Forums Liens Utiles


 
AccueilAccueil  FAQFAQ  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Le mot de la fin

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2
AuteurMessage
Romane
Administrateur


Nombre de messages : 91099
Date d'inscription : 01/09/2004

MessageSujet: Re: Le mot de la fin   Mar 29 Déc 2009 - 2:43

Alf, ce Père là pourrait poursuivre son voyage durant 365 jour, me disais-je, en imaginant boucler la boucle, et puis repartir inlassablement vers 365 autres, multipliés jusqu'à ce qu'il n'existe plus d'enfants.

Pourvu qu'il y ait toujours des petiots.

Moralité : faisons des enfants.

Trys, ma belle, toi aussi tu as fait preuve d'inspiration !! Vous êtes extras !!
Revenir en haut Aller en bas
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
Tryskel
Miserere mei
avatar

Nombre de messages : 9703
Age : 69
Localisation : A l'Ouest d'Avalon
Date d'inscription : 25/09/2007

MessageSujet: Re: Le mot de la fin   Mar 29 Déc 2009 - 3:43

Pour les enfants, j'ai donné, merci! Ange

Ben pour le texte, j'ai suivi les consignes, jusqu'à la musique d'accompagnement, je fais des progrès, ça doit être l'effet Noël! mdr

J'attends avec impatience la suite des périgrinations du Père biaronaute!
Revenir en haut Aller en bas
Alf
Plumoversificateur
avatar

Nombre de messages : 13967
Age : 69
Localisation : TDCDM : Landes
Date d'inscription : 23/06/2005

MessageSujet: Re: Le mot de la fin   Ven 1 Jan 2010 - 0:25

Acte toujours aussi unique, scène 3

Ce n’est qu’au potron-minet de ce troisième matin-là, que Noël, en regardant où il mettait les pieds dans cette partie du ciel qu’il ne connaissait pas, s’aperçut qu’il allait nu-pieds.
Il repensa avec tristesse et un tantinet d’amertume au monte-en-l’air qui devait prélasser les siens de petons dans ses bottes de père de décembre.

Un ronflement le sortit de sa méditation transcendantale et quelque peu colérique.
"Quoi, se dit-il, un nuage qui ronfle ?".
Il s’approcha à pas feutrés quoique nus du gros stratus blanc, ventripotent, barbu et chevelu, aussi chenu que lui.
Affalé dans le moelleux, un immense personnage, la graisse des biceps en croix, dormait du sommeil du juste.
Il portait une sorte de robe de chambre blanche dont il retenait les flancs, que son ventre démesuré entrouvrait à chaque mouvement de ses incommensurables poumons, grâce à une ceinture de cuir agrémentée d’une boucle en plaqué-or dernier-ronflement…
À ses pieds à lui, pendant dans le vide de la galaxie, de rutilantes bottes ! Noël crut un instant qu’il tenait là le voleur du premier matin…
Mais à bien y regarder, ces bottes ne ressemblaient que de loin aux siennes…
Elles avaient un je-ne-sais-quoi de féérique et de félin...
Noël, tristement, tourna ses talons sans semelles pour reprendre sa route vers son destin, comme un va-nu-pieds honnête…

Un énorme cri roque ébranla l’horizon et fit trembler les moutons moutonnant les cieux alentours… Une sorte d’appel…

L’ogre qui venait de se réveiller, le hélait…

"Où vas-tu et d’où viens-tu dans cet accoutrement réduit de moitié, ronronentonna-t-il, en tentant d’étirer ses bras démesurés et pas qu’un peu adipeux, je vois que tu portes du Jason ancien et un bonnet-rouge-nuit-des-temps… et… euh… comment, petit père, tu vas nu pieds ? Mais…"

Noël interrompit la grosse masse blanche, dont il n’apercevait que les yeux, deux cercles bleus, comme deux lacs au milieu de la neige et la bouche, un cratère à grande circonférence au milieu de la banquise.

Il raconta sa mésaventure du premier matin au réveil, en peu de mots, car ses pieds commençaient à lui faire un concert de cors sans harmonie, dont il se serait bien passé…
L’ogre, qui finalement n’était pas si ogre que cela, en fut particulièrement ému.

"Je sais ce qui pourra te servir à la fois de VPAGV et de protection à tes astragales et tes calcanei… Ah oui, pardon ajouta-t-il devant l’air ébahi de Noël, toujours ma maladie pour les sigles : Véhicule Pédestre À Grande Vitesse…"

Noël, avide de redevenir ce qu’il était la veille de la veille, tendit gauchement son pied droit vers les bottes mystérieusent félines et féériques…

"Oui, mais avant, surenchérit la blanche forme neigeuse à lacs et cratère, je vais te narrer."

Et l’ogre raconta qu’il ne l’était plus depuis longtemps, qu’il avait fait le vœu de jeûne perpétuel et ainsi d’appliquer par la même occasion et ad vitam aeternam, la devise "Qui-dort-dîne"…
Puis après avoir dégluti dans un bruit de chutes plus montagneuses que celles de Bidarray, s'il y en avait en Pays Basque, il se mit à narrer son histoire…
Les horreurs que la faim lui fit commettre : ses filles égorgées et tous ces enfants innocents, sa culpabilité;
sa fuite éperdue dans le ciel, les bois, les plaines, les montagnes, chaussé avant que le poucet ne les lui vole des bottes des neuf DCLI (Diables-Cornus-des-Lieux-Inconnus) pas amusants pour un sou et aux mains aux sept pouces et celles de l’unique CMC (Chatte de la Marquise de la Carabinaplon) quelque peu Merline l’enchanteresse sur les bords et favorite du Roi et qui fit sut faire de lui un ogre comme il n’en existe que dans les faux contes, gentil au possible, et à laquelle il jura de dormir pour calmer définitivement sa faim de chair fraîche…

"Je suis tendre devenu, comme la chair que je n’aime plus, et sédentaire de surcrois. Je ne sillonne plus l’espace intersidéral à la vitesse du vent. Et puisqu’il ne m’est plus permis que de dormir, je te donne mes VPAGV, dit l’ogre gentil, avec une sorte de brume matinale sur ses deux lacs bleus… Et puis, tiens, je te donne aussi, parce que je finirai bien par devenir svelte, ma ceinture de cuir, ainsi pourras-tu refermer ton Jason-de-jadis, et ainsi te protéger ce qui ne me sers plus à rien, le ventre."

Son cratère s’ouvrit en grand, ses lacs disparurent dans la neige de sa masse adipeuse… Le ronflement extraordinaire reprit, en ébranlant le ciel, qui en avait l'habitude.

Noël chaussa les bottes de la Chatte, féériques ceignit son ventre non encore affamé du cuir ancestral et reprit sa route céleste vers sa destinée de Père…

Noël à suivre...
Revenir en haut Aller en bas
Alf
Plumoversificateur
avatar

Nombre de messages : 13967
Age : 69
Localisation : TDCDM : Landes
Date d'inscription : 23/06/2005

MessageSujet: Re: Le mot de la fin   Mer 6 Jan 2010 - 22:33

Acte unique, il ne messied point de le répéter, scène 4

Cette aube-là, la suivante, car les aubes succèdent aux aubes, même sur la route céleste du Père de décembre et les nuits ne cessent de descendre les unes après les autres, Noël passa près un lac suspendu, un Oo du ciel, un Érié des nues, un Baïkal de la galaxie, où venaient, avant sa glaciation, paître en douce les troupeaux de moutons de nuages…
"Serait-ce ici que se mira Narcisse " se demanda-t-il, quelque peu étonné…Le lac suspendu, en effet était aujourd’hui vertical… Un miroir de glace, mes lutins !!!
En passant devant cette drôle de psyché galactique, Noël aperçut sa silhouette toute rouge…
"Tout ça manque un peu nafreluches blanches", se dit ce Père, sauvé du désastre de sa nudité, l’autre matin, par le roi des Biarronautes.
Jamais il ne remercierait assez Jason, ni Pénélope !
Pourtant, c’est rouge et blanc qu’il se devait d’être pour faire vrai.

Il savait, pour l’avoir appris un de ces derniers Noëls, que non loin de la psyché, chantait encore Dalila, cette indicatrice à la bouche de feu, que l’on croyait sans son…

Eh bien non ! Elle était là, sur son nuage ! Et elle fredonnait toujours la même chanson, celle du temps où Samson était un bambinonazir, un rastafari plein de vigueur, comme chaque jour que Yavé faisait, il venait d’avoir dix-huit ans…
Et elle pelotait, tristement, une sorte de laine blanche, dont elle faisait des tresses, qu’elle défaisait inlassablement… Elle éprouvait, à n’en pas douter, quelque jalousie ancestrale envers Pénélope, dont elle n’avait pu ne pas connaître le succès…
Noël, à pas feutrés quoique bottés, n’osait pas interrompre les couplets de Dalila… C’est elle qui le héla !

"Où vas-tu ainsi tout rouge ?" demanda la deuxième Pénélope à succès.

Noël en peu de mots, car il commençait à ne plus supporter tout ce rouge sur son dos et sa tête et qui lui donnait l’aspect d’un piment d’Espelette, (à lui qui se piquait d’être le Noël des enfants de tous les temps !), raconta sa mésaventure de la première aube, la blanche, la vraie, la nue…
Dalila en fut excessivement émue…

"Je sais ce qui pourra te servir de fioritures pour mettre un peu de fourrrure à tes manches, dit-elle en montrant la pelote sur ses genoux de chanteuse éternelle, quelques fragments détressés de ma laine."

Noël, avide de blancheur tendit franchement une main blanche vers les fanfreluches salvatrices.

"Oui, mais avant, surenchérit Dalila à la bouche de feu que l’on croyait sans son, je vais te raconter"…

Il gardait bien son secret, le grand Bambino aux cheveux de jais ! Elle lui en chanté des harcèlements ! Elle a même essayé la jalousie, sans chichis, elle lui a fredonné un autre amoroso, le petit Gigi ! Il en fut marri, ciel ! Et en a même descellé la porte du palais, mais rien n’y fit, pas même la méthode des liens ! Rien.
Et elle termina avec la chanson du désordre dans ses cheveux…
Le miracle se produisit. Et Samson, sans un son se soumit à ses doigts… Dressé le Grand Bambino ! Ciao, Gigi l’Amoroso !
C’est ainsi que naquit la première tresse, dont il perdit la vue, au su de tous les philistins, les épiciers, ceux qui pensaient enfanter des notaires et qui mirent au monde des poètes…

"Je suis meurtrie et stressée, depuis que mon Samson fut enseveli entre la Çoréa du nord et l’Eshtaol du sud… alors je tresse.
Et en plus, cette catin de... ajouta-elle comme si son sang faisait soudain quarante cinq tours, cette Pénélope qui n’arrête pas de me narguer avec son Ulysse ! Alors oui, pour me déstresser, je tresse ! Et je me rechante les chansons que je susurrais à Samson… Regarde, Noël, sa chevelure est devenue laine chenue… Il est temps que je m’en défasse. "

La vieille indicatrice avait bien remarqué l’hésitation de Noël, qui se demandait qu’est-ce qu’il allait faire de ces fils en désordre.

"Viens, approche lui dit-elle, je vais t’enfilocher avec mes doigts, mes dés et mes chas"…

Noël, sans son, muet, timide en diable, abandonna son rouge à Dalila.

Elle fit de la toison de Samson de beaux revers pour les manches de Jason et le bonnet de Pénélope. Une sorte de vengeance, en somme.

Un pompon blanc fut la cerise blanche sur ce gâteau tout rouge.
De la dernière tresse détressée, Dalila, en chantonnant son sempiternel "Itsi-Bitsi-Petit-Bikini", faufila, d’un dé expert, un bel ourlet pour la Jason-Du-Prime-Jour.

Et Noël reprit sa route céleste vers sa destinée de Père…

À suivre…
Revenir en haut Aller en bas
Alf
Plumoversificateur
avatar

Nombre de messages : 13967
Age : 69
Localisation : TDCDM : Landes
Date d'inscription : 23/06/2005

MessageSujet: Re: Le mot de la fin   Dim 24 Jan 2010 - 20:10

Acte décidément très unique, scène 5

Avant même que ne se fussent levés les premiers moutons de la bergerie de son ciel unique, Noël, cet autre matin-là, le nouveau de sa longue marche, frisquet au demeurant, aperçut l’homme…
Il avait entendu dire qu’un vieil Ibère vivait toujours malgré le dilemme du temps caché à l’abri de l’orage et du désespoir…
Il n’avait qu’un seul gant à la main droite, celle qui tient l’épée…
Il héla donc

Cet homme-là, dont il ne voyait que le dos,
Venant de déposer dans le ciel des fardeaux,
Un sabre bien trop lourd, un harnais, une selle ;
La bannière arc-en-ciel dans la brume était celle
De don Diègue, ce père encore là étant;
L’homme, sans voir Noël, tonnant, rageant, pestant,
Levait ses vieilles à un gant et sa veste
Était d’un cuir farouche et d’une mode agreste ;
Noël, sans ébaucher même un buenos dias,
Dit : « Hola, n’êtes vous point le seigneur Ruy Diaz,
Le grand campéador de Corneille ?" Et notre homme,
Se retournant, lui dit : "C’est moi…Don Diègue, en somme."

Noël soufflait dans ses mains endolories par le froid du petit matin frisquet…
Pour l’Ibère cela, fut fort insoutenable :

"Quoi l’ami vous n’avez pas même un petit gant ?
Outre qu’en ces cieux-ci ce n’est point élégant,
Vous allez attraper une onglée intenable !"
D’où viens-tu ? Où vas-tu, je crois… mais qui es-tu ?
Ces bottes, ce manteau ? Quel est le sort têtu…"

Noël en peu de mots, car il commençait à ressentir au bout des doigts ce que le vieux guerrier pressentait, lui raconta sa mésaventure du premier réveil…

Don Diègue en fut ému…

"Je tiens ce qui pourra protéger tes phalanges
Contre le froid des ans. Fi du sexe des anges !"

Noël lorgnait avidement la main droite de l’Ibère au bout de son bras usé…
Le vénérable Ruy Diaz comprit la convoitise.

"Je conserve ce gant du passé ennemi.
Il me sied que mes gestes soient, même à demi,
Protégés. J’ai pour toi de Chimène les moufles.
Ils furent retaillés dans ceux que des maroufles
M’ont lancés sur le nez… Ô rage ! Quels soufflets !"

"Oui, ce fut enseigné par les profs aux moufflets",
répondit Noël, emporté par la musique alexandrine et voyant que le vieux Don Diègue cherchait une rime en "flets"…
Ce dernier sourit.

Et le Cid raconta l’agréable colère,
Le digne cri d’un fils à sa douleur bien doux !
Qu’il reconnut son sang à ce noble courroux ;
Qu’antan revint d’un coup en son ardeur si prompte
Et qu’il lui demanda de réparer sa honte
Et d’ainsi le venger d'un affront fort cruel
Qui au père et au fils porta un coup mortel !

"Ah bon, mais c’était quoi ?", demanda Noël, un peu honteux dans sa toison de Jason et coincé dans ses bottes d’ogre devenu gentil comme tout…

L’Ibère répondit quelque peu essoufflé
Que cet affront n’était qu’un énième soufflet
Et que le malotru en eût perdu la vie
Mais que l’âge avancé a trompé son envie…

Il lui narra enfin le nœud à défaire, remis entre les doigts gantés de son fiston…

En finissant son récit cornélien, il fouilla dans sa veste agreste et en sortit une paire de gants blancs et dit :…

"Ces gants que mes vieux doigts ne peuvent plus remettre
Je les donnes aux tiens. Si je puis me permettre :
Va contre l’engelure éprouver leur courage,
Ces moufles te seront d’un grand secours, mon âge…"

Il vit que Noël, ému à son tour de l’offrande d’un illustre mais usé Campeador. Il devança son propos :

Non, ne réplique point, je connais ton amour,
Pour les petits enfants qui attendent ton jour…"

Et Noël, ganté de blanc, doigts chauds et contents, reprit sa route céleste vers sa destinée de Père…


à suivre
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Le mot de la fin   

Revenir en haut Aller en bas
 
Le mot de la fin
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 2 sur 2Aller à la page : Précédent  1, 2

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Forums Liens Utiles :: Littérature :: Ecriture :: Jeux d'écriture-
Sauter vers: