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 Elle contre lui

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MBS

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Date d'inscription : 31/10/2007

MessageSujet: Elle contre lui   Sam 12 Déc 2009 - 13:59

L’horizon est gris, noyé dans des brumes de larmes amères.
Tout autour, les bruits semblent avoir doublé, triplé de volume. Tout est violence, tout est agression. Un enfant qui joue, une femme qui appelle, un homme qui chante.
Il voudrait faire quelque chose mais il ne peut pas bouger.
Elle irradie, elle bloque, elle abat.
Elle le tue mais il n’en meurt pas.

Fuir.
Mais pour aller où ? Où qu’il aille, où qu’il soit, ce sera toujours pareil !
Il se sent broyé par une machine insensible à ses plaintes, par une logique qui lui échappe, par un dysfonctionnement coupable de ce qu’il est.
Si fuir est impossible, peut-il penser à autre chose ?
Il essaye.
Penser, c’est s’évader. Créer l’est encore plus. Alors, il s’arme de courage et de cette patience qui lui fait si cruellement défaut en temps normal.
Mais la clé d’un ailleurs cérébral semble avoir disparu. Rien ne lui vient, tout se brouille et se mélange en une bouillie d’idées mille fois ressassées et jamais abouties. Dès qu’il veut attraper un soupçon de projet, elle le rattrape, le tire en arrière, l’éloigne… et l’idée s’évanouit écrasée par la misérable douleur.
Il cherche alors à relativiser. Des souffrances, il en est de bien pire dans le monde. Des chambres d’hôpital aux villes sous les bombes, des prisons des dictatures aux mensonges cathodiques transformés en vérités triomphantes. Mais, là, il ne peut qu’être égoïste. C’est sa vie à lui qui se brise.

Vieillir.
Découvrir qu’on est faible, que ce que la naissance vous a donné n’est pas éternel. Oh, il ne pense pas à la mort, mais à ces multiples petits riens qui lui disent que l’heure approche. Ces yeux qui noient les paysages dans des flous même pas artistiques. Cette mémoire jadis triomphante qui hésite à livrer le bon mot au bon moment. Cette fatigue permanente qui le couche à terre pour un effort trop violent.
Chaque jour, elle revient. Jamais la même… Mais elle est là qui le fauche quand il ne s’y attend pas. L’épaule, le ventre, le bras, la jambe. Il se cherche une bonne raison. Il en trouve souvent. Juste pour éviter que la vérité vienne vraiment l’effleurer. Rien ne sera plus jamais comme avant.

Souffrir.
De ce qu’on est devenu et de ce que cela vous apporte. En désagréments, en douleurs, en remises en cause. Sentir le doute envahir les quelques parcelles de certitudes qu’on avait fortifiées contre vents et marées, au milieu des coups de tabac de l’existence. Ces voiles qu’on n’avait jamais envisagées baisser un jour, les voilà repliées sur le pont. Le navire est en panne et se laisse chahuter au gré des éléments.
Au milieu de la tempête, il veut bien serrer les dents, garder haut le pavillon, faire semblant que tout va bien pour que l’équipage de sa vie ne perçoive rien de ce qu’il endure. Passer du visage triste au faciès souriant, lâcher une connerie juste pour montrer que tout est normal, faire le flambard. Souffrir mais en silence.

Un fauteuil. Une vie qui défile. Des regrets qui, comme la marée, vont et viennent et finalement vous renversent et vous échouent sur le sable.
Demain existe, il le sait. Mais demain vaut-il la peine s’il n’est pas meilleur qu’aujourd’hui ?
Une chaise. Des images qui s’insinuent dans les failles d’une mémoire amoindrie. Des regrets comme s’il en pleuvait. Pour un oui ou pour un non. Pour un geste ou pour un silence.
Hier a existé, il s’en souvient. Mais qui aura vu ce qu’il a vu, senti ce qu’il a senti, aimé ce qu’il a aimé. Ce qui passe est éphémère. Ce qui reste le deviendra.
Un lit. Des visions qui le troublent. Des éclats de lumières violettes au rythme des décharges de souffrance que lui envoie son corps.
Maintenant n’est qu’un instant. Il est déjà passé, remplacé, occulté par un autre qui lui-même n’en a pas pour très longtemps.

Vivre.
Continuer malgré tout à y croire. Fermer ses oreilles aux rumeurs nauséabondes du monde. S’accrocher à ces rêves comme à autant de coins de ciel bleu dans la nuée grise des jours.
Dire merde à la douleur. La noyer sous des listes de cachets et de sirops. L’envoyer au diable avant qu’elle ne vous y envoie.
Ne plus perdre son temps à se raconter des histoires.
Retourner vers son clavier et reprendre le cours de la sienne…
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