Forums Liens Utiles


 
AccueilAccueil  FAQFAQ  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 On quitte un à un la vie - Jean Ferrat

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Scapinocchio de la Mancha

avatar

Nombre de messages : 1708
Localisation : Gallardon
Date d'inscription : 21/10/2007

MessageSujet: On quitte un à un la vie - Jean Ferrat   Sam 13 Mar 2010 - 20:05

Ils quittent un à un le pays
Pour s'en aller gagner leur vie
Loin de la terre où ils sont nés
Depuis longtemps ils en rêvaient
De la ville et de ses secrets
Du formica et du ciné
Les vieux ça n'était pas original
Quand ils s'essuyaient machinal
D'un revers de manche les lèvres
Mais ils savaient tous à propos
Tuer la caille ou le perdreau
Et manger la tomme de chèvre

Pourtant que la montagne est belle
Comment peut-on s'imaginer
En voyant un vol d'hirondelles
Que l'automne vient d'arriver ?

Avec leurs mains dessus leurs têtes
Ils avaient monté des murettes
Jusqu'au sommet de la colline
Qu'importent les jours les années
Ils avaient tous l'âme bien née
Noueuse comme un pied de vigne
Les vignes elles courent dans la forêt
Le vin ne sera plus tiré
C'était une horrible piquette
Mais il faisait des centenaires
A ne plus que savoir en faire
S'il ne vous tournait pas la tête

Pourtant que la montagne est belle
Comment peut-on s'imaginer
En voyant un vol d'hirondelles
Que l'automne vient d'arriver ?

Deux chèvres et puis quelques moutons
Une année bonne et l'autre non
Et sans vacances et sans sorties
Les filles veulent aller au bal
Il n'y a rien de plus normal
Que de vouloir vivre sa vie
Leur vie ils seront flics ou fonctionnaires
De quoi attendre sans s'en faire
Que l'heure de la retraite sonne
Il faut savoir ce que l'on aime
Et rentrer dans son H.L.M.
Manger du poulet aux hormones

Pourtant que la montagne est belle
Comment peut-on s'imaginer
En voyant un vol d'hirondelles
Que l'automne vient d'arriver ?

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
Imprimé par nos soins. Ne pas jeter sur la voie publique.
Revenir en haut Aller en bas
Rosacée



Nombre de messages : 2122
Date d'inscription : 05/06/2009

MessageSujet: Re: On quitte un à un la vie - Jean Ferrat   Sam 13 Mar 2010 - 20:21

C'est un sacré coup de blues qui me touche...
Revenir en haut Aller en bas
lucarne



Nombre de messages : 5259
Age : 52
Localisation : Lyon
Date d'inscription : 29/01/2009

MessageSujet: Re: On quitte un à un la vie - Jean Ferrat   Sam 13 Mar 2010 - 20:34

Je ne suivais pas sa carrière, mais je me souviens de la voix qui a bouleversé à jamais mon enfance : http://www.youtube.com/watch?v=RvN_YWRiN8k
Revenir en haut Aller en bas
http://sisyphe-heureux.blogspot.com/
Vilain
Nain de Jourdain
avatar

Nombre de messages : 9160
Date d'inscription : 20/02/2004

MessageSujet: Re: On quitte un à un la vie - Jean Ferrat   Sam 13 Mar 2010 - 20:51

J'ai vraiment de la peine... Sad
Revenir en haut Aller en bas
Sbreccia



Nombre de messages : 5085
Date d'inscription : 04/08/2005

MessageSujet: Re: On quitte un à un la vie - Jean Ferrat   Sam 13 Mar 2010 - 21:02

Un homme sincère...
Revenir en haut Aller en bas
Romane
Administrateur
avatar

Nombre de messages : 91113
Age : 62
Localisation : Kilomètre zéro
Date d'inscription : 01/09/2004

MessageSujet: Re: On quitte un à un la vie - Jean Ferrat   Sam 13 Mar 2010 - 21:10

Oh ! Une chape de tristesse, tout à coup...

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Bonjour, je suis Romane, alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane."
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
http://lessouffleursdereve.jimdo.com/
Revenir en haut Aller en bas
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
Tryskel
Miserere mei
avatar

Nombre de messages : 9746
Age : 70
Localisation : A l'Ouest d'Avalon
Date d'inscription : 25/09/2007

MessageSujet: Re: On quitte un à un la vie - Jean Ferrat   Sam 13 Mar 2010 - 21:27

Sad Sad Sad
Je viens de l'apprendre, j'ai beaucoup de peine...
Le dernier grand s'en est allé!
Revenir en haut Aller en bas
blue note

avatar

Nombre de messages : 8002
Age : 54
Localisation : Paris
Date d'inscription : 20/09/2009

MessageSujet: Re: On quitte un à un la vie - Jean Ferrat   Dim 14 Mar 2010 - 1:18

Pfff, dégoûtée. Il reste cette voix, éternelle.
Revenir en haut Aller en bas
http://eaux-douces.bloxode.com
Vilain
Nain de Jourdain
avatar

Nombre de messages : 9160
Date d'inscription : 20/02/2004

MessageSujet: Re: On quitte un à un la vie - Jean Ferrat   Dim 14 Mar 2010 - 21:32

Tu aurais pu vivre
by Jean Ferrat




Tu aurais pu vivre encore un peu
Pour notre bonheur pour notre lumière
Avec ton sourire avec tes yeux clairs
Ton esprit ouvert ton air généreux

Tu aurais pu vivre encore un peu
Mon fidèle ami mon copain mon frère
Au lieu de partir tout seul en croisière
Et de nous laisser comme chiens galeux

Tu aurais pu vivre encore un peu

T'aurais pu rêver encore un peu
Te laisser bercer près de la rivière
Par le chant de l'eau courant sur les pierres
Quand des quatre fers l'été faisait feu

T'aurais pu rêver encore un peu
Sous mon châtaignier à l'ombre légère
Laisser doucement le temps se défaire
Et la nuit tomber sur la vallée bleue

T'aurais pu rêver encore un peu

Tu aurais pu jouer encore un peu
Au lieu de lâcher tes boules peuchère
Aujourd'hui sans toi comment va-t-on faire
Dans notre triplette on n'est plus que deux

Tu aurais pu jouer encore un peu
Ne pas t'en aller sans qu'on ait pu faire
A ces rigolos mordre la poussière
Avec un enjeu du tonnerre de Dieu

Tu aurais pu jouer encore un peu

On aurait pu rire encore un peu
Avec les amis des soirées entières
Sur notre terrasse aux roses trémières
Parfumée d'amour d'histoires et de jeux

On aurait pu rire encore un peu
Et dans la beauté des choses éphémères
Caresser nos femmes et lever nos verres
Sans s'apercevoir qu'on était heureux

On aurait pu rire encore un peu

Tu aurais pu vivre encore un peu
Ne pas m'imposer d'écrire ces vers
Toi qui savais bien mon ami si cher
A quel point souvent je suis paresseux

Tu aurais pu vivre encore un peu
Revenir en haut Aller en bas
Vilain
Nain de Jourdain
avatar

Nombre de messages : 9160
Date d'inscription : 20/02/2004

MessageSujet: Re: On quitte un à un la vie - Jean Ferrat   Dim 14 Mar 2010 - 21:38

Je savais pas que j'aurais autant de peine......
Revenir en haut Aller en bas
Vilain
Nain de Jourdain
avatar

Nombre de messages : 9160
Date d'inscription : 20/02/2004

MessageSujet: Re: On quitte un à un la vie - Jean Ferrat   Dim 14 Mar 2010 - 23:38

Revenir en haut Aller en bas
Vilain
Nain de Jourdain
avatar

Nombre de messages : 9160
Date d'inscription : 20/02/2004

MessageSujet: Alors quand on parle de poésie   Lun 15 Mar 2010 - 3:11

Voila...Ferrat a chanté ça..;c'est jute un poème d'Aragon...;Pour moi c'est juste ( mais aussi "toute") la vie d'un homme qui a cru a un "indéal"...et quoi de mieux qu'un "idéal" pour croire en la vie....



Epilogue

La vie aura passé comme un grand château triste que tous les vents traversent
Les courants d'air claquent les portes et pourtant aucune chambre n'est fermée
Il s'y assied des inconnus pauvres et las qui sait pourquoi certains armés
Les herbes ont poussé dans les fossés si bien qu'on n'en peut plus baisser la herse

Quand j'étais jeune on me racontait que bientôt viendrait la victoire des anges
Ah comme j'y ai cru comme j'y ai cru puis voilà que je suis devenu vieux
Le temps des jeunes gens leur est une mèche toujours retombant dans les yeux
Et ce qu'il en reste aux vieillards est trop lourd et trop court que pour eux le vent change

J'écrirai ces vers à bras grands ouverts qu'on sente mon cœur quatre fois y battre
Quitte à en mourir je dépasserai ma gorge et ma voix mon souffle et mon chant
Je suis le faucheur ivre de faucher qu'on voit dévaster sa vie et son champ
Et tout haletant du temps qu'il y perd qui bat et rebat sa faux comme plâtre

Je vois tout ce que vous avez devant vous de malheur de sang de lassitude
Vous n'aurez rien appris de nos illusions rien de nos faux pas compris
Nous ne vous aurons à rien servi vous devrez à votre tour payer le prix
Je vois se plier votre épaule A votre front je vois le pli des habitudes

Bien sûr bien sûr vous me direz que c'est toujours comme cela mais justement
Songez à tous ceux qui mirent leurs doigts vivants leurs mains de chair dans l'engrenage
Pour que cela change et songez à ceux qui ne discutaient même pas leur cage
Est-ce qu'on peut avoir le droit au désespoir le droit de s'arrêter un moment

J'écrirai ces vers à bras grands ouverts qu'on sente mon cœur quatre fois y battre
Quitte à en mourir je dépasserai ma gorge et ma voix mon souffle et mon chant
Je suis le faucheur ivre de faucher qu'on voit dévaster sa vie et son champ
Et tout haletant du temps qu'il y perd qui bat et rebat sa faux comme plâtre

Songez qu'on n'arrête jamais de se battre et qu'avoir vaincu n'est trois fois rien
Et que tout est remis en cause du moment que l'homme de l'homme est comptable
Nous avons vu faire de grandes choses mais il y en eut d'épouvantables
Car il n'est pas toujours facile de savoir où est le mal où est le bien

Et vienne un jour quand vous aurez sur vous le soleil insensé de la victoire
Rappelez-vous que nous avons aussi connu cela que d'autres sont montés
Arracher le drapeau de servitude à l'Acropole et qu'on les a jetés
Eux et leur gloire encore haletants dans la fosse commune de l'histoire

J'écrirai ces vers à bras grands ouverts qu'on sente mon cœur quatre fois y battre
Quitte à en mourir je dépasserai ma gorge et ma voix mon souffle et mon chant
Je suis le faucheur ivre de faucher qu'on voit dévaster sa vie et son champ
Et tout haletant du temps qu'il y perd qui bat et rebat sa faux comme plâtre

Je ne dis pas cela pour démoraliser Il faut regarder le néant
En face pour savoir en triompher Le chant n'est pas moins beau quand il décline
Il faut savoir ailleurs l'entendre qui renaît comme l'écho dans les collines
Nous ne sommes pas seuls au monde à chanter et le drame est l'ensemble des chants

Le drame il faut savoir y tenir sa partie et même qu'une voix se taise
Sachez-le toujours le chœur profond reprend la phrase interrompue
Du moment que jusqu'au bout de lui-même Le chanteur a fait ce qu'il a pu
Qu'importe si chemin faisant vous allez m'abandonner comme une hypothèse

J'écrirai ces vers à bras grands ouverts qu'on sente mon cœur quatre fois y battre
Quitte à en mourir je dépasserai ma gorge et ma voix mon souffle et mon chant
Je suis le faucheur ivre de faucher qu'on voit dévaster sa vie et son champ
Et tout haletant du temps qu'il y perd qui bat et rebat sa faux comme plâtre
Revenir en haut Aller en bas
Vilain
Nain de Jourdain
avatar

Nombre de messages : 9160
Date d'inscription : 20/02/2004

MessageSujet: La plus belle chanson d'Amour   Lun 15 Mar 2010 - 3:42

Je vous aime




Album: Jean Ferrat - Vol.1 (1999)




Pour ce rien cet impondérable
Qui fait qu'on croit à l'incroyable
Au premier regard échangé
Pour cet instant de trouble étrange
Où l'on entend rire les anges
Avant même de se toucher
Pour cette robe que l'on frôle
Ce châle quittant vos épaules
En haut des marches d'escalier

Je vous aime
Je vous aime

Pour la lampe déjà éteinte
Et la première de vos plaintes
La porte à peine refermée
Pour vos dessous qui s'éparpillent
Comme des grappes de jonquilles
Aux quatre coins du lit semés
Pour vos yeux de vague mourante
Et ce désir qui s'impatiente
Aux pointes de vos seins levés

Je vous aime
Je vous aime

Pour vos toisons de ronces douces
Qui me retiennent me repoussent
Quand mes lèvres vont s'y noyer
Pour vos paroles démesure
La source le chant la blessure
De votre corps écartelé
Pour vos reins de houle profonde
Pour ce plaisir qui vous inonde
En long sanglots inachevés

Je vous aime
Je vous aime
Revenir en haut Aller en bas
Vilain
Nain de Jourdain
avatar

Nombre de messages : 9160
Date d'inscription : 20/02/2004

MessageSujet: Sarkosy lui a rendu homage....Mais   Lun 15 Mar 2010 - 3:57

Je ne suis qu'un cri

Je ne suis pas littérature
Je ne suis pas photographie
Ni décoration ni peinture
Ni traité de philosophie

Je ne suis pas ce qu'on murmure
Aux enfants de la bourgeoisie
Je ne suis pas saine lecture
Ni sirupeuse poésie

Je ne suis qu'un cri

Non je n'ai rien de littéraire
Je ne suis pas morceaux choisis
Je serais plutôt le contraire
De ce qu'on trouve en librairie

Je ne suis pas livre ou bréviaire
Ni baratin ni théorie
Qu'on range entre deux dictionnaires
Ou sur une table de nuit

Je ne suis qu'un cri

Je n'ai pas de fil à la patte
Je ne viens pas d'une écurie
Non je ne suis pas diplomate
Je n'ai ni drapeau ni patrie

Je ne suis pas rouge écarlate
Ni bleu ni blanc ni cramoisi
Je suis d'abord un cri pirate
De ces cris-là qu'on interdit

Je ne suis qu'un cri

Je ne suis pas cri de plaisance
Ni gueulante de comédie
Le cri qu'on pousse en apparence
Pour épater la compagnie

Moi si j'ai rompu le silence
C'est pour éviter l'asphyxie
Oui je suis un cri de défense
Un cri qu'on pousse à la folie

Je ne suis qu'un cri

Pardonnez si je vous dérange
Je voudrais être un autre bruit
Etre le cri de la mésange
N'être qu'un simple gazouillis

Tomber comme un flocon de neige
Etre le doux bruit de la pluie
Moi je suis un cri qu'on abrège
Je suis la détresse infinie

Je ne suis qu'un cri


Jean Ferrat








et ça aussi






Les cerisiers



J'ai souvent pensé c'est loin la vieillesse
Mais tout doucement la vieillesse vient
Petit à petit par délicatesse
Pour ne pas froisser le vieux musicien

Si je suis trompé par sa politesse
Si je crois parfois qu'elle est encor loin
Je voudrais surtout qu'avant m'apparaisse
Ce dont je rêvais quand j'étais gamin

Ah qu'il vienne au moins le temps des cerises
Avant de claquer sur mon tambourin
Avant que j'aie dû boucler mes valises
Et qu'on m'ait poussé dans le dernier train

Bien sûr on dira que c'est des sottises
Que mon utopie n'est plus de saison
Que d'autr' ont chanté le temps des cerises
Mais qu'ils ont depuis changé d'opinion

Moi si j'ai connu des années funestes
Et mes cerisiers des printemps pourris
Je n'ai pas voulu retourner ma veste
Ni me résigner comme un homme aigri

Ah qu'il vienne au moins le temps des cerises
Avant de claquer sur mon tambourin
Avant que j'aie dû boucler mes valises
Et qu'on m'ait poussé dans le dernier train

Tant que je pourrai traîner mes galoches
Je fredonnerai cette chanson-là
Que j'aimais déjà quand j'étais gavroche
Quand je traversais le temps des lilas

Que d'autres que moi chantent pour des prunes
Moi je resterai fidèle à l'esprit
Qu'on a vu paraître avec la Commune
Et qui souffle encore au cœur de Paris

Ah qu'il vienne au moins le temps des cerises
Avant de claquer sur mon tambourin
Avant que j'aie dû boucler mes valises
Et qu'on m'ait poussé dans le dernier train

jean Ferrat
Revenir en haut Aller en bas
filo

avatar

Nombre de messages : 8690
Age : 104
Localisation : Montpellier
Date d'inscription : 02/04/2007

MessageSujet: Re: On quitte un à un la vie - Jean Ferrat   Lun 15 Mar 2010 - 6:48

Pourquoi ne pas regrouper tous tes posts sur Ferrat en un fil ?
Parce que je te sens bien parti, là !

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
L'art est parfois un sale boulot, mais il faut bien que quelqu'un le fasse
Le site Filosphere ** Filographies : photo & design ** Ma musique récente ou inédite ** Musique de la Juste Parole
Revenir en haut Aller en bas
http://filosphere.com
francoisdalayrac

avatar

Nombre de messages : 2127
Age : 59
Localisation : Lille
Date d'inscription : 26/03/2007

MessageSujet: Re: On quitte un à un la vie - Jean Ferrat   Lun 15 Mar 2010 - 11:25

filo a écrit:
Pourquoi ne pas regrouper tous tes posts sur Ferrat en un fil ?
Parce que je te sens bien parti, là !

Ce n'est pas seulement Ferrat qui est parti. Quant à moi, c'est un peu de cette jeunesse qu'il a fait résonner de ses poèmes et de ceux d'Aragon.

François
Revenir en haut Aller en bas
Rosacée



Nombre de messages : 2122
Date d'inscription : 05/06/2009

MessageSujet: Re: On quitte un à un la vie - Jean Ferrat   Lun 15 Mar 2010 - 12:27

Les montagnes tout comme sa France ne seront plus jamais pareilles :

J'aime beaucoup celles-ci :






Mais on le l'oubliera pas...
Revenir en haut Aller en bas
Astérisque
"J'étais pas là"
avatar

Nombre de messages : 1549
Date d'inscription : 21/02/2008

MessageSujet: Re: On quitte un à un la vie - Jean Ferrat   Lun 15 Mar 2010 - 14:10

http://www.dailymotion.com/video/x9kha5_jean-ferrat-si-je-mourais-l%C3%A0-bas_music

Apollinaire sur cette voix si tendre... Pas de mots...

Mais impossible de me détacher de ceux-là ni de la mélodie tout au long de mon parcours de retour...

C'est comme pour tonton Georges et Nougaro... la famille du dedans... Chuuttt
Revenir en haut Aller en bas
Tryskel
Miserere mei
avatar

Nombre de messages : 9746
Age : 70
Localisation : A l'Ouest d'Avalon
Date d'inscription : 25/09/2007

MessageSujet: Re: On quitte un à un la vie - Jean Ferrat   Lun 15 Mar 2010 - 21:08

Pour ceux qui ont la TV:
20H35 sur FR3 "Hommage à Jean Ferrat"

En espérant qu'on verra et entendra Jean Ferrat et pas des gens qui viennent en causer!

"A travers des images d'archives et de nombreuses interviews données par l'artiste et ses amis proches, retour sur la carrière de Jean Ferrat, disparu le 13 mars 2010 à l'âge de 79 ans. Des séquences de magazines ponctuent cette émission spéciale, au cours desquelles on retrouve quelques-uns des plus grands titres de ce chanteur poète engagé, comme «Potemkine», «Nuit et Brouillard», «Aimer à perdre la raison», ou encore «La montagne», «C'est beau la vie» et «La femme est l'avenir de l'homme»."

Ben, j'ai vu et pas déçue, pour une fois, c'était rien que Jean Ferrat, Jean Ferrat qui parlait; pas beaucoup, il avait apparamment du mal à parler de lui, Jean qui chantait...
Un présentateur discret (si, ça existe) et efficace, disant juste ce qu'il fallait pour qu'on comprenne.
Et j'ai compris pourquoi son départ me touche aussi fort: c'était quelqu'un de proche, un mec comme les autres et tout simple, sauf que c'était un trés grand poète (même s'il dit le contraire), un grand chanteur qui a touché à plusieurs genres. Mais le mec avec qui on aurait pu prendre un pot en papotant de tout et de rien, refaisant juste un peu le monde comme dans son duo avec sa femme Christine Sèvre "la Matinée".
Ca m'a rappellé une discussion à propos de cette chanson, se comprennent-ils ou pas, on me souhaitenait non, je soutenais oui...
Celui qui m'a fait découvrir Aragon et surtout Frédérico Garcia Lorca, à la façon dont il le chante, je me suis dit que Frédérico valait la peine d'être lu, il la vaut!
http://www.musicme.com/Jean-Ferrat/albums/Vol.2-0042284365321.html?play=01

Ce soir France2 22H35, re hommage, je vais voir...


Dernière édition par Tryskel le Mar 16 Mar 2010 - 17:02, édité 3 fois
Revenir en haut Aller en bas
cathyhune



Nombre de messages : 178
Localisation : Isère
Date d'inscription : 19/02/2009

MessageSujet: Re: On quitte un à un la vie - Jean Ferrat   Mar 16 Mar 2010 - 16:50

Tryskel a écrit:
Pour ceux qui ont la TV:
20H35 sur FR3 "Hommage à Jean Ferrat"

En espérant qu'on verra et entendra Jean Ferrat et pas des gens qui viennent en causer!

"A travers des images d'archives et de nombreuses interviews données par l'artiste et ses amis proches, retour sur la carrière de Jean Ferrat, disparu le 13 mars 2010 à l'âge de 79 ans. Des séquences de magazines ponctuent cette émission spéciale, au cours desquelles on retrouve quelques-uns des plus grands titres de ce chanteur poète engagé, comme «Potemkine», «Nuit et Brouillard», «Aimer à perdre la raison», ou encore «La montagne», «C'est beau la vie» et «La femme est l'avenir de l'homme»."

J'ai vu cet hommage sur ferrat. Je l'ai regardé à partir de 21h25. Cela a été un très bel hommage avec des extraits d'interviews, de chansons.
Ferrat avait une voix chaude qui faisait vivre les mots magnifiques d'aragon et de tous les poèmes d'amour qu'il a chanté. Un grand artiste a disparu.
Revenir en haut Aller en bas
http://cathyhune.e-monsite.com
Tryskel
Miserere mei
avatar

Nombre de messages : 9746
Age : 70
Localisation : A l'Ouest d'Avalon
Date d'inscription : 25/09/2007

MessageSujet: Re: On quitte un à un la vie - Jean Ferrat   Mer 17 Mar 2010 - 14:38

Second hommage aussi digne que le premier.
Comme quoi la TV qui l'a rejeté sait de temps à autre rester sobre...

Ca ouvrait sur des images de l'enterrement, qu'il voulait sans cérémonie.
Je hais les enterrements, surtout quand c'est quelqu'un que j'aime qu'on enterre. je regardais cette bête boîte en bois en refusant d'admettre qu'il était dedans...

Ce matin, j'ai trouvé ça sur MSN: "Qui était Jean Ferrat"


http://www.bing.com/videos/search?q=jean+ferrat&FORM=MSNH3&mkt=fr-fr#
Revenir en haut Aller en bas
Scapinocchio de la Mancha

avatar

Nombre de messages : 1708
Localisation : Gallardon
Date d'inscription : 21/10/2007

MessageSujet: Re: On quitte un à un la vie - Jean Ferrat   Mer 17 Mar 2010 - 15:42

Merci

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
Imprimé par nos soins. Ne pas jeter sur la voie publique.
Revenir en haut Aller en bas
Tryskel
Miserere mei
avatar

Nombre de messages : 9746
Age : 70
Localisation : A l'Ouest d'Avalon
Date d'inscription : 25/09/2007

MessageSujet: Re: On quitte un à un la vie - Jean Ferrat   Jeu 18 Mar 2010 - 21:13

Revenir en haut Aller en bas
Tryskel
Miserere mei
avatar

Nombre de messages : 9746
Age : 70
Localisation : A l'Ouest d'Avalon
Date d'inscription : 25/09/2007

MessageSujet: Re: On quitte un à un la vie - Jean Ferrat   Mar 23 Mar 2010 - 18:15

Encore un hommage, c'était un grand mec tout simple, les hommages qu'on lui rend sont dépouillés et sobres.

Marianne2 23/03/10
Ses combats pour une vie meilleure, l’amour, la loyauté, ont toujours été les nôtres. Hommage à un ami.




Ce type que la France aime et chante, et qui ne renonce pas au partage, au refus des faiseurs.

Jean Ferrat est mort, et c’est une tristesse étonnante qui m’envahit, une tristesse qui ne fait pas l’économie d’une forme d’allégresse et d’espoir. Comme s’il m’avait tant chanté l’amour, les combats pour une vie meilleure, la politique, la loyauté et la mémoire aussi. « Je twisterais les mots s’il fallait les twister… » Au bout du compte, c’est comme une empreinte partagée avec tous ceux dont il était le plus proche, Francesca, Ernest, Daniel, Paco, Alain et les copains de la pétanque le soir sous les étoiles d’un ciel d’Ardèche de grande pureté.

C’est fou, j’ai 10 ans, la France se fiche pas mal de ses bagnards revenus des camps. Ils soliloquent dans les familles, c’est tout juste si leur enfer est crédible. 1963, en Allemagne, les nazis ont repris du service, les époux Klarsfeld se mettent en chasse, et Jean Ferrat n’en peut plus de ne pas rendre hommage à tous ceux qui n’en sont pas revenus, son père déporté à Auschwitz, mort là-bas. C’est une drôle d’époque, n’est-ce pas, la France se bouche les oreilles, l’ORTF est au garde-à-vous, elle ne veut pas entendre : « Mais qui donc est de taille à pouvoir m’arrêter, l’ombre s’est faite humaine, aujourd’hui c’est l’été… » Mais qu’importe, Ferrat se cale dans ma mémoire, je découvre, effaré, le numéro tatoué sur le poignet de mon grand-père, Dachau, Mauthausen, Loebl Pass. Je grimpe aussi parfois les escaliers de l’HLM à Nanterre pour vendre le journal, l’Humanité Dimanche, avec mon père. C’est toute une époque.

Plus tard, je découvre la poésie dans la collection de poche Gallimard. Aragon, Desnos, Apollinaire, et aussi les Seghers, cette poésie du Roman inachevé d’Aragon que Ferrat parvient à faire descendre dans la rue. Sa plus grande fierté, dit-il, sa seule mission. C’est fou, je me surprends souvent vingt, trente et quarante ans plus tard encore à fredonner l’amour dans les rues de Paris, et ailleurs. Je frime en chuchotant à l’oreille des fille : « Que serais-je sans toi qu’un cœur au bois dormant/Que cette heure arrêtée au cadran de la montre/Que serais-je sans toi que ce balbutiement. Aimer à perdre la raison/Aimer à n’en savoir que dire… » Et tout se fige en moi, les images font ciment, la voix de Ferrat se mêle à mes propres combats. C’est la France de la fin des années 70, qu’y faire ?

Me reviennent en mémoire les meetings les soirs d’hiver porte de la Villette, Alvaro Cunhal le Portugais, Berlinguer l’Italien, on dirait Pasolini à la tribune et la gauche victorieuse, enfin, une première depuis la Libération. On chante à la Bastille, mais aussi des années de déception, ta colère, Jean, et le désespoir de réaliser la barbarie qui se joue là-bas à l’Est. Et faut-il que les donneurs de leçons du camp d’en face – ces staliniens inversés, dirait joliment Guy Hocquenghem – lisent bien peu les livres et n’écoutent que d’une oreille distraite tes textes. Il suffit de chanter « Camarade, c’est un joli nom, tu sais, qui marie cerise et grenade… », mais aussi « Camarade, c’est un nom terrible, camarade, c’est un nom terrible à dire quand le temps d’une mascarade il ne fait plus que frémir ».

Mais qu’importe, Ferrat ne prend pas la porte à droite, jamais, et c’est bien ce qui les agace, ce type que la France aime et chante, et qui ne renonce pas au partage, au refus des faiseurs. Il en rigole, Ferrat, le soir au plus près des truites et des écrevisses de la Volane qui coule à ses pieds, il en rigole de ne pas avoir à se déplacer, 150 000 disques vendus par an, quelle liberté, quel joli bras d’honneur, et au bout du compte c’est peut-être ce goût du bonheur que la foule aperçoit quand tout se solde dans cette belle atmosphère de printemps d’hiver à Antraigues, mardi dernier, sous les coups de 15 heures en plein soleil, oui, ce goût du bonheur.

Je me souviens que Jean Ferrat n’aimait pas trop Georges Marchais, le bilan globalement positif, les couleuvres avalées. Décidément, il ne roulerait jamais pour ce socialisme de pacotille, c’est « ce goût du bonheur qui rend nos lèvres sèches », et que nous avons tant aimé, oui, « des lèvres d’Eluard s’envolent des colombes, ils n’en finissent pas, tes artistes prophètes, de dire qu’il est temps que le malheur succombe, ma France ». Et alors, comme un dernier clin d’œil, une dernière pichenette, voici la mort de Ferrat la veille des élections, une voix, de moins ou de plus, pour cette France qui l’aimait à corps perdu et qu’il aimait d’une manière éperdue, car le chagrin serait bien capable de serrer les rangs.

Je chante sur la place, un avion troue le ciel, on dirait le salut des oiseaux, puis je marche au soleil, je pose ma main sur le cercueil de bois clair, je regarde autour de moi, le chagrin et aussi le désir de transmettre l’espoir, le sourire dans le regard de Colette la femme aimée, le grand frère Pierre, les copains de bonne bouffe. Je m’éloigne, impossible de n’y pas penser, la phrase d’Aragon revient comme une légère amertume : « Comme il va vite entre les doigts passés le sable de jeunesse. » Miracle, je finis par ignorer l’absence de ceux qu’il combattait sans vraiment les haïr. Notre ministre de la Culture, lui, est à Dubaï… Je me marre, je bois des canons de blanc, de rouge, avec Francesca Solleville et toute sa bande. On est bien ensemble, la nuit est si fraîche et pure, tout paraît découpé comme un nouveau décor, les étoiles à bout touché. Oui, vivement dimanche, et c’est déjà comme une merveilleuse consolation ardéchoise.
C’est si peu de dire que nous t’aimions, Jean.



Pierre Louis Basse est journaliste et écrivain
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: On quitte un à un la vie - Jean Ferrat   

Revenir en haut Aller en bas
 
On quitte un à un la vie - Jean Ferrat
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» On quitte un à un la vie - Jean Ferrat
» Jean Ferrat - Que serais-je sans toi
» Jean Ferrat
» Nuit et Brouillard - Jean Ferrat
» ferrat

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Forums Liens Utiles :: Présentation & Débats :: Paroles et débats :: Coups de blues-
Sauter vers: