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 Idéosphère

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LylaTsB

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MessageSujet: Idéosphère   Lun 17 Aoû 2009 - 20:59

Citation :
IDEOSPHERE

Et si les idées avaient leur propre évolution comme les animaux ?
Théodore Monod en 1970 dans « Le hasard et la nécessité » imaginait que les idées pouvaient avoir une autonomie et que comme les êtres organiques, elles souhaitaient se reproduire et se multiplier.
En 1976, Richard Dawkins évoque dans « Le gène égoïste » le concept d'idéosphère qui serait au monde des idées ce que la biosphère est au monde des animaux. Tout comme les gènes se propagent en sautant de corps en corps et en utilisant les spermatozoïdes et les œufs pour s'exprimer, les idées se propagent de cerveau en cerveau en utilisant la voix, les oreilles, les yeux, et aussi la télé et tous les médias. Dawkins écrit : « Lorsque vous plantez une idée fertile dans mon esprit, vous parasitez littéralement mon cerveau, le transformant en véhicule pour la propagation de cette idée. » Et il évoque par exemple le concept de Dieu. Une idée qui est née un jour et qui n'a jamais cessé d'évoluer et de se propager. La parole, l'écriture puis la musique, puis l'art servent à la relayer et l'amplifier. Les prêtres la reproduisent et l'interprètent pour l'adapter à l'espace et au temps dans lequel ils vivent.

Mais les idées mutent vite. Le concept de démocratie tel qu'il a été conçu à ses origines ne s'étendait qu'aux citoyens, c'est-à-dire aux hommes, libres, riches, âgés, nés dans le pays. Plus tard la démocratie a muté pour concerner aussi les femmes, les esclaves, les pauvres, les jeunes, les étrangers. Autre exemple : l' idée de communisme née de l'esprit de Marx s'est répandue dans l'espace et dans un temps très court, pour toucher la moitié de la planète. Elle a évolué, puis, confrontée à d'autres idées, a fini par se réduire, pour concerner moins de personnes, comme une espèce animale en voie de disparition. Mais elle a forcé l'idée de « capitalisme à l'ancienne » à muter elle aussi. Du combat des idées dans l'idéosphère surgit notre civilisation.

Actuellement les ordinateurs sont en train de donner une accélération à l'évolution des idées. Grâce à Internet, une idée peut se répandre plus vite dans l'espace et dans le temps. C'est formidable pour les bonnes idées, mais aussi pour les mauvaises, car dans la notion d'idée il n'y a pas de dimension « morale ». D'ailleurs, en biologie non plus l'évolution n'obéit pas à une morale. Voilà pourquoi, peut-être, il faudra réfléchir à deux fois avant de répandre les idées « qui traînent ». Car désormais elles sont plus fortes que les hommes qui les inventent et que ceux qui les véhiculent. Enfin, c'est juste une idée.

« Effervesciences », la chronique de Bernard Werber
Magazine « Eurêka » n° 48, octobre 1999

Quelles belles idées à développer encore ? Et pour aller vers quelles évolutions ? L'idée même me séduit, et vous ?

IdéologikSourire
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filo

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MessageSujet: Re: Idéosphère   Mar 18 Aoû 2009 - 2:21

L'idée de Monod est séduisante, mais dans le fond du fond je n'y adhère pas.
Je la trouve juste jolie.

Bernard Werber s'est spécialisé dans la récupération de ce genre de bonnes idées ; dommage que sa littérature soit insipide dans leur développement.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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Vic Taurugaux

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MessageSujet: Re: Idéosphère   Mar 18 Aoû 2009 - 10:17

Moi, je trouve la métaphore très séduisante. Si les idées étaient des animaux, alors il y aurait des idées-proies et des idées prédatrices. On pourrait penser qu’une sorte de loi de la jungle régirait le monde des idées. De là à imaginer, comme le font les écologistes pour la nature, que tout cela s’auto-équilibrerait comme une chaîne animale dans un biotope donné, ne serait-ce pas là une assertion trop libérale ?

Aujourd’hui, grâce au progrès des moyens de communication, les idées peuvent se propager très rapidement d’un bout à l’autre de la planète. Mais, sont-elles pour cela plus fortes ou seulement plus volatiles ? De même que sur internet circulent virus et anti-virus, les rumeurs sont phagocytées par d’autres rumeurs qui les relativisent. Le journalisme lui-même qui autrefois régulait l’information semble pris dans ce besoin toujours plus important de créer de l’information, je veux dire de la nouveauté, du scoop comme si, des informations, il n’y en avait pas déjà suffisamment. Prenez l’exemple du dopage dans le monde du sport. Au début, on aurait pu penser que les journalistes, en médiatisant à l’extrême les activités physiques de loisir de nos concitoyens se seraient sentis coupables d’un tel débordement. Si, une telle phase de culpabilité a eu lieu, avouez qu’elle fut très rapide ! Désormais, les journalistes sportifs traquent les cas de dopage comme des nouveaux scoops ! L’important n’est plus qui a gagné, mais qui s’est dopé ! Par un jeu de passe-passe qui laisse pantois, ils se sont affranchis de toute responsabilité dans ce problème et convient leurs lecteurs à houspiller avec eux le tricheur.

Les idées sont elles alors devenus sauvages comme les animaux ou sont elles le fait d’auteurs, c'est-à-dire d’humains responsables ?
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Farouche

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MessageSujet: Re: Idéosphère   Mar 18 Aoû 2009 - 10:32

On peut jouer longtemps avec elle (cette idée sur les idées), c'est très amusant.

Là, je pensais, aux porteurs sains d'idées toxiques, par exemple.
Ou aux idées difficiles à apprivoiser, celles qui nous échappent, nous glissent entre les neurones.

C'est drôle : il y a pourtant de GRANDES idées, mais si je m'applique à les imaginer comme des animaux, je les envisage microscopiques et plutôt comme des bactéries ou des virus.

Vic que dirais-tu d'adopter que les idées soient des bactéries et les rumeurs des virus (cent fois plus mutagènes) ? AngeR
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filo

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MessageSujet: Re: Idéosphère   Mar 18 Aoû 2009 - 15:02

Farouche a écrit:
Vic que dirais-tu d'adopter que les idées soient des bactéries et les rumeurs des virus (cent fois plus mutagènes) ? AngeR
Pas mal !

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Vic Taurugaux

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MessageSujet: Re: Idéosphère   Mar 18 Aoû 2009 - 18:41

Penser que les idées échappent à leurs auteurs permet de filer la métaphore faisant des objets de la pensée, des animaux. En ce qui concerne ces derniers, il est vrai comme nous le rappelle Farouche, que le défi actuel est plus d’apprivoiser virus et bactéries que de dompter des tigres ou des lions.

La profusion de ces « petites bêtes microscopiques » et donc invisibles et suspectes au commun des mortels, n’attire souvent notre attention que par ce que nos docteurs nous renseignent sur les causes et évolutions de nos maladies. On pourrait alors se demander si les idées n’agissent pas de même, c'est-à-dire de façons souterraines, inconscientes et demanderaient parfois la circonspection des spécialistes plutôt que l’insouciance des apprentis-sorciers, surtout dans les cas de réels problèmes. La rumeur (faites d’idées labiles et incertaines imprudemment proférées) prendrait ainsi l’aspect de virus toujours aptes à muter pour mieux tromper des humains déboussolés. La grippe au nom savant d’influenza (l’influence) se masquerait ainsi tour à tour derrière des animaux aussi inoffensifs que les oiseaux ou encore aussi proches que nos aimables cochons. Pour éradiquer ce fléau « probable », les laboratoires fourniraient leurs habituels vaccins quand les médias diffuseraient les mises en garde et autres conseils d’hygiène prônés par l’OMS.

Mais, les fantasmes étant les fantasmes (qui par définition échappent à toute rationalité) ont fait apparaître au milieu de ces conseils et au cœur de l’été, un bruit sur internet faisant état de « grippe-parties » Cette information, déclarée fausse au bout de quelques semaines, ce n’était qu’un canular) parlait de groupes d’étudiants se réunissant pour se refiler volontairement la maladie avec cette idée folle d’ainsi se fabriquer des anticorps avant que le gros de l’épidémie n’arrive. Bien sûr, ce raisonnement n’avait rien de scientifique et les statisticiens durent démontrer qu’il y a bien plus de probabilités de tomber réellement malade en jouant avec le feu plutôt qu’en s’en prémunissant même de façon imparfaite.
C’est que l’hygiène, qui demeure pourtant la meilleure arme contre des fléaux comme la tuberculose, la peste, le choléra, les MST, etc. devient un luxe dont se passeraient volontiers des occidentaux paresseux en mal de sensations fortes. Sans doute, dans les esprits « avancés » de ces francs-tireurs, les conseils médicaux sont des idées ringardes parce que trop évidentes. Face à la maladie, à la mort, leur pensée toute-puissante méprise des préceptes simples et applicables par chacun ayant suffisamment fait leurs preuves par le passé. Mais, à la faveur du catastrophisme ambiant qui fait que désormais nous sommes tous les jours à l’aube d’une crise effroyable, le bon sens serait devenu obsolète.
C’est que, comme pour la plupart des animaux qui ne répondent qu’à des besoins immédiats, la pensée humaine est volontiers paresseuse et que l’hygiène, le ménage quotidien demeure une corvée.

Mais, je provoquerais ici sans doute le courroux des amis des animaux, si j’omettais de vous parler du « fabuleux courage » des manchots empereurs ; si, je ne vantais l’abnégation des mâles qui, frigorifiés et affamés sur la banquise, couvent coûte que coûte sur leur pattes le précieux œuf garant de la survie de l’espèce ; si je n’avais aucun mot d’admiration pour les femelles, mères dévouées et épouses parfaites, présentes dès l’éclosion de leur cher bambin pour leur régurgiter après deux mois d’un éprouvant voyage, un poisson pré-digéré.
En d’autres termes, si, j’accusais les manchots d’être des fainéants !
Face à une Nature hostile, la pensée humaine peut faire, comme nos amis de la banquise, preuve autant de courage que de génie et ce, malgré des moments d’égarements, des guerres, des génocides, bref de tout ce qui a pu ou pourra concourir à l’extinction de notre espèce.

L'optimisme nous ensiegne que l’intelligence demeure à ce jour notre meilleure compétence adaptative et le zoo de nos idées qui abrite pourtant bien des loufoqueries, en demeure la meilleure illustration. Car les idées, comme tout ce qui vit, répugnent à mourir. Les humains aussi, dont la plus grande angoisse est, qu’en mourant, ils cessent à tout jamais de penser et de rejoindre ainsi le néant.
Mais, c’est un plaisir de savoir, (d’aucuns diront une consolation), que la plupart du temps les idées survivent à leurs auteurs. Je ne parle pas seulement des personnages célèbres qui laissent à la postérité une « œuvre ». Je parle aussi et surtout à tous ces morts anonymes qui lèguent après un court passage sur terre un souvenir attendri à leurs congénères survivants.

Chez l’humain, l’idée comme la tristesse subsiste un temps après la mort de l’individu quand, chez l’animal, dans la Nature, seul l’instinct persiste.
Est-ce alors que l’idéosphère serait l’autre nom de la Culture ?

Cette Culture qui, en la jardinant fait vivre la Terre, à l’image des bactéries ?
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Vic Taurugaux

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MessageSujet: Re: Idéosphère   Mar 18 Aoû 2009 - 18:57

En relisant la citation postée par Lyla, je me disais que les idées plus fortes que les hommes sont les « croyances » et les idées que conçoivent et maîtrisent les hommes, le savoir. Le combat qui oppose ces deux familles d’idées dépassent les individus, il est plutôt affaire de civilisations.
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