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 Requiem pour l'Histoire

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Vilain
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MessageSujet: Re: Requiem pour l'Histoire   Sam 15 Mai 2010 - 23:41

Romane a écrit:
Matignon, c'est le Palais présidentiel, Bela. C'est une boutade bien sûr, mais je trouve que Disney Land' lui va si bien...

Non Ro; le palais présidentiel c'est l'Elisée....Matignon c'est le Premier Ministre...
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Romane
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MessageSujet: Re: Requiem pour l'Histoire   Sam 15 Mai 2010 - 23:44

Ah oui, crotte. Je suis formatée Matignon, ça me joue des tours. Remarque, il n'y a pas grande différence de l'un à l'autre.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Bonjour, je suis Romane, alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane."
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MessageSujet: Re: Requiem pour l'Histoire   Ven 3 Sep 2010 - 19:17

http://sauvonslhistoire.historia.fr/sites/default/files/gare-aux-fautes-de-reperes_0.pdf

Je ne suis pas de ceux qui prônent le retour aux programmes du certifs avec liste de dates par coeur, si on ne sait pas à quoi correspondent ces dates, si on n'est pas capable de les replacer dans le contexte, Marignan 1515 ça ne sert à rien.
Mais les repères chronologiques sont essentiels pour établir les liens entre les faits et comprendre pourquoi ce qui c'est passé c'est passé à ce moment là et comme ça.
Faire de l'enseignement de l'Histoire un patchwork c'est inutile et dangereux.

Je ne nie pas l'interêt de connaître l'histoire de l'Inde et de l'Afrique qui casserait l'européano centrisme de la notre, mais jetées en miettes entre deux tranches d'autre chose ça ne peut que semer la confusion dans les esprits.
Zapper Napoléon et Jeanne d'Arc, ça me tenterait, je deteste le premier et la seconde relève davantage de la légende, mais on ne peut pas faire sans puisque ils ont été dans l'histoire de notre pays...

Je suis pour une histoire thématique qui elle permet d'englober à une période donnée tout ce qui c'est passé dans le monde sur le sujet, en ne l'isolant pas des autres composantes.
Exemple ce qu'il est convenu d'appeler les "grandes découvertes" qui sont le fait d'une Europe à bout économiquement, epuisée par les guerres intestines, guidée par la soif d'or et de richesses plus que par celle des connaissances. Elles ont eu d'immenses répercussions sur les "découverts" qui ne demandaient pas à l'être, sur l'équilibre économique et politique de l'Europe... Sur l'équilibre mondial aujourd'hui avec la situation de l'Amérique Latine et de l'Afrique.
Voilà un possible fil conducteur pour une étude élargie mais demeurant cohérente.

Mais la recherche de la clarté et de la cohèrence ne semble guère être la préoccupation majeure des concepteurs de programme!


Faudrait qu'on m'explique ce que signifie "L'hyperbole en lien avec l'étude grammaticale de l'emphase" (programme de français de 4ème), c'est ça qui va permettre aux gamins d'être capable de lire et de comprendre un texte?
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MessageSujet: Re: Requiem pour l'Histoire   Sam 4 Sep 2010 - 0:51

Il est très bien, l'article. Et il résume ce que je pense du niveau actuel des élèves : pitoyable.
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Romane
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MessageSujet: Re: Requiem pour l'Histoire   Sam 4 Sep 2010 - 1:04

Nous sous-développons notre pays à vue d'oeil.
Souvenez-vous du temps où la France était dotée de la Ville Lumière. C'est bien fini tout ça.

Dégringolade de jour en jour. J'vous jure que j'aurais honte si j'étais aux manettes, d'abrutir la population comme ils le font, et de préférence en commençant par les jeunes.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: Requiem pour l'Histoire   Lun 27 Sep 2010 - 18:19

http://www.agoravox.tv/actualites/societe/article/clovis-et-charles-martel-vires-des-27547

Je vous le livre tel quel, à vous de voir ce que vous en pensez...
Lisez les coms, au moins quelques un, ils valent leur pesant...
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MessageSujet: Re: Requiem pour l'Histoire   Lun 27 Sep 2010 - 23:21

Hé oui, un peuple qui n'a pas d'histoire est un peuple perdu.

Les commentaires valent effectivement leur pesant de cacahouètes.
Je suis heureuse d'apprendre qu'Astérix a découvert l'Amérique.
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Tryskel
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MessageSujet: Re: Requiem pour l'Histoire   Mar 19 Oct 2010 - 21:03

L'Histoire de France n'a pas besoin d'un musée

Philippe Baumel - élu PS | Lundi 18 Octobre 2010 à 15:01

Instaurer un Musée de l'Histoire de France, voilà la dernière lubie de Nicolas Sarkozy. Mais pour Philippe Baumel, vice-président du Conseil Régional Bourgogne, on ne peut enfermer cette Histoire dans un seul lieu… L'essence de ce passé est partout, dans les murs du Louvre, les Châteaux de la Loire ou dans toutes les villes de l'Hexagone. Alors pourquoi créer une telle structure, si ce n'est pour sortir de l'histoire ?




Le président de la République a pris idée de créer un Musée de l’Histoire de France. Louis-Philippe l’avait déjà fait en 1833 à Versailles. La définition de l’Histoire de France a été un enjeu majeur depuis plusieurs siècles. On ne peut faire le reproche au président de la République de vouloir faire connaître l’histoire de leur pays à nos concitoyens. Sans doute peut-on lui faire le reproche de laisser oubliées dans les programmes quelques pages de notre histoire qui apportent à l’intelligence du processus de construction de notre pays.

L’Histoire de France a-t-elle besoin d’un musée ? L’Histoire de France est présente partout : les murailles du Louvre médiéval sont, à bien des égards, plus encore les fondations d’un État que d’une forteresse. Quelques étages au dessus, parmi les milliers d’œuvres d’art qui nous font traverser plusieurs siècles de l’histoire de France comme de l’histoire de l’art, on s’arrête immanquablement devant les portraits peints par Philippe de Champaigne ou ceux, quelques décennies auparavant, par Clouet. L’Histoire de France est aussi dans l’histoire de notre capitale et le Musée Carnavalet nous la fait découvrir. L’Histoire de France, c’est celle de nos armées aux Invalides. L’Histoire de France c’est encore les Châteaux de la Loire. C’est aussi à bien des égards le Panthéon… Mais l’Histoire de France est présente dans bien d’autres endroits : c’est tout autant Domrémy que Valmy, c’est l’Ile au Diable comme le Café du Croissant, c’est le Chemin des Dames et, hélas, Oradour-sur-Glane, c’est même, à l’étranger, Carlton Gardens ou le Forum d’Alger…


A quoi joue Villepin?
La réforme des retraites, un remake du TCE
Le prochain Premier ministre sera… Nos grands historiens, de Michelet au monarchiste Jacques Bainville et jusqu’au très républicain Marc Bloch, se sont toujours efforcés de donner une interprétation de l’histoire de notre pays… Marc Bloch disait avec justesse : « il est deux catégories de Français qui ne comprendront jamais l'histoire de France, ceux qui refusent de vibrer au souvenir du sacre de Reims ; ceux qui lisent sans émotion le récit de la fête de la Fédération ». On touchait avec Marc Bloch à l’une des manières les plus exhaustives de concevoir et d’étudier l’histoire de notre pays. Il faut dire qu’auparavant, chaque époque et chaque camp essayèrent de trouver un héros national emblématique. Vercingétorix pour les uns, Clovis pour les autres au temps de la lutte de la République contre les monarchistes. Ce qu’il faut éviter, c’est que le souci des politiques d’assurer cohérence de l’histoire et cohésion d’un peuple ne se substitue au travail des historiens que l’on doit libérer au maximum des contingences du temps politique.

Une nation politique comme la France est parsemée de « lieux de mémoire ». L’accès à l’histoire de France peut s’opérer de maints endroits de notre pays. La Bourgogne a, avec Alésia ou Montmort, traces de la Guerre des Gaules, avec le Palais des Ducs ou Cluny - et tant d’autres lieux - traces d’un Moyen-âge plutôt prospère. Nos concitoyens disposent avec ces lieux de maintes portes d’entrée dans l’histoire de notre pays pour la comprendre et l’analyser.

L’Histoire de France a été faite par de « grands hommes » et dans des « lieux de mémoire ». Soit. Mais notre histoire est aussi un enchevêtrement de processus sociaux. Doit-on ainsi citer également le grand sociologue Norbert Elias qui s’est intéressé à la construction de l’État et à la pacification des relations entre les hommes ? Ces processus sociaux anciens, cette force des idées et des représentations collectives, ces processus qui alliaient toutes les facettes de l’activité humaine doivent-ils être écartés ? Le risque d’un Musée, c’est évidemment d’établir une historiographie contestable et d’oublier tant les hommes que les lieux mais sans doute aussi cette force des faits sociaux que l’on ne saurait mésestismer… Ma crainte est presque que ce musée ne fasse doublon avec le Musée Grévin…

Un Musée de l’Histoire de France idéal serait un peu à l’image du Musée imaginaire de Malraux. On s’étonne d’ailleurs que personne ne songe à la mise en valeur et en réseau (via le numérique notamment) des musées de France. L’internaute a bien des difficultés à obtenir un panorama global des musées qui lui permettrait d’accéder davantage à l’histoire de notre pays… Outre ce fait, soulignons les baisses de crédit délirantes des DRAC qui aboutissent à mettre en danger notre patrimoine national. Une fois de plus, la logique gouvernementale est à l’œuvre : « de l’esbroufe, encore de l’esbroufe, toujours de l’esbroufe, et la France est sauvée ! »…

Car, s’il est un risque que fait planer cette nouvelle lubie élyséenne, c’est moins celui de la muséification de notre histoire que celui de la muséification totale de notre pays auquel on offrirait un musée de plus pour l’aider, lui, à sortir de l’Histoire…

Source: marianne2.fr du 19/10/10


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MessageSujet: Re: Requiem pour l'Histoire   Mer 20 Oct 2010 - 11:01

Si si, les musées peuvent être utiles. Par exemple, celui de l'immigration est actuellement occupé par des sans-papiers... What the fuck ?!?
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MessageSujet: Re: Requiem pour l'Histoire   Lun 15 Nov 2010 - 18:45





L'histoire-géographie est-elle soluble dans les QCM ?

Le ministère français de l'Éducation nationale a publié en catimini en août 2010 les futurs programmes d'histoire-géographie de la classe de première.

Nous craignons qu'ils dénaturent l'enseignement en faisant disparaître la chronologie et, plus grave, remplacent les dissertations par des QCM (questionnaires à choix multiples) ou des jeux type Questions pour un champion.

Dans le cadre de la réforme de l'histoire-géographie, les programmes de la classe de première pour la rentrée 2011 étaient très attendus : comment, en diminuant le nombre d'heures et en concentrant les programmes de terminale et de première sur la seule classe de première, le ministère de l'Éducation nationale allait-il s'y prendre pour maintenir l'étude de l'époque contemporaine ?

Le défi était d'autant plus dur à relever que le nouveau programme de seconde, comme l'ancien, court jusqu'au milieu du XIXe siècle. Ce programme de seconde, avons-nous précédemment écrit, serait convenable s'il n'impliquait de traiter en première la période 1850-2000 en une demi-année, l'autre moitié étant consacrée à la géographie. Cela fait soit 57 à 62 heures d'après les prévisions officielles, qui plus est avec des élèves par définitions moins matures que ceux de terminale.

La chronologie, c'est ringard !On se demandait donc quels choix allaient faire les concepteurs du programme de première. Pour enseigner correctement l'époque contemporaine (1850-2000) en si peu de temps, il eut fallu avoir le courage de sacrifier certaines périodes. Au lieu de cela, le ministère propose tout au programme... hors la chronologie qui disparaît, ce qui est pour le moins gênant en Histoire.

Citons en guise de détente les justifications dont le grand style cache mal le vide : «Le programme d'histoire de la classe de première est conçu en cohérence avec celui de la classe de seconde, dans le cadre d'un tronc commun sur deux années :
- il est dans son prolongement chronologique : consacré au XXe siècle, il prend la suite d'une mise en perspective sur le temps long, de l'Antiquité au XIXe siècle ;
- il se situe également dans sa continuité en termes d'objectifs d'apprentissage, tant sur le plan des connaissances à acquérir que sur celui des capacités et des méthodes à approfondir.»

L'enseignement est réparti autour de cinq thèmes : 1) croissance économique, mondialisation et mutations des sociétés depuis le milieu du XIXe siècle, 2) la guerre au XXe siècle, 3) le siècle des totalitarismes, 4) colonisation et décolonisation, 5) les Français et la République.

Chacun de ces thèmes est structuré autour de deux questions intégrant trois ou quatre points à aborder. On remarque immédiatement que, s'il suit ces thèmes dans l'ordre, l'enseignant est amené à traiter la Seconde Guerre mondiale avant d'avoir parlé des totalitarismes qui l'ont provoquée !

Conscients du problème, les rédacteurs ont ajouté cette précision à la fin : «Le professeur peut articuler les thèmes et les questions dans un ordre différent de celui de leur présentation, à l'exclusion du thème 1 qui ouvre obligatoirement la mise en œuvre du programme». Autrement dit, «nous comptons sur vous pour limiter les dégâts et rattraper nos erreurs en ne procédant pas par questions, mais en restaurant subrepticement la chronologie».

Sauf qu'il est impossible de procéder (chrono)logiquement, en raison du poids excessif accordé à l'étude de cas. Cette dernière n'est pas critiquable en soi, à condition de venir illustrer un phénomène. Or, elle est ici utilisée pour abréger le traitement des périodes et des phénomènes.

Ainsi la guerre froide est-elle à étudier comme «La guerre froide, conflit idéologique, conflit de puissances : un lieu (Berlin 1945-1989), une crise (Cuba 1962), un conflit armé (la guerre du Vietnam)». Ce choix risque de laisser des blancs dans la culture historique de nombreux élèves. De même, la Première Guerre mondiale (1914-1918) se résume à «L'expérience combattante dans une guerre totale», la seconde (1939-1945) à «La Seconde Guerre mondiale : guerre d'anéantissement et génocide des Juifs et des Tziganes».

En somme, on attend de cette année qu'elle donne aux élèves des repères sommaires, non qu'elle leur explique des processus complexes, qui nécessitent par définition plus de temps.

Quelles épreuves ? Des QCM ?Cette disparition du fil chronologique pose le problème des exercices. À ce jour, on ne sait pas encore à quoi ressemblera l'épreuve d'histoire-géographie au baccalauréat, mais on voit mal comment elle pourrait prendre la forme de la dissertation. Impossible en effet de donner un sujet sur «la Guerre Froide» ou sur la «décolonisation» de telle à telle année, si l'élève n'a étudié qu'un exemple et non les évolutions en profondeur.

Or, la dissertation est, dans la tradition française, le moyen de s'assurer qu'un élève est capable de structurer sa pensée et de répondre de manière autonome sur un sujet complexe. Depuis longtemps, elle perd malheureusement du terrain au profit de l'étude d'un ensemble documentaire, suite de questions souvent peu intéressantes et qui visent à limiter au maximum la réflexion globale du candidat. Le seul intérêt pédagogique pour les bons élèves est précisément d'apprendre à faire une bonne réponse à une question stupide ou mal posée.

Les nouveaux programmes risquent d'accélérer cette tendance, et on peut craindre de voir se multiplier les questions de connaissance du type : «Que se passe-t-il à Cuba en 1962 ?». Une telle évolution serait en réalité la mort de l'histoire-géographie en tant que discipline scolaire chargée d'apprendre aux élèves à produire une réflexion structurée. S'il ne reste plus que le contenu (et quel contenu !), la matière histoire-géographie perdrait son sens dans le contexte scolaire où elle est pourtant fondamentale et pourrait se réduire à un entraînement aux jeux télévisuels.

Le modèle de cette évolution est à chercher dans les séries STG (sciences et technologies de la gestion, ancien bac G), précisément conçues pour être moins exigeantes en histoire-géographie que les séries générales. Il s'agit très exactement d'un nivellement par le bas. Le problème n'est pas que les élèves ne savent ou n'apprennent rien, mais qu'on ne veut rien leur enseigner de consistant, ni exiger aucun effort de leur part.

Hérodote.net 16/11/10


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MessageSujet: Re: Requiem pour l'Histoire   Lun 15 Nov 2010 - 19:03

Ah ! Je vois que nous sommes abonnés à la même lettre d'information...

mdr

Mais l'auteur est dans la provocation et ne sait pas trop de quoi il parle. Il devrait se passer exactement le contraire. Disparition de l'étude du dossier documentaire (il aura fallu 10 ans pour qu'on comprenne en haut-lieu que c'était infaisable pour 90 % des élèves) et maintien d'un travail de type dissertation (mais ils sont en train de se torturer l'esprit pour ne plus l'appeler ainsi... Aux dernières nouvelles ce serait "réponse longue à une question courte").
Ce qui va sûrement faire énormément plaisir à mes chers collègues de lycée qui ont décrété que les élèves sont trop nuls pour faire une composition.

Quant aux QCM, notre inspectrice régionale a déjà commencé à recommander d'en faire en 6ème... D'ici à ce que cela arrive en première de manière systématique, il y a encore de la marge. Sans compter qu'une discipline aussi peu suspecte de relâchement des exigences (les maths) pratique cela au bac depuis des années.

Le problème n'est peut-être pas au niveau de l'évaluation mais davantage sur la masse de connaissances qu'on veut faire ingurgiter à des élèves de lycée d'aujourd'hui. Le programme de seconde est déjà terrible, celui de première promet d'être redoutable. Tout cela parce que ceux qui font les programmes (et qui ne sont plus comme il y a quelques années des gens issus directement du monde enseignant du secondaire) sont persuadés que les élèves se souviennent parfaitement de ce qu'ils ont appris au collège. Dans de telles conditions, on peut bien étudier à fond la crise de Cuba puisqu'ils savent ce qu'est la guerre froide (le pire, en plus avec cet exemple, c'est que c'est un des trucs dont ils se souviennent le mieux).

Bref, on peut légitimement s'inquiéter pour l'avenir de nos disciplines (parce que la géo et le développement durable à haute dose, y a aussi de quoi dire...) mais ce n'est pas autour de la dissertation ou des qcm que se situe le problème. On peut même se demander si ce ne sont pas là des contre-feux pour détourner le regard de l'essentiel.

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MessageSujet: Re: Requiem pour l'Histoire   Mar 16 Nov 2010 - 0:10

L'essentiel, c'est qu'en étudiant et en analysant les faits et les enchainements résultant du passé, les élèves apprennent à réfléchir pour acquérir une analyse personnelle des évènements présents et faire en sorte de ne pas reproduire ou lutter pour que ne se reproduisent pas les faits les plus terribles du passé.
C'est l'une des utilités de l'histoire. Ce qu'on ne fait plus, quoi.
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MessageSujet: Re: Requiem pour l'Histoire   Mar 16 Nov 2010 - 0:32

Euh ? Tu veux voir mes cours ?...

Extraits de l'introduction aux programmes de Seconde : "Les programmes d'histoire et de géographie permettent la compréhension du monde contemporain par l'étude des sociétés du passé qui ont participé à sa construction et par celle de l'action des sociétés actuelles sur leurs territoires." ; "La démarche par laquelle les connaissances sont acquises, la recherche permanente du sens, l'exercice du raisonnement et de l'esprit critique contribuent à la formation des élèves ; ces opérations leur donnent une vision dynamique et distanciée du monde, fondement nécessaire d'une citoyenneté qui devient au lycée une réalité effective."

Si tu peux avoir l'impression qu'on ne le fait plus, c'est plus parce que cela ne marche pas que parce qu'on ne le fait pas. Tout ce qu'on réussit à obtenir c'est de la bouillie de compréhension parce qu'on attend que les élèves d'aujourd'hui plus nombreux et moins bien armés sur les fondamentaux fassent ce qu'on attendait auparavant d'élèves à l'université. Quand des élèves te répondent comme à une jeune collègue qu'ils ne peuvent pas faire tout le travail qu'on leur donne parce que, quand même, il faut qu'ils aient "une vie sociale", on mesure à quel point leur formation n'est plus la priorité... même pour les meilleurs qui considèrent que c'est juste un mauvais moment à passer avant de pouvoir faire ce qu'on veut vraiment... Ah oui et surtout (ça m'a "scié" en début d'année !) avec l'objectif avoué de gagner beaucoup d'argent).

Entre réfléchir et gagner des clopinettes et être un âne blindé du tunes, beaucoup ont choisi...



*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: Requiem pour l'Histoire   Mar 16 Nov 2010 - 0:51

Mais oui, je sais, le problème reste que, entre ce qu'on annonce et ce qu'on donne à faire réellement, il y a un décalage énorme.
Faire du gavage en pensant que les élèves vont retenir un maximum de choses, c'est déjà absurde, mais ce qui l'est plus c'est de penser qu'il vont s'en servir pour réfléchir.
Même chose pour les langues vivantes : objectif, l'élève sera capable de se présenter en termes simples à un interlocuteur, et là ils ont un texte à apprendre par coeur, sans grammaire explicative, sans apprendre de vocabulaire, sans voir la syntaxe, sans rien connaitre aux verbes irréguliers...etc.
Donc bien joli les objectifs, encore faut-il que l'enseignement soit adapté pour les atteindre.
Et je ne critique en rien les professeurs, la plupart font ce qu'ils peuvent avec beaucoup d'abnégation. J'ai vu mes parents, je vois ma soeur... juste que les programmes autant que les méthodes et les techniques ne sont pas adaptées à l'idée de faire penser l'élève.
Mais c'est voulu, s'pas. Un peuple d'imbéciles est plus facile à gouverner.
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MessageSujet: Re: Requiem pour l'Histoire   Mar 16 Nov 2010 - 1:30

Je suis globalement d'accord avec tes remarques... Sauf avec la dernière ligne qui relève de ces fantasmes diffus que l'historien connaît bien (genre : le roi fait monter les prix du blé pour affamer le peuple - guerre des farines en 1775). Le pouvoir, parce qu'il est pouvoir, est toujours suspecté de se méfier de ceux qui ne l'ont pas (ou ne l'auraient que trop).

A force de regarder vivre les élèves, à force de les voir se planter (plus ou moins), il y a des choses qui sont claires. L'élève travaille pour avoir des notes (cela ce n'est pas le pouvoir qui le veut... du moins l'actuel en particulier... ce sont les habitudes, les règles établies... et les parents) ; ce que la note signifie, tout le monde s'en fiche en grande partie ; l'essentiel c'est qu'on en ait une comme pour pouvoir identifier chacun. Et, cerise sur le gâteau, une moyenne générale dont tout le monde considère qu'ele ne signifie rien mais sur laquelle on s'appuie dans les conseils de classe... parce qu'elle est dans la deuxième colonne juste derrière le nom de l'élève).
L'élève ne sait pas, ne sait plus, pourquoi il est là ; étudier un texte en français, ce n'est pas avoir un coup de coeur ou détester ce qui n'est après tout qu'une création artistique, c'est réciter à l'examinateur la fiche faite à partir du cours de son prof ; on vient faire un devoir d'un type précis (une dissertation par exemple) sans en connaître les règles et, si on ne les connaît pas, on ne demandera surtout pas au prof de les expliquer (c'est l'ennemi, le sadique, le saqueur). Ca ressemble furieusement à un troupeau allant à l'abattoir. Dans de telles conditions, peut-on attendre de l'animal qu'il réfléchisse à quoi que ce soit ? Ce que l'élève considère comme son travail, c'est de faire ce qu'on lui demande. S'il l'a fait il se considère comme exempt de critiques.

Le décalage entre les objectifs et la réalité est là pour une grande partie. Cela ne relève pas d'une quelconque volonté venue d'en haut mais plus prosaïquement des représentations qu'on se fait en bas. On demande à son fils "tu as appris ton cours ?", rarement "tu l'as compris ?". Les parents veulent connaître les notes absolument, alors on met les notes sur internet... et ils commencent à les regarder une semaine avant les conseils de classe (et sans savoir à quoi elles correspondent exactement). Et beaucoup de profs considèrent que le manque de travail est la seule raison de l'échec d'un élève...
J'ai pu constater par exemple pas plus tard que vendredi dernier que les élèves n'avaient aucune idée du temps passé à la correction d'une copie, pas plus que l'aspect aléatoire d'une correction (quand ils ont vu que la même copie allait de 8,75 à 14...). Leur quotidien scolaire se base donc sur des "vérités" subies et non comprises (de là l'élève qui dit qu'il vaut 8... et qui s'identifie à ce chiffre). Donc, l'idée qu'ils se font (eux comme ceux qui sont en dehors du système) n'est pas du tout en adéquation avec ce que les textes disent. Qu'on leur demande de réfléchir, ils ne le comprennent pas. Qu'on leur demande de prendre des initiatives et ils ne comprennent pas ce qui se passe ; tout juste s'ils ne t'engueulent pas de ne pas faire ton boulot.

Ouais bon, je m'enflamme et je pourrais continuer longtemps comme ça. Alors, allons tout de suite à la fin. Ma conclusion actuelle est tout simplement qu'on est MAUVAIS ! "On" c'est l'ensemble du système (et moi le premier tout donneur de leçons que je sois). Dès qu'on met la priorité sur quelque chose (donner du sens, améliorer l'oral, développer l'esprit critique, rendre l'élève autonome), ça foire !!! Simplement parce que personne ne fonctionne avec le même "logiciel". Et avant que tout le monde s'appuie sur les mêmes bases, les mêmes attentes, les mêmes objectifs, il s'en sera passé du temps...

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MessageSujet: Re: Requiem pour l'Histoire   Mar 16 Nov 2010 - 2:51

Je vous lis avec intérêt. Je suis atterrée par ces constats auxquels j'adhère, par les directions que veulent vous faire prendre les décideurs de programmes, et par ce que je considère comme une déconstruction systématique de tout ce qui semblait tenir debout à grand peine.

L'histoire, si elle n'est ni cohérente, ni attractive en sa manière d'être dispensée, n'est qu'un grand foutoir dans lequel on s'emmerde, alors qu'elle pourrait être absolument captivante. Démolir cette fresque incroyablement riche alors même que les jeunes sont effectivement pour bon nombre d'entre eux attirés par la manière de gagner facilement du fric pour pouvoir le dépenser allègrement dans une société de consommation vampirisante dont ils n'imaginent même pas à quel point ils en seront l'esclave, c'est continuer à plonger dans une médiocrité dont il sera difficile, voire impossible de se relever.

Déjà qu'à l'époque de l'école, je m'emmerdais royalement dans les paragraphes à apprendre par coeur (c'était un résumé encadré, souvenez-vous) parce que les cours dispensés l'étaient sur un ton monocorde alors qu'il n'y a pas plus vivant que le mouvement historique qui fait qu'aujourd'hui nous vivons comme nous vivons, je crois qu'aujourd'hui je serais totalement démissionnaire.

En vrai, je me sens pousser la soif de mieux comprendre. A 55 balais. Mais eux... l'auront-ils même un jour lointain ?

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MessageSujet: Re: Requiem pour l'Histoire   Mar 16 Nov 2010 - 8:52

Oui sans doute... Paradoxalement les bouquins historiques sont parmi ceux qui se vendent le mieux... Bon, le hic c'est que ce sont ceux de Max G. ou les ouvrages à forte dose de testostérone sur le 56ème régiment de para en Indo... ou alors les bleuettes sur les reines de France qu'ont eu bien de la joie ou ben du malheur... (ma mère adore...).

Je crois qu'il suffit pour intéresser les élèves de leur parler de quelque chose... hors du cadre scolaire...

mdr



Dernière remarque : savez-vous quelle est l'orientation de notre ministre actuel, monsieur Châtel ? Est-il pour la réforme de l'enseignement de ceci ou de cela ? A-t-il des projets spécifiques ? Sans doute, comme ces prédécesseurs qui ont tous fait une loi à leur nom...
Que nenni Nelly !
Il est là pour réduire les dépenses au maximum...
Alors oui, là, à terme, cela aura pour résultat de finir de noyer les chances des plus humbles de s'en sortir et l'ascenseur social aura définitivement déraillé.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: Requiem pour l'Histoire   Mar 16 Nov 2010 - 16:46

MBS a écrit:
Oui sans doute... Paradoxalement les bouquins historiques sont parmi ceux qui se vendent le mieux... Bon, le hic c'est que ce sont ceux de Max G. ou les ouvrages à forte dose de testostérone sur le 56ème régiment de para en Indo... ou alors les bleuettes sur les reines de France qu'ont eu bien de la joie ou ben du malheur... (ma mère adore...).

Je crois qu'il suffit pour intéresser les élèves de leur parler de quelque chose... hors du cadre scolaire...

mdr



Dernière remarque : savez-vous quelle est l'orientation de notre ministre actuel, monsieur Châtel ? Est-il pour la réforme de l'enseignement de ceci ou de cela ? A-t-il des projets spécifiques ? Sans doute, comme ces prédécesseurs qui ont tous fait une loi à leur nom...
Que nenni Nelly !
Il est là pour réduire les dépenses au maximum...
Alors oui, là, à terme, cela aura pour résultat de finir de noyer les chances des plus humbles de s'en sortir et l'ascenseur social aura définitivement déraillé.

Ca fait une paye qu'il a déraillé l'ascenceur social! Il relève à ce jour d'une étude socio/historique!

T'as raison MBS de dire qu'il suffit de parler autrement que dans le cadre scolaire pour que les élèves s'interessent! Mais, en tant que prof, le truc c'est de raccrocher ce "pas scolaire" à ce que tu es censé faire dans le scolaire parce quand même ton boulot c'est prof!
Et ça fonctionne, sauf que, comme tu dis les parents s'interessent quasi seulement aux notes, les élèves aussi moins que papa/ maman mais c'est la "sanction" la note. c'est ça qu'on va trouver sur le dossier, ça qui va déterminer l'acceptation ou non des terminales dans le supèrieur, et on ne peut pas le reprocher aux élèves!

Côté Histoire, je ne peux que prêcher pour ma chapelle, l'Histoire c'est pas des bluettes, c'est pas des "grands personnages" même si on ne parle que d'eux parce que c'est eux qui avaient les moyens de faire parler d'eux en rétribuant des chroniqueurs.
"On" en veut pas que l'Histoire soit enseignée comme Histoire pour comprendre et réfléchir, "On" ne veut pas, n'a surtout pas besoin de gens qui pensent et réfléchissent.

Aujourd'hui je me fais plair total en faisant de l'Histoire, en la lisant en ayant le temps de la décrypter, en butinant sur des sujets que je n'avais jamais eu le temps ni l'occasion d'aborder, ce qui m'ouvre des horizons insoupçonnés aprés des années de fac pendant lesquelles j'ai vraiment découvert ce que peut être l'Histoire, des concours ... mais JE NE L'ENSEIGNE PLUS, donc je suis libre!

Et on ne parle pas du massacre de la Géographie qui est aussi grave!
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MessageSujet: Re: Requiem pour l'Histoire   Mar 24 Mai 2011 - 17:17

Je me suis demandé si je devais le mettre plutôt dans le massacre de l'Education Nationale...

J'imagine le sort que ferai un jury à un candidat qui commettrait une pareille erreur chronologique (549 ans) et se montrerait infichu de distinguer un pastiche du XXème d'un original du XVème!
Que les candidats ne soient pas sanctionnés c'est la moindre des choses, mais ça fait pas sérieux... l'agreg d'histoire cuvée 2011 sera entachée, la réputation des historiens aussi...

Epreuve pas "hors programme" alors qu'on présente un texte contemporain à une épreuve de médiévale?

On va leur mettre une mauvaise note aux deux profs qui se sont aussi lourdement plantées?



Malgré une énorme bourde l'agrégation d'histoire se poursuit normalement
Éducation mardi 24 mai 2011
Une énorme bourde menace le concours de l'agrégation d'histoire 2011.



C'est la boulette de l'année dans l'Éducation nationale. Un texte présenté comme datant de 1415 mais écrit en fait dans les années 1960, menace ce prestigieux concours qu'est l'agrégation d'histoire. Le ministère de l'Education nationale assure que le concours va se poursuivre normalement.


En effet, le texte proposé à l'épreuve d'histoire médiévale, qui s'est déroulée début avril, était présenté comme un journal authentique d'un participant au concile de Constance (1415), alors qu'il s'agit en réalité d'une sorte de pastiche publié en 1964, composé par un historien du nom de Palémon Glorieux.


Pas d'annulation de l'agreg'


Cette erreur, rarissime de la part de professeurs très expérimentés, a été révélée par le blog sciences2 du site de Libération sur lesquels le texte en question est consultable. La bourde avait auparavant été dénoncée sur internet par des discussions entre étudiants ayant planché en avril.


La question est de savoir, comment les deux historiennes chargées de choisir le textet du concours ont pu commettre une telle bévue? A leur décharge, elles avaient à trouver un texte «inédit» qui n'avait jamais été étudié. Néanmoins ça fait tâche pour notre illustre université.


Le ministère de l'Education nationale a fait savoir que l'agrégation d'histoire 2011 va se poursuivre normalement, sans organisation d'une nouvelle épreuve, en dépit de cette bourde. «Si le ministère comprend tout à fait que cette situation puisse faire réagir ceux qui enseignent et aiment l'histoire, il apparaît qu'en l'espèce l'égalité de traitement a été maintenue entre tous les candidats et que l'épreuve n'était pas hors programme», écrit le ministère dans un communiqué.


«Par conséquent, il n'existe aucun motif qui puisse conduire, en droit, à l'organisation d'une nouvelle épreuve, à quelques semaines du début des oraux d'admission», a-t-il ajouté, tenant ainsi «à rassurer l'ensemble des candidats, afin qu'ils puissent sereinement se préparer aux épreuves orales».

Quelques coms que je trouve très mesurés! AngeR

http://www.passion-histoire.net/n/www/viewtopic.php?f=90&t=27779&st=0&sk=t&sd=a
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MessageSujet: Re: Requiem pour l'Histoire   Mer 25 Mai 2011 - 0:41

Je pense que ceux qui ont pondu ce sujet vont avoir la casserole aux fesses longtemps (quand on connaît l'ambiance qui peut exister entre spécialistes d'une même période)... Mais que cela continue normalement ne me paraît pas choquant... Beaucoup moins qu'il y a deux ans quand tous les élèves de l'épreuve d'Histoire-Géo au Bac n'ont pas eu le même sujet, les centres d'examen ayant plus ou moins répercuté la modification au dernier moment des sujets par des sujets de secours... Là, c'était une atteinte à l'égalité entre les candidats. Dans un concours comme l'agrégation, certains candidats sont fort capables de l'avoir vu et indiqué dans leur commentaire.

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MessageSujet: Re: Requiem pour l'Histoire   Mer 25 Mai 2011 - 1:59

Ca me choque pas que le concours continue, encore une fois c'est pas aux candidats de payer les pots cassés!

Ce qui me choque c'est l'énormité de l'erreur commise par des "spécialites" censés omniscients, qui entache la discipline. D'autant plus quand on connaît la morgue de ces gens là, l'arrogance et le mépris dont la plupart des membres de jury font montre vis à vis des candidats!
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MessageSujet: Re: Requiem pour l'Histoire   Mer 25 Mai 2011 - 9:52

J'avais lu hier et je suis étonnée que deux éminentes spécialistes n'aient pas fait de recherches un peu plus approfondies sur l'origine du texte. Normalement le travail de recherche et l'origine des sources sont sacrés notamment chez les historiens. Manque de rigueur ou trop sûr de soi ?
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MessageSujet: Re: Requiem pour l'Histoire   Mer 25 Mai 2011 - 10:49

Oh sans doute un peu des deux...

Pour l'arrogance des membres de jury, je pense que ça s'est calmé depuis quelques années parce que justement cela nuisait à "l'image" (notion très importante aujourd'hui) de la profession. Il n'empêche qu'il existe toujours quelques spécimens redoutables en cette matière... et que la notation reste souvent assez mystérieuse (telle note, 6/20, d'une amie restant totalement inexplicable puisqu'une autre enseignante face au même exposé le jugeait très réussi). Comme dans toutes les corporations, il y a ceux qui ont du génie et qui en doute... et ceux qui en ont et le savent trop (plus quelques cas de gens qui n'ont pas de vrai génie et sont là on se demande bien pourquoi)...

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MessageSujet: Re: Requiem pour l'Histoire   Lun 11 Juil 2011 - 15:36

Ca continue!

Le CRIF et autres associations s'en prennent à un manuel de 1ère qui présente la question palestinienne - dans le cadre d'une étude sur le rôle de l'ONU- d'une façon qui ne leur convient pas. Et l'éditeur: Hachette accepte de 'corriger", mais on va où?
On ne peut pas critiquer la politique et le comportement d'Israël sans être antisémite? Alors qu'en Israël même beaucoup rejettent la politique du gouvernement, que tous les israëliens ne sont pas des fanas religieux...

S'il faut céder aux lobbys, on n'en sortira pas vu que des lobbys s'opposent aux lobbys... En Histoire, ben oui, il s'est passé des choses pas bien faites par des méchants, mais faudrait pas le dire pour vexer personne? Une Histoire révisée, asseptisée qui ne fâche pas?
Alors que des historiens du monde entier travaillent, souvent en collaboration pour que la discipline avance et que ces avancées (qui sont importantes actuellement) aident l'humanité à se comprendre elle même, et, si possible, à ne pas refaire les mêmes erreurs... il faudrait se plier aux désidératas contradictoires des uns et des autres?

Déjà que certaines écoles cathos ont droit à leurs propres manuels concernant la Biologie et l'Histoire, manuels "conformes" à leurs idées! Que ces mêmes écoles vont distribuer des diplômes "cathos" mais reconnus au niveau national. Et ce qu'on accorde aux cathos, on ne peut pas le refuser aux autres, qui ne diront pas la même chose...

Là, oui, je plaide pour une démarche sinon "scientifique", l'Histoire n'est pas une "science", tout au plus une "Science Humaine", au moins rationnelle et le plus objective possible, donc fondée sur les faits, qu'eux on ne peut nier!



http://www.rue89.com/2011/07/08/palestine-un-manuel-modifie-sous-la-pression-dassos-juives-213137


Dernière édition par Tryskel le Lun 11 Juil 2011 - 17:00, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Requiem pour l'Histoire   Lun 11 Juil 2011 - 16:23

Eh oui...
Plus ça va, moins ça va...

Dans une ère de communication de masse, fallait-il s'attendre à autre chose que de la bêtise de masse ?

Dans ce nouveau programme de première, voilà ce qu'on traite de la Seconde Guerre mondiale : "La Seconde Guerre mondiale : guerre d'anéantissement et génocide des Juifs et des Tziganes". On peut difficilement affirmer que l'Histoire ait la mémoire courte en matière d'antisémitisme. Visiblement ce n'est pas encore assez.

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MessageSujet: Re: Requiem pour l'Histoire   Lun 11 Juil 2011 - 23:18

Déjà s'ils se renseignaient, tous ces pontes, ils sauraient qu'on écrit éventuellement "tsiganes" avec un "s" à la demande des intéressés. Pas avec un "z", qui rappelle la dénomination injurieuse qu'en faisait les nazis eux-mêmes. Eventuellement, parce qu'ils ne s'appellent pas comme ça mais avec une dénomination plus précise. Bref.
De toute façon, c'est bien joli tout ça mais alors comment expliquer aux élèves qui apprennent qu'on a martyrisé les Rroms en question et que c'est pas bien, que dans le même temps, on les expulse comme des malpropres ?
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