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 Légendes de fleuves volés

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Tryskel
Miserere mei
Tryskel

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MessageSujet: Légendes de fleuves volés   Légendes de fleuves volés EmptyMer 1 Juil 2009 - 10:45

30/07/08





En des temps heureux, l’Erdre vaquait parmi les marécages.
Elle ondulait, paresseuse, entre joncs et roseaux où guettaient les grands hérons argentés. Les grenouilles donnaient des sérénades aux ondines.
L’Erdre n’était pas seule à sereinement divaguer, non loin coulait la grande Loire.

Elles avaient créé un pays d’eau. Les hommes habitaient parmi les îles et les marais.
Ils pêchaient, chassaient dans les forêts, tissaient la laine et le lin, paraient leurs femmes de somptueux bijoux.
Ils s’assemblaient dans les clairières pour prier avec les druides, et les bardes chantaient la nature.

Mais vinrent les conquérants romains… pour eux la nature n’était pas cadre enchanteur mais territoire à exploiter.
Et commença le long calvaire des fleuves et rivières…
Ils devinrent des « voies » qu’il fallait rendre navigables au prix de travaux douloureux.
Les ondines fuirent vers des eaux plus plaisantes, chassées par les porteurs de croix.

Félix surtout, fut redoutable !
Sa main miraculeuse créa un confluent, pour corriger la nature qui ne convenait pas à ses desseins, il contraignit l’Erdre à rejoindre la Loire dont il modifia le cours. Entre les Mauves et la Madeleine, un canal la rendit navigable.

Le grand fleuve reçu fort mal la nouvelle venue :
« Je suis reine des eaux du doux pays de France. Maints vassaux me servent leurs eaux, n’ai oncques besoin d’une sauvageonne de Bretagne. »
Mais l’Erdre, jolie babillarde su plaider sa cause.
« Nul vouloir en moi de vous causer déplaisir, Majesté, on m’a forcée comme on vous a contrainte. Je suis petite, tel dit mon nom. Née dans l’Etang de Clairet, n’ai point traversé la France. Mais puisque l’homme a décidé d’unir nos eaux, bien que les bretons fassent peu volontiers allégeance, je vous offre ma foi. »
La Loire, séduite, accepta la nouvelle venue.
La petite, du fin bec d’une aigrette fit graver sur son blason : « Ultime affluent de la Loire avant l’Atlantique », rehaussant son statut de cours d’eau errant, petite consolation de sa liberté perdue.

Erdre et Loire n’étaient hélas point au bout de leurs malheurs. Las de leurs divagations persistances qu’ils nommaient « caprices », les hommes n’eurent de cesse de les dompter, de les soumettre à leur volonté.
Un a un les bras entre les îles furent comblés, l’estuaire toujours fouillé, redressé pour accueillir des navires sans cesse plus lourds puissent remonter jusqu’à Nantes.
D’un village de pêcheurs, on créa Saint Nazaire, l’avant port atlantique. Pour satisfaire les appétits croissants de l’industrie, on couvrit la rive droite d’usines, de raffineries qui rejetaient sans scrupule leurs déchets dans les eaux.
Et, pour permettre la circulation des automobiles, on recouvrit le confluent, on cacha Erdre et Loire sous le béton.

Pleurant sa liberté, la Loire roule de sombres souvenirs :

« Je viens des montagnes, Petite Celte, certes je ne descends pas en torrent impétueux, il est doux le Mont Gerbier de Jonc, mon berceau. Pourtant on me nomme « sauvage »… Sauvage, j’aurais tant aimé le demeurer.
Les celtes me respectaient, mais les romains m’ont nommée « Liger » : boue, limon…
Oui, je porte des boues, mais je les dépose, c’est la fertilité, mon val est un jardin, tant chanté des poètes.
Comme toi, Petite Celte, je subis leur volonté, fouillée, canalisée, redressée pour leur navire, je me meurs !
Oh, j’aimais les « bateaux de Loire » construits pour moi, par ceux qui me comprenaient. Je n’ai jamais refusé de porter gabarres, chalands, tunes, flûtreaux…
Certes, j’ai des crues, les hommes les craignent, mais nous les eaux courantes devons respirer, nous étaler. C’est indécent de s’installer ainsi qu’ils font dans nos lits.
J’ai engendré un monde : la « Civilisation ligérienne », avec ses savoirs faire, ses coutumes, son parler. Ces hommes là vivaient avec moi et par moi.
Reine des fleuves, fleuve des rois…
Le roi François disait de toi : « la plus belle rivière de France ».
Ces hommes là nous tracassaient un peu, mais ils connaissaient notre valeur, ils nous confiaient leurs châteaux, nous respectaient…

J’ai mal, Petite Celte…
Te souviens- tu ?
Mal aux rives, mal aux eaux, mal aux poissons qui meurent empoisonnés, mal des digues, quand je les brise, ils cherchent encore comment me « contenir » davantage, ils ne comprennent rien à ce qu’est un fleuve.
Mal de tout ce sang qu’on a versé en moi…
Tant de sang, tant de sang !
Les Normands, oh, les Normands…
Leurs drakkars remontaient toujours plus haut pour semer viols, pillages, incendies, et je roulais des corps meurtris.
Jusqu’à ce que vienne Al Louarn, Alain Barbe Torte,..
Ses premières victoires lui valurent la reconnaissance et l’allégeance des bretons qui le reconnurent pour leur Duc. Sa chevauchée le mena jusqu’à Nantes. Là, sur notre confluent qui était encore libre, au Pré Saint Aignan, et la bataille fut rude.
Les bretons sont d’abord repoussés, défaits, assoiffés : Al Louarn se met à genoux, lève les mains et supplie la Vierge de leur donner une source.
Et la source sourd du sol, les bretons, revigorés, reprennent les armes et remportent la victoire.
Noël, Noël, les envahisseurs sont chassés à jamais !

J’ai mal, Petite Celte…
Mal d’Amboise. Tu ne connais pas Amboise : un si beau château où notre Anne, duchesse et reine se plaisait à traiter maints artistes. Une époque heureuse où la Bretagne était encore libre. Anne a lutté pour la garder hors toute oppression, mais… Elle disparue, tu sais ce qu’il advint.
Et virent ces guerres odieuses, les hommes de France n’étaient pas d’accord sur la façon d’adorer leur dieu, et le sang, le sang, toujours le sang, a coulé à Amboise. Il en a tant coulé que les belles dames y trempaient le velours de leurs robes en dansant sous les potences.
Il en a tant coulé que de nouveau j’ai rougi, hélas, ce ne fut point la fin des souffrances.

J’ai mal, Petite Celte…
Te souviens- tu ?
Les hommes de France sont partis, loin, sur l’autre rive de l’Atlantique. Loin, ils ont porté l’oppression, encore, toujours douleur et sang.
Il fallait des bras pour exploiter les terres d’Amérique volées à d’autres hommes.
Ils sont allés les voler en Afrique, et Nantes s’est enrichie, enrichie du sang et de la souffrance du Bois d’Ebène.
Le sang suintait des coques des navires négriers qui remontaient à Nantes les épices et le sucre.
Le sang scellait le mortier des belles demeures de L’île Feydeau, Feydeau qui n’est plus une île, et toi tu roules sous le Cours des Otages, bien nommé, nous sommes leurs otages.
Ils ne savent pas que, la nuit, les mascarons cessaient de rire pour hurler des anathèmes contre ces marchands qui étalaient leur fortune en fixant dans la pierre l’image de ceux qu’ils traient comme des marchandises.
Nantes est punie, les grands navires ne remontent plus. Je « m’envase » comme ils disent, à qui la faute ? Ils nous interdisent de respirer…

J’ai mal, Petite Celte…
Te souviens- tu ?
Invasions, exécutions, esclavage, ce n’était encore point assez de sang.
Vint l’ignoble Carrier et ses noyades. Des gabarres que l’on perçait pour que hommes, femmes, enfants qu’on y avait entassé coulent.
Encore des cadavres, encore du sang, toujours du sang, nos eaux souillées, toujours, encore…

J’ai mal, Petite Celte…
Te souviens-tu ?
Saint Nazaire, anéantie sous les bombes.
Les hommes fuyant le feu, et la base de ces odieux bâtiments sous marins, intacte…
Oh ! Que de folies, que de souffrances, que de sang, toujours, encore du sang.

Viens Erdam, viens !
Je t’emmène vers l’océan.
Là bas est la liberté pour nous, fleuves volés.
J’y emmène le cœur d’Anne bordé d’or qui garde la Bretagne libre.
On m’a pris le dernier château, je ne baigne plus ses murailles, la Fosse n’est plus un quai, les marins ne chantent plus.
Je porte en Atlantique leurs âmes perdues dans les tavernes.
Viens Erdam, je t’emmène, je t’emmène vers l’infini.

Viens, Petite Celte, viens, nos noces sauvages avec l’océan, l’homme ne pourra jamais nous les voler.
Viens…
01/08/08


LEGENDES DE FLEUVES VOLES

NOTES



Erdre : Le nom celte de l’Edre : Erdam, signifie : Petite Rivière.
De l’Erdre, François 1er disait qu’elle était la plus belle rivière de France.
Longue de 105 km, elle prend sa source à La Pouëze , Etang du Clairet. Et se jette dans la Loire à Nantes.
Cours d’eau indépendant jusqu’au VIème siècle, elle fut contrainte par les travaux ordonnés par Félix, évêque et gouverneur de nantes de 515 à 582, de rejoindre la Loire.
« Génie bienfaisant, Félix modifia la nature pour la corriger et contraignit les vieux fleuves à prendre un nouveau cours. Ici vous comblez une vallée ; là vous abaissez une montagne, l’une se soulève, l’autre s’enfonce… » Fortunat, évêque de Poitiers, contemporain de Félix.
Pendant la grande période de comblement des bras de la Loire, au début du XXème siècle, l’Erdre a aussi subit des modifications. Ces 500 derniers mètres ont été comblés et sont aujourd’hui devenus l’un des axes principaux de Nantes : le Cours des 50 otages. L’Erdre passe donc sous un tunnel et se jette dans la Loire au niveau du Canal de saint Félix.

Al Louarn : Alain, surnommé « Barbe Torte », élevé en Angleterre, débarque à Dol en 936, pour chasser les envahisseurs viking qui ravagent la Bretagne.
La légende (mise en chanson par le groupe Tri Yann » dans « Le Renard » (Al Louarn en breton), raconte qu’au confluent de l’Erdre et de la Loire, appelé « Pré Saint Aignan » dans la Chronique de Nantes, la bataille débute.
Les bretons sont d’abord défaits, et assoiffés. Barbe Torte se met à genoux et prie la Vierge de leur donner une source. Celle-ci jaillit et les bretons, revigorés, mettent l’envahisseur en déroute.
Les Normands seront définitivement chassés de Bretagne en 939.

La Conjuration d’Amboise : Pendant les guerres de religion, en Mars 1560, des gentilshommes protestants tentent de s’emparer du Roi François II à Amboise.
Leur tentative échoue, la répression est sanglante. Catherine de Médicis fait pendre les corps des conjurés aux grilles des terrasses du château, pour que chacun puisse voir le sort qu’elle réservait aux ennemis du Roi.
Des chroniques d’époque racontent que les nobles dansaient sous les cadavres et que les robes des dames étaient imbibées de sang.

Les Mascarons : Sont des sculptures qui ornent les façades des hôtels particuliers des riches nantais construits du XVIIème au XVIIIème siècles. Ils représentent ce qui fut la source de ces richesses, et notamment des visages de « nègres » souriants.
Ce sont aussi de délicieux chocolats, une spécialité nantaise depuis le XIXème siècle.

Les « Noyades de Nantes » : Entre Novembre 1793 et Janvier 1794, Jean Baptiste Carrier est nommé Commissaire de la République à Nantes. La région s’étant illustrée dans la lutte contre les « bleus », les soldats de la république, la répression est féroce.
Une dizaine de milliers de prisonniers surcharge les prisons, Carrier a alors l’idée de les faire disparaître en les plaçant dans des gabarres qui sont coulées dans la Loire, qu’il nomme « La Baignoire Nationale ».
Ces excès scandalisent jusqu’à Paris où il est rappelé puis exécuté.
On ignore le nombre exact de « noyés » qui varie selon les sources de 1800 à 9000. On s’entend sur une moyenne entre 4 et 3000, ce qui est déjà énorme.

Saint Nazaire : Construite dés le XVIIème siècle comme avant port de Nantes, la ville fut l’une des bases de sous marins allemands durant la seconde Guerre Mondiale. La base (aujourd’hui lieu culturel) est un ouvrage colossal dont la dalle de couverture mesure 8 mètres d’épaisseur. Elle est quasi indestructible, aussi pour chasser les allemands qui résistaient encore, les alliés procédèrent à une destruction systématique de la ville alentour (comme à Brest).



Les notes pour permettre de comprendre, des référrnces. je l'ai mis dans Légendes et Mythes, mais peut être ce serait mieux dans "Prose" puisque c'est moi qui l'ai écrite aprés une ballade en bateau sur l'Estuaire de la Loire de Nantes à St Nazaire!


Dernière édition par Tryskel le Mer 1 Juil 2009 - 17:44, édité 1 fois
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lasorciere

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MessageSujet: Re: Légendes de fleuves volés   Légendes de fleuves volés EmptyMer 1 Juil 2009 - 11:05

C'est toujours un grand plaisirs de te lire

bisou bisou
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Farouche

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MessageSujet: Re: Légendes de fleuves volés   Légendes de fleuves volés EmptyMer 1 Juil 2009 - 11:09

Merci Trys !
Un vrai plaisir ! Si l'histoire pouvait toujours nous être contée ainsi...

(et vinrent ces guerres odieuses plutôt que virent, non ?)
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Tryskel
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MessageSujet: Re: Légendes de fleuves volés   Légendes de fleuves volés EmptyMer 1 Juil 2009 - 12:40

[quote="Farouche"]Merci Trys !
Un vrai plaisir ! Si l'histoire pouvait toujours nous être contée ainsi...

Elle devrait à mon sens être toujours contée ainsi, j'ai fais au mieux quand j'étais prof, mais c'était pas "sérieux" et ça passait mal,, mais ça passe tellement mieux comme ça! Parce que c'est accessible, on part de ce qui est et on remonte le cours du temps pour tenter d'expliquer pourquoi c'est comme ça aujourd'hui, tout se construit petit à petit et les choix ne sont pas toujours les bons contrairement à se qu'on veux faire avaler avec l'"L'Histoire Officielle", vous avez compris que c'est pas celle là, l'officielle, qui m'interesse!

Et je n'ai aucun mérite, j'ai simplement écouté ce que me disait la Loire, en traduisant avec mes mots, toujours maladroits, ce qu'elle m'a conté ce jour là!

Embarassed Pour les fautes, mais mon ordi qui doit pas aimer les déménagements fait des siennes, un coup il prend la correction, l'autre, il veut rien savoir!
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Farouche

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MessageSujet: Re: Légendes de fleuves volés   Légendes de fleuves volés EmptyMer 1 Juil 2009 - 13:01

Non, mais là ton ordi ne pouvait pas corriger parce que virent, ça existe, c'est juste que c'est le verbe voir et qu'au sens de la phrase, j'ai déduit que tu voulais le verbe venir.
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MessageSujet: Re: Légendes de fleuves volés   Légendes de fleuves volés EmptyMer 1 Juil 2009 - 13:08

C'est bien "vinrent" que je veux dire, mais mon ordi, même en éditer refuse la correction ou alors il veut tout effacer!
pas envie de me prendre la tête avec ce machin, comment s'appelle déjà l'ordi suprême d'Assimov, celui qui a réponse à tout ou presque?

Vais me faire taper sur le clavier, je mélange les fils!

Mais peut être pas tant que ça, cet ordi suprême reléve du mythe/légende... Aussi!

spc
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Vic Taurugaux

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MessageSujet: Re: Légendes de fleuves volés   Légendes de fleuves volés EmptyMer 1 Juil 2009 - 14:37

Pour calculer le temps, on employa jadis des clepsydres car tout comme l’eau, le temps s’écoule. Remonter sa source, est-ce alors faire preuve d’Histoire ou de Mémoire ?

En tout cas, c’est un très beau texte qui nous fait agréablement voyager. Merci. Cela me rappelle, (si je peux me permettre) un autre texte écrit en un autre temps : http://liensutiles.forumactif.com/vic-taurugaux-f66/nouvelle-diskann-ar-loar-t11510.htm
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