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 On quitte un à un la vie - Jean Ferrat

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Scapinocchio de la Mancha



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MessageSujet: On quitte un à un la vie - Jean Ferrat   Sam 13 Mar 2010 - 18:05

Ils quittent un à un le pays
Pour s'en aller gagner leur vie
Loin de la terre où ils sont nés
Depuis longtemps ils en rêvaient
De la ville et de ses secrets
Du formica et du ciné
Les vieux ça n'était pas original
Quand ils s'essuyaient machinal
D'un revers de manche les lèvres
Mais ils savaient tous à propos
Tuer la caille ou le perdreau
Et manger la tomme de chèvre

Pourtant que la montagne est belle
Comment peut-on s'imaginer
En voyant un vol d'hirondelles
Que l'automne vient d'arriver ?

Avec leurs mains dessus leurs têtes
Ils avaient monté des murettes
Jusqu'au sommet de la colline
Qu'importent les jours les années
Ils avaient tous l'âme bien née
Noueuse comme un pied de vigne
Les vignes elles courent dans la forêt
Le vin ne sera plus tiré
C'était une horrible piquette
Mais il faisait des centenaires
A ne plus que savoir en faire
S'il ne vous tournait pas la tête

Pourtant que la montagne est belle
Comment peut-on s'imaginer
En voyant un vol d'hirondelles
Que l'automne vient d'arriver ?

Deux chèvres et puis quelques moutons
Une année bonne et l'autre non
Et sans vacances et sans sorties
Les filles veulent aller au bal
Il n'y a rien de plus normal
Que de vouloir vivre sa vie
Leur vie ils seront flics ou fonctionnaires
De quoi attendre sans s'en faire
Que l'heure de la retraite sonne
Il faut savoir ce que l'on aime
Et rentrer dans son H.L.M.
Manger du poulet aux hormones

Pourtant que la montagne est belle
Comment peut-on s'imaginer
En voyant un vol d'hirondelles
Que l'automne vient d'arriver ?

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
Imprimé par nos soins. Ne pas jeter sur la voie publique.
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Rosacée



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MessageSujet: Re: On quitte un à un la vie - Jean Ferrat   Sam 13 Mar 2010 - 18:21

C'est un sacré coup de blues qui me touche...
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lucarne



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MessageSujet: Re: On quitte un à un la vie - Jean Ferrat   Sam 13 Mar 2010 - 18:34

Je ne suivais pas sa carrière, mais je me souviens de la voix qui a bouleversé à jamais mon enfance : http://www.youtube.com/watch?v=RvN_YWRiN8k
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Vilain
Don Juanito


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MessageSujet: Re: On quitte un à un la vie - Jean Ferrat   Sam 13 Mar 2010 - 18:51

J'ai vraiment de la peine... Sad
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Sbreccia



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MessageSujet: Re: On quitte un à un la vie - Jean Ferrat   Sam 13 Mar 2010 - 19:02

Un homme sincère...
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Romane
Administrateur


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MessageSujet: Re: On quitte un à un la vie - Jean Ferrat   Sam 13 Mar 2010 - 19:10

Oh ! Une chape de tristesse, tout à coup...

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Il ne suffit pas de dire. Encore faut-il prouver."
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
http://lessouffleursdereve.jimdo.com/
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Tryskel



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MessageSujet: Re: On quitte un à un la vie - Jean Ferrat   Sam 13 Mar 2010 - 19:27

Sad Sad Sad
Je viens de l'apprendre, j'ai beaucoup de peine...
Le dernier grand s'en est allé!
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blue note



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MessageSujet: Re: On quitte un à un la vie - Jean Ferrat   Sam 13 Mar 2010 - 23:18

Pfff, dégoûtée. Il reste cette voix, éternelle.
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Vilain
Don Juanito


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MessageSujet: Re: On quitte un à un la vie - Jean Ferrat   Dim 14 Mar 2010 - 19:32

Tu aurais pu vivre
by Jean Ferrat




Tu aurais pu vivre encore un peu
Pour notre bonheur pour notre lumière
Avec ton sourire avec tes yeux clairs
Ton esprit ouvert ton air généreux

Tu aurais pu vivre encore un peu
Mon fidèle ami mon copain mon frère
Au lieu de partir tout seul en croisière
Et de nous laisser comme chiens galeux

Tu aurais pu vivre encore un peu

T'aurais pu rêver encore un peu
Te laisser bercer près de la rivière
Par le chant de l'eau courant sur les pierres
Quand des quatre fers l'été faisait feu

T'aurais pu rêver encore un peu
Sous mon châtaignier à l'ombre légère
Laisser doucement le temps se défaire
Et la nuit tomber sur la vallée bleue

T'aurais pu rêver encore un peu

Tu aurais pu jouer encore un peu
Au lieu de lâcher tes boules peuchère
Aujourd'hui sans toi comment va-t-on faire
Dans notre triplette on n'est plus que deux

Tu aurais pu jouer encore un peu
Ne pas t'en aller sans qu'on ait pu faire
A ces rigolos mordre la poussière
Avec un enjeu du tonnerre de Dieu

Tu aurais pu jouer encore un peu

On aurait pu rire encore un peu
Avec les amis des soirées entières
Sur notre terrasse aux roses trémières
Parfumée d'amour d'histoires et de jeux

On aurait pu rire encore un peu
Et dans la beauté des choses éphémères
Caresser nos femmes et lever nos verres
Sans s'apercevoir qu'on était heureux

On aurait pu rire encore un peu

Tu aurais pu vivre encore un peu
Ne pas m'imposer d'écrire ces vers
Toi qui savais bien mon ami si cher
A quel point souvent je suis paresseux

Tu aurais pu vivre encore un peu
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Vilain
Don Juanito


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MessageSujet: Re: On quitte un à un la vie - Jean Ferrat   Dim 14 Mar 2010 - 19:38

Je savais pas que j'aurais autant de peine......
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Vilain
Don Juanito


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MessageSujet: Re: On quitte un à un la vie - Jean Ferrat   Dim 14 Mar 2010 - 21:38

http://www.deezer.com/fr/#music/jean-ferrat/1991-dans-la-jungle-ou-dans-le-zoo-250130


C'est ça l'espoir.....
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Vilain
Don Juanito


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MessageSujet: Alors quand on parle de poésie   Lun 15 Mar 2010 - 1:11

Voila...Ferrat a chanté ça..;c'est jute un poème d'Aragon...;Pour moi c'est juste ( mais aussi "toute") la vie d'un homme qui a cru a un "indéal"...et quoi de mieux qu'un "idéal" pour croire en la vie....



Epilogue

La vie aura passé comme un grand château triste que tous les vents traversent
Les courants d'air claquent les portes et pourtant aucune chambre n'est fermée
Il s'y assied des inconnus pauvres et las qui sait pourquoi certains armés
Les herbes ont poussé dans les fossés si bien qu'on n'en peut plus baisser la herse

Quand j'étais jeune on me racontait que bientôt viendrait la victoire des anges
Ah comme j'y ai cru comme j'y ai cru puis voilà que je suis devenu vieux
Le temps des jeunes gens leur est une mèche toujours retombant dans les yeux
Et ce qu'il en reste aux vieillards est trop lourd et trop court que pour eux le vent change

J'écrirai ces vers à bras grands ouverts qu'on sente mon cœur quatre fois y battre
Quitte à en mourir je dépasserai ma gorge et ma voix mon souffle et mon chant
Je suis le faucheur ivre de faucher qu'on voit dévaster sa vie et son champ
Et tout haletant du temps qu'il y perd qui bat et rebat sa faux comme plâtre

Je vois tout ce que vous avez devant vous de malheur de sang de lassitude
Vous n'aurez rien appris de nos illusions rien de nos faux pas compris
Nous ne vous aurons à rien servi vous devrez à votre tour payer le prix
Je vois se plier votre épaule A votre front je vois le pli des habitudes

Bien sûr bien sûr vous me direz que c'est toujours comme cela mais justement
Songez à tous ceux qui mirent leurs doigts vivants leurs mains de chair dans l'engrenage
Pour que cela change et songez à ceux qui ne discutaient même pas leur cage
Est-ce qu'on peut avoir le droit au désespoir le droit de s'arrêter un moment

J'écrirai ces vers à bras grands ouverts qu'on sente mon cœur quatre fois y battre
Quitte à en mourir je dépasserai ma gorge et ma voix mon souffle et mon chant
Je suis le faucheur ivre de faucher qu'on voit dévaster sa vie et son champ
Et tout haletant du temps qu'il y perd qui bat et rebat sa faux comme plâtre

Songez qu'on n'arrête jamais de se battre et qu'avoir vaincu n'est trois fois rien
Et que tout est remis en cause du moment que l'homme de l'homme est comptable
Nous avons vu faire de grandes choses mais il y en eut d'épouvantables
Car il n'est pas toujours facile de savoir où est le mal où est le bien

Et vienne un jour quand vous aurez sur vous le soleil insensé de la victoire
Rappelez-vous que nous avons aussi connu cela que d'autres sont montés
Arracher le drapeau de servitude à l'Acropole et qu'on les a jetés
Eux et leur gloire encore haletants dans la fosse commune de l'histoire

J'écrirai ces vers à bras grands ouverts qu'on sente mon cœur quatre fois y battre
Quitte à en mourir je dépasserai ma gorge et ma voix mon souffle et mon chant
Je suis le faucheur ivre de faucher qu'on voit dévaster sa vie et son champ
Et tout haletant du temps qu'il y perd qui bat et rebat sa faux comme plâtre

Je ne dis pas cela pour démoraliser Il faut regarder le néant
En face pour savoir en triompher Le chant n'est pas moins beau quand il décline
Il faut savoir ailleurs l'entendre qui renaît comme l'écho dans les collines
Nous ne sommes pas seuls au monde à chanter et le drame est l'ensemble des chants

Le drame il faut savoir y tenir sa partie et même qu'une voix se taise
Sachez-le toujours le chœur profond reprend la phrase interrompue
Du moment que jusqu'au bout de lui-même Le chanteur a fait ce qu'il a pu
Qu'importe si chemin faisant vous allez m'abandonner comme une hypothèse

J'écrirai ces vers à bras grands ouverts qu'on sente mon cœur quatre fois y battre
Quitte à en mourir je dépasserai ma gorge et ma voix mon souffle et mon chant
Je suis le faucheur ivre de faucher qu'on voit dévaster sa vie et son champ
Et tout haletant du temps qu'il y perd qui bat et rebat sa faux comme plâtre
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Vilain
Don Juanito


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MessageSujet: La plus belle chanson d'Amour   Lun 15 Mar 2010 - 1:42

Je vous aime




Album: Jean Ferrat - Vol.1 (1999)




Pour ce rien cet impondérable
Qui fait qu'on croit à l'incroyable
Au premier regard échangé
Pour cet instant de trouble étrange
Où l'on entend rire les anges
Avant même de se toucher
Pour cette robe que l'on frôle
Ce châle quittant vos épaules
En haut des marches d'escalier

Je vous aime
Je vous aime

Pour la lampe déjà éteinte
Et la première de vos plaintes
La porte à peine refermée
Pour vos dessous qui s'éparpillent
Comme des grappes de jonquilles
Aux quatre coins du lit semés
Pour vos yeux de vague mourante
Et ce désir qui s'impatiente
Aux pointes de vos seins levés

Je vous aime
Je vous aime

Pour vos toisons de ronces douces
Qui me retiennent me repoussent
Quand mes lèvres vont s'y noyer
Pour vos paroles démesure
La source le chant la blessure
De votre corps écartelé
Pour vos reins de houle profonde
Pour ce plaisir qui vous inonde
En long sanglots inachevés

Je vous aime
Je vous aime
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Vilain
Don Juanito


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MessageSujet: Sarkosy lui a rendu homage....Mais   Lun 15 Mar 2010 - 1:57

Je ne suis qu'un cri

Je ne suis pas littérature
Je ne suis pas photographie
Ni décoration ni peinture
Ni traité de philosophie

Je ne suis pas ce qu'on murmure
Aux enfants de la bourgeoisie
Je ne suis pas saine lecture
Ni sirupeuse poésie

Je ne suis qu'un cri

Non je n'ai rien de littéraire
Je ne suis pas morceaux choisis
Je serais plutôt le contraire
De ce qu'on trouve en librairie

Je ne suis pas livre ou bréviaire
Ni baratin ni théorie
Qu'on range entre deux dictionnaires
Ou sur une table de nuit

Je ne suis qu'un cri

Je n'ai pas de fil à la patte
Je ne viens pas d'une écurie
Non je ne suis pas diplomate
Je n'ai ni drapeau ni patrie

Je ne suis pas rouge écarlate
Ni bleu ni blanc ni cramoisi
Je suis d'abord un cri pirate
De ces cris-là qu'on interdit

Je ne suis qu'un cri

Je ne suis pas cri de plaisance
Ni gueulante de comédie
Le cri qu'on pousse en apparence
Pour épater la compagnie

Moi si j'ai rompu le silence
C'est pour éviter l'asphyxie
Oui je suis un cri de défense
Un cri qu'on pousse à la folie

Je ne suis qu'un cri

Pardonnez si je vous dérange
Je voudrais être un autre bruit
Etre le cri de la mésange
N'être qu'un simple gazouillis

Tomber comme un flocon de neige
Etre le doux bruit de la pluie
Moi je suis un cri qu'on abrège
Je suis la détresse infinie

Je ne suis qu'un cri


Jean Ferrat








et ça aussi






Les cerisiers



J'ai souvent pensé c'est loin la vieillesse
Mais tout doucement la vieillesse vient
Petit à petit par délicatesse
Pour ne pas froisser le vieux musicien

Si je suis trompé par sa politesse
Si je crois parfois qu'elle est encor loin
Je voudrais surtout qu'avant m'apparaisse
Ce dont je rêvais quand j'étais gamin

Ah qu'il vienne au moins le temps des cerises
Avant de claquer sur mon tambourin
Avant que j'aie dû boucler mes valises
Et qu'on m'ait poussé dans le dernier train

Bien sûr on dira que c'est des sottises
Que mon utopie n'est plus de saison
Que d'autr' ont chanté le temps des cerises
Mais qu'ils ont depuis changé d'opinion

Moi si j'ai connu des années funestes
Et mes cerisiers des printemps pourris
Je n'ai pas voulu retourner ma veste
Ni me résigner comme un homme aigri

Ah qu'il vienne au moins le temps des cerises
Avant de claquer sur mon tambourin
Avant que j'aie dû boucler mes valises
Et qu'on m'ait poussé dans le dernier train

Tant que je pourrai traîner mes galoches
Je fredonnerai cette chanson-là
Que j'aimais déjà quand j'étais gavroche
Quand je traversais le temps des lilas

Que d'autres que moi chantent pour des prunes
Moi je resterai fidèle à l'esprit
Qu'on a vu paraître avec la Commune
Et qui souffle encore au cœur de Paris

Ah qu'il vienne au moins le temps des cerises
Avant de claquer sur mon tambourin
Avant que j'aie dû boucler mes valises
Et qu'on m'ait poussé dans le dernier train

jean Ferrat
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filo



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Localisation: Montpellier
Date d'inscription: 02/04/2007

MessageSujet: Re: On quitte un à un la vie - Jean Ferrat   Lun 15 Mar 2010 - 4:48

Pourquoi ne pas regrouper tous tes posts sur Ferrat en un fil ?
Parce que je te sens bien parti, là !

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
L'art est un sale boulot, mais il faut bien que quelqu'un le fasse
>>>> http://filosphere.com <<<<
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http://filosphere.com
 

On quitte un à un la vie - Jean Ferrat

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