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 Requiem pour l'Histoire

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MBS



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MessageSujet: Re: Requiem pour l'Histoire   Sam 4 Mar 2017 - 0:19

Tu es nommée officiellement "représentante exclusive" pour l'Ouest...

On m'a demandé si j'avais une idée pour en faire un autre. J'ai proposé... On m'a demandé de creuser... A suivre...
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MessageSujet: Re: Requiem pour l'Histoire   Ven 12 Mai 2017 - 18:57

Une fois de plus ce matin, penché sur mes copies de Seconde, je me désespérais de voir l’absence de progrès d’ordre méthodologique sur l’année (dans l’exercice d’analyse de documents en particulier). Tournait également dans ma tête les rires, pas vraiment sympas, de quelques élèves atteints de ce que j’ai baptisé il y a une semaine « l’Alzheimer du lycéen », c’est-à-dire l’impossibilité de fixer de nouvelles façons de faire, de travailler, de réfléchir. Pourquoi ces rires moqueurs hier ? Parce que j’avais dit que le sujet du devoir était sûrement le plus facile posé depuis le début de l’année. Pour eux, évidemment, il n’en était rien ; d’abord parce qu’il l’avait trouvé difficile en le faisant, ensuite parce que la note ne correspondait toujours pas à leurs standards collège. Mais je n’en démords pas, c’était facile. Un des deux documents était le plan de Reims vers 1300… Reims sur laquelle nous avions d’abord travaillé via un dialogue virtuel avec Philippe IV venu s’y faire sacrer, puis en construisant (en groupe puis en commun) un schéma de synthèse de la ville. Donc, ils connaissaient fort bien la ville… Qu’est-ce que cela aurait été si je leur avais donné un plan de Londres ou de Lübeck ?!… Ce que je demandais de faire apparaître en plus était d’une grande évidence. Le fait que l’esprit des habitants des villes au Moyen Age était façonné par l’Eglise (nécessité de faire son Salut) mais aussi que l’Eglise exerçait des rôles non strictement religieux dans la ville (rôles évidemment étudiés précédemment). Là où la chose me paraissait vraiment facile, c’est que pour démontrer ce qu’on attendait, il y avait 4 ou 5 possibilités dans les documents d’y parvenir. Donc, il y avait une foultitude de pistes de raisonnements permettant d’arriver à dégager les points-clés du sujet. Et beaucoup trop n’y sont pas arrivés, empêtrés dans la paraphrase du petit texte joint, dans des développements hors sujet sur la théocratie ou les croisades. Toujours aussi peu soucieux de se saisir des documents en écrivant sur le sujet. Incapables aussi de comprendre ce qui était attendu et mélangeant donc rôles religieux et non-religieux de l’Eglise (souvent confondue en plus – grand classique ! – avec l’église). Tout cela, faites-moi confiance, avait été vu, souligné, noté et se retrouvait de plus sur le cours en ligne auquel les élèves peuvent accéder dès la fin d’un chapitre. Il y avait des quizz pour ancrer ces connaissances. Mais force est de constater que beaucoup font semblant de travailler. Parce que mon nouveau lycée a acquis en trois ans une réputation auprès des collégiens : c’est un lycée cool, avec des projets culturels, où la vie est agréable. De travail, quand les anciens 3èmes vont le présenter, ils ne parlent pas. (retour par une collègue d’un collège voisin : « Emma est passée. Elle leur a dit qu’elle qui était nulle au collège réussissait au lycée »)… Alors, comme le milieu socioculturel est plutôt plus haut que la moyenne, les élèves font de la patinette pendant l’année (situation renforcée par le fait qu’on ne redouble plus en fin de Seconde… ce qui est un autre débat mais a quand même une influence).

Après deux ou trois tweets dépressifs et désabusés (je repensais notamment à une réorganisation de l’année menée dans mon précédent lycée où, pendant un mois et demi, on s’efforçait de remettre les élèves d’aplomb question connaissances et méthodes de travail), une idée m’a percuté l’esprit. Puisque je ne pouvais pas dans ce nouveau lycée envisager de travailler de la même manière (refus de donner toute l’AP à un seul prof… et de donner systématiquement l’AP à des profs de la classe), il fallait que je fasse travailler les méthodes autrement. Le hic c’est que les méthodes ne s’ancrent pas parce que les élèves n’ont pas les connaissances suffisamment accrochées pour que la méthodo ait du sens (pour eux, c’est la vérification de connaissances qui compte : si j’ai mis des trucs justes, j’ai bon !… même si ça ne respecte pas le sujet). Comment avoir du temps ? Oui, encore et toujours ce fichu temps…
Et c’est là que cela s’est éclairé… Que j’ai trouvé un moyen pour sortir du sempiternel saucissonnage du programme entre chapitres qui se suivent sans avoir de logique entre eux (même si on la montre), dont seuls les bons arrivent à se saisir de la complexité. Il fallait tout simplement renoncer à faire travailler tous les élèves sur tous les chapitres. S’appuyer sur une spécialisation amenant des connaissances bien maîtrisées et permettant ensuite de travailler avec du temps, du soutien et des productions sur les méthodes essentielles. Dans un second temps, les productions de chaque groupe de spécialistes sont proposées aux autres groupes. Ce sont les élèves qui transmettent leur savoir tout neuf… Et plus un prof qui maîtrise tellement son contenu qu’il peut, sans s’en rendre compte, se retrouver dans la stratosphère par rapport à son auditoire.

Concrètement, après y avoir un peu réfléchi dans la journée, cela pourrait ressembler à cela.
Je ne change rien à mon début d’année. Un test de connaissances permettant d’aborder le thème introductif sur les Européens dans le monde jusqu’au début du XXème siècle. Le test permet d’évaluer les capacités des élèves. Le cours sur le thème introductif (4 heures en tout) assure une transition avec ce que les élèves ont pu connaître auparavant au collège en termes de fonctionnement de cours (On peut envisager, pourquoi pas, de faire la même chose dans la foulée avec le premier chapitre de géo). Première évaluation proche là aussi du DNB. C’est après que tout change. Formation de groupes de 4 à 5 élèves (selon effectif de la classe car il faut 8 groupes), chaque groupe recevant une partie du programme (citoyenneté à Athènes ; citoyenneté à Rome ; Eglise médiévale ; villes au cœur du Moyen Age ; nouveaux horizons géographiques ; nouveaux horizons culturels ; libertés et nations à l’époque révolutionnaire ; libertés et nations au premier XIXème siècle). Chaque groupe a mon cours rédigé, le manuel, des documents, des liens vers des sites… et il a un certain nombre d’heures pour produire de quoi permettre aux autres élèves de comprendre : carte mentale, petits textes explicatifs, croquis, analyse des documents, journaux, dialogues virtuels, petites scènes théâtrales, quizz etc… Ils auront deux séances pour faire passer aux autres les idées essentielles. Durant le temps de préparation, on commence par comprendre le contenu puis ensuite on travaille et on prépare les créations. L’évaluation prend en compte ce travail de création mais aussi des évaluations plus traditionnelles (ex : le même jour, tous les groupes vont faire une analyse d’un document inconnu… mais, évidemment, ce document est lié à leur thème de travail… Même chose pour la carto). Vous noterez l’avantage pour le prof qui ne va plus corriger 35 fois le même sujet…
A la fin du premier semestre, lorsque tous les « cours » ont été faits et les savoirs ont été mutualisés, une grande interro de connaissances permet de vérifier que les éléments-clés de savoir (localisations, dates, notions) ont été acquis. Et on recommence au second semestre sur la géo en faisant varier les groupes de manière à les adapter aux progrès (ou non-progrès) perçus au cours du premier semestre.

Ce que j’espère de cela c’est une implication à travers une démarche de projet (un vrai projet, pas un truc bling-bling qui fera un article dans le journal local !), l’ancrage des méthodes sur un contenu maîtrisé. A la fin de l’année, si les méthodes sont au point, elles devraient pouvoir être utilisées sans difficulté en classes de Première et de Terminale du fait de « la force de l’habitude ».

Comme ça, cela me semble séduisant mais…

J’attends des avis aussi perspicaces qu’éclairés… Etant bien sûr que quelqu’un a déjà dû quelque part avoir une idée atomisante de ce genre-là.
Merci par avance pour vos retours…

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MessageSujet: Re: Requiem pour l'Histoire   Sam 13 Mai 2017 - 15:25

Ayant en effet déjà eu cette "idée atomisante" Mère Trisquelle peut annoncer que ça fonctionne!
Ca fonctionne parce que ça les implique dans la "construction du savoir", on ne leur donne pas du prêt à mâcher, on leur demande de faire quelque chose par eux mêmes.
J'ai eu le mois dernier un groupe de terminales (L et ES) en révision Histoire/ géo pour le BAC, groupe qui s'est trouvé assez homogène, consciencieux (ils passaient une semaine de leurs vacances en révision) mais si "scolaires", un m'a dit qu'il fallait "mobiliser les connaissances", bien et comment? Et le "comment, ben... Le comment est bien ce qui manque, parce qu'ils n'ont jamais appris justement à "mobiliser", apprendre (quand ils veulent bien) ils savent, mais quoi faire de ce qu'ils ont appris, comment traiter un sujet, en général, ils ne savent pas. Ils sont prêts à réciter le cours, mais pas à organiser pour répondre à une question précise.
J'ai fait faire certains cours par des élèves de terminale, bien sûr, j'avais préparé avec eux, au début les autres avaient tendance à rigoler, genre "c'est les copains, c'est pas sérieux", mais les copains ont pris leur rôle très, très au sérieux, plus sévères que moi et je passais pour plutôt intransigeante! Les profs d'un jour m'ont même dit "Madame, on se rend compte que votre travail est pas facile!"
C'est ça le "truc", ou un des trucs, chacun devant adapter à sa façon d'enseigner et à ses élèves, les impliquer, les plonger dans le bain de la construction d'apprentissage, leur faire toucher du doigt qu'apprendre ce n'est pas seulement apprendre le cours pour le recracher, mais que c'est un apprentissage, un savoir faire et non plus un savoir tout court. Quand il maîtrisent ce que j'appelle une "grille" de méthodo, ils peuvent l'appliquer sur n'importe quel sujet. "Voilà la question, de quoi je dispose pour y répondre, comment j'organise les pièces du puzzle pour que ce soit cohérent?"

La logique du programme de seconde? Fais moi signe si tu la trouves! C'est du saupoudrage saucissonné, on saute allégrement de l'Antiquité au XIXème, y'a t'il un fil rouge?
En plus les secondes ne prennent pas vraiment l'année au sérieux, c'est sans examen, quasi sabbatique.
J'ai déjà raconté quelque part ce que j'ai fait avec des secondes, leur faire dire eux mêmes  ce qu'ils avaient retenu de l'histoire de l'esclavage (qui n'était pas au programme et qu'on m'avait dit de ne pas en parler' mais en Guadeloupe quand même... je l'ai fait). La restitution a été excellente, la seule limite que j'avais fixée était de respecter la vérité historique, et cette classe comprenait un petit groupe franchement chiant, qui a produit un plus que bon travail.
Idem avec la Révolution (dans une autre classe): carte blanche, et excellents retours. Ca a bien plu aux élèves, moins à l'administration et aux parents, mais c'était il a y a déjà longtemps, presque 20 ans, mon Dieu, 20 ans déjà Ange "Petites scènes de théâtre ça marche très bien, ils font vivre l'Histoire. j'ai eu un entretien télévisé de Marie Antoinette et Louis XVI après la Fuite à Varennes répondant aux questions d'un journaliste... ils m'avaient demandé s'ils pouvaient oser l'anachronisme, le projet m'a paru intéressant, j'ai dit oui.
Une seule interro à la fin du trimestre me paraît peu. Des petits tests de connaissance après chaque chapitre me semblent plus adaptés, d'autant que les élèves ayant travaillé sur le chapitre pourraient proposer le questionnaire eux mêmes, sauf que... ça exclurait ce groupe de l'interro, ou demander à chacun de proposer un questionnaire, ceux qui présentent le chapitre et les écoutants, le prof choisi dans les questions. Ca les confronterait à leur propre demande, seront-ils capables d'y répondre? Et que les écoutants fassent la critique aussi du "cours" des copains, c'est instructif sur la façon dont ils le perçoivent...

" Ce que j’espère de cela c’est une implication à travers une démarche de projet (un vrai projet, pas un truc bling-bling qui fera un article dans le journal local !), l’ancrage des méthodes sur un contenu maîtrisé. A la fin de l’année, si les méthodes sont au point, elles devraient pouvoir être utilisées sans difficulté en classes de Première et de Terminale du fait de « la force de l’habitude ».
Si c'est bien ancré, ça restera. Ca ressemble un peu à la "Classe Inversée".
Avec la Prépa Sciences Po, je procède comme ça: si je vous dit, je prends un terme du titre du chapitre  (pour l'instant c'est le programme de 1ère)... "Mondialisation", vous me répondez quoi? Je note en vrac au tableau ce qu'ils répondent, et après, on trie, on organise jusqu'à construire un plan possible, j'insiste sur le fait qu'il y a toujours plusieurs plan possible, que le plan "parfait" n'existe pas, mais que quand on en tient un qui tient la route, on s'y tient.

Messire l'Auteur, vous avez la bénédiction de Mère Trisquelle, laquelle se tient à votre disposition pour échanger.
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MessageSujet: Re: Requiem pour l'Histoire   Sam 13 Mai 2017 - 16:40

Merci ma mère. Votre absolution est une bénédiction pour moi...

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MessageSujet: Re: Requiem pour l'Histoire   Ven 16 Juin 2017 - 15:56


Quel est l'avis de Messire l'Auteur sur les sujets d'Histoire/ Géo?
Pas de cartes en S, il paraît que c'est trop difficile pour les pauvres choux. Après la Géographie= Terre Ecrite, sans carte, je propose la Géographie sans territoires, déjà qu'elle n'est plus que "Flux" sans physique ni humanité...
Et puis tiens, osons, "Marchons" vers une géographie sans géographie!!! AngeR
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MessageSujet: Re: Requiem pour l'Histoire   Sam 17 Juin 2017 - 21:12

Les remarques de Messire l'auteur sont à la fois multiples et variées.
- Encore l'Afrique !... Troisième année et troisième sujet au Bac faisant référence au sous-chapitre sur l'Afrique dans la mondialisation (et encore, j'avais d'abord cru qu'il s'agissait à nouveau du croquis comme l'année dernière)
- Une analyse de documents fort longue (le texte fait à lui seul le double de qui avait été posé jusqu'alors dans cette série)
- Des sujets de composition conformes aux attentes, c'est-à-dire prévisible pour la Chine (tombée dans beaucoup de centres d'examens... tiens, tiens...) et pantagruélique pour la question de gouvernance de la France où il y a tant à dire...
- Une polémique qui enfle selon laquelle les sujets de L/ES auraient été des sujets de secours suite à une fuite (c'est une rumeur en plus) et que ça aurait remis en cause la sacro-sainte alternance des majeures/mineurs (une alternance codifiée où ça ?). Bref, certains militent pour que l'épreuve soit repassée... On marche sur la tête.
- Une autre réflexion plus légitime sur le contenu de l'épreuve. Des sujets lourds sur des questions amples et sur lesquelles on n'a pas le temps de vraiment réfléchir. Des épreuves de simple bachotage... Donc, des ambitions de savoirs pour la galerie contrebalancées par des exigences méthodo limitées. C'est évidemment pas nouveau et, en plus, cela idéalise le passé (ils se souviennent ces gens qui trouvent que c'était mieux avant que l'Histoire-Géo est restée une discipline d'oral jusqu'aux années 70 ?)

Bref, comme d'hab, on tire au bazooka sur des moustiques et on rate l'éléphant dans le couloir menant au magasin de porcelaine...

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MessageSujet: Re: Requiem pour l'Histoire   Dim 18 Juin 2017 - 2:53

Orale jusqu'en 70? Ben, autant que je me souvienne, je l'ai eu à l'écrit (en Philo) et pas une note exceptionnelle pour une prétendante historienne en plus, comme quoi...

Oui, on revient à la bonne vieille "Question de Cours", enfin "revient" a t-on jamais cessé? Recracher le cours, sans trop réfléchir parce que, si on en a envie, on n'a pas le temps, et vu le questionnement des élèves que j'ai eu en stage, ils n'en on pas vraiment envie. Mais il veulent dans l'ensemble "bien faire", surtout faire ce qu'il faut, et pour certains juste ce qu'il faut pour décrocher le précieux sésame!
J'ai travaillé en "Stage Intensif" sur tous les sujets proposés, y compris la carte de l'Afrique, ouf! J'aurais "fais le job" mais dire que ça me satisfait serait un mensonge!
L'idéalisation du passé, le "C'était mieux avant, l'Age d'Or" Messire l'auteur sait aussi bien que Mère Trisquelle que c'est pas vrai, bidon, nostalgie fabriquée! Mère Trisquelle vue son âge avancé est bien placée pour le savoir, la façon dont l'Histoire lui était enseignée la chiffonnait déjà  dans le secondaire. Elle n'était bien sûr à l'époque pas à même de définir ce qui la chiffonnait, juste le sentiment que l'Histoire, c'était "pas ça". L'Evénementielle et les suites de dates par coeur, elle apprenait en bon petit soldat, mais sans vraiment de plaisir!
Moi aussi, j'ai "fais le job" je voulais des bonnes notes, être la meilleure dans la discipline (et faut avouer que j'avais pas  beaucoup de concurrence), d'où un "Accessit" en Histoire, parce que ça valait pas un "Prix"réservé aux disciplines majeures!  Mais c'était pas "Mon" Histoire si tu vois ce que je veux dire, quelque chose quelque part me disait que c'était pas ça.
L'arrivée en Fac a donc été un choc, mais pas franchement positif, l'Economie au XVIIème et l'évolution du prix du setier de froment à Paris, franchement, pas mon bol de cidre! Mais la mode était à l'Histoire "économique"; alors fallait faire avec! Et je passe sur la Révolution de 1789 version Soboul, donc marxiste, la seule acceptable à l'époque, merci François Furet d'avoir bousculé les dogmes!
Bref à part la médiévale choix qui me valut la chance de travailler avec les meilleurs en place à Paris I Sorbonne, le parcours fut pavé d'autant d'embûches que les rues de mon cher Moyen Age en réservaient aux passants!
Mère Trisquelle convient volontiers que l'enseignement de sa chère discipline dans le secondaire, enseignement imposé, n'a guère de rapport avec l'enseignement à l'Université études au moins en principe choisies.
A l'heure (tardive mais le couvent permet les veilles) où elle écrit ces lignes elle redescend de quelque sommet historique, travail avec un étudiant de licence qui à quelques problèmes avec la médiévale, sa prédilection allant à l'Histoire Grecque, il en faut pour tous les goûts, et la mère Supérieure toujours dévouée, s'est fait un plaisir d'éclairer le jeune homme sur le thème suivant:
"présenter l'évolution géopolitique des états médiévaux entre le IX et le XIème siècle
Waouh..; dans un premier temps on se dit "pas faisable" dans un second on relève le défi, dans un troisième on se met à essayer de trouver les lignes directrices qui puissent fournir l'ossature du thème, et là on est dans l'Histoire, dans la réflexion, dans l'analyse, mais au niveau Licence.
Au niveau secondaire Histoire et Géographie étant vraiment "secondaires" malgré le coef 5 en ES (lesquels n'ont plus que 4 heures, de mon temps c'était 5 ce qui justifiait le coef), on fait de la "Question de Cours" parce qu'on veut (enfin les comme vous et Mère Trisquelle messire l'Auteur), que les aspirants bacheliers réussissent l'examen , mais nous savons que nous ne faisons pas de l'Histoire, même s'il va de soi que le but du secondaire n'est pas de fabriquer de historiens, ni des géographes, ni des littéraires... Juste des bacheliers qui après Bac, ma foi, on verra, une orientation pas toujours choisie...
La place de l'Histoire et de la Géographie (qui eut dit il y a quelques années, à Mère Trisquelle qu'elle en viendrait à défendre la vraie géographie, eut entendu se rire au nez, comme quoi...
Comme quoi on peut apréhender différemment une discipline avec le temps, comprendre son importance, comme quoi on peu soi même évoluer, à condition d'avoir à la base non des cours à recracher mais des éléments de réflexions travaillés personnellement... parce qu'on aime ça.
Mais la façon dont sont actuellement enseignés Histoire et Géographie, en fait juste des "épreuves" juste calibrées pur pas beaucoup d'échec, juste de quoi franchir le cap, et après on oublie...
Et ce n'est pas vrai que pour l'Histoire, sauf que notre discipline est hautement politique et sous pression des divers régimes qui veulent la manipuler...
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MessageSujet: Re: Requiem pour l'Histoire   Dim 18 Juin 2017 - 17:04

J'ajouterai que, malgré tout, et en m'appuyant sur les retours indirects que j'ai de mon enseignement, tu peux arriver à concilier les deux. C'est hautement casse-gueule bien sûr... Parce qu'il faut avancer quand même et parce que l'intelligence que tu éveilles, la façon d'appréhender les questions que tu développes, les correcteurs ne sont pas toujours prêts à les supporter (comme me le sait il y a déjà plus de 10 ans une collègue : "je reconnais les élèves que tu as eu tout de suite" et, recorrigeant des copies de bac blanc pour lesquelles j'avais des doutes sur le traitement fait à mes élèves : "forcément que ça plait pas, ils réfléchissent...".

Seulement, c'est clair que les conditions pour mener vraiment cette réflexion ne sont pas requises... Mais si elles y étaient, est-on bien sûr que cela ne se traduirait pas par encore plus de gavage ?... Je trouve que je suis amené à en dire trop à mes élèves (trop par rapport à ce que je les pense capables d'absorber) mais quand je compare mes cours avec d'autres (ne parlons pas des manuels), je suis un minimaliste...

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MessageSujet: Re: Requiem pour l'Histoire   Lun 19 Juin 2017 - 14:27

Si... les programmes étaient moins débiles, moins chargés de tout et n'importe quoi, moins répétitifs ("La France depuis 1945" en 1ère, puis "Gouverner la France depuis 1946" en Terminale pour ne citer que ça), concilier réflexion et cours pour finir le programme avant la date fatidique serait peut être moins acrobatique... AngeR
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MessageSujet: Re: Requiem pour l'Histoire   

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