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 Renaissance Livre I

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cathecrit
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MessageSujet: Renaissance Livre I   Sam 20 Fév 2010 - 5:50

RENNAISSANCE
Livre I

Perchée au-dessus de ma vie de berlingot tirebouchonné, saucissonné entre deux maux, j’observe l’insomnie propager ses effets pervers : clic droit au mauvais moment, Supprimer ? demande le bon vieux pc, fidèle à la commande du doigt fou…

Je respire un bon coup. L’ivre de l’âme ne se livre que de haute lutte. Alors je lutte –peut-être est-ce là mon erreur, les psys de tout poil ne parle-t-ils pas de lâcher prise… L’ivresse et ses promesses…

Douleur fulgurante à l’épaule droite, si fulgurante qu’elle en paraît tenace. Lâcher-prise à la douleur, relâcher les épaules. Penser

Le lobe de mon oreille droite fourmille étrangement, faudra que j’en parle à l’o.r.l.

A chaque douleur son spécialiste. A chaque spécialiste un jour précis. Et un médicament.

Sciatique assassine de la fesse droite au gros orteil correspondant.

Je serre les dents et fais face à cette douleur carnassière qui a décidé de me bouffer toute. Toute cette nuit.

Je me sens l’air hagard. Je m’étire à minima, les neurones aux aguets.

Jusqu’à quelle heure vais-je tenir ?? Et d’abord vais-je tenir ?

Mais oui puisque je tiens à la vie, puisque je tiens à mon chemin de vie. Puisque je l’ai choisi à la veille d’habiter mon corps.

J’ai choisi d’être « Saint-Bernard », le tonneau de mes débordements de main tendue affutée. Je n’ai même pas songé à commencer par m’aider moi-même. Folie du pansement de la pensée. Pensement…

Jusqu’ici et il y a encore peu je harcelai les gens afin de les aider. Avec plus ou moins de bonheur, mais totalement insensible aux réactions, j’aidais de force, comme un détergent (déterre gens ?)

Cette nuit mon corps me parle en douloureuses vibrations et moi j’écoute craquer la nuit dans ce corps.

Je rêve vaguement à un somnifère –rien qu’un-. Mais ce ne serait pas raisonnable. La notice a dit : pas de somnifère en cas d’apnée du sommeil. Il paraît que quand je dors je ne respire pas tout le temps. Est-ce ma vie qui ne m’inspire plus ? Es-ce mon corps qui jette mon esprit ? Qui le projette d’une paroi à l’autre ??

J’ai rêvé naguère, il n’y a pas si longtemps, d’une vie comme avant. Avant quoi ? Avant la maladie ? Mais n’est-ce pas plutôt avant que j’étais malade ? Malade de l’être ? ? De n’être pas assez l’être que je devais être quand j’allais naître… N’être que moi, et seulement cela. M’observer avec le sourire parce que j’aurais réussit. M’en rendre compte

Aujourd’hui je réalise qu’il me faut apprivoiser l’écorce terrestre dont mon âme s’est parée pour revenir mordre à pleine gueule chaque jour bon ou mauvais que la vie m’offre encore.

Pour sûr j’ai dû me planter pas mal de fois pour me retrouver encore là dans ce corps là qui bien que fort abîmé n’en supporte pas moins encore l’âme farfelue qui me caractérise.

J’ai compris depuis peu que je dois obliger cette âme à la mettre en veilleuse, juste pour écouter mon corps. Il m’a murmuré « arrête-toi, s’il te plaît». Je n’ai pas écouté. Il a demandé « fais une pose, je te prie, tu me fatigues. J’ai couru de plus belle. Je suis tombée. Aussitôt relevée, toujours sautillante et souriante, ponctuant le tout d’un « même pas mal ».

Alors il m’a distrait la pensée un instant. Juste un court instant. Et puis je suis tombée, d’un étage à l’autre et l’une de mes vertèbres s’est explosée. Il a fallu des vis poser. Fixer, maintenir, étirer, souffrir.

Le temps a passé, je me suis relevé et je l’ai encore moins écouté. Il paraît même que je suis devenue sourde à ses plaintes.

Alors il a frappé un grand coup en dedans, criant, vociférant « nom d’un chien vas-tu m’écouter ? »

Quatre grands coups en fait, et là j’ai bien entendu ses cris.

J’ai bien réalisé que je devais changer mais à peine remise après les longs mois de lutte au corps à corps, à peine si j’avais pris la peine de commencer à l’écouter (la même peine que je lui infligeais et depuis si longtemps) … Et je suis repartie.

Peu après, et j’en suis là, il m’a de nouveau arrêtée de trois longs hurlements :

« De repos tu ne prendras plus avant de m’avoir pour de bon écouté. Pour cela, de douleur tu te tordras la nuit.

« Harcelés de mouvements seront tes membres afin que tu ne coures plus.

« Coupés de temps morts seront tes respirations afin d’affaiblir ton esprit retord et de le contraindre à m’écouter.

« Et tu vas m’écouter. Tu es mon hôte et non l’inverse et j’entends me faire respecter. »

Et je suis là, enfin, je crois à l’écoute. Parle-moi. Je veux renaître des cendres de mon âme sourde.

Je t’écoute.

Mais quelle langue parles-tu ? je ne l’ai jamais entendue…

Je t’écoute.

Sourire : « Va dormir et prend le temps qu’il faut dorénavant. »


Cathecrit, 18 janvier 2010
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