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 la voie de moindre contrainte

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Farouche

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MessageSujet: la voie de moindre contrainte   Lun 14 Sep 2009 - 21:35

Dans la série des fils conducteurs repérés ces derniers-jours dans les sujets que je suis attentivement, voici d’autres questions.

Tandis que certains s’acharnent à rechercher la voie de moindre violence (Sophie dans son fil sur la CNV ou Bernard Werber avec son arbre des possibles) d’autres semblent préférer la voie de moindre contrainte.
Échapper à toute contrainte, voilà qui donne envie…. Mais…

Ce mot de contrainte relie entre elles différentes notions. J’aimerais en choisir certaines, non exhaustives, qui m’ont particulièrement tilté.

-la spontanéité : elle mourrait sous la contrainte, paraît-il. S’obliger à suivre une méthode (je pense au fil de Sophie), ce serait nier la spontanéité du dialogue, par exemple. Écrire en vers, dans une métrique irréprochable, idem. Tout contrainte briderait la créativité et la spontanéité serait le nec plus ultra de notre aujourd’hui.
Pourtant, quand je lis un poème classique réussi, c’est justement la liberté qui s’en dégage, ce truc qui dit « j’ai fait des contraintes d’écriture le terreau de ma créativité, aucune n’a pu entraver mon inventivité, elles l’ont au contraire exaltée » qui me fait vibrer, faisant naître l’émotion (entre autres).
Pourtant, parfois, je lis un texte, j’y trouve à redire et je m’entends répondre : « Oui, mais là, tu vois, c’est pas travaillé, je préfère ne pas retravailler mes textes, c’est plus spontané. » Certes. Et moi de me retenir de répondre : « Ben, ça se voit, mon petit père, ça se voit. Et c’est pas forcément une réussite. » C’est spontané. Oui, mais c’est médiocre. Oui, mais c’est spontané. Que répondre à ça ?
(Si vous le voulez bien, mettons tout de suite les génies, les talents grandioses et les coups de bol hors sujet.)

-l’effort : il tient souvent la main de la contrainte. Il est cet ami qui nous fait la guerre. Pardonne-moi, filo, c’est grâce à toi que je vais mener mon argumentaire. Dans un autre fil, filo nous dit qu’il n’a jamais fait de gammes (aucun doute, c’est très contraignant les gammes et en plus que c’est même pas vrai puisque filo travaille des gammes indiennes, mais c’est pour l’exemple) et que ça ne l’a pas empêché de devenir musicien. J’en conviens. Et moi je titille : sans doute. Mais si tu avais fait et faisais chaque jour des gammes, tu serais meilleur virtuose, par-là même, tu pourrais être meilleur compositeur, car jamais arrêté dans ta créativité par une impossibilité technique à jouer le morceau que ton esprit invente. C’est que filo nous cumule les deux : le désir de spontanéité et celui de ne pas subir de contraintes.

-la discipline : encore un gros mot de nos jours. Celle qui fait que le sportif de haut niveau est là où il est, vous savez. Elle fourmille de contraintes et d’efforts celle-là. Elle englobe des mots comme « s’astreindre à », « se forcer à», « s’obliger à», « renoncer à» etc… que des horreurs. N’empêche. Elle nous amène à nous rapprocher du but qu’on s’est fixé, quel qu’il soit. C’est beau le théâtre. Encore faut-il que les comédiens aient fait l’effort immense d’apprendre leur texte, de le répéter inlassablement jusqu’à ce qu’il soit maîtrisé. Quelle discipline il faut ! Ah oui ! Mais aujourd’hui, il y a l’impro, heureusement ! Qui laisse s’exprimer la spontanéité, vous voyez… (oui, je sais, y’a des contraintes, des consignes à suivre quand on fait de l’impro, mais ne me faites pas croire que vous ne m’avez pas comprise)

Quand ça vient des autres envers nous, on supporte assez mal :
« Je te dis pas comment il me les a réparées à l’arrache, mes godasses, le cordonnier ! Et avec trois jours de retard encore ! »
Ce brave cordonnier me semble pourtant dans la droite ligne du raisonnement : n’écoutant que sa spontanéité qui l‘emmenait ailleurs, il a différé la réparation dégueulasse des chaussures parce que tout ça, c’est bien des contraintes.

Alors dites-moi…
-On ne serait pas en pleine culture de la facilité, là ?
-Le comportement humain ne serait-il pas encore pétri d’orgueil en estimant qu‘il est spontanément porté au meilleur ?
-les artistes seraient-ils tous des génies qu’il puissent se passer des contraintes pour progresser ?
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Romane
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MessageSujet: Re: la voie de moindre contrainte   Lun 14 Sep 2009 - 22:10

J'adhère à mille pour cent à ton argumentaire, Farouche. Je pense que comme pour bien des mots, comme liberté, bonheur, respect, spontanéité, amour et bien d'autres, tiens, comme guide/domination pendant qu'on y est, l'étiquette d'une définition se pose comme par enchantement et surtout elle ne tolère aucune nuance, considérant le mot tout seul, hors contexte.

Or c'est bien le contexte qui fait le mot, et non le mot qui plante le décor.

Aussi, pour la voie de moindre contrainte dont il est question ici, je suis complètement d'accord, nous vivons dans une société de facilités, de laxisme, le tout envers soi-même, évidemment.

Ce qui donne notamment une littérature en chute libre sur le plan de la qualité, mais aussi l'absorption d'émissions télévisées stupides, de blablas inconsistants, tout un enchaînement de médiocrités. Quand on sait les merveilles que firent les hommes jadis sur le plan architectural, pictural, littéraire, et j'en passe et des meilleures, y compris une certaine tenue orthographique pour ne citer que celle là, alors que les supports ne couraient pas les rues, ni les moyens technologiques, ça me laisse dubitative, pas vous ?

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: la voie de moindre contrainte   Lun 14 Sep 2009 - 22:43

Eh bien tu soulèves un sujet très intéressant.

Je pense que comme tout un chacun qui souhaiterait réussir doit travailler, travailler, travailler jusqu'à ce que le résultat que l'on désire soit escompté. Un travail personnel nécessite une part de volonté personnelle. Avec le temps, peut-être finit-on par maîtriser et cela devient de la spontanéité.
Je ne pense pas qu'il faille mettre les génies, les talentueux sur le coup de bol du hors sujet, bien au contraire. Ils méritent toute notre attention et d'être reconnus. Cependant, je mets un bémol. Car nous avons des talentueux pour qui le travail n'a pas de spontanéité mais demande au contraire de l'acharnement. Ca n'est pas toujours acquis. Donc ça n'est pas toujours gagné. Certaines épreuves sont cotons.
L'on peut rencontrer des gens qui ont du talent mais qui n'excellent pas dans la perfection, il faut aussi savoir les reconnaître et les encourager. Ce qui n'est pas toujours le cas lorsqu'on a affaire à des puristes qui ont toujours à redire en ne faisant paraître que les mauvais points et des artistes reconnus par le monde entier. Parfois, ça prend la tête. Je me dis que personne ne devrait être comparé à un artiste ou une autre de valeur plus sûre.
Par ailleurs, il y a l'art et la manière d'exprimer son sentiment sur l'oeuvre. Néanmoins, faut-il seulement voir un peu plus loin avant de dire : "ben c'est médiocre" parce que ça n'est pas parfait.
Je prends mon exemple. J'essaie d'apprendre à faire des poèmes classiques, loin de moi d'y arriver, et loin de moi d'exprimer un talent quelconque. Je sais que je dois encore beaucoup travailler avant d'y arriver et peut-être que je n'y arriverai jamais. Cependant, je ne pense pas que mes poèmes soient médiocres en tout point. Puis, j'ai aussi envie de faire par plaisir. Si ça n'est plus du plaisir, ça n'est plus de la spontanéité, enfin, pour ma part. Cependant, je pense que le jour où j'y serai arrivée, alors je pourrais être fière à condition que mes poèmes ne soient pas insipides. Parfois du travail trop forcé s'en dégage un résultat sans émotion. Cela peut paraître lourd et terne. Je pense que cela demande bien des choses en sois. Un poème c'est avant tout une émotion.

Cependant, je me souviens d'avoir été notée très sévèrement pour un sonnet. J'avais eu 4. J'avais demandé par mail interposé, pourquoi elle m'avait si durement notée alors qu'elle avait trouvé mes vers très beaux. Et bien en fait, c'était parce que je n'avais pas suivi les règles du sonnet.
J'ai dû chercher ce que c'était réellement un sonnet. Ah oui, je m'étais plantée, bien joliment, nouille que je suis et j'avais présenté mon poème sous cette forme. La personne avait jugé mon écrit pour des règles non respectées et n'avait pas tenu compte de la beauté du texte. Pour le coup, je manque d'humilité. Mais c'est une vérité que je tiens à exprimer.

Maintenant, je vais parlé d'un ami que je connais. Il excelle dans l'art du piano. Ca n'est pas un virtuose. Il ne sera d'ailleurs jamais connu. Il ne sera jamais virtuose. Mais c'est un virtuose dans son coeur et pour quelques proches.
Je trouve qu'il joue du piano à merveille. c'est normal, moi, je n'y connais rien en musique. Mais quand il joue du Chopin (Etudes (12), pour piano op.10) - je suis sous le charme. Cependant, il faut parfois être réaliste, il y a des personnes talentueuses qui ont des dons et tout semble se faire avec spontanéité et d'autres qui n'en n'ont pas et ils s'acharnent jusqu'à en oublier qu'ils ont une vie autour d'eux. Chacun ses failles...

Maintenant, c'est quoi être un génie ?
Faut-il être comme Victor Hugo - Alfred de Musset - Beethoven - Monet - Einstein ?

Ou bien faut-il être soi dans notre temps ?

Tout le monde connait Picasso. Ces tableaux sont reconnus dans le monde entier. C'est un peintre authentique, célèbre, talentueux, comme d'autres.

Pour ma part, je dessine comment un enfant de six ans. Par contre, j'avoue que les tableaux de picasso ne me plaisent pas du tout. Il n'y a rien à comprendre dans l'art. Mais sa peinture n'a aucun sens, en tous cas pour moi. Il ne se dégage aucune émotion quand je les regarde. Je pense que moi même je pourrais refaire certains tableaux, car faire un rond dans un carré, il n'y a franchement pas de quoi baver dessus. Alors, on peut parler de facilité ou non. Je pense que le talent n'est pas universel. Chacun porte un regard, une écoute, différents des autres.


Dernière édition par Rosacée le Lun 14 Sep 2009 - 23:27, édité 1 fois
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Romane
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MessageSujet: Re: la voie de moindre contrainte   Lun 14 Sep 2009 - 22:55

Oui mais Rosacée, je me demande si un seul de ceux qu'on peut appeler Génies (ou tout simplement les vrais talentueux) sont arrivés par un simple claquement de doigt. Je pense qu'ils ont bossé acharnés, par dessus leurs prédispositions, pour les affiner et en faire un bijou.

Le génie spontané, franchement je veux bien, mais je n'y crois pas, ou alors c'est un accident de la nature. Les génies méconnus, ça doit exister dans le domaine artistique, mais on aborde alors le monde âpre du fric et des relations, et ainsi de suite. Mais bon, ça ne court pas les rues non plus, il y en a de très bons, mais de là à dire qu'ils sont des génies, je relativise.

N'empêche, à propos de poésies ; est-ce que vous remarquez sur le Net combien pullulent les ô c'est bô, et les sublime et les merveilleux pour des machins qui somme toutes peuvent être pas mal, pendant que beaucoup sont médiocres et d'autres carrément insipides ? Je me demande ce que diraient les commentateurs devant de vraies oeuvres d'art, ça s'appelle comment un truc qui est plus que beau-sublime-merveilleux ?

Toi, Rosacée, il se trouve que tu bosses pour arriver à pondre du classique. Eh bien quoi, c'est tout à ton honneur, et même si tu ne parviens pas du premier coup à sortir une beauté du feu de dieu, au moins tu fais l'effort. Bon après, les commentaires et les susceptibilités de chacun c'est encore un autre sujet, qui touche ben euh... la susceptibilité mais plus profondément, personne ne peut plaire à tout le monde, même les grands, la preuve avec Picasso. Donc il faut ramener les commentaires à leur juste moyenne. Le sublime et le ô c'est bô ne sont après tout peut-être que la rapide signature de quelqu'un qui a lu et qui n'a lui-même aucune inspiration pour commenter de manière plus constructive. Par contre, quel cadeau qu'on nous fait quand une critique négative est argumentée. Parce qu'elle permet de progresser en nous filant des points de repères (je parle de technique et non du fond).

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MessageSujet: Re: la voie de moindre contrainte   Lun 14 Sep 2009 - 23:06

Ben Mozart révéla des dons prodigieux pour la musique dès l’âge de trois ans - et Beethoven était sourd... Si n'est pas un don, c'est quoi alors ?

Cependant, est-ce que trouver un poème beau doit être tout simplement et métriquement parfait ?

Je veux dire que chacun à le droit de dire que c'est beau ou pas beau, ça c'est sûr. Mais ça n'a pas de sens. On se congratule et j'appelle ça de la fausse modestie. Je ne vois pas ce qu'il y a d'enrichissant à dire : ô c'est beau.
Franchement, il n'y a rien de gratifiant. Mais si ça plait vraiment à quelqu'un, qui pourrait lui faire dire le contraire. Tu sais, Romane, les gouts et les couleurs, ça ne se mélangent pas.

Pour ma part, je préfère soulever des points positifs. C'est mieux que de dire : ô c'est bo ou j'aime - je n'aime pas. Mais je t'avoue que je dis aussi je n'aime pas ou bien j'aime sans faire d'autres remarques, parce que ça ne s'explique pas. Mais sans doute parce que je n'ai pas l'art de la critique littéraire.
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MessageSujet: Re: la voie de moindre contrainte   Lun 14 Sep 2009 - 23:17

J'y vais un peu de ma provoc pour les génies sans faire bouillir la marmite, mais bien sûr que je suis d'accord, il existe quelques exceptions remarquables et ahurissantes. Le côté surprenant en quelque sorte.

En fait, pour la poésie classique, oui, elle doit être parfaite et c'est là que ça se corse. Les règles sont épouvantablement rigides, et parvenir à les appliquer demande un sacré boulot.

Pour le reste, le fond est toujours discutable, selon la sensibilité des uns ou des autres, et ça, ça ne se commande pas.

Enfin tout de même Rosacée, tu n'as pas l'art de la critique, mais ça ne t'empêche pas des faire des commentaires rudement intéressants dans les fils littéraires. Comme quoi...

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MessageSujet: Re: la voie de moindre contrainte   Lun 14 Sep 2009 - 23:21

Romane a écrit:


Enfin tout de même Rosacée, tu n'as pas l'art de la critique, mais ça ne t'empêche pas des faire des commentaires rudement intéressants dans les fils littéraires. Comme quoi...


Rire ! Merci !

Un autre parallèle :

Il y a des tas d'autres poètes connus qui ont fait de très beaux textes, des poèmes sans utiliser le ou du classique. Jacques Prévert, Paul Verlaine, et bien d'autres que je ne cite pas n'ont pas fait que des poèmes sous forme classique et ils sont pourtant réputés comme des talentueux.
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Romane
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MessageSujet: Re: la voie de moindre contrainte   Lun 14 Sep 2009 - 23:30

Nan mais là tu commences à te mélanger les pinceaux entre le talent et les genres. Si tu en vas par là, un architecte non plus ne fait pas de classique.

N'empêche que tous ceux là, qu'auraient-ils produit sans un minimum de contraintes en formations, apprentissages, études, etc. ?
J'dis ça, je suis très tranquille, j'ai pas dépassé le BAC (bon je l'ai eu), et même pas le BAC philo, hein. Je ne considère pas qu'il s'agit d'études. Tout au plus quelques bases. Donc j'suis tranquille, je sais où je me situe, et je sais qu'aujourd'hui, les contraintes, ben elles me manquent vachement.

Alors je m'en donne.

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MessageSujet: Re: la voie de moindre contrainte   Lun 14 Sep 2009 - 23:38

Mais je l'ai dit dans mon premier post, il faut travailler, travailler, travailler et persévérer, rien n'est facile, peu importe dans quoi on se lance. Je sais que plein de choses peuvent aider, comme les études, la lecture, les voyages, se cultiver, l'alentour, l'entourage et que sais-je encore.
Tout le monde à des manques, Romane. On ne peut pas exceller dans tous les domaines. Qu'est-ce que tu crois, ça n'est facile pour personne. C'est vrai que parfois on veut se laisser aller à la facilité. Cela demande de la volonté, du courage... Tu crois que c'est facile pour moi ? J'ai arrêté lorsque j'étais en troisième des collèges.
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Romane
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MessageSujet: Re: la voie de moindre contrainte   Lun 14 Sep 2009 - 23:41

Voilà, nous sommes d'accord et d'ailleurs nous disons la même chose.
Bosse, esclave.

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MessageSujet: Re: la voie de moindre contrainte   Mar 15 Sep 2009 - 1:00

Puisque je suis visé, je réponds, Farouche.
Entre la contrainte & le travail d'une part, et d'autre part la spontanéité (non pas vierge, car c'est en effet impossible, mais le plus possible) & la liberté (idem), j'ai effectivement choisi mon camp.

La plupart de ce que je sais faire, je l'ai appris par moi-même, sans contraintes, sans cours, juste en le faisant.

Mais c'est un choix assumé. Limitatif certainement, et ambitieux car il faut pouvoir compenser, mais un choix personnel, concernant non pas mon travail pour les autres (pour lequel en revanche je peux bosser pendant des jours et des nuits sans pause), mais ce que je fais personnellement.
Si c'est apprécié, j'obtiens éventuellement une forme de reconnaissance (récompense?) qui concerne plus la qualité intrinsèque de ce que j'y ai mis, que le résultat d'un travail ou d'une méthode élaborée par d'autres.

Je ne refuse donc pas la sueur et le travail, je me lance juste le défi permanent d'arriver à faire quelque chose qui dépende le moins possible de l'extérieur. Le moins possible ne signifie pas sans aucune référence ni expérience, mais juste le moins possible. C'est un challenge qui peut s'avérer sans pitié si je suis mauvais.
Ce n'est donc pas tant que ça une voie de la facilité, celle que j'ai choisie. C'est au contraire une voie sans pitié, et en éternelle évolution, mais indépendante.

Je ne connais qu'une seule gamme, à propos, et elle est en effet indienne.

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MessageSujet: Re: la voie de moindre contrainte   Mar 15 Sep 2009 - 1:07

On crée sur le même modèle, filo, c'est-à-dire sans modèle.
Question technique d'écriture, à part mes lectures d'antan, je marche sur un fil. Je me demande ce que ça ferait, si d'aventure une formation plus poussée m'était donnée. Je me le suis toujours demandé.

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MessageSujet: Re: la voie de moindre contrainte   Mar 15 Sep 2009 - 1:09

Je passe vite fait, mais je reviendrai. Juste que je voudrais dire ceci :

@Rosacée : je ne voudrais pas que tu te méprennes. Je n'ai nul mépris pour les gens qui s'efforcent de parvenir à quelque chose (que ce soit en poésie ou en n'importe quoi) et qui éprouvent des difficultés dans leur entreprise. Je dirais même que c'est tout le contraire : j'ai beaucoup d'admiration pour ceux qui font des efforts pour arriver à un résultat malgré le découragement qui peut parfois leur compliquer encore la tâche.
La poésie d'ailleurs, n'était qu'un exemple.
Je pense que c'est le mot "médiocre" qui t'a semblé cruel. Mais sache qu'on peut à la fois trouver un texte médiocre, savoir le dire avec des mots délicats, et prodiguer des encouragements et des critiques constructives à la personne qui l'a écrit pour l'aider à se perfectionner.

@filo : merci d'être passé préciser ta position. C'est justement le but de cette discussion que de pouvoir nuancer selon la sensibilité de chacun.

idem Ro Wink
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MessageSujet: Re: la voie de moindre contrainte   Mar 15 Sep 2009 - 8:04

Farouche a écrit:
Je passe vite fait, mais je reviendrai. Juste que je voudrais dire ceci :

@Rosacée : je ne voudrais pas que tu te méprennes. Je n'ai nul mépris pour les gens qui s'efforcent de parvenir à quelque chose (que ce soit en poésie ou en n'importe quoi) et qui éprouvent des difficultés dans leur entreprise. Je dirais même que c'est tout le contraire : j'ai beaucoup d'admiration pour ceux qui font des efforts pour arriver à un résultat malgré le découragement qui peut parfois leur compliquer encore la tâche.
La poésie d'ailleurs, n'était qu'un exemple.
Je pense que c'est le mot "médiocre" qui t'a semblé cruel. Mais sache qu'on peut à la fois trouver un texte médiocre, savoir le dire avec des mots délicats, et prodiguer des encouragements et des critiques constructives à la personne qui l'a écrit pour l'aider à se perfectionner.

Non, attends, j'ai vraiment trouvé ton sujet intéressant. Je ne me méprends pas. C'est vrai que le mot "médiocre" est fort, mais il existe, donc tu as bien fait d'en parler. Cela a soulevé quelque chose en moi parce que cela m'a rappellé cette note que j'avais eu. Mais ton argumentation est riche de sens. Après, j'ai été interpellée différemment. C'est le but de l'échange que de donner des avis très diversifiés. Mais j'hadhère aux réponses que j'ai lues. Alors, continue à soulever des sujets, j'aime beaucoup te lire, mais j'avoue que ton écriture se fait rare.


Dernière édition par Rosacée le Mar 15 Sep 2009 - 10:33, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: la voie de moindre contrainte   Mar 15 Sep 2009 - 10:10

Il y a la contrainte et il y a la méthode. Sur son fil, Sophie nous parle d’une méthode : la CNV. D’aucuns argumentent alors qu’il n’y a pas besoin de méthode pour communiquer sans violence : il suffit de le vouloir. Mais la volonté qui joue avec notre ambivalence et la méthode qui joue de sa complexité ne sont-elles pas des contraintes croisées et nécessaires. Je veux dire une belle phrase mais je dois la dire en alexandrin. La méthode nous permettrait de la dire de différentes façons et puis, il nous faudrait finalement avoir la volonté d’en choisir la meilleure. Par exemple tenez, pour déclarer votre flamme à une personne de qualité, est-ce bien de dire : Belle Marquise, vos beaux yeux me font mourir d’amour ? Un maître de philosophie vous enseignerait alors qu’on peut déclarer sa flamme de plusieurs manières. Il ouvrirait votre esprit. Cependant, il laisserait à votre volonté le libre arbitre de son ultime choix. Vous devez choisir même si vous êtes plus savant. Monsieur Jourdain dit :
Mais de toutes ces façons-là, laquelle est la meilleure ?
Maître de philosophie
Celle que vous avez dite : Belle Marquise, vos beaux yeux me font mourir d’amour.
Monsieur Jourdain
Cependant je n’ai point étudié, et j’ai fait cela tout du premier coup. Je vous remercie de tout mon cœur, et vous prie de venir demain de bonne heure.
Ainsi, Monsieur Jourdain redemande de la méthode là où il n’en aurait pas besoin sinon pour accroître la liberté de ses choix.

L’intérêt sur Lu est qu’il y a mêlés, beaucoup d’enseignants mais aussi beaucoup d’autodidactes. D’où vient donc le désir de Monsieur Jourdain d’apprendre la philosophie ? De celui de paraître ? En êtes-vous si sûrs ? Monsieur Jourdain cherche des maîtres à son esprit indigent. Car, en tant que bourgeois, s’il est riche de monnaie et peut la dépenser à sa guise, il demeure pauvre de noblesse et partant de choix.

Or, qu’est-ce qui fait la noblesse ? Simplement la naissance, les gènes, le talent inné ? Monsieur Jourdain aidé de Monsieur Molière se voit contraint d’entamer une révolution de pensée.

On voit sur notre forum que personne n’est égal en ce qui concerne la naissance. Il y a ceux qui ont eu droit à de belles études et ceux, les autodidactes qui ont choisi (ou pas choisi) les chemins épineux de l’école buissonnière. Lesquels ont fait le plus d’efforts ? Ce serait difficile à dire car chacune de ses écoles possède ses contraintes particulières. Aller jusqu’en Inde pour apprendre la musique, c’est bien se méfier du Conservatoire, mais ce n’est pas forcément plus facile que d’apprendre le solfège assis sur son tabouret. Tant que l’élève ânonne la leçon du maître il apprend rien sinon ânonner. Aussi, pour ceux qui refusent de porter le bonnet, fût-il d’excellence, demeurent les chemins de traverse.

Je me dis alors qu’en mélangeant le son de l’écurie et les herbes sauvages des grands espaces, il y aurait un brouet commun à cuisiner sur ce forum qui convienne tant bien que mal à l’édification de chacun.

Car, comme nous y invite si gentiment Farouche, de toutes les manières c’est la rentrée, il va donc bien falloir, d’une manière ou d’une autre, songer à retravailler !
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Romane
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MessageSujet: Re: la voie de moindre contrainte   Mar 15 Sep 2009 - 10:34

filo a écrit:
La plupart de ce que je sais faire, je l'ai appris par moi-même, sans contraintes, sans cours, juste en le faisant.

Mais c'est un choix assumé.../...Je ne refuse donc pas la sueur et le travail, je me lance juste le défi permanent d'arriver à faire quelque chose qui dépende le moins possible de l'extérieur. Le moins possible ne signifie pas sans aucune référence ni expérience, mais juste le moins possible. C'est un challenge qui peut s'avérer sans pitié si je suis mauvais.

Filo je reviens sur ça, parce que ça me titille quand même.

Reconnais tout de même que la médiocrité fuse de partout dans tous les domaines, et je voudrais dissocier l'art de tout le reste.

Pour tout ce qui ne touche pas l'art, nous sommes inondés de formations, réunions soi-disant informatives-qualitatives-et-j'en-passe et des meilleures, et plus personne n'embauche n'importe qui (sauf petits boulots, s'entend), comme jadis où les gens pouvaient se former sur le tas (sauf postes particuliers, s'entend). Aussi tout le monde est formé ou possède en poche le diplôme qui, etc. C'est le mécanisme général qui fout le bordel, il n'y a qu'à voir les circuits administratifs et tous les exemples qui montrent "pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué", bref, on est au bord de la paralysie.

Pour tout ce qui touche l'art, je me demande si on peut appeler "oeuvres artistiques" certaines choucroutes qui nous sont balancées avec aplomb et ici sur le Net, ce qui pullule c'est l'écriture notamment, mais je veux y joindre la peinture et la musique, ces trois étant les plus répandues dans ce que les gens balancent en pâture.
Et oui, c'est médiocre, et oui c'est navrant.
Combien de forums littéraires ont fleuri partout ? Sur la quantité, combien de textes de qualité ? Combien d'egos qui se froissent et se défroissent comme des accordéons selon les commentaires qu'ils reçoivent ? Combien admettent leur médiocrité ? Non mais quand même, faut ouvrir les yeux et ne pas se leurrer.

Parmi ceux qui comme toi (ou moi), qui n'ont pas reçu ces formations ni fréquenté telle école d'art, combien ne se piquent pas aux commentaires lorsqu'ils les remettent à leur place en soulignant des failles de techniques, et combien de susceptibilités croisons-nous ?
Le talent ne se trouve pas au fond d'une pochette surprise, et quand bien même on a des idées et des pensées louables, encore faut-il les transmettre dans l'art et non dans le n'importe quoi. On dirait que les écoles, les formations, le moindre effort écorche tout ce petit monde et que l'amour propre s'assoit en haut de la pyramide à côté de l'ego au point que c'en est désolant de voir à quel point la mauvaise foi masque la fainéantise, voilà ce que je me dis.

Bien sûr qu'il y a des exceptions, quelques unes, rares, étonnantes, qui remettent en question la notion du don, des prédispositions, des capacités. Mais rares quoi.

La masse freine des deux pieds, dans un aplomb stupéfiant et décourageant. Si tu fais un tour sur ILV par exemple, tu t'aperçois que les gens passent leur temps à compter combien ils reçoivent de visite, à recompter les notes qu'ils reçoivent, et à pontifier grave en se jetant des horreurs à la tronche. Ben dis donc, si c'est ça leur notion de l'art, moi ça me flanque la chair de poule.

Sur LU, on voit passer de temps en temps des gens qui bossent et suent malgré la culture époustouflante dont ils sont dotés. Evidemment quand ils disent haut et fort ce qu'ils pensent, ça ne plaît pas, hein. Hormis les petites histoires ordinaires d'humeurs sur les forums, je voudrais citer l'exemple de cet ami riche d'une culture époustouflante, qui ne cesse d'explorer tous les genres possibles d'écriture et qui s'est auto-édité plusieurs fois, et dont les bouquins sont de loin les plus aboutis que la plupart des livres d'internautes que j'ai en main y compris le mien. Bien sûr qu'il n'est plus sur LU, vous pensez bien, il insupportait le monde avec ses remarques... dérangeantes... et pourtant ô combien sensées ! Ben oui, il dérangeait, il bousculait, et ça souffrait de l'autre côté des écrans, et même c'était insupportable. Du coup, je vais le lire ailleurs, et si un jour j'avais un manuscrit à faire relire, et croyez-moi je pèse mes mots, c'est à lui que je le confierais, parce qu'il ne me ferait aucun cadeau, pas de complaisance, pas d'amitié dans la lecture parce qu'il faut savoir faire la part des choses et savoir ce qu'on veut.

Le laxisme, le laisser-aller, appelez-ça comme vous voulez, quand on porte ses textes à lire et qu'on se dit volontaire aux efforts, ça ne fait pas bon ménage. Pourtant, les noces sont fréquentes...

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MessageSujet: Re: la voie de moindre contrainte   Mar 15 Sep 2009 - 10:40

Entre temps, Vic a posté, et bellement.

Citation :
Ainsi, Monsieur Jourdain redemande de la méthode là où il n’en aurait pas besoin sinon pour accroître la liberté de ses choix.

J'aime la justesse de cette phrase ! La méthode proposée par Sophie sur l'autre fil, et qui a soulevé des réactions diverses, reflète l'exemple type de l'accroissement de la liberté de ses choix. Elle n'est pas une contrainte réductrice, si vous préférez, mais au contraire épanouissante.

Citation :
Aller jusqu’en Inde pour apprendre la musique,
c’est bien se méfier du Conservatoire, mais ce n’est pas forcément plus
facile que d’apprendre le solfège assis sur son tabouret.

Exact, et pour connaître la musique de filo et son talent, le travail qu'il fournit dans l'exercice des arts qu'il pratique, j'ai envie de dire qu'il s'est donné la liberté de choisir comment approcher l'art au plus juste sans le bafouer. C'est tout à son honneur et personne ne peut dire qu'il pratique la musique ou l'écriture dans la désinvolture.

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MessageSujet: Re: la voie de moindre contrainte   Mar 15 Sep 2009 - 10:52

Citation :
-Le comportement humain ne serait-il pas encore pétri d’orgueil en estimant qu‘il est spontanément porté au meilleur ?

Je voudrais rebondir particulièrement sur cette question...
Ca me semble être le coeur du "problème".

A mon sens, on peut vraiment se planter dans les grandes largeurs, y compris (surtout ?) sur soi-même.
Croire pendant des années que ce qu'on fait est très bien comme ça ; et puis un jour, pour quelle raison je ne sais pas, une poussée dans le dos de la vie, une remarque "malencontreuse" (ou bienheureuse...) de quelqu'un qui s'était toujours tu, par respect, par non ingérence.... ; donc un beau jour se rendre compte qu'on s'est complètement planté.
Que là où croyait faire du bien, on a fait du mal.
Que ce qu'on a fait "spontanément" n'était pas du tout spontané, mais simplement l'action à son insu d'un truc inconscient qui tirait les ficelles (une vieille idée ; une vieille blessure ; un vieux soi-même qui aurait dû mourir mais à qui une main invisible, vraisemblablement, avait filé un coup du liquide vert fluo façon Réanimator...)
Que là où on pensait être soi-même, on n'était qu'un pantin agi par des tas de trucs en "soi" qui n'étaient pas Soi.

Alors la spontanéité ? Oui.... d'accord. Avec de l'esprit critique aussi.
Il s'agit pas de se méfier de tout, mais de ne rien croire pour acquis et pour évident.

Ce que tu invoques, Filo, par rapport à la créativité, l'art etc... personnellement je pense que ça a beaucoup plus à voir avec l'authenticité et le fait de laisser s'exprimer ce qui vit en soi.

La spontanéité, telle que souvent on l'imagine et telle que la décrivent souvent les gens qui la revendiquent, ressemblerait plus à la réponse automatique et tac au tac façon machine. Sans réfléchir.

Mais réfléchir n'est pas forcément un acte uniquement intellectuel qui vise à couper les cheveux en douze. Ca peut prendre un sens plus large. Ca peut être aussi se connecter à ce qui est en soi profondément, pour répondre non pas seulement avec la partie tac-au-tac machine superficielle de soi ; mais avec tout ce que l'on est.

Je pense que nous sommes comme des oeuvres d'art, dont nous sommes l'auteur. Et je fais le parallèle avec la discussion sur le perfectionnisme. Nous ne devrions pas être perfectionnistes avec l'oeuvre d'art que nous sommes ; mais nous devrions être idéalistes. C'est à dire viser les étoiles.
Ne pas se satisfaire de ce qui est immédiatement là et apparent.
Accepter que là maintenant, nous sommes parfaits tels que nous sommes avec les possibilités du moment. Mais aussi accepter cette "contrainte", ce "travail" d'aller plus loin, de vouloir devenir un grand artiste et de travailler en ce sens, sur soi.
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MessageSujet: Re: la voie de moindre contrainte   Mar 15 Sep 2009 - 11:06

J'ai lu l'argumentation de Vic et ensuite le tien, Romane.

D'ailleurs, Romane, ce que tu soulèves est d'une incontestable vérité et réalité. Mais qu'est-ce qui enrichit l'ego, à ton avis ? C'est justement le lecteur qui laisse des commentaires. Le problème, est tout dans l'art de dire les choses.
Admettons qu'un poème soit médiocre - j'en ai vu, enfin, je ne suis pas la mieux placée pour porter un avis fiable étant donné que j'apprends sur le tas et que je ne touche pas la perfection. Donc, admettons qu'un poème soit médiocre et que le lecteur s'extasie devant et laisse que de bonnes critiques, que peut-il se passer en celui qui écrit ? : L'ego fleurit, forcément.
Mais les commentaires sont-ils justifiés, ont-ils une parole fiable ?
Comment ne pas s'aveugler devant tant de compliments ?
Quand une personne argumente de façon sensée, riche, intelligente en soulevant des points négatifs, là, celle qui écrit tombe de très haut. Alors, il peut y avoir un tas de réactions en soi remettant en question les capacités de la personne, sur la valeur de ses écrits (je parle d'écrit parce que c'est ce qui me touche tout particulièrement).

Cela fait neuf ans que je suis sur le Net, et peut-être que c'est idiot, mais c'est sur celui-ci que mon rêve se réalise. J'ai pris des claques plus d'une fois. J'ai pleuré. J'ai été blessée. Sensibilité ? Susceptibilité ? Ou réalité ?
J'ai souvent été fâchée, mais avec le temps, j'ai appris à mieux m'exprimer, parce que ce que j'aime le plus au monde (après mes enfants), c'est écrire, j'ai un peu ça au fond de moi.

Mais tu sais quoi Romane. C'est grace aux lecteurs que j'ai avancé, car c'est eux qui m'ont fait prendre conscience de mes réelles capacités. Alors, si au début, il n'y avait pas eu quelques personnes assez aveugles pour me faire de beaux compliments, peut-être que j'aurais laissé tomber. Vous imaginez, si d'emblé, j'avais eu affaire à des gens hauts niveaux et qu'ils m'auraient laissé que de mauvais points. Moi, petite autodidacte que je suis, fragile et sensible, j'aurais rendu ma plume.
Alors c'est vrai, mon niveau est monté, ah, ça n'est le summum, mais je suis contente parce qu'aujourd'hui je cotoie des gens d'un autre niveau, d'une autre culture et comme c'est enrichissant.
Alors, plus tard, sont venus des gens plus intéressants avec leurs critiques enrichissantes.
Je sais, c'est grâce à moi si parfois ça rend joli ce que j'écris, et si ça l'est moins, c'est aussi à cause de moi, mais, c'est grace à l'ensemble que j'ai progressé (lecteurs et critiques), que j'ai continué et je continue. Pourtant, moi sais combien je suis butée.
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