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 La communication non violente (CNV)

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sophiesuite

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MessageSujet: La communication non violente (CNV)   Mer 9 Sep 2009 - 15:56

Le fil sur le respect me donne envie de vous parler de cette "technique" de communication, qui me semble être tout à fait en phase avec le respect à la fois de soi-même et de l'autre.

Il s'agit de la communication non violente, on CNV pour faire plus court...
Le bouquin référence que l'on m'avait conseillé quand je m'y suis intéressée est le suivant :
Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs), de Marshall B. Rosenberg.

Je vais essayer de résumer à partir de ce que j'ai lu et expérimenté moi-même.

Déjà, préambule, la description de la "technique" peut sembler au premier abord un peu "scolaire" et schématique, mais après en le faisant, ça devient fluide évidemment... il s'agit pas de s'exprimer comme des robots.

Ensuite deuxième préambule, en gros l'idée comme son nom l'indique, c'est d'arriver à une manière de communiquer exempte de toute forme de violence, qu'il s'agisse de violence verbale visible (des insultes par exemple), ou de violence plus dissimulée type manipulation, chantage affectif, pression sur l'autre etc...
En fait, on a tous tendance à faire ça même si la plupart des gens sont à des niveaux on va dire raisonnables de manipulation. Mais à partir du moment où on se projette sur l'autre, où on exige par exemple des choses de lui, où on utilise les émotions pour le faire ré-agir, on est dans une forme de manipulation et donc de violence.

L'idée étant d'arriver à zéro violence. Non violent donc.

C'est basé sur l'empathie, concept que j'aurai du mal à vous définir parce que même en ayant essayé de le pratiquer un petit peu en tatonnant, je ne saurais toujours pas en parler clairement... mais peut-être pourra-t-on compléter par d'autres sources sur cette notion d'empathie.

Donc le processus de la CNV, c'est bâti en quatre temps.
1. Observation
2. Sentiment
3. Besoin
4. Demande

L'idée est que nous avons tous des besoins fondamentaux, et que lorsque l'un de ces besoins n'est pas nourri, ça génère un inconfort, qui génère une émotion, et ensuite éventuellement une expression plus ou moins violente de cet inconfort.

Le principe avec ça c'est de construire une phrase :
Lorsqu'il se passe ci et ça (RESULTAT DE L'OBSERVATION), je me sens comme ci ou comme ça (EXPRESSION DU SENTIMENT), parce que j'ai besoin de ci ou ça (EXPRESSION DU BESOIN), je te demande de faire ceci ou cela (EXPRESSION D'UNE DEMANDE PRECISE).

1. Observation : c'est totalement neutre.

Il ne doit y avoir aucun jugement dans l'observation de la situation, il ne s'agit que de faits.
Ca a l'air simple comme ça, mais en fait c'est sacrément coton !!
J'ai fait l'exercice plusieurs fois et les jugement se glissent vraiment très facilement...
Par exemple, quelqu'un me dit que j'ai mal travaillé et je le prends mal.
Cas 1 : "lorsque tu critiques mon travail" = un jugement
Cas 2 : "lorsque tu me dis que j'ai mal travaillé" = une observation neutre

Autre exemple, je discute avec machin et j'ai l'impression qu'il ne m'écoute pas parce que quand je parle de mon fils, il répond en me parlant de sa femme avec qui il a des problèmes.
Cas 1 : "lorsque je te parle et que tu ne m'écoutes pas" = jugement
Cas 2 : "lorsque je te parle de mon fils et que tu me réponds en parlant de ta femme" = une observation neutre des faits.

2. Sentiment

Là il s'agit d'identifier le sentiment que l'on a par rapport à cette situation qui nous fait réagir et qu'on a observée juste avant.
Une amie qui travaillait beaucoup en CNV me disait qu'elle faisait aussi ce processus physiquement. L'observation se fait dans la tête, presque froidement, puisque totalement neutre et descriptive.
Le sentiment se trouve en descendant dans le coeur.

Attention, c'est pareil que pour l'observation, le sentiment est plus difficile à exprimer qu'il n'y parait.
Car pour rester dans un processus non-violent et centré sur soi, Rosenberg insiste sur le fait que le sentiment ne peut pas impliquer quelqu'un d'autre.
Par exemple : "je me sens en colère" c'est un sentiment
mais "je me sens abandonné", ça n'est pas un sentiment au sens de la CNV. Parce qu'abandonné n'est pas un état affectif simple, ça implique les autres, car ça implique que quelqu'un nous a abandonné, donc que l'on est victime de quelqu'un d'autre.
On pourrait dire plutôt que l'on se sent seul.

Ca fait beaucoup de bien cet exercice de dire ce qu'on ressent de cette manière, parce que d'une part le fait de rester centré sur soi oblige à prendre la responsabilité de ses ressentis ; et d'autre part parce que ça amène plus au fond des choses.
Si je dis que je me sens abandonnée, et que je m'arrête là, en réalité je passe à côté de ce que je ressens vraiment en termes de sentiment. Je peux en être triste, ou en colère, parce que j'ai l'impression d'être abandonnée, et c'est ça qui est important, c'est ce sentiment en dessous, car c'est lui qui va donner accès au reste.

3. Le besoin

Si le sentiment se trouvait dans le coeur, il faut descendre jusque dans le ventre pour trouver le besoin.
Le principe central c'est que les besoins sont universels et impersonnels.
On peut en lister quelques-uns : espace, liberté, amour, reconnaissance, silence, paix, authenticité....

Impersonnels, ça veut dire que "j'ai besoin que tu fasses ceci ou cela" n'est pas l'expression d'un besoin en CNV.
Le besoin n'implique pas la personne en face, il n'implique personne en particulier, c'est pourquoi il est dit universel et impersonnel.
Ca aussi ça permet de se réapproprier ses besoins, la responsabilité de sa vie....

Parce qu'on peut se rendre compte aussi que bon nombre de besoins peuvent être nourris par soi-même, dès l'instant qu'on a réussi à les nommer.

Néanmoins, il y a la quatrième phase pour que ça soit complet :

4. Demande

Il s'agit d'exprimer une demande soit à quelqu'un soit à soi-même...
Pour que ça soit efficace, l'idée est que ça soit précis et le plus concret possible. Afin de rester dans un processus compréhensible et clair, qui ne laisse pas le mental et ses interprétations se glisser là-dedans et refoutre le souk.

Un exemple du truc complet pourrait être une demande formulée à quelqu'un qui me coupe tout le temps la parole :
"Lorsque tu commences à parler alors que je n'ai pas terminé, je me sens en colère parce que j'ai besoin d'écoute. Pourrais-tu attendre que j'aie terminé de parler avant de parler toi-même ? "

Voilà... ce que je voulais vous présenter sur cette manière d'envisager la communication.
Pour ma part, lorsque j'ai lu ce bouquin, j'avais déjà fait un certain travail sur ma parole, donc ça se recoupait beaucoup avec. De fait, j'applique certains de ces principes sans vraiment y faire attention la plupart du temps.
Néanmoins, il peut m'arriver de recourir au processus complet à certains moments, notamment quand je me sens débordée dans un échange avec quelqu'un, soit par la réaction de l'autre, soit par la mienne.

J'ai une amie en revanche qui a fait tout un chemin d'évolution perso basé là-dessus.

Donc ça peut être utilisé de plein de manières différentes.
En tout cas, à mon sens, c'est un truc qui gagne à être connu et au moins expérimenté quelques fois pour vérifier, et avoir ça dans sa besace en cas de besoin.

Voili voilà... merci de m'avoir lue jusque là...
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Rosacée



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MessageSujet: Re: La communication non violente (CNV)   Mer 9 Sep 2009 - 16:10

sophiesuite a écrit:


1. Observation : c'est totalement neutre.

Il ne doit y avoir aucun jugement dans l'observation de la situation, il ne s'agit que de faits.
Ca a l'air simple comme ça, mais en fait c'est sacrément coton !!
J'ai fait l'exercice plusieurs fois et les jugement se glissent vraiment très facilement...
Par exemple, quelqu'un me dit que j'ai mal travaillé et je le prends mal.
Cas 1 : "lorsque tu critiques mon travail" = un jugement
Cas 2 : "lorsque tu me dis que j'ai mal travaillé" = une observation neutre

Autre exemple, je discute avec machin et j'ai l'impression qu'il ne m'écoute pas parce que quand je parle de mon fils, il répond en me parlant de sa femme avec qui il a des problèmes.
Cas 1 : "lorsque je te parle et que tu ne m'écoutes pas" = jugement
Cas 2 : "lorsque je te parle de mon fils et que tu me réponds en parlant de ta femme" = une observation neutre des faits.

Je t'ai lue jusqu'au bout. Ca à l'air coton !

Je retiens cette partie, car je ne suis pas sûre d'avoir bien compris.

Pour l'observation, il faut un point de vue neutre.
Donc, dans les exemples que tu donnes, il vaut mieux répondre en utilisant le cas de figure numéro 2 ?
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sophiesuite

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MessageSujet: Re: La communication non violente (CNV)   Mer 9 Sep 2009 - 16:34

Oui oui c'est ça.
Le truc c'est observation neutre des faits.
Donc éliminer tout ce qui est de l'ordre de l'évaluation, l'interprétation, le jugement, l'extrapolation etc etc....

C'est effectivement très coton !!
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Ysandre
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MessageSujet: la communication non violente   Mer 9 Sep 2009 - 16:47

Oui mais alors, Sophie, ou situes-tu la spontanéité la dedans ?
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filo

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MessageSujet: Re: La communication non violente (CNV)   Mer 9 Sep 2009 - 17:02

Je comprends le but, qui est très louable.

MAIS je n'adhère pas à la méthode.

C'est à l'opposé de la spontanéité. Cela suppose une sorte de calcul permanent, même s'il est bien intentionné.

Tu dis à un moment "il s'agit pas de s'exprimer comme des robots", certes, mais on en vient à réagir tout de même d'une façon si neutre qu'elle est dénuée de ce qui nous rend aussi humains. Le fait est que nous ressentons des émotions, des explosions (même petites, même internes, même pas graves), et qui si nous les retenons ou au moins les masquons, nous nous rapprochons insidieusement d'un robot. Souriant et pacifique, certes, mais si neutre et si inhumain...

La violence n'est pas que négative, elle est parfois chaleur dans le ton et le fond, elle peut générer humour, frissons et challenges, elle peut titiller, défouler, emporter. La vie, quoi !
Elle est intrinsèque à l'humain et ne sert pas qu'à agresser.

Malgré les risques que cela suppose, je préfère personnellement une ligne accidentée qu'une ligne froidement droite, sans rien qui dépasse. Quel ennui !

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
L'art est parfois un sale boulot, mais il faut bien que quelqu'un le fasse
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MessageSujet: Re: La communication non violente (CNV)   Mer 9 Sep 2009 - 17:09

Concernant la spontanéité, j'avais justement noté un préambule à cet égard...

Sophie a écrit:
la description de la "technique" peut sembler au premier abord un peu "scolaire" et schématique, mais après en le faisant, ça devient fluide évidemment... il s'agit pas de s'exprimer comme des robots.

Il est certain que là je décris un processus, donc ça donne une impression mécanique.
Mais, ça s'assouplit avec la pratique et bien sûr la spontanéité.

Cependant, je pense aussi que s'astreindre à ce genre d'exercice, ne serait-ce qu'une fois ou deux, pour voir ce que ça donne, est très bénéfique.

Parce que la spontanéité peut aussi être une bonne excuse pour éviter de se poser des questions sur ce qu'on dit et la manière dont on le dit.
Sous couvert de ne pas brider leur spontanéité, je connais des gens qui blessent énormément de personnes autour d'eux. Ca a un côté très "enfant", genre "ne me bridez pas, je dis ce que je veux, je suis quelqu'un de spontané"....
Ben oui mais.... parfois on dit des grosses conneries aussi quand on ne réfléchit pas, et quand on ne fait pas du tout de "travail" sur sa manière de communiquer avec les autres.

Alors, peut-être que si trois minutes de temps en temps, ces gens-là acceptaient (3 minutes, ils vont pas mourir quand même...) de mener ce genre de petite réflexion sur eux-mêmes, eh bien ils se rendraient peut-être compte d'un certain nombre de choses qui amélioreraient leur façon de communiquer avec les autres....
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filo

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MessageSujet: Re: La communication non violente (CNV)   Mer 9 Sep 2009 - 17:13

Entre la spontanéité saine et l'agression, il y a quand même un juste milieu possible.
Tu ne peux pas ainsi prendre cet extrême pour opposer la spontanéité à l'extrême neutralité de la CNV !

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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sophiesuite

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MessageSujet: Re: La communication non violente (CNV)   Mer 9 Sep 2009 - 17:24

filo a écrit:
Je comprends le but, qui est très louable.

MAIS je n'adhère pas à la méthode.

C'est à l'opposé de la spontanéité. Cela suppose une sorte de calcul permanent, même s'il est bien intentionné.

Tu dis à un moment "il s'agit pas de s'exprimer comme des robots", certes, mais on en vient à réagir tout de même d'une façon si neutre qu'elle est dénuée de ce qui nous rend aussi humains. Le fait est que nous ressentons des émotions, des explosions (même petites, même internes, même pas graves), et qui si nous les retenons ou au moins les masquons, nous nous rapprochons insidieusement d'un robot. Souriant et pacifique, certes, mais si neutre et si inhumain...

La violence n'est pas que négative, elle est parfois chaleur dans le ton et le fond, elle peut générer humour, frissons et challenges, elle peut titiller, défouler, emporter. La vie, quoi !
Elle est intrinsèque à l'humain et ne sert pas qu'à agresser.

Malgré les risques que cela suppose, je préfère personnellement une ligne accidentée qu'une ligne froidement droite, sans rien qui dépasse. Quel ennui !

Je suis complètement d'accord avec toi Filo, sur le fond.
J'ai répondu partiellement à ton message dans ce que j'ai écrit à la suite du message d'Ysandre.

Mais en gros, pour le redire d'une autre manière, je suis complètement d'accord avec toi sur le fond et dans le principe global.
MAIS, il y a un gros MAIS.
Mais les autres ne sont pas non plus nos poubelles.

Par ailleurs, et ceci n'engage que moi bien entendu, dans le même ordre d'idées que ce que je disais à propos du respect de soi dans l'autre fil, j'ai vécu suffisamment d'émotions et de discussions violentes dans ma vie, j'ai eu ma dose, ça va comme ça. Alors en l'occurrence maintenant, j'aime autant quand c'est un peu trop "froid" plutôt que trop "chaud".
C'est la même chose finalement, parce que la neutralité pronée dans ce genre de technique est simplement une manière de ne pas laisser l'émotion déborder de partout. De réussir à, justement, ne pas prendre l'autre pour sa poubelle, alors qu'on est soi-même en vrac à l'intérieur.
Pour ce qui me concerne, ça fait partie de la notion de respect.

Ensuite, on laisse reposer, et quand l'émotion est calmée, on peut revenir à un dialogue normal, c'est à dire vivant, chaleureux etc...

Citation :
Entre la spontanéité saine et l'agression, il y a quand même un juste milieu possible.
Tu ne peux pas ainsi prendre cet extrême pour opposer la spontanéité à l'extrême neutralité de la CNV !

En fait si, je peux.
La spontanéité ne peut être saine, à mon sens, de par l'observation que j'ai pu faire sur moi et sur les gens autour de moi, que lorsqu'on s'est un minimum, à un moment donné posé ces questions-là.
Chez beaucoup de gens, ce qu'on appelle la spontanéité n'est rien d'autre que le déversement incessant et incontrôlé du mental et des émotions qui tournent en permanence.... en général c'est aussi très égocentrique comme fonctionnement...

Par ailleurs, l'"agression" peut être quelque chose de très subtil, qui laisses malgré tout des méchantes traces....
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Alizé

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MessageSujet: Re: La communication non violente (CNV)   Mer 9 Sep 2009 - 17:30

Sans suivre de formation, j'ai lu les écrits de Jacques Salomé...et j'ai essayé de les appliquer dans la pratique de ma classe avec les élèves avec les parents. Bien sûr je ne pouvais pas m'en prévaloir puisque je pratiquais en toute autonomie ( en toute naïveté ou en toute anarchie) une méthode qui s'enseigne.
Notre projet d 'école nous incitait à travailler dans le sens de la parole citoyenne et toutes les actions menées dans la classe ont pris de l' ampleur grâce à cette approche.
Le temps de parole est vraiment devenu un temps où les situations du Vivre ensemble étaient examinées, où chacun a appris à s'exprimer et à écouter et à tenir compte de ce qui était noté dans le cahier de la parole.

Je me suis intéressée aussi à la démarche de Marshall B. Rosenberg...j'avais noté des trucs mais je ne les retrouve pas dans mes documents...ça va être galère si je dois vous recopier tout ça !

Non on ne perd pas toute spontanéité en appliquant cette communication...elle est naturelle.
En découvrant cette communication, j'ai découvert qu'elle correspondait à ma manière d'être, elle m'a rassurée et m'a permis de continuer dans cette voie sans douter.
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Alizé

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MessageSujet: Re: La communication non violente (CNV)   Mer 9 Sep 2009 - 20:13

Ce que j'apprécie dans la CNV c'est cet équilibre qui s'installe quand chacun joue le jeu ou prend le risque de cesser de s'adresser à l'autre avec l'intention de faire valoir sa propre parole, ses seules attentes, sa seule présence ...j'ai envie de dire massive. Evidemment ce n'est pas sécurisant, il faut tenir compte de l'autre, c'est plus compliqué, on a même l'impression d'une anomalie, d'un effritement puisqu'il faut bien lâcher des petits bouts de notre sentiment de toute puissance naturelle.
Je disais équilibre entre :
- expression de ce qu'on ressent (sans formuler de critiques à l'égard de l'autre) et l'écoute de l'autre (qui lui non plus ne laisse pas entendre de reproches)
- mes attentes et tes demandes / tes attentes et mes demandes
"Serais-tu d'accord pour.../ Voudrais-tu, aimerais-tu que...

Un poème de Marianne Williamson

Notre pire crainte n'est pas de ne pas être à la hauteur. Notre pire crainte est d'être démesurément puissant.

Ce ne sont pas nos zones d'ombre qui nous font le plus peur, mais plutôt notre lumière. Nous sommes des enfants de la Vie. Quand nous faisons semblant d'être insignifiants, cela n'apporte rien au monde.

Il n'y a rien de sage à nous diminuer pour que les autres ne se sentent pas déstabilisés à notre contact.

Nous sommes nés pour laisser la Vie se déployer en nous dans toute sa splendeur. Elle n'est pas seulement en quelques-uns, elle est en chacun de nous.

Et lorsque nous laissons rayonner notre propre lumière, nous donnons inconsciemment aux autres la permission d'en faire autant.

Lorsque nous sommes libérés de notre peur, notre présence automatiquement libère les autres.

( ceci est un poème, ces pensées ne nous sont pas étrangères...j'aime les relire ; elles correspondent bien à la CNV)
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alejandro
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MessageSujet: Re: La communication non violente (CNV)   Mer 9 Sep 2009 - 21:14

La première question que je me suis posée en lisant le fil d’ouverture est où commence la violence ? Jouer, par exemple au ballon, c’est vouloir gagner, essayer d’éviter de perdre, l’emporter sur l’autre, et il n’est pas difficile de soutenir que c’est déjà une forme de violence. Le coït, combien de féministes radicales ne l’ont-elles pas affirmé ? c’est aussi de la violence, etc. S’agit-il vraiment d’éliminer toute forme de tension ?

Il est ensuite question, dans la méthode, d’être parfaitement objectif. Pour des raisons que j’ai déjà donné ailleurs, à mon humble avis, le sujet qu’est l’être humain ne peut pas être objectif, il a nécessairement une grille de lecture. Pour être objectif, il faut être une machine, un instrument de mesure.

Le tout donne l’impression d’être une technique à s’isoler dans une bulle et de couper tout contact avec ses semblables. Par exemple : « Car pour rester dans un processus non-violent et centré sur soi, Rosenberg insiste sur le fait que le sentiment ne peut pas impliquer quelqu'un d'autre. » D’abord, je n’en vois pas l’intérêt, ça doit être une expérience pénible. Ensuite, les autres, nous en avons besoin, nous ne pouvons pas évoluer indépendamment de nos semblables.
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Vilain
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MessageSujet: Re: La communication non violente (CNV)   Mer 9 Sep 2009 - 21:20

Bref..;Aboutir au "politiquement correct"..;à savoir "T'as pas raison, mais j'ai pas tort" ou "j'ai pas raison, mais t'as pas tort"..;;Il n'empêche qu'il il y a une "réalité" et que cette "réalité" relève d'un simple rapport de force....à savoir le résultat suivant : " T'as pas tort, mais tu vas faire ce que je veux parce que j'ai tous les moyens de t'y obliger!".... AngeR
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Romane
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MessageSujet: Re: La communication non violente (CNV)   Mer 9 Sep 2009 - 22:57

Je t'ai lue avec attention, Sophie. Les com' qui ont suivi aussi.

Déjà j'ai envie de dire que pratiquer un exercice n'est pas abandonner sa spontanéité, mais... pratiquer un exercice. (Si on devait contester tous les moments où la spontanéité n'a pas sa place, on serait étonné, et on n'en meurt pas, tant que ce n'est pas définitif)

Donc je prends ton développement pour un exercice, avec l'apport d'un plus, une fois l'exercice intégré.

Vilain et filo (pardon si j'en oublie), apportent la notion de la violence, moi je dirais "confrontation". Evidemment, si tout le monde se contente de "ô c'est bô" et de "avoui j'suis d'accord avec toi", sûr qu'on irait pas bien loin. Déjà nous n'aurions plus rien à nous dire, ni même à nous montrer puisque de toute manière, tout serait implicitement toujours beau et gentil. Rose quoi.
Donc la confrontation semble incontournable pour qu'on se bouge en soi et parmi le monde.

Cependant, en lisant bien le développement que tu fais, Sophie, je me disais qu'en apporter les bénéfices ne serait pas idiot. Pourrait alors naître : la confrontation non violente. C'est-à-dire une suite d'arguments qui, au lieu de faire bondir gnagna, seraient pris dans leur sens positifs : réfléchir, bouger, évoluer.

Ceci dit, des phrases comme : "Lorsque tu commences à parler alors que je n'ai pas terminé, je me sens en colère parce que j'ai besoin d'écoute. Pourrais-tu attendre que j'aie terminé de parler avant de parler toi-même ? ", tu peux les répéter mille sept cent fois ; si ton interlocuteur a décidé de ne pas l'entendre, et bien qu'il ne soit pas sourd, c'est comme si tu pissais dans un violon. Ce qui me fait dire : faut être deux au moins, pour que ça fonctionne...

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Bonjour, je suis Romane, alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane."
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
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Ysandre
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MessageSujet: la communication non violente   Mer 9 Sep 2009 - 23:07

Il faut lever le doigt poliment et attendre, mais parfois quand on a affaire a quelqu'un qui adore parler et s'écoute parler, on a le doigt engourdi !
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alejandro
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MessageSujet: Re: La communication non violente (CNV)   Mer 9 Sep 2009 - 23:46

sophiesuite sur le fil ‘L'appréhension du monde’ a écrit:

A savoir discuter pour le plaisir de discuter et d'avancer dans sa propre réflexion ; ou bien discuter pour convaincre et rallier quelqu'un à sa cause.
Personnellement, je préfère discuter dans le sens réfléchir avec, plutôt que débattre, qui est un mot et un concept que je n'aime pas du tout, et qui malheureusement est le plus proche de la réalité sur les sujets politiques.

Tu n’aimes pas chercher à convaincre, à railler quelqu’un à ta cause ...
Enfin, je dis ça mais je dis rien, hein ?
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MessageSujet: Re: La communication non violente (CNV)   Jeu 10 Sep 2009 - 0:06

Romane a écrit:


Cependant, en lisant bien le développement que tu fais, Sophie, je me disais qu'en apporter les bénéfices ne serait pas idiot. Pourrait alors naître : la confrontation non violente. C'est-à-dire une suite d'arguments qui, au lieu de faire bondir gnagna, seraient pris dans leur sens positifs : réfléchir, bouger, évoluer.



Oui...dans un monde idéal...où tout le monde chercherait à avancer ensemble pour un monde meilleur....
Hélas, le monde c'est pas ça...le monde c'est une catégorie de gens qui se regroupent pour défendre leurs intérrêts contre d'autres qui se regroupent pour défendre les leurs.....
Dans tout ça, le plus à plaindre est celui ( ou celle) qui n'a pas compris que seul(e) on ne fait pas le poids...
D'où l'intérrêt de ceux qui ont le pouvoir de diviser pour régner...
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Alizé

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MessageSujet: Re: La communication non violente (CNV)   Jeu 10 Sep 2009 - 0:15

Je trouve très intéressantes toutes les remarques de chacun de vous.

Je ne pense pas que cette méthode supprime toute spontanéité au contraire mais je ne suis pas bon juge puisque j'ai toujours fait ma petite cuisine...je serais incapable de faire parti d'un groupe et d'agir d'une façon qui corresponde à une méthode, de soumettre mes attitudes au jugement d'autres personnes, de m'entendre dire que ce qui était substantielle moëlle pour moi doit être appliqué avec rigueur et méthode.
Là, c'est moi qui émet une réserve. La lecture du livre de Marshall B.Rosenberg est passionnante, suivre son raisonnement, sa pensée une évidence...mais j'imagine que s'intégrer à un groupe qui tente d'appliquer cette méthode doit être rudement frustrant ; une manière de se couper les ailes pour se conformer à un groupe ; encore un moule !

Ysandre, je souffle sur ton doigt. Le but de la communication non violente n'est pas de permettre à quelques uns de monopoliser la parole, et d'être compris des autres...ce serait trop nul !
Il faut savoir pratiquer l'écoute avec empathie aussi.

Je vais mettre ici un texte de Marshall B. Rosenberg -observer sans évaluer-

Je peux admettre que tu me dises
Ce que j'ai fait ou n'ai pas fait.
Et je peux admettre tes interprétations,
Mais je t'en prie, ne mélange pas les deux.
Si tu veux semer la confusion
Voici un bon moyen
Mélange ce que j'ai fait
Avec tes propres réactions
Dis-moi que tu es déçue
En voyant mes diverses tâches inachevées
Mais ce n'est pas en me traitant d'irresponsable
Que tu parviendras à me motiver.
Dis-moi que tu te sens blessée
Lorsque je dis non à tes avances,
Mais ce n'est pas en me traitant d'homme froid et insensible
Que tu m'attireras à toi.
Oui, je peux admettre que tu me dises
Ce que j'ai fait ou n'ai pas fait
Et je peux admettre tes interprétations
Mais je t'en prie, ne mélange pas les deux.


et encore...Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs) de Ruth Bebermeyer

Je me sens si condamnée par tes mots
Je me sens tellement jugée et repoussée,
Avant de partir, j'aimerais savoir,
Est-ce cela que tu as voulu dire ?
Avant que je ne me lève pour ma défense,
Avant que je ne parle poussée par ma souffrance
Ou par ma peur
Avant que je ne construise un mur de mots,
Dis-moi, ai-je bien entendu ?
Les mots sont des fenêtres, ou bien ce sont des murs.
Ils nous condamnent ou nous libèrent;
Lorsque je parle et lorsque j'écoute
Puisse la lumière de l'amour rayonner à travers moi.
Il y a des choses que j'ai besoin de dire,
Des choses qui signifient tant pour moi,
Si ces mots ne rendent pas mon message limpide,
M'aideras-tu à me sentir libre ?
Si j'ai paru te rabaisser,
Si tu m'as cru indifférente,
Essaie d'écouter par delà mes mots
Les sentiments que nous partageons.


[Sophie, je vais être silencieuse demain sur ce fil ]


Dernière édition par Alizé le Jeu 10 Sep 2009 - 1:38, édité 1 fois
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Alizé

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MessageSujet: Re: La communication non violente (CNV)   Jeu 10 Sep 2009 - 0:23

Vilain a écrit:

Hélas, le monde c'est pas ça...le monde c'est une catégorie de gens qui se regroupent pour défendre leurs intérrêts contre d'autres qui se regroupent pour défendre les leurs.....
Dans tout ça, le plus à plaindre est celui ( ou celle) qui n'a pas compris que seul(e) on ne fait pas le poids...
...

Tant pis, il faut assumer ses choix réfléchis !

chinois
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Vilain
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MessageSujet: Re: La communication non violente (CNV)   Jeu 10 Sep 2009 - 0:59

Alizé a écrit:
Vilain a écrit:

Hélas, le monde c'est pas ça...le monde c'est une catégorie de gens qui se regroupent pour défendre leurs intérrêts contre d'autres qui se regroupent pour défendre les leurs.....
Dans tout ça, le plus à plaindre est celui ( ou celle) qui n'a pas compris que seul(e) on ne fait pas le poids...
...

Tant pis, il faut assumer ses choix réfléchis !

chinois

je comprends pas ce que tu veux dire...;si c'est que je réfléchisse à assumer un choix...c'est fait depuis bien longtemps....ça fait un bail que j'ai choisis mon camp.... Ange
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Alizé

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MessageSujet: Re: La communication non violente (CNV)   Jeu 10 Sep 2009 - 1:37

Vilain, je pensais à moi après t'avoir lu...( je ne sais pas si nous sommes sur la même longueur d'onde, et je ne te connais pas assez pour me permettre de te donner des conseils)
Je voulais juste dire que malgré les problèmes rencontrés j'assume mes choix. Je ne me plie à aucun système, mais je ne suis pas à plaindre.
En société je tiens mon rôle, je suis discrète mais peu influençable.
(enfin... je tiens mon rôle sans renier mes convictions)
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Romane
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MessageSujet: Re: La communication non violente (CNV)   Jeu 10 Sep 2009 - 2:20

Vilain a écrit:
Romane a écrit:


Cependant, en lisant bien le développement que tu fais, Sophie, je me disais qu'en apporter les bénéfices ne serait pas idiot. Pourrait alors naître : la confrontation non violente. C'est-à-dire une suite d'arguments qui, au lieu de faire bondir gnagna, seraient pris dans leur sens positifs : réfléchir, bouger, évoluer.



Oui...dans un monde idéal...où tout le monde chercherait à avancer ensemble pour un monde meilleur....
Hélas, le monde c'est pas ça...le monde c'est une catégorie de gens qui se regroupent pour défendre leurs intérrêts contre d'autres qui se regroupent pour défendre les leurs.....
Dans tout ça, le plus à plaindre est celui ( ou celle) qui n'a pas compris que seul(e) on ne fait pas le poids...
D'où l'intérrêt de ceux qui ont le pouvoir de diviser pour régner...

Comme ça en vrac :

Je suis bien d'accord, mon brave monsieur ! Le monde idéal n'est pas pour demain, l'espèce humaine est bien trop viciée pour cela. Toutefois, dans la foule il est possible de repérer une poignée d'êtres capables de noblesse et d'authenticité, ce qui aide à supporter.

Je reprends le Net pour exemple, puisque nous l'avons sous les yeux.
Nous disposons d'un écran et d'un clavier, et normalement si nous ne sommes pas trop idiots, nous savons que demain, au réveil, les mots ne se seront pas envolés pendant la nuit. Moyennant quoi, les esprits s'échauffent au quart de tour sur le Net et on assiste à des crêpages de chignons pas tristes.

Que personne ne me dise qu'il n'est pas possible de poser une phrase du style de la communication sans violence, je n'y crois pas. Or, les foires d'empoigne pullulent, les petits règlements de compte naissent, et de dialogue vrai je vous assure qu'il faut chercher. Ainsi donc on dirait que la communication passe obligatoirement par la nécessité de s'engueuler (et encore je ne me plains pas, car sur LU on arrive à tenir des sujets hards grâce à la majorité des membres remarquablement ouverts au dialogue. Le pourcentage de dérapages est relativement bas).

En somme, serions nous faits de la nécessité de nous confronter, parfois violemment, pour exister ?

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: La communication non violente (CNV)   Jeu 10 Sep 2009 - 5:59

Romane a écrit:
En somme, serions nous faits de la nécessité de nous confronter, parfois violemment, pour exister ?
Nécessité, je n'irai pas jusque là, mais le fait est que beaucoup de choses ont avancé dans l'histoire ainsi.
Même Gandhi, qui fut le chantre de la résistance non-violente, se servit des mots et des actes pour dénoncer, et affronter la loi des colons.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: La communication non violente (CNV)   Jeu 10 Sep 2009 - 8:55

Romane a écrit:
Déjà j'ai envie de dire que pratiquer un exercice n'est pas abandonner sa spontanéité, mais... pratiquer un exercice. (Si on devait contester tous les moments où la spontanéité n'a pas sa place, on serait étonné, et on n'en meurt pas, tant que ce n'est pas définitif)

Merci Romane !! Very Happy
Je commençais à désespérer que cet aspect-là de ma présentation soit entendu...

J'ajoute que, pour le cas où vraiment on a peur de passer pour un perroquet en société, c'est un exercice qu'on peut faire intérieurement. Pour ma part c'est ce que je fais la plupart du temps quand j'utilise la CNV. Je n'exprime verbalement à l'autre que quand j'ai une demande à lui faire. Mais sinon, je fais le processus intérieur, qui en général suffit à me faire comprendre pourquoi je réagis comme ça et à m'apaiser.

Je n'y ai eu recours qu'une fois de manière répétée et exprimée vraiment dans un dialogue suivi avec quelqu'un, c'était l'an dernier, j'ai eu une période difficile dans mon couple, j'étais dans un état émotionnel difficile à gérer. Je n'avais aucune envie de passer mon temps à m'engueuler avec mon ami, même si je considérais qu'il avait sa part dans les difficultés qu'on avait, je n'avais pas du tout envie qu'on règle ça à la foire d'empoignes.
Donc comme je n'avais pas la force nécessaire habituelle pour gérer le débordement d'émotions, j'ai utilisé la CNV, tout le processus. Franchement à ce moment-là je me suis pas posée de questions existentielles du genre : est-ce que j'étais spontanée, est-ce que la violence faisait partie de la vie gnagnagna...
Mon objectif du moment c'était de régler un problème de communication dans mon couple avec le plus d'amour et de calme possible, parce que comme je l'ai dit : respect de l'autre et respect de soi-même.
Et qui plus est, à une époque de ma vie, je me suis faite engueuler et je me suis engueulée avec des gens suffisamment pour toute une vie, j'ai ma dose. Donc maintenant je veux d'autres manières de faire.

Après, on pourra me dire que je rêve d'un monde bisounours où tout le monde se fait chier, peu importe. Je ne peux que m'associer à tout ce qu'a écrit Alizé pour répondre à ça.
La force de vie est un truc hallucinamment puissant et créateur. Qui n'a rien à voir avec toutes les bêtises, engueulades ou autres, qui nous donnent, trois secondes, l'illusion d'être puissant et d'avoir raison.

Citation :
Ceci dit, des phrases comme : "Lorsque tu commences à parler alors que je n'ai pas terminé, je me sens en colère parce que j'ai besoin d'écoute. Pourrais-tu attendre que j'aie terminé de parler avant de parler toi-même ? ", tu peux les répéter mille sept cent fois ; si ton interlocuteur a décidé de ne pas l'entendre, et bien qu'il ne soit pas sourd, c'est comme si tu pissais dans un violon. Ce qui me fait dire : faut être deux au moins, pour que ça fonctionne...

Ce que tu dis est à la fois vrai et faux. Je veux dire par là que en effet SI la personne a décidé de ne pas t'entendre, alors elle ne t'entendras pas. Mais la plupart du temps, on fait la supposition que la personne ne veut pas entendre (parce qu'on la connait, parce que gnagnagna... il y a toujours un tas de raisons à cette supposition, il n'en reste pas moins que ce n'est qu'une supposition tant qu'on n'a pas vérifié) et on décide donc de ne rien dire. De ravaler ce qui nous déplait, et d'entretenir plutôt une sorte de re-sentiment, même léger peut-être mais tenace, vis à vis de cette personne.
Il faudrait au moins, il me semble, prendre la peine de vérifier, en demandant au moins une fois à la personne de ne pas couper la parole.
Le simple fait de le dire peut en faire prendre conscience à quelqu'un, il y a des gens qui parlent sans écouter les autres, mais ils ne s'en rendent pas compte et ils n'ont pas un "mauvais fond". Le simple fait d'attirer leur attention là-dessus, mais sans les engueuler, peut faire bouger quelque chose. Et à soi-même ça fait du bien, parce qu'au moins ça évite de ravaler son truc et de le remâcher comme un vieux chewing gum tout décati.

Citation :
Le tout donne l’impression d’être une technique à s’isoler dans une bulle et de couper tout contact avec ses semblables. Par exemple : « Car pour rester dans un processus non-violent et centré sur soi, Rosenberg insiste sur le fait que le sentiment ne peut pas impliquer quelqu'un d'autre. » D’abord, je n’en vois pas l’intérêt, ça doit être une expérience pénible. Ensuite, les autres, nous en avons besoin, nous ne pouvons pas évoluer indépendamment de nos semblables.

Ma phrase a été mal comprise. Soit je me suis mal exprimée, soit tu n'a pas bien lu les commentaires que j'avais fait autour. Peu importe.
Ce que ça veut dire c'est simplement reprendre la responsabilité de ce que l'on ressent. La CNV par définition ne renie pas le contact avec les autres, bien au contraire, puisqu'il s'agit de communiquer avec eux. Et ceci en relation avec une situation, une interaction notamment, qui nous est difficile pour une raison x ou y.
Donc il s'agit bien de prendre en compte l'action de l'autre, et ce que ça nous fait à l'intérieur, notre ré-action.

Simplement le fait d'exprimer un sentiment de façon centrée sur soi pousse à cesser de se considérer en permanence comme ballotté par les autres. Par exemple quelqu'un qui passe son temps à se dire blessé, vexé, frustré, abandonné, ou je ne sais quoi d'autre qui implique que tout ce qui lui arrive est le résultat d'une action extérieure, cette personne se dilapide littéralement et abandonne littéralement le pouvoir sur sa vie à tous les gens qui l'entourent.
C'est une question de choix. Personnellement, je préfère récupérer la responsabilité de ma vie, pour pouvoir la mener le plus possible comme je l'entends.
Il ne s'agit pas de cesser d'interagir avec les autres, il s'agit simplement d'interagir avec eux de façon adulte.
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Romane
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MessageSujet: Re: La communication non violente (CNV)   Jeu 10 Sep 2009 - 10:05

sophiesuite a écrit:
Merci Romane !!
Je commençais à désespérer que cet aspect-là de ma présentation soit entendu....
De rien. Moi c'est comme ça qu'il m'a sauté aux yeux.

Citation :
J'ajoute que, pour le cas où vraiment on a peur de passer pour un perroquet en société, c'est un exercice qu'on peut faire intérieurement

Intérieurement c'est déjà beaucoup, parce que ça permet de se mettre au carré avec soi-même ; or cela implique la lucidité d'un regard de soi à soi, et comme ce qu'on y voit n'est pas forcément glorieux vu qu'il est facile de tomber dans le piège de l'auto-satisfaction pendant que le monde entier a tort, l'exercice s'il est abordé est déjà un premier pas vers un brin d'humilité, de remise en question, et donc d'une ouverture au monde.

Ceci dit, verbalement c'est encore mieux.
Ça a le mérite de dresser un état que l'autre ne peut plus ignorer, sauf s'il feint la surdité. Un excellent moyen de clarifier l'état d'une relation et son avenir. Car si l'autre accepte cela ouvre tous les horizons. S'il refuse, on peut supposer que si les mots clairement dits ne servent à rien, on peut se faire du souci pour les lendemains éventuels porteurs de plus lourdes charges lourdes à assumer.

Donc je dirais que intérieur ou verbalisé, l'exercice est porteur de plein d'indices.

Citation :
Mon objectif du moment c'était de régler un problème de communication dans mon couple avec le plus d'amour et de calme possible, parce que comme je l'ai dit : respect de l'autre et respect de soi-même.

Oui. Ce type de communication tend exactement vers cela, qu'il s'agisse d'un couple, d'une relation parentale, d'une amitié, etc.

Citation :
La force de vie est un truc hallucinamment puissant et créateur. Qui n'a rien à voir avec toutes les bêtises, engueulades ou autres, qui nous donnent, trois secondes, l'illusion d'être puissant et d'avoir raison.

Alors là, tu prêches une convaincue...

Citation :
Ce que tu dis est à la fois vrai et faux. Je veux dire par là que en effet SI la personne a décidé de ne pas t'entendre, alors elle ne t'entendras pas. Mais la plupart du temps, on fait la supposition que la personne ne veut pas entendre (parce qu'on la connait, parce que gnagnagna... il y a toujours un tas de raisons à cette supposition, il n'en reste pas moins que ce n'est qu'une supposition tant qu'on n'a pas vérifié) et on décide donc de ne rien dire. De ravaler ce qui nous déplait, et d'entretenir plutôt une sorte de re-sentiment, même léger peut-être mais tenace, vis à vis de cette personne.
Il faudrait au moins, il me semble, prendre la peine de vérifier, en demandant au moins une fois à la personne de ne pas couper la parole.
Le simple fait de le dire peut en faire prendre conscience à quelqu'un, il y a des gens qui parlent sans écouter les autres, mais ils ne s'en rendent pas compte et ils n'ont pas un "mauvais fond". Le simple fait d'attirer leur attention là-dessus, mais sans les engueuler, peut faire bouger quelque chose. Et à soi-même ça fait du bien, parce qu'au moins ça évite de ravaler son truc et de le remâcher comme un vieux chewing gum tout décati.
Ici aussi tu prêches une convaincue. Pour tout dire, je pratique la chose depuis pas mal de temps, sans savoir qu'il existait des recherches sur le sujet. Je peux donc te dire qu'il est très facile de savoir rapidement qui entend et qui fait le sourd.
Pour celui qui entend, l'effet est fantastique, il ouvre quasiment sur le champ tous les possibles de la communication fructueuse.

Pour qui ne veut rien entendre, je considère alors que c'est son choix et que son choix n'a pas à entraver ou abîmer mon propre chemin de vie. J'ai donc un truc infaillible découvert il y a quelques mois et qui fait rudement du bien, un allègement fantastique du poids dont l'autre te chargeait ; "je revoie le paquet". En clair, je fais comme dans le système postal quand il y a erreur de destinataire ; retour à l'expéditeur, lequel doit alors se débrouiller pour distribuer correctement ce qu'il t'avait envoyé par erreur.
L'interlocuteur, son paquet en main, prend alors conscience de ce que sa surdité précédente crée une impasse. Il a alors le choix : soit il persiste, soit il réfléchit objectivement.

S'il persiste, il n'y a pas de troisième essai parce qu'il s'agit d'un problème entre lui et lui que personne ne peut résoudre à sa place.


Citation :
Simplement le fait d'exprimer un sentiment de façon centrée sur soi pousse à cesser de se considérer en permanence comme ballotté par les autres. Par exemple quelqu'un qui passe son temps à se dire blessé, vexé, frustré, abandonné, ou je ne sais quoi d'autre qui implique que tout ce qui lui arrive est le résultat d'une action extérieure, cette personne se dilapide littéralement et abandonne littéralement le pouvoir sur sa vie à tous les gens qui l'entourent.
C'est une question de choix. Personnellement, je préfère récupérer la responsabilité de ma vie, pour pouvoir la mener le plus possible comme je l'entends.
Il ne s'agit pas de cesser d'interagir avec les autres, il s'agit simplement d'interagir avec eux de façon adulte
Je ne sais pas à qui tu répondais, mais je le prends au vol ; je suis absolument d'accord avec ça !

(D'ailleurs je crois que c'est aussi évoqué dans un fil parallèle au sujet des personnes qui persistent dans un état de victime, se livrant ainsi en toute dépendance aux autres et forcément s'attribuant la position de rejeter sur autrui tous les malheurs dont ils disent souffrir. Une sorte de démission de prise en charge de leur vie, et de transfert de leurs responsabilités sur autrui.)

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: La communication non violente (CNV)   Jeu 10 Sep 2009 - 10:29

Ouftiiiiii ! Il ne faut pas s'absenter une journée chez les LUS ! Vous avez vu tout ce que j'ai à lire maintenant ! LOL

Je vais revenir lire, mais j'ai déjà lu quelque réponses toutes aussi intéressantes les unes que les autres.

Un peu plus haut, Alizé dit une phrase comme :"je pense pas que cela n'empêche pas la spontanéité."
Pour ma part, je vois deux parallèles :
Premièrement, je ne suis pas vraiment d'accord avec cela. Dès que l'on s'arrête pour réfléchir à ce que l'on va dire afin déviter un jugement, cela retire complètement la spontanéité.
Maintenant, si l'on devient spontanné en pratiquant la méthode que Sophie nous a écrit, cela veut dire qu'on est super entrainé, disons que l'on s'est très entrainé et que c'est devenu un automatisme en soi, peut-être que c'est là que l'on peut y voir la méthode robot. Pour arriver à cet extrême, car je pense que c'est ainsi que l'on peut traduire ce travail, cela demande un énorme travail en soi, une fois qu'on y arrive c'est que l'entrainement de cette forme de communication est acquise. Donc on pourrait parler d'une certaine spontanéité.

Ne serait-ce pas alors du conditionnement ?
Est-ce que par cette méthode nous finirions par atteindre le but de la perfection ?
Je me dis que cela ne serait plus vraiment naturel ?

J'oubliais, je vais pousser plus loin :

Ne serait-ce pas se faire violence ?

Qu'en pensez-vous ?
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