Forums Liens Utiles


 
AccueilAccueil  FAQFAQ  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Le mental

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2  Suivant
AuteurMessage
thierry

avatar

Nombre de messages : 601
Localisation : Savoie.
Date d'inscription : 28/10/2009

MessageSujet: Le mental   Dim 29 Nov 2009 - 23:19

Je fais une tentative. C'est forcément incomplet et sujet à beaucoup d'interprétations. Ca n'est évidemment pas du tout cartésien et le terme "philosophie" risque de heurter...A part Carl Gustav Jung ou Durckheim, ils ne sont pas nombreux en occident à avoir abordé le sujet sous cet angle. Forcément les référents ont des incidences.


Le mental.

Le mental se construit au fur et à mesure de notre vie et de nos expériences. Par les cinq points d’entrée de notre être qui sont nos cinq sens (vue, ouïe, goût, toucher, odorat), nous construisons l’ensemble de notre expérience humaine. Dès la petite enfance, notre mental apprend, via les sens, à saisir l’information, il la catalogue, la range dans des cases, il construit son référentiel. L’impact du monde adulte, parents, enseignants, proches est gigantesque et contribue à un certain formatage. Le mental calcule, argumente, créé des connexions, trouve des raisons (ou en fabrique), s’adapte ; le mental est une machine formidable pour ce genre de tâches. Il est constamment interpellé par notre éducation étant donné qu’il est le référent dont on doit user pour expérimenter et raisonner.

Le propre du mental est de saisir les éléments qui sont à sa portée et pour cela il use des cinq sens et de l’historique entretenu par les générations. Il s’agit d’archétypes que le mental n’a pas à remettre en cause. Il les adapte en fonction de l’identification qu’il y trouve. L’objectif pour lui est de créer une entité individuelle. L’individu se construit en fonction des oppositions ou des appartenances qui lui conviennent. Il est d’ailleurs extrêmement performant pour fabriquer des catégories, des groupes, des classes, des référents parfaitement identifiés. Il va sans cesse chercher à accumuler de la sorte des « connaissances » afin de se construire et de prendre forme. C’est son existence même qui est en jeu.
Et c’est là que l’égo prend forme. Cette identification porte un nom pour tous les gens qu’on croise, des rôles précis, une reconnaissance, des attributs particuliers, des particularités, des caractères, un ensemble de données renvoyées par le groupe auquel l’individu appartient et avec lequel il tisse des liens (amicaux ou conflictuels). L’égo se construit à travers le miroir de l’altérité en se nourrissant des référents du mental.

« L’importance est dans ton regard, non dans la chose regardée », écrivait André Gide.
Il s’agit d’apporter à la chose un regard objectif, libre, épuré. Mais le mental a des références et n’en démord pas. Il faudrait regarder sans aucune connaissance pour saisir la réalité. C’est évidemment impossible.
« L’essentiel est invisible pour les yeux, on ne voit bien qu’avec le cœur. »
On connaît tous cette phrase de saint-Exupéry. Mais où est ce cœur ? Ca n’est pas l’organe ou si ça l’est il existe une partie non fonctionnelle qui n’est pas connue. A moins qu’il s’agisse d’une énergie, à moins qu’il s’agisse d’un émetteur plus vaste que le cœur, une source dissimulée…
Lorsque nous sommes saisis par un coup de foudre, les quelques secondes pendant lesquelles une onde de chaleur nous électrocute, il ne s’agit sans doute pas du mental étant donné qu’il n’a pas eu le temps d’analyser le cas, de mettre en place les associations d’idées, les références, les connaissances… Il reprend très vite le contrôle malheureusement…Et dès lors on ne voit plus, on croit voir ce qui nous convient. Les désillusions viennent de prendre racine…Le mental vient d’ouvrir l’atelier de poterie dans lequel il va chercher à modeler l’autre à sa convenance, selon ses références.
A moins que la vie nous ait fait un cadeau immense et que le coup de foudre se transforme peu à peu en un ciel lumineux jusqu’à l’infini du temps.

Le mental peut aussi devenir boulimique. Comme on nous a appris à faire de lui le seul élément capable de trouver les solutions et que l’ego est sans cesse en recherche de sécurité, les pensées deviennent l’unique point de repère.
On est couché, prêt à passer une bonne nuit de sommeil, on éteint la lumière et la ronde des idées et problèmes commence. L’un après l’autre tous les soucis vont se présenter et le mental lui, il traite, il pense, il échafaude. Alors, on se tourne, on vire, on cherche une position pour s’endormir et plus on cherche moins on trouve. Puis c’est au tour d’une autre idée et d’une autre et d’une autre. Il n’y a pas d’interrupteur, on ne nous a pas appris à couper le courant. Evidemment, en général, rien n’a été réglé pendant la nuit. On a lutté contre ces idées en sachant qu’on allait se lever complètement détruit et c’était en fait un autre point d’ancrage pour le mental. Il est en roue libre, dans une descente interminable et il n’y a pas de freins. Un somnifère, compter des moutons, tous les subterfuges finiront par être testés… Aucun progrès évidemment, juste des palliatifs.

Le mental est absolument nécessaire et en général, il remplit magnifiquement bien sa tâche. Sans lui, je n’aurais pas pu écrire ce texte. Il connaît tous les mots dont j’ai besoin, les lettres sur mon clavier, l’utilisation de l’ordinateur, il arrive même à écouter et à apprécier de la musique en même temps et à répondre aux questions de mes proches qui me demandent ce que je fais…
Le souci, et ceci est sans doute dû à notre mode de vie contemporain et aux bases sur lesquelles il repose, est que nous laissons le mental prendre une trop grande importance dans notre fonctionnement. Nous avons délaissé une autre dimension, la dimension spirituelle.

Les problèmes de ce mental ne peuvent se résoudre par le mental, c’est ça le souci majeur. Si on essaie de régler les problèmes en utilisant le déclencheur des problèmes, on s’enfonce en croyant se libérer. De toute façon, l’égo, l’entité apparue au fil du temps, est un acharné, il ne lâche rien, même s’il est engagé dans une voie destructrice pour l’individu parce que c’est une voie qu’il connaît. Et il déteste l’inconnu. Ca n’est pas le mental qui a dysfonctionné mais le fait que l’égo a établi son identification sur ce mental et ses référents. C’est à la source que tout est faux. Il n’y a bien souvent que le drame et la rupture avec les concepts établis qui permettent de lancer l’évolution spirituelle.
« Nous sommes comme des noix. Pour être découverts, nous avons besoin d’être brisés. » Khalil Gibran.
Le drame a cette force parce qu’il plonge l’individu dans l’instant présent. La souffrance physique ou la douleur psychologique créent une cassure avec le « temps psychologique » établi par le mental. Le temps psychologique se nourrit constamment du passé et de l’avenir, c'est-à-dire deux dimensions qui n’ont pas d’autre réalité que celle que le mental lui donne. L’égo adore, craint, regrette, vénère son passé parce qu’il y trouve une forme, une identification, son histoire. De la même façon, il aime se projeter dans l’avenir parce qu’il invente l’histoire qui lui convient, qu’il espère ou la peur d’un avenir qu’il redoute mais en tout cas une hallucination sur laquelle il peut créer un ancrage à travers les pensées. Ce sont bien souvent ces pensées là d’ailleurs, ces pensées temporelles qui nous empêchent de dormir…
Qu’il survienne une cassure dramatique dans ce tourbillon temporel et l’individu se retrouve plongé dans un instant présent d’où il ne peut sortir que par intermittences. Les anciens fonctionnements vont se déliter. On peut en tout cas l’espérer si l’individu parvient à « lâcher prise »… C’est la dimension spirituelle qui s’ouvre. Mais les résistances sont redoutables. Ca n’est pas gagné…
Revenir en haut Aller en bas
http://la-haut.e-monsite.com/
Romane
Administrateur
avatar

Nombre de messages : 91108
Age : 62
Localisation : Kilomètre zéro
Date d'inscription : 01/09/2004

MessageSujet: Re: Le mental   Dim 29 Nov 2009 - 23:50

En tout cas ton lâcher prise à toi dans ce fil est fameux.
Pour continuer sous la forme vrac, voici un bout de ma contribution, sachant que de toute manière le sujet est inépuisable.

Le mental c'est l'esprit, tout ce qui passe par la tête et qui vient à la fois du corps (les cinq sens, comme tu le dis plus haut), mais aussi les sens invisibles qu'il faut à mon avis rajouter, tels que les émotions, les sentiments, les fantasmes.

Je n'ai pas réfléchi à la place de l'ego, qui à mon sens n'est que la manifestation de la nécessité d'occuper une place parmi le monde, d'exister plus qu'un légume, en quelque sorte.

Le mental à mon avis est à la fois soi et pas soi, une espèce de compromis entre les deux qui va finir par former quelque chose qui ressemble à ce "je" tout en lui laissant cette fonction de vecteur où tout entre et tout sort parce qu'on boit le monde et on le fait, tous ensemble.

Alors je navigue dans une zone floue, quand je pense à mon propre mental. Bien sûr j'ai la capacité de réfléchir, de créer, de rêver, toutes ces choses qui passent par la tête. Mais je sens bien tout ce que me délivre la vie en empreintes sans arrêt mouvantes, fluctuant grâce au cheminement de ma propre maturité, mais aussi en fonction de l'état de maintenant, lui-même insaisissable puisqu'il bouge sans arrêt.

Il paraît que notre mental se divise en plusieurs catégories (voilà la preuve d'un besoin d'étiquetage bien humain) et que notre mental va aussi s'étendre jusqu'à l'inconscient. J'aimerais bien des fois sonder cet inconscient dont je ne sais rien et surtout pas quelles connexions il peut bien avoir inventé avec le côté conscient de ma petite personne. Ceci expliquerait sans doute beaucoup cela. Ou peu. Ou pas. J'en viens à penser qu'il est rudement difficile de cerner une personne à commencer par soi-même, ou alors superficiellement, ou alors semi-superficiellement, jamais entièrement en tout cas.

J'en suis à ce point de ma vie où je me dis que bien que pas mal formaté, notre mental pourrait se donner la peine d'être créatif si d'aventure il le voulait. Je veux dire par là ; oser interpréter les choses les plus banales pour les continuer extraordinairement, mais alors puisque les choses banales pourraient devenir fantastiques, pourquoi ne pas tourner notre regard de manière générale sur un mode original, surprenant, et oui, créatif !

Par exemple, se dire que notre mental peut se débrider, s'affranchir du formatage et se permettre des fantaisies qui auraient pour conséquence d'enfin rendre la vie plus attrayante lorsqu'elle ne présente que des routines. Quelque chose comme ça.

J'avais d'ailleurs ouvert un fil, je ne l'ai pas recherché, mais il était question de cette créativité dont nous n'usons pas tant que ça, si j'en juge d'après les exemples qui me sont mis sous le nez par deux ou trois personnes exceptionnelles, capables de nous refaire le monde d'une autre manière, enfin, je veux dire capables de surprendre, se surprendre, nous surprendre, dans une optique belle et en tout cas constructive. Ce sont ces gens pionniers, qui savent transgresser l'éducation et les carcans non pour détruire mais au contraire pour édifier et permettre des chemins nouveaux.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Bonjour, je suis Romane, alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane."
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
http://lessouffleursdereve.jimdo.com/
Revenir en haut Aller en bas
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
lucarne



Nombre de messages : 5259
Age : 52
Localisation : Lyon
Date d'inscription : 29/01/2009

MessageSujet: Re: Le mental   Dim 29 Nov 2009 - 23:56

mèche À ce stade-là de la conversation et à cette heure-là, moi, je prendrais bien une menthe à l'eau... Boulet
Revenir en haut Aller en bas
http://sisyphe-heureux.blogspot.com/
Romane
Administrateur
avatar

Nombre de messages : 91108
Age : 62
Localisation : Kilomètre zéro
Date d'inscription : 01/09/2004

MessageSujet: Re: Le mental   Dim 29 Nov 2009 - 23:57

Pas moi. C'est le genre de sujet qui me passionne et sur lequel je reviens régulièrement.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Bonjour, je suis Romane, alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane."
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
http://lessouffleursdereve.jimdo.com/
Revenir en haut Aller en bas
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
lucarne



Nombre de messages : 5259
Age : 52
Localisation : Lyon
Date d'inscription : 29/01/2009

MessageSujet: Re: Le mental   Lun 30 Nov 2009 - 0:03

Rooo... ça va hein Rorororo... C'est juste que je suis fatiguée et que je vais faire de la procrastination à la Vilain jusqu'à demain sur ce sujet. AngeR
Revenir en haut Aller en bas
http://sisyphe-heureux.blogspot.com/
Romane
Administrateur
avatar

Nombre de messages : 91108
Age : 62
Localisation : Kilomètre zéro
Date d'inscription : 01/09/2004

MessageSujet: Re: Le mental   Lun 30 Nov 2009 - 0:07

C'est dimanche, sous ciel noir de Haute Savoie, profite !

Pour en revenir au sujet, j'étais en train de me dire que probablement jamais au grand jamais, malgré les études et observations menées par les chercheurs passionnés, le cerveau ne sera entièrement exploré et qu'il restera toujours cette part de mystère que j'aime tant, bien que curieuse j'aimerais tout en connaître.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Bonjour, je suis Romane, alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane."
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
http://lessouffleursdereve.jimdo.com/
Revenir en haut Aller en bas
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
thierry

avatar

Nombre de messages : 601
Localisation : Savoie.
Date d'inscription : 28/10/2009

MessageSujet: Re: Le mental   Lun 30 Nov 2009 - 0:14

Pour ma part Romane, le mental n'est pas l'esprit. Je vais tâcher d'en faire un autre texte sur un autre fil. Les remarques que tu soulèves d'ailleurs relève davantage de l'esprit que du mental. Mais il faut d'abord le définir...J'y reviendrai.
Revenir en haut Aller en bas
http://la-haut.e-monsite.com/
Romane
Administrateur
avatar

Nombre de messages : 91108
Age : 62
Localisation : Kilomètre zéro
Date d'inscription : 01/09/2004

MessageSujet: Re: Le mental   Lun 30 Nov 2009 - 0:19

Dis moi alors ce que tu entends par mental, parce que la définition du Petit Robert 2010 dit :

1- Qui se fait dans l'esprit seulement, sans expression orale ou écrite.
2- Qui a rapport aux fonctions intellectuelles de l'esprit.

Mentalement => en esprit seulement, par la pensée, de tête.


Je ne vois pas comment contourner le mental sans y adjoindre la pensée et l'esprit ?

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Bonjour, je suis Romane, alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane."
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
http://lessouffleursdereve.jimdo.com/
Revenir en haut Aller en bas
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
lucarne



Nombre de messages : 5259
Age : 52
Localisation : Lyon
Date d'inscription : 29/01/2009

MessageSujet: Re: Le mental   Lun 30 Nov 2009 - 0:22

Hé m'sieurs dames ! Je procrastine mais je suis un peu quand même et il y a déjà un fil sur le mental et l'esprit : http://liensutiles.forumactif.com/philosophie-f112/le-mental-et-l-esprit-t18180.htm

Gaga Gaga Gaga
Revenir en haut Aller en bas
http://sisyphe-heureux.blogspot.com/
thierry

avatar

Nombre de messages : 601
Localisation : Savoie.
Date d'inscription : 28/10/2009

MessageSujet: Re: Le mental   Lun 30 Nov 2009 - 0:41

lucaerne a écrit:
Hé m'sieurs dames ! Je procrastine mais je suis un peu quand même et il y a déjà un fil sur le mental et l'esprit : http://liensutiles.forumactif.com/philosophie-f112/le-mental-et-l-esprit-t18180.htm

Gaga Gaga Gaga

Oui, Lucaerne, j'ai hésité un moment à le reprendre mais je préférais repartir sur une base neuve afin d'essayer de définir ce que j'entends par mental puis plus tard par esprit.
Revenir en haut Aller en bas
http://la-haut.e-monsite.com/
Romane
Administrateur
avatar

Nombre de messages : 91108
Age : 62
Localisation : Kilomètre zéro
Date d'inscription : 01/09/2004

MessageSujet: Re: Le mental   Lun 30 Nov 2009 - 0:41

Je viens de relire le fil en question, merci luca.
Il m'a replongée dans un contexte que curieusement j'oublie de plus en plus. Pourtant, mince, une sacrée tranche de ma vie, ça.

Eh bien figurez-vous que ce soir, à l'heure où je suis en train d'écrire ces mots, je ne parviens pas à dissocier mental et esprit.

Au s'cours !

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Bonjour, je suis Romane, alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane."
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
http://lessouffleursdereve.jimdo.com/
Revenir en haut Aller en bas
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
thierry

avatar

Nombre de messages : 601
Localisation : Savoie.
Date d'inscription : 28/10/2009

MessageSujet: Re: Le mental   Lun 30 Nov 2009 - 0:49

Romane a écrit:
Dis moi alors ce que tu entends par mental, parce que la définition du Petit Robert 2010 dit :

1- Qui se fait dans l'esprit seulement, sans expression orale ou écrite.
2- Qui a rapport aux fonctions intellectuelles de l'esprit.

Mentalement => en esprit seulement, par la pensée, de tête.


Je ne vois pas comment contourner le mental sans y adjoindre la pensée et l'esprit ?

A mon sens, il est possible de scinder l'individu en trois entités distinctes.
"Le corps physique" est fait de matière dense et il réagit à la conscience sensorielle. Ce corps physique est celui que nous éprouvons constamment et dont il est difficile de s'extraire dans des conditions de vie habituelles.

Ce corps physique représente l'enveloppe du "corps mental", la deuxième entité.
Il s'agit cette fois d'une entité faite de pensées et d'émotions.
Lorsque j'ai très froid aux mains en montagne, (sensation du corps physique) je peux aussi éprouver la peur (émotion du corps mental) des doigts gelés.
Ces deux entités sont indissociables et s'entretiennent.

C'est là que l'individu se construit. Les expériences physiques viennent s'adjoindre aux expériences émotionnelles et aux pensées. Il ne s'agit pas pour moi de l'esprit.
L'égo prend forme dans cette dimension extrêmement riche.

Le troisième corps est la manifestation spirituelle de l'être, le Soi.
C'est "le corps spirituel."
Revenir en haut Aller en bas
http://la-haut.e-monsite.com/
Romane
Administrateur
avatar

Nombre de messages : 91108
Age : 62
Localisation : Kilomètre zéro
Date d'inscription : 01/09/2004

MessageSujet: Re: Le mental   Lun 30 Nov 2009 - 0:57

Ah oui, oki. L'âme, en quelque sorte.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Bonjour, je suis Romane, alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane."
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
http://lessouffleursdereve.jimdo.com/
Revenir en haut Aller en bas
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
thierry

avatar

Nombre de messages : 601
Localisation : Savoie.
Date d'inscription : 28/10/2009

MessageSujet: Re: Le mental   Lun 30 Nov 2009 - 1:04

Romane a écrit:
Ah oui, oki. L'âme, en quelque sorte.

Hum...Le terme a une connotation religieuse et je me méfie de ce que ça génère...En plus dans la démarche orientale, l'âme a une dimension qui est plutôt celle occupée par l'esprit dont tu parlais tout à l'heure, elle sert de passerelle entre le mental et l'esprit, alors tu vois que si on mélange tous les termes ça va être un sacré schmilblick...Il vaut mieux s'en tenir à l'esprit pour l'instant. On développera plus tard !^^
Revenir en haut Aller en bas
http://la-haut.e-monsite.com/
Romane
Administrateur
avatar

Nombre de messages : 91108
Age : 62
Localisation : Kilomètre zéro
Date d'inscription : 01/09/2004

MessageSujet: Re: Le mental   Lun 30 Nov 2009 - 1:09

Pour ce qui me concerne, au moins, toute connotation religieuse est incompatible avec le sujet. La spiritualité n'implique pas une tendance religieuse ou un engagement, même s'il arrive que son expression puisse être assez proche de certains courants. En tout cas personnellement je refuse catégoriquement qu'on me colle dans un courant religieux sous prétexte qu'une vague ressemblance, etc.
Donc dans mon esprit c'est clair.

Après, il me semble à peu près normal qu'idéologiquement, les religions se soient emparées de points de vue et approches de la vie. Mais c'est une autre histoire, un autre débat. Tout comme les philosophes, par exemple, ou tout chercheur, tout compte fait.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Bonjour, je suis Romane, alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane."
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
http://lessouffleursdereve.jimdo.com/
Revenir en haut Aller en bas
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
filo

avatar

Nombre de messages : 8690
Age : 104
Localisation : Montpellier
Date d'inscription : 02/04/2007

MessageSujet: Re: Le mental   Lun 30 Nov 2009 - 1:22

Le mental, c'est un mot sur lequel on peut jouer, chacun avec sa définition.
Pour ma part, je dirais que c'est la part de l'esprit qui raisonne, qui discipline, mais aussi qui utilise des ressources autres en nous.
En psy, on pourrait dire que c'est le moi associé au surmoi. C'est à dire l'ego, la raison, la volonté, armés des acquis qui nous permettent de contenir et filtrer la part immense de ce qu'on ne contrôle pas, c'est à dire l'inconscient.
Ainsi, l'inné n'en est pas exempt, juste organisé, adapté.

J'ai souvent eu l'occasion de discuter de ces choses, notamment par rapport à la foi, et en particulier par rapport à l'âme et à sa survivance.
On oppose souvent les croyances en la pensée magique (religions ou superstitions par exemple) à la science. On oppose souvent le corps à l'esprit, le conscient à l'inconscient, la matière à l'éthéré.
Mais on ne fait jamais assez l'apologie de la parfaite combinaison des tendances opposées. On pourrait en revenir au juste milieu.

Car finalement, si le corps est matière, l'esprit, qu'est-ce donc ?

La matière se résume à quoi ? À des atomes, dont la durée de vie dépasse celle des étoiles. La matière ne meurt pas, elle se réorganise autrement, et devient une autre forme de matière, et parfois de vie.
Ainsi, l'esprit, n'est-ce pas de l'énergie pure ? Des ondes ? Dont la durée pourrait être énorme aussi.
Et la matière n'est-elle pas son support ? L'un sans l'autre ne saurait exister : un corps en vie contient des ondes d'énergie qui l'animent. Lorsque le corps meurt, il rejoint le substrat de matière (atomes qui se réorganisent), et les ondes d'énergie se fondraient peut-être également à un substrat, que nous voyons éthéré, mais qui probablement se redistribue aussi, et anime autre chose.

Certains y mettent une option personnifiée, une volonté propre : l'âme, qui irait de corps mort en corps vivant, ou errerait en attendant. D'autre pense qu'une fois la mort du corps, les ondes d'énergie du cerveau s'arrêtent peu à peu (en plus ou moins de temps) pour ne plus exister du tout.

En tout cas, lorsque ces ondes sont actives dans un corps bien vivant, on les appelle l'esprit.
L'esprit, d'après Freud, engloberait l'inconscient, le surmoi et le moi (le conscient).
Ce moi serait composé d'inné et d'acquis, d'un reliquat de pulsions (émotions et intuition par exemple) et d'un stock de données organisées dans la mémoire utilisé par la raison.
À mon avis, le mental est ce moi défini ainsi.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
L'art est parfois un sale boulot, mais il faut bien que quelqu'un le fasse
Le site Filosphere ** Filographies : photo & design ** Ma musique récente ou inédite ** Musique de la Juste Parole
Revenir en haut Aller en bas
http://filosphere.com
Romane
Administrateur
avatar

Nombre de messages : 91108
Age : 62
Localisation : Kilomètre zéro
Date d'inscription : 01/09/2004

MessageSujet: Re: Le mental   Lun 30 Nov 2009 - 1:30

Un article trouvé sur le Net (j'ai pas mal de lectures en attente, je ne pourrai y piocher qu'une fois lues)

Citation :
Carl Gustav Jung, pionnier de la psy spirituelle

Si une psychologie à tendance spiritualiste peut commencer, en cette fin de vingtième siècle, à avoir droit de cité et à offrir une alternative aux psychologies matérialistes, c’est indéniablement grâce au travail d’un pionnier incontesté : Carl Gustav Jung.

Par Jean-Claude Cartier

Une analyse de la Tradition

Alors que la psychologie occidentale conventionnelle peut bien souvent à juste titre être taxée d’ethnocentrisme, Jung puisa pour sa part sans aucune discrimination ethnique dans le fonds richissime d’une tradition universelle transparaissant comme en filigrane dans toutes les religions du monde, tronc commun à toutes les formes de recherche de la sagesse auquel Huxley devait plus tard donner le nom de philosophia perennis. C’est sur la base de cette tradition, et notamment de ses doctrines orientales, tellement plus explicites, que Jung développa une vision à peu près universelle de la psyché humaine, et créa un système psycho-analytique tenant compte d’un bien plus grand nombre de niveaux de conscience et de conditionnements culturels que la psychologie freudienne.

En faisant toutefois un distinguo très net entre les fonds culturels - et partant, les mentalités - des Orientaux et des Occidentaux, Jung ne trouvait en effet que des similitudes dans les profondeurs. “On ne peut que constater, écrivait-il en 1950, qu’il doit nécessairement exister une disposition qui reste inconsciente pour l’individu et dont l’extension est pour ainsi dire universelle, une disposition donc qui peut en tout temps et en tout lieu produire en principe les mêmes symboles.”

Bien sûr, pour Jung, il était plutôt question d’étudier les mythes et doctrines ésotériques du monde pour en dégager des archétypes et élaborer le concept d’inconscient collectif, que de réaliser effectivement l’Absolu à l’instar des maîtres spirituels orientaux. Si Jung avait été le disciple d’un tel maître réalisé, celui-ci l’aurait progressivement initié au sens non duel et non mental auquel tend le message de la tradition ; mais il s’est évidemment cantonné à une interprétation, certes scientifique, mais relative, de ce message.

C’est sans doute la raison pour laquelle Jung intéresse très nettement plus les psy que les spi, et que, même aux yeux de nombreux théologiens ou ésotéristes, son message ne parvient jamais à être tout à fait orthodoxe, pêchant ici par manque d’information, ou là par simplifications abusives.

Cela dit, il faut bien se rendre compte que ce qu’il perd au plan des détails, il le gagne dans la synthèse qui, finalement, est seule importante au regard du travail de pionnier de la psychologie transpersonnelle qui fut le sien.

La rupture

Né en Suisse, près de Zürich, en 1875, Carl Gustav Jung, fils de pasteur, fit tout d’abord des études de médecine à Bâle, puis devint l’assistant de Bleuler, pour être enfin médecin-chef de la clinique psychiatrique de l’université.

Mais c’est bien entendu sa rencontre, en 1907, avec Freud dont il deviendra le “disciple bien aimé”, que retiendra l’histoire, et surtout, quelques années plus tard, sa rupture avec le fondateur de la psychanalyse, pour ne pas dire sa trahison lorsque, rebuté par le matérialisme freudien, il créa une nouvelle école de psychologie analytique visant précisément à intégrer toutes ces notions spirituelles que Freud rejetait avec tant de conviction.

Ce que Jung reprochait essentiellement au freudisme, c’était évidemment cette limitation de l’énergie psychique à la seule impulsion sexuelle.

Mais, au-delà de ce grief fondamental, la perspective junguienne du psychisme, et notamment de sa partie inconsciente, dépassait très largement le cadre freudien de la personnalité et de sa biographie pour s’ouvrir sur des archétypes appartenant à l’ensemble de l’humanité, des modèles collectifs que Jung retrouvait dans l’alchimie, le Yi King ou dans n’importe quelle doctrine ésotérique ou mythologie du monde.

Quant à la spiritualité proprement dite, Jung la concevait comme une fonction naturelle de la psyché, fonction essentielle dont il était par conséquent extrêmement dangereux de ne pas tenir compte.

En fait, pour lui, cette fonction spirituelle n’avait d’autre but que de conscientiser l’archétype fondamental : le soi. Et lorsqu’il utilise le mandala, c’est pour mieux objectiver l’omniprésence de ce soi, à la fois au centre et dans n’importe quel point de la circonférence. Le soi junguien, calqué sur la notion hindouiste de l’atman, correspond donc bien à la totalité de l’homme ; et l’objectif de la psychologie analytique de Jung consiste, en conséquence, à réaliser une individuation de la personne, c’est-à-dire à la conduire au deuil de l’ego divisé, et à l’unifier intérieurement et extérieurement.

Si dans les faits de la pratique thérapeutique quotidienne un tel objectif est naturellement demeuré au niveau du vœu pieux, dans les termes, on était déjà en phase avec la spiritualité orientale.

La voie du transpersonnel était, en tous cas, ouverte !

Le Soi

C’est certainement l’emprunt de cette notion du soi à la philosophie indienne, qui va le plus profondément révolutionner la psychologie occidentale.

Pour les Indiens, et plus particulièrement les védantistes, le soi est l’identité ultime, à moins que l’on ne préfère dire qu’Il est l’absence d’identité de la conscience. Ce soi impersonnel est notre réalité la plus intime, notre conscience à l’état pur. Et le moi - en fait le faux moi - n’est qu’un reflet déformé et trompeur de notre vraie nature.

Sans intégrer toutes les implications métaphysiques de cette doctrine, Jung récupère néanmoins de quoi réorienter toute l’étiologie des psychopathologies, puisqu’il considère que la maladie psychique est le résultat du refus du moi de se subordonner à la totalité du soi. On retrouve ici cette notion, certes universelle mais si caractéristique du christianisme, de la rébellion de la créature contre son créateur, qui constituera, plus tard, un des concepts clés de la psychanalyse intégrale de Norberto Keppe. Toujours est-il que, depuis 1930, c’est toute l’œuvre de Jung qui sera construite autour de ce rapport conflictuel entre le moi et le soi, même s’il y ajoute, pour mieux se faire comprendre, le langage symbolique issu des mythologies traditionnelles.

Le soi junguien est centre, totalité et finalité de la vie du psychisme humain. Comme dans le mandala, le soi est un centre à la fois vacuum - vide de toute forme - et soleil d’où émane l’énergie que les archétypes vont modeler. Mais il est aussi ce qui contient le conscient et l’inconscient.

En tant que centre, Jung voit le soi comme un ventre maternel, une matrice d’où peuvent naître, bien sûr, toutes sortes de possibilités psychiques et psychothérapeutiques, mais aussi l’enfant divin, l’homme nouveau. Ainsi, le retour sur ce soi-même qu’est le soi est plus proche d’une conversion et d’une seconde naissance, telles que les décrivent les traditions spirituelles, que d’une régression ou d’une anamnèse, propre à la psychanalyse.

D’ailleurs, dans la psychologie junguienne comme dans de nombreuses mythologies, le soi va être symbolisé par le paradis, l’or alchimique, le joyau, le trésor caché… Et lorsque le sujet rêvera de ces symboles, il démontrera par là-même son aspiration vers le soi, son besoin de cheminer vers le plus profond de lui-même, et par conséquent d’entrer dans un processus d’individuation, d’unification.

Ces rêves, comme la création artistique ou la vie spirituelle, traduisent, selon Jung, l’état d’un organisme psychique servant de régulateur entre le moi et le soi : l’âme. Que cette âme produise du symbole métaphysique, et c’est le signe d’une grande régulation entre le moi et le soi ; mais qu’elle produise de la maladie mentale, et c’est le signe évident d’une grande dérégulation.

Une époque très orientalisante

L’orientalisation de Jung ne se borna toutefois pas à reprendre la notion du soi. Dans le temps même où Gandhi soulevait le peuple indien contre l’occupant anglais, Jung assurait ses amis hindous de son soutien et prêchait le rapprochement de l’Occident et de l’Orient. “Que s’est-il passé lorsque Rome a subjugué politiquement le Proche-Orient ?”, s’indignait-il à l’occasion d’une cérémonie en l’honneur du sinologue Richard Wilhelm. “L’esprit de l’Orient est entré dans Rome ! Serait-il impensable qu’il se produise aujourd’hui quelque chose de semblable ?”

Et il est vrai qu’historiquement l’arrivée en Occident des gourous, et la vogue des psychothérapies et de la psychanalyse furent complètement contemporaines. Jusqu’alors, seules la religion chrétienne et la philosophie occidentale étaient chargées de prodiguer des conseils touchant à la vie intérieure. Soudain, psy et yogis imposaient des doctrines extrêmement dépaysantes et frappantes pour l’opinion publique qui ne manqua naturellement pas d’associer ces deux approches. Certains psy, eux-mêmes, se penchèrent sur les textes védiques et sur le Yoga ; pendant que des yogis, comme Swami Prajnanpad, s’intéressèrent vivement à la psychologie occidentale.

Ainsi, déjà bien avant que Jung ne se préoccupe d’orientalisme, le rapprochement spi-psy était entamé, notamment dans The Yoga system and psychoanalysis, de F.-I. Winter, où l’auteur établissait clairement un parallèle entre les Yoga Sutras de Patanjali et la psychanalyse.

Le comte Hermann Keyserling, lui aussi, était un chantre du rapprochement entre le yoga et la psychanalyse, écrivant dans son Journal de voyage d’un philosophe : “Plus nous allons, plus nos façons de voir se rapprochent de celles des hindous. Pas à pas, la recherche psychologique confirme les affirmations de la science de l’âme de l’Inde antique."

Nul doute que ces points de vue n’aient largement contribué à l’orientalisation de la pensée de Jung ; mais c’est en définitive sa rencontre, dans les années 20, avec Richard Wilhelm qui fut décisive en la matière. Leur collaboration sur Le Mystère de la fleur d’or, un texte alchimique chinois classique, constitua pour Jung son tout premier travail de psychologie comparée entre Orient et Occident, à la suite duquel il se passionna non seulement pour le taoïsme et le Zen, mais aussi pour l’hindouisme, rencontrant les personnalités les plus éminentes de la pensée orientale de l’époque, comme Wilhelm Hauer, Heinrich Zimmer, Walter Evans-Wentz et Daisetz Suzuki…

De la Chine à l’Inde

Bien que d’aucuns pourront trouver des similitudes extrêmes entre certaines doctrines chinoises et indiennes, comme par exemple entre le Tch’an et le Vedanta, pour Jung, la Chine et l’Inde devaient jouer deux rôles essentiellement différents dans la structuration de sa psychologie.

En deux mots, il doit à l’Inde la notion de soi, et à la Chine celle de synchronicité.

Plus précisément, Jung était positivement fasciné par la culture spirituelle indienne, et notamment par le védisme qu’il avait sans doute plus approfondi que le vedanta. Les comparaisons auxquelles il se livrait entre la connaissance qu’avait l’Européen moyen de l’univers intérieur, et ce que le yoga et les rites hindouistes apportaient en matière de science de l’âme aux Indiens, ne pouvaient évidemment que plaider en faveur de l’Inde. Ce pays lui apparaissait indéniablement comme le plus avancé qui soit au monde en matière d’analyse de la psyché et d’utilisation de la fonction transcendante du symbole ; et c’est pour cette raison qu’il consacra de si nombreux articles au yoga et au tantrisme, à une époque où les Occidentaux ne voyaient dans ces disciplines que des techniques de fakirs.

La Chine, quant à elle, devait lui apporter un dépaysement culturel radical qui favorisa grandement sa découverte du psychisme humain. Ce qu’il retint surtout de la philosophie chinoise fut “le caractère paradoxal et la polarité des êtres vivants."

C’est avant tout dans le Yi King qu’il trouve cette science de la complémentarité, et plus exactement dans ces descriptions “du yang atteignant sa force la plus grande pendant que le yin croît à l’intérieur de lui”. Ce jeu des polarités ne peut qu’inspirer à Jung un modèle psychologique d’une grande souplesse grâce auquel pourront enfin s’expliquer ces cas de patients dont l’inconscient (yin) réagit soudain par une crise névrotique inattendue au moment même où le conscient (yang) est au plus haut de sa forme et en pleine possession de ses moyens.

Mais, comme on le sait, le Yi King, c’est aussi le livre des mutations. Et Jung, passionné par cette figuration chinoise des évolutions, y puisa un concept clé de sa psychologie : le “dépassement” des conflits intérieurs. Pour lui, en effet, les problèmes psychologiques graves restent insolubles, dans la mesure où ce n’est évidemment pas le moi limité et fractionné qui saurait jamais les résoudre. En revanche, ils peuvent être dépassés, puisque ce moi semble tout de même capable d’accepter de laisser agir le soi en lui. Et c’est ici toute la sagesse, chinoise et universelle, du wou-wei, du non-agir, que Jung veut réactualiser. “Dans le domaine psychique, il faut pouvoir laisser advenir”, affirme-t-il, ouvrant ainsi la voie à la notion d’autoguérison psychique qui sera par la suite si chère à Grof.

Enfin, le Yi King, par son mode opératoire même, lui révèle l’existence d’un phénomène qui restera essentiel dans la vision junguienne : la synchronicité. Tout le monde connaît l’anecdote du scarabée heurtant la vitre du cabinet de Jung au moment même où sa patiente lui confiait qu’elle avait rêvé d’un scarabée d’or, symbole de renaissance. Cette émergence brutale de l’irrationnel frappa Jung qui y vit une coïncidence signifiante qu’il nomma synchronicité.

Or, le Yi King est un outil de divination utilisant des tiges, ou à défaut des pièces de monnaie, qui, selon la façon dont elles sont tirées, indiquent une succession d’hexagrammes censés représenter la situation actuelle et à venir du tireur. Bref, là aussi, il y a synchronicité.

C’est ainsi, qu’armé de ce modèle exceptionnel qu’il voyait dans le Yi King, Jung va bâtir son hypothèse de la synchronicité, annonçant par là-même le paradigme holistique à venir.

Octobre 2000

Jean-Claude Cartier
http://www.buddhaline.net/spip.php?article525

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Bonjour, je suis Romane, alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane."
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
http://lessouffleursdereve.jimdo.com/
Revenir en haut Aller en bas
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
Romane
Administrateur
avatar

Nombre de messages : 91108
Age : 62
Localisation : Kilomètre zéro
Date d'inscription : 01/09/2004

MessageSujet: Re: Le mental   Lun 30 Nov 2009 - 3:05

Citation :
un esprit ne peut être séparé du besoin intérieur de vérité et de liberté

Crotte. J'ai cliqué trop vite après avoir copié, je ne sais plus retrouver la page de ce bout de citation qui n'était qu'un extrait de phrase. Tant pis.
Je poste ce bout de phrase, parce qu'il me semble évident et fait le lien avec la démarche de recherche de vérité. Pour la liberté, je ne suis pas sûre qu'elle soit une recherche systématique.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Bonjour, je suis Romane, alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane."
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
http://lessouffleursdereve.jimdo.com/
Revenir en haut Aller en bas
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
filo

avatar

Nombre de messages : 8690
Age : 104
Localisation : Montpellier
Date d'inscription : 02/04/2007

MessageSujet: Re: Le mental   Lun 30 Nov 2009 - 7:25

Voici d'où vient ta phrase. Il suffisait de la taper dans Google :
http://jmmantel.net/textes/interview/viva/psychotherapie.html

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
L'art est parfois un sale boulot, mais il faut bien que quelqu'un le fasse
Le site Filosphere ** Filographies : photo & design ** Ma musique récente ou inédite ** Musique de la Juste Parole
Revenir en haut Aller en bas
http://filosphere.com
Romane
Administrateur
avatar

Nombre de messages : 91108
Age : 62
Localisation : Kilomètre zéro
Date d'inscription : 01/09/2004

MessageSujet: Re: Le mental   Lun 30 Nov 2009 - 9:32

Je n'y aurais pas pensé !

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Bonjour, je suis Romane, alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane."
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
http://lessouffleursdereve.jimdo.com/
Revenir en haut Aller en bas
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
Vic Taurugaux

avatar

Nombre de messages : 4816
Localisation : 20°16'31.10"S-57°22'5.53"E
Date d'inscription : 27/03/2007

MessageSujet: Re: Le mental   Lun 30 Nov 2009 - 11:15

Peut-être que Thierry en ouvrant ce fil voulait le dédier plus au déroulement de sa pensée que d’en faire une discussion ? Si on pollue trop avec nos digressions, qu’il le dise : je sors car ce n’est pas mon intention.

Mais, hier soir, dans mon lit, sans avoir lu ce fil, je repensais justement à Thierry, à notre alpiniste et à ses propos sur d’autres fils. Et alors, je ne voyais pas encore opposition-complémentarité mental/esprit, je divaguais plutôt, la situation aidant, sur les différents niveaux de conscience. Je songeais à Thierry comme un amateur de sports extrêmes et qui recherche dans cette pratique aux limites de nos conduites quotidiennes un champ d’expérimentation d’«être au monde ». Je pensais alors que ce n’était pas pareil que de philosopher au chaud dans ses draps où suspendu par une corde dans le froid et les rochers. Qu’à ma différence de doux rêveur, notre ami Thierry faisait varier lui ses « niveaux de conscience » grâce à des expériences plus pêchues que les miennes. Il part pourtant lui aussi du corporel mais d’une autre façon: il met dans sa pratique sportive son corps en péril pour s’obliger à s’en sortir peut-être un peu de façon animale grâce à des instincts insoupçonnés, mais aussi, pense-t-il, grâce à des ressources internes méconnues qui seraient là, enfouies à l’intérieur de nous-mêmes et que seules, les situations-limites révèleraient. Comme pour pouvoir ensuite reprendre une phrase célèbre : « ce que nous avons fait là, aucune bête ne l’aurait fait. »

Alors, je me demandais si Thierry et ses autres collègues des sports extrêmes n’empruntaient pas une voie « philosophique » autrement utilisée pour des recherches spirituelles. Je pensai là aux techniques d’ascèse, de discipline des mystiques qui ont aussi recours à une modification des sens corporels pour atteindre un niveau spirituel autre, c'est-à-dire un autre niveau de conscience. Un neurobiologiste démontrerait que sans doute, sous le stress, le système nerveux central dégage toute une chimie permettant ces modifications de penser. Mais, je ne voulais pas être aussi terre à terre et ma comparaison avec certaines pratiques religieuses n’était pas non plus une critique péjorative.

Je pensais également pour avoir lu quelque chose de lui sur un attentat dans le métro à la façon dont la pensée d’un individu peut se récupérer après un traumatisme. Comment après avoir vécu un événement impensable : un accident, une agression, le psychisme peut se « récupérer » malgré ce « blanc », cette petite mort dans le fil nécessaire des pensées qui contribue à notre sentiment d’existence. J’ai survécu de façon inexplicable, mais qui donc suis-je maintenant ? Sa pratique des sports extrêmes ne serait-elle pas là comme une recherche, une interrogation sur les capacités de résilience des êtres ? L’aventurier plus que de chercher à entrevoir ce qu’il y aurait de l’autre côté de la colline ne tenterait-il pas de comprendre en répétant de façon variée l’expérience de répondre plutôt à la question: mais comment diantre me suis-je donc sorti de l’abîme ?

Peut-être était-ce là polémiquer vainement sur le verre à moitié vide où à moitié plein et qui a fait que je me suis endormi ?

Mais ce matin à vous lire, et je rejoins Filo, je vois que pour continuer à exister, le moi a besoin d’une énergie sans cesse renouvelée. Un amour de soi, comme un feu à continuellement entretenir, et que Freud dénomma en son temps le narcissisme.

Maintenant, il faut aussi que je touille mon café. Bien le bonjour chez vous !
Revenir en haut Aller en bas
Rosacée



Nombre de messages : 2122
Date d'inscription : 05/06/2009

MessageSujet: Re: Le mental   Lun 30 Nov 2009 - 11:56

J'ai trouvé un lien intéressant qui explique en plusieurs parties ce qu'explique justement Thierry :


http://www.esoterique.org/article.php?sid=44

quant aux interventions de nos chers LUs sont toujours aussi appréciables.

Je vais relire ce sujet, parce que entre l'évolution de mon esprit par rapport à mon mental, il y a une tasse de café.
A vrai dire, j'ai encore un peu de mal à dissocier le mental et l'esprit, donc je vais lire plus à tête reposée pour bien comprendre chaque élément.

Le sujet est passionnant...
Bonne matinée à vous!
Revenir en haut Aller en bas
thierry

avatar

Nombre de messages : 601
Localisation : Savoie.
Date d'inscription : 28/10/2009

MessageSujet: Re: Le mental   Lun 30 Nov 2009 - 14:07

Vic Taurugaux a écrit:
Peut-être que Thierry en ouvrant ce fil voulait le dédier plus au déroulement de sa pensée que d’en faire une discussion ? Si on pollue trop avec nos digressions, qu’il le dise : je sors car ce n’est pas mon intention.

Mais, hier soir, dans mon lit, sans avoir lu ce fil, je repensais justement à Thierry, à notre alpiniste et à ses propos sur d’autres fils. Et alors, je ne voyais pas encore opposition-complémentarité mental/esprit, je divaguais plutôt, la situation aidant, sur les différents niveaux de conscience. Je songeais à Thierry comme un amateur de sports extrêmes et qui recherche dans cette pratique aux limites de nos conduites quotidiennes un champ d’expérimentation d’«être au monde ». Je pensais alors que ce n’était pas pareil que de philosopher au chaud dans ses draps où suspendu par une corde dans le froid et les rochers. Qu’à ma différence de doux rêveur, notre ami Thierry faisait varier lui ses « niveaux de conscience » grâce à des expériences plus pêchues que les miennes. Il part pourtant lui aussi du corporel mais d’une autre façon: il met dans sa pratique sportive son corps en péril pour s’obliger à s’en sortir peut-être un peu de façon animale grâce à des instincts insoupçonnés, mais aussi, pense-t-il, grâce à des ressources internes méconnues qui seraient là, enfouies à l’intérieur de nous-mêmes et que seules, les situations-limites révèleraient. Comme pour pouvoir ensuite reprendre une phrase célèbre : « ce que nous avons fait là, aucune bête ne l’aurait fait. »

Alors, je me demandais si Thierry et ses autres collègues des sports extrêmes n’empruntaient pas une voie « philosophique » autrement utilisée pour des recherches spirituelles. Je pensai là aux techniques d’ascèse, de discipline des mystiques qui ont aussi recours à une modification des sens corporels pour atteindre un niveau spirituel autre, c'est-à-dire un autre niveau de conscience. Un neurobiologiste démontrerait que sans doute, sous le stress, le système nerveux central dégage toute une chimie permettant ces modifications de penser. Mais, je ne voulais pas être aussi terre à terre et ma comparaison avec certaines pratiques religieuses n’était pas non plus une critique péjorative.

Je pensais également pour avoir lu quelque chose de lui sur un attentat dans le métro à la façon dont la pensée d’un individu peut se récupérer après un traumatisme. Comment après avoir vécu un événement impensable : un accident, une agression, le psychisme peut se « récupérer » malgré ce « blanc », cette petite mort dans le fil nécessaire des pensées qui contribue à notre sentiment d’existence. J’ai survécu de façon inexplicable, mais qui donc suis-je maintenant ? Sa pratique des sports extrêmes ne serait-elle pas là comme une recherche, une interrogation sur les capacités de résilience des êtres ? L’aventurier plus que de chercher à entrevoir ce qu’il y aurait de l’autre côté de la colline ne tenterait-il pas de comprendre en répétant de façon variée l’expérience de répondre plutôt à la question: mais comment diantre me suis-je donc sorti de l’abîme ?

Peut-être était-ce là polémiquer vainement sur le verre à moitié vide où à moitié plein et qui a fait que je me suis endormi ?

Mais ce matin à vous lire, et je rejoins Filo, je vois que pour continuer à exister, le moi a besoin d’une énergie sans cesse renouvelée. Un amour de soi, comme un feu à continuellement entretenir, et que Freud dénomma en son temps le narcissisme.

Maintenant, il faut aussi que je touille mon café. Bien le bonjour chez vous !

C'est exactement ça Vic et là où je suis agréablement surpris c'est la justesse avec laquelle tu décris cet état. Etonnant aussi que tu utilises l'exemple de l'attentat étant donné que dans "Plénitude de l'unité" c'est exactement la situation de départ. Ce guide de haute montagne amputé d'une jambe à la suite d'un attentat va entrer peu à peu dans une démarche existentielle telle que je la conçois dans la pratique de la haute montagne.
Je vais me faire un café ^^
Revenir en haut Aller en bas
http://la-haut.e-monsite.com/
Romane
Administrateur
avatar

Nombre de messages : 91108
Age : 62
Localisation : Kilomètre zéro
Date d'inscription : 01/09/2004

MessageSujet: Re: Le mental   Lun 30 Nov 2009 - 14:37

Comme d'habitude, l'intervention de Vic me réjouit ! Du coup je comprends mieux ce que voulait dire Thierry et j'adhère à mille pour cent. En fait, dans mon jargon j'appelle ça "se remettre dans l'axe" c'est-à-dire se sentir profondément soi-même en intégrant les nouvelles donnes qui ont bousculé comme ceci ou comme cela.

Citation :
le moi a besoin d’une énergie sans cesse renouvelée.

Ah oui alors !

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Bonjour, je suis Romane, alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane."
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
http://lessouffleursdereve.jimdo.com/
Revenir en haut Aller en bas
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
thierry

avatar

Nombre de messages : 601
Localisation : Savoie.
Date d'inscription : 28/10/2009

MessageSujet: Re: Le mental   Lun 30 Nov 2009 - 22:28

Afin de ne pas paraître « didactique » je vais continuer ce post en mettant en avant ma propre expérience. Non en détaillant les évènements mais juste en apportant ce que je comprends. Ca n’est pas une « voie » universelle bien entendu. Juste mon expérience. Ca vaut ce que ça vaut…Les termes que j’utilise sont de la même façon ceux qui me conviennent. Ils ne correspondent pas à une certitude linguistique mais juste aux termes qui me permettent de saisir cette réalité.

C’est parfois par un « éveil » brutal que l’individu s’ouvre à une conscience plus élargie. Quelque chose survient qui dévoile l’essence profonde de l’être, l’individu est comme saisi ou arraché à ce qu’il était et accède à autre chose. La dureté de ce qu’il vit fait qu’il n’a pas le choix. C’est un saut dans l’inconnu et il ne le maîtrise pas. Freud parle de « l’inquiétante étrangeté », Maslow d’une « expérience paroxystique », Krishnamurti de « l’êtreté », Mircéa Eliade « du surgissement du sacré », Michel Hulin de « la mystique sauvage », Romain Rolland « d’un sentiment océanique »…Ce sont des moments de flashs existentiels…
Ca peut prendre la forme d’un drame mais également d’une situation plus banale, comme une écoute musicale, un paysage, un regard, un coup de foudre... Sauf que cette fois, ça n’est pas perçu par le mental, à travers des références éprouvées mais à travers une émotion paroxystique qui n’a pas de source connue, un embrasement, un « décrochage » au sens littéral. L’individu identifié n’est plus là, c’est une autre entité qui se révèle. Il s’agit bien entendu toujours du même individu, rien ne descend en lui, tout est déjà là mais c’est comme si toutes les « barrières mentales » avaient volé en éclat. Bien évidemment ce flash a des conséquences immenses, un bouleversement complet, durable…Il n’est pas toujours simple de le gérer d’ailleurs. La cassure avec l’environnement connu peut plonger l’individu dans un isolement qui peut sembler névrotique…Dès lors la peur risque de bloquer l’évolution, la peur de perdre ses repères, ses relations…Il suffit de regarder le nombre « d’expériencers » (survivants de NDE). Beaucoup se taisent et s’efforcent même parfois de tout nier, de tout oublier.
Cet état dé-mentalisé, je le perçois comme l’irruption de l’esprit, une fulgurance bouleversante. L’individu n’a aucun point de repère, aucune connaissance qui lui permette de comprendre ce qu’il a vécu et perdure en le laissant dans un état de réception qui frise parfois l’intolérable. Ca n’est pas nécessairement agréable tellement c’est déstabilisant…Le problème vient du fait que l’individu cherche à comprendre, à analyser, à identifier, à classifier, il alterne entre l’euphorie et l’inquiétude. C’est là que le lâcher prise prend toute son importance.
« Laisse la vie te vivre, elle sait où elle va. »
Cette phrase qui s’est imposée à moi m’a apaisé, considérablement. J’ai arrêté de chercher à comprendre. Le mental n’avait rien à faire là. Il n’avait aucun rôle à jouer, il ne pouvait être qu’une entrave. Cette conscience « élargie » s’est installée dès lors. De l’individu torturé, je suis passé à un état de détachement. Enormément de problèmes ont disparu. Au point que j’ai retrouvé mon intégrité physique sans que le monde médical ne puisse l’expliquer.
L’esprit.
Qu’est-ce que c’était ? Qu’est-ce qui s’était révélé ainsi ? D’où venait cette perception de la vie qui m’avait toujours échappé ?
Gurdjieff parle de quatre niveaux de conscience :
Le sommeil nocturne
L’état de veille ordinaire (champ d’investigation du mental)
Conscience du Soi
Conscience objective.
Selon Gurdjieff, l’individu existe essentiellement dans les deux premiers états de conscience et connaît par ouïe dire le quatrième, que les Traditions orientales appellent « état de grâce, nirvana, illumination »…Mais ce niveau de conscience objective reste inaccessible à l’homme ordinaire si le goût et la saveur du troisième état, celui de la conscience de soi, lui sont inconnus.
« Chaque pensée, chaque sentiment, chaque sensation, désir, attirance ou répulsion constitue un « moi ». Ces « moi » ne sont réellement ni coordonnés ni reliés entre eux. Ils sont même parfois en totale opposition…Chacun d’eux dépend d’un changement de circonstances extérieures et d’impressions reçues. Dans la plupart des cas, l’homme croit au dernier « moi » qui s’est exprimé et cela tant qu’il dure, c'est-à-dire tant qu’un autre « moi » parfois sans lien avec le précédent n’exprime pas plus fortement son opinion et ses désirs. Ces « moi » forment l’égo. »
Il n’y a donc pas d’unité mais un amalgame de « moi ». Ils peuvent être très performants et capables de réaliser de grandes choses, il n’est pas question de les renier, mais dans cet état anarchique l’individu souffre, inconsciemment ou pas, d’une étrange nostalgie, une impression indéfinissable d’avoir égaré une part de lui-même…Cette tristesse inexplicable qui nous saisit parfois sans raison connue. L’esprit ? On la rejette en raisonnant, « allez, reprends-toi, t’as du boulot, t’as aucune raison d’être comme ça, etc… »
La raison…Je ne l’aime pas celle-là. Rien à voir avec ce que j’appelle « la vigilance ». La raison est très éducative alors que la vigilance est une écoute attentive de soi. En dehors des paramètres sociaux, des regards de l’autre. Je suis vigilant à mon être intérieur et je l’aime, je l’écoute, je lui suis attentif, même si c’est « déraisonnable ».

Joëlle Maurel et René Barbier ont écrit : « Nous définissons la spiritualité comme l’énergie qui pousse l’individu à la transcendance de sa conscience personnelle afin de s’ouvrir à la conscience universelle que nous appellerons l’esprit ou la fonction noétique. »

Le bonheur que j’ai éprouvé en lisant cette phrase…Comme si on me donnait enfin à comprendre cet état étrange, cette « distanciation » dans laquelle je vivais. J’avais une idée plus claire de cet esprit…Je comprenais mieux également cette énergie fabuleuse que j’avais éprouvée à diverses occasions, cette force incompréhensible, pas nécessairement une force physique, même s’il y avait des effets corporels, mais bien davantage une « nourriture » spirituelle, une lucidité incroyable, une perception affinée, un lâcher prise total, quelque chose que je ne saisissais parfois pas dans l’instant mais avec le recul. Je comprenais ces états contemplatifs qui me faisaient pleurer au sommet d’une montagne, dans la solitude lumineuse des horizons intérieurs…
Revenir en haut Aller en bas
http://la-haut.e-monsite.com/
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Le mental   

Revenir en haut Aller en bas
 
Le mental
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant
 Sujets similaires
-
» Le dessin mental, au revoir les crayons?
» RELOOKING EN 7 ETAPES - SOYEZ VOTRE COACH PHYSIQUE ET MENTAL de Delphine Lecastel
» [Chesbro, Georges] Hémorragie dans l'oeil du cyclone mental
» Soigner les corps physique, mental, spirituel et émotionnel
» Conversion E-revo standard en BL de malade mental...

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Forums Liens Utiles :: Présentation & Débats :: Paroles et débats :: Philosophie-
Sauter vers: