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 Siri HUSTVEDT

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lucarne



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Date d'inscription : 29/01/2009

MessageSujet: Siri HUSTVEDT   Dim 31 Jan 2010 - 14:35

Tout ce que j'aimais



Un livre envoûtant, des personnages ciselés par une orfèvre, un style qui emporte dans une lecture sans étape et une très intéressante réflexion sur l'art et l'humanité.


Le mot de l'éditeur :

Au milieu des années 1970, à New York, deux couples d'artistes ont partagé les rêves de liberté de l'époque, ils ont fait de l'art et de la création le ciment d'une amitié qu'ils voulaient éternelle et, quand ils ont fondé leur famille, se sont installés dans des appartements voisins. Rien n'a pu les préparer aux coups du destin qui vont les frapper et infléchir radicalement le cours de leurs vies - de la disparition tragique du fils unique de l'un des couples au dérapage dans le milieu des toxicomanes du fils de l'autre, bientôt impliqué dans un meurtre épouvantable…
Siri Hustvedt convie ici à un voyage à travers les régions inquiétantes de l'âme : bouleversant, ambigu, vertigineux, Tout ce que j'aimais est le roman d'une génération coupable d'innocence qui se retrouve, vingt ans plus tard, au bout de son beau rêve.

Siri Hustvedt est une écrivaine américaine née en 1955 aux États-Unis
parents immigrés norvégiens. Poétesse, essayiste et romancière reconnue, elle est diplômée en Littérature Anglaise
. Le 23 février 1981, elle se rend à une séance de lecture de poésie, à laquelle assiste aussi Paul Auster. Le coup de foudre est réciproque, elle épousera l'écrivain l'année suivante.
Ses œuvres sont traduites dans seize langues à ce jour. En France les écrits de Siri Hustvedt sont traduits par Christine Le Bœuf et publiés chez Actes Sud.


Morceaux choisis :

"Être vivant est inexplicable. La conscience elle-même est inexplicable. Il n’y a rien d’ordinaire en ce monde. Il y avait des après-midi de drame – le drame de Bill – dont je ne me lassais jamais car quand je me sentais près de lui je sentais sa masse. Cet homme était lourd de vie. Si souvent, c’est la légèreté que nous admirons. Ces gens qui paraissent sans poids, sans fardeau, qui voltigent au lieu de marcher, nous attirent comme un défi à la gravité ordinaire. Leur insouciance singe le bonheur, mais il n‘y avait rien de tel chez Bill. Il avait toujours été un roc, massif et pesant, chargé intérieurement de force magnétique. Je me sentais plus que jamais attiré par lui. Parce qu’il souffrait, j’avais abandonné mes défenses et mon envie."

"La difficulté de bien voir m’a hanté longtemps avant que ma vue ne se dégrade, dans la vie autant qu’en art. C’est un problème de perspective – ainsi que Matt me l’avait fait remarquer ce soir-là dans sa chambre, en constatant que lorsque nous regardons des gens et des objets, nous sommes absents de notre tableau. Le spectateur est le vrai point de fuite, la piqûre d’épingle dans la toile, le zéro. Je ne suis entier à mes propres yeux que dans les miroirs (et encore, à l’envers), sur les photographies et dans de rares films d’amateurs, et j’ai souvent aspiré à fuir ces limites afin de me considérer de loin, du haut d’une montagne – un point "il" plutôt qu’un "je" voyageant dans la vallée d’un point à un autre. Et pourtant, le recul non plus ne garantit pas l’exactitude, même s’il la favorise. (…) La vérité était mouvante et contradictoire, et j’étais prêt à vivre ainsi."

"Je compris qu’à un titre ou un autre, TG et MW étaient fous – exemples d’indifférence que beaucoup considèrent comme monstrueuse et contraire à la nature – mais qu’en réalité ils n’étaient pas des cas uniques et que l’on pouvait reconnaître ce que leurs agissements avaient d’humain. L’assimilation de l’horreur a l’inhumain m’a toujours paru commode mais fausse, ne serait-ce que parce que je suis né dans un siècle qui aurait dû à jamais infirmer ce discours. Pour moi, la lampe* ne devint pas la manifestation de l’inhumain mais du trop humain : la défaillance ou la rupture qui se produit chez certains individus quand l’empathie a disparu, quand les autres ne font plus partie de nous mais sont transformés en objets."
(* Un des personnages a tranquillement acheté une lampe après avoir commis un meurtre.)
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http://sisyphe-heureux.blogspot.com/
 
Siri HUSTVEDT
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