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 Sur l'écran animé du Godin

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Astérisque
"J'étais pas là"
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MessageSujet: Sur l'écran animé du Godin   Jeu 21 Jan 2010 - 14:56

Parfois, au cœur de l’hiver, la vie se réfugie sur des sentes oubliées, ces pentes vertigineuses qui vous entraînent dans la chambre obscure des souvenirs. Tandis que la poudreuse étend son voile incertain devant la perspective de la fenêtre, sur l’écran animé du Godin des diables s’agitent en sarabandes aguichantes… les meilleures, celles qui émanent du fond des tripes, celles qui ont survécu à toutes les glaciations futiles… Ainsi la mémoire flambe, tel le bois coupé d’hier qui vient réchauffer les chairs bien vivantes. Dehors, c’est un temps qui ne trompe pas les chats. Leurs chamailles bruyantes pour la place dominante ont laissé place à la trêve des degrés négatifs, il y a surpopulation dans la proche couronne du foyer, il s’en faut de peu pour qu’une senteur de poils roussis n’envahisse la pièce et s’en vienne couvrir leur senteur âcre-tendre qui colore l’espace d’une note rassurante… Sur la seconde orbite, des dossiers aux teintes passées… du type de ceux qui attendent depuis longtemps… jamais vraiment triés… rangés… fermés… Il y manque surement des pièces… quelques balises temporelles emportées dans le flux de petits bonheurs… des traits de souvenirs s’en échappent, lignes brisées, inabouties, compactées…

1967… que faisais-je donc en décembre ? Il me faudrait retrouver la fiche de paye… cette période-là me fait défaut… égarée en un temps où le travail n’était encore qu’un moyen de m’octroyer de petits clins d’œil d’autonomie, d’accéder à des emplettes non prévues par la doctrine familiale… l’autobus pour rentrer toutes les semaines plutôt que tous les quinze jours… les livres… commencer la collection des vinyls de Brassens… mon premier jean et les « Spring Court » interdits… pas encore le temps d’un budget de subsistance… Est-ce le froid cinglant de cette journée, la masse compacte du ciel gris soutaché du jaune de la neige qui s’avance comme promesse d’un Noël au tison et gage de prochaines Pâques au balcon ?... Un frisson me parcourt l’échine… comme ce soir d’hiver-là pourtant dépourvu de neige… les vacances… Les deux semaines à trier l’abondant courrier des vœux, manne des lycéens et étudiants… Alors ?... juste la gifle glacée du vent sur la route au sortir du bureau où régnait une atmosphère confinée et douillette, poussiéreuse mais ô combien vivante… l’éclairage tremblotant des néons jumeaux perchés trop haut sur les plafonds lointains… la chaleur humaine.

Humaine comme l’était l’accueil de la Receveuse et notre présentation à l’équipe qui nous avait marqués d’une appellation globale autant que taquine, nous étions ses « sales jeunes » embauchés pour prêter main-forte durant la quinzaine des fêtes de fin d’année. Aucune acrimonie ne transparaissait dans son propos, mais bien plutôt une tendresse toute maternelle promesse de quelque indulgence face aux sourires goguenards de la bande des facteurs. Nous n’étions que trois femmes à œuvrer parmi tous ces messieurs, notre responsable, une factrice et moi-même, pour autant, l’ambiance n’avait rien de sexiste ni d’agressif, elle était plutôt empreinte de bonhommie jusque dans les chamailleries inévitables générées par l’exigüité de cet espace surpeuplé. J’avais bien froncé un sourcil, à mon premier séjour, lorsqu’un vieux (il pouvait bien avoir… quarante-cinq ans !) m’avait tiré la queue de cheval pour appuyer son « bonjour », mais je n’avais pas tardé à me dérider lorsqu’il enchaîna : « faut apprendre à faire vite et bien, Cabrette, dis-toi que chaque lettre c’est comme si c’était celle de ton amoureux… », la consigne se voulait intransigeante et l’appellation m’était restée… Et, non, il ne nous serait pas venu à l’esprit de lui retourner un « tu me respectes ! » alors qu’il désirait simplement nous transmettre, à sa façon, sa longue expérience…
Au sein du groupe des « bleus », la période étant lourde de bilan, notre responsable m’avait dit compter sur moi pour mettre mes deux comparses au courant des us et coutumes, puisque j’étais lestée de ma récente expérience d’été. Même sur ce très court terme, l’insistance devait porter sur le secret auquel nous étions tenus au même titre que les agents titulaires, c’est du moins ce qui était ressorti de mon entretien d’embauche. Il me semblait que c’était là, en grande partie, que cette femme trouvait un sens à son obscur travail qu’elle concevait comme une mission. Bien sûr, l’expérience immédiate et superficielle que nous avions de la tournée des facteurs au village ne laissait pas vraiment présager de cet aspect de leur fonction… Mais à découvrir l’envers du décor, on comprenait que les papotages de bon aloi recouvraient bien des données que celui-ci taisait quitte à passer pour un niais… Dans ce pays de bois, l’étroitesse des surfaces emblavées allumait des concurrences farouches, et une lettre du notaire suivant un courrier de l’Hôpital pouvait nourrir de folles compétitions d’enchères… Et puis il y avait eu cet après-midi où le guichetier me demanda de me déplacer pour venir chercher un sac plombé. Oh ! un sac pas bien gros… « Eh bien ! Lance-le ! » lui dis-je du fond de la pièce. Un doigt discret effleura ses lèvres, comme pour préserver un secret, « non, dérange-toi ! ». Je crus à un gros coup de flemme de sa part puisque nous restions seuls après la sortie du client, jusqu’à ce que pendent à mon bras trente kilos bien denses… Les seuls lingots qu’il m’ait été donné de soulever de ma vie !

Le déballage des sacs du matin était bien la partie la plus fastidieuse du travail à intégrer. Nous étions tous trois regroupés dans un coin de la pièce et nous contentions de trier le contenu de chacun des ballots par noms de rues car, d’emblée, il nous était impossible de mémoriser quel parcours constituait le circuit de chacun des facteurs. Dans cette grosse bourgade mi-bourgeoise mi-industrielle aux quartiers récemment métissés, le dédale des voies et impasses, dont certaines faisaient doublet par leur nom, était un véritable casse-tête ; voire un fameux imbroglio en raison de certaines intrications dans l’enchaînement topographique des tournées. Ce manque de logique souleva très vite l’objection de mes collègues. C’est discrètement bien sûr, comme je l’avais appris lors de ma première embauche, que je les mis au courant de cette vieille pratique, à savoir le « rachat de tournée » par certains des facteurs, les plus juteuses en termes de pourboires. Leurs yeux arrondis par l’ignorance manifeste de l’usage me rassurèrent un peu quant à ma propre niaiserie !
Ceux des préposés affectés aux villages avoisinants se débrouillaient chacun avec sa part d’arrivages. C’était également le cas des trois vaguemestres, celui de la Maison Centrale (la prison hôpital) et ceux des hôpitaux de l’Assistance Publique. Ces derniers, s’organisaient sur une table qui leur était réservée, ils semblaient former une espèce de club select. Je n’ai jamais eu le loisir de les interroger sur leur statut, après tout peut-être n’étaient-ils pas employés des PTT, mais des ministères qui gouvernaient leurs secteurs ?...

Lorsque le coup de feu était passé, le dernier préposé ayant enfourché son vélo, mes deux jeunes collègues rentraient chez eux terminer la matinée avant de revenir pour le tri de départ. Ils résidaient en ville. Quant à moi, je gagnais alors le guichet auxiliaire pour seconder les affranchissements et rechercher les appels téléphoniques. On ne m’y a jamais demandé « pour de vrai » le vingt-deux à Asnières !… J’avais oublié où je pouvais bien passer les deux heures de pause qui m’étaient allouées… Coupure trop courte pour justifier un retour à la maison… le bistrot de la Poste évidemment… situé en face de celle-ci bien entendu, avec sa façade orientée plein Nord… le sandwich familial et la bière. Dans cette atmosphère aux relents aigrelets pourtant l’ambiance était douce… à l’image des « nights of white satin » que les Moody Blues enchaînaient en boucle depuis un mois sur tous les juke-boxes… C’est peu dire que j’aurais aimé m’y jeter avec délices plutôt que sur « les chemins de la liberté » arides dont je m’imposais pourtant la lecture avec opiniâtreté, les coudes scotchés au revêtement des tables jamais dégraissées… Paradoxalement, on n’y rencontrait jamais de postiers, du moins pas à cette heure du jour, mais quelques jeunes et bruyants supporters de l’équipe de foot locale dont c’était le point de ralliement.
En raison de la tombée de la nuit précoce, l’autorisation de prendre le job s’était assortie d’une exigence : troquer ma bicyclette pour le « Solex » de ma mère. Je n’aimais pas cet engin trop lourd du nez, trop instable dans les virages. Assez rapidement poussif dès que la pente était un peu forte, il faisait perdre sur nos routes accidentées le temps gagné sur le plat. Et puis son bruit de crécelle poussive signalait votre passage bien plus surement que le doux chuintement de l’air sur les épaules lors du dévalement ivre des lacets de descente… Mais la traversée des bois obscurs, le profil vallonné du parcours angoissaient mes vieux parents. J’avais pourtant eu l’occasion d’améliorer considérablement mon temps au cours de l’été précédent, mais les huit minutes épargnées sur les vingt que nécessitaient mon challenge initial ne leur apportait nul réconfort. Leur angoisse du risque d’agression encouru restait la plus forte…

À mon retour, un nouveau volet du travail démarrait, le tri de départ. Au fur et à mesure de la rentrée des agents, commençait la collecte du contenu des boites aux lettres. Il fallait d’abord composter les plis au moyen d’une petite machine rudimentaire. Les échantillons trop gros ou qui s’en échappaient étaient repris au tampon à main, et gare à ne pas laisser de timbres vierges !… À partir de quatre heures, mes comparses venaient me rejoindre. Alors parfois, à l’improviste, notre patronne surgissait pour plonger la main dans la corbeille des compostés. Quelque attention que nous ayons accordée à l’opération, il n’était pas rare qu’elle nous brandît triomphante « la » lettre échappée ! Une espèce de chance semblait alors l’accompagner et défier injustement notre vigilance. C’est qu’au fil du temps, la monotonie des gestes aidant, nous en venions progressivement à meubler l’espace sonore de nos papotages et à chantonner les tubes du moment… parfaitement inconscients que notre petit brouhaha atteignait le coin reculé de son bureau ! Et certes, en matière de chansons, nos goûts irritaient un peu les oreilles de nos aînés. Nous découvrions la musique anglo-saxonne, entre « Stones » et « Beatles » nous ânonnions souvent des paroles mal assimilées, mais surtout nous passions pour des poseurs…
Après quoi c’est devant un mur de casiers que nous nous plantions, rien de bien fatigant, juste ce balancement d’une jambe à l’autre pour viser les cases, un piétinement continu qui exigeait de fréquents étirements des mollets pour éviter l’ankylose. Passés deux ou trois jours de flottement inévitable, des automatismes s’installaient quant au groupage des départements autour des principaux centres de tri. Sous les railleries des « anciens » il nous fallait combler vaille que vaille nos lacunes en matière de préfectures, alors que cet apprentissage ne figurait déjà plus au programme de géographie. Le code postal n’était pas alors en vigueur, alors nous avions relevé le gant et même les manches et rivalisions de vitesse et de dextérité à avaler et distribuer le contenu des bacs de tri.
Il faut dire que nous prenions comme un jeu et un défi mutuel ce qui pour eux était contrainte quotidienne et monotone, un engagement quasi définitif sans grand espoir de promotion. Notre relative complicité de débutants et nos références musicales ne constituaient qu’un vernis bien mince de solidarité face aux « réguliers ». Je ne tardai pas à en mesurer l’artifice. Nous étions donc considérés tous trois comme étudiants, même si je n’étais encore qu’élève de terminale. Jacques ‒ ou peut-être s’appelait-il Alain, tant de garçons portaient alors ce prénom… j’ai oublié… disons Jacques ‒ était étudiant en seconde année de Lettres Modernes, Lionel, pour sa part était inscrit dans un BTS dont j’ai oublié l’intitulé. Lors d’un des rares moments de relâche du matin, nous avions, Jacques et moi accroché aux discussions entre le délégué syndical et certains des facteurs, est-il besoin de rappeler que les tensions sociales qui allaient éclater quelques mois plus tard étaient déjà bien perceptibles. C’était une aubaine pour nous petits privilégiés que de découvrir la réalité du terrain, au-delà de nos convictions idéologiques mal ficelées. Du moins sans nous être concertés, Jacques et moi nous sentions au diapason.
Lionel se tut durant la discussion comme absorbé par son tri, lui qui d’ordinaire n’y manifestait pas beaucoup de dynamisme. J’ai oublié quel était l’enjeu précis du débat, mais lorsque nos collègues eurent quitté les lieux, Jacques ne put s’empêcher de lui demander s’il se sentait à ce point peu concerné par le débat politique. Notre ami nous déclara tout de go qu’il n’attendait pour sa part que son BTS pour entrer dans l’entreprise de nettoyage que possédait son père auquel il était destiné à succéder et qui était alors un secteur en pleine expansion. Jacques et moi échangeâmes un coup d’œil de connivence et tirâmes une moue perplexe devant cette déclaration péremptoire. C’est peu dire qu’un froid tomba entre lui et nous et avec lui notre esprit de solidarité qui nous portait jusqu’alors à son secours. Peut-être avait-il des problèmes de latéralisation ? Il se montrait incapable d’effectuer la ligature réglementaire des paquets de lettres, non plus que celle des sacs et leur plombage. C’est vrai que ceux-ci dégageaient à chaque manipulation de petits nuages de poussière salissante… la propreté peut-être le taraudait déjà !


Était-ce la veille ou l’avant-veille de l’An ? J’ai oublié. Au sortir de la touffeur du bureau, il faisait glacial, un peu plus que les jours précédents, mes vêtements plaqués par la longue descente sur V ne semblaient plus m’apporter la moindre protection. Dans ma tête et bien mal à propos, Juliette chanta « déshabillez-moi », il faut dire qu’elle vivait tout près... Je pestai contre l’engin motorisé, j’aurais cent fois mieux préféré pédaler, surtout que j’abordai maintenant le plat, enfin le presque plat. Il pouvait être environ sept heures vingt, comme les autres soirs je n’avais rencontré aucun véhicule depuis que j’avais quitté la Départementale.
Encore deux bons kilomètres et j’allais retrouver la soupe de légumes fumante. Déjà mon père devait piétiner devant la table, surveiller la pendule, triturer son Opinel au fond de sa poche, mon travail venait perturber les rites familiaux dont le dîner à sept heures, lorsque retentissait le jingle des informations. J’abordai la ligne droite qui précède le double virage contournant la clôture du château. Encore quelques mètres et il faudra ralentir pour négocier le tournant à angle droit le plus traître du parcours, coupé d’une profonde rigole. On ne peut lâcher le guidon à cet endroit. Pourquoi le ferais-je d’ailleurs ? Sur la gauche il y a le panneau de signalisation, et tout le monde par ici sait que poursuivre tout droit vous expose à vous embourber dans un sentier de fondrières…
La voiture est arrivée vite. Bien trop. Trop pour que j’aie le temps de redresser ma course vers le sentier.
Je suis par terre après un grand « bam ». Une jambe coincée sous la bécane. Je redresse le nez, je bouge, ça va. Il y a cette voiture arrêtée devant moi, son moteur tourne. Elle est presque engagée dans le chemin de terre. Pourvu que le « Solex » n’ait rien, sinon qu’est-ce qu’elle va me passer ! Une silhouette descend de la bagnole. Il fait sombre là derrière malgré ses phares. Un long manteau de peau blanche rebrodé s’ouvre sur sa minijupe et ses jambes nues. Elle me jette un regard, d’un geste sublime de la main dégage sa chevelure de son col. Et remonte dans le véhicule puis repart en trombe en un virage serré au point de frôler la barrière du « Vin sans Eau »…
Aucun mot n’a été échangé. Bon, elle a constaté que je n’étais pas morte. C’est vrai quoi, je ne suis pas morte. Alors, lève-toi ma fille ! Mal partout. Ma cheville surtout. Faut rentrer. Mal aux mains, des gravillons incrustés sans doute… Ils vont s’inquiéter… Il y a un gros gnon sur le réservoir. Qu’est-ce que je vais entendre ! Et la roue est voilée, le garde-boue frotte. Pas moyen de rouler. J’ai le manteau arraché. Qu’est-ce qu’elle va me passer. Bon, je pousse l’engin… qu’il est lourd, mes bras en ont la tremblote… mais que faire d’autre ?
Une heure plus tard j’arrive. Mon père qui bouillait d’impatience se précipite livide pour me tendre une chaise lorsqu’il m’aperçoit. J’ai un peu de mal à m’asseoir… « Qu’est ce que t’as fait ? »… Je les entends dans le vague… Ma mère s’enquiert bientôt de son « Solex »… « Et tu n’as pas relevé le numéro d’immatriculation de la voiture ? » Mon père lui dit qu’on s’en fout, que le tri c’est terminé… J’ai quitté l’équipe sans un au revoir, ça me laisse un petit goût d’amertume… je vais dormir… Surtout ne plus penser à la « Dame Blanche »…


Dernière édition par Astérisque le Jeu 21 Jan 2010 - 19:27, édité 1 fois
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Romane
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MessageSujet: Re: Sur l'écran animé du Godin   Jeu 21 Jan 2010 - 15:52

La Dame Blanche, mêlée à ce métier dont j'ai presque envie de dire qu'il ressurgit des métiers bientôt disparus, du moins dans cette pratique là, s'ajoute à la qualité de l'écriture dont je ne me lasse pas.
Et puis j'avoue que feuilleter les albums en ta compagnie, est un bonheur digne des plus grands hivers à jours les plus longs, qu'importe puisque sur l'écran animé du Godin se lisent les histoires douces ou cruelles, en tout cas toujours tendres.

Ast, je mesure tous les jours ma chance de t'avoir rencontrée et de t'avoir gardée précieusement dans ma vie, parmi ceux qui me sont particulièrement chers.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: Sur l'écran animé du Godin   Jeu 21 Jan 2010 - 18:51

Ma grand-mère tenait un pseudo bureau de poste dans un minuscule village drômois. J'aurais aimé qu'elle me parle de son métier comme tu viens de le faire. J'adore tes miettes de mémoire (réelle ou fictive, peu importe), comme celles de Gé. Je trouve qu'elles recèlent la même tendresse lucide. Et un style qui me plonge toute entière dans le lieu et l'instant racontés. Merci.
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MessageSujet: Re: Sur l'écran animé du Godin   Jeu 21 Jan 2010 - 19:25

Merci les filles!
Je me marre, je mets ce texte en ligne, descends au courrier, et là, ben on me demande ces fichues fiches de paye, les seules qui me manquent... à votre avis, je leur envoie le texte?...
Luca la mémoire, tu verras, c'est quelque chose à quoi on ne pense guère tant que l'on se trouve dans le circuit du travail, du quotidien des mômes... et puis un beau jour des souvenirs surgissent dont on ignorait même les avoir engrangés... et peu à peu, voilà qu'ils remplissent l'espace déserté de nouveauté... Enfin, c'est un ressenti personnel... Tu te retrouves devant un décor complètement disparu, est-ce que ça vaut la peine de partager?... apparemment oui... (ça me fait penser)

Journée flottante, l'intervention de notre ami s'est cliniquement bien déroulée, restent les suites, radio et chimio thérapies... Que restera-t-il de sa mémoire?...
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Romane
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MessageSujet: Re: Sur l'écran animé du Godin   Lun 1 Fév 2010 - 11:03

Je reviens par ici, et même pour tout dire je pensais y avoir répondu.

Je ne sais pas si je suis dans le bon, mais j'ai l'impression qu'à partir d'un certain âge, les souvenirs reviennent comme ça, spontanément. Une sorte de tour d'horizon du passé, par petites échancrures inattendues. Ça permet de mesurer la courbe de l'évolution depuis tout ce temps. Et puis retrouver des visages, presque je dirais, faire un bilan de vie.

Pendant ce temps, on a fabriqué quelque chose de notre propre vie. Nous sommes les acteurs de l'évolution d'une société, d'une civilisation, quand bien même à très petite échelle.

Une pensée pour ton ami, sa famille, toi... bisou

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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