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 Le S.D.F. ( Théâtre)

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aristée
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MessageSujet: Le S.D.F. ( Théâtre)   Le S.D.F. ( Théâtre) EmptyMer 3 Juin 2009 - 12:52

LE S.D.F.


PERSONNAGES
Le SDF 40 ans
Paul 40 ans
Jeanne 38 ans sa femme
Aline 15 ans fille de Paul et Jeanne


ACTE 1

Le rideau se lève sur un salon bourgeois.
Canapé, fauteuils, bibliothèque, un piano droit, meuble télévision, un bar, tableaux aux murs, grande glace etc...
La scène est vide.
Paul entre suivi du SDF.
Paul est habillé d’un costume trois pièces, il est élégant.
Le SDF est vêtu très pauvrement, avec un long manteau gris, froissé, dont une manche est déchirée. Il porte un chapeau informe, et une barbe qui lui mange une grande partie du visage.

PAUL

Entrez, entrez mon cher ! Asseyez-vous dans ce fauteuil. Vous n’avez pas froid ? Voulez vous que je monte le chauffage ?

LE SDF

Il fait sacrément chaud ici !

PAUL

Je suis heureux que vous n’ayez pas froid. Voulez vous boire quelque chose ?

Le SDF

Si vous avez un verre de vin, ce n’est pas de refus !

PAUL

Du vin ? Heu ? Ne voulez vous pas un whisky…. pour changer ?

LE SDF (Très mondain)

Alors un doigt seulement !!

Paul va vers le bar, sert deux verres de whisky et revient en donner un au SDF.

PAUL

Tenez ! C’est du pur malt. Je suis certain que vous allez aimer. Avez-vous déjà bu du Whisky ?

LE SDF

Si j’ai bu du Whisky ? Quelques centaines de bouteilles, et du champagne, par caisses.

PAUL (surpris)

Ah bon ? Alors, vous n’avez pas toujours été….heu ;;; Ce que vous êtes maintenant ?

LE SDF

Un sans domicile fixe ? Non ! Pas toujours !

PAUL (curieux mais hésitant)

Vous avez eu des revers ? Enfin, je ne vous demande rien, bien sûr. Pour l’instant, ce qui est important c’est que vous puissiez être bien à l’abri….je veux dire, au chaud….pas en plein air, quoi……( essayant de plaisanter) parce qu’il faut l’avouer, l’air est frais.

LE SDF

Oh j’ai connu bien pire !!

PAUL

Raison de plus. Puisque vous avez connu le pire, il faut que vous connaissiez le meilleur. Bien entendu, vous coucherez ici. Nous avons une chambre d’amis, toujours prête. Et elle est bien chauffée.

LE SDF

Ce n’est pas grave. (Un temps) J’ouvrirai la fenêtre.

PAUL (surpris)

Ha oui ? (Un temps) Remarquez, vous pourrez fermer le chauffage.

LE SDF

Pas de problème. Je m’arrangerai.
(On entend que la porte d’entrée est ouverte et refermée

PAUL

Tiens ! J’entends la porte d’entrée. Ce doit être ma femme.
Jeanne entre. Très élégante, chargée de paquets. Elle ne voit pas tout de suite le SDF.

JEANNE (Elle dépose ses paquets sur le canapé, et s’assied à côté d’eux)

Ouf ! Je suis crevée ! Il fait un froid de canard !
(Elle aperçoit le SDF et se relève brusquement)
Ah ? Tu recevais quelqu’un ? Excusez-moi de vous avoir dérangés.

LE SDF (qui reste assis)

Il n’y a pas de dérangement, Madame, vous êtes chez vous.

PAUL

Oui, ma chérie, je te présente…Au fait, comment vous appelez vous ?

LE SDF

Vous pouvez dire : Le SDF.

PAUL (interloqué)

Ah ? Bon. Je vous présente ma femme, Jeanne. (A sa femme) Le SDF.

JEANNE

Je ne comprends pas très bien.

PAUL

Je vais t’expliquer.
J’étais tout à l’heure installé sur un banc public, et je lisais mon journal. Je ne m’étais pas aperçu que quelqu’un était venu s’asseoir sur le même banc.
Un jeune garçon est arrivé qui distribuait des prospectus pour le nouveau parti politique E.A. (Ensemble, Avançons) Ce parti a pris pour devise les deux premiers mots de la devise française : Liberté Egalité.
C’est alors que la personne assise à côté de moi- ce monsieur- me dit :
« C’est ridicule. Ces deux mots sont antinomiques, et comme, surpris, je me tournais vers lui, il m’expliqua :
Si l’on est pour la liberté, comme la nature est inégalitaire, l’égalité est impossible.
Si l’on est pour l’égalité, c’est que l’on a forcé la nature, en supprimant des libertés. »
Frappé par cette remarque, je lui demandais dans quelle branche il était, et il me répondit
« Je ne suis quand même pas dans une branche, mais je suis dans la rue ».
Tu comprendras ma chérie, que je ne pouvais pas laisser dans la rue un homme de cette classe, alors je l’ai invité à venir ici.

JEANNE (réticente)

Ah, bon. (S’adressant au SDF) Vous aurez pour ce soir un repas chaud et une chambre normale.

LE SDF

Merci, madame. Quoique la normalité soit une notion très subjective.

JEANNE (un peu désarçonnée)

Oui….Bien sûr…
PAUL (Au SDF)

Il est en tous cas anormal qu’un homme comme vous soit dans la rue, et il est normal que je veuille mettre fin à cette anomalie.

LE SDF

Vous êtes trop aimable. Au fait, lorsque nous étions assis sur le banc, j’ai remarqué que vous lisiez les cours de la bourse.

PAUL

C’est exact. Vous êtes très observateur.

LE SDF

Puis je me permettre de vous donner un conseil ?
PAUL (surpris)

A quel sujet ?

LE SDF

Au sujet de la bourse. Je vous suggère de prendre des « Petro Gers » C’est une nouvelle société qui vient de s’introduire en bourse. Elle a découvert du pétrole dans le Gers, près de Condom, elle est propriétaire de 3000 hectares et poursuit ses acquisitions. C’est un bon placement.

PAUL

Ah bon ? Mais…Comment savez vous cela ?

LE SDF

J’étais de passage dans cette région il y a un mois, et j’ai vu les premières extractions de pétrole.

PAUL

Merci pour le tuyau. Je vais voir cela dès demain.

LE SDF

Ne me remerciez pas. C’est la moindre des choses.
( A suivre
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Ysandre
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MessageSujet: le S.D.F. (théatre)   Le S.D.F. ( Théâtre) EmptyMer 3 Juin 2009 - 13:02

ça commence bien, en tout cas !!!!!
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aristée
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MessageSujet: LE S.D.F. ( THEATRE)   Le S.D.F. ( Théâtre) EmptyJeu 4 Juin 2009 - 8:33

(Le SDF regarde longuement Jeanne)
Si j’osais, madame…..
JEANNE (Se cabrant aussitôt)
Oser quoi, monsieur ?
LE SDF
Vous donner un petit conseil.
JEANNE
Un conseil ? Vous ?
LE SDF
Oh, ce n’est pas grand-chose, mais il me semble que, compte tenu de la forme de votre visage, vous devriez porter des cheveux plus courts et faire une frange sur le front.
JEANNE (surprise)
Vous croyez ? Vous êtes coiffeur ?
LE SDF
Non, madame, je ne suis pas coiffeur, mais faites un essai, et vous constaterez que j’ai raison.
PAUL (Regardant sa femme)
Je crois que monsieur a parfaitement raison. Tu devrais essayer ma chérie.
JEANNE (Haussant les épaules)
Je suis comme je suis, et si je ne plais pas, tant pis !
LE SDF
Je suis désolé madame, mais vous seriez encore plus séduisante avec les cheveux courts.
JEANNE
Oui…Bon, parlons d’autre chose !
(Se tournant vers son mari) As-tu vu Aline ce matin, avant de partir ?
PAUL
Oui, pourquoi ? Il y a quelque chose de spécial ?
JEANNE
Elle semblait préoccupée, et je me demandais si elle t’avait dit quelque chose.
PAUL
Non, rien. Mais je l’ai trouvée normale..
JEANNE
Normale, normale….C’est une notion très subjective (s’apercevant qu’elle venait d’employer une remarque du SDF) Oui, enfin, je voulais dire qu’une mère peut voir des choses qu’un père ne voit pas.
LE SDF
Il est vrai que pour ses enfants, une mère a les yeux du cœur.
(Jeanne hausse les épaules, et Paul pour détourner l’attention reprend rapidement :
PAUL
Cher Monsieur…
LE SDF
Vous pouvez m’appeler Pierre.
PAUL
Mon cher Pierre, je vais vous faire voir votre chambre et la salle de bains, pour le cas où vous voudriez prendre une douche. Mais j’y pense : Nous sommes à peu près de la même taille, voulez vous que je vous donne l’un de mes complets ?
PIERRE
Non, merci. Je suis bien dans mes vêtements. Très bien même.
PAUL
Ah, bon !! C’était de bon cœur…
(Paul et Pierre sortent. Jeanne se dirige vers la grande glace, place ses mains pour cacher le bas de sa chevelure, puis, elle ramène une mèche en avant pour essayer de faire une frange)
JEANNE
C’est vrai qu’avec des cheveux plus courts…Oui, ce serait mieux. Quand à la frange…C’est idiot…Quoique….après tout, il faut voir….

Le rideau tombe.



ACTE 2



Le rideau se lève sur le même décor. Pierre, toujours affublé de ses vieux vêtements et assis dans un fauteuil lit un journal. Aline, assise à la table, avec des livres de classe et des cahiers, travaille.
Paul, vêtu d’un manteau, portant un attaché case, prêt à sortir, entre dans la pièce. Il va embrasser sa fille et s’adresse à Pierre
PAUL
Bon. J’y vais. Je n’ai pas oublié ce que vous m’avez dit hier au sujet de cette petite société dans le Gers. Je vais me renseigner. Je rentrerai à midi. Passez une bonne journée.
PIERRE (Posant son journal)
Bonne journée également. Ah ! J’ai remarqué que la cuvette des WC fuyait. Pouvez vous me dire où se trouvent vos outils ? Je vais y jeter un coup d’œil.
PAUL
Ne prenez pas cette peine. J’ai essayé plusieurs fois, je n’y suis pas arrivé. Je ferai venir un professionnel.
PIERRE
Je peux voir ce qu’il en est. Où sont les outils ?
PAUL
Ma fille, Aline, vous fera voir. Je suis désolé, mais je ne suis pas en avance, il faut que j’y aille. A midi
(Paul sort. Aline lève les yeux vers Pierre. Elle a une petite mine, et vient surement de pleurer)
ALINE
Voulez vous que je vous fasse voir maintenant où sont les outils ?
PIERRE
Il n’y a pas urgence. En revanche, je vois qu’il y a quelque chose qui vous tracasse. Vous pouvez m’en parler en toute confiance, mademoiselle Aline.
ALINE
Cela se voit tellement bien que ça ?
PIERRE
En tous cas, moi, je le vois.
ALINE
Mais pas mon père.
PIERRE
Votre père est un homme remarquable, mais il a beaucoup d’occupations.
(Il regarde longuement Aline)
C’est un chagrin d’amour n’est ce pas ?
(Aline éclate en sanglots)
ALINE (sanglotant)
C’est un salaud…Mais je l’aime…
PIERRE
Mademoiselle Aline, si vous êtes certaine qu’il est un salaud, il ne faut plus l’aimer. On ne peut aimer sans estime. L’estimez-vous ?
ALINE
J’estime…..J’estime qu’il n’avait pas à sortir avec Claudette.
PIERRE
Alors, il ne vous mérite pas. Vous avez droit à quelqu’un de mieux que lui, et vous le trouverez, vous pouvez en être certaine, alors séchez vos yeux. Vous lui faites trop d’honneur en pleurant à cause de lui.
Imaginez qu’il puisse vous voir, il serait très fier de son pouvoir. Vous ne voulez pas ça ? Hein ?
ALINE
Oh non alors !!!
PIERRE
C’est bien. Vous raisonnez comme une grande personne, c’est très raisonnable.
ALINE
Merci Monsieur. Vous me comprenez, vous, ce n’est pas comme mon père.
PIERRE
Je vous l’ai dit : Votre père a beaucoup d’occupations, mais soyez assurée qu’il vous aime très fort
ALINE
Il m’aime très fort, il m’aime très fort…..Et d’autres aussi ??
(Un silence. Pierre se lève et vient vers la table où travaille Aline.)
(A suivre)
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MessageSujet: Re: Le S.D.F. ( Théâtre)   Le S.D.F. ( Théâtre) EmptyJeu 4 Juin 2009 - 9:25

Je l'attends avec impatience !
Je me demande bien...
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aristée
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MessageSujet: LE S.D.F. ( THEATRE)   Le S.D.F. ( Théâtre) EmptySam 6 Juin 2009 - 9:17

PIERRE
Quelle matière travaillez-vous ?
ALINE
La géographie. Le Moyen Orient. Nous en sommes au Liban.
PIERRE
Ah, Le Liban ! Magnifique pays. Sa géographie est simple. Il est constitué par quatre bandes parallèles nord sud/ Une plaine côtière, puis les Monts du Liban, puis la plaine de la Bekaa et enfin les Monts d’Anti-Liban.
C’est dans la plaine de la Bekaa que se trouvent les extraordinaires ruines de Baalbek, avec les restes des Temples de Vénus, de Bacchus et de Jupiter. Une merveille !
ALINE
Oh, mais dites ! Vous êtes drôlement calé !!
PIERRE
Je n’ai pas grand mérite : J’y suis allé.
ALINE
Vous deviez avoir une grosse situation.
PIERRE
Je n’ai pas toujours été SDF.
ALINE
C’est comme pour moi ?
PIERRE
Comment ça, comme pour vous ?
ALINE
Ben oui ! Vous avez eu un chagrin d’amour ?
PIERRE
C’était beaucoup plus compliqué que ça !
(Une pause)
Je pourrais avoir les outils ?
ALINE
Oui, bien sûr.
(Aline se lève alors que Jeanne entre. Elle a fait couper ses cheveux, et porte une frange sur le front. Elle semble un peu gênée au début, mais Pierre ne fait aucune réflexion, et elle se détend.
ALINE
Tu sais maman, ce monsieur est très calé. Sans avoir révisé, il m’a parlé du Liban.
PIERRE
Je vous ai dit mademoiselle que je n’avais pas grand mérite, puisque j’ai eu l’occasion d’aller dans ce merveilleux pays. Vous pensez aux outils s’il vous plait ?
ALINE
Oui, pardon. Je vous les apporte.
(Aline sort)
JEANNE
Vous savez monsieur que vous nous intriguez beaucoup, Je constate que ma fille elle-même est un peu surprise.
PIERRE
Mon Dieu je ne vois pas en quoi je peux mériter votre curiosité.
JEANNE
Mais si, Vous semblez connaitre beaucoup de choses dans de nombreux domaines, et pourtant, vous êtes, je veux dire, vous paraissez être….enfin…. vous n’avez pas de maison…
PIERRE (Souriant)
Hé non !! Je n’ai pas de maison. Je suis SDF, mais pas amnésique. J’ai donc quelques connaissances.
Aline revient avec une boite à outils qu’elle donne à Pierre.
PIERRE
Merci mademoiselle Aline. Je vais voir ce que je peux faire pour cette chasse d’eau.
(Il sort. Un petit silence)
JEANNE
C’est un curieux bonhomme. Il est cultivé mais il ne fiche rien, et accepte sans difficulté, sans vergogne, d’être logé et nourri.
ALINE
En tous cas, il en sait des choses, et de plus, il est très gentil.
JEANNE
Il ne manquerait plus que ça !!! Qu’il soit désagréable avec des gens qui lui font la charité..
ALINE
Moi, je suis contente qu’il soit là. Il est vachement sympa !! Et puis, pour moi, la carte du Liban, elle est là !( Elle se frappe le front de sa main)
JEANNE (plus conciliante)
Oui, il n’est pas désagréable. Mais un homme, dans la force de l’âge, qui possède des qualités intellectuelles, et qui ne fiche rien, moi, que veux tu, je ne peux pas l’admettre !!
ALINE
Je crois qu’il a eu des problèmes
JEANNE (curieuse)
Ah oui ? Il t’en a parlé ?
ALINE
Non, mais je le sens. Il est très compréhensif.
JEANNE
Ah ? Et qu’est ce qui te fait dire qu’il est compréhensif ?
ALINE
Je me comprends.
JEANNE
Il comprend, tu te comprends, mais moi je n’y comprends rien. Enfin…..S’il arrive à réparer la cuvette des WC, ce sera toujours ça de pris.
ALINE (Qui regarde sa mère)
Tu as modifié ta coiffure ? Ca te va bien !
JEANNE (Faussement détachée)
Bof ! Une petite fantaisie.
. (Un temps)
C’est vrai, tu trouves que ça me va bien ?
ALINE
Ca te fait 10 ans de moins !
JEANNE
Oh ! 10 ans !! Tu exagères !! Enfin, ça m’amuse….
Pierre revient avec la boite à outils.
PIERRE
Voilà. C’est réparé.
(Il rend la boite à outils à Aline)
JEANNE
Déjà ?
PIERRE
Ce n’était pas très grave. Il suffisait de tordre un peu la barre du flotteur.
ALINE (qui la boite à outil à bout de bras était restée)
En tous cas, papa a essayé plusieurs fois sans arriver à réparer la fuite.
PIERRE
J’ai eu la chance de tomber tout de suite sur le problème.
ALINE
Moi, je ne crois pas que ce soit du hasard. Vous êtes calé, et c’est tout.
JEANNE (désirant couper cette discussion)
Bon, l’important, c’est que ce soit réparé. Merci monsieur.
PIERRE
Je vous en prie, ce n’est rien du tout. Si vous avez d’autres petits problèmes ménagers.
JEANNE
Non, ça va. (A Aline) Ma fille, il faut que tu partes ou tu vas être en retard.
ALINE (Va embrasser sa mère et serrer la main de Pierre)
O.K. J’y vais. Je range les outils et je décanille
(Aline sort)

JEANNE
Je décanille !! Quel langage !!
PIERRE
De tous temps les jeunes ont utilisé des expressions à eux. Ce n’est pas grave.
JEANNE
Non, ce n’est pas très grave.
(Un temps)
Actuellement, vous cherchez du travail ?
PIERRE
Non, Madame, je ne cherche pas de travail.
JEANNE
Pourtant, vous êtes encore jeune, et vous semblez posséder des qualités suffisantes pour postuler à un poste intéressant.
PIERRE
C’est que précisément, un poste intéressant ne m’intéresse pas.
JEANNE
Vous êtes un homme curieux.
PIERRE
Je suis peut être un homme curieux pour les autres, mais il est certain que moi-même, je suis curieux de nature.
JEANNE (qui l’observe depuis un moment)
Vous avez toujours porté la barbe ?
PIERRE
Non pourquoi ?
JEANNE (un peu rêveuse)
Pour rien….C’est idiot…
(Un temps)
Il faut que je sorte. J’ai des courses à faire. Heu……Vous restez là ?
PIERRE
Si je gêne, vous n’avez qu’un mot à dire..
JEANNE (vivement)
Non, non….Je vous demandais si vous aviez à sortir…Pour faire des courses.
PIERRE
Non pas de courses.
JEANNE
Ha, bon !
(Un temps)
Avez-vous des projets ?
PIERRE
L’être humain ne peut vivre sans faire des projets. Ils sont quelquefois dérisoires, mais ils existent. Par exemple, vous, madame, vous devez faire des projets.
JEANNE
Moi ? Non !
PIERRE
Bien sûr que si ! Vous avez, pour ne parler que du plus banal, des projets d’achat.
JEANNE
Si vous estimez que penser à acheter un rosbif pour demain, est un projet, alors évidemment…Mais vous, cher monsieur, vous n’avez pas de projet d’achat, puisqu’il semble que vous n’en ayez pas les moyens. Alors puisque vous êtes un être humain, et que d’après vous, tous les êtres humains font des projets, serait il indiscret de vous demander ce que sont les vôtres ?
PIERRE
Non. Ce ne serait pas indiscret.
(Un silence. Jeanne attend que Pierre poursuive, mais il ne dit rien)
JEANNE
Puisque ce n’est pas indiscret, je vous le demande : Quels sont vos projets ?
PIERRE
Ils sont multiples. Il y en a même que je porte en moi, sans en avoir conscience.
JEANNE
Cela me semble impossible. Ce dont on n’a pas conscience n’existe pas.
PIERRE
Vous faites erreur. Très souvent, on ignore pourquoi l’on a fait telle chose. Mais il y a toujours une raison. Même si l’on n’en a pas conscience, cette raison existe.
JEANNE
Pas forcément. Que faites vous de la liberté ?
PIERRE
La liberté n’existe pas. Lorsque vous avez l’impression d’avoir fait un choix librement, c’est parce que vous ignorez les causes de votre action. Vous n’en avez pas conscience, mais ces causes existent.
JEANNE
Si mes vieux souvenirs de philo ne me trahissent pas, vous êtes déterministe !
PIERRE
Vos souvenirs sont fidèles.
JEANNE (Rêveuse)
J’ai connu dans le temps…….Il y a longtemps…Quelqu’un qui parlait souvent du déterminisme.
PIERRE
Il est certain que je ne suis pas l’inventeur et l’unique tenant de cette philosophie.
JEANNE
Oui. Evidemment. Mais vous n’avez pas répondu à ma question, qui pourtant n’était pas indiscrète, vous me l’avez dit.
PIERRE
Si. J’ai répondu. Je vous ai dit qu’ils étaient multiples.
JEANNE
C’est vague.
PIERRE
Soit. Je vais vous révéler mon projet le plus proche.
JEANNE
Je vous écoute !
PIERRE
Je voudrais, si vous m’y autorisez, m’absenter quelques instants, et que vous attendiez mon retour.
JEANNE
Magnifique projet ! Vous voulez aller aux toilettes !!
PIERRE
Non, je ne vais pas aux toilettes ! Vous m’attendez ?
JEANNE
Où voulez vous que j’aille. Bien sûr, je vous attends ! Je suis curieuse !
PIERRE
Parfait. A tout de suite !
(Pierre sort, et le rideau tombe.
( A suivre)
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MessageSujet: LE S.D.F. ( THEATRE)   Le S.D.F. ( Théâtre) EmptyDim 7 Juin 2009 - 8:48

ACTE 3

Lorsque le rideau se lève, Jeanne est seule en scène, elle s’était assise dans un fauteuil.
Quand le rideau est entièrement levé, elle se lève et vient à l’avant scène.

JEANNE
Il est bizarre, ce bonhomme ! C’est bien votre avis ? Un SDF cultivé, Un homme vêtu d’oripeaux et qui a une certaine élégance… Il me fait un peu peur. Il est peut être dangereux, non ?
Qu’est ce qu’il fabrique ? Pourquoi fallait-il qu’il sorte et m’a-t-il demandé de l’attendre ? Y a-t-il un vrai mystère, où est-ce un simple charlatan ?
Ah ! Je l’entends qui revient. !
(Pierre entre. Il n’a plus sa barbe)
JEANNE (surprise, s’exclame)
Mais….Mais….Pierre, !! Vous êtes…Tu es Luc ? Qu’est ce que ça signifie ? Comment as-tu pu te raser si vite ? Et pourquoi…
PIERRE-LUC (La coupant)
Doucement, doucement. Je conçois ta surprise et ton besoin de savoir. Je vais t’expliquer
JEANNE
Tu es donc bien Luc ? Pourquoi te fais tu appeler Pierre ?
PIERRE-LUC
Arrête de me poser des questions, et écoute-moi !
Jamais je n’ai pu t’oublier. Jamais. Lorsqu’après avoir vécu presque un an avec moi, tu as fait la connaissance de Paul et que tu m’as laissé tomber pour te marier avec lui, j’ai été atrocement malheureux. Je ne me suis jamais marié. Quelques liaisons qui ne pouvaient durer, car c’est à toi que je pensais….
Il y a un mois, tu étais avec ton mari à une réception donnée par Maitre Lebon, le célèbre avocat. J’y étais également, et je suis passé à un mètre de votre couple. Tu ne m’as pas vu. Tu riais, et tu étais toujours adorable. J’ai alors décidé de te revoir. Te voir, sans que tu me voies, ou plus exactement sans que tu me reconnaisses, est devenu pour moi, une nécessité absolue.
Tu avais connu un jeune homme élégant, j’ai aussitôt pensé me présenter à toi sous l’aspect d’un pauvre hère. Je me suis acheté une belle barbe qui cachait la plus grande partie de mon visage, je me suis affublé de vieux vêtements déchirés, et me suis débrouillé pour attirer l’attention de ton mari. Entre parenthèse, il a un cœur d’or, cet homme, il m’a tout de suite pris en pitié, mais je le déteste, bien sûr, puisqu’il m’a volé la femme de ma vie.
Cependant, si je pouvais prendre l’apparence d’un homme paresseux et inculte, je ne pouvais me résoudre à jouer ce personnage jusqu’au bout. J’ai alors décidé d’être moi-même sous des dehors différents. C’était d’ailleurs très amusant. Tu dois avouer que ton mari, ta fille et toi-même, vous vous demandiez quel était ce drôle de bonhomme SDF, peu soucieux de gagner sa vie, et pourtant non dépourvu de capacités.
J’avais l’intention de poursuivre cette petite comédie pendant plusieurs jours, sans avoir envisagé comment y mettre fin.
Et puis, tu vois, j’en ai eu marre de cet incognito, et je viens de faire tomber le masque, ou plus exactement la barbe.
Voilà. Je t’aime toujours. Et toi ?
JEANNE (après un silence)
Je ne veux pas répondre à ta question. Je suis mariée et j’ai une fille.
PIERRE-LUC
Merci. Tu viens de me répondre. Si tu ne m’aimais plus, tu me l’aurais dit. Or tu ne m’objectes que les obstacles supposés à notre amour.
JEANNE(Vivement)
Comment ça, supposés ? Mon mari est une supposition ? Ma fille n’est qu’une supposition ? Non ! Ils sont bien réels !!
PIERRE- LUC
Je ne nie pas leur existence. Je nie leur importance. Ton mari est un Saint Bernard qui trouvera facilement à utiliser sa grande bonté, quand à ta fille, elle est grande et je crois qu’elle m’aime bien déjà.
JEANNE
Tout cela est fou !! Tu es fou ! J’entends que Paul arrive. Que vas-tu lui dire ?
PIERRE-LUC (Vivement)
Rien pour l’instant. Je vais remettre ma barbe et jouer encore le rôle du SDF.
(Il sort, et presqu’aussitôt, Paul entre)
PAUL
Bonjour ma chérie. Quoi de neuf ? Et notre SDF, il est ici ?
JEANNE (extrêmement gênée, et Paul s’en aperçoit)
Oui, il est là.
PAUL
Que se passe-t-il ? Tu ne sembles pas dans ton assiette. Ca ne va pas ?
JEANNE (Vivement)
Si, Si, ça va très bien ! Enfin, j’ai une légère migraine, mais ça va !
PAUL
Tu devrais prendre un cachet. As-tu un peu discuté avec lui ?
JEANNE
Oui, un peu. Il a réparé la chasse d’eau.
PAUL
Ah bon ? Moi je n’y étais pas parvenu. Il est précieux ce garçon. Que penses-tu de lui ?
JEANNE
Ma foi ! Je ne sais qu’en dire. Il se dit SDF ; mais l’est il réellement ?
PAUL
Pourquoi ? Tu as des doutes ?
JEANNE (trop vivement)
Non, non ! Moi, je n’en sais rien !
PAUL (La regardant curieusement)
Ah bon. Toi, tu dois savoir quelque chose.
JEANNE (Nerveuse)
Que veux-tu que je sache ?
(Pierre- Luc entre en scène. Il a remis sa barbe.)
PAUL
Ah, vous voilà Pierre ? Il parait que vous avez pu réparer la chasse d’eau. Merci, et surtout félicitations ! Moi j’avais essayé plusieurs fois sans y parvenir.
PIERRE-LUC
Oh, ce n’était rien. J’ai eu la chance de voir tout de suite que le flotteur montait trop haut, d’où la fuite. Il a suffi que je courbe un peu la tige.
PAUL (Le regardant attentivement)
En tous cas, merci !
Un silence, puis Paul reprend
PAUL
Pierre, votre barbe se décolle !
PIERRE-LUC
Quoi ?
PAUL
Je dis que votre fausse barbe se décolle.
(Un autre moment de silence, puis lentement, Pierre Luc enlève sa barbe)
PAUL (Souriant)
Au revoir, Pierre, Bonjour, Luc !
LUC
Vous m’avez reconnu ?
PAUL
Je n’oublie jamais une voix entendue une fois. Lorsque nous avons discuté sur le banc, j’ai su tout de suite qui vous étiez.
( A suivre)
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MessageSujet: Re: Le S.D.F. ( Théâtre)   Le S.D.F. ( Théâtre) EmptyDim 7 Juin 2009 - 11:30

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( A suivre)
Oui, oui, oui !!! Smile
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MessageSujet: LE S.D.F. ( THEATRE)   Le S.D.F. ( Théâtre) EmptyLun 8 Juin 2009 - 8:57

LUC

J’ai des difficultés à le croire. Si vous m’aviez reconnu, et si vous saviez qui je suis, pourquoi m’avoir amené chez vous ?
PAUL (Toujours souriant)

Parce que j’ai un bon fond. Vous vouliez venir chez moi, non ? Enfin, plus exactement vous vouliez revoir ma femme, alors j’ai exaucé votre désir.
LUC

C’est assez incompréhensible. Vous n’êtes pas jaloux ?
PAUL

Ce n’est pas la question à poser. La vraie question est la suivante : Vous avez été l’amant de Jeanne. Vous ne l’avez pas oubliée. Qu’en pense Jeanne ? C’est cela la question.
JEANNE

Luc a raison. C’est assez incompréhensible. Je pensais être ta femme, mais tu sembles considérer que nous ne sommes pas encore mariés et qu’il m’appartient de choisir entre vous deux ?
PAUL

C’est exactement ça.
JEANNE

Donc, tu ne tiens pas à moi !
PAUL

Ne dis pas ça. Si tu veux rester avec moi, nous continuerons.
JEANNE

Je suis complètement perdue ! Alors le mariage n’est rien pour toi ? Tu es prêt à me laisser à un autre ?
PAUL

Si tu le désires, oui.
LUC

Si vous me permettez d’intervenir. (A Paul) Votre grandeur d’âme, ne serait-il pas en fait un complet détachement vis-à-vis de votre femme. (A Jeanne) Il me semble que ton mari souhaite au fond que tu prennes l’initiative…….. D’une séparation.
JEANNE

Est-ce vrai, Paul ?
PAUL

Je souhaite ton bonheur. Un point c’est tout !
LUC

Le bon apôtre !! N’y aurait-il pas une autre femme dans votre vie ?
PAUL

Cela ne vous regarde pas.
JEANNE

Mais moi, cela me regarde. As-tu une maitresse ?
PAUL

Mais bon sang ! Pourquoi faire dévier le problème ?
Vous, Luc, vous vouliez revoir ma femme. Gentiment, je vous ai facilité les choses, en vous amenant moi-même à la maison, malgré votre ridicule déguisement. Maintenant, Jeanne, nous sommes tous les deux devant toi. Tu choisis entre nous, et c’est tout.
JEANNE

Réponds d’abord. Veux tu que nous divorcions ?
PAUL

Si tu me le demandais, je ne m’y opposerai pas, puisque ce serait ce que tu désires.
JEANNE

Qui te dit que je le désire ?
Et si je m’oppose à un divorce ?
PAUL

Hé bien nous ne divorcerons pas..
JEANNE

Bon. Je pose la question autrement : M’aimes-tu encore ?
PAUL

Mais bien sûr que je t’aime. Je te le prouve d’ailleurs, en voulant avant tout ton bonheur !
JEANNE

Curieuse preuve ! M’aimes-tu exclusivement ?
PAUL

Exclusivement, exclusivement…. J’aime ma fille aussi.
JEANNE

D’accord. Et puis ?
PAUL

Tu sais que tu commences à m’énerver ? Que veux tu que je te dise ?
JEANNE

Je veux que tu me dises s’il y a une autre femme dans ta vie.
PAUL

Mais enfin, la question n’est pas là. Veux-tu vivre avec Luc ?
LUC

Je crois, Paul, que vous êtes un salaud ! Je suis certain que vous voudriez vivre avec une autre femme, en laissant Jeanne prendre la responsabilité de votre séparation.
PAUL

Pourquoi ferais-je ça ?
LUC

Pour passer pour une victime au grand cœur aux yeux de votre fille !!
JEANNE

Je crois que Luc a raison.
PAUL

Bien. Je note que vous êtes toujours d’accord. Soit. Je me retire et laisse la voie libre à vos amours.
(Dans la poche de Paul, un portable sonne. Il le sort et répond, en s’éloignant des deux autres)
Oui ?
………….
Nous verrons, nous verrons…
……………
Je rappellerai, d’accord.
(Paul coupe la communication)
JEANNE

C’était elle n’est ce pas ?
PAUL

Alors ? Voulez vous vivre ensemble ? Oui ou non ? J’ai droit à une réponse.
LUC

Jeanne ne m’a retrouvé que depuis quelques minutes. Comment voulez vous qu’elle vous réponde ?
(A Jeanne) Jeanne, je t’aime, et mon plus cher désir est de vivre avec toi. Mais rien ne presse. Je ne veux pas que tu prennes une décision sous le coup d’une déception, pour te venger de ton mari. Il faut que tu réfléchisses. Si tu veux me joindre, à n’importe quel moment, voilà ma carte avec mon numéro de portable.
PAUL (riant)

Un SDF avec un portable ? Sacré Luc !!
LUC

Un mari qui offre sa femme à un SDF, quel grand cœur !!
(A ce moment là, Aline entre, son cartable à bout de bras)
( A suivre)
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MessageSujet: Re: Le S.D.F. ( Théâtre)   Le S.D.F. ( Théâtre) EmptyLun 8 Juin 2009 - 11:15

Je suis attentivement le trio Wink je suis prête pour la suite Smile

Un petit bug : votre grandeur d'âme ne serait-elle pas.....
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MessageSujet: Re: Le S.D.F. ( Théâtre)   Le S.D.F. ( Théâtre) EmptyMar 9 Juin 2009 - 9:09

Farouche a écrit:


Un petit bug : votre grandeur d'âme ne serait-elle pas.....
Merci d'avoir la gentillesse de cacher derrière un anglicisme ce qui est une véritable faute. Malheureusement, j'en commets trop pour en être honteux. Ce ne serait plus vivable....

ALINE
Savez-vous monsieur, que j’ai été interrogée sur le Liban. Après que vous m’en ayez parlé, j’ai lu mon cours, et j’ai décroché un dix huit. (Elle s’aperçoit que Luc n’a plus de barbe)
Ah ! Vous avez rasé votre barbe. Vous avez eu bien raison ! Cela vous va beaucoup mieux, comme ça, et, c’est…..plus normal.
PAUL
Vous voyez Luc, même ma fille vous trouve très bien !
ALINE
Mais pourquoi appelles-tu ce monsieur, Luc ? Il s’appelle Pierre.
LUC
Non. Je t’expliquerai plus tard. Mon vrai prénom est Luc. Pierre était……Le nom de mon déguisement.
ALINE
Alors, vous n’êtes pas un SDF ?
LUC
Non. Pas exactement.
ALINE
Je ne comprends rien à vos histoires de grandes personnes.
JEANNE
Je t’expliquerai tout cela plus tard. Il y a longtemps que je connais Pierre….enfin, Luc. Maintenant, ma chérie, il faut que tu nous laisses, nous avons une conversation sérieuse à mener.
ALINE
Bien trop sérieuse pour moi, bien sûr ! Remarquez, je ne suis pas idiote, et j’en sais plus que vous ne le croyez !
PAUL
Qu’est ce que tu peux savoir ? Allons, laisse-nous !
ALINE
Je pars, je pars, je vous laisse. Mais tu sais papa, la petite blonde qui est, je crois ta secrétaire, et qui t’appelle « chéri » je n’ai pas trouvé ça très normal !
JEANNE (A Paul)
Voilà !!! Voilà le fond du problème ! Tu veux aller vivre avec cette gamine, et tu m’as amené Luc sur un plateau, pour détourner mon attention, et te faire pardonner.
PAUL
Si cela était, cela prouverait que j’ai un très bon cœur ! Je sais que tu as aimé Luc, et en effet je te l’ai amené.
(Un très long silence)
ALINE (Au bord des larmes)
Et moi, dans tout ça ? Si je comprends bien, maman tu vas vivre avec Pierre ou Luc, je ne sais plus, que tu avais beaucoup aimé il y a longtemps. Toi, papa, tu vas filer le parfait amour avec ta jeune secrétaire, et moi ? Qu’est ce que je deviens ? Je reprends les vêtements de Pierre et je deviens SDF ?
PAUL
Ne sois pas ridicule ma fille chérie. Tu as et tu auras toujours un papa et une maman qui t’adorent. Si séparation il y a, ce qui n’est pas décidé, tu n’en souffriras pas. Nous sommes des gens civilisés.
ALINE
Tu parles de gens civilisés !!!!Il y en a un qui se déguise en SDF, un autre qui l’amène à la maison, pour lui refiler maman, et pouvoir partir avec sa secrétaire…Des gens civilisés, oui !!!!
JEANNE
« Refiler maman » !!! Tu as de ces expressions ma fille !
ALINE
Et vous de drôles de mœurs !! Vous me dégoutez !
JEANNE
Aline chérie ! Tu ne peux rien me reprocher. Je ne savais pas que Pierre était Luc, je ne savais pas que ton père avait amené un SDF à la maison pour le jeter dans mes bras et être libre d’aimer sa secrétaire…Je ne savais rien, rien…...Je ne sais plus où j’en suis.
ALINE
C’est vrai, maman, pardonne moi !! (Elle se jette dans les bras de sa mère)
PAUL
Scène très touchante mais qui ne fait pas avancer les choses.
LUC (à Paul)
Vous êtes très pressé, et ne pensez qu’à vous. Moi, je vous répète qu’il faut laisser les choses se décanter. Nous avons tous intérêt à ce que tout soit bien clair. Il faut laisser passer un peu le temps. Si vous, Paul, vous voulez vivre avec votre secrétaire, si, moi, je suis certain d’aimer Jeanne…depuis toujours, Jeanne qui vient d’apprendre tout cela, ne s’est pas prononcée, et ne pourra le faire qu’après mûre réflexion.
ALINE (furieuse et pleurant)
Pierre ou Luc, Papa, Maman…. Il n’est jamais question de moi, là dedans !! Et pourtant j’existe, non ? Je fais partie d’une famille, et j’aurai mon mot à dire !
(Aline sort de la pièce en courant)
LUC
Elle n’a pas tort, cette petite. En ce qui me concerne, je puis dire une chose : Si Jeanne et moi devons vivre ensemble, je suis prêt à aimer Aline comme ma fille.
PAUL
« Comme votre fille » mais elle ne l’est pas. Je suis et demeurerai son seul père.
JEANNE
Arrêtez tout les deux !!! Je n’en peux plus ! Laissez moi, partez, partez, je veux être seule. !!!
(Les deux hommes se regardent et sortent. )
Le rideau tombe.
( A suivre)
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MessageSujet: LE S.D.F. ( THEATRE)   Le S.D.F. ( Théâtre) EmptyMer 10 Juin 2009 - 9:11

Le rideau se lève sur le même décor. Jeanne est seule en scène. Assise dans un fauteuil, la tête levée, elle semble dans les nuages.
Puis elle baisse les yeux, prend conscience de la présence du public, se lève, va vers l’avant-scène, et s’adresse aux spectateurs.
JEANNE
Cela fait beaucoup. Beaucoup trop. J’apprends le même jour, hier, que mon mari me trompe et désire divorcer, alors que je n’avais décelé aucune modification dans son attitude à mon égard. Je n’ai rien vu venir.
Un drôle de bonhomme, un SDF est amené à la maison par mon mari, et j’apprends, que ce faux SDF est en fait un homme que j’avais aimé dans ma jeunesse, et qui ne m’avait jamais oubliée, alors que moi……Oui, au fait, et moi ? L’avais-je oublié ? Il m’est arrivé plusieurs fois de penser à lui, mais c’était plus par curiosité, pour savoir ce qu’il était devenu, plutôt que parce qu’il était l’homme de ma vie. D’ailleurs, quand j’ai eu à choisir entre Paul et Luc, c’est avec Paul que je me suis mariée.
Maintenant, pour être franche, la fidélité de Luc à notre amour me touche beaucoup. De plus, J’ai besoin de me venger de ce salaud de Paul.
Mais tout de même, ces motivations pour que j’accepte de refaire ma vie avec Luc, ne sont pas emballantes. Qu’en pensez-vous ?
Oui, je sais bien, vous, vous en foutez !! Vous avez payé votre place pour voir une pièce de théâtre, et que l’auteur et ses comédiens se débrouillent !!! Bon. Je ne vous en veux pas.
Tout de même, je vous le demande. Essayez de vous mettre dans ma situation. Elle n’est pas drôle….
J’entends quelqu’un qui ouvre la porte d’entrée. Théoriquement ce doit être ma fille.
(Jeanne se tourne vers la porte d’entrée, et Aline entre. Jeanne se retourne vers le public
JEANNE
Je vous l’avais bien dit : C’est ma fille.
(A Aline)
Bonjour ma chérie !
ALINE
Bonjour maman ! Comment te sens-tu ?
JEANNE
Puisque tu connais la situation, je ne vais pas te mentir. Cela ne va pas fort. Et toi ?
ALINE (fièrement)
Hier ça n’allait pas non plus. Mais quand ça ne va pas, il faut réagir. Et c’est ce que j’ai fait !
JEANNE
Réagir, réagir !!! C’est bien beau, mais quand les faits sont intervenus, on ne peut plus rien sur eux.
ALINE
Je ne suis pas d’accord avec toi maman. On peut changer les choses.
JEANNE
Ma pauvre chérie, tu dis des bêtises. Tiens ! Par exemple, ton père m’a trompée. C’est établi, c’est certain, et on ne peut rien y changer.
ALINE
Si, justement !
JEANNE
Bien sûr que non. Tu n’es encore qu’une gamine, mais finalement il est bon que tu gardes tes illusions.
(A ce moment, Paul entre. Il a l’air très préoccupé, et va s’asseoir dans un fauteuil)
(Un très long silence)
ALINE (Avec un petit sourire)
Alors, papa, as-tu vu Lise ?
JEANNE
Qui est Lise ?
ALINE (A sa mère)
Ah ? Tu ne la connais pas ? En ce cas, ce n’est pas à moi de te le dire.
PAUL
Arrête tes singeries, Aline ;;
(Il se tourne vers Jeanne)
Lise est ma …. Secrétaire.
JEANNE
Secrétaire…… très particulière ?
ALINE
Je crois que tu fais une erreur papa !
PAUL (bougon)
Quelle erreur ?
ALINE
Lise n’est plus ta secrétaire !
PAUL
Qu’est ce que tu racontes ?
ALINE (faussement étonnée)
Ah ? Tu ne le savais pas ? Décidemment vous ne savez jamais rien, les grandes personnes. Heureusement que je suis là ! Ta secrétaire, a écrit sa lettre de démission. Elle démissionne comme secrétaire. Elle démissionne aussi comme « particulière », si tu vois ce que je veux dire. Voilà, je vous ai donné les nouvelles, maintenant je vous laisse discuter.
(Aline s’apprête à sortir)
PAUL
Aline ! Reste ici !!
(Aline s’arrête)
Explique-toi !

ALINE
Expliquer quoi ? Moi, je donne des informations, et c’est tout !
PAUL
Précisément. Ces informations, d’où les tiens-tu ?
ALINE
Ne te fais pas de mauvais sang ! Mes sources sont sûres. Je peux partir ?
PAUL
Non !!! Qui t’a dit que ma…secrétaire allait me donner sa démission ?
ALINE
C’est une information de première main. C’est elle-même !!
PAUL
Tu es allée voir Lise ? Pourquoi ?
ALINE
Parce que, comme je le disais à maman, on peut changer les choses.
JEANNE
Ecoute, Aline, cesse de nous tenir en haleine. Dis- nous ce que tu as fait.
ALINE
Bien. Je suis allée voir Lise. Elle est très gentille, et n’est pas beaucoup plus âgée que moi. Je lui ai dit que mon père envisageait de quitter ma mère pour vivre avec elle. Je dois dire, papa, qu’elle était très surprise.
Avoir une petite liaison avec son patron, elle trouvait ça assez excitant, mais détruire une famille, et vivre avec un monsieur très âgé, non ! Elle n’est pas partante
PAUL
Elle n’a pas pu te dire « Un monsieur très âgé ». Donc, si tu as menti sur ce point, tu as menti sur les autres.
ALINE
Désolé papa, mais elle a 21 ans, et pour nous, tu n’es pas tout jeune.
(Paul est effondré dans un fauteuil, et Jeanne s’approche de lui. Très droite, elle le domine, et semble savourer sa vengeance)
( A suivre)
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MessageSujet: LE S.D.F. ( THEATRE)   Le S.D.F. ( Théâtre) EmptyJeu 11 Juin 2009 - 9:12

JEANNE
J’ai l’impression que ta petite combine de m’amener Luc comme lot de consolation de mon abandon, ne marche pas bien. Ta belle ne veut pas de toi. Et comme, après ce que tu m’as fait, je ne veux plus de toi, je crois bien que te voilà tout seul !
ALINE
N’exagère pas maman ! Moi je resterai sa fille !
PAUL
Merci ma petite chérie… Mais tu n’aurais pas du aller voir Lise.
ALINE
Au contraire ! Remercie-moi. Il vaut mieux que tu saches maintenant qu’elle ne veut pas vivre avec toi.
JEANNE
Moi, je t’approuve, Aline. Dans ces circonstances, tu as agi avec beaucoup de maturité. Les choses sont très claires. Cette Lise, ne veut pas de lui, moi, je ne veux plus de lui. Il ne reste plus qu’à régler les problèmes matériels.
Comme je n’ai rien à me reprocher, et que mon rôle a été passif, il me parait normal que je reste ici avec ma fille. Toi, Paul, il faut que tu prennes tes dispositions pour déguerpir avant la fin de la semaine.
ALINE
Je me demande finalement, si j’ai bien fait d’aller voir Lise. Je ne voulais pas que papa continue à tromper maman, mais je ne voudrais pas que vous vous sépariez. Maman, pourrais-tu faire un effort, et laisser passer un peu de temps, pour voir si les choses peuvent s’arranger ? Quelques semaines ce n’est pas grand-chose.
JEANNE
Des jours, des semaines, des mois, des années n’y changeront rien. Ton père m’a été infidèle et cela ne s’effacera jamais.
Je comprends, Aline, que cette rupture familiale soit difficile pour toi. Pour que tu te fasses peu à peu à cette idée, je veux bien que ton père s’installe dans la chambre d’amis, mais dans un mois, au maximum, il faut qu’il ait débarrassé les lieux. Tu as bien compris, Paul ?
(Sans répondre, Paul se lève, et sort, courbé, manifestement abattu)
ALINE
Pauvre papa !! Maintenant, je regrette…
JEANNE
Ne t’en fais pas pour lui. C’est un salaud. Non seulement, il m’a trompée, mais il a utilisé le pauvre Luc, comme un lot de consolation pour moi.
ALINE
Je suis encore bien jeune, mais il me semble que Luc aussi a utilisé des moyens curieux pour te revoir.
JEANNE
Ce qui me rend malade, c’est que tu vas avoir une bien piètre opinion des hommes, pourtant, ma chérie, il doit bien y en avoir qui sont mieux que ces deux là. D’ailleurs, en ce qui concerne Luc, ce qu’il a fait n’était pas bien méchant. Il voulait me revoir sans que je le reconnaisse, c’est tout.
ALINE
C’est tout, mais quand même, il savait que tu étais mariée…
JEANNE
Oui, mais quand on aime, on peut quelquefois…
ALINE
Alors, c’était aussi valable pour papa. Il a cru qu’il aimait Lise..
JEANNE
Arrête !!! Ne me parle plus de cette fille !! D’ailleurs, ne parlons plus de ces problèmes ! Il faut que tu fermes la parenthèse et que tu continues normalement tes études. C’est cela qui est important.
ALINE
Ouais !! Moi il me semble que le plus important c’est d’être heureux. Les études peuvent être un moyen, elles ne sont pas un but.
JEANNE
Il me semble ma chérie, que te voilà mature tout d’un coup !
ALINE
Tout d’un coup ? Non. C’est toi qui t’en aperçois tout d’un coup !
(Un temps)
Que vas-tu faire avec Pierre…enfin, Luc ?
JEANNE
Quelle question !!!
Je n’ai rien à faire avec Luc ! D’ailleurs d’une façon générale, je crois que je ne vais plus vouloir entendre parler des hommes.
ALINE (Elle vient embrasser sa mère)
Pauvre maman. Mais s’il te plait, ne te dispute pas avec papa !
JEANNE
Tu n’as rien à craindre. Je n’ai plus rien à lui dire. Je vais tolérer sa présence durant un mois, mais c’est tout.
ALINE
Je dois aller au cinéma avec ma copine Henriette. Veux-tu venir avec nous ?
JEANNE
Non. Tu es très gentille, mais je n’ai pas envie de sortir. Va ! Et amuse-toi bien.
(Aline revient embrasser sa mère)
ALINE
A tout à l’heure maman.
(Aline sort. Jeanne reste un long moment immobile, puis plonge sa main dans la poche de sa veste, sort la carte que lui avait donné Luc, et la regarde longtemps en hésitant
Elle va s’asseoir dans un fauteuil, sort son portable et forme le numéro qu’elle lit sur la carte.
JEANNE
Allo ! Luc ?...Peux tu venir me voir, je voudrais te parler………..Dans une heure ? D’accord ! A tout à l’heure.



Le rideau tombe
( A suivre)
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MessageSujet: Re: Le S.D.F. ( Théâtre)   Le S.D.F. ( Théâtre) EmptyJeu 11 Juin 2009 - 10:59

J'ai quelques petites remarques à faire, mais je préfère attendre la fin de la pièce.
Je continue la lecture, dès que c'est posté Smile
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MessageSujet: LE S.D.F. ( THEATRE)   Le S.D.F. ( Théâtre) EmptyVen 12 Juin 2009 - 8:59

ACTE 4


Le rideau se lève sur le même décor. Jeanne est seule en scène. Elle arrange machinalement des revues sur la table basse, va devant la glace pour vérifier sa coiffure. Manifestement, elle attend quelqu’un. Sonnerie de la porte d’entrée. Jeanne sort et revient, suivie de Luc.
JEANNE
Assieds toi Luc. Il fallait que je te parle. Excuse-moi de t’avoir dérangé.
LUC
Venir te voir ne sera jamais un dérangement pour moi.
JEANNE
Tu es un SDF très bien élevé. Au fait, quand tu n’es pas SDF tu habites quelque part ?
LUC
J’ai un appartement.
JEANNE
Peux-tu me le décrire ?
LUC (Surpris)
Te décrire mon appartement ? (Un temps) Soit. C’est un appartement situé au 2ème étage d’un immeuble…bourgeois. Il doit faire 120 ou 130 mètres carrés. 4 Chambres. 2 Salles de bains.
JEANNE
Je vois. Et tu vis seul dans cet appartement ?
LUC
Oui. J’ai une femme de ménage qui vient 4 heures par jour, et s’occupe de tout, du ménage, des courses, du lavage, elle fait mes repas. Voilà. Pourquoi ces questions ?
JEANNE
Pour mieux te connaître pardi !
Vois-tu, je viens de me rendre compte que dans la vie, il y a les tricheurs et les gens corrects. Nous n’avons pas tous les mêmes règles de jeu. C’est injuste. Comme les autres trichent, j’ai décidé de tricher aussi.
LUC
Je ne te comprends pas très bien.
JEANNE
Vous êtes tous des tricheurs. Paul est un tricheur. Il m’a été infidèle, il m’a trompé avec sa secrétaire. Tu es un tricheur : Tu t’es déguisé pour me voir, sans que je ne te reconnaisse. Alors, c’est décidé : Je vais tricher aussi.
Tout d’abord, je veux préserver ma fille. Elle serait traumatisée par une séparation avec Paul. Donc, je vais rester avec lui. Mais je vais tricher, et prendre un amant. Ce sera toi si tu veux ?
LUC
Mais….mais, Jeanne, je t’aime, moi !
JEANNE
Oui ? Et alors ?
LUC
Et alors, je ne veux pas être seulement ton amant, mais je veux vivre avec toi.
JEANNE
Tu veux…Tu veux…Je viens de te dire que ce n’était pas possible.
LUC
Donc tu ne m’aimes pas, si tu te contentes d’être ma maîtresse.
JEANNE
Mais si ! Je préférerais toi plutôt qu’un autre. Mais pour ma fille, je veux conserver la fiction de notre couple avec Paul. Cela ne te fait pas plaisir que je me donne à toi ?
LUC
Si, si, bien sûr ! Mais en fait, tu ne te donnes pas à moi, tu te prêtes seulement.
JEANNE
Oh, Arrête avec tes subtilités ! Tu veux ou tu ne veux pas ?
LUC
Cela ressemble plus à un ultimatum qu’à une déclaration d’amour.
JEANNE
Nous n’avons plus vingt ans. Et puis, je le reconnais, la trahison de Paul m’a peut être racornie.
LUC
J’aimerais que tu t’attendrisses un peu !
JEANNE
Ca viendra peut être, mais pour l’instant, nous en sommes aux décisions.
Ah ! J’allais oublier ; je veux bien devenir ta maitresse, mais à une condition : Paul ne doit pas s’en douter. Je veux d’une part le tromper vraiment, et d’autre part que mon ménage soit sans fêlure apparente Pour Aline, tu comprends ?
LUC
Je comprends surtout que tu traites une affaire, dans laquelle les sentiments n’ont pas de place.
( A suivre)
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MessageSujet: LE S.D.F. ( THEATRE) FIN   Le S.D.F. ( Théâtre) EmptySam 13 Juin 2009 - 8:38

JEANNE
Pour l’instant, je ne peux me payer le luxe d’avoir des sentiments. Je réoriente ma vie et mobilise toutes mes forces pour atteindre le but que je me suis fixé.
(On entend que quelqu’un ouvre la porte d’entrée)
JEANNE
C’est Paul ou c’est Aline. Qui que ce soit, souviens toi : nous sommes de simples camarades.
LUC
Mais….
JEANNE
Tais-toi !!
Paul entre en scène. Il a un petit air de chien battu, mais se redresse quand il aperçoit Luc.
JEANNE
J’ai demandé à Luc de venir.
PAUL
Ah ?
JEANNE
Oui. Je veux que les choses soient claires. Je n’oublie pas, je n’oublierai jamais que tu m’as trompée. Mais Aline souffrirait trop de notre séparation. Nous allons donc rester ensemble, tout en continuant à faire chambre à part.
Par ailleurs, comme j’ai une autre conception du mariage que toi, j’ai demandé à Luc de venir pour qu’en ta présence, je puisse lui dire qu’il sera toujours pour moi, un ami, un très grand ami, mais pas plus.
Ai-je été claire ?
PAUL
Merci, Jeanne. J’ai commis une folie, j’en ai pleinement conscience et je te fais mes excuses. Il m’aurait été très pénible de te quitter et de rendre Aline malheureuse. Tu as une grandeur d’âme que je n’ai pas su avoir dans le passé, mais dans l’avenir, tu n’auras plus de reproches à me faire. J’en fais le serment.
Quand à vous, Luc, j’ai eu aussi des torts envers vous, et si nous pouvions être amis, j’en serais très heureux.
LUC
Si j’ai bien compris, c’est Jeanne qui prend les décisions et je n’ai qu’à m’incliner.
JEANNE
Tu me fais de la peine, Luc ! Tu ne veux pas de mon amitié ? Et de celle de Paul ?
LUC (Hésitant)
C’est-à-dire que….. (Se décidant) Si bien sûr ! Soyons trois amis.
(Aline revient de ses cours. Elle entre et a entendu la dernière phrase de Luc)
ALINE
Et moi ?
JEANNE
Quoi, toi ?
ALINE
Ben, vous êtes trois amis, c’est bizarre, mais bon ! Et moi, je suis quoi ?
PAUL
Toi, tu es la fille chérie de ta mère et de moi. Mais tu peux considérer Luc comme un ami.
ALINE
Il est un peu vieux pour être mon ami. Il pourrait être un tonton ?
JEANNE
Va, pour le Tonton. D’accord Luc ?
LUC
Tiens ? On me demande mon avis ? Extraordinaire !!!Bien sûr Aline, considère moi comme ton tonton.
ALINE
Justement, tonton, j’ai un problème de maths pour demain, peux tu m’aider ?
LUC
D’accord !
(Ils sortent tout les deux. Jeanne et Paul restent un moment silencieux, puis Paul reprend
PAUL
Tu es tellement chic avec moi, en me permettant de rester ici, que… Je ne sais pas si je peux te dire quelque chose.
JEANNE
Tu as encore des révélations à me faire ?
PAUL
Non, non, pas du tout ! Je voulais seulement te dire que Luc est incontestablement toujours amoureux de toi. Alors lui demander d’être notre ami….Cela risque d’être pénible pour lui.
JEANNE
Il voulait me voir sans être vu, alors s’il veut encore me voir, il le fera mais je le verrai aussi. C’est tout. Il fera comme il voudra, et si c’est trop pénible pour lui, il n’aura qu’à rester chez lui.
PAUL
Comme toujours, c’est toi qui a raison. Mais tu es dure avec lui
(Comme elle s’apprête à protester, il reprend rapidement) :
Non, non, tu agis pour le mieux, comme toujours. Pardonne- moi cette réflexion. Il sort et

Le rideau tombe

FIN
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MessageSujet: Re: Le S.D.F. ( Théâtre)   Le S.D.F. ( Théâtre) EmptySam 13 Juin 2009 - 12:20

J'ai pris beaucoup de plaisir à lire cette pièce. Ce pendant, je suis un peu déçue par le decrescendo. Il faut dire que le début est particulièrement attrayant, le personnage de Luc suscite bien des réflexions de la part du spectateur et les échanges sont savoureux.
Mais à partir du moment où le pot aux roses est révélé, il y a une baisse de régime qui nous amène à une fin qui, sans être convenue- n'est pas non plus d'une grande originalité. Je suis peut-être trop exigeante, j'attendais un "coup de théâtre" pour faire tomber le rideau.
Cela dit, bravo ! Je sais, pour avoir commencé une pièce il y a des lustres, combien l'exercice est périlleux.
Merci pour cette lecture Smile
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aristée
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MessageSujet: LE S.D.F. ( THEATRE)   Le S.D.F. ( Théâtre) EmptySam 13 Juin 2009 - 15:29

Merci pour ce jugement objectif.
Il est difficile ( personnellement je dirais même impossible) de se faire une idée sur la valeur de ses propres écrits, et je préfère lire des réserves ( qui permettent d'en tenir compte lors d'un prochain manuscrit) que des propos laudatifs, qui partent certes d'un bon sentiment) mais ne peuvent pas être pris en considération.
Merci encore, de m'avoir lu et de m'avoir donné un avis sincère.
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MessageSujet: Re: Le S.D.F. ( Théâtre)   Le S.D.F. ( Théâtre) Empty

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