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 Injonction paradoxale

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lucarne



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Localisation : Lyon
Date d'inscription : 29/01/2009

MessageSujet: Injonction paradoxale   Sam 20 Juin 2009 - 14:37

Faut que j'aille faire un tour du côté du fil "Pervers narcissique" (j'ai déjà décortiqué celui sur les pigeons tong ). Mais histoire vécue avant-hier : mon chief me dit tranquille raoul "Dans notre entreprise, on est en permanence soumis à l'injonction paradoxale".
Purée ! Mon cerveau (oui!) fait huit tours et je me la note, la phrase. J'en parle à mon psy (ben voui) qui s'étouffe de rire What the fuck ?!? et me dis avec son regard malicieux (oui, mon psy a un regard malicieux, et non je n'en suis pas amoureuse) : "l'injonction paradoxale est un des fonctionnements typiques des pervers. Votre chef (enfin, il dit pas chef, il dit "connard de Grenoble"... si si) vient de vous dire clairement que vous travailliez dans une entreprise qui fonctionne sur le mode de la perversion. Celle-là, vous pouvez l'encadrer".

Du coup, ce matin, je traîne sur internet pour trouver des trucs sur le sujet. Genre, trouvé là : http://www.salsasud.com/article459.html (je n'ai toujours pas compris le rapport entre ce texte et le site en question, mais bon...) :


Citation :

Le langage et sa perversion

Le langage est plus qu’un moyen d’expression, il permet de faire fonctionner le mécanisme complexe révélateur et constructeur de l’être. Ce mot être renvoie aussi bien à la psyché, au moi (ce qui adapte l’organisme à la réalité), à la personnalité, en intégrant le conscient et l’inconscient.

Rappelons que, dans ce contexte, la signification de parole” est l’expression verbale de la pensée” (cf. Petit Robert). Cela semble évident, mais nous en sommes loin et nous ne pouvons que constater à quel point nous nous en éloignons de plus en plus. Car, dans les pratiques manipulatrices dont nous parlons, cette parole n’a plus rien à voir avec l’expression de la pensée. La parole est instrumentalisée dans un but utilitariste sur plusieurs degrés.

C’est à dire qu’avec une macro-vision nous repérons nettement des scénarii d’arroseurs arrosés eux-même partie constituante d’un processus global de conditionnement.

Tout d’abord il est nécessaire de délimiter le champ d’investigation. En effet il existe de multiples situations, contextes, et intentions relatives à la verbalisation. Je ne traite pas dans ce texte de tous les aléas relatifs à l’expression orale ou à ses pathologies.

Je ne m’attarde pas non plus sur le cas de la pratique orale du pervers-narcissique, qui est pathologique ; ni de celle des personnes qui utilise la manipulation de façon ponctuelle et individualisée. Cependant, le développement caractérisé des ces modes de communication est en rapport direct avec le phénomène que je décris et qui est organisé.

Langage faux, tactique de manipulation

Je traite ici de la pratique d’un langage faux construit délibérément selon des formats pervers, voire de la création et de la diffusion d’un néo-langage, qui inclut notamment :

* double-langage,

* injonctions paradoxales,

* utilisation abusive, ambiguë et presque systématisée de l’antiphrase (qui consiste à affirmer une chose en disant son contraire). Tout ceci articulé sur des niveaux de langage différents, verbal et non verbal.

Nous pouvons d’ores et déjà constater que tous les éléments précités sont tous doubles, je dirais même, à double-entrée. C’est-à-dire que la personne qui reçoit l’information doit opérer un scission pour recevoir l’intégralité du message ; elle se met dans un état dichotomique. Cela se produit inconsciemment et entraîne donc un état schizophrénique. Le mot schizophrénie signifie étymologiquement division. (schizo- : du Grec skhizein : fendre”, séparer”, partager”, diviser”). En psychologie on parle de clivage du moi et on définit le double-bind (injonctions paradoxales) comme étant le modèle relationnel d’interaction schizophrénique (sic).

Il est nécessaire de rappeler que la schizophrénie est une pathologie qui revêt de multiples nuances et niveaux de gravité. Sous cette forme elle est quasiment imperceptible et en est d’autant pernicieuse.

Revenons un peu sur les différentes tactiques précitées :

- l’antiphrase :

L’antiphrase consiste à affirmer une chose en disant son contraire. C’est en principe une figure de rhétorique assez classique, utilisant l’ironie ou l’euphémisme, qui ne contient pas d’ambiguïté car l’affirmation touche à quelque chose d’évident. ex. : quel courage ! pour un comportement de lâcheté. Dans l’utilisation perverse qui en est faite, elle est associée à d’autres messages (souvent non-verbaux) créant une insidiosité et systématisée à la façon de la langue de bois, en véhiculant simultanément la provocation, la dissimulation ou la simulation, le déni.

- le double langage :

Nous ne parlons évidemment pas ici du double-langage poétique, ou des multiples subtilités dont nous sommes capables, avec bonheur, au titre d’une communication fine.

Le double langage concerné est une sorte de désinformation qui utilise le langage comme signe.

Le double langage est utilisé depuis longtemps dans le cadre de tactiques liées à des stratégies militaires, à des propagandes tactiques où il consiste à dire deux choses différentes (voire contradictoires) a deux groupes différents.

Dans le cas de la communication interpersonnelle, l’émetteur s’adresse à une seule personne physique tout en s’adressant à deux entités distinctes à l’intérieur de celle-ci. Elle peut viser à affirmer ou nier sournoisement une chose sans le dire ouvertement - c’est à dire sans en assumer la responsabilité -, à créer le doute, à menacer indirectement, ... et à induire un comportement chez la personne ciblée, à donner un ordre sans en avoir l’air.

* l’injonction paradoxale :

L’injonction paradoxale consiste à formuler des attentes ou des ordres contradictoires, et/ou impossibles à réaliser.

La nocivité psychologique des injonctions paradoxales (double-bind) a notamment été mise en avant par Gregory Watson (1904 -1980). L’injonction est paradoxale quand les demandes/ordres sont contradictoires ou si leur réalisation ne dépend pas de la volonté de la personne.

Ces doubles contraintes définissent un système de communication paradoxale afin de disqualifier l’autre et dans un cadre dont il ne peut s’échapper.

Gregory Watson a démontré les conséquences graves de telles pratiques en particulier en se basant sur des cas touchant les enfants. Quand l’enfant est la cible de façon durable d’injonctions paradoxales, de nombreux troubles peuvent se manifester pouvant aller jusqu’à à la folie ; notamment lorsque l’injonction lui demande de croire quelque chose dont il peut constater la fausseté. Ce paradoxe renvoie donc également au déni.

Ces trois tactiques linguistiques ont donc toutes trois en commun au moins deux caractères identiques intrinsèques : elles sont à double-entrée et elles appartiennent à la rhétorique du déni. Un autre caractère associé de façon plus ou moins marquée est un langage non-verbal (regards, intonations...) favorisant un climat de doute, de confusion et/ou de danger.

Le déni

Le déni peut-être pratiqué plus ou moins inconsciemment, mais ici nous restons dans un cadre stratégique, donc d’une utilisation délibérée.

Le déni ne se borne pas à nier la vérité qu’une personne énonce à une autre, mais il nie la réalité même de l’énonceur, de la personne, par l’imperméabilité à son discours. Les conséquences peuvent ne pas être seulement frustrantes, mais traumatisantes. Si une personne subit de façon répétitive et durable ce déni, cela peut la conduire à l’aliénation et à la perte d’identité.

Avec l’acte de déni, le message renvoyé est : Tu n’existes pas !”

Il y a une tendance générale dans la société à nier les actes de prédation. Avec la rhétorique du déni se développe aussi tout une rhétorique du pardon.

* Quels sont les objectifs de ces pratiques ?

Lorsque nous observons ce mode de communication de la part d’une personne, il y a deux grands cas de figure : soit la personne agit de son propre chef (mais est-ce bien sur ?), soit elle est manipulée. Dans ce cas, elle est souvent autant visée (sous manipulation) que la personne qu’elle croit être la cible.

Tout l’art du manipulateur (celui qui tire les ficelles en amont, pouvant appartenir à un groupe ou à un réseau) étant dans ce cas de faire d’une pierre deux coups. Elle stimule l’ego de la personne chargée de jouer le rôle de persécuteur, et qui pour le coup se sent très importante et très maligne (dans les 2 sens du mot), ce qui qui contribue à la rendre aveugle à la portée de la manipulation qu’elle subit elle-même.

La pratique de ces tactiques à double-entrée en matière de langage dépasse le langage lui-même. La relation entre psychisme et langage est réciproque, voir rétroactive. En travaillant sur l’un on agit sur l’autre. Comme nous l’avons vu, une telle pratique a tendance à rendre la personne double, avec une personnalité dissociée. Une forme de schizophrénie légère généralisée est créée et développée de toutes pièces. C’est également la conclusion à laquelle je parviens avec l’approche de Michel Crozier.

De par ailleurs, en cas de fragilité psychologique, la personne peut basculer dans un état schizophrénique plus grave ou développer d’autres pathologies.

Les personnes ainsi conditionnées en deviennent plus manipulables, car leur autre personnalité peut plus facilement être perméable à des messages paradoxaux et subliminaux. Elles peuvent également de la sorte se construire plus aisément une fausse conscience lorsqu’il leur est demandé de réaliser des actions que leur conscience devrait réprouver. En quelque sorte une personne dans cette situation se raconte à elle-même que ce n’est pas elle qui agit. C’est l’autre ! Ceci rejoint, par d’autres chemins, les conclusions de Stanley Milgram sur la soumission à l’autorité. Attendu que pour obtenir soumission, asservissement, plusieurs tactiques sont opérées conjointement.

Ce néo-langage pervertit le raisonnement, à l’identique des sectes, en remplaçant la vraie communication par une communication fausse où le mot perd son sens, et avec lui ses points de repères. Il provoque désorientation. Il fait partie d’un ensemble de pratiques mises en oeuvre pour mutiler l’individu et l’aliéner progressivement, avec des étapes suffisamment imperceptibles pour qu’il ne puisse pas réagir.

Le travail c'est la santé... Rage
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Romane
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MessageSujet: Re: Injonction paradoxale   Sam 20 Juin 2009 - 14:55

Je vais me l'éplucher, ce fil, parce que rien que l'expression "injonctions paradoxale" me tilte, bien que je n'y aie pas encore réfléchi. Je n'ai donc pas encore lu l'article que tu joins, lucaerne, mais le fait de poser mon p'tit caillou ici m'aidera à retrouver le fil.

Ro, boutdficelle

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Rosacée



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MessageSujet: Re: Injonction paradoxale   Sam 20 Juin 2009 - 15:34

Lucaerne, avant tout, j'ai bien lu tout l'article, puis je suis allée sur le site en question.
La seule chose que je puis te conseiller, c'est que si tu as envie de t'amuser, danser, participer à des congrès, et bien évite celui-ci. Pour la simple et bonne raison, c'est qu'étant donné qu'il est traduit l'injonction paradoxale dans sa forme la plus complexe de la manipulation du langage, tu peux te retrouver manipulée par cette même injonction paradoxale au travers de la distraction. AngeR

Bon, plus sérieusement, j'avoue que je me demande pourquoi il a été collé un texte de cet ordre là sur ce site. Moi non plus, je ne vois pas le rapport...

Confused


Dernière édition par Rosacée le Sam 20 Juin 2009 - 15:42, édité 1 fois
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Rosacée



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MessageSujet: Re: Injonction paradoxale   Sam 20 Juin 2009 - 15:36

Cependant, le texte est très intéressant même si c'est complexe.
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MessageSujet: Re: Injonction paradoxale   

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