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 le "lâcher prise" en expression artistique

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gérard hocquet



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MessageSujet: le "lâcher prise" en expression artistique   Dim 31 Jan 2010 - 23:58

Essai sur le « lâcher prise ».

Essai, ça veut dire contribution à la compréhension de cette notion à partir de mon expérience et de ce que j'ai vu, lu ou vécu. Je ne veux pas être exhaustif, seulement illustrer et ouvrir au débat.
Et « lâcher prise », je l'entend au niveau de l'expression artistique. Je ne veux pas aller sur le terrain des nombreux auteurs qui ont développé cette expression comme élément d'une évolution personnelle vers le bien-être...quoique...je m'y retrouverai, de fait, mais sans les avoir lus, ayant seulement en tête des bribes de leurs thèses.

Le premier aspect qui m'est venu à l'esprit nécessite le détour par une histoire. A priori, elle n'a rien à voir avec mon propos sur l'expression artistique, mais comme elle m'est venue en mémoire comme une évidence, je suis parti de là. Vous jugerez de la pertinence de son lien avec le sujet.

Emmanuel était un jeune adolescent à la fois intelligent et attachant, avec une voix claire d'animateur radio, mais avec un fichu caractère.
Il ne fallait pas lui en conter. Il mettait beaucoup d'énergie à vérifier le prolongement des mots dits dans la réalité des comportements et la contradiction, l'hypocrisie, la lâcheté et l'injustice lui étaient plus qu'insupportables.
Il s'était rigidifié dans le traumatisme subi de son placement en internat.
Dans ce foyer accueillant des ados placés par les juges des enfants parisiens, on m'avait donné à accompagner un groupe dont ce jeune faisait partie. Une de mes premières expériences professionnelles.
Il était presque facile de faire le lien entre la rigidité d' Emmanuel et le fait qu'il se retrouve loin de chez lui sans trop comprendre pourquoi. Apparemment rejeté par un beau père qui ne supportait pas la relation de l'enfant à sa mère, vécu comme un concurrent en quelque sorte jusqu'au jour où une situation paroxystique de crise dans la famille a provoqué l'éloignement géographique du jeune.
A cette époque, il y avait encore peu d'intervenants éducatifs dans les familles avec l'objectif d'aider les différents acteurs à vivre plus sereinement ensemble, l'intérêt et la place de chacun bien compris. On plaçait facilement et le gosse-symptôme faisait les frais de l'éloignement. Cela donne une idée du ressenti d'injustice d'Emmanuel et justifie sa sensibilité éxacerbée aux mots qui agissent à contresens de ce qu'ils disent.
Dans ce même groupe, Patrick, du même âge, jouait le rôle de bouc émissaire idéal. Victime de maltraitance dans l'environnement familial, il était arrivé là par une mesure de protection. Le pauvre, habitué à son rôle depuis longtemps, alimentait à chaque fois que possible les mots et les actes pouvant lui attirer toute la maltraitance du monde, y compris celle des adultes sensés le protéger. Il avait pour cela une force extraordinaire de zizanie.
Emmanuel, comme tous, avait pris Patrick en grippe: il représentait tout ce qu'il abhorrait, la sournoiserie, l'absence de fiabilité de la parole donnée, une espèce de masse molle qui ne donnait prise à rien de constructif. Emmanuel jouait avec Patrick le rôle que ce dernier appelait de tout son être en s'en plaignant à postériori: le bourreau.
A chaque dérapage, les faits étaient repris avec l'un et l'autre pour signifier l'interdit de la violence et le droit incontournable au respect, sanctions à l'appui. Et à côté, il était donné à chacun les moyens de s'exprimer, de se développer dans des activités épanouissantes sportives, culturelles et d'apprentissage professionnel. Et chacun exprimait aussi son sentiment de sécurité à trouver dans ce foyer une place protégée et l'attention bienveillante des adultes.
Un jour fut atteinte la limite extrême: Patrick avait été brûlé volontairement avec une cigarette. Emmanuel était allé trop loin, trop fort et sétait mis en position de se faire exclure.
Pris à part, à l'extérieur du foyer, je lui ai signifié la décision d'exclusion et dit ma profonde peine de voir ses qualités gâchées par cet entêtement à la maltraitance. Se croyant bourreau, il se mettait là en position de victime de son aveuglement. Je m'attendais à ce qu'il se braque comme un petit coq qu'il était souvent. Non, il a craqué. Craqué et supplié qu'on lui garde une place ici, supplié que les adultes reprennent leur décision. Je lui ai répondu que j'en parlerai aux autres mais qu'il était exclus, complètement exclus si l'équipe revenait sur sa décision, d'accepter le moindre, l'infime soupçon de nouveau dérapage. La maîtrise dont il se montrait parfois capable devait s'appliquer aussi à sa relation de respect de l'autre jeune: à lui de faire l'effort de ne pas entrer dans le rôle recherché par l'autre. Si nous, le pouvions, lui aussi.
Il lâchait prise, Emmanuel, et nous avons pris le risque de le garder. Il a non seulement tenu son engagement vis à vis de Patrick en désamorçant toutes les bombes allumées par celui-ci, mais s'est transformé en acteur constructif dans sa situation familiale et a pu la rejoindre l'été suivant.
L'autre jeune, trop englué dans son fonctionnement pathologique de victime, a fini par être placé dans une famille d'accueil aux contours plus protecteurs. Car si avec Emmanuel le jeu ne prenait plus, avec les autres, et quelquefois même avec des adultes, le jeu devenait malsain.
En quoi cette histoire est-elle éclairante sur le "lâcher prise" en expression artistique?
C'est un exemple, sans doute caricatural et exceptionnel, de ce que nous sommes sans en avoir conscience ou même en le niant: des esprits formatés par notre expérience, des regards orientés par nos influences, une attitude soucieuse de mettre en place les défenses nécessaires, croit-on, à notre paix. Mais nous nous disons ouverts, sans dieu ni maître...et quelquefois ni d'yeux, ni de mètre, car aveugles et sans mesure de l'infini des possibles, englués finalement dans des positions ankylosantes.
Un premier aspect du lâcher prise serait donc de savoir se défaire d'une gangue enserrante, de muer en quelque sorte, pour s'éveiller à un regard neuf, de se laisser bouleverser, de renaître à une sorte d'innocence qui ouvre des horizons, de se laisser déstabiliser, mettre en déséquilibre.
Le lâcher-prise est accepter de se laisser mettre en question, de déstructurer sa façon de voir pour pouvoir en construire une autre.
Un exemple simple: j'ai une fois employé le mot "agréer" dans un poème. Plusieurs me sont tombés sur le poil en refusant ce mot trop connoté formule de politesse.
Agréer ne vous agrée guère? Je le trouvais à sa place dans ce texte parce qu'il allait bien dans ma petite musique. Alors, pourquoi l'éviter? C'était justement lui redonner un autre usage.
En dessin, pourquoi je ne dessinerais pas ce verre ballon trop connoté alcoolisme et gros rouge qui tache, alors qu'il devient avec son fond de vin, dans le soleil rasant d'hiver, un écrin pour un rubis qui rayonne sur la nappe?
Lâcher prise, c'est d'abord se nettoyer les yeux. L'art est subversif. Il n'y a pas de sujet indigne d'un regard sensible ni de mot ou de situation qui ne puissent inspirer des interprétations multiples.

Un autre aspect du "lâcher prise" ne va pas non plus sans une sorte de paroxysme, de seuil critique qui permet la libération de l'énergie créatrice ou interprétatrice d'une réalité sans plus que la conscience ou la volonté ne guide la main pour un écrivain, un peintre ou un musicien, la voix pour un acteur ou un chanteur, le corps pour un danseur(lisez partout un ou une!). C'est un moment d'envol, de vol libre. J'ai cette image qui vient du cheval qu'on bride pendant l'approche et puis qu'on lâche sur l'obstacle: il ne reste qu'à l'accompagner. Quelque part il vous échappe et s'envole, la bride relâchée.
J'ai du mal à accepter le mot "démence", car dans la démence, dé comme défaut et mence comme mens, esprit, défaut d'esprit, il n'y a pas la présence entière de la mémoire, des éléments appropriés par l'apprentissage, de la rêverie. La démence déborde, déstructure, délire. Elle n'est pas accompagnée, elle vous dépasse. Elle aboutit à ce qu'on appelle "l'art brut".
Le moment d'envol dont je parle est tout sauf un délire. Matisse écrit:"mes courbes ne sont pas folles".
J'ai entendu une auteure à la radio dire: mon travail d'écriture devient v alable lorsque je n'ai plus la maîtrise du débit de mots: quelque chose m'emmène presque malgré moi.
Marguerite Yourcenar comparait la gestation d'une oeuvre avec celle d'un enfant: un processus de recherche, de méditation, de rêverie, de mûrissement, et puis l'accouchement comme un lâcher prise, un processus physiologique et mental qui permet une libération. On l'accompagne, mais elle vous déborde et naît une oeuvre.
Matisse parlait d'envol, de main qui vole. Il l'a personnalisé dans Icare.
Une autre expression qui vient: l'échappée belle. Ou le fruit qui échappe à l'arbre quand il est mûr.
On le voit bien, puisqu'il y a maturation, mûrissement, c'est qu'il faut de la matière.
En fait, j'y vois la rencontre et la fusion à un moment donné de trois dimensions: moi, l'auteur, ma sensibilité, ma rêverie, ma réflexion. Une technique, un média, un support. Et un sujet qui fait l'objet de mon empathie, de mon intérêt, de mon envie d'en dire ou d'en rendre compte quelque chose.
Et plus chacune de ces trois dimensions est nourrie, appropriée, approchée, plus ces moments de lâcher prise donneront une expression avancée, maîtrisée, où ma patte sera présente, mon style, la maîtrise technique et le caractère, la vérité du sujet. Et ensuite la capacité d'improviser, d'abstraire.
C'est une phase de la création qui donne des sensations fortes, un sentiment de libération, de déchaînement, de puissance, d'intuition. Un plaisir intense.
Une image encore: celle du vol d'un goéland. Un décollage un peu laborieux et puis cette aisance en vol, un instinct infaillible qui sait prendre en compte un ensemble très multiple de données pour montrer la pureté de ce vol qui paraît facile.
La main de l'artiste fait la même chose: au bout de son geste, il y a la synthèse aboutie, l'alchimie d'un ensemble de choses impressionnant.
Après coup, on se dit: j'ai pu faire cela, moi?
Après quelques années, quand ce travail sur ces trois dimensions est réellement approfondi, il ne vieillit pas.

Voilà ma réflexion sur le "lâcher prise".
J'espère la voir enrichie des votres.
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Romane
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MessageSujet: Re: le "lâcher prise" en expression artistique   Lun 1 Fév 2010 - 0:22

Je voulais ne le lire que demain, peine perdue, je m'y suis hasardée et n'ai plus lâché... si je puis dire. Avec un grand bravo et merci pour cette présentation extra, qui me donne l'envie immédiate de laisser courir le crayon sur le papier, mais je ne suis plus en état ce soir, ceci dit je m'y mettrai j'en suis certaine, dès qu'un ballon récré me sera permis.

L'histoire des deux jeunes ne me paraît pas si tant décalée que ça, quant à l'art brut, j'en suis tout simplement fan et ai adoré visiter l'expo de Lausanne, ouvrant des billes comme ça face à la désinhibition des artistes particuliers.

Alors, on peut maintenant poster ce qu'on produit en lâcher prise, sans rien d'autre que l'expérience à tenter ?

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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gérard hocquet



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MessageSujet: Re: le "lâcher prise" en expression artistique   Lun 1 Fév 2010 - 11:16

oui, allons-y.
J'ajoute cette phrase de Susan Sontag dans son journal:"il n'y a rien qui puisse m'empêcher de faire quoi que ce soit, à part moi".

Voici deux exemples: le premier sur les barques est un croquis avec recherche de maîtrise du sujet, contrôlé donc.
Le second, sans titre, est un dessin automatique fait à l'inspiration: on y voit bien des références à la réalité: les yeux, la bouche, les étoiles, etc. mais la construction s'est faite sur le cadre de la feuille en dessin "lâcher prise", directement au stylo pinceau, sans esquisse.




Dernière édition par gérard hocquet le Lun 1 Fév 2010 - 11:48, édité 1 fois
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Romane
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MessageSujet: Re: le "lâcher prise" en expression artistique   Lun 1 Fév 2010 - 11:43

gérard hocquet a écrit:
oui, allons-y.
J'ajoute cette phrase de Susan Sontag dans son journal:"il n'y a rien qui puisse m'empêcher de faire quoi que ce soit, à part moi".


Fan, fan, fan !! Rêve (oui bon, là j'peux pas, j'ai pas l'outillage. Mais ça va viendre dès que possible)

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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Bianca



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MessageSujet: Re: le "lâcher prise" en expression artistique   Lun 1 Fév 2010 - 16:40

gérard hocquet a écrit:
Essai sur le « lâcher prise ».
Un premier aspect du lâcher prise serait donc de savoir se défaire d'une gangue enserrante, de muer en quelque sorte, pour s'éveiller à un regard neuf, de se laisser bouleverser, de renaître à une sorte d'innocence qui ouvre des horizons, de se laisser déstabiliser, mettre en déséquilibre.
Le lâcher-prise est accepter de se laisser mettre en question, de déstructurer sa façon de voir pour pouvoir en construire une autre.


Oui, une sorte d’innocence…



il n'y a pas la présence entière de la mémoire, des éléments appropriés par l'apprentissage, de la rêverie. La démence déborde, déstructure, délire. Elle n'est pas accompagnée, elle vous dépasse. Elle aboutit à ce qu'on appelle "l'art brut"


Je ne suis pas sûr de comprendre, peux-tu argumenter...



En fait, j'y vois la rencontre et la fusion à un moment donné de trois dimensions: moi, l'auteur, ma sensibilité, ma rêverie, ma réflexion. Une technique, un média, un support. Et un sujet qui fait l'objet de mon empathie, de mon intérêt, de mon envie d'en dire ou d'en rendre compte quelque chose.
Et plus chacune de ces trois dimensions est nourrie, appropriée, approchée, plus ces moments de lâcher prise donneront une expression avancée, maîtrisée, où ma patte sera présente, mon style, la maîtrise technique et le caractère, la vérité du sujet. Et ensuite la capacité d'improviser, d'abstraire.
C'est une phase de la création qui donne des sensations fortes, un sentiment de libération, de déchaînement, de puissance, d'intuition. Un plaisir intense.


Il n’y a rien à ajouterchinois

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lucarne



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MessageSujet: Re: le "lâcher prise" en expression artistique   Dim 7 Fév 2010 - 15:43

Gé, tu étais en train d'écrire ce texte sur le lâcher-prise lorsque je lisais L'Élégance du hérisson. Et étrange coïncidence, un petit extrait, qui s'applique à la littérature, mais peut être généralisé aisément :

Citation:

Peu à peu, il [Lévine, dans Anna Karenine] déleste ses mouvement de l’entrave de sa volonté, entre dans la transe légère qui donne aux gestes la perfection des actes mécaniques et conscients, sans réflexion ni calcul, et la faux semble se manier d’elle-même tandis que Lévine se délecte de cet oubli dans le mouvement qui rend le plaisir de faire merveilleusement étranger aux efforts et à la volonté.
Ainsi en va-t-il de bien des moments heureux de notre existence. Déchargés du fardeau de la décision et de l’intention, voguant sur nos mers intérieures, nous assistons comme aux actions d’un autre à nos divers mouvements et en admirons pourtant l’involontaire excellence. Quelle autre raison pourrais-je avoir d’écrire ceci, ce dérisoire journal d’une concierge vieillissante, si l’écriture ne tenait pas d’elle-même de l’art du fauchage ? Lorsque les lignes deviennent leurs propres démiurges, lorsque j’assiste, tel un miraculeux insu, à la naissance sur le papier de phrases qui échappent à ma volonté et, s’inscrivant malgré moi sur la feuille, m’apprennent ce que je ne savais ni ne croyais vouloir, je jouis de cet accouchement sans douleur, de cette évidence non concertée, de suivre sans labeur ni certitude, avec le bonheur des étonnements sincères, une plume qui me guide et me porte.
Alors, j’accède, dans la pleine évidence et texture de moi-même, à un oubli de moi qui confine à l’extase, je goûte la bienheureuse quiétude d’une conscience spectatrice.

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gérard hocquet



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MessageSujet: Re: le "lâcher prise" en expression artistique   Dim 7 Fév 2010 - 22:20

Merci Lu, je ne me souvenais pas de l'avoir lu et c'est pourtant exactement ça.
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Romane
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MessageSujet: Re: le "lâcher prise" en expression artistique   Ven 19 Fév 2010 - 19:27

Bon. Voici ce tout petit essai très rapide (15 mn) de tout à l'heure, en réponse à la tulipe de Rosacée. J'ai pris l'une de celles qui trônent sur ma table, voilà ce que ça donne.



Alors pour la petite histoire : elles sont rouges, mes tulipes, d'un rouge un rien rosé. Puis, en regardant plus attentivement, j'ai fini par déceler une ribambelle d'autres couleurs, celles qui forment les ombres et les lumières. Du coup, en regardant encore de plus près, j'y ai vu du jaune, du bleu, du mauve, du noir, ainsi-soit-il.

Donc voilà ma contribution, avec l'attente de critiques/conseils et tout et tout !

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Rosacée



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MessageSujet: Re: le "lâcher prise" en expression artistique   Ven 19 Fév 2010 - 19:47

Je vois que tu n'as rien à m'envier ! Je trouve cette tulipe superbe !
J'aime beaucoup les nuances, tu joues bien avec l'effet ombre lumière, cela donne un côté réaliste.
Tu as fait ça avec des craies pastel - ou crayons pastel ?
Hier je regardais sur le net pour voir les tarifs des craies et crayons pastel... Booh... ça n'est pas donné. Il existe aussi des craies à l'huile, je crois que Rembrandt en utilisait... Cela donne un effet plus satiné.
Si tu as fait avec des craies pastel, je te donne un conseil : met de la laque pour cheveux sur toute la surface de la feuille, cela permet de fixer la craie.
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Romane
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MessageSujet: Re: le "lâcher prise" en expression artistique   Ven 19 Fév 2010 - 19:56

Merci Rosacée (m'enfin ! Tulipée, à ce jour ! ). Mais on voit bien un tas de défauts, je ne pense pas non plus qu'elle soit bien proportionnée, par exemple.

J'utilise des crayons pastels retrouvés pour la circonstance. Pétard, ils datent, ça leur a fait drôle !

L'été dernier, j'ai beaucoup dessiné.... au charbon de bois trouvé par terre devant la maison, et datant du dernier barbecue fait par mes jeunes. J'ai laqué et cet hiver j'ai vu qu'ils avaient tenu, effectivement.

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Rosacée



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MessageSujet: Re: le "lâcher prise" en expression artistique   Ven 19 Fév 2010 - 20:14

Je n'ai pas l'oeil d'un professionnel, mais as-tu déjà observé la nature ? Tu trouves que tout est parfait, aussi bien dans la forme que dans la couleur ?

J'aime bien ta tulipe car elle prend une bonne partie de la feuille, et je trouve que les proportions sont adéquates.
T'as un bon coup de crayons, je vois le mouvement que tu as donné aux formes mais surtout aux nuances, comme un balayage. Enfin, Gérard donnera son avis, il verra peut-être des choses.

La seule chose que je pourrais dire, c'est que le fond blanc est trop blanc. Mais ça peut se comprendre, tu as dessiné que la fleur, et ce, en un quart d'heure.
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Romane
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MessageSujet: Re: le "lâcher prise" en expression artistique   Ven 19 Fév 2010 - 20:24

Justement oui, elle est parfaite (la nature) parce qu'on pourrait inclure l'univers dans chaque parcelle dont elle est faite. Il m'arrive d'examiner en cherchant à percer le mystère de ses couleurs, par exemple, et d'en ressortir sonnée, tellement la richesse en est évidente.

Oui, le fond, tu as raison, blanc ça n'est pas génial. En fait, je m'aperçois en en parlant que le fond m'a toujours posé problème. Soit parce que je ne sais pas trop comment m'y prendre (avant ou après le centre ?), soit parce que lorsque j'ai tenté j'ai à chaque fois pensé que j'aurais mieux fait de m'abstenir. Du coup, je m'abstiens.

Alors forcément, je regarde les tiens avec beaucoup de curiosité, ils semblent ne te poser aucun problème !

C'est en regardant tes dessins que j'ai vu le mouvement dont tu parles ici. Particulièrement dans le nu (je rejoins Luca, à 100%) le mouvement donne relief, vie. Donc il fallait aussi tenter, apparemment ça fonctionne. yeaaah ! Merci Rosacée !

Voui, voui, on attend Gérard (et tout autre qui voudra s'y coller). Gé, au passage, fais un tour sur le fil de Rosacée, des essais t'y attendent aussi.

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Rosacée



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MessageSujet: Re: le "lâcher prise" en expression artistique   Ven 19 Fév 2010 - 20:46

Oui, la nature est parfaite à notre oeil humain, mais ce que je veux dire c'est qu'il n'y a pas une perfection établie, précise. Je veux dire qu'une tulipe a sa propre forme et est différente de la tulipe voisine. Certaines seront plus fines, plus longues, plus larges, plus rouges ou plus roses, ou moins jaunes. C'est ça que je veux dire. L'important dans ton dessin, c'est ce qu'on y voit ou ce qu'on y retrouve. Quand j'ai ouvert, j'ai vu de suite que c'était une tulipe et rien d'elle ne m'a chiffonné.
Le fond me pose moins de soucis que le contour, en effet. Very Happy
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Romane
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MessageSujet: Re: le "lâcher prise" en expression artistique   Ven 19 Fév 2010 - 21:05

Mais ton fond, tu le poses après ?

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MessageSujet: Re: le "lâcher prise" en expression artistique   Ven 19 Fév 2010 - 21:07

Romane a écrit:
Mais ton fond, tu le poses après ?



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