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 Redonner l'envie de vivre à son frère...

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Neopolitan

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MessageSujet: Redonner l'envie de vivre à son frère...   Lun 8 Fév 2010 - 8:06

Bonjour,
Je m’appelle Vic, j’ai 20 ans et c’est une sœur désespérée qui vous écris… J’ai deux frère plus jeunes que moi : l’un Fred qui a 18 ans et l’autre, Ben, en a 16. C’est notre Ben dont le comportement nous désempare et nous rend complètement impuissants.

Il est en terminale mais voilà à peu près deux ans qu’il vivote et n’a plus gout à la vie. Pourtant rien ne le laissait présager. Nous sommes une famille aimante, soudée, et peut-être notre seul défaut est d’être trop protecteur (mes parents notamment qui nous ont tout donné, parfois trop).

Ben s’est progressivement coupé du monde C’était un élève des plus brillants au collège, des notes qui frôlaient la perfection sans jamais trop travailler… Le travail est assez important dans la tradition cambodgienne – mes parents en sont originaires.

Et puis est arrivée la seconde. Là encore tout pouvait « aller ». Nous avons ensuite déménagé. (On se demande si ce fait particulier a contribué à son mal, parce qu’avant, il lui arrivait de sortir, aller à la bibliothèque ou faire du sport avec un de ses amis du quartier… mais à y réfléchir ce quartier était vraiment mal famé, de ZUP et qui méritait bien sa réputation… peut-être d’ailleurs la source de ses peurs)

Et petit à petit, il était plus renfermé, à se réfugier dans des jeux addictifs (Perfect World)… Il ne sortait plus que pour aller en cours. Et nous qui avions l’habitude rendre visite notre grand-mère qui habite à une soixantaine de kilomètres de chez nous, devions faire sans lui… De même pour les vacances d’été où nos avions l’habitude d’aller à la mer ensemble. Il disait ne plus vouloir sans donner d’explications. Nous ne le forcions pas. Par la suite, quand on en a discuté, il me disait que c’était parce qu’il avait peur des longs trajets en voiture, qu’il nous arrive quelque chose… De fil en aiguille, dans la conversation, j’ai appris qu’il avait une peur bleue de l’Autre, qu’il détestait sentir un regard posé sur lui, que quand il voyait rire alentour, il se disait que « forcément », ses personnes se moquaient de lui, à tel point que ca l’amenait à ressentir une haine très forte, incontrôlable…

Et puis, comme on le redoutait. Ses absences à l’école se faisaient plus fréquentes. Un jour, deux jours… On essayait de le remettre sur les rails. Il y repartait. Et puis la rechute quelques semaines après. Dans notre impasse, un fait qui lui a permis tout de même de s’aérer l’esprit, fut la présence d’un « tuteur ». Suite à ses notes du brevet ainsi que du au fait que l’on venait d’un quartier défavorisé, un « tuteur » s’est porté volontaire, pour bénévolement le suivre pendant sa scolarité au lycée, notamment l’aider à trouver une voie vers laquelle il se complairait. Son entente avec ce monsieur, d’une gentillesse rare était vraiment optimale. Ben revenait de ses après-midi avec le Monsieur toujours souriant et contente de raconter sa journée, les portes ouvertes qu’ils ont fait, telle école visitée…

Mais depuis quelques mois, son état s’est aggravé… Il n’écoutait plus en cours. Il dormait trop tard parce qu’il jouait à son jeu (addictif) et le matin avait une peine folle à se lever (depuis qu’on a déménagé il doit se réveiller une heure plus tôt à 6h)… Il faisait acte de présence (à l’époque) mais la plupart du temps indifférent à ce qu’il disait. Il n’a pas eu toujours la chance d’avoir des professeurs agréables et les mauvaise notes ou remarques désobligeantes (et parfois mal placées) le déstabilisaient complètement.

On le voyait aller mal, et j’ai eu une longue discussion avec lui, lui disant que nous allons tout faire pour l’aider et que nous allions lui prendre un psychologue. Il était d’accord sur l’idée, donc nous n’avions pas tardé… une, deux séances avec la psy… Il en est ressorti qu’il fallait qu’il limite son temps de jeu… Je ne sais pas si ca a un lien mais Ben n’a plus eu envie d’y retourner. Il a du y aller une ou maximum deux fois depuis presque un an. Il dit qu’il ne l’aime pas, qu’elle ne sait rien à ses problèmes. Mais en même temps, il ne devait pas se confier…
Il a alors commencé à se couper de toute aide. La psy, il n’allait plus la voir. Notre oncle qui a l’habitude d’avoir affaire à des élèves essayait de lui parler. Au début, il l’écoutait et puis depuis quelques mois. On a appris qu’il était bien mal dans sa peau, qu’il complexait beaucoup… Et puis, depuis quelques mois, il n’accepte plus aucun de ses appels, ou ne les écoute pas.

Noël, il l’a passer seul à la maison… pourtant cela faisait plusieurs jours qu’on disait qu’on allait le fêter en famille, chez ma grand-mère. Il n’avait jamais fait comprendre que l’idée de ne lui plaisait pas ou qu’il ne serait pas de la fête. C’était la surprise au matin du 25 : son refus complet. Et dans ce cas, une habitude récurrente, c’est de rester dans son lit (la chambre est partagée avec mon autre frère), et de faire celui qui dort… Et ce jour-là, on a eu beau essayé de lui dire de venir, que ce serait exceptionnel… En plus de persévérer, il nous a rien dit d’autre à part que l’on comprenait rien, qu’on répétait toujours la même chose …
Depuis le début de 2010, il a du aller les deux, trois premiers jours à l’école puis ensuite, plus rien. Il reste à la maison, se lève pour jouer, et ne ferait que ca s’il le pouvait. En effet, je ne sais pas comment c’est arrivé et comment finalement l’idée a pu être acceptée, mais mon père a réglé l’accès à Internet de manière à ce qu’il y ait des coupures dans la journée… Du coup, parfois il fait autre chose que jouer à son jeu en ligne. Il aime notamment écouter de la musique (Métallica, Nightwish…), regardé des Anime japonais, faire des montages musicaux. Il se débrouille pas mal en ce qui concerne l’informatique et a été fier de me montrer ses réarrangements musicaux, du coup, son parrain lui a fait faire pas mal d’activités dans cette direction. Il était enthousiasmé au début, se préoccupait de son avenir post-bac.

Mais là, il ne veut plus rien faire. Il ne va plus à l’école depuis plus d’un mois. On pensait qu’il allait passer son bac mais la discussion que j’ai eue hier m’a confirmé qu’il n’irait pas. Et quand je lui ai demandé ce qu’il compte faire Il me répond alors « Rien, c’est fini… »… Son « tuteur » essaie de le motiver mais il est dans la même impasse que nous. Pourtant, c’était la seule personne qu’il écoutait « à peu près ».

On a essayé de le motiver, prêt à lui payer son inscription dans le sport ou dans un instrument de musique. Mais il refuse tout bonnement.On a pensé aussi qu’il était peut-être phobique scolaire et dans un premier temps, on voulait tenter de lui trouver des cours par correspondance… mais il refuse. Tout comme il refuse de communiquer. Certainement qu’il ne sait pas lui-même la cause de son mal-être mais il utilise un air complètement condescendant envers mes parents qui leur font énormément de mal. L’idée du suicide, il l’émet quand on le fâche. Ca concerne donc surtout le fait qu’on parle de son jeu additif ou encore de l’école. Cette idée nous fait énormément peur… Il est impulsif et peut s’énerver pour pas grand-chose (parfois quand on l’insulte dans son jeu).

Proche de son parrain et conscient qu’il y a un problème, le cpe a demandé une entrevue pour discuter, mais Ben a refusé. Pareil pour l’assistance sociale qui voulait passer à la maison, et qu’il n’aime pas.
Il n’a plus du tout d’amis, ni de contact (ne serait-ce que MSN). Il a peu gardé contact avec ceux de notre ancien quartier. Quand il y allait, j’ai cru comprendre qu’il s’entendait bien avec un certain élève, qui d’ailleurs, au début lui demandait s’il allait bien, mais pas plus que ça, un camarade de classe, en somme. Mes parents pensent qu’il ne va plus à l’école par honte, lui qui a été autrefois si brillant, parce qu’il ny arrive pas. Pourtant, j’essaie toujours de lui dire que je peux l’aider, mais il refuse catégoriquement.

Mes parents ont essayé de me préserver au mieux de ces problèmes parce que je poursuis mes études dans le Nord –Est de la France alors que ma famille vit dans le Sud. Mais je ny coupe aps rentre des vacances… Hier, nous avons donc eu une discussion avec Ben, où j’essayais de savoir son projet professionnel pour les prochains mois (c’est l’heure des inscriptions). Il a donc dit « Rien… C’est fini »… Cette phrase résonne en moi comme un appel à l’aide et me rend tellement triste. J’ai alors enchainé « Mais qu’est-ce que tu comptes faire ? Vivre ici aux dépens des parents toute ta vie ?? » Il n’a pas écouté ma conversation jusqu’à la fin, et est monté furieux, et lui qui n’était pas sorti de la maison depuis très longtemps (plus d’un mois il me semble, il refusait même d’aller au docteur et c’est ma maman qui est allé lui cherché son « certificat médical ») voulait partir « faire un tour »… Heureusement qu’il y avait mon autre frère parce qu’on l’a retenu (« physiquement »). Non sans peine. J’ai bien cru qu’ils allaient en venir aux mains. Il disait qu’on le disait égoïste, que s’il partait, tout irait mieux pour nous… Et Fred et moi avons commencé à pleurer, à lui dire qu’on l’aimait, qu’on l’aimait beaucoup…

Et puis il s’est calmé et n’a plus eu envie de sortir. Le plus fou, c’est que deux heures après c’était le Ben qu’on avait toujours connu, il rigolait, venait manger avec nous…

En fait, lorsque la question des cours n’est pas abordée, qu’il peut jouer à son jeu addictif, tout a l’air d’aller. Mais sa coupure sociale, son manque d’intérêt en tout, l’absence de projet, qui pointent bien du doigt le fait qu’il y a quelque chose qui ne va pas. Sa psy nous a alors conseillé de l’hospitaliser. Mais c’est un vrai dilemme pour mes parents. Parce qu’à un moment donné, il a dit que si on l’hospitaliser « on finirait par le regretter ». Et on le voit qu’il ne veut plus se faire aider…

Ces temps-ci, nous sommes complètement impuissants et nous pensons fortement à l’hospitaliser, maintenant qu’il n’est pas encore adulte… Même si cette idée nous déchire…

Nous ne recherchons pas de solution miracle à nos problèmes, mais seulement une écoute, un conseil de la part de personnes qui potentiellement ont vécu une telle situation car nous sommes vraiment dans une impasse et ca affecte l moral et la santé de tout le monde. Surtout que nous avons peur de faire des choix que nous regretterons plus tard. Mon père me dit par exemple qu’il se sentirait moins oppressé et honnête s’il était clair avec le CPE et son tuteur, que Ben en retrouverait plus à l’école…

Je vous remercie de m’avoir écoutée en tout cas.
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Romane
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MessageSujet: Re: Redonner l'envie de vivre à son frère...   Lun 8 Fév 2010 - 13:40

Il est terrible ton témoignage, ma grande. Il nous met face à ce sentiment d'impuissance et d'incompréhension d'autant plus forte quand il s'agit d'une famille soudée, parce qu'on se demande pourquoi un membre ne va pas bien.

Cela n'est pas arrivé chez moi, bien que ça aurait pu au moment de l'adolescence de mon second fils, j'ai craint un moment et puis non. Par contre, je puis te dire que je connais plusieurs familles vivant le même enfer que la tienne. Parce que oui, c'est un enfer, autant pour les membres d'une même famille que pour le jeune qui est si mal en lui.

Je ne suis pas psy non plus, je ne puis que te lire avec beaucoup d'attention et n'être que d'un infime conseil, qui serait celui de prendre véritablement le taureau par les cornes et d'envisager une hospitalisation pendant qu'il est mineur ne me semble pas bête, voire même sans doute la solution. Une fois adulte, il pourra tout refuser et comment faire alors pour le secourir ?

En fait, la question que je me pose est : comment peut-on s'en sortir, si on reste physiquement dans le milieu auquel on est habitué, le temps des soins. Parce qu'il a ses habitudes, et qu'il est trop tentant de les pratiquer (le jeu notamment), mais aussi parce que dès que vous tentez de l'en sortir, apparemment il le prend mal et comme vous êtes ses proches il n'a donc aucune retenue dans ses mouvements de révolte. Devant des professionnels, c'est plus difficile parce que l'affect n'existe pas et du coup, les coups de gueule et rébellions n'ont pas de prise sur ledit personnel. En même temps, ça paraît inhumain et une vraie torture morale pour vous qui l'aimez.

Punaise, si Vic pouvait passer par ici, (notre autre Vic de LU), il pourrait nous éclairer plus dignement que ce petit message.

Ton frère est jeune, il faut vraiment l'en sortir pendant qu'il en est temps.

De tout coeur avec toi, avec vous...

Je trouve aussi ce lien, que je joins, à tout hasard déjà.
http://www.drogues-dependance.fr/agir_reagir_aider_etre_aide.html

et cet autre au sujet de l'addiction aux jeux vidéos
http://www.transfert.net/a8925

où l'on s'aperçoit que la dépendance est la même et que la solution proposée mène aussi à l'hospitalisation, chose que j'ignorais.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Bonjour, je suis Romane, alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane."
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
http://lessouffleursdereve.jimdo.com/
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JoK
Poulet branché


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MessageSujet: Re: Redonner l'envie de vivre à son frère...   Lun 8 Fév 2010 - 14:18

Citation :
Et petit à petit, il était plus renfermé, à se réfugier dans des jeux addictifs (Perfect World)… Il ne sortait plus que pour aller en cours.

Tu mets "jeux" au pluriel, mais tu n'en cites qu'un. Quels sont ces autres jeux, le sais-tu ?

Ce qui semble certain, c'est que ton frère a peur. Reste à savoir de quoi exactement. De son avenir, de son environnement ? Des autres ?

Lorsqu'un ado se réfugie dans le jeu, c'est parce qu'il s'aperçoit que cette activité se maitrise, qu'il peut s'y déployer comme il le souhaite. Il peut "avancer" dans le jeu sans crainte, mais seulement parce qu'il a des armes qu'il a appris à maitriser, manier. L'addiction ne vient que parce qu'il se sent plus en sécurité dans le jeu par rapport à la vie dite "réelle".

Si ton frère dispose de son pc dans sa chambre, il sera important de le sortir de là, pour le placer dans un endroit accessible à tout le monde. Ça va être pénible, mais indispensable. Vous allez devoir le déranger pendant qu'il joue.
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Rosacée



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MessageSujet: Re: Redonner l'envie de vivre à son frère...   Lun 8 Fév 2010 - 14:51

J'ai également lu ton témoignage tôt ce matin. Ce témoignage m'ayant fortement touchée. Cela m'a touchée parce que je sens bien à quel point ce message est une alerte, un appel pour une aide. Je sais combien quand on ne sait plus quoi et comment faire, on est au bout du rouleau et je ne parle pas de la culpabilité que l'on ressent en temps que parents. Et cela me touche que ce soit une soeur qui nous en parle.

"Pourquoi il en est arrivé là, qu'est-ce que j'ai fait, où ai-je loupé le coche, ai-je été si mauvais parent, ai-je été trop bon, en ai-je trop fait ou en ai-je pas assez fait..." Voici les questions que je me suis posée, souvent, sans dormir.

Je trouve que c'est admirable tout ce que vous faites pour ces garçons.

Pour celui qui est majeur, je sais, cela va sembler terrible, mais on reste pour le moins impuissant. Il est difficile d'emmener un jeune par la main pour le faire hospitaliser.
En effet, il faudrait que ce soit lui qui prenne cette initiative. Cependant, il est important qu'il sente que vous êtes là et il faut continuer à poser des mots sur ses maux et les vôtres. Lui faire part que vous l'aimez. Que vous êtes là, si il a besoin d'aide...

On en est au stade où le jeune affirme que nous ne le comprenons pas, que nous ne comprenons pas sa souffrance à tel point que lui-même ne voit pas que son entourage souffre de la sienne par ses actes.
Et c'est vrai, on ne le comprend pas. Je le sais en connaissance de cause.

On pourrait envisager d'aborder le sujet de la souffrance avec lui en essayant de ne pas l'impliquer lui-même mais éventuellement lui parler de son comportement, de ses agissements, de sa façon de faire qui vous cause bien des peines.
Je sais, ça semble bizarre puisque son comportement vient de lui mais comme s'est lié à un malaise qui semble profondément encré en lui et que personne ne peut comprendre, la première chose est de ne pas lui parler de lui directement mais indirectement. Je ne sais pas si j'arrive à me faire comprendre. Mais ce que je veux dire c'est qu'il serait bien de cibler son comportement et que c'est son comportement qui inquiète et fait souffrir tout le monde. Car tout ça, c'est sûr, ça fait souffrir la famille. Mais il faut qu'il garde en mémoire que vous l'aimez mais que ça ne peut plus durer.

Enfin, je ne suis pas des meilleurs conseilleurs.
Disons que je suis passée par là avec l'un de mes fils.

Vers 17 ans et demi, il a changé. J'ai su plus tard qu'il avait eu une grosse déception d'amour l'année de sa première. Il est allé jusqu'au BAC. Il vivait reclus, craquait ses cours. Et moi je pensais que tout se passait bien. Puis, c'est vrai, les critiques, les jugements n'ont rien arrangé. Que ce soit quand on travail mal mais aussi par l'entourage quand on travail bien. Ca n'est pas facile d'être considéré comme intello...
Alors, certains rebroussent chemin ou prennent un autre chemin.
Le mien est entré dans un autre fonctionnement. Avec les potes, on découvre sa première clope, son premier verre d'alcool, sa première bière, son premier joint. C'était le début de la crise d'adolescence, crise tardive, mais elle était belle et bien là, 6 mois avant la majorité. Je n'ai pas vu de suite certaines choses. Mais il était un coup joyeux, euphorique, un coup déprimé, apathique, triste et le besoin de dormir beaucoup, addicte au jeu, et je ne parle pas de ces excès de colère, ses changements d'humeur sans que l'on sache pourquoi. Je ne reconnaissais plus mon fils. Je l'ai tenu par la main entre mécontentement, patience, pleure, cri, espoir et désespoir. On en bave et les remords on en a. Car de mon côté, pour lui, pour notre famille, ça n'a pas été tous les jours la joie.
Pour son cas, la drogue y était pour beaucoup, il s'échappait au travers de celle-ci. Il ne fumait pas occasionnelement mais plusieurs fois par jour. Je ne pouvais pas compter sur ma famille, je n'ai qu'un frère et il se drogue encore, régulièrement.
J'ai emmené mon fils chez le médecin. Il avait accepté. On a parlé, la doctoresse lui et moi. Seulement à 18 ans et demi, l'emmener pour le faire se désintoxiquer, ce fut mission impossible.
Alors Je sais combien c'est difficile.

Si un jeune est mineur, les parents doivent se confronter à la réalité et si le docteur conseil l'hospitalisation, alors il faut l'emmener. Ne pas céder au chantage, au menace de suicide. Il faut l'aider, maintenant. C'est, ce qu'il y a de mieux à faire. Je ne sais pas qui est assez solide autour, mais parfois une tierce personne, cela peut aider.
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Neopolitan

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MessageSujet: Re: Redonner l'envie de vivre à son frère...   Lun 8 Fév 2010 - 17:46

Merci beaucoup pour tous vos messages qui nous donnent l’espoir d’y croire encore malgré cette impuissance qui nous submerge souvent ces temps-ci. Et encore, je ne suis pas la mieux placée pour en parler, vu que je ne suis confrontée aux problèmes que lorsque je rentre chez moi pour les vacances…

C’est très dur pour moi de voir mes parents si aimants et protecteurs dans cet état totalement désemparé. Ils ne dorment pratiquement plus la nuit, tellement tiraillés par les questions que vous soulevez si bien « Nous leur avons tout donné. Où a été notre erreur de parcours en tant que parents ? »…

Encore ce midi, l’hospitalisation revenait dans les discussions… Et mes avis changent du jour au lendemain. Hier, à le voir dans l’impulsion totale, prêt à partir, alors qu’il commençait à se faire tard quelque part « pour nous laisser la paix »… je ne voyais pas d’autres solutions que l’hospitalisation après l’altercation avec mon autre frère… Mais il est catégoriquement opposé à cette idée, et n’hésite pas à brandir des menaces qui nous effraient tellement que l’on n’ose plus rien faire pour aller à son « encontre ». « Si vous faites, ca vous allez le regretter ». On a beau se dire qu’il y a des chances que ce soient des menaces en l’air, mais on ne peut pas oublier qu’il peut ne pas plaisanter. Et deux heures ont passé, Fred et moi-même en pleurs lui répétant qu’on l’aimait, Ben qui pleurait aussi…et qui finalement n’a plus voulu sortir, ni même avec nous…

Si l’on exceptait son absentéisme scolaire et le fait qu’il vit reclus à la maison, il serait presque comme un garçon normal. Je lui trouve meilleure mine qu’aux vacances de Noel parce qu’il a repris du poids. Je me dis que si ce n’est que les cours qui lui posent problème (puisque c’est seulement lorsqu’on aborde ce sujet, que la dispute commence), soit… Mais son manque de projet d’avenir, d’ambition nous inquiètent beaucoup. Suivis aussi de ses allusions au suicide parfois (impulsion ?)…

Alors, j’essaie de faire de mon mieux pour qu’il reprenne une activité sociale même si c’est derrière un écran de pc (il ne peut pas jouer en continu sur le pc parce que la connexion se coupe automatiquement (6-)10h ; 14h-17h;20h-22h30 Autre fait, le pc est dans ma chambre, mais comme je ne suis là qu’aux vacances…). Il est vrai que j’ai parlé au pluriel mais en définitive il n’y a qu’un seul jeu Perfect World dont il est addictif http://fr.wikipedia.org/wiki/Perfect_World … Mais parfois, il ne fait pas que « ça », il mixe de la musique, fait quelques montages, passe beaucoup de temps sur les forums des groupes qu’il aime…

Ce matin, ayant appris hier qu’il avait posté des videos sur Youtube et dont il disait « qu’il « y avait peu de visites », je me suis dit que j’allais lui donner un coup de pouce en faisant de la pub autour de ses videos postées (pas difficile lorsqu’on fait partir d’un réseau communautaire comme Facebook)… Et quand je lui ai dit « Oh tiens, t’as vu que ton nombre de visites a grimpé ? Et que même Untel a commenté la vidéo en disant qu’il l’aimait beaucoup ?!» Il était tout content et s’est mis en tête d’en poster plus. Ce sont des petits riens mais qui me font penser que l’espoir est encore là et qu’il n’y a peut-être pas besoin d’hospitalisation. Je lui ai proposé pour demain d’aller en ville pour qu’on aille acheter le cadeau pour l’anniversaire de maman. On verra bien demain. Puis, comme je n’ai toujours pas le permis et ni le code, je lui ai dit que ce serait sympa qu’on se motive à passer notre code ensemble, une fois que je serais revenue à Nîmes. Et pour une fois, bien que la réponse n’était pas un Oui, ce n’était pas un Non non plus…

Je me dis qu’il n’a pas encore 17 ans et qu’il nous reste un an pour choisir pour lui, pour qu’il guérisse avant… Mais je ne sais plus si mes espérances sont vaines, si je continue de me voiler la face parce que l’imaginer hospitalisé me fend le cœur. Notamment quand je repense à ses paroles si dures sur son manque de foi en tout, et en la platitude de la vie… Puis, je pense à notre psy, qui dit que ca ne durerait que 2 à 3 semaines, où il serait complètement isolé de ses jeux et du reste… Ca semble presque trop facile… Mais cela marche-t-il quand la personne refuse l’aide ? Est-ce d’ailleurs bien un refus, ou bien la conséquence d’une honte ? Nous ne savons plus que penser. Mes parents surtout, qui essaient de trouver ci et là des réponses, des avis pour ne pas « mal faire ». Et mon autre frère qui a tellement peu de recul sur la situation et qu’on essaie de pas perturber dans sa première année de médecine… C’est d’autant plus dur pour moi, que les grandes vacances, je devrais les passer (3 mois) à l’étranger pour un stage… Et au début, j’avais choisi pour destination l’Australie… mais j’ai tellement peur de laisser mes parents, ma famille que je compte peut-être revoir mes envies de voyage à la baisse… en tout cas m’assurer d’abord que Ben va réellement mieux…

On pensait aussi l’isoler de nous, partir un temps pour voir si un électrochoc peut se produire… Mais c’est difficile pour mon autre frère qui a besoin quand même de l’entourage et du soutien pour mener à bien son année de Médecine…

Je vais aussi tenter de contacter ses anciens amis ou ses connaissances du lycée pour qu’ils essaient de le sortir un peu… mais j’ai peur qu’il ait honte, qu’il doive se sentir obligé de donner des explications et qu’au final cette ouverture sociale n’ait pas l’effet escompté.

Cette peur est manifeste chez lui… Les longs trajets en voiture parce qu’il a peur d’un accident.. C’est peut-être une des raisons qui fait d’ailleurs qu’il sort peu (et ces temps-ci plus du tout, mais on verra bien demain). Les regards des tiers qu’il croit moqueurs et hautains et qui le ramènent certainement à ses complexes… D’un point de vue de notre environnement, je pense qu’il ne peut rien reprocher à notre environnement familial (si ce n’est le trop « cocon »)… Nos parents sont à nos petits soins depuis nos naissances ! Même moi qui ai 20 ans, suis dorlotée comme une princesse à chacun de mes retours. C’est presque trop : les habits qui nous sont achetés et offerts à tout va (parce que Maman préfère donner à sa fille les habits fraichement achetés qu’elle trouve jolis, plutôt que de ses les garder pour elle-même), le dernier gadget qu’on ne veut même pas mais qu’on a, le repas qui est toujours préparé sans notre aide (quand c’est pas les fruits qui sont prédécoupés…), la vaisselle et le ménage dont on nous demande rien… Enfin, maman ne travaille pas mais ça ne justifie pas ce trop-plein d‘amour qui nous rend presque fainéants… Papa lui, travaille assez loin de la maison et ne revient en général que le week-end… Ca a peut-être du jouer… Et peut-être ses pensées morbides sont dues aux films d’horreur qu’on regardait parfois ? On se pose tellement de questions ces temps-ci…

Vous avez raison Jok, lorsque vous dites que « Lorsqu'un ado se réfugie dans le jeu, c'est parce qu'il s'aperçoit que cette activité se maitrise, qu'il peut s'y déployer comme il le souhaite. » Il avait déjà fait dans le passé des sous-entendus à ce propos, concernant cette liberté qu’il éprouvait dans le jeu… (Comme j’ai mon propre PC portable, il n’acceptera pas que je le « dérange » pour utiliser « son » pc, parce qu’il saura pertinemment la raison pour laquelle je le fais, et ça le rebuterait certainement…) En fait, tout ce qui pourrait pointer du doigt un éventuel problème, le rebute et le fait se renfermer dans sa coquille…

Je pense qu’il faudrait qu’on discute encore avec Ben… Mais je ne sais pas ce qu’il aura de plus à nous dire et j’ai peur qu’il s’énerve, et veuille faire n’importe quoi… On essaie de lui répéter que la famille est là pour lui, que l’on se soutient et qu’on l’aime, mais à chaque nouvelle dispute, il dit qu’on ne le comprend pas, qu’on ne fait que lui répéter la même chose, qu’on serait mieux sans lui… On ne demande que ça, qu’il réclame l’aide de la psy… S’il avait continué à être suivi, on se serait beaucoup moins inquiété… Or, il ne l’aime pas, et depuis, il refuse toute entrevue… S’il continue à être dit « scolarisé » à l’école, c’est seulement parce que con « tuteur » a de bonnes relations avec le lycée et qu’il a du faire part de ce problème au CPE. Et pour le moment, on ne veut pas se résoudre à dire qu’il a abandonné, préférant avertir tous les jours la vie scolaire qu’il ne viendra pas… parce qu’on a espoir… Vous avez raison, on ne le comprend… c’est désemparant… Mais Ben ne se comprend pas lui-même et nous « perd » à tel point qu’on ne sait plus ce qu’il a… Agoraphobe, Hypocondriaque, Addiction aux jeux, Phobique scolaire… Et on ne sait du coup pas que faire pour le guérir…

Rosacée, je ne sais pas si j’ai bien compris les conseils sur vous me préconisez pour « être passée par là » en tant que parent. Selon vous, il faudrait par exemple venir discrètement sur le fait, et lui dire que nous ne sommes là que pour l’aimer et l’aider et que son comportement (ses menaces, ses envies de rien) nous font de la peine… (mais j’ai peur qu’il dise alors « vous serez mieux sans moi puisque je suis l’objet de vos problèmes ») ?

Maintenant que vous m’y faites penser, je ne sais pas, si c’est cette pression d’être considérée comme un intello qui a amené à le rendre tel qu’il est maintenant. Ben a une année d’avance (comme moi) mais c’est vrai que de nous trois c’était celui qui avait le plus de facilités. Et même si mes parents ne lui faisaient pas de compliments « directement », on le savait…

Sinon, quand il sait qu’il ne peut pas jouer, il passe son temps sur son lit à faire celui qui dort… Il écoute de la musique entre « ces pauses contraintes » de la journée, mais c’est vrai qu’il a l’air de s’ennuyer beaucoup. Il fut un temps où il prenait plaisir à aller à la bibliothèque…

Dans cette période difficile qu’a vécue votre fils, Rosacée, avait-il des pensées morbides ? Ben, parce qu’il ne sort pas, ne boit, ni ne fume quoi que ce soit, pas de peine de cœur non plus, je suppose… mais justement on aurait peut-être moins à s’en faire s’il avait des copains… Nous avons tellement peur qu’il se sente inutile au monde et dans l’avenir et qu’il fasse n’importe quoi… Quand on entend ses menaces (mais encore sa psy dit qu’il a bien trop peur de la mort, et que c’est une provocation…mais qui croire ?), on lui dit qu’on l’aime et que ce serait égoïste… Certainement qu’on ne devrait pas, mais dans l’impulsion, on dit tellement de choses…

En tout cas merci d’avoir pris cette peine de nous répondre. Je fais lire vos messages à mes parents…

Merci pour tous vos conseils, vos suggestions, vos mots qui calment un peu… nos meaux à nous… Votre altruisme nous touche beaucoup.
A bientôt !
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MessageSujet: Re: Redonner l'envie de vivre à son frère...   Lun 8 Fév 2010 - 17:53

Un détail me frappe ; la force de la menace de ton frère, et la force de la peur du reste de la famille.

Un couple de mes amis rencontre la même difficulté. A la différence près qu'au bout de X années, leur fils a maintenant une quarantaine d'années et n'en est jamais sorti, ses parents ont même hypothéqué la maison pour répondre aux menaces si de l'argent ne lui est pas donné. Cela peut aller donc très loin, c'est pourquoi j'ai tendance à penser très fort qu'il vaut mieux agir très vite, le plus vite possible. Après, ben... après ça devient très difficile, voire impossible.

Je crois qu'il faudrait que tes parents consultent eux-mêmes quelqu'un, au moins pour se faire aider, renforcer, soutenir. Ils en ont énormément besoin. Une thérapie de groupe (familiale) me semblerait rudement opportune, même. Parfois, il existe des poids si lourds à porter, qu'il faut bien se faire épauler, sinon c'est trop difficile, la souffrance est trop importante.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: Redonner l'envie de vivre à son frère...   Lun 8 Fév 2010 - 19:01

Neopolitan a écrit:
Ces temps-ci, nous sommes complètement impuissants et nous pensons fortement à l’hospitaliser, maintenant qu’il n’est pas encore adulte… Même si cette idée nous déchire…

Tres bonne idée... si vous voulez qu'ils vous detestent pour de bon et pour tres longtemps...
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MessageSujet: Re: Redonner l'envie de vivre à son frère...   Lun 8 Fév 2010 - 19:05

Mais quelle solution, alors ? Si la famille est impuissante, que faire ? Si tu as une issue de secours, c'est le moment d'en indiquer le passage...

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MessageSujet: Re: Redonner l'envie de vivre à son frère...   Lun 8 Fév 2010 - 19:12

Nous allons voir une spécialiste dans le domaine de l'addiction aux jeux mercredi, même si je ne suis pas sure que ce soit la seule cause de son mal-être (par exemple, il a passé une bonne après-midi à charger des videos sur Youtube et m'a même demandé de l'aider à étendre leur visibilité... "en échange", il veut bien qu'on aille chercher le cadeau de maman demain...)...
Ca sera sans lui ce mercredi... Juste histoire pour mes parents de parler un peu et peut-etre d'y voir plus claire.

Scheindorf, je ne prétends pas avoir la solution miracle sinon je n'aurais nul besoin de venir me confier ici et d'y exposer longuement mes doutes. Si tu as lu ce que j'ai marqué, tu comprends parfaitement que ma famille et moi nous sentons dans l'impasse... Ne pas savoir ce que mon frère a, son mutisme quand on essaie d'en parler (certainement parce qu'il ne sait pas lui-même, ce qui est compréhensible) mais surtout le fait qu'il ne veuille pas être aidé par une tierce personne... Tout cela, "pressés" par deux psychologues qui poussent à l'hospitalisation... Jusqu'alors, il en était hors de question, mais jusqu'où pourrions-nous repousser le problème?

Maintenant, peut-être que tu as vécu ou as eu vent d'une telle situation dans ton entourage qui pourrait nous être "profitable" pour y voir un peu plus clair et peut-être essayer de "briser" la glace... Nous n'attendons que ca.

Bien cordialement.
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MessageSujet: Re: Redonner l'envie de vivre à son frère...   Lun 8 Fév 2010 - 19:15

Citation :
jusqu'où pourrions-nous repousser le problème?

Voilà la bonne question. Celle qui fait qu'on est dans l'urgence de se dire : il faut bouger.

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Rosacée



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MessageSujet: Re: Redonner l'envie de vivre à son frère...   Lun 8 Fév 2010 - 19:37

Néopolitan a écrit:
Rosacée, je ne sais pas si j’ai bien compris les conseils sur vous me préconisez pour « être passée par là » en tant que parent. Selon vous, il faudrait par exemple venir discrètement sur le fait, et lui dire que nous ne sommes là que pour l’aimer et l’aider et que son comportement (ses menaces, ses envies de rien) nous font de la peine… (mais j’ai peur qu’il dise alors « vous serez mieux sans moi puisque je suis l’objet de vos problèmes ») ?

Non, non, je ne préconise pas, j'avançais une idée. Je ne fais que des suppositions. Je ne suis pas assez bien placée pour conseiller. Je ne veux pas vous induire en erreur ou vous culpabiliser de quoi que ce soit.

Quand je parlais d'être intello et des alentours, je ne parlais pas des parents. Il arrive que les intellos soient malmenés autour d'eux, c'est à dire en dehors du cercle famililal.
Mais pour votre frère, je n'en sais rien. Je n'ai aucue idée de ce qu'il se passe en lui.

Pour ce qui me concerne, à un moment donné, j'ai dit à mon fils que je m'inquiétais pour lui, que je me faisais un sang d'encre, que je souffrais de son comportement. Ce n'était pas lui que je n'aimais pas mais ses façons d'agir, ces excès de colère, car dans la maisonnée, on en patissait tous, sa maman, aussi.

Je n'ai pas voulu dire que vous étiez là que pour l'aider, non, pas du tout.
Vous êtes sa famille et vous avez des ressentis, des peines, des douleurs. Je vois bien que vous l'aidez et que vous êtes au bout du rouleau.
J'espère ne pas vous avoir peinée en m'exprimant ainsi. Je voulais simplement dire que le fait qu'il sente que vous l'aidez ou que vous êtes là malgré tout ce que vous vivez est bien. Seulement, je constate qu'il y a un problème, pas des moindre. C'est qu'il y a une sorte de cercle vicieux. Il y a chantage, menace et peur. C'est l'état actuel des choses.
Et j'ai l'impression que ce cercle est nourri. Il l'entretient par la menace de suicide.
Il y a un moment, où il faut désarmocer. Mais comment ?


Romane a soulevé une idée : une thérapie familiale me semblerait bien. Parce que ce serait une aide judicieuse pour tous.

La chose qui me frappe le plus, au-delà des menaces et des peurs, c'est le pourquoi de la peur de ces longs trajets ?

Il est fort possible qu'il a peur de la mort.


Néopolitan a écrit:
Dans cette période difficile qu’a vécue votre fils, Rosacée, avait-il des pensées morbides ? Ben, parce qu’il ne sort pas, ne boit, ni ne fume quoi que ce soit, pas de peine de cœur non plus, je suppose… mais justement on aurait peut-être moins à s’en faire s’il avait des copains… Nous avons tellement peur qu’il se sente inutile au monde et dans l’avenir et qu’il fasse n’importe quoi… Quand on entend ses menaces (mais encore sa psy dit qu’il a bien trop peur de la mort, et que c’est une provocation…mais qui croire ?), on lui dit qu’on l’aime et que ce serait égoïste… Certainement qu’on ne devrait pas, mais dans l’impulsion, on dit tellement de choses…

Il ne m'a jamais parlé de suicide. Comme je vous l'ai dit, c'était le cas de mon fils, lui c'était autre chose.

Pour votre frère c'est tout autre et cela semble complexe.
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MessageSujet: Re: Redonner l'envie de vivre à son frère...   Lun 8 Fév 2010 - 19:47

Bonjour Vic,

Je crois qu'aller voir une spécialiste est une bonne idée. Mais j'aurais plutôt opté, comme Romane, pour une thérapeute familiale, car l'addiction n'a pas l'air d'être le problème central de ton frère.

Juste une réflexion qui m'est venue en te lisant. A priori, Ben est le plus jeune de votre famille. Ce pourrait-il qu'il réagisse ainsi face à une pression familiale qu'il ressentirait comme trop pesante pour lui ? Parfois, les familles très aimantes, très impliquées justement dans l'éducation des enfants, voient un des leurs s'effondrer devant autant de perfection apparante (aux yeux de l'enfant-même), et donc implicitement attendue de tous. C'est mettre la barre très haut et l'enfant ressent alors (à tort ou à raison) un trop grand poids sur ces épaules.
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MessageSujet: Re: Redonner l'envie de vivre à son frère...   Lun 8 Fév 2010 - 20:26

N’ayez crainte Rosacée. Je vous remercie pour votre aide. Je ne suis en aucun cas peinée par ce que vous me dites. J’essaie simplement d’explorer toutes les issues possibles. Parce que mes certitudes vacillent à chaque instant. Là encore, mon frère (interruption d’Internet) a l’air tout à fait bien. Assis dans le salon à regarder une série tv, sans venir me demander de lui céder mon pc (dont le net fonctionne toujours) si ce n’est pour voir l’avancée de ces visites sur Youtube… Wink Et toutes les idées sont pour l’heure bonnes à entendre. Et je vous remercie de ce que vous faites pour tenter de nous aider.

En ce qui concerne le fait d’être intello, je ne pense pas que mon frère soit malmené… Enfin, jusqu’au collège, il excellait en cours, mais depuis son année de première (l’an dernier), en ne suivant que peu les cours, il ne rattrapait pas toujours ses retards… Peut-être que se sentant plus « faible » scolairement, il a commencé à avoir honte d’aller en cours… Je sais seulement qu’il y avait beaucoup de professeurs qu’il ne supportait plus trop. Une prof de français qui voulait absolument qu’il « écrive à l’encre bleu et de manière plus lisible ». Des cours de langue qu’il trouvait inutile. Ca été la croix et la bannière de l’aider à réviser pour son bac de français… Je disais « Après l’effort, le réconfort », mais parfois le réconfort prenait beaucoup trop de place et il ne s’est mis à réviser qu’à la dernière minute (ouf quand même!!) Cependant, ces temps-ci, il est résolu à ne pas passer son bac. Cela fait plus d’un mois qu’il n’est plus allé en cours, et n’a plus trop de contact avec ses camarades… donc cela semble bien compromis. Surtout qu’il ne veut rien faire dans cette direction et se braque quand on parle lycée…

J’espère que notre sortie demain se passera bien. Ce sera bien la première fois qu’il sort depuis bien longtemps. En fin de compte, ce n’est pas si grave qu’il arrête les cours, si « parallèlement », il arrive à s’ouvrir…

Oui, il a certainement peur de la mort… C’est peut-être pour ça qu’on se dit qu’après tout, ses menaces ne prendront pas effet, c’est juste une manière de nous « tenir »… Mais quand je me remémore ses changements de comportement du tout au tout…

Une thérapie familiale c’est vrai que ca pourrait être une solution. Mais Ben ne veut déjà pas recevoir chez nous, donc je pense (mais à soumettre) que l’idée d’aller le rebuterait. Mais si on y va tous, qui sait ? Le problème c’est que mon père n’est en général pas là la semaine (mais il peut faire sans problème l’effort) et que je retourne à Strasbourg (alors que je suis nîmoise) dimanche prochain… M’enfin, tout est possible !
Vous avez raison Lucaerne, Ben est le plus jeune de la famille. Et peut-être qu’il y a quelque chose qui est lié à ca… Mes deux frères et moi avons eu un relativement bon parcours scolaire… Et c’est vrai que le travail est assez important dans notre culture. Je me rappelle quand on était plus jeunes (collège… même lycée pour ma part…), que nos parents montraient nos bulletins à notre mamie… Ca nous a toujours un peu irrités … Et peut-être a-t-il eu peur de se comparer à nous ? Il faudrait en réalité que nous ayons une discussion de fond avec lui.
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MessageSujet: Re: Redonner l'envie de vivre à son frère...   Lun 8 Fév 2010 - 22:44

Et quand le papa est là, le week-end, comment ça se passe ?

Je souhaite rebondir sur l'intervention de Lucaerne.
Je trouve que c'est bien ciblé ce qu'elle dit.

Pour cela, je vais encore étoffé mon témoignage.

C'est vrai que mon fils, c'était un jeune tranquille. Je me pensais être à l'abri d'une éventuelle crise d'adolescence.
L'année de ces 17 ans, il n'a pas voulu venir en vacances avec nous. Ce fut laborieux pour moi de laisser mon fils (mon gamin) qui n'était plus un enfant. Mais j'y ai réfléchi et je lui ai confié la maison. Je lui ai donc fait confiance.
Je me souviens, qu'il nous avait envoyé un SMS : "finalement, j'aurais bien aimé être avec vous, vous me manquez".
Il me manquait aussi.
C'est dur de se séparer du cocon familial et pourtant il faut que cela se fasse. Et il arrive que cela ne se fasse pas sans bruit. Il avait envie de ses propres expériences et surtout, il avait envie de couper le cordon ombilical. Parce que, une maman, dans sa façon de protéger, parfois, c'est étouffant. Surtout lorsqu'on est un garçon. Mais je pense que cela peut être pareil pour une fille. Il faut donner du mou de temps en temps au fil de soie et un jour le casser.
Cependant, j'ai eu assez supporté. A un moment donné, j'ai dit stop. Après tout, moi aussi je ne suis qu'un humain. J'ai mes défauts et mes faiblesses, mais je n'ai pas envie qu'on me marche dessus.
Un jour, j'ai rappelé les règles à mon fils, les règles de la maison : "Tu vois, ici, tu as ta chambre, c'est chez toi, mais n'oublie pas, ta chambre est dans ma maison. Ici, tu es chez toi mais tu es avant tout chez tes parents. Ici, c'est moi qui paie le loyer, les factures et subviens aux besoins de toute la maisonnée. Alors vois-tu, tu es majeur, et je le comprends. Tu veux de la liberté, et ça se conçoit. Donc c'est fini, je ne vais plus me faire du souci pour toi, tu es grand. "Je", "nous" t'avons assez parlé des dangers, des méfaits, c'est à toi qu'appartient ta vie. Par contre, si tu as besoin de moi, je serai là, pour t'aider. Je ferai ce que je peux. Seulement, tu devras respecter certaines règles de vie, dans ma maison, ainsi que ta mère, frères et soeur. C'est comme ça. Sinon, tu sais, je serai toujours là, mais tu peux aussi allez voir ailleurs si c'est mieux."

Il s'est calmé vers 19 ans mais pendant un an, encore, il a testé en me disant : "je vais me casser" - mais il restait. A 20 ans, un soir, il m'a dit : "maman, je pars demain, un pote et moi, on a trouvé un appart."
Cela m'a fait bizarre. Mais j'étais contente pour lui. Au début, je crois que pendant 4 mois, il n'est pas venu une seule fois à la maison. Aujourd'hui, il va bien, il a 22 ans et il vit avec une copine et on s'entend bien.

C'est un équilibre pour lui, la copine.

Je suis toujours là, mais j'ai compris qu'il fallait marquer la distance.
Il avait besoin d'affronter certaines réalités et couper le cordon avec sa mère. C'est tout ce que je retiens de ce passage.
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MessageSujet: Re: Redonner l'envie de vivre à son frère...   Mar 9 Fév 2010 - 0:23

Je ne dirai pas mieux.

J'ai juste envie d'ajouter que pour trouver son équilibre, son harmonie, il faut d'abord trouver ce qui l'empêche. Et pour cela, la famille n'a pas toujours le bon recul, elle est même souvent directement impliquée, sans qu'il lui soit possible de le déceler et quand bien même elle fait tout son possible pour le bien être de chacun. Pour cela, une intervention extérieure à la famille est rudement importante, voire incontournable.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: Redonner l'envie de vivre à son frère...   Mar 9 Fév 2010 - 0:50

Chère Néo, je ne suis pas spécialiste, mais j'ai longtemps travaillé avec les jeunes en difficulté.
Il serait bon en effet d'amener un regard extérieur et professionnel sur ce profond malaise. Il semble que ce que traverse ton frère ne soit pas une "simple" crise d'adolescence, mais le résultat d'un traumatisme, ou d'une chose qu'il a vécue comme telle. Cela peut être un fait qui paraitrait absolument anodin pour la plupart, comme cela peut être une vraie expérience douloureuse, mais qui l'a marqué et l'empêche de progresser.
Ce qui parait évident, c'est que vous ne pouvez plus continuer comme cela.
Il semble très délicat de conseiller une hospitalisation, surtout que les menaces peuvent parfois être mises à exécution, mais que faire autrement ? Pas seulement pour l'éloigner de ses propres idées délétères, de son environnement, mais surtout pour qu'il soit pris en charge en continu par des spécialistes, afin qu'il finisse par faire face à sa peur.
Mais je le répète, il faudrait prendre avis de pédopsychiatres.
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MessageSujet: Re: Redonner l'envie de vivre à son frère...   Mar 9 Fév 2010 - 21:50

Bonsoir membres de LU !

J’espère que vous allez bien.
Je viens vous répondre après cette journée plutôt positive. Nous sommes allés acheter le cadeau de maman en ville ensemble. Il n’avait pas l’air tout à fait ravi mais ce fut Oui. Mais j’étais contente de le voir enfin mettre un pied dehors ! Je ne me rappelle même plus depuis quand date sa dernière sortie. Je lui ai fait un compliment sur ses habits. (j’essaie toujours, je veux le mettre en confiance avec son environnement). Ayant cherché l’idée cadeau toute la matinée, le choix ne fut qu’une formalité… On a enchainé sur une carte de vœu, où il commençait à rouspéter un peu (parce qu’on empiétait sur ses heures où le net lui était ouvert)… mais on n’a pas plus trainé. Ca me fait penser que je ne l’ai jamais vu faire du shopping. D’habitude c’est maman qui s’en occupe puisqu’il ne veut pas; pour sur, ca lui permettrait de s’aérer (je me rappelle que j’avais du mal à m’accepter jusqu’au jour où j’ai pu prendre conscience de mon corps et que j’ai aimé choisir mes vêtements)… Le trajet de retour s’est effectué à pied. Une trentaine de minutes. Mais ca m’a fait plaisir. On a eu un peu le temps de discuter et certaines de ses peurs se sont « activées » : en général les personnes « racailles » qu’il craint, et qu’il ne supporte même pas d’entendre parler, même si ce n’est pas en sa direction… je lui ai alors dit que c’est normal d’avoir peur, mais si ces personnes ne nous embêtent pas, il n’y a pas de raison de les détester. Il voulait par exemple qu’on évite de passer par « un quartier pas très bien famé » à 2minutes de chez nous.

Je pense que le fait qu’on ait vécu (jusqu’à il y a deux ans) dans un ZUP a quelque chose à y faire. Outre les vols de voitures fréquent (une fois mes parents ont même du descendre parce que notre voiture était en train d’être volée !), une tentative de cambriolage (où on était chez nous !), un meurtre qui a eu lieu dans notre bâtiment (mais on en a simplement parlé, l’immeuble regroupant presque une centaine de logements), plus loin (500m), un meurtre qui a eu lieu (le père d’une fille que je connaissais qui a assassiné sa mère !)… Et puis une quantité importante de jeunes qui aimaient « roder » la nuit en groupe… (ce qui n’est pas très rassurant quand on n’a pas l’habitude de les côtoyer… et en tant que bons élèves qui ne sortaient pas beaucoup, et de « minorité asiatique »…)

D’ailleurs, mes deux frères avaient eu un souci avec un garçon du quartier mes parents sont intervenus ce qui a dissout le problème. Après, je ne pense pas qu’ils aient eu d’autres « mésaventures », le bus déposait mes frères juste en face de l’appartement, et coté scolaire, à l’époque du collège, mon frère n’avait pas de problème. Il allait même faire du sport, et allait à la bibliothèque… Il faudrait que je discute avec mes parents pour voir s’il en a déjà parlé pendant ses consultations.ma mère ayant quelques difficultés avec le français, ne comprend pas toujours tout. Voila tout.

Mais cette journée, je la trouve plutôt encourageante, il est sorti, puis on a aussi rigolé. D’ailleurs en ce moment, il est en train de regarder la télévision.

Pour vous répondre, quand papa rentre c’est presque pareil. Il a un peu plus d’autorité que ma mère mais mon père reste toujours calme, et le caresse dans le sens du poil quand ils doivent parler d’un sujet problématique (je veux dire par là que mon papa est très « doux » donc il lui parle très poliment, doucement, lui fait un bisou sur la tête)… Et puis quand Ben en a marre ca lui est toujours plus facile de dire « qu’ils ne comprennent rien » en mettant en avant les compréhensions de français de mes parents quelquefois... Et si je suis là c’est moi qui interviens pour le remettre un peu à sa place parce que ses paroles blessent mes parents…

Peut-être avez-vous raison Rosacée par rapport à ce que vous soulevez : le problème du cordon… Faut dire que maman est très protectrice. Et papa l’est tout autant… Quoique maman c’est plus avec mon autre frère, à qui elle parle comme si ca restait encore un bébé (personnellement, je n’aurais pas supporté mais ce frère a un caractère doux…). Pour tout le reste, c’est vrai que maman fait tout, la cuisine, la vaisselle, le ménage, le linge, les courses, le repassage, le shopping pour les enfants…Du coup, même Noel et les anniversaires, on ne les fêtait pas vraiment. Maman et papa nous achetaient dans l’année ce dont on avait « besoin » (on ne demandait rien pourtant). J’ai remis ca au gout du jour depuis l’an dernier avec les anniversaires, et Noel. Histoire « d’imposer » dans l’année des « jours qu’on attend avec impatience »… Je vais redemander à ma mère de lâcher du lest. Pour tout. Je lui avais déjà dit mais apparemment elle continue à leur faire le shopping à leur place… Surtout que maintenant que mon frère s’est décidé à ne plus aller en cours, il a le temps dans la journée… J’aurais bien aimé qu’il ait au moins un Ami… Même pas une copine, juste un Ami. Je vais essayer de contacter un de ses anciens copains de collège.

C’est que nous sommes trop dépendants de nos parents pour trop de choses… je le vois bien depuis que je vis à Strasbourg. C’est bien différent mais j’apprécie ma liberté… Sauf qu’il ne réclame pas cette liberté… Et bien entendu, on ne veut pas le mettre dehors… Peut-être trouvé le prétexte qu’on part en vacances mais on est jamais réellement parti en vacances), s’il vient avec nous, ca serait merveilleux (car voilà un an qu’il refuse les trajets), sinon il faudra qu’il se débrouille sans nous.
Demain, nous avons rendez-vous, mes parents et moi avec la spécialiste des jeux videos pour les ados… je lui parlerai. Je connais bien mieux mon frère que mes parents et ca sera la première fois que je parle à un spécialistes au sujet de mon frère. Quand je le vois aujourd’hui, je n’ose pas imaginer ne serait-ce que l’éventualité d’une hospitalisation, parce qu’il est sorti et il est toujours très poli avec les autres… sauf quand il sent qu’il a peur… D’ailleurs en parlante du coté positif, aujourd’hui, il voulait encore regarder le taux de visites sur ses vidéos postées sur Youtube… Et je lui ai dit qu’il pouvait par exemple, être « ami » avec d’autre Youtubers… Lui qui déteste les réseaux sociaux, a voulu se prendre au jeu…

Je sais quand dême qu’il faudra qu’on reparle avec mon frère. Cette idée ne me ravit pas parce que je sens que l’atmosphère va être tendue…
Je vous dirai ce qu’il en ressortira de la visite de la spécialiste.
D’ici là, bonne soirée !
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MessageSujet: Re: Redonner l'envie de vivre à son frère...   Mer 10 Fév 2010 - 1:00

Après t'avoir lue ce soir, Néo, je reprends mot pour mot le message de Blue, et je confirme qu'elle a quelque expérience en la matière et que ses conseils me paraissent vraiment judicieux.

blue note a écrit:
Chère Néo, je ne suis pas spécialiste, mais j'ai longtemps travaillé avec les jeunes en difficulté.
Il serait bon en effet d'amener un regard extérieur et professionnel sur ce profond malaise. Il semble que ce que traverse ton frère ne soit pas une "simple" crise d'adolescence, mais le résultat d'un traumatisme, ou d'une chose qu'il a vécue comme telle. Cela peut être un fait qui paraitrait absolument anodin pour la plupart, comme cela peut être une vraie expérience douloureuse, mais qui l'a marqué et l'empêche de progresser.
Ce qui parait évident, c'est que vous ne pouvez plus continuer comme cela.
Il semble très délicat de conseiller une hospitalisation, surtout que les menaces peuvent parfois être mises à exécution, mais que faire autrement ? Pas seulement pour l'éloigner de ses propres idées délétères, de son environnement, mais surtout pour qu'il soit pris en charge en continu par des spécialistes, afin qu'il finisse par faire face à sa peur.
Mais je le répète, il faudrait prendre avis de pédopsychiatres.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: Redonner l'envie de vivre à son frère...   Ven 12 Fév 2010 - 18:30

Bonjour amis de LU,

Je m’excuse de ne venir à vous qu’aujourd’hui (j’ai été malade pendant deux jours).

Quelques nouvelles depuis la dernière fois. Nous avons eu le rendez-vous avec la psy spécialiste des addictions des ados. Femme très gentille et patiente, qui nous avait été conseillée par la psy qui suivait mon frère jusqu’alors, et qu’il ne veut plus aller voir parce qu’ « elle répète la même chose » et « qu’elle aussi a des problèmes ».

Elle nous a reçus pendant près d’une heure et demie qui sont passées très vite. C’est surtout moi qui ai parlé. Connaissant bien mon frère et ayant une meilleure aisance pour m’exprimer…

Même si on essayait d’éluder le problème, je me suis quand même renseignée sur la possibilité d’une hospitalisation… La psy a été très rassurante à ce sujet… Ca durerait entre une, à deux ou trois semaines… Ambiance colorée avec diverses activités (d’expression)… Après, je ne sais pas plus… Mais l’hospitalisation a été conseillée et l’idée d’y amener mon frère « en douceur »… Ou tout au moins, en cas « difficile ».

C’est bien ça qui nous pose problème en ce moment précis… Quand je le vois depuis ces derniers jours, tout semble aller « bien ». Il joue moins à son jeu, plus occupé à faire ses montages videos pour Youtube… Il me raconte avec plaisir le nombre de « vues » de ses videos, le fait qu’il ait accepté des amis « Youtuber»…

Mais en ce qui concerne sa scolarité, la situation reste dans un stress permanent pour mes parents, qui reçoivent tous les jours des sms de la vie scolaire avertissant d’une absence de mon frère à régulariser… Et ils doivent chaque jour appeler, et souvent se confronter aux remarques maladroites de certains membres du personnels qui ne font pas l’effort de comprendre que ce n’est pas qu’un refus d’aller en cours qui est tapi là-dessous…

L’assistance sociale qu’il refusait de voir a même appelé hier… Et comme son lycée est en vacances dès ce soir, mon papa a jugé bon de tenter de la recontacter ce matin, pour qu’elle vienne « à l’improviste »…

Finalement, elle a pris ses vacances avant l’heure donc l’idée est tombée à l’eau. Mais mon frère a du se douter de quelque chose quand il a trouvé l’effervescence de rangement du salon bien trop matinale car pour la première fois, il est allé faire un tour dehors, comme ca… Ca prouverait bien (malheureusement) qu’il refuse de voir qui que ce soit…

Ca nous fait repousser l’échéance à dans deux semaines, après les vacances… Et je rentre à Strasbourg ce dimanche…

Pour en revenir à la psy, elle a dit que c’était en quelque sorte « rassurant » qu’il parle à haute-voix de suicide (corroborée par les dire de l’autre psy qui disait qu’il avait bien trop peur de la mort…) parce que le plus dangereux sont ceux qui le pensent et ne le disent pas. Enfin, ces temps-ci , on se rassurerait pour un rien.

Apparemment, ce qu’il retire de son jeu c’est le contrôle total de son personnage et le fait que ses combats le rendent fier. Peut-être que maintenant que son retard de cours est difficilement rattrapable, il ressent de la honte (La psy disait d’ailleurs que la plupart des ados qu’elle recevait était des bons élèves à la base… )Peut-être qu’il a peur du regard des autres maintenant… De l’administration, (une personne maladroite lui avait dit un jour « Comment tu peux faire ça à tes parents ?) Des élèves car voir l’un de ses camarades absent pendant 2 mois…

Voir un psy doit lui être difficile pour toutes les connotations associées… Et l’hospitalisation aussi. « Le psychologue c’est pour les gens pas encore fous, et les psychiatres c’est pour les gens très fous » disait une des patientes de la psy, ce qui se rapproche assez de la conception générale des gens…

La psy disait aussi que par rapport au jeu Perfect World pouvait se cacher un problème d’identification à la culture (Perfect World étant surtout sur la culture « asiatique ») … Peut-être mais je suis plus sceptique, si Word Of Warcraft avait été gratuit par exemple…

Pour l’heure, j’ai aussi essayé de contacter un de ses anciens amis du collège… en lui demandant s’il pouvait prendre de ses nouvelles et lui proposer une sortie… Et c’est mon autre frère qui doit être en train de le voir cet aprem pour discuter un peu…

Mes parents, vont continuer à aller voir la psy. Ne serait-ce que pour eux, car je sens que la tension est importante à la maison, et qu’un rien nous énerve… Surtout qu’à la moindre remarque, ce sont mes parents qui sont les premiers à prendre… La fois, où au tout début il ne voulait pas de l’instauration des coupures Net dans la journée… Il a eu envie de sortir dehors alors qu’il commençait à faire tard… Maman l’a « retenu », une serrure a été cassée et papa a été « gratifié » d’un SMS…

Une piste, qui jusqu’alors semblait peu importante (mais en même temps mes parents ont peu de recul ces derniers mois… entre ce que mon frère veut « bien » dire, ce qu’il dit mais qu’il ne pense pas – sous l’objet de l’impulsion-, ce qu’il dit pour blesser…) est que le fait qu’un jour dans le bus (trajet pour aller à l’école ?), il a été l’objet de remarques qu’il a du prendre comme racistes du genre « On dirait le nouveau Bruce Lee » suivi de rires… (ah les jeunes en bande, ca se croit vraiment intelligent à débiter des conneries plus grosses qu’eux…).

Je ne sais pas s’il y a eu autre chose qu’il ne veut pas dire ou si étant donné ses complexes et le passé dans un quartier difficile, il « s’est imaginé » d’autres remarques, d’autres moqueries, ce qui a fait monter la colère en lui qui aurait pu entrainer un « blocage ». Cela, il aurait dit à un de mes oncles (habitué à côtoyer des jeunes), et au docteur de la famille…
On essaie d’explorer toutes les pistes mais c’est parfois difficile parce que mes parents ne me disent pas tout…

Je devrais relancer l’idée qu’il pense à son avenir… Parce que cette période est la période des demandes de bourse, donc ca tombe presque « à pic »… Voilà au moins 5 fois que j’essaie de lui glisser l’idée, et juste avant de le faire, j’ai toujours du stress par rapport au f ait que la discussion dégénère, soit qu’il va dire un « C’est fini » que je ne saurai interpréter, soit qu’il va dire quelque chose pour me blesser... Mais mardi soir, je lui ai dit d’y réfléchir sérieusement « Je sais que ca va t’énerver Ben, et je n’aime pas ca. Je ne reste là qu’une semaine et je ne supporte pas qu’on se dispute […] Tu ne peux pas vivre toute ta vie sous la tutelle des parents… Il faut que tu fasses quelque chose ! Tu n’aies pas obligé d’avoir ton bac, mais fais quelque chose ! Un jour va falloir voler de tes propres ailes ». Pour une fois, il é tait moins énervé que d’habitude et 10 mn après c’était comme si la discussion n’avait jamais été. Mais je lui ai dit que je lui en reparlerai après mon départ et qu’il fallait qu’il réfléchisse. Ca sera pour ce soir ou pour demain… Ces temps-ci, j’ai une certaine tendance à reporter les échéances…

Hier, d’ailleurs c’était bien parti pour qu’on se prenne la tête parce que j’ai tenté de voir s’il pouvait revoir une psy, même une nouvelle… Il s’est énervé « Qu’est-ce que ça peut vous foutre si je suis bien même si c’est être bien « comme ca » ?? » Encore une parole qui a pour but de vexer, mes parents étaient présents. Je ne sais pas si j’aurais du, mais en fin de compte je reste humaine « Tu peux pas continuer de rester comme ça ! Te lever, et rien faire d’autre que le pc, attendre que maman te serve les pates le midi et repartir jouer… » Et il a monté les escaliers en disant « Bah dis que je fais le roi !! Dis-le» « Bah t’es quand même pas mal loti je trouve !! Oui, tu fais ton pacha ! Tu viens de faire la vaisselle là ?? » (il ne la fait jamais). Je pense que de ce coté là il n’aurait pas pu me contredire…

Voilà ou nous en sommes pour le moment…

J’essaie de venir vous tenir au courant quand je pourrai.

Ca m’apaise au moins d’écrire.

Bien à vous.

Vic
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Rosacée



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MessageSujet: Re: Redonner l'envie de vivre à son frère...   Ven 12 Fév 2010 - 19:27

Neopolitan a écrit:
« Le psychologue c’est pour les gens pas encore fous, et les psychiatres c’est pour les gens très fous » disait une des patientes de la psy, ce qui se rapproche assez de la conception générale des gens…

Ce qui distingue le psychiatre des autres professionnels ex : psychologue, c'est qu'il est avant tout médecin. Par conséquent, lui seul peut vous prescrire des médicaments. Titulaire d'un bac +10, il a donc étudié en faculté et choisi la psychiatrie comme spécialisation. Même si ce n'est pas obligatoire, les psychiatres complètent souvent leur diplôme par une formation en psychothérapie ou en psychanalyse.

Rien à voir avec le fait d'être fou ou non !
Il faut se retirer cela de la tête. Ce n'est pas parce qu'on ne va pas très bien à un moment donné de sa vie qu'on est fou.
On va voir un psychiatre à un moment donné de sa vie (si besoin est, bien entendu) comme on irait voir un médecin quand on à la grippe.

Le psychiatre est là pour aider autant qu'un psychologue aiderait au travers de sa spécialisation.

Je me pose éventuellement une question : Outre Ben, la famille n'aurait-elle pas autant peur que ce jeune de le faire hospitaliser (ou de l'hospitalisation en elle-même et par rapport à ce que cela implique ?)

Ben n'est pas fou. Il a besoin d'aide et il la demande au travers de son comportement.
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Romane
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MessageSujet: Re: Redonner l'envie de vivre à son frère...   Ven 12 Fév 2010 - 21:15

Je ne pourrais pas dire mieux que Rosacée. Et je vois que le psy a aussi parlé d'hospitalisation, qu'il ne faut pas confondre avec prison. Les conditions d'hospitalisation se font dans le but de sauver quelqu'un. Celles de la prison se font dans le but d'empêcher. L'une pour protéger la personne en l'aidant à guérir. L'autre pour protéger l'environnement, sans pouvoir guérir le détenu.

Et oui, un psy est médecin et peut prescrire des médicaments, ce qu'un psychologue n'est pas et ne peut pas faire.

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MessageSujet: Re: Redonner l'envie de vivre à son frère...   Ven 12 Fév 2010 - 21:30

Je suis tout à fait d'accord avec ce que vous dites.

Encore faut-il glisser subrepticement l'idée à mon frère...

Merci encore pour votre soutien qui réchauffe nos coeurs.

Bonne soirée!
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Romane
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MessageSujet: Re: Redonner l'envie de vivre à son frère...   Ven 12 Fév 2010 - 21:37

Si tu attends qu'il soit d'accord, il peut se passer des siècles...

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MessageSujet: Re: Redonner l'envie de vivre à son frère...   Ven 12 Fév 2010 - 21:50

Là est le souci... S'il acceptait ne serait-ce que de recevoir des gens chez nous, ça irait beaucoup mieux...

Mais si à chaque fois qu'il sent qu'on aura de la visite, il se sent "obligé" de s'éclipser de la maison... Avec ses menaces quand on lui annonce l'éventualité de l"hospitalisation...

Mes parents revoyant la psy de cette semaine, la semaine d'après, je crois que la décision de l'hospitalisation sera prise là...

A bientot.
Vic
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MessageSujet: Re: Redonner l'envie de vivre à son frère...   Ven 12 Fév 2010 - 21:56

Le fait de partir pendant que tes parents reçoivent du monde, s'apparente à une autre forme de chantage, comme celui du suicide. Non seulement il souffre, mais tout le monde souffre autour de lui.

Je souhaite de tout mon coeur que vous trouviez une issue à cette situation.
Tu nous tiendras au courant, Neo ?

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