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 Chroniques Locales : la chapelle profanée

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kate100fin
Canta Strophe


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MessageSujet: Chroniques Locales : la chapelle profanée   Dim 21 Fév 2010 - 16:33

Voilà pour l'instant le dernier volet des chroniques locales. Un peu différent des autres, mais peut-être est-ce l'époque qui veut ça...j'espère qu'il vous plaira aussi, vous me le direz...La présentation est différente que celle que j'ai tapée, le copier/coller ne tient pas compte des émargements, aussi, peut-être que la lecture sera un peu rébarbative, j'en suis désolée...

La chapelle profanée

Comme tous les premiers vendredi du mois, au bar de la fleur sauvage, ça tapait sec la belote ; c’était une sorte de concours sans enchères ni récompenses, juste pour le prestige…et le plaisir.
Dame Alice et moi, on aimait bien les écouter s’énerver sur le tapis. De temps en temps, ça s’expliquait dur, les vieux insultaient les jeunes, les jeunes se moquaient des vieux. Aujourd’hui à la table il y avait Jeannot le boucher et sa femme Fine, Franck le fils du couvreur et Henri l’ancien maire.
« - Eh, mets tes lunettes, t’as pas vu mon appel à cœur ?
- Tiens, au lieu de causer, mets donc ta carte et apprends, c’est moi qui finis ! Belote, Rebelote et dix de der !
- C’est encore lui qu’a la belote, ben mon vieux !
- T’inquiètes pas, les mouches vont bientôt changer d’âne… »
Pendant ce temps là, une autre conversation montait au bout du comptoir. Il s’était passé quelque chose à la chapelle. Des vandales avaient fendu en deux la croix celtique et brûlé des bougies sur l’autel.
Comme à chaque fois qu’un évènement venait troubler le calme, Ber était pris dans un tourbillon de discussions enflammées où chacun donnait libre court à ses délires et opinions personnelles. Il y avait à peu près autant de vérités que de participants, c’était en général très instructif même si ça n’apportait pas toujours de réponses.
Pour l’instant, Ber avait à faire à Colombo, qu’il tentait une fois de plus de ramener à la raison.
« - Boh, encore des messe noires...’yen a qu’on rien d’autre à faire. »
Mais Colombo était un adversaire redoutable.
« - Y’en a un qui s’est arrêté avant-hier là, un qu’avait un drôle d’engin comme une moto avec un truc accroché. »
Alice ne pu s’empêcher de pouffer.
« - Ça s’appelle un side-car, le truc accroché.
- ouais, ben n’empêche que le truc qu’était accroché il avait la forme d’un rat avec des yeux rouges en plus, c’est pas un truc de sataniste ça ? »
L’interaction avec les joueurs de belote se mit en route.
« - Arrête un peu de délirer, t’as qu’à accuser Nono t’en que tu y es, il est passé lui aussi… »
Colombo se leva en fermant l’œil et se tourna vers la table, d’où Jeannot l’avait invectivé.
« - Et pourquoi pas, les innocents on sait jamais ce qu’ils ont en tête, surtout que lui il a l’air d’avoir des instants de lucidité, des fois j’trouve qu’il a un drôle de regard…comme si il était pris par quelque chose … »
« - comme toi quand t’as le nez au fond du verre ! » lui répondit le p’tit Franck avec l’insolence de sa jeunesse.
Ber décida de reprendre les choses en main.
« - Tu dis n’importe quoi, et puis tu sais bien que ceux du Centre, ils ne sortent jamais seuls. »
Fine enfonça le clou tout en posant sa carte sur la table.
« - Et franchement, si il y en a qui se fichent pas mal de ce qui se passe autour c’est bien eux, c’est pas comme certains ! »
Alice, qui commençait à s’amuser décida de mettre un peu de sel dans la discussion.
« - Moi je pencherais plutôt pour ceux de la vallée, c’est bien le genre à faire des trucs pareils, quand on voit comment ils vivent… »
C’était reparti, Colombo se rassit et se pencha vers Alice.
« - Ah ça, ‘faut avouer qu’ils sont un peu- comment on dit déjà - marginaux, c’est ça. »
Survint alors la deuxième attaque de Fine.
« - Et toi tu l’es pas marginal, à vivre seul avec ta mère à ton âge ?
- Moi c’est pas pareil, ‘pis j’me lave, moi !
- Le fond du gosier surtout hein ! »
C’est là que je m’inscrivis dans le débat.
« - Quelqu’un est déjà allé là-bas, voir, à la vallée ? »
Colombo repris un ton solennel.
« - Ben non, pas de près, mais on sait bien comment ils sont ! »
Franck leva le nez, un sourire en coin.
« - Ah oui, j’avais oublié : la prescience du boit sans soif qui voit des choses de derrière son ragot…
- qu’est-ce qui dit ? Qu’est-ce qu’il y a après la science ? Encore une nouvelle expression ? »
La voix forte d’Henri monta soudain.
« - Bon, on peut la finir cette partie ? »
Colombo grommela dans son blanc, le calme revint, pour un instant, tout au moins.
Ber partit dans l’arrière boutique et je me retrouvais au comptoir avec Colombo et Alice, enserrés d’un silence pesant.
Il fallait que je trouve une niaiserie à dire pour changer de sujet.
« - Est-ce que vous savez quelle est la différence entre chez nous et les USA ? »
Alice s’attendant au pire commençait à rigoler.
« - Non, mais tu vas nous le dire mignonne !
- Ben eux, ils ont Barack Obama et nous on a le Bar à Commana ! »
Tandis qu’Alice pouffait derrière le bar, Ber revint avec son accordéon. Il s’installa sur un tabouret et pianota une petite mélodie qu’un soir de printemps lui avait inspiré.
Tout le monde se laissa entraîner par la sensibilité de l’artiste, et les notes furent un instant la seule matière palpable autour de nous.
Ber allait entamer la suite quand Colombo bondit de son tabouret, comme un diable dégingandé.
« -Tiens le voilà qui repasse ! »
Et là, comme arrachés ensemble à notre rêverie, nous nous tournâmes tous vers la baie vitrée pour poser d’une seule voix la même question à Colombo.
« - Qui ça ?
- Ben le gars au rat ! » Colombo s’approcha, reprenant à peine son souffle.
« - Oh, ‘pis en voilà d’autres, bon sang, ‘sont toute une armée ! »
Chacun s’agglutina derrière la vitre, y allant de son commentaire devant le spectacle d’une quinzaine de motos qui descendaient la rue. »
« - Ils en font du bruit !
- Tiens, regardez, il y en a qui ont des têtes de mort sur le blouson !
- C’est l’Echappée Sauvage !
- Non l’Equipée Sauvage, on dit…
- oui, ben moi je trouve qu’ils ont plutôt l’air de s’échapper !
- Dis donc, on les entend plus…
- ils ont dû s’arrêter. »

On attendit quelques secondes sans bouger, puis, finalement, chacun retourna vers sa place.
On n’entendit pas la porte grincer, Ber l’avait bloquée pour laisser une place au soleil.
C’est là que le bout d’une botte, mit le pied dans le bar, bientôt suivi du reste de l’individu qui la portait, et de tous ses acolytes.
Les joueurs de belote se réfugièrent derrière leurs cartes, continuant la partie tout en redressant discrètement l’oeil de temps en temps.
Colombo s’écrasa sur son tabouret et moi je posais des questions existentielles à mon café. Alice alla s’occuper des nouveaux arrivants tandis que Ber rangeait son instrument.
« - Bonjour, qu’est-ce que vous sers ? »
Jusqu’ici, rien de sataniste, ils prirent tous un demi de Blanche Hermine, sauf un, le propriétaire du rat aux yeux rouges, qui commanda un Perrier citron, c’est vrai qu’il faisait exceptionnellement chaud.
Et comme un oiseau de tempête n’arrive jamais seul, entra dans le bar quelques instants plus tard, Jérémy Louarn, le gendarme.
Comme le veut la tradition, il jeta un bref coup d’oeil circulaire avant d’ouvrir la bouche.
« - Bonjour Ber, bonjour Alice !
- Salut Jérémy ! » répondit Ber d’un ton détaché avant d’enchaîner innocemment.
- Qu’est-ce qui t’amène ? L’histoire de la chapelle ? »
Le gendarme prit place sur le tabouret à côté de moi ; j’avais terminé mon café, plus question de faire semblant de lui causer intérieurement. N’osant pas interrompre la suite des évènements en en commandant un autre, je me concentrais sur la soucoupe pour travailler mes recherches sur la lévitation des objets.
Jérémy sortit un calepin de sa poche. Il arma son stylo et prit un air sérieux.
« - On a noté quelques détails sur l’affaire, mais on manque d’éléments, plusieurs pistes sont possibles. Je voulais savoir si vous auriez remarqué quelque chose d’inhabituel ces deniers jours ? »
Silence.
Malgré tous mes efforts, la soucoupe ne voulait pas décoller.
Alice fut la première à parler.
« -Tu sais, ici, les trucs inhabituels, y’en a tous les jours…pas vrai Colombo ? »
Colombo resta coi. J’eus l’impression qu’il expérimentait lui aussi de nouvelles expériences, celles sur le mimétisme avec les objets, en l’occurrence ici, son tabouret.
Les motards eux aussi gardaient le silence ne semblant pas s’intéresser à ce qui se passait autour.
On entendit à nouveau la voix d’Henri.
« -Bon, ben voilà, on en a gagné une chacun - on fera la belle plus tard, hein ? J’suis un peu fatigué… »
Les joueurs se levèrent, les uns replaçant les chaises, les autres ramenant le tapis et les cartes à Ber, qui les rangea sous le comptoir en sifflotant.
Puis, ils gagnèrent ensemble la sortie en saluant brièvement l’assemblée.
Colombo pu enfin avoir un espace vide où tourner la tête.
Toujours penché sous son comptoir, Ber reprit la conversation sur un ton désinvolte :
« -Tu sais, c’est sûrement des jeunes qui voulaient s’amuser, puis, ils ont fait une bêtise… »
Jérémy ôta son képi.
« -Ça tu l’as dit ! J’peux te garantir que le curé il est pas content, ‘pis le maire non plus ! Ils sont persuadés que c’est un acte de vandalisme, comme avec cette histoire de l’autre chapelle de la paroisse qui a brûlé il y a pas longtemps ! »
Ber réapparut en grommelant.
« - Ah, zut, il faut que j’aille changer le fut ! Je reviens ! »
Il disparut dans l’arrière boutique, laissant le gendarme et Colombo à leurs questionnements intérieurs, tandis qu’Alice m’avait rejoint au bout du bar un petit sourire aux lèvres.
Les motards se levèrent alors dans un bruissement simultané de cuir et de bottes. Le propriétaire du rat aux yeux rouges se dirigea vers le comptoir entouré de deux compères et s’adressa à Jérémy Louarn.
« - C’est bien par ici les Portes de l’enfer ? »
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kate100fin
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MessageSujet: Re: Chroniques Locales : la chapelle profanée   Dim 21 Fév 2010 - 16:33

Le gendarme, pris au dépourvu, répondit en bafouillant tandis que Colombo avait fermé les deux yeux ; ce qui était le signe chez lui d’une extrême concentration.
« - Ben, c’est ce que dit la légende, mais on sait pas trop où c’est hein…quelque part dans le marais, c’est, le trou quoi !»
L’air un peu surpris les trois hommes se regardèrent et reformulèrent la question.
« - Nous, on parle du Festival des Portes de l’Enfer, le concert quoi ! C’est bien par ici ? »
Colombo ouvrit un œil qu’il tendit vers Jérémy tandis qu’Alice et moi serrions les dents pour ne pas éclater de rire.
Ber revint à cet instant avec son torchon sur l’épaule et répondit dans la foulée avec son flegme légendaire :
« - Oui, oui, c’est bien ici ; vous suivez les pancartes, c’est en campagne, dans une étable, mais normalement y’a plus les vaches ! »
Le motard remercia tout en payant la note à Ber avec un petit sourire malin soulignant qu’il avait compris l’ironie de la situation. Puis l’équipée repartit avec autant de discrétion qu’elle était arrivée.
Ber s’était remis à siffloter, Colombo recommanda un blanc, Jérémy se concentrait plus fort que jamais sur ses notes.
Alice, pleine de malice, me prit en un semblant d’aparté en chuchotant suffisamment fort pour que tout le monde entende :
« - T’as vu, y’en a deux qui avaient un tatouage sur la main… »
Je ne pouvais faire autrement que de rentrer dans le jeu.
« -Ah oui, je n’en ai vu qu’un, ça ressemblait à un serpent avec un motif bizarre comme une croix à l’envers…
- Ouais, ben l’autre il avait une tête de mort avec du rouge qui coulait dessus !
- Bah !
- si, si je t’assure… »
Jérémy Louarn attrapa son képi et se leva en refermant son calepin.
« - Bon, ben je vais continuer mon enquête hein, Merci Ber, à la prochaine !
- A la prochaine Jérémy, bon courage hein ! »
Colombo profita du moment pour partir lui aussi, ramassant son manteau qu’il ne pris même pas le temps de passer sur ses épaules et fila sur les traces du gendarme ; il n’avait même pas terminé son verre.
Moi je ne voyais qu’un seul moyen d’en apprendre plus long sur tout ça, c’était d’aller faire un tour chez Tonton Gros, s’il s’était passé quelque chose d’inquiétant dans la chapelle, il devait le savoir. Je quittai donc moi aussi les lieux en saluant Ber et en faisant un clin d’œil à Dame Alice.
A peine installée dans ma voiture, je pris la route, à la fois intriguée et amusée par le remue-ménage qui, une fois de plus, venait fourrer son nez chez nous.
Qu’est-ce qui pouvait bien s’être passé encore, d’ordinaire ou d’extraordinaire…

J’arrivais enfin chez Tonton Gros, et au bout de la longue allée d’arbre je garais ma voiture tout en le saluant de la main, il était dehors comme à son habitude.
J’aperçu le « soufflet à punaise » d’Iffig, son vieux copain, rangée entre deux jardinières de sauge ; ces voitures sans permis ça rentre vraiment n’importe où !

Tonton Gros était assis sur un muret en train d’écosser des petits pois ; derrière lui, une corde attachée à un anneau de fer était reliée à un tronc d’arbre.
Habituée à ses originalités, je me demandais ce qu’il pouvait bien encore avoir en tête. J’arrêtai le moteur et descendis de la voiture.
« - Salut Tonton Gros !
- Bonjour mignone…
- Alors tu fais du saut à la corde ?
- Oh, ça, non ! C’est ce petit chêne là, je suis obligé de le fixer, il ne pense qu’à s’échapper ! »
Me prenant à son jeu, qui n’en était peut-être pas un, je lui répondis d’un air assez sérieux.
« - Ah, oui ? Et pourquoi tu le laisses pas courir ?
- Ben, t’imagines toi, avec tous les fous de la tronçonneuse qui traînent dans le coin, à tous les coups, il se ferait prendre ! »
Que pouvais-je bien répondre à une pensée aussi logique ?
Je décidai donc de changer de sujet.
« - Iffig est par là ?
- Oui, oui, dans le garage, il est à l’alambique, tiens on va aller déguster une lichette ! »
- Avec plaisir tiens, ça va me détendre l’esprit… »
Je suivis donc mon hôte jusqu’à l’antre spiritueuse dans laquelle s’adonnait avec talent notre bouilleur de crus local. Nous poussâmes la vieille porte avec solennité et je passai ma tête dans l’entrebâillement.
« - Bonjour Iffig ! »
Ce dernier se tourna dans notre direction.
« - Ah, de la visite, bonjour mignone ! Vous tombez bien, j’allais goûter l’affaire…Asseyez-vous donc ! »
Nous prîmes place autour de la petite table ronde et Iffig versa à chacun un verre de lambic.
Iffig avait une particularité, enfin, disons une particularité à sa particularité. Il avait la manie d’enlever son œil de verre pour le mettre à tremper au fond de son godet. Et vu qu’il ne buvait rien à moins de 45°c, ce devait certainement être pour le maintenir propre, une autre explication serait sûrement saugrenue….
La première fois que je l’ai vu faire, j’avoue que c’est mon œil à moi qui menaçait de lâcher. Aujourd’hui encore, j’évitais de suivre en détail ses manipulations oculaires.
Nous étions donc tous les trois, assis à cette petite table, à décider si notre bouilleur de crus méritait toujours son titre. La mixture était excellente, et outre sa saveur fruitée et agréable, elle avait la vertu de délier les langues et de détendre l’atmosphère. Je décidai que le moment était venu de confier à Tonton Gros la raison de ma visite.
« - Dis, Tonton Gros, il y a quelque chose que je voudrais te demander… »
Il releva le nez de son verre affichant son éternel air détendu.
« - Ben, oui, je t’écoute ! »
Je me raclai la gorge discrètement avant d’entamer.
« - Qu’est-ce que tu en penses toi, de ces histoires de chapelles ? Tu crois qu’il y a un truc sérieux là-dessous ? »
Tonton Gros avala une gorgée pendant que l’œil d’Iffig pivotait lentement dans ma direction.
Je leur racontai ce que j’avais entendu dans le bar et leur fis part de ma déduction.
« - Je ne suis pas sûre qu’il y est un lien entre les deux… »
L’œil s’était stoppé net et entamait à présent un mouvement de rotation sur lui-même. Iffig restait silencieux, Tonton Gros posa son verre.
« - Bien-sûr, ce sont deux lieux sacrés, et toutes sortes d’illuminés plus ou moins sérieux sont attirés par les endroits sacrés, surtout ici, tu le sais.
- Oui, mais il n’y a pas eu les mêmes dégâts aux deux chapelles, ça à l’air d’être complètement différent.
- Exact. » Renchérit Tonton Gros « - le message n’est pas le même »
Après avoir vidé son verre il reprit :
« - Il y a pas mal de gens qui tournent autour de la chapelle ces temps ci ; tu as remarqué ce groupe de grosses bagnoles avec la même immatriculation ?
- heu, ça me dit quelque chose, je crois en avoir croisé un…
- Et bien, ces gens viennent de très loin pour venir faire des cérémonies à la chapelle ou ailleurs»
Je terminai mon verre moi aussi presque sans m’en rendre compte.
« - Et tu sais qui c’est ?
- Pas exactement, mais je sais à peu près à qui j’ai affaire, des pseudos druides, des membres de confréries aux noms aussi incroyables les uns que les autres, ou encore des amateurs de magie et d’expériences ésotériques …Il y a de tout ! Et je te raconte pas le désordre qu’ils mettent, les énergies sont toutes retournées, les trois quart du temps je dois passer nettoyer derrière ! »
Et il parti d’un petit ricanement tout en nous resservant une rasade.
Comme d’accoutumée, il avait attisé ma curiosité. Je voulais en savoir plus.
Je savais que Tonton Gros possédait une certaine connaissance des lieux sacrés, il était sourcier, et plus encore, il avait un lien intime avec les « énergies » de la terre. Il m’avait appris à regarder différemment les paysages et à essayer de « sentir » ce qu’il y avait sous le sol. C’est ainsi que j’avais réussit plusieurs fois à trouver entre autre, de l’eau… bon, c’est vrai qu’ici, c’est pas difficile ; le reste était plus compliqué et beaucoup de choses m’échappaient encore.
« - Tu crois que ce sont eux qui ont vandalisé la chapelle ?
- oh, ça, j’en sais rien, je ne suis pas derrière tout le monde, ce sont peut-être des jeunes qui ont voulu se faire un délire et qui ont malencontreusement cassé la croix, je ne suis pas encore allé voir. Ça change pas grand-chose de toute façon…»
Sur ces mots, Iffig récupéra son œil après avoir avalé sa dernière gorgée.
« - Bon, ben en attendant, moi il faut que j’y aille, j’ai dit au voisin que je passais le voir…Finissez pas la bouteille tout de suite hein ! »
Tonton Gros et moi le raccompagnâmes jusqu’à la porte. Il nous envoya un dernier salut tout en montant dans ce qui lui servait de voiture. En la voyant je repensai au side-car qui devait à peu près avoir la même dimension et je ne pu m’empêcher de lui dire :
« - Et fais attention si tu croises un gros rat qui te demande la direction des Portes de l’Enfer ! »
Iffig ferma sa portière en rigolant et démarra son engin. Nous le regardâmes s’éloigner en cahotant.
Puis le vent se leva soudainement, faisant râler les branches des grands hêtres et soulevant les cheveux gris de Tonton Gros.
« - C’est la tempête qui arrive mignone…
- Oui, j’en ai entendu parler, ça va souffler fort.
- Va pas falloir rester dehors.
- T’as raison, je m’en vais retrouver ma chaumière… » Je n’en saurais pas plus de lui aujourd’hui, et peut- être d’ailleurs n’y avait-il rien d’autre à savoir…
« - Attends deux secondes ! » me dit-il en levant la main tandis que je mettais mon sac sur l’épaule.
Il rentra dans son garage alambiqué et en ressortit avec la bouteille de lambic.
« - Tiens, emmène le reste !
- Merci, ça va m’aider à résister à l’agitation extérieure ! »
Puis je regagnai ma voiture en saluant mon ami.
« - A bientôt Tonton Gros !
- A bientôt ! Et prends soin de toi ! »
Tandis-que je démarrais, Tonton Gros rassemblait ses petites affaires éparpillées dehors. Le voir courir comme ça à droite et à gauche me faisait sourire, quel drôle de bonhomme…à la fois exubérant et tellement secret.

Une fois sur la route, une pensée me vint. Dans cette tourmente naissante, j’étais irrésistiblement attirée par la chapelle. Monter là-haut et sentir le vent.
Ce n’était pas particulièrement prudent, mais, je n’en n’aurais pas pour longtemps et puis, si ça soufflait trop je redescendrai…
Je décidai donc de bifurquer et de me diriger vers la hauteur.
Une fois arrivée sur le terre-plein qui servait de parking, je me garai et attrapai mon gros blouson à capuche.
Avant de me lancer, je fis face à la marche qui m’attendait, j’aperçu le bout du toit de la chapelle avec la croix qui la surmontait. J’étais venue tellement souvent ici.

Et je gravis le flanc de la montagne, imaginant sous mes pieds la présence de son énergie ; il ne fallait pas être particulièrement clairvoyant pour comprendre que cet endroit dégageait quelque chose d’indéfinissable. Je me mis dans la peau de ce personnage d’un livre de Vincenot, le « pape des escargots » qui disait arpenter le dos de la Vouivre lors de ses marches en montagne…La Vouivre, épine dorsale du monde, énergie souterraine invisible dont toute vie est issue d’une manière ou d’une autre…essence de la terre-mère.
Tonton Gros et lui se seraient bien entendus…
Le vent battait fort et mon ascension fut difficile ; quelle idée de venir traîner là en pleine tempête ! Evidemment, il n’y avait personne d’autre, même quand il fait beau cet endroit est toujours la proie d’un vent à décorner les bœufs, alors aujourd’hui, pensez…
D’ailleurs, une fois parvenue en haut une rafale me fouetta avec violence, histoire de me confirmer que j’avais atteint le sommet.
La chapelle était là, grise et lumineuse, posée comme un phare résistant à la fureur des éléments.
J’avançais jusqu’à un petit monticule de terre et de cailloux – le vent sifflait comme un sourd, j’avais du mal à rester debout. Je portais mon regard alentour, sur ce paysage étrange qui partait en spirale à l’infini…
Abreuvées des pensées qui se mêlaient en moi, je fermai les yeux pour tenter d’y voir plus clair.
Puis, j’ouvris les bras et me laissai plonger en avant.
Le vent se précipita alors pour retenir ma chute et me souleva, jusqu’au point où il abdiqua devant la gravité.
Mon corps, relâché, tenait entre deux mondes.
Pendant un temps indéfinissable, je sentis mes pensées entrer en collision avec la violence extérieure, puis progressivement, se fondre dans l’étonnant calme tapi derrière.
Les portes de ma perception s’ouvraient. Et là, je sus.
La magie n’appartient à personne.
Cet endroit n’obéit à aucun humain.
Quoique l’on puisse faire, on ne pourra jamais en atteindre le cœur. On ne peut qu’effleurer la surface, de ce qui Est.
Et ce qui Est, restera, bien après nous.

Je rouvris alors les yeux, frappée par cette évidence, et rassurée sur l’étendue de notre éventuel pouvoir sur le monde.
Quoiqu’il ait pu se passer ici, de mauvais ou d’insignifiant, cela se noyait déjà dans le puits de nos ignorances, avant d’être englouti dans le corps de la Vouivre…dans le trou du marais.
Je n’avais pas besoin d’en savoir plus.
Je pouvais renter chez moi, en toute sérénité.


Dernière édition par kate100fin le Ven 26 Fév 2010 - 19:05, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Chroniques Locales : la chapelle profanée   Dim 21 Fév 2010 - 20:41

Rêve j'adore lire tes écrits chinois bisou

Des side cars en forme de rat j'ai jamais, mais ça doit donner un effet top!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
J'en est vue en forme de panier en osier, en forme de baignoire, en forme de basket.
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MessageSujet: Re: Chroniques Locales : la chapelle profanée   Dim 21 Fév 2010 - 21:09

La sorcière a écrit:
J'en est vue en forme de panier en osier, en forme de baignoire, en forme de basket.
Ah ouais, c'est excellent ça, j'aurais bien aimé voir ça !
Merci ma sorcière d'être passée... chinois
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Romane
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MessageSujet: Re: Chroniques Locales : la chapelle profanée   Dim 21 Fév 2010 - 22:33

"Je sus" steup' (au lieu de "je su")

Tu as toujours cette facilité à faire vivre les dialogues sans qu'ils soient ampoulés, un premier tour de force.
Le deuxième, c'est la partie descriptive-narrative. Je songe notamment à l'oeil de Iffig et ses rotations, absolument fameuses, mais d'autres aussi.

Je ne m'attendais pas à cette chute. Elle m'a dérangée, puis je l'ai relue, puis finalement elle va bien.

Il eut été dommage de ne pas l'écrire, celui-là !!

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: Chroniques Locales : la chapelle profanée   Dim 21 Fév 2010 - 22:50

Romane a écrit:
"Je sus" steup' (au lieu de "je su")
Ah, oui, merci Ro... Embarassed

Pour la chute, je ne l'avais pas vue comme ça non plus, en fait je ne l'avais pas vraiment vue jusqu'à ce qu'elle m'apparaisse comme une évidence, comme ça d'un coup, je me suis dis que c'était le meilleur endroit pour placer ce vécu, que c'était ça.
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Romane
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MessageSujet: Re: Chroniques Locales : la chapelle profanée   Lun 22 Fév 2010 - 1:01

Elle est un peu déconcertante, au premier abord, parce qu'on passe à des scènes absolument terre à terre à une scène plutôt spirituelle. C'est ce qui m'a le plus posé problème. Mais à la deuxième lecture, je m'y suis faite.

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MessageSujet: Re: Chroniques Locales : la chapelle profanée   Lun 22 Fév 2010 - 12:23

Oui, je vois ce que tu veux dire, c'est la transition peut-être qui pose problème, j'avais pensé approfondir plus dans l'entrevue avec tonton Gros pour la préparer, mais j'avais peur d'alourdir trop le personnage, si j'entre dans le détail avec lui pour cette histoire, je risque de m'égarer et de mettre une deuxième histoire dans la première. Je me disais aussi que cette histoire là est une suite des autres et que l'on devrait être un peu dans l'ambiance ambivalente des chroniques locales, mélange de terre à terre et de spirituel, ce qui est toujours un peu délicat à accomplir et que je n'ai peut-être pas réussit, je vais réfléchir à ce que tu me dis et voir si je peux arranger...
Merci de ton passage RO... chinois
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Alizé

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MessageSujet: Re: Chroniques Locales : la chapelle profanée   Lun 22 Fév 2010 - 13:08

Les chapelles ont la vie dure.
Dans la campagne près de mon village il y a une petite chapelle. J'aimais ce lieu d'où se dégageait une impression de calme qui étrangement pouvait mettre mal à l'aise certaines personnes. Il y a quelques années cette chapelle a été incendiée ; acte gratuit, démarche satanique, jeunes en mal d'impressions fortes ? Nous n'avons jamais trouvé les responsables.

J'aime bien la fin de ton histoire, je m'y retrouve. Le problème est que rien ne l'annonce. Le narrateur semble bien proche des personnages du récit, à un moment il faudrait peut-être laisser deviner son questionnement.
Des chroniques qui se lisent avec plaisir, les dialogues sont criants de vérité, une ambiance palpable.


Dernière édition par Alizé le Lun 22 Fév 2010 - 13:36, édité 1 fois
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kate100fin
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MessageSujet: Re: Chroniques Locales : la chapelle profanée   Lun 22 Fév 2010 - 13:12

Merci Alizé...
Je vous remercie de vos commentaires, je dois retravailler cette transition elle te dérange aussi, je vais tacher d'y remédier...
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MessageSujet: Re: Chroniques Locales : la chapelle profanée   Ven 26 Fév 2010 - 19:06

Voilà, j'ai refait la dernière partie...si vous avez 5mn vous me direz si cela convient mieux à la compréhension....
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Romane
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MessageSujet: Re: Chroniques Locales : la chapelle profanée   Ven 26 Fév 2010 - 19:39

Pour moi, il n'y avait pas d'incompréhension non plus lors de la première version. Juste la surprise de passer d'une atmosphère plutôt ordinaire, terre à terre, à une atmosphère spirituelle totalement inattendue.
Donc ta nouvelle fin ne change rien sur le plan de la compréhension, toujours à mon avis. Juste que tu la formules autrement, les deux versions se valant à mon sens.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: Chroniques Locales : la chapelle profanée   Ven 26 Fév 2010 - 19:41

Ah Bon, d'accord Ro, juste que j'ai pas gardé la première du coup, alors je la laisse comme ça, ça va quand même ?
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Romane
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MessageSujet: Re: Chroniques Locales : la chapelle profanée   Ven 26 Fév 2010 - 19:45

Oui, ça va très bien, puisque tu es dans le ton de ce que tu voulais dire pour la chute, et que ce virage d'atmosphère est parfaitement rendu.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: Chroniques Locales : la chapelle profanée   Ven 26 Fév 2010 - 20:08

Ah Ok super, merci Ro, pour ton suivi... AngeR chinois
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Romane
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MessageSujet: Re: Chroniques Locales : la chapelle profanée   Ven 26 Fév 2010 - 20:19

de rien, ma belle !

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MessageSujet: Re: Chroniques Locales : la chapelle profanée   Ven 26 Fév 2010 - 20:36

Je viens de lire la fin de ta nouvelle ; elle me plaît bien ainsi. Mais il est vrai que connaisant l'histoire il n'y a plus de surprise.
Elle me plaît bien cette fin (je me répète).
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kate100fin
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MessageSujet: Re: Chroniques Locales : la chapelle profanée   Ven 26 Fév 2010 - 21:11

Merci Alizé, ça me fait plaisir d'avoir vos avis, et si en plus ça vous plaît !
J'aimerais bien un jour faire un livre de ces histoires, alors, tous les retours sont bienvenus...
chinois tchin
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Vilain
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MessageSujet: Re: Chroniques Locales : la chapelle profanée   Ven 26 Fév 2010 - 21:21

Moi, je fais jamais de retour......Allez! AngeR
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Alizé

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MessageSujet: Re: Chroniques Locales : la chapelle profanée   Ven 26 Fév 2010 - 21:27

J'espère que tu concrétiseras cette idée, que tu avances nouvelle après nouvelle.
Tu excelles vraiment dans l'art de révéler le spirituel présent dans le quotidien de la vie rurale.
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Romane
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MessageSujet: Re: Chroniques Locales : la chapelle profanée   Ven 26 Fév 2010 - 21:44

Hé hé ! Un p'tit bouquin écrit par la main de Kate complèterait pas mal la bibli des amis du Net !

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: Chroniques Locales : la chapelle profanée   Ven 26 Fév 2010 - 22:50

Merci pour vos encouragements, j'espère bien y arriver, pis je vous ferais une dédicace spéciale, bon, d'ici quelques temps, mois, années ? Boh, pis on verra bien hein ! Mais je vous oublierais pas... Rêve
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gérard hocquet

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MessageSujet: Re: Chroniques Locales : la chapelle profanée   Mar 14 Sep 2010 - 11:40

je viens de faire un tour. Ca sent bien bon la Bretagne profonde. Avec une recherche d'originalité dans les descriptions et une vérité de langage dans les dialogues.
Un détail technique : les gendarmes ne sont pas toujours deux ?
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kate100fin
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MessageSujet: Re: Chroniques Locales : la chapelle profanée   Mar 14 Sep 2010 - 12:01

Oui, la plupart du temps Gé, mais par chez nous, ça leur arrive de n'être qu'un ( ils se partagent la tournée des bistrots !)

Merci pour ta lecture et tes commentaires, c'est toujours bien d'avoir un retour de ce que l'on fait... chinois
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