Forums Liens Utiles


 
AccueilAccueil  FAQFAQ  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Belfeya

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Belfeya

avatar

Nombre de messages : 8
Age : 28
Localisation : Midi-pyrénées
Date d'inscription : 30/01/2010

MessageSujet: Belfeya   Ven 12 Fév 2010 - 21:50

Donc voilà, je poste ici un petit passage du chapitre second du livre que j'essaie d'écrire. J'espère que je l'ai posté au bon endroit :/
Enfin voilà, j'aurais souhaiter avoir vos avis extérieurs sur ce que cette ébauche d'histoire vous évoque, vos impressions afin que je puisse améliorer au mieux mes lacunes et mes faiblesses.
Bon courage à tous les lecteurs!!! tong
P.S: le prénom, en haut et à gauche est celui du personnage qui narre.

Néhémie
1
Une brèche se fraye. C’est avec diligence qu’un importun s’immisce dans mon environnement pour venir endurer ma patience et trouver la faille. Ma bienséance s’émiette, bouleversée par un évènement autant soudain qu’inopportun. L’évènement dont je redoutais tant…
Avec ravissement, Ella, Anna et Icham réceptionnent leurs cocktails mais au moment où vient mon tour, le déroulement de l’acte ne se passe pas de façon anodine, je vocifère:
-Ah, NON!!! Espèce d’empoté!! N’avez-vous pas appris qu’il fallait poser le verre sur la table et non le renverser sur votre clientèle?! Quelle dextérité…
-Veuillez m’excuser, implore le jeune serveur hébété, je suis confus…Je…
-Quand on est gauche, on ne fait pas serveur!
-Attendez. Laissez moi-vous aider…, sollicite le jeune homme amenant à résipiscence.
Ce n’était qu’un doute. Un mauvais pressentiment dont, à aucun moment, je n’ai réussi à lui donner un aspect. Un visage. C’était insaisissable. Désormais, il m’apparaît comme un aveux me dévoilant une amère vérité. Je m‘exclame:
-Baptiste!!!
C’est un choc. Une révélation qui me heurte et se répercute comme un reflet dans une eau imperturbable. Elle revient vers lui. L’importun. Il désespère lorsqu’à son tour, il me reconnaît:
-Oh, non…Pas elle. Je le sentais qu’il fallait que je reste chez moi ce matin…Pourquoi suis-je si consciencieux?
-Tu te louanges? Quelle vanité…En même temps, lorsqu’on est si pauvre spirituellement parlant, il est préférable de se leurrer.
-Tu es toujours aussi affable et avenante. C’est naturel chez toi ou c’est juste avec moi?
-Je constate que tu as étoffé ton vocabulaire. T’es-tu acheté un dictionnaire?
-Je regrette…Je regrette de ne pas t’avoir renverser les trois autres verres dessus!! Mais quelle délectation de t’en avoir déjà mis un!
-Depuis quand les serveurs se permettent de faire des remarques désobligeantes? Quel manque de professionnalisme! Pardon. Je fais erreur. Serveur n’est pas une profession.
-C’est triste d’entendre sempiternellement tes paroles de nantis. Tu n’es qu’une fille de bourges!
-Je ne suis pas une nantis!! Tu m’injures parce que tu es à court d’arguments! Quelle bassesse!
C’est face à ces immuables altercations qu’Anna, Ella et Icham se laissent alanguir par la monotonie. Las de nos dissensions récurrentes, les mots n’effleurent désormais que sensiblement leurs attentions. Dissentiments interactifs résultant d’une semblable et nocive perception. Celle de l’un et de l’autre. Celle de Baptiste et de moi lorsque nous nous apercevons. Leurs regards s’égarent errant sur tous les éléments qui les entourent comme si chacun d’entre eux n’étaient que des ombres fragiles auxquelles ils n’accrochaient. C’est comme si Ella, Anna et Icham scrutaient l’horizon à la recherche de quelque chose dont eux seuls connaissent l’origine.
-Le monde est petit, trop petit…dis-je.
Dans son attitude, dans son comportement, à travers ses gestes et ses allures, je perçois de Baptiste de l’arrogance et de la présomption masquant une banalité monotone et tentant vainement de palier à son manque de personnalité et de finesse d‘esprit.
-Le plaisir est partagé, rétorque le jeune garçon.
Réciproquement, si j’en crois les termes employés par Baptiste pour me qualifier, je serais une personne insolente, impudente et hautaine dont la vie trop facile de sybarite l’aurait démuni d’humilité et de sagesse. En bref, de l’absurde poussé à son paroxysme! C’est presque un coup de foudre sauf que ce n’est pas vraiment de l’enchantement qui s’est opéré entre lui et moi. Cupidon aurait-il défailli? Se serait-il mélanger dans ses flèches? Je me gausse n’aimant pas qu’un homme ait le dernier mot sur moi(orgueil féminin oblige!) :
-N’use pas de cynisme s’il te plait. Tu n’es pas assez matois pour cela… Mon cher Baptiste, sais-tu que dans les cas de troubles psychologiques, il y a des traitements pour se soigner?
-Tu sais ce qu’il te dit ton «cher» Baptiste???
- «Sais-tu» serait plus correcte grammaticalement parlant.
-Tu joues sur les mots et c’est moi qui suis à court d’arguments? Puff…Lamentable.
-Tiens…s’étonne subitement Icham, Chayton.
-Ah oui?!?, récrient Anna et Ella simultanément comme pour fuir le contentieux vers une échappée.
-Où ça?, reprend Ella sondant l’entourage du regard.
-Ca m’intrigue, déclare Icham avec un soupçon de suspicion, pourquoi est-il ici? Les antisociaux évitent l’affluence.
-Et alors, contrecarre Anna, Ella aussi est antisociale et elle est venue.
-Je ne relèverai pas…déclare Ella d’une contenance sereine.

2
Une défiance pèse sur le cœur d’Icham. Je crois, depuis longtemps. Je ne le connais pas depuis suffisamment de temps pour savoir quelle circonstance a fait naître ce sentiment restrictif. Son regard scrute chaque recoin d’ombre qui échappe à la lueur artificielle. Par le contraste de la lumière et de l‘obscurité, ses traits prennent ceux d’une panthère aux aguets, à l’affût du moindre mouvement qui vient rompre les courbes de la normalité. Son visage se renfrogne et s’embrume dans un renfermement qui le rend beau. Son aspect m’apparaît alors comme celui d’un animal sauvage qui avance incertain dans la pénombre saturée de créatures malfaisantes qui se meuvent avec une telle aisance, une telle discrétion et maîtrisant à la perfection les épaisses ténèbres que ça en est terrifiant. Mais si les yeux des spectres percent la noirceur, le fauve maîtrise ses émotions. Placide et averti, il affronte avec courage et dignité le danger indéterminé. Icham est échaudé. Lorsque le malin rôde alentour, il le sent. Il le ressent par un frisson qui le parcoure et le glace. Si pour beaucoup son odeur est inodore, lui l’a connaît tellement bien qu’elle est prégnante.
Cet étranger qui approche trop près de moi est-il pernicieux ou bénéfique? Porte t-il un masque attrayant qui promet bien des peines lorsque vient le mécompte? Sont-ce là les questions qui taraudent Icham? Sûrement. Son amitié fut laborieuse à conquérir. Nous avons parcouru un chemin rigoureux avant qu’il ne nous ouvre son cœur et nous accorde son entière confiance.
Qui a tort? Qui a raison? Le candide, l’innocent qui ne soupçonne pas le mal dans celui qui le convoite? Le méfiant, le distant qui accuse le plus affable, le plus avenant? Comment trouver l’équilibre afin de ne pas basculer dans l’erreur? Où est la limite à ne pas franchir avant le faux-pas? Je crains qu’Icham ne l’ai dépassé.
-C’est anormal, reprend Icham, il fomente quelque chose…
-Tu as des tendances à la psychose, satirise Ella, c’est alarmant…
Icham se lève momentanément et se retire sans même relever la boutade d’Ella. Prestement, il disparaît derrière la multitude égayée.
-Ca, c’est anormal…dis-je sidérée par sa réaction aussi déroutante qu’inattendue.
-Mettre des talons n’exhaussera pas ton indigence, persifle Baptiste qui, nous interrompant, déploie ses arguments les plus raffinés afin de ne pas se laisser déprécier.
-Ah!Ah!Ah! C’est moi qui suis indigente? Soit dit en passant, je te rappelle que tu avais les notes les plus médiocres de notre classe! Je te parle du collège bien évidemment puisque tu n’as pas continué tes études…
Le regard déjà noir et profond de Baptiste s’embrase de colère comme une flamme hostile que l’on attise. Son inimitié à mon égard (et oh combien réciproque!) est exacerbée par un déshonneur heurtant sa fierté. Baptiste a toujours rencontré des difficultés dans ses études et a encaissé les railleries de ses camarades par l’entremise de l’autodérision et de l‘avilissement.
- «Est-ce moi» serait plus correct grammaticalement parlant, rétorque Baptiste en reprenant les mêmes termes que j'avais employé précédemment.
-Tu m’abhorres parce que j’avais de brillants résultats lorsque nous étions ensemble au collège. C’est un apriori odieux et injustifié…Ce n’est pas de ma faute si tu es stupide.
-Et toi tu es toujours plus obtus et vaniteuse!
J’avoue que je n’arrive pas à déterminer d’où proviennent toutes ces invectives. La haine est imaginative et sans frontière. Si nous ne nous rendons pas compte de l’abjection de nos paroles outrageantes, Anna et Ella semblent subir la néfaste consonance des ces injures. Leurs visages s’empreignent d’une aversion qui les met mal à l’aise. De notre colère communicative, elles paraissent réprimer ce même sentiment qui les éprouvent. Connaissant Ella, il ne doit pas lui en falloir beaucoup pour que, sous une impulsion irrépressible, elle quitte la soirée prématurément pour aller se claustrer dans sa solitude immuable. C’est au diapason qu’elles se laissent bercer par le découragement.
Revenir en haut Aller en bas
Romane
Administrateur
avatar

Nombre de messages : 91113
Age : 62
Localisation : Kilomètre zéro
Date d'inscription : 01/09/2004

MessageSujet: Re: Belfeya   Mer 10 Nov 2010 - 15:26

C'est en te voyant connectée que tout à coup je tombe sur ce fil, qui, honte à moi, m'est filé entre les doigts sans que je m'en aperçoive. Je dois partir pour le reste de la journée, mais au moins en postant ce petit mot je risque de l'avoir rapidement sous la main quand je me reconnecterai, et surtout cela me servira de pense-bête !

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Bonjour, je suis Romane, alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane."
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
http://lessouffleursdereve.jimdo.com/
Revenir en haut Aller en bas
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
Belfeya

avatar

Nombre de messages : 8
Age : 28
Localisation : Midi-pyrénées
Date d'inscription : 30/01/2010

MessageSujet: Raphaël   Mer 10 Nov 2010 - 15:30

1
Le soleil se levait paisiblement, répandant ses premières nitescences réconfortantes et peignant une aube aux couleurs rubescentes. C’était avec autant de flegme et de paresse que Raphaël s’étira langoureusement tandis que Samuelle, sa maîtresse, était plongée dans un profond sommeil matinal. La demoiselle ne semblait pas perturbée par le tapage des ouvriers levés aux prémices de l’Aurore pour éviter les étouffantes chaleurs paroxysmales de l’après-midi. Tandis que l’un d’eux s’attelait vaillamment à sa besogne, les autres l’observaient adossés à leurs pèles et truelles et rêvassant à leur prochaine pause café.
Allez savoir pourquoi les parents de Samuelle lui avaient donné un prénom de masculin. Peut-être faisaient-ils parti de ces gens, qui déçu d’avoir eu une fille, lui donnèrent un nom de garçon? Histoire de faire illusion. Alors elle préférait qu’on l’appelle Sam. Sam s’était un joli prénom. Il allait aussi bien aux filles qu’aux garçons. Il pouvait être le diminutif de Samantha ou en poussant un peu plus loin, de Cendrine. Ou dans un aspect plus original, de Samaya. Mais lorsque les autres commençaient à s’intéresser un peu plus à elle et se laissaient aller à l’intimité que peut revêtir parfois la curiosité, elle disait qu’elle s’appelait Sam. Juste Sam. Ses parents n’avaient pas été très inspirés ce jour là. Ce jour de sa naissance. Tous ces jours où sa mère ne l’avait pas ménagé en lui relatant ce moment pénible et douloureux qu’était l’accouchement. Tout ça pour mettre au monde une petite fille frêle et chétive d’à peine deux kilos quatre cent. Une fille, en plus de ça, bonne à rien et sans réelles envergure ni ambition. Mais ça aussi Sam se gardait de le dire aux autres. Et puis Sam, c’était plutôt cool comme prénom. Ca lui donner des airs dégagés, ce qu’elle n’était pas vraiment.
C’était après une longue réflexion existentielle que Raphaël se décida enfin à s’élancer dans le gouffre terriblement inquiétant qui distançait d’un malheureux mètre, le lit du sol où la moquette d’un vert délavé ne manquait jamais de lui chatouiller ses petits cousinés sensibles. « Et dire qu’il y a encore des personnes qui osent mettre de ma moquette !! » Il faudrait toujours écouter la sagesse de son chat. Il est vrai que mettre de la moquette au vingt et unième siècle est véritablement une faute de goût ! Raphaël se demandait souvent où Sam avait la tête ce jour là. En plus d’être un nid à poussière, c’est incontestablement hideux! On devrait enfermer dans une boîte à acariens tous les fabricants de moquette ! C’était sûrement d’ailleurs pour cela que Sam n’emmenait jamais aucune de ses rencontres masculines dans sa chambre. « Je n’ai pas eu le temps d’y mettre de l’ordre; je viens juste de repeindre les murs ou encore, c’est la saison où ce satané chat perd tous ses poils, c’est irrespirable! » Bien sûr, c’était tellement plus facile de tout mettre sur le dos du chat! Mais Sam pouvait admettre qu’en plus d’avoir une moquette affreuse à faire fuir tout prétendant, elle était une bordelique chronique ! Heureusement pour Raphaël qu’il était un chat agile et dextre qui esquivait avec grâce et aisance tous les bouquins que Sam entamait et ne terminait jamais ainsi que les ribambelles de robes et chaussures qu’elle essayait tous les matins avant d’enfin choisir sa tenue et qui jonchaient le sol.
C’était avec la prestance habituelle dont fait preuve un félin que Raphaël, l’estomac gargouillant, se dirigea vers sa gamelle pas vraiment luxueuse à son goût de chat raffiné. Sam aurait pu au moins lui graver son nom ! Mais le pire était que la gamelle était vide ! Pas une croquette n’avait survécu à la rasia de la vieille. Il faut que les chats aussi aient leurs crises de boulimie ! Et puis Sam avait déjà beaucoup de mal à s’occuper d’une plante verte. Raphaël était persuadé que sa maîtresse ignorait encore que sans eau une fleur se flétrissait. Et les chats aussi d’ailleurs!
Dans le calme qui berçait le sommeil paisible de Samuelle, un miaulement aussi soudain qu’insane de réclamation vînt gâcher la grâce matinée qu’elle s’était octroyée. Et oui, Raphaël était indigné d’une telle négligence de la part sa maîtresse bien aimée. « On ne prend pas un animal de compagnie quand on est incapable de maintenir en vie une tige de bambou plus de trois jours ! ». Mais le sort semblait s’acharner contre la pauvre Samuelle. Quand la sonnerie de son pavillon retentit, elle résonna comme un écho perturbateur troublant son joli rêve. Oui enfin, si on peut dire de celui-ci qu’il était joli. C’était affreusement qu’elle s’éveillait réalisant que rêver du prince charmant à vingt-hui ans était plutôt pathétique. Quand Raphaël ragaillardit de voir sa maîtresse arriver et se demandant si c’était sa somnolence ou ses pantoufles frottant le sol qui guidaient ses pas, il fut déconfit en la voyant tâter du doigt les touches de son interlocuteur :
« -Oui, c’est Marie! Ouvre-moi, j’ai une surprise pour toi!
-Elle est bonne j’espère ?!
-Mais oui! Ne t’inquiète pas! »
« Et moi j’ai faim ! Depuis quand les amies passent avant le chat ?! ». Et oui, Raphaël avait beau se frotter aux jambes de sa maîtresse et ronronner aussi fort qu’un moteur diesel d’une trois cent six Peugeot, rien ne semblait sortir Samuelle de son cirage !
« -Le petit-déjeuner !, s’écria Marie en entrant avec un engouement presque agaçant à une heure aussi matinal, croissants chauds et chocolat au lait ! Lait sorti directement de la pie de la vache !
-Attend, c’est ça ta surprise ?! Tu me réveilles à l’Aurore un dimanche matin pour un croissant chaud et un lait tiré à une pauvre vache aux pies malmenées ?!?
-Tu es déçue…? Tu aurais préféré que se soit ton charmant prétendant qui te réveille doucement avec un petit déjeuner au lit? Aller, raconte. Comment ça c’est passé ?
-J’aurais dû me douter que tu avais une idée derrière la tête ! Toi et tes gros sabots !! »
Raphaël écoutait avec intérêt la discussion entre les deux amies. Il faut dire qu’il avait plutôt bien participé à la rupture entre les deux amoureux. Les appels incessants de sont ventre affamé ne le tracassait plus. Et puis, il récupèrerait sûrement quelques miettes de croissant que ces dames ne termineraient pas. L’été approchait.
« -Je me remets péniblement de mes émotions…, soupira Sam en s’écroulant avec mollesse d’un limaçon sur la chaise de sa cuisine cosy.
-Qu’est-ce qu’il n’allait pas cette fois ?!?
-C’était devenu un véritable enfer de vivre au quotidien avec lui !! Crois-moi, j’avais l’impression de sortir avec mon professeur de mathématiques ! Le cauchemar éveillé! »
Raphaël se souvenait parfaitement de la dernière conquête de sa maîtresse. Un homme aussi austère et solennel qu’un avocat en court d’Assise. D’ailleurs il se demandait encore ce qu’elle avait bien pu lui trouver. Son côté calme et posé sûrement mais d’un ennui! A son goût mortel !! Une femme a besoin d’être rassuré et de se sentir en sécurité. Oui d’accord mais une femme a aussi besoin d’indépendance et d’air pur et Sam étouffait. Non, il n’était pas vraiment très loquace. Et pour une demoiselle qui aimait babiller, ce mutisme étouffant était devenu pesant.
« - Ne me dit pas qu’il t’avait confisqué ta carte de crédit ?!?
-Si ce n’était que ça… Je n’arrivais même plus à retrouver mes affaires dans cet ordre trop…trop ordonné! »
Ni carte de crédit ni chéquier et les comptes épluchaient dans les moindres détails tout y était passé. Pour dire, cet homme était un maniaque invétéré de la perfection. Appelons un chat, un chat : il était littéralement dérangé! La pauvre Sam se faisait houspiller comme une petite fille fautive lorsqu’il constatait le capharnaüm faramineux où tout s’amoncelait dans le plus petit recoin de l‘appartement. Il lui reprochait souvent son manque de maturité. En tout cas ce cher homme devait ignorer l’humilité pour balayer d’un revers de main la théorie de relativité d’Einstein ! Il avait opéré un changement si radical qu’on aurait pu se croire dans un hôpital aux soins intensifs. Les CD et DVD étaient classés par genres et par ordre alphabétique et parfaitement alignés sur leurs étagères, les bouquins par auteurs et catégories, les vêtements par tailles, formes et saisons et soigneusement pliés, repassés et rangés dans leurs armoires. Et même les chaussettes avaient été victime d’une classification stricte et sévère selon matières et couleurs s’il vous plait! Pas un câble de lampe de chevet ou de grille pain ne dépassait et je vous épargnerais le sort cruel des pauvres petites miques qui avaient eu le malheur de traîner sur la table basse du salon! En somme, ça en était devenu véritablement angoissant! Mais Raphaël, aimant profondément sa maîtresse, s’était bien occupé du cas de ce malheureux qui n’était pas au bout de ses peines. Urines dans les pantoufles en peau de Dain, petite selles matinales dans le bac à douche et quelques régurgitations du repas de la vieille du confortable et moelleux oreiller de ce dernier! Quand on dit que les chats mangent de l’herbe pour se purger!! Et pour finir, le nombre inquantifiable de poils que parsemait Raphaël ça et là à chaque bout du canapé dès que celui-ci venait d’être méticuleusement nettoyer jusqu’à la dernière poussière persistante avait fini par faire dérailler définitivement le pauvre homme. Le positif de l’histoire est que ça l’aura peut-être décidé à entamer une thérapie. Et puis, au moins, Sam n’a pas eu à passer la terrible étape qu’est de larguer quelqu’un.
« -C’était mon bordel !!
-Désolé mais le guichet des lamentations est fermé aujourd’hui ! Rien n’entamera mon humeur joviale ! Et puis, vois les choses d’un angle plus positif. Dis-toi qu’en mettant de l’ordre dans ta maison, il en a aussi mis dans ta vie.
-Je te remercie Freud pour ton soutien moral! Quelle amie prévenante !!
-Tu as raison. Ruminer ne me mènera nulle part. A partir d’aujourd’hui, je pars à la conquête de l’homme de ma vie!!, se ragaillardit dans ce qu’on pourrait qualifier de folie soudaine, j’en ai marre de me farcir tous les hommes perturbés de la planète!
Tandis que Sam se laissait aller dans un délire incoercible, Raphaël se désespérait à l’idée qu’il allait encore avoir du pain sur la planche! Il était que sa tendre maîtresse n’avait pas vraiment le don de bien choisir ses prétendants. Il faut dire aussi qu’elle n’avait jamais vraiment été chanceuse dans sa vie sentimentale. Parfois, Raphaël se demandait même si elle n’attirait pas les cas sociaux. Ou encore si elle n’avait pas été une séductrice briseuse de cœur dans une vie intérieure et dont les fantômes de ses pauvres amants apeurés la persécutaient dans celle-ci dans le but d’assouvir leur soif de vengeance! En admettant que se soient des fantômes vindicatifs, bien sûr.
Revenir en haut Aller en bas
Belfeya

avatar

Nombre de messages : 8
Age : 28
Localisation : Midi-pyrénées
Date d'inscription : 30/01/2010

MessageSujet: présentation de Rapaël (désolé je l'avais oublié^^)   Mer 10 Nov 2010 - 15:38

Bonjour à tout le monde Gaga
Donc voilà, je vous envoie un petit extrait (oui bon d'accord; il est plutôt long^!) que j'ai écris dans un passage très particulier (ce n'est pas vraiment le mot approprié mais bon^^).
J'espère que ça vous plaira. En tout cas n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez vraiment.
pom pom
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Belfeya   

Revenir en haut Aller en bas
 
Belfeya
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Forums Liens Utiles :: Littérature :: Vos écrits : Poésie, nouvelles, romans, théâtre... :: Espace collectif : Prose-
Sauter vers: