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 L'enfance face à la mort

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Romane
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MessageSujet: L'enfance face à la mort   Mar 16 Juin 2009 - 22:50

Si Vic passe par là...

A l'âge d'environ 8 à 9 ans, c'est elle qui découvrit le corps de son papa décédé, alors que ses parents venaient à peine de divorcer.
Elle en a 15 environ, et elle donne du fil à retordre à sa maman, depuis... ben depuis ce jour terrible pour elle, et dont personne ne parle jamais, d'ailleurs ce n'est pas compliqué, je viens de l'apprendre incidemment.

Son mal être se traduit par la fréquentation de jeunes pas fréquentables, de comportements au collège de sorte qu'elle s'est fait renvoyer récemment, de menus larcins d'où poste de police plus souvent qu'à son tour, etc. etc.

Pendant ce temps, la soeur aînée qui elle n'a pas vécu la découverte du corps, a parfaitement bien tourné, est bien plantée dans ses baskets et pourrait même en montrer à bon nombre d'adultes qui ne lui arrivent pas à la cheville, quand j'y pense.

Au milieu de tout cela, la maman est désemparée et ne sait plus comment s'y prendre avec sa plus jeune. Epuisée par une attention constante et de toute manière inefficace (il faut bien qu'elle bosse, elle aussi, et on ne peut pas enfermer son enfant dans un placard, sous le prétexte de le surveiller en l'empêchant de faire des bêtises).

Il est évident que la jeune fille est résolument fermée à l'idée d'aller consulter un psy, que ce soit avec ou sans sa famille...

Que fait-on, dans ces cas là ? Qui peut apprivoiser cette jeune et l'aider ?

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MessageSujet: Re: L'enfance face à la mort   Mar 16 Juin 2009 - 23:43

C'est vraiment urgent Ro? Ne vaudrait-il pas mieux déranger Olivier? Je sais qu'il est très pris par son job, mais parfois, en ce moment, Vic est plusieurs jours sans venir. Peut-être va-t-il à la pêche lorsqu'il fait beau, ou bien faire du vélo.
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Romane
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MessageSujet: Re: L'enfance face à la mort   Mer 17 Juin 2009 - 3:57

Non, ce n'est pas urgent, car de toute manière je ne pourrai pas aborder moi-même la maman, sauf si elle me tendait une perche incontournable. C'est pour quand Vic reviendra par ici.

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Vic Taurugaux

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MessageSujet: Re: L'enfance face à la mort   Mer 17 Juin 2009 - 9:35

Qui est Olivier ?

Peut-être ta question tourne-t-elle autour du savoir. Pas celui des psys. Le tien, le sien. Sa délinquance par rapport au savoir officiel, celui du collège. Elle qui aurait tant à apprendre des jeunes voyous. Des trucs qu’on apprend que par la bande, pas par tous ces adultes qui comme Maman triche pour survivre.

Toi aussi me dis-tu, tu sais des choses par la bande. Sur elle. Tu as appris incidemment le jour terrible. Son jour terrible. Sait-elle que tu le sais ? Comment l’as-tu appris ? En le lui volant ? Parfois les adultes bienveillants trafiquent avec les choses précieuses des enfants. Je sais que ce n’est pas ton intention. Mais comment désormais lui rendre ce qui lui appartient et qui est en ta possession. Il te faudrait l’aborder. Lui dire : Mademoiselle, excusez-moi, j’ai trouvé ce secret tombé de votre sac sur le trottoir. Je crois qu’il vous appartient. Tu le lui tendrais un peu confuse d’être ainsi mêlée, incidemment, à son intimité.

Peut-être alors, elle t’enverrait ch… comme il faut le faire avec tous ses adultes qui s’occupent de choses qui ne les regardent pas. Peut-être au contraire, elle le reprendrait vite de ta main, gênée. Elle ne te dirait pas merci. Tu tenterais une vague excuse : vous savez, j’ai à peine regardé. .. Elle te ferait un petit sourire narquois, pour bien te faire sentir qui tu es, puis te tournerait le dos pour rejoindre ses copains.
Mais delà, à l’envoyer chez les psys ! Pourquoi pas chez les flics pendant que tu y es ! Ils pourraient la fouillée !

Les jeunes filles sont par nature très attrayantes. On s’en veut d’être aussi curieux de ces âmes secrètes mais on aimerait tant les découvrir. Un peu. Alors, quand en plus on a des motifs d’inquiétude à leur égard, vous pensez bien, tout nous serait permis. Ce ne serait pas forcément nous, il y a les spécialistes, mais comme eux, mais on y serait bien obligé…
Comment tisser un lien de confiance avec une jeune rebelle qui part en guerre contre l’injustice du monde sinon qu’en lui restituant d’abord tout ce qu’on peut lui restituer. Ainsi, serait-elle moins obligée de nous voler pour comprendre. Incidemment.
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Romane
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MessageSujet: Re: L'enfance face à la mort   Mer 17 Juin 2009 - 13:24

Olivier c'est Diego. Wink

Alors je vois qu'il y a besoin d'éclaircissements ;

Cette jeune fille est la soeur de la copine de mon fiston (mon fiston et elle vivent chez moi).
Le divorce et le décès du papa, je le savais depuis que c'était arrivé, parce que notre ville n'est pas grande et que mon fiston et sa copine étaient sur les mêmes bancs du collège.
La petiote, je la connais depuis la même époque, parce qu'il a été tenté de lui faire faire du théâtre, que j'ai vu en elle un tas de potentialités mais que j'ai constaté qu'elle ne parvenait pas à s'y accrocher, d'ailleurs elle a d'elle-même cessé au bout de quelques semaines. Je savais aussi à cette époque qu'elle posait des problèmes de comportement à la maison et à l'école.
Le hasard fait que la maman et moi travaillons dans la même assoc, à des postes différents. Et considérant que nous faisons partie de la même famille, eh bien nous nous joignons tous autour de la table des repas de famille, même à 500 km de là, chez mes parents, petiote (ado maintenant) comprise.
Lors de notre dernière grande réunion familiale, j'ai été heureuse de revoir plus longuement celle que je vais continuer à appeler "la petiote", et je pense qu'elle a été ravie d'être là malgré les réticences du départ (il a fallu que la maman utilise le système de la carotte pour l'amadouer et lui faire accepter ce voyage et ce séjour, c'était chez mes parents)
Par contre de toute évidence, elle n'était toujours pas bien dans sa peau.
Nous en parlons régulièrement sa maman et moi, mais personne n'a jamais fait allusion au jour terrible où elle a découvert le corps de son papa.
Je l'ai appris par une amie du CCAS qui s'occupe des affaires familiales, et d'après ce que j'ai compris, cela n'a pas été un secret sur le moment, mais l'est rapidement venu, une sorte de tabou (?) installé comme ça quelques semaines après les faits.
Je ne connais pas sa bande de copains, je suppose que je les croise tous les jours sans savoir qu'ils sont ses amis. Je sais juste qu'il s'agit de jeunes qui posent des problèmes comportementaux, qui les mènent régulièrement aux larcins divers.
Personnellement, je n'ai jamais fait aucune allusion et ne me le permettrais pas, ma demande ici étant :
Un traumatisme comme celui qu'a vécu la petiote, peut-il engendrer un bouleversement se traduisant par tous les déboires d'après ?
La maman m'a plusieurs fois ouvertement parlé (devant la grande soeur copine de mon fils et en présence de mon fils) des gros soucis qu'elle vivait et de sa désespérance (toujours sans dire que la petiote avait trouvé le corps du papa => je me demande si c'est parce qu'elle ne fait pas le lien, ou par tabou)
Les assistantes sociales ne savent plus quoi faire, la maman est démunie, la petiote ne tient pas longtemps dans les écoles, ni dans les stages en entreprise.
J'en suis là.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: L'enfance face à la mort   Mer 17 Juin 2009 - 14:45

De l’objet aberrant.

Il y a une logique à tout. C’est avec ça qu’on comprend le monde. Sauf que toi, aujourd’hui, tu ne le comprends pas. D’où ta question :
Un traumatisme comme celui qu'a vécu la petiote, peut-il engendrer un bouleversement se traduisant par tous les déboires d'après ?
Un jour, j’ai écouté une conférence de J.P. Gaillard. C’est un suisse. Un systémicien spécialiste du traumatisme. Je ne sais pas si Diego le connaît. Ca devrait. Il nous a présenté une vignette clinique pour nous parler de sa théorie sur l’objet aberrant.

C’était l’histoire d’une famille, Papa, Maman et ses deux adolescents qui roulaient sur la route avec leur belle voiture. Et puis, il y a eu l’accident. Papa et Maman qui étaient à l’avant sont morts, la petite sœur à l’arrière, blessée mais consciente à pu être réanimée et hospitalisée. Quand au grand frère adolescent, il a su s’extraire du traumatisme en s’enfuyant dans la campagne. Au bout de trois jours de recherches, les gendarmes l’ont retrouvé. Ils l’ont escorté chez J.P. Gaillard le spécialiste des traumatismes. Mais, on était dimanche matin. Normalement, durant le week-end, ce professionnel ne consulte pas. Seulement, devant la pression de la maréchaussée, il consentit à recevoir le traumatisé.
Durant le week-end, chez lui, J.P. Gaillard a pour habitude de rester en robe de chambre. Mais, il chausse également d’énormes chaussures rouges qui lui servent de chaussons. C’est comme ça qu’il reçoit l’adolescent. Il demande aux gendarmes de se retirer de son bureau. L’adolescent est piteux. Pensez, abandonner sa famille dans un cas comme ça ! Il baisse le nez. J.P. Gaillard dit : Alors ? L’adolescent répond : ce sont des Docks Martins !

C’est vrai, c’était des Docks Martins et le plus fort était que Gaillard pourtant soucieux de sa personne ignorait que c’était de la marque ! Ils en ont discuté durant plus d’une heure. Après, avec l’accord de l’adolescent, le spécialiste a congédié les gendarmes. Le spécialiste et l’adolescent se sont arrangés ensemble sur un hébergement et un prochain rendez-vous dans le planning chargé du psychologue.

D’après cet auteur, un accident devient traumatique dans le sens où il casse la logique et qui fait qu’après plus rien ne sera plus jamais pareil qu’avant. Il va falloir au « traumatisé », mais aussi à son entourage, une autre logique. C’est pour cela que souvent, les personnes qui partageaient avec lui l’ancienne logique se sentent souvent impuissantes à l’aider. Elles ne peuvent plus le faire rentrer dans le modèle antérieur qu’elles cherchent à maintenir. Il faut changer.

C’est un peu pour ça que j’insistai sur l’adverbe incidemment que tu as employé. Un incident après l’accident. Je te cherchais un truc aberrant dans ta logique. Tes Docks Martins. Une surprise à toi aussi. Le cadavre du Papa erre entre elle et toi comme un fantôme que les mots ne pourraient représenter. Comme tout fantôme qui se respecte, il fascine et stupéfie.

L’allusion interdite à son père se fait pourtant de plus en plus présente. Qu’est-ce que son père penserait de son comportement ? Ne sanctionnerait-il pas sa fille ? Le chœur des femmes semblent pourtant la protéger d’une telle rencontre. Une jeune fille sanctionnée par un fantôme ! Quelle horreur ! Quel objet aberrant pourra-t-il incidemment gripper la logique de chacune pour permettre que s’ouvre enfin un nouveau dialogue prenant en compte le fait que Papa n’est plus là?
Il y a pourtant belle lurette que cette jeune fille cherche vainement la provocation de sa bande : sa mère, sa sœur, le copain de sœur, la mère du copain de sa sœur, enfin tout cet entourage qui, sous prétexte de la bonne cause, chercherait à la séduire pour étouffer le scandale parental si fortement présent.
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Romane
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MessageSujet: Re: L'enfance face à la mort   Mer 17 Juin 2009 - 15:17

Merci, Vic. C'est plus clair pour moi, comme ça.
En fait, depuis la semaine dernière où j'ai appris les circonstances, tout a redéfilé dans ma tête ; les réunions de famille, les conversations, la détresse et l'impuissance de la maman, le désenchantement de la grande soeur vis à vis de sa petite soeur et l'incompréhension, les yeux de la petiote et son mal être puissant, tout ça, tout ça.
Et je me souviens avoir dit à la maman, il y a quelques semaines : peut-être pourriez-vous tenter une thérapie familiale ?
Elle avait "de toute manière" buté sur le détail "je fais comment pour la mettre dans la voiture, elle qui est plus grande que moi physiquement ?"

Et donc, ton message ci-dessus, bien que je sois impuissante et simple témoin, me rassure, je ne sais pas comment l'expliquer autrement. Peut-être qu'il me rassure sur le fait que la petiote "n'a qu'un noeud de sa vie à dénouer" et itou pour la famille, et qu'il ne s'agit pas d'un noeud "incompréhensible".

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Vic Taurugaux

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MessageSujet: Re: L'enfance face à la mort   Mer 17 Juin 2009 - 19:51

Je ne crois pas que tu sois si impuissante et c’est ce que je m’évertue à te dire. Mais, il faudrait pour cela que tu changes un peu ton regard sur la situation. Les années passent plus vite pour les enfants que pour les adultes. Ce n’est plus une petiote qui faudrait dénouer. Cela peut-être très vexant d’être appelée ainsi quand on se sent déjà presque femme. Elle n’a pas la chance de sa sœur d’être reconnue ainsi par toi parce que tu n’avais qu’un fils à offrir à cette famille. Mais, la confiance que tu témoignes à sa grande sœur, pourquoi n’y aurait-elle pas droit ? Ton affectueux « petiote » est d’un autre âge. Très certainement de l’année dernière dans cette autre ère où elle n’était qu’une petite fille. Ta fonction dans la famille, puisqu’il parait d’après ton fils que vos familles s’unissent est donc de pourvoir ce gynécée en mâle, c'est-à-dire d’y traiter les filles en femmes. Un truc quasi impossible pour une mère.

Mais toi qui à la chance de ne pas être sa maman, elle n’est pas ta petiote. Elle a besoin comme la plupart des filles de son âge de démontrer à son père, aux garçons, aux familles des garçons qu’elle n’est pas née de la dernière pluie. Regardez tous un peu de quoi elle est capable au lieu de la rabaisser dans l’enfance avec son prétendu traumatisme.

Que sa mère et sa sœur commencent la thérapie familiale sans elle n’est pas forcément un problème. Cela leur permettra peut-être de retrouver la parole. Qu’enfin le procès sur le décès de papa s’instruise…
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Romane
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MessageSujet: Re: L'enfance face à la mort   Mer 17 Juin 2009 - 20:05

J'ai utilisé "la petiote" sur LU, uniquement parce qu'en apprenant la nouvelle, j'ai fait un bond en arrière et qu'à cette époque elle faisait partie de "mes petiots" comme je les appelle en parlant du théâtre enfants. J'aurais tout aussi pu dire "la soeur de la copine de mon fils", mais ça faisait trop long, pour la citer, à chaque fois.

Sinon dans la vie, je l'appelle par le diminutif de son prénom, utilisé par tout le monde.
Sauf que je ne l'appelle pas souvent, puisque je ne la vois jamais en dehors des très rares possibilités de réunions familiales tous réunis. Pour les réunions familiales en plus petit comité, elle n'est jamais présente.
Depuis que sa soeur et mon fils sont ensemble, j'ai du la voir au bas mot deux fois (après la période atelier théâtre).... et il faut savoir qu'ils sont ensemble depuis le collège, donc ça remonte à loin.
Si peu souvent, comme tu le vois, que tu penses bien que c'était un événement, lorsque nous avons passé quelques jours et nuits ensemble, à l'autre bout de la France, tous. Par chance, il y avait tous mes jeunes : mes deux fils et leurs deux copines (dont sa soeur), donc un groupe jeunesse, tu vois. Mais ses yeux... cette espèce d'enfermement... avec de temps en temps une étincelle, mais si peu...

Je n'ai fait part ici que de mon cheminement personnel, après avoir écouté plusieurs fois sa maman et cette amie du CCAS l'autre jour, c'est tout. Je n'ai aucun contact avec Fanny (tu vois j'invente un prénom pour la circonstance, si tu préfères)

Je comprends tout à fait ta réactions "capacités", sauf que je suis incapable d'en dire davantage vu que je la connais bien moins que par exemple mes jeunes des deux ateliers enfants/ados que je vois, eux, une fois par semaine. Tu comprends ?

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MessageSujet: Re: L'enfance face à la mort   Mer 17 Juin 2009 - 21:26

Oui! Mais moi, je cherche toutes les solutions.
Peut-être qu'en effet tu dois passé le relais de l'aide à la maman a un psy...
Il faut qu'elles réfléchissent à ce qui leur arrive. Ensemble ou pas.
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MessageSujet: Re: L'enfance face à la mort   Jeu 18 Juin 2009 - 0:09

Vic Taurugaux a écrit:
Oui! Mais moi, je cherche toutes les solutions.
Peut-être qu'en effet tu dois passé le relais de l'aide à la maman a un psy...
Il faut qu'elles réfléchissent à ce qui leur arrive. Ensemble ou pas.

C'est ce que j'ai timidement osé proposer, la dernière fois que la maman a évoqué les soucis. Réponse, comme je le disais plus haut : "Oui, bien sûr, mais je fais comment pour la mettre dans la voiture ?"
Je me suis donc dit que la maman serait partante, mais qu'encore fallait-il qu'elle parvienne à faire monter sa fille dans la voiture, que sa fille ne saisisse pas l'occasion d'un feu rouge pour se barrer vite fait bien fait, qu'il fallait encore et aussi parvenir à sortir de la voiture, aller jusqu'à la porte du cabinet du Psy, passer par la salle d'attente, et... ben et que tout ça semble impossible à la maman, qui sait combien sa fille est forte pour fuguer puisqu'elle l'a fait plusieurs fois.

Comment fait-on face à ça ?
Moi, ce que je perçois, c'est que la maman est excédée, qu'elle a tenté les engueulades, la tendresse, le dialogue, en vain. Qu'elle se creuse la tête pour savoir comment faire pour que sa fille trouve le déclic qui va l'accrocher ; un métier, une passion, n'importe quoi pourvu qu'elle ne soit plus en errance. Et que si les éducateurs, l'assistante sociale et tous ces gens n'y peuvent plus rien, elle se sent rudement démunie, tout en continuant à taire (volontairement ou pas, j'en sais toujours rien) le détail qui m'a sauté au coeur quand je l'ai appris : la découverte du corps du papa.

J'ai rencontré, durant mon déplacement dans la Nièvre, l'un des cadres qui bosse dans un établissement faisant partie de l'association pour laquelle je travaille aussi. Lui, il a atteri chez les handicapés moteurs après avoir bossé dans un centre d'ados délinquants, des cassés du coeur, quoi. Il me disait : tu sais, ils sont vachement imprévisibles et on ne sait pas quoi faire dans ces cas là. Ils peuvent tout aussi bien se jeter par la fenêtre avant que tu aies eu le temps de dire ouf.
C'est quelque chose qui me rend sans voix, parce que je me dis qu'il doit forcément y avoir une solution quelque part. Et là, je me suis heurtée à une sorte de mur, j'ai pensé à la jeune fille qui nous intéresse sur ce fil (merde, je ne sais plus comment l'appeler, du coup), et une fois de plus j'ai senti comme une impasse vachement désespérante, quand on sait qu'il suffirait d'un déclic sur leur chemin de vie. N'y-a-t-il vraiment rien à faire que se laisser submerger par leur souffrance ? J'y crois pas, c'est pas possible.

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MessageSujet: Re: L'enfance face à la mort   Jeu 18 Juin 2009 - 9:43

Paradoxalement, ce qui aliène et libère à la fois les ados, c’est l’inquiétude que leurs proches éprouvent pour eux.

Dernièrement, j’ai reçu une famille dont le papa était « disparu ». Tu sais, comme on dit les disparus en mer. Le dimanche après-midi, avec son fils de 14 ans, ce monsieur était parti pêcher sur la rivière dans leur canoë. Mais, par inadvertance, ils se sont trop approchés du barrage. Le courant a pris l’embarcation et la retournée. L’ado a réussi à rejoindre le rivage. Mais pas son père. L’ado a couru au village le plus proche chercher des secours. Sur ses indications, les pompiers ont mis tout en œuvre pour chercher dans la rivière. Puis, ils ont conduit leur rescapé aux urgences mais il n’avait rien. A part, le « traumatisme ». Alors, il a vu la psy de garde à qui il a raconté ce qui leur était arrivé. Quand sa maman est venue le chercher deux heures plus tard, comme le veut la procédure, la psy leur a conseillé notre consultation.

On les a reçus le mardi soir. La maman, l’ado et la petite sœur de cinq ans. Les pompiers cherchaient toujours. On ne pouvait donc pas dire que Papa était mort. La petite fille nous expliqué qu’elle croyait dans les vertus de son robot magique pour le repêcher. La maman était embêtée face à nous car elle avait du contraindre son ado qui ne voulait pas venir nous voir. Lui, avait déjà tout dit à la psy de l’hôpital, il n’allait pas recommencer. J’ai dit que ce n’était pas obligatoire de venir et maintenant qu’il était là, pas davantage de parler. Alors, c’est la maman qui nous a expliqué son homme. Ce n’était pas la première fois qu’il leur faisait une telle frayeur. Par trois fois auparavant, il avait déjà failli mourir. Elle nous confiait comme beaucoup de femmes les désagréments que cause un mari. Elle ne disait pas trop fort ses reproches pour ne pas effrayer la petite qui croyait beaucoup dans l’amour parental. Enfin, elle s’efforçait de faire comme d’habitude, de le houspiller comme on le fait avec un vivant.
L’ado attendait patiemment que sa maman et sa petite sœur aient fini de parler. Puis, gentiment, au bout d’une heure et demie, il a rappelé qu’ils devaient retourner à la maison car ils y avaient beaucoup de famille venue des quatre coins de la France pour les soutenir dans cette cruelle épreuve et ils n’avaient pas encore fait les courses.

J’ai proposé le dernier rendez-vous qui nous restait le Vendredi après-midi mais dis aussi qu’il n’était pas obligatoire pour qui ne voulait pas nous parler. On verra selon les circonstances à dit la maman.

Elle et sa petite fille n’avaient pas pleuré. Elles espéraient toujours. Sur le pas de la porte, l’ado m’a remercié. Lui qui savait depuis le début que son père était réellement mort avait depuis deux jours déjà charge de famille.
Le lendemain, le journal annonçait que les recherches des pompiers s’étaient arrêtées peu après notre entretien.
Le surlendemain, le journal disait que quelqu’un avait retrouvé le corps deux heures après le départ des pompiers.
Le vendredi, la famille ne s’est pas présentée à notre rendez-vous. Ils étaient tous à l’enterrement.

Prédire que les adolescents vont se jeter par la fenêtre, c’est leur soustraire la chose la plus importante qu’ils attendent de nous : notre confiance. Tout le monde est démuni face à la mort. Les adultes autant que les enfants. Le symptôme délinquant de cette jeune fille ne présage en rien que le nœud, le traumatisme est à l’intérieur d’elle. Bien sûr, elle pourrait faire plus. Pour faire croire et enter ainsi de libérer les autres. Mais, elle ne le fait pas. Peut-être pour l’instant, sa provocation est le seul moyen qu’elle ait trouvé pour faire réanimer cette famille trop silencieuse. Que la maman ne puisse mettre sa fille de force dans la voiture parce qu’elle serait trop forte montre bien combien les mots entre elles deux ne viennent pas. Tout comme l’inquiétude familiale bloque et oblige à la fois la parole, la provocation de l’adolescente agit de la même façon sur sa mère.

L’impuissance que l’on ressent face à ce trouble de communication peut pourtant être notre alliée.
Un thérapeute familial suffisamment modeste, (quelqu’un qui voudrait juste les connaître et pas forcément les comprendre) pourrait tout à fait recevoir dans de bonnes conditions cette famille. Il lui suffirait de quatre chaises. Deux pour la maman et la grande sœur avec qui il pourrait entendre la situation, deux vides, une pour le papa, l’autre pour la cinglée.
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Romane
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MessageSujet: Re: L'enfance face à la mort   Jeu 18 Juin 2009 - 10:22

Citation :
Le symptôme délinquant de cette jeune fille ne présage en rien que le nœud, le traumatisme est à l’intérieur d’elle

De cela je suis convaincue, depuis que j'ai compris qu'il y avait un silence autour d'elle. Avant, je pressentais un truc sans comprendre, me disant que les noeuds spontanés je ne sais pas si ça existe.

En fait, je ne connais pas les capacités de langage de la maman, par exemple, si ce n'est ce que moi j'en sais, c'est-à-dire au travers de quelques anecdotes captées au passage ; elle ne s'emberlificote pas de nuances et va droit au but des choses concrètes. Ce qui m'a toujours fait dire que bien qu'elle soit charmante et vive, elle n'est pas du tout le type de personne avec laquelle je parlerais bouquins, ou état d'âme, enfin toutes ces choses qui sortent des choses ordinaires comme tout ce que l'on évoque sur LU, par exemple. Elle est plutôt hermétique à tout ça, et par contre très ouverte aux choses concrètes du quotidien ; les tracas du boulot, la panne de voiture, les astuces pour trouver les prix les plus avantageux, le rangement de la maison, etc.

Elle aime sans aucun doute possible ses enfants, mais d'après ce que je vois, il n'y a pas de manifestation câline, et si je dis cela c'est parce que je fais forcément la comparaison avec "mon moi" et mon propre vécu avec ma mère et mon propre vécu avec mes enfants et que plus d'une fois, une pensée m'a traversé l'esprit : j'aurais bien voulu être petite souris et voir comment se passait le coucher des filles quand elles étaient petites, par exemple, parce que je ne l'imagine pas du tout faire un ti-câlin en prenant le temps de jouer des personnages merveilleux, au moment de lire l'histoire avant d'éteindre.

C'est drôle, je ne les ai jamais vues s'embrasser ; la mère/les filles, les deux soeurs. Pourtant, oui, je suis sûre qu'elle les aime, ses filles. La copine de mon fils le manifeste par des petits mots au hasard des conversations, furtivement, mais ne s'étend pas trop non plus. Tu sais, comme une sorte de pudeur, ou quelque chose comme ça. Pourtant, elle vit chez moi et si, au début, elle a été surprise par les petits bisous que j'ai l'habitude de picorer dans le cou, c'est elle qui est en demande, maintenant. Donc elle sait manifester. Je ne les ai jamais vues s'embrasser.

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MessageSujet: Re: L'enfance face à la mort   Jeu 18 Juin 2009 - 15:28

les bisous.
Voila dans la belle-famille un objet aberrant signé Romane. Son fils a commencé à embrasser une des filles et désormais tout cela se démultiplie.

Chère Madame Romane, êtes-vous vraiment sûre d'avoir besoin de notre aide?
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MessageSujet: Re: L'enfance face à la mort   Jeu 18 Juin 2009 - 15:29

Euh... voui ? Embarassed

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MessageSujet: Re: L'enfance face à la mort   Jeu 18 Juin 2009 - 15:34

alors plus tard! J'ai une après-midi chargé. Je dois m'occuper toute affaire cessante du cas Vilain.
Excusez du peu!
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MessageSujet: Re: L'enfance face à la mort   Jeu 18 Juin 2009 - 15:37

Vic Taurugaux a écrit:
alors plus tard! J'ai une après-midi chargé. Je dois m'occuper toute affaire cessante du cas Vilain.
Excusez du peu!

Y'a pas urgence, Vic. Dans ta main, il y a tant d'autres mains que je me demande comment tu fais pour mettre un doigt dans ton nez sans te prendre un poing. Laughing
Pour Vilain, prescris lui la procrastination, ça devrait lui plaire. Laughing

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MessageSujet: Re: L'enfance face à la mort   Jeu 18 Juin 2009 - 18:29

c'est bon! J'ai guéri le Jean! Par contre, j'ai rien pu faire pour son ordinateur!
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MessageSujet: Re: L'enfance face à la mort   Jeu 18 Juin 2009 - 18:31

Vic Taurugaux a écrit:
c'est bon! J'ai guéri le Jean! Par contre, j'ai rien pu faire pour son ordinateur!
Un bisou francetélécommé aurait peut-être suffi... Ange

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MessageSujet: Re: L'enfance face à la mort   Jeu 25 Juin 2009 - 19:55

"Relation fusionnelle avec papa", m'expliqua hier la maman tout à trac, sur le trottoir, alors que nous échangions quelques mots sur tout autre chose. Et de là, suivit le récit qui n'était encore jamais venu et que je n'avais jamais provoqué.

"Relation fusionnelle avec papa et prédispositions à comportement difficile dès l'âge de la maternelle". Convoquée déjà à cette époque là par le directeur. Jamais de cesse depuis, jusqu'à il y a quelques jours, où elle s'est fait virer de son stage pour cause d'insultes proférées à l'encontre de ses interlocuteurs.

Très tôt, le ballet des intervenants extérieurs, pour tenter de ramener la sérénité dans la famille. En vain. Psy, assistantes sociales, juges, éducateurs, personne n'y peut rien et la maman est en train d'exploser, nerveusement épuisée, n'hésitant plus à rester au travail bien après l'heure où elle devrait le quitter, angoissée par ce qui va encore l'attendre à la maison.

Le divorce n'a rien arrangé. Déclaration de guerre ouverte par Fanny à sa maman, expression du désir d'aller vivre avec papa. Les papiers étaient en train de se faire lorsque le décès est arrivé, la suite on la connaît, c'est elle qui a trouvé le corps de son père.

Peu avant, après réception d'une convocation par un juge, alors que Fanny refusait (tu vois, je ne dis plus "la petiote", j'obéis sagement Laughing ), le papa de lui dire : "t'as qu'à y aller, mais tu ne dis rien, c'est tout".
Depuis ce jour, elle "ne dit rien, c'est tout". C'est-à-dire que le papa est parti en emportant avec lui la clé du verrou. Ce qui donne une maman harcelée "tu rentres à quelle heure ? tu m'as repassé mes affaires ? On bouffe quoi ?" et jamais tranquille car dans l'ignorance constante de ce que fait sa fille. Bientôt 16 ans, un avortement, j'ai presque envie de dire un avortement général : sa mère, sa soeur, ses études, ses stages. Tout en lorgnant avec rage sur la manière dont sa soeur s'en tire en bossant comme une négresse entre l'école et l'entreprise, pour se faire trois ronds d'économies, se payer sa voiture, ses fringues, et même aider financièrement sa maman, tout en participant ici chez moi où elle a fini par s'installer définitivement.

Une jeune fille absolument magnifique, qui, lorsqu'elle laisse échapper une flamme, a des yeux somptueusement vivants, entre deux longs temps d'un regard vide.

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MessageSujet: Re: L'enfance face à la mort   Jeu 25 Juin 2009 - 22:11

Si la clé est avec le papa, pourquoi la maman n'explique pas le papa à sa fille. comment ils se sont aimés, désaimés, tout ça...

Pour faire ensemble le deuil de celui qui n'est plus. Le seul accès que Fanny a à son père, c'est sa mère. Comment le lui restituer?
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MessageSujet: Re: L'enfance face à la mort   Jeu 25 Juin 2009 - 22:18

J'ai aussi posé cette question. La maman m'a répondu qu'elle ne parvenait pas à parler du papa, car dès qu'on aborde le sujet, Fanny se ferme et tourne les talons...

J'ai senti cette espèce de détresse quand elle m'a dit cela, car oui, elle a tenté.
Il faut aussi savoir qu'elle a parlé de cette histoire il y a quelques jours à un nouvel arrivant sur notre lieu de travail, qui occupait auparavant un poste important auprès de la Sauvegarde de l'enfance. Réponse décourageante du monsieur : "on est très démuni devant ces jeunes, nous n'avons aucun indice nous permettant de trouver comment communiquer avec eux, ils rejettent tout en bloc. C'est encore plus difficile avec eux qu'avec les personnes handicapées".

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MessageSujet: Re: L'enfance face à la mort   Ven 26 Juin 2009 - 9:53

Que le problème soit difficile, j’en conviens. Mais que la maman ne reçoive autour d’elle que des messages de gens plus déprimés qu’elle, n’est pas très sympa. Fanny, ce n’est pas "les jeunes », c’est sa fille.

Que des jeunes filles renvoient « péter » leurs vieilles qui les gavent, c’est une façon de faire des plus courantes. Qu’ensuite, tous les anciens combattants parents viennent raconter à celle qui a été jetée comment eux aussi, avec leur progéniture, ça a été bien plus grave, c’est aussi une mode. Ca me fait penser aux jeunes femmes enceintes qui attirent sans le vouloir toutes les plus « vieilles » venant lui raconter par le menu détail l’horreur de leur propre accouchement !

Je ne pense pas que la maman attende qu’on lui confirme qu’elle n’y pourra rien car c’est trop difficile et trop inquiétant. Ca, elle le sait déjà, c’est même ce qu’elle nous dit. Peut-être au contraire, face aux attaques de son « bébé », il serait bon de plutôt la porter que de l’enfoncer. C'est-à-dire, se souvenir avec elle des bons moments passé avec sa fille, ces moments qui faisaient d’elle une mère heureuse, émerveillée des qualités de son enfant. Sans doute, cette mère-là a-t-elle un peu disparue au profit de l’ « autre vieille conne » dont Fanny ne manque pas de lui rappeler l’existence.

Ressusciter la bonne mère d’avant, cette femme qui avait été heureuse dans les bras du père de Fanny, qui lui a offert ce merveilleux bébé vaut mieux que la méchante reine qui essaie pas tous les stratagèmes de rester plus belle que Fanny.

Souvent, les gens qui lisent le conte de blanche-neige et les sept nains s’intéressent d’abord au combat entre la jeune fille et la méchante reine.
Les gens oublient bien vite dès la fin du premier paragraphe, la reine, au prétexte que celle-ci mourut en couches. C’est un tort. C’était la préférée du Roi. Blanche-neige n’est pas dupe de cela. Mais, malheureusement tout se passe comme si, dans le conte, l’image de la première Reine, sa vraie mère restait effacée. Même un miroir qui se dit magique n’y peut rien.
Il faudra pourtant bien que cette figure authentique perdure, creuse sa propre galerie dans le sous-sol de l’histoire pour qu’à nouveau elle surgisse en fin et que Blanche-Neige s’en pare le jour de ces noces.
Mais, si pour l’instant Fanny ne veut rien entendre, laissons-là faire sa vie avec ses nains, occupons-nous plutôt d’abord de retrouver dans sa maman, celle qui, il n’y a pas si longtemps malgré tout de cela, se piqua elle aussi un jour à son propre fuseau.

C’est un véritable boulot pour la maman de Fanny de rester sa maman. Mais, il parait que sa copine Ro aime bien raconter des histoires merveilleuses…

http://www.hattemer.fr/Noel_contes/Conte_Grimm_Blanche_Neige.htm
AngeR
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MessageSujet: Re: L'enfance face à la mort   Ven 26 Juin 2009 - 12:03

Je suis complètement d'accord avec tout ce que tu viens d'écrire, Vic, parce que l'impression que j'ai eue en écoutant la maman me raconter cela, et en l'observant dans cette sorte de décomposition qu'elle montre dès lors qu'elle lâche ne serait-ce que trois mots au sujet de Fanny, est la visualisation d'une aspiration infernale rien que négative d'un bout à l'autre.

De mon côté, je ne suis que l'une des oreilles qui l'ont écoutée ou l'écoutent ou l'écouteront, avec la seule particularité du lien qui se tisse par un concours de circonstances issues de son autre fille et conséquences : rencontre des deux familles. Ce qui permet une manière moins formelle et surtout de déployer des jolies choses, comme des rires collectifs autour d'une table, même si c'est rare, des menus services rendus de part et d'autre sur la base de petits riens qui mine de rien sont vachement appréciables, et une approche des personnalités or il se trouve que la mienne est plutôt portée vers les choses jolies, même si les moins jolies ne sont pas occultées.

Tout cela pour dire que non seulement je fais remarquer à la maman qu'elle est rudement mignonne, que son régime a super bien fonctionné et qu'elle a un pot inouï d'avoir une peau qui ne brûle pas écrevisse sous le soleil, mais aussi qu'elle est rudement vaillante et que je suis vachement heureuse de la savoir enfin heureuse avec le monsieur qu'elle fréquente depuis un an, parce qu'il est franchement sympathique et que de sa discrétion émane une sacrée gentillesse et que c'est du tout bon pour l'avenir ; après tout, on a encore plein de jours et de nuits devant nous, autant les faire beaux.

Alors ça m'amène aussi à lui dire que Fanny aimerait aussi sans doute qu'on lui dise que ses yeux sont beaux comme deux perles précieuses et son coeur aussi, qu'il ne suffit sans doute que de quelques petits réglages à trouver pour que tout finisse par s'arranger et que prendre le temps de parler ensemble de rien et de tout, avec patience et confiance, aurait de fortes chances de porter quelques fruits, mais qu'en aucun cas il ne fallait baisser les bras parce qu'il y a forcément des clés à trouver que personne n'a trouvé jusque là.

Autrement dit j'ai pris sur moi à chaque fois que j'en ai eu l'occasion de montrer qu'au bout là-bas, il y a à coup sûr une source lumineuse vers laquelle elles marchent et qu'elles finiront par la trouver.

Une précision qui me semble utile : la maman a déjà expliqué à sa fille qu'elle et le papa les ont voulues toutes les deux, dans une démarche d'amour et non de catastrophe subie. Mais c'est vrai que je n'ai jamais vu de geste affectif entre elle et ses deux filles, si ce n'est l'expression du sourire sur le visage en les taquinant (et d'ailleurs je note qu'elle fait la même chose avec mon fils et qu'une jolie complicité s'est installée entre eux).

Vic Taurugaux a écrit:
C’est un véritable boulot pour la maman de Fanny de rester sa maman.
J'aimerais bien qu'elle ne lâche pas prise. J'ai senti que le dernier renvoi de stage tout récent était difficile à digérer...

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MessageSujet: Re: L'enfance face à la mort   Ven 26 Juin 2009 - 15:48

En repensant à la trame du scénario de Blanche-Neige, j’ai imaginé votre distribution.
Fanny + sa sœur = Blanche-Neige
Sa mère et toi = La Reine (celle qui est morte et la nouvelle, celle qui ne veut absolument pas mourir)
Le père de Fanny et tous vos « hommes » = Le Roi.
Le prince charmant = ton fils + X
Les nains = Les loulous que Fanny fréquentent actuellement.

L’entité Reine à ses cartes à jouer et ton post le prouve. Mais ta position est délicate parce que dans cette distribution, tu as le beau rôle, les atouts, et la maman de Fanny, le mauvais. C’est toi la mère du prince charmant de la sœur parfaite. Autrement dit, tu aurais tout pour toi tandis que la mère de Fanny aurait une mauvaise main. Cette charmante belle-fille fait de toi une belle-maman comblée, pendant que Fanny, la mauvaise sœur, rend sa mère également mauvaise. Le transfert de bon de toi à elle (par exemple votre aptitude au bronzage) doit surfer entre des écueils comme l’envie, la jalousie, bref la rivalité. Le gouffre en serait la pitié.
L’honneur de Fanny, comparée à celui de sa sœur est qu’elle n’a pas choisi la voie la plus facile menant au mariage. Elle veut voir d’abord la vie par elle-même. Cette façon outrancière des filles de s’éloigner du chemin brise le cœur de leur mère. Toute aventure a un prix. Mais je connais aussi des jeunes filles gothiques qui pourraient aujourd’hui en remontrer à plus d’unes malgré les difficultés du voyage. Je veux dire que peut-être que Fanny est également une richesse pour la mère, même si pour l’instant personne ne le voit pas.
Les yeux de Fanny, bien des malfrats pourront lui dire qu’ils sont beaux pour mieux dévaliser son cœur. C’est le jeu. L’avantage de la maman sur les malfrats est que cette dernière n’a pas à chercher à séduire sa fille. Elle était avant et se serait, avouons-le, pour chacune trop humiliant. La Reine a plutôt à s’occuper de sa toilette. C’est d’ailleurs généralement son seul emploi.
Imaginez seulement qu’un jour, elles soient conviées au mariage ?
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