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 La mort.

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thierry

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Date d'inscription : 28/10/2009

MessageSujet: La mort.   Lun 8 Mar 2010 - 0:13

La mort.

De quoi devrions-nous nous plaindre ?

Ce qui nous effraie le plus fait en sorte que lorsqu’elle sera là, nous n’y serons plus.

Fantastique création.

Imaginons un instant que nous découvrions la mort tout en restant vivant. Là, on pourrait se plaindre. Ca serait par exemple la putréfaction de notre corps mais sans que nous ayons été privés de notre conscience. Là, effectivement, on aurait de quoi gémir. Mourir de son vivant. Plus aucun mouvement, aucun battement cardiaque, rien, le sang figé, la peau glacée, rigidité du cadavre.

Mais en totale conscience. Durant un temps infini.



La création s’est arrangée pour nous épargner ça. Et nous parvenons encore à lui reprocher la sentence finale. Incroyable mésestime.


Nous sommes là. Puis nous n’y sommes plus. L’espace et la durée entre les deux peuvent bien entendu être diversement éprouvés. C’est là que se trouvent les difficultés. Pas dans le basculement lui-même.


D’ailleurs, étrangement, nous ne sommes pas angoissés de ce que nous étions avant notre naissance. Quel était mon visage avant la naissance de mes parents ?

Absurde ? En quoi serait-ce plus absurde que cette angoisse du « néant » que nous imaginons après la mort ? Est-ce qu’avant ma naissance j’étais mort ? Où étais-je ? Nulle part ? Il n’y avait rien de moi ? Des éléments séparés dans les corps de mes parents ? Rien d’autre ? Vraiment ? Qui en est certain ? Les mêmes qui disent qu’après la mort il n’y a rien ? Ou un Paradis ? Ou une réincarnation ? Ou un enfer ? Des chromosomes, uniquement ça ? D’où vient l’énergie qui les anime ?


Rien, il n’y a rien d’autre que le néant de notre « inconnaissance. »

Et à chaque réponse, à chaque avancée, s’agrandit proportionnellement la distance à parcourir.

De quoi devrions-nous nous plaindre ? Il reste tellement de chemin à faire. Rien n’est plus déstabilisant, voire déprimant, qu’un voyage achevé. Celui-là, nous n’en connaissons pas la fin. Nous savons uniquement qu’à un moment il se passe quelque chose de totalement nouveau.


Quelque soit la direction que prend notre imagination, ça n’est toujours qu’une excroissance de notre mental et de tous les a priori, les conditionnements, les cultures, les histoires, les religions, les éducations que nous transportons.

Il n’y a rien de réel. Ni, pour avant ma naissance, ni, pour après ma mort.


Et là, maintenant, qu’y a-t-il de réel ? Tiens, c’est vrai que la question peut paraître absurde elle aussi.

Moi. Je suis réel. C’est indéniable. D’ailleurs si je mourrais je ne serais plus là, c’est donc que je suis réel. Ah, mais non, ça ne tient pas ça étant donné que je ne sais pas ce que je serai après la mort. Je ne peux donc pas me convaincre d’être réel en usant de l’image que j’ai de la mort. Imaginons qu’après la mort je sois dans un état de conscience beaucoup plus profond que celui de mon « vivant ». J’aurais l’air malin d’avoir affirmé que j’étais réel en étant vivant…Ca n’est peut-être ici qu’une antichambre de la conscience, une certaine forme d’hallucination collective dont la mort est la sortie. C’est ensuite que s’ouvre le monde réel.

Oui, mais tout ça n’est encore une fois qu’un amalgame d’hypothèses, un jeu intellectuel, une rhétorique qui me détourne de l’objectif.


Puisque je ne connais pas la réalité de la mort, je ne peux pas en user pour me convaincre que je suis vivant. Ni encore moins réel.

Je ne peux pas me faire une idée du blanc sans avoir éprouvé le noir de la nuit.



Cet espace et ce temps de vie ne pourraient-ils donc n’être qu’une irréalité partagée et la mort l’apparition de la réalité dans un espace d’éternité ?


Et voilà, c’est reparti… Des questions, des questions…


Mais puisque je m’interroge, il faut bien qu’il y ait en moi une réalité capable d’éprouver cette éventuelle irréalité. Est-il possible que je sois suffisamment manipulateur envers moi-même pour aller me prouver que j’existe réellement en m’interrogeant sur ma propre réalité ? Conscience auto réfléchie. Ah, oui, la fameuse théorie de Descartes.

Je pense donc je suis.

Je panse et je m’essuie. Au fil de mes souffrances, de mes blessures, de mes traumatismes. Le sang coule et les idées sombrent. Tout ça est bien réel. Je ne peux pas en douter. Ah, mais si justement, il a dit que je dois douter de tout. C’est la preuve que je pense et donc que je suis. Mais si j’en viens à douter que je pense…Que se passe-t-il ? Cela signifie-t-il que je ne suis pas puisque je ne pense pas malgré que je doute ? Mais qu’en est-il du doute ? Il s’agit bien d’une pensée pourtant. Tout ça est bien réel.

Sauf que je ne sais toujours pas si cette vie est bien réelle étant donné que je ne peux pas la comparer à sa finitude à travers l’idée de la mort. Tout ça n’est donc pas plus réel que la mort. Il n’y a rien de réel, sinon les certitudes que je me fabrique. Certitudes sur la mort et par balancier certitudes sur la vie. Juste des pensées pour me prouver que j’existe. Ouah, trop fort le gars !


Quelle mascarade !

Tiens, c’est peut-être ça la réalité.

L’éclat de rire.
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blue note

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MessageSujet: Re: La mort.   Lun 8 Mar 2010 - 0:24

Très intéressante réflexion.
La mort ne m'angoisse pas plus que cela. En effet, au moment où nous mourrons, plus rien n'existe, ou au contraire, le plus exaltant existe. Donc pourquoi s'en préoccuper ?
Le moins drôle, c'est sans doute la vieillesse qui avance, la perte de l'autonomie, la maladie, en fait ce qui peut survenir avant la mort.
Qui a dit déjà : "je veux mourir en bonne santé " ?
Effectivement, je préférerais mourir en pleine possession de mes moyens, rapidement, sans souffrances, pourquoi pas dans mon sommeil (encore que...) mais on ne choisit pas forcément, n'est-ce pas ?
Je refuse catégoriquement d'être enterrée, donc incinération pour moi.
Et après avoir vu mourir des gens très chers à l'hôpital, s'il m'arrive un énorme pépin de santé, je pense que j'irai mourir ailleurs, dans un bel endroit, plutôt que dans une atmosphère aussi débilitante et angoissante.
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MessageSujet: Re: La mort.   Lun 23 Avr 2012 - 16:00

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Vilain
Nain de Jourdain
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Date d'inscription : 20/02/2004

MessageSujet: Re: La mort.   Lun 23 Avr 2012 - 19:53

blue note a écrit:
Très intéressante réflexion.
La mort ne m'angoisse pas plus que cela. En effet, au moment où nous mourrons, plus rien n'existe, ou au contraire, le plus exaltant existe. Donc pourquoi s'en préoccuper ?
Le moins drôle, c'est sans doute la vieillesse qui avance, la perte de l'autonomie, la maladie, en fait ce qui peut survenir avant la mort.
Qui a dit déjà : "je veux mourir en bonne santé " ?
Effectivement, je préférerais mourir en pleine possession de mes moyens, rapidement, sans souffrances, pourquoi pas dans mon sommeil (encore que...) mais on ne choisit pas forcément, n'est-ce pas ?
Je refuse catégoriquement d'être enterrée, donc incinération pour moi.
Et après avoir vu mourir des gens très chers à l'hôpital, s'il m'arrive un énorme pépin de santé, je pense que j'irai mourir ailleurs, dans un bel endroit, plutôt que dans une atmosphère aussi débilitante et angoissante.


Tu dis exactement ce que je pense.... bisou
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Vivor
Scribouilleur infernal
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MessageSujet: Re: La mort.   Mar 24 Avr 2012 - 11:44

Pour moi, ma conviction est faite, la mort est une illusion, elle n'existe pas, elle n'a jamais existé, ce sont les hommes qui l'ont inventée. Notre corps qui se putréfie ? Et alors ? Pulvis es et in pulverem reverteris. Le corps est une enveloppe passagère qui ira nourrir la terre dans lequel nos descendants cultiveront des tomates bien juteuses. Pour le reste, je crois tant en la Vie que l'idée de la mort m'est presque absurde. Que savons-nous des modalités, si l'on peut parler ainsi, de notre passage ici-bas ? Pourquoi et à quelles fins sommes-nous sur terre ? Et bien, je vous dirai ceci, fruit non de mes réflexions, car cette discipline ne ressortit pas à l'activité de la cervelle, mais de mon intuition : pour rendre à la matière la dimension sacrée qu'elle a perdue, ce qui est d'ailleurs l'allégorie du mythe d'Adam. Et comment faire, me direz-vous ? C'est simple : en apprenant, en accomplissant sa tâche avec ferveur et humilité, et surtout en aimant les autres, en leur tendant la main, en protégeant les faibles, les démunis, la nature, les animaux, en s'émerveillant, et en ne fondant rien de durable dans un monde qui ne l'est pas, ce qui implique le renoncement aux richesses.
Allez donc faire passer ce message aux gens de la Goldman Sachs mdr
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Romane
Administrateur
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Localisation : Kilomètre zéro
Date d'inscription : 01/09/2004

MessageSujet: Re: La mort.   Mar 24 Avr 2012 - 12:21

En prenant un peu de bouteille, le corps donne ses premiers signes de faiblesse (mais dès la naissance n'en donne-t-il pas ?), pendant que l'esprit bouillonne de plus en plus. Le plus difficile dans cette histoire de mort est peut-être la crainte des diminutions physiques empêchant des actions dont l'esprit rêve au fur et à mesure où son cheminement se corse. Et puis l'idée de ne pas pouvoir réaliser tout ce qu'on a en tête. Mais aurait-on jamais fini d'élaborer et de projeter, si l'on pouvait vivre sept siècles ?

Je crois qu'autrefois, lorsque les familles étaient directement confrontées au spectacle de la mort, elles étaient beaucoup plus sages dans leur conception vie-mort, plus humbles devant l'inéductable, même si la perspective d'une souffrance reste un fantasme cauchemardé pour beaucoup.

Maintenant, il doit être bien rare de pouvoir se recueillir autour d'un mort, dans les villes. Un petit tour à la morgue, une cérémonie pas forcément chaleureuse comme celles des campagnes où les gens se réunissent et forment un choeur autour du défunt, et hop, l'affaire est dans le sac. C'est traumatisant, je trouve, ce dénuement autour de la mort dans les grandes villes.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Bonjour, je suis Romane, alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane."
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filo

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MessageSujet: Re: La mort.   Mar 24 Avr 2012 - 16:20

"The Boundaries which divide life from death are at best shadowy and vague. Who shall say where the one ends, and where the other begins?" - Edgar Allan Poe
(Les limites du passage de la vie à la mort sont les plus obscures et mystérieuses. Qui pourrait dire où se termine l'une et où commence l'autre ?)

Les limites entre la vie et la mort, par l'artiste Saskia Kretzschmann

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
L'art est parfois un sale boulot, mais il faut bien que quelqu'un le fasse
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