Forums Liens Utiles


 
AccueilAccueil  FAQFAQ  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Ce que l'on ne voit pas existe-t-il ?

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Romane
Administrateur
avatar

Nombre de messages : 91113
Age : 62
Localisation : Kilomètre zéro
Date d'inscription : 01/09/2004

MessageSujet: Ce que l'on ne voit pas existe-t-il ?   Ven 4 Déc 2009 - 0:27

Toujours au sujet de la psychologie quantique (merci filo, merci Thierry, grâce à vous je ne suis pas prête d'avoir épluché le Net et je vais encore me faire des noeuds au cerveau pour trouver les bons bouquins)

Je relevais cette phrase tout à l'heure ;
Citation :
Ce que je ne peux voir n’existe tout simplement pas pour moi car je n’en ai pas conscience.
Elle m'interpelle.

Si je la prends au pied levé :

- Mon mari me trompe et je l'ignore. La trahison n'existe donc pas tant que je l'ignorerai. Elle ne naîtra que le jour où je l'apprendrai. C'est facile à comprendre.

- Quelque part un peuple crève de faim, ou subit des tortures, ou la guerre, ou que sais-je. Je n'ai pas de télé, les journaux n'en parlent pas, ou bien je n'achète pas le journal, toujours est-il que je l'ignore. Donc cela n'existe pas. Donc ils crèvent de faim sans crever de faim, sont torturés sans être torturés et la guerre qui fait rage n'a jamais été déclarée. Là c'est fort, quand même.

Je me dis donc que notre regard ou notre connaissance ne tourne qu'autour de soi. J'y vois un état "rentré" ou "nombriliste" (enfin voyez l'idée)

Ce qui est totalement incompatible avec l'idée que nous serions tous reliés à tous et au Tout. (Ce qui veut dire partage, communion, être ensemble)

Deux oppositions extrêmes, non ?

Qu'en pensez-vous ?

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Bonjour, je suis Romane, alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane."
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
http://lessouffleursdereve.jimdo.com/
Revenir en haut Aller en bas
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
Sbreccia



Nombre de messages : 5085
Date d'inscription : 04/08/2005

MessageSujet: Re: Ce que l'on ne voit pas existe-t-il ?   Ven 4 Déc 2009 - 1:05

Romane a écrit:
- Quelque part un peuple crève de faim, ou subit des tortures, ou la guerre, ou que sais-je. Je n'ai pas de télé, les journaux n'en parlent pas, ou bien je n'achète pas le journal, toujours est-il que je l'ignore. Donc cela n'existe pas. Donc ils crèvent de faim sans crever de faim, sont torturés sans être torturés et la guerre qui fait rage n'a jamais été déclarée. Là c'est fort, quand même.


Perso j'en pense que tu n'a pas connaissance pour toi de ce qu'il se passe, mais cela existe quand même car pour ce peuple il crève de faim, ils sont torturés et eux le savent et la guerre a bien été déclaré, pour tous ces gens là c'est du réel, tu l'apprendras peut être plus tard, comme quand t'étais môme tu as appris que la guerre de Troie a bien eu lieu... vroum
Revenir en haut Aller en bas
Romane
Administrateur
avatar

Nombre de messages : 91113
Age : 62
Localisation : Kilomètre zéro
Date d'inscription : 01/09/2004

MessageSujet: Re: Ce que l'on ne voit pas existe-t-il ?   Ven 4 Déc 2009 - 1:11

J'entends bien, Sbrec'. Je parle ici (j'aurais du le préciser, honte à moi, c'est la fin de la journée ça se voit) d'une phrase relevée sur le net à propos de la phénoménologie de la perception selon Merleau-Ponty (dont voici l lien de présentation http://fr.wikipedia.org/wiki/Maurice_Merleau-Ponty )

C'est l'idée qui me titille.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Bonjour, je suis Romane, alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane."
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
http://lessouffleursdereve.jimdo.com/
Revenir en haut Aller en bas
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
blue note

avatar

Nombre de messages : 8002
Age : 54
Localisation : Paris
Date d'inscription : 20/09/2009

MessageSujet: Re: Ce que l'on ne voit pas existe-t-il ?   Ven 4 Déc 2009 - 1:38

Tu vas me trouver un peu fatiguée, Ro, mais au lieu de lire "merleau-ponty", j'ai cru lire "monty python"... leur philosophie me convient très bien, remarque...


http://www.dailymotion.com/video/x3eb70_monty-python-la-vie-de-brian-sousti


S'pas ?
Revenir en haut Aller en bas
http://eaux-douces.bloxode.com
Romane
Administrateur
avatar

Nombre de messages : 91113
Age : 62
Localisation : Kilomètre zéro
Date d'inscription : 01/09/2004

MessageSujet: Re: Ce que l'on ne voit pas existe-t-il ?   Ven 4 Déc 2009 - 1:45

ah oui, je vois. Tu es très très très fatiguée, Blue.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Bonjour, je suis Romane, alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane."
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
http://lessouffleursdereve.jimdo.com/
Revenir en haut Aller en bas
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
Sbreccia



Nombre de messages : 5085
Date d'inscription : 04/08/2005

MessageSujet: Re: Ce que l'on ne voit pas existe-t-il ?   Ven 4 Déc 2009 - 1:45

Romane a écrit:
J'entends bien, Sbrec'. Je parle ici (j'aurais du le préciser, honte à moi, c'est la fin de la journée ça se voit) d'une phrase relevée sur le net à propos de la phénoménologie de la perception selon Merleau-Ponty (dont voici l lien de présentation http://fr.wikipedia.org/wiki/Maurice_Merleau-Ponty )

C'est l'idée qui me titille.

ouch, je vais potasser tout ça... incl36
Revenir en haut Aller en bas
Vic Taurugaux

avatar

Nombre de messages : 4816
Localisation : 20°16'31.10"S-57°22'5.53"E
Date d'inscription : 27/03/2007

MessageSujet: Re: Ce que l'on ne voit pas existe-t-il ?   Ven 4 Déc 2009 - 16:03

Et si, nous n’avions pas accès à la réalité. Seulement, à la représentation de la réalité. C'est-à-dire que nous ne pourrions percevoir de la réalité seulement que ce que nos organes des sens, notre cerveau, nos outils d’informations, notre culture filtrent et décodent pour nous.

Je suppose qu’une mouche n’a pas le même sens de la réalité que moi parce que son œil n’est pas fait comme le mien. Certainement qu’il est plus sensible aux mouvements, ce qui fait qu’elle est toujours plus rapide que moi quand je veux l’attraper. Nous ne voyons pas les choses pareilles.

Le principal « logiciel » me permettant de m’adapter à ma réalité, c’est mon « quotidien ». Plus je m’y habitue, plus les choses y vont de soi. Ce logiciel fonctionne un peu à la manière des œillères d’un cheval d’attelage qui concentrent cet animal sur le chemin à parcourir et qui se trouve devant lui. Les œillères annulent les informations parasites qui viendraient de derrière où des côtés et qui pourraient paniquer mon coursier coincé dans ses brancards. Là, grâce à ses œillères, mon cheval qui est un animal hautement craintif, fuit vers là où je veux le mener. Mon « quotidien » qui fonctionne de même est donc un bon outil pour gérer mes tâches du jour. Si, je reste dans mes habitudes de pensée, je ne me disperse pas avec des informations aberrantes. Ainsi, je sais où j’ai posé mes clés de bagnole, je sais l’itinéraire pour me rendre à mon travail, mon agenda m’y informe des clients avec qui j’ai rendez-vous, dans l’armoire, je retrouve classés leurs dossiers. Mon chemin du jour est aussi bien tracé que celui de mon cheval et je sais où je vais. Pourtant, je sais par ailleurs qu’existe une autre réalité en dehors de mon domicile, de mon chemin, de mon bureau, de mon emploi, et qu’elle pourrait m’être visible si je détournais un tant soit peu les yeux de mon chemin. Mais la plupart du temps, cette autre réalité ne m’est pas consciente parce qu’elle ne m’est pas utile. Seulement, qu’une tâche inhabituelle survienne sur ma route, alors, mon logiciel « quotidien » se révèle inefficace, et je dois aller chercher des informations ailleurs, quitte à demander à quelqu’un d’autre son point de vue différent. Est-ce qu’ainsi, ensemble, nous ne pourrions pas créer une autre vision du monde, nous permettant de comprendre et résoudre ce problème inconnu et déstabilisant ?

J’ai rencontré le mois dernier deux enfants, un petit garçon de grande section maternelle et sa sœur de CE2 avec leurs parents auxquels, l’école avait conseillé de venir nous consulter parce que le plus jeune frappe ses petits camarades et l’aînée vole dans la trousse de ses copines. Une des premières choses que nous dit la maman est que l’instituteur aimerait bien nous parler. L’école a dit aux parents que ces comportements ne pouvaient plus durer, que les parents devaient faire quelque chose, notamment venir nous consulter.

Qu’avez-vous fait d’autre ? : Demandons nous à ces gens qui nous paraissent aussi désolés que démunis face aux comportements aberrants de leurs enfants. Le papa dit qu’il leur a donné à chacun la fessée, qu’à la maison, ça ne se passe pas pareil qu’à l’école parce que, quand les enfants y font des bêtises, les parents leur tirent les cheveux juste au-dessus de la tempe, là où ça fait le plus mal et les bêtises s’arrêtent. Maintenant, le papa est désolé de ce qui se passe à l’école où il n’y est pas et regrette que les enseignants d’aujourd’hui n’appliquent pas ses méthodes pour conserver leur autorité. De son temps, à l’école, les maîtres, etc.. La maman relativise un peu les dires de son mari, elle a aussi appris que les enfants s’élèvent avec de la douceur et justifie les méthodes pédagogiques modernes bien que dans leur cas particulier, elles se montrent inefficaces. La maman prend aussi un peu la faute de ses enfant sur elle, elle est peu présente à la maison du fait de son travail en usine qui lui impose des horaires difficilement compatibles avec la vie de famille. Durant ce premier entretien, les deux enfants sont étonnamment très partie prenante, malgré leur âge et les faits désobligeants qui les amènent : ils n’ont pas peur de nous : eux aussi voudraient solutionner les choses. Le petit garçon explique que s’il y a de la bagarre à l’école, c’est que « dans la cour, on court beaucoup » et la grande sœur rajoute que si elle vole les stylos de ses copines, « c’est que le sien ne marche plus ».

Nous conseillons alors aux parents, malgré le peu de temps dont il dispose pour s’occuper comme il faudrait de leurs enfants de prendre le temps le soir au coucher pour écouter ce que le petit garçon aurait à dire de la cour de récréation puis de lui raconter une histoire tirée d’un livre avant qu’il ne s’endorme. Pour la CE2, que mère et fille fasse ensemble le cartable du lendemain en prenant soi, ensemble à ce qu’il n’y manque rien. Nous disons aussi au Papa, que l’école a évolué, que les enseignants n’ont plus le droit de frapper les élèves récalcitrants, et pour que leurs enfants bénéficient d’une éducation cohérente entre l’école et la maison, nous lui proposons comme mode de sanction de plutôt les gronder que de leur tirer les cheveux. Peut-être qu’appliqués, nos conseils seraient suffisants, mais peut-être pas. Aussi nous leur donnons un rendez-vous trois semaines plus tard pour juger des « résultats ». Nous promettons entretemps de téléphoner à l’école pour écouter ce qu’elle a à nous dire tout en rappelant que notre « habitude » est de travailler avec les familles et non avec les enseignants.

L’école est une petite école de campagne où l’enseignant de CE2 qui nous répond connaît très bien aussi le petit frère de maternelle et les difficultés qu’il pose à sa collègue. L’enseignant aurait beaucoup à nous dire sur les comportements « scandaleux » de ces deux enfants mais à la fois, il est gêné de « dénoncer » au téléphone à des personnes inconnues sa petite élève voleuse. Il compte beaucoup sur nous pour « comprendre » l’incompréhensible de ces élèves et pour aider leurs parents à les ramener dans le droit chemin. Nous le remercions de sa confiance mais nous le prévenons que notre habitude n’est pas de travailler avec les écoles, plutôt avec les familles et que peut-être ce manque de liens entre l’école et nous pourraient s’avérer frustrant.



Lors de la deuxième rencontre familiale, la famille se place devant nous d’une façon insolite. Alors que nos sièges sont disposés en cercle pour favoriser une discussion « circulaire » durant l’entretien, (que tout le monde se voit pour se parler), les enfants se placent devant notre petite table de salon où nous disposons feuilles et feutres pour dessiner et s’occuper les mains et les parents s’assoient juste derrière eux. Ils se disposent un peu comme en classe, les bons élèves devant, les cancres derrière et nous, comme les enseignants face à eux. Ca, c’est ce que nous pensons mais nous ne le disons pas. Nous nous contentons de vérifier les devoirs. Pour le petit garçon, la maman a pu l’écouter quelques soirs mais, en ce qui concerne le cartable de sa fille, elle l’a tout simplement oublié. Quand, j’essaie de comprendre cet oubli, la maman finit par me dire qu’elle pense sa fille suffisamment grande pour s’occuper de ses affaires toutes seules.

Les enfants sont très désireux de nous dessiner des maisons. Ils s’y appliquent, ne se chamaillent pour ainsi dire pas du tout les crayons, la grande sœur prête même un temps le rose à son petit frère et les parents sont ravis du spectacle que leur famille nous donne à voir. Dans cette ambiance idyllique, nous essayons de reprendre la conversation avec les parents à propos de leurs enfants, mais nos questions tombent à plat : ils ne savent vraiment pas quoi nous dire. Par contre, du regard, on voit combien il voudrait nous confier leurs enfants. Ceux-ci, dans un même élan, font de même. Ils nous intéressent à leurs dessins. Non au contenu des dessins, ce sont des maisons anonymes où il ne se passe pas grand-chose, mais plus à leur qualité de dessinateurs et combien tout cela est joli.

Alors, devant autant de séduction, nous cédons et proposons pour chaque enfant trois séances individuelles « d’évaluations » pour écouter ce que les enfants auraient à nous dire de leur problème. Ma collègue verrait la petite fille et moi, le petit garçon. Tout le monde est ravi.

Je vois le petit garçon une première fois, conduit par sa grand-mère maternelle chez qui il passe tous ces mercredis. Le petit garçon et moi faisons connaissance surtout de ses désirs que plus grand, il serait à la fois militaire, pompier et policier et qu’il mourrait à la guerre et que ce ne serait pas grave parce qu’après il irait à l’hôpital, on y brûlerait des papiers et qu’il y serait guéri. Je m’étonne un peu en tant que soignant que l’on puisse guérir de la mort aussi facilement mais il m’assure qu’il l’a vu à la télé ! A la fin de la séance, je demande à la grand’mère ce qu’elle pense de son petit-fils mais, elle ne veut rien me dire, elle veut rester neutre, elle ne fait rien qu’accompagner.

A la deuxième séance, il y a la maman, mais aussi beaucoup de monde dans la salle d’attente qui attend pour d’autres rendez-vous. On ne peut pas tellement se parler. La maman me confie donc son fils avec sous son bras, son cahier. On l’ouvre dans le bureau. C’est le cahier de liaison. L’enfant attend que je le lise. Il comporte le règlement de l’école. Puis, des mots de la maîtresse à destination des parents. Dix depuis la rentrée. A peu près toujours les mêmes. : Votre enfant a encore agressé ces petits camarades, vous devez faire quelque chose pour arrêter cela. En dessous, la réponse des parents : « nous avons bien pris note, et nous avons réagi ». Il y a un mot aussi de la maman qui informe qu’ils ont bien pris rendez-vous chez nous.

Alors, devant l’insistance de la réalité, je pose enfin la question au petit garçon : mais, pourquoi tu tapes les autres ? Mais, parce qu’eux aussi me tapent ! Il est vraiment désolé, mais c’est la seule explication qu’il peut fournir. Mais, tu sais qu’il n’y a pas le droit, la maîtresse et tes parents te le disent. Oui, et Papa me donnent la fessée. Il attend visiblement de ma part une solution. Je réfléchis puisque c’est mon métier. Je propose : mais quand vous vous tapez, des fois, vous ne voudriez pas jouer à la guerre ? Parce que la dernière fois tu m’avais dit … Apparemment, cette explication lui plaît bien parce qu’il sourit mais, il ne voit pas trop comment ça pourrait lui servir. Je dis, au lieu de vous taper pour de vrai, vous ne pourriez pas plutôt vous tuez en faisant comme ça avec vos doigts et je lui montre comment on fait un pistolet… Le sujet l’intéresse. Son père a un vrai fusil. En plus de travailler au train, il tue des cochons. A l’abattoir ? Non ! A la chasse ! Seulement, à la chasse, les enfants n’ont pas le droit d’y aller…

On voit bien tout les deux, combien on est piégé. D’un côté, ça serait bien que je lui apprenne à jouer à la guerre sans se faire mal pour de vrai, un peu comme dans la télé, mais, en même temps, qui nous dit que les autres enfants de l’école seraient d’accord pour arrêter de taper quand on les tue … Alors, pour passer le temps qu’il nous reste de séance, on lit aussi le tableau des repas de la cantine. Je lui demande ce qu’il a mangé la veille. Il ne s’en rappelle plus. Je lis : steack haché-petit pois. Il est très heureux que rien qu’avec le cahier de l’école, je sois capable de me rappeler d’un truc dont il ne se souvenait plus. Il me dit : oui, mais l’entrée, c’était pas bon et la dame voulait qu’on finisse tout. Je lui lis que c’était une « crêpe fourrée ». Il dit peut-être, mais ce n’était pas bon. Conscient de mon omniscience, il me montre la case du 18 décembre, là où est dessiné un sapin de Noël. Qu’est-ce qu’il y a d’écrit ? Repas de Noël que je lui dis. Mais c’est quoi ? Je ne sais pas ! Sûrement une bonne surprise ? Et ce faisant, je constate combien ce grande section est intéressé par la lecture qu’il ne déchiffre pas encore.

C’est pour ça que contre mes habitudes, j’ai retéléphoné à l’école. Pour leur proposer, s’ils étaient d’accord, une réunion avec les enseignants, nous, et les parents. Je n’ai pas osé parler des enfants. Que les enseignants en parlent entre eux pour qu’en fonction de leur réponse, nous proposions ou non ce retour de bilans aux parents. Mais, l’enseignant au bout du fil, n’a pas besoin de réfléchir plus avant. Il sait que sa collègue pense comme lui. Qu’ils ont à leur disposition, une « réunion pédagogique » où ils seraient prêts à nous recevoir.

Bien sûr : aller dire à des parents et à des enseignants qu’un petit garçon qui tape ses camarades de classe, c’est parce qu’il rêve de mourir à la guerre, c’est un peu gonflé ! Faudra une explication de texte ! On prévoit la réunion après les vacances de Noël ! C’est plus prudent. Vue la réalité des fins de trimestres dans les écoles !

Nous souhaiterions donc modifier durant cette réunion, non pas l’école, non pas les parents, non pas les enfants, mais la représentation de la réalité quotidienne de chacun. C’est vrai qu’il y a dans les écoles des enfants qui frappent, d’autres qui volent, mais nous ne pensons pas comme certains politiques que se sont de futurs délinquants. Nous croyons, parce que nous sommes psys que ce sont des enfants qui cherchent à accéder à la pensée symbolique pour apprendre à lire et à écrire. Que la loi, c’est quelque chose qui est dit, écrit, que ça ne change pas, mais que pour l’apprendre, il ne faut pas taper. Nous savons aussi combien la loi scolaire est injuste. Que certains qui la comprennent mieux que d’autres peuvent devenir instituteurs quand les cancres finissent leur vie à l’usine ou pire. Mais qu’ici, dans cette réunion et malgré les différences chacun, tout le monde voudrait que ces nouveaux élèves réussissent. Bien sûr, pour l’instant, c’est un rêve. C’est quelque chose qu’on a du mal à voir. On dirait, avec la lecture actuelle du quotidien que ça n’est vraiment pas la réalité.

Or, et c’est là le message psy, le plus difficile à faire passer. C’est que notre réalité, c’est nous qui la fabriquons. Si nous pensons que nos enfants, nos élèves sont des délinquants en puissance, alors ils deviendront des délinquants. Que les sanctions violentes, pour ces enfants qui ne comprennent pas leur violence, plutôt que de leur entrevoir qu’ils sont aussi des bons enfants, les enferment à leurs yeux et aux yeux de toute la classe dans le statut de mauvais enfants.

La petite fille de Ce2 dit à ma collègue : le pire, c’est que, quand mon petit frère est puni, il vient au piquet dans ma classe et les autres filles se moquent de moi. Puis : je regrette le temps où Maman venait accompagner la classe à la sortie piscine.

Redorer le blason de ces deux enfants auprès de leurs parents et de leurs enseignants est le préalable nécessaire pour, éventuellement, les écouter davantage. Bien sûr, des diables qu’ils étaient, nous ne souhaitons pas en faire des anges. Nous sommes d’accord avec la loi de l’école ! Il faut y souscrire ! Mais, le premier outil a donné à ses enfants pour qu’ils y accèdent, c’est que tout le monde garde confiance en tout le monde et surtout en eux.

Or, et pour finir, ici, la peur que les choses se répètent d’une génération sur l’autre comme un destin inscrit, peut gauchir la réalité de ces deux élèves. Faire que l’histoire ne soit trop vraie. Car, bien entendu, c’est dans cette même école que leurs parents, enfants, avaient déjà échoué.

Mais ça, ça n’est ni le rêve, ni la réalité : c’est juste l’histoire, le passé douloureux qui fonde le cauchemar à venir!


Dernière édition par Vic Taurugaux le Ven 4 Déc 2009 - 18:44, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Ce que l'on ne voit pas existe-t-il ?   Ven 4 Déc 2009 - 17:14

Romane a écrit:
Toujours au sujet de la psychologie quantique
L'union de ces deux mots me fait bondir, mais je l'ai déjà écrit.


Romane a écrit:
- Quelque part un peuple crève de faim, ou subit des tortures, ou la guerre, ou que sais-je. Je n'ai pas de télé, les journaux n'en parlent pas, ou bien je n'achète pas le journal, toujours est-il que je l'ignore. Donc cela n'existe pas. Donc ils crèvent de faim sans crever de faim, sont torturés sans être torturés et la guerre qui fait rage n'a jamais été déclarée. Là c'est fort, quand même.
Ca s'apparente au négationnisme.


Romane a écrit:
Je me dis donc que notre regard ou notre connaissance ne tourne qu'autour de soi. J'y vois un état "rentré" ou "nombriliste" (enfin voyez l'idée)
Certains vont plus loin en arguant que leur "conscience est l'unique fondement de la réalité des choses" (le solipsisme).


Romane a écrit:
Ce qui est totalement incompatible avec l'idée que nous serions tous reliés à tous et au Tout. (Ce qui veut dire partage, communion, être ensemble)
Etre en communion, n'est-ce pas flatter l'ego de l'autre et vice versa...
Revenir en haut Aller en bas
Romane
Administrateur
avatar

Nombre de messages : 91113
Age : 62
Localisation : Kilomètre zéro
Date d'inscription : 01/09/2004

MessageSujet: Re: Ce que l'on ne voit pas existe-t-il ?   Lun 7 Déc 2009 - 0:40

Je n'oublie pas ce fil, je réfléchis à ce qui s'est dit. Ça peut prendre un certain temps.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Bonjour, je suis Romane, alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane."
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
http://lessouffleursdereve.jimdo.com/
Revenir en haut Aller en bas
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
Sbreccia



Nombre de messages : 5085
Date d'inscription : 04/08/2005

MessageSujet: Re: Ce que l'on ne voit pas existe-t-il ?   Lun 7 Déc 2009 - 1:05

Romane a écrit:
Je n'oublie pas ce fil, je réfléchis à ce qui s'est dit. Ça peut prendre un certain temps.

Idem...
quelques pistes du coté de l'autisme..? et la perception des oeuvres d'art..?
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Ce que l'on ne voit pas existe-t-il ?   

Revenir en haut Aller en bas
 
Ce que l'on ne voit pas existe-t-il ?
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Ce que l'on ne voit pas existe-t-il ?
» [RESOLU] Mon HTC HD2 ne voit plus ma SD
» Quelle est pour toi la plus belle voiture qui existe,ou qui existait au monde?
» Le pégase existe ...
» Pochettes 20x30cm pour book, cela existe-t-il ?

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Forums Liens Utiles :: Connaissance du Monde :: La Science :: Ethique en rapport avec la Science-
Sauter vers: