religieux.
Le premier, mis en évidence dans les gathas, est un culte de la Sagesse et de ses émanations dont Asha (la Vérité).
Le second consiste en un culte du dieu Ahura, protecteur de Asha : il apparaît dans une autre partie de l'Avesta, le Haptanghaiti (Rituel des Sept Chapitres), rédigé également en vieil avestique, la langue des gathas de Zoroastre.
Dans les Sept Chapitres, des émanations ou entités divines, ainsi que diverses abstractions sacrées interviennent ; Ahura Mazda y reçoit l'épithète « possédant Asha » ; en revanche, le Mensonge et Angra Mainyu ne sont pas mentionnés. De nombreux objets naturels, des créatures mythiques et des esprits ancestraux y sont vénérés. Ahura Mazda y ressemble moins à la divinité unique de Zoroastre qu'au dieu Varuna (parfois appelé « Asura » : Seigneur) des anciens textes religieux indiens : les Rig-Veda.
Les ancêtres des Perses (c'est-à-dire un sous-groupe aryen des peuples indo-européens) et les envahisseurs du Nord de l'Inde partageaient la même origine et on peut supposer qu'ils adorèrent un certain nombre de divinités communes.
L’Ahura Mazda des Sept Chapitres possède des femmes appelées Ahuranis, lesquelles, à l'instar des Varunanis de Varuna, sont nuages, pluie et eaux.
Ahura possède Asha, de même que Varuna protège Rita (« ordre cosmique » équivalent de « Asha » ; en vieux perse : « Arta »).

Le nom de Ahura Mazda est parfois associé à celui de Mithra ; dans les « Veda », les noms de Mithra et Varuna sont également associés.
Les Sept Chapitres vénèrent aussi Haoma (en védique Soma), une plante divinisée d'où l'on tirait une préparation hallucinatoire.

Le culte des ancêtres, des esprits de la nature et d’autres divinités (par exemple le dieu du Feu, appelé Agni par les hindous), possède également un équivalent védique.

Les gathas et les Sept Chapitres ne constituent qu'une partie du grand texte de sacrifice rituel appelée Yasna. Le reste fut rédigé dans une langue plus tardive, l'avestique récent. On possède en outre un ensemble d'hymnes rédigés en moyen perse qui rendaient hommage à diverses divinités, dont Anahita, déesse des eaux et de la fertilité probablement empruntée (tout comme la coutume des mariages incestueux) aux Elamites.

La dernière partie de l’Avesta, le Videvdat, fut rédigée après la conquête de la Perse par les Grecs, au IVe siècle av. J.-C. ; il présente l'ensemble des prescriptions et interdits de la loi pour la vie quotidienne (un peu à la façon du Lévitique). II reflète les coutumes attribuées par l'historien grec Hérodote aux Mages, caste de prêtres d'origine mède : c'est, par exemple, l'exposition des cadavres aux vautours sur les « tours du silence », la protection accordée aux chiens ou le massacre systématique des reptiles.

Darios Ier (522-486) fut probablement le premier roi perse à adopter le zoroastrisme. Les inscriptions qu'il a laissées sont emplies de louanges en l'honneur de Ahura Mazda ; il parut en outre considérer le Mensonge comme une force mondiale. Après lui, son fils Xerxès Ier puis Artaxerxés Ier (qui régna de 465 à 425 av. J.-C.) furent également des fidèles d’Ahura Mazda. Sous leurs règnes s'opéra sans doute une synthèse des enseignements de Zoroastre et du polythéisme antique, reflétée dans le syncrétisme des Yashts.
Sous Artaxerxés II (qui régna de 404 à 358 av. J.-C.), le culte iranien, qui avait jusque là proscrit les images, ne renonça plus aux idoles (aux côtés d’Ahura Mazda, seule divinité mentionnée jusqu'alors, figurent les noms de Anahita et de Mithra) et c'est probablement sous son règne que les premiers temples perses furent bâtis.
Sous la domination des Séleucides grecs (364-312 av. J.-C.), puis des Arsacides parthes (v. 250 av. J.-C. à 266 apr. J.-C.), des cultes aux dieux étrangers se développèrent à côté du zoroastrisme.
La nouvelle dynastie perse des Sassanides [Ardachêr Ier, roi de Perse (224-241)] rétablit le zoroastrisme comme religion de l’Etat.
Dans la théologie sassanide, Ahriman (Angra Mainyu) fut opposé à Ormuzd (Ahura Mazda), et non plus à Spenta Mainyu. Certains théologiens sassanides enseignèrent aussi que Ormuzd et Ahriman étaient les fils jumeaux du Temps Eternel (Zurvan Akarana), mais cette doctrine fut finalement rejetée.

Le lundi 26 février 277, Mani (ou Manès), fondateur du manichéisme, autoproclamé dernier prophète de la lignée des Zoroastre (ou Zarathoustra), Bouddha et Jésus, était mis à mort par le roi de Perse.

La Perse fut progressivement convertie à l'Islam après la domination arabe au VIIe siècle. Le zoroastrisme survécut cependant dans de petites communautés de Guèbres (de « Gabars », terme péjoratif adopté par les Arabes) dans les régions montagneuses du Yezd et de Kem. II en subsiste aujourd’hui environ 18 000 en Iran.
Les zoroastriens, sous le nom de Parsis (littéralement « Perses »), émigrèrent nombreux vers l'Inde. Deux cent mille vivent aujourd'hui principalement dans la banlieue de Bombay. Ils récitent toujours la liturgie de l'Avesta et conservent les feux sacrés, mais de nos jours, ils préparent un haoma non hallucinatoire et très peu ont conservé l'usage de placer les cadavres sur des édifices élevés (« tours du silence ») pour être la proie des vautours.

En 1968, Jacques de Marquette et Paul du Breuil fondèrent le Mouvement néozoroastrien qui devint, en 1971, la Société d’Etudes Zoroastriennes, rattachée à la World Zoroastrian Organization de Londres."

Texte trouvé ici=

http://pagesperso-orange.fr/compilhistoire/mythologieromaine.htm#10

Par : Auteur : Jean-Paul Decoeurtyte.
Référence publication : Compilhistoire.
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MessageSujet: Re: Mithra   Mithra EmptyMer 13 Mai 2009 - 20:55

Sbreccia, t'es aussi calé que que moi dans ce domaine, Lol!

Non, je ne me prends pas pour une mythologue avertie, juste que ça me passionne et que j'essaie d'en parler au mieux!

Merci du complément, j'espère, au risque de me répéter mais je le prends, qu'il permettra à ceux qui ne ne connaissent pas de mieux aphréender le sujet!

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MessageSujet: Re: Mithra   Mithra Empty

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