Nombre de messages: 1470 Localisation: Gallardon Date d'inscription: 21/10/2007
Sujet: On quitte un à un la vie - Jean Ferrat Sam 13 Mar 2010 - 18:05
Ils quittent un à un le pays Pour s'en aller gagner leur vie Loin de la terre où ils sont nés Depuis longtemps ils en rêvaient De la ville et de ses secrets Du formica et du ciné Les vieux ça n'était pas original Quand ils s'essuyaient machinal D'un revers de manche les lèvres Mais ils savaient tous à propos Tuer la caille ou le perdreau Et manger la tomme de chèvre
Pourtant que la montagne est belle Comment peut-on s'imaginer En voyant un vol d'hirondelles Que l'automne vient d'arriver ?
Avec leurs mains dessus leurs têtes Ils avaient monté des murettes Jusqu'au sommet de la colline Qu'importent les jours les années Ils avaient tous l'âme bien née Noueuse comme un pied de vigne Les vignes elles courent dans la forêt Le vin ne sera plus tiré C'était une horrible piquette Mais il faisait des centenaires A ne plus que savoir en faire S'il ne vous tournait pas la tête
Pourtant que la montagne est belle Comment peut-on s'imaginer En voyant un vol d'hirondelles Que l'automne vient d'arriver ?
Deux chèvres et puis quelques moutons Une année bonne et l'autre non Et sans vacances et sans sorties Les filles veulent aller au bal Il n'y a rien de plus normal Que de vouloir vivre sa vie Leur vie ils seront flics ou fonctionnaires De quoi attendre sans s'en faire Que l'heure de la retraite sonne Il faut savoir ce que l'on aime Et rentrer dans son H.L.M. Manger du poulet aux hormones
Pourtant que la montagne est belle Comment peut-on s'imaginer En voyant un vol d'hirondelles Que l'automne vient d'arriver ?
*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"* Imprimé par nos soins. Ne pas jeter sur la voie publique.
Rosacée
Nombre de messages: 2119 Date d'inscription: 05/06/2009
Sujet: Re: On quitte un à un la vie - Jean Ferrat Sam 13 Mar 2010 - 18:21
C'est un sacré coup de blues qui me touche...
lucarne
Nombre de messages: 5264 Age: 47 Localisation: Lyon Date d'inscription: 29/01/2009
Sujet: Re: On quitte un à un la vie - Jean Ferrat Sam 13 Mar 2010 - 18:34
Je ne suivais pas sa carrière, mais je me souviens de la voix qui a bouleversé à jamais mon enfance : http://www.youtube.com/watch?v=RvN_YWRiN8k
Vilain Don Juanito
Nombre de messages: 8775 Date d'inscription: 20/02/2004
Sujet: Re: On quitte un à un la vie - Jean Ferrat Sam 13 Mar 2010 - 18:51
J'ai vraiment de la peine...
Sbreccia
Nombre de messages: 5055 Date d'inscription: 04/08/2005
Sujet: Re: On quitte un à un la vie - Jean Ferrat Sam 13 Mar 2010 - 19:02
Un homme sincère...
Romane Administrateur
Nombre de messages: 82360 Age: 57 Localisation: Kilomètre zéro Date d'inscription: 01/09/2004
Sujet: Re: On quitte un à un la vie - Jean Ferrat Sam 13 Mar 2010 - 19:10
Oh ! Une chape de tristesse, tout à coup...
*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"* "Il ne suffit pas de dire. Encore faut-il prouver." http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html http://lessouffleursdereve.jimdo.com/
Tryskel
Nombre de messages: 5397 Age: 64 Localisation: Avalon Date d'inscription: 25/09/2007
Sujet: Re: On quitte un à un la vie - Jean Ferrat Sam 13 Mar 2010 - 19:27
Je viens de l'apprendre, j'ai beaucoup de peine... Le dernier grand s'en est allé!
blue note
Nombre de messages: 6082 Age: 48 Localisation: Paris Date d'inscription: 20/09/2009
Sujet: Re: On quitte un à un la vie - Jean Ferrat Sam 13 Mar 2010 - 23:18
Pfff, dégoûtée. Il reste cette voix, éternelle.
Vilain Don Juanito
Nombre de messages: 8775 Date d'inscription: 20/02/2004
Sujet: Re: On quitte un à un la vie - Jean Ferrat Dim 14 Mar 2010 - 19:32
Tu aurais pu vivre by Jean Ferrat
Tu aurais pu vivre encore un peu Pour notre bonheur pour notre lumière Avec ton sourire avec tes yeux clairs Ton esprit ouvert ton air généreux
Tu aurais pu vivre encore un peu Mon fidèle ami mon copain mon frère Au lieu de partir tout seul en croisière Et de nous laisser comme chiens galeux
Tu aurais pu vivre encore un peu
T'aurais pu rêver encore un peu Te laisser bercer près de la rivière Par le chant de l'eau courant sur les pierres Quand des quatre fers l'été faisait feu
T'aurais pu rêver encore un peu Sous mon châtaignier à l'ombre légère Laisser doucement le temps se défaire Et la nuit tomber sur la vallée bleue
T'aurais pu rêver encore un peu
Tu aurais pu jouer encore un peu Au lieu de lâcher tes boules peuchère Aujourd'hui sans toi comment va-t-on faire Dans notre triplette on n'est plus que deux
Tu aurais pu jouer encore un peu Ne pas t'en aller sans qu'on ait pu faire A ces rigolos mordre la poussière Avec un enjeu du tonnerre de Dieu
Tu aurais pu jouer encore un peu
On aurait pu rire encore un peu Avec les amis des soirées entières Sur notre terrasse aux roses trémières Parfumée d'amour d'histoires et de jeux
On aurait pu rire encore un peu Et dans la beauté des choses éphémères Caresser nos femmes et lever nos verres Sans s'apercevoir qu'on était heureux
On aurait pu rire encore un peu
Tu aurais pu vivre encore un peu Ne pas m'imposer d'écrire ces vers Toi qui savais bien mon ami si cher A quel point souvent je suis paresseux
Tu aurais pu vivre encore un peu
Vilain Don Juanito
Nombre de messages: 8775 Date d'inscription: 20/02/2004
Sujet: Re: On quitte un à un la vie - Jean Ferrat Dim 14 Mar 2010 - 19:38
Je savais pas que j'aurais autant de peine......
Vilain Don Juanito
Nombre de messages: 8775 Date d'inscription: 20/02/2004
Sujet: Re: On quitte un à un la vie - Jean Ferrat Dim 14 Mar 2010 - 21:38
Nombre de messages: 8775 Date d'inscription: 20/02/2004
Sujet: Alors quand on parle de poésie Lun 15 Mar 2010 - 1:11
Voila...Ferrat a chanté ça..;c'est jute un poème d'Aragon...;Pour moi c'est juste ( mais aussi "toute") la vie d'un homme qui a cru a un "indéal"...et quoi de mieux qu'un "idéal" pour croire en la vie....
Epilogue
La vie aura passé comme un grand château triste que tous les vents traversent Les courants d'air claquent les portes et pourtant aucune chambre n'est fermée Il s'y assied des inconnus pauvres et las qui sait pourquoi certains armés Les herbes ont poussé dans les fossés si bien qu'on n'en peut plus baisser la herse
Quand j'étais jeune on me racontait que bientôt viendrait la victoire des anges Ah comme j'y ai cru comme j'y ai cru puis voilà que je suis devenu vieux Le temps des jeunes gens leur est une mèche toujours retombant dans les yeux Et ce qu'il en reste aux vieillards est trop lourd et trop court que pour eux le vent change
J'écrirai ces vers à bras grands ouverts qu'on sente mon cœur quatre fois y battre Quitte à en mourir je dépasserai ma gorge et ma voix mon souffle et mon chant Je suis le faucheur ivre de faucher qu'on voit dévaster sa vie et son champ Et tout haletant du temps qu'il y perd qui bat et rebat sa faux comme plâtre
Je vois tout ce que vous avez devant vous de malheur de sang de lassitude Vous n'aurez rien appris de nos illusions rien de nos faux pas compris Nous ne vous aurons à rien servi vous devrez à votre tour payer le prix Je vois se plier votre épaule A votre front je vois le pli des habitudes
Bien sûr bien sûr vous me direz que c'est toujours comme cela mais justement Songez à tous ceux qui mirent leurs doigts vivants leurs mains de chair dans l'engrenage Pour que cela change et songez à ceux qui ne discutaient même pas leur cage Est-ce qu'on peut avoir le droit au désespoir le droit de s'arrêter un moment
J'écrirai ces vers à bras grands ouverts qu'on sente mon cœur quatre fois y battre Quitte à en mourir je dépasserai ma gorge et ma voix mon souffle et mon chant Je suis le faucheur ivre de faucher qu'on voit dévaster sa vie et son champ Et tout haletant du temps qu'il y perd qui bat et rebat sa faux comme plâtre
Songez qu'on n'arrête jamais de se battre et qu'avoir vaincu n'est trois fois rien Et que tout est remis en cause du moment que l'homme de l'homme est comptable Nous avons vu faire de grandes choses mais il y en eut d'épouvantables Car il n'est pas toujours facile de savoir où est le mal où est le bien
Et vienne un jour quand vous aurez sur vous le soleil insensé de la victoire Rappelez-vous que nous avons aussi connu cela que d'autres sont montés Arracher le drapeau de servitude à l'Acropole et qu'on les a jetés Eux et leur gloire encore haletants dans la fosse commune de l'histoire
J'écrirai ces vers à bras grands ouverts qu'on sente mon cœur quatre fois y battre Quitte à en mourir je dépasserai ma gorge et ma voix mon souffle et mon chant Je suis le faucheur ivre de faucher qu'on voit dévaster sa vie et son champ Et tout haletant du temps qu'il y perd qui bat et rebat sa faux comme plâtre
Je ne dis pas cela pour démoraliser Il faut regarder le néant En face pour savoir en triompher Le chant n'est pas moins beau quand il décline Il faut savoir ailleurs l'entendre qui renaît comme l'écho dans les collines Nous ne sommes pas seuls au monde à chanter et le drame est l'ensemble des chants
Le drame il faut savoir y tenir sa partie et même qu'une voix se taise Sachez-le toujours le chœur profond reprend la phrase interrompue Du moment que jusqu'au bout de lui-même Le chanteur a fait ce qu'il a pu Qu'importe si chemin faisant vous allez m'abandonner comme une hypothèse
J'écrirai ces vers à bras grands ouverts qu'on sente mon cœur quatre fois y battre Quitte à en mourir je dépasserai ma gorge et ma voix mon souffle et mon chant Je suis le faucheur ivre de faucher qu'on voit dévaster sa vie et son champ Et tout haletant du temps qu'il y perd qui bat et rebat sa faux comme plâtre
Vilain Don Juanito
Nombre de messages: 8775 Date d'inscription: 20/02/2004
Sujet: La plus belle chanson d'Amour Lun 15 Mar 2010 - 1:42
Je vous aime
Album: Jean Ferrat - Vol.1 (1999)
Pour ce rien cet impondérable Qui fait qu'on croit à l'incroyable Au premier regard échangé Pour cet instant de trouble étrange Où l'on entend rire les anges Avant même de se toucher Pour cette robe que l'on frôle Ce châle quittant vos épaules En haut des marches d'escalier
Je vous aime Je vous aime
Pour la lampe déjà éteinte Et la première de vos plaintes La porte à peine refermée Pour vos dessous qui s'éparpillent Comme des grappes de jonquilles Aux quatre coins du lit semés Pour vos yeux de vague mourante Et ce désir qui s'impatiente Aux pointes de vos seins levés
Je vous aime Je vous aime
Pour vos toisons de ronces douces Qui me retiennent me repoussent Quand mes lèvres vont s'y noyer Pour vos paroles démesure La source le chant la blessure De votre corps écartelé Pour vos reins de houle profonde Pour ce plaisir qui vous inonde En long sanglots inachevés
Je vous aime Je vous aime
Vilain Don Juanito
Nombre de messages: 8775 Date d'inscription: 20/02/2004
Sujet: Sarkosy lui a rendu homage....Mais Lun 15 Mar 2010 - 1:57
Je ne suis qu'un cri
Je ne suis pas littérature Je ne suis pas photographie Ni décoration ni peinture Ni traité de philosophie
Je ne suis pas ce qu'on murmure Aux enfants de la bourgeoisie Je ne suis pas saine lecture Ni sirupeuse poésie
Je ne suis qu'un cri
Non je n'ai rien de littéraire Je ne suis pas morceaux choisis Je serais plutôt le contraire De ce qu'on trouve en librairie
Je ne suis pas livre ou bréviaire Ni baratin ni théorie Qu'on range entre deux dictionnaires Ou sur une table de nuit
Je ne suis qu'un cri
Je n'ai pas de fil à la patte Je ne viens pas d'une écurie Non je ne suis pas diplomate Je n'ai ni drapeau ni patrie
Je ne suis pas rouge écarlate Ni bleu ni blanc ni cramoisi Je suis d'abord un cri pirate De ces cris-là qu'on interdit
Je ne suis qu'un cri
Je ne suis pas cri de plaisance Ni gueulante de comédie Le cri qu'on pousse en apparence Pour épater la compagnie
Moi si j'ai rompu le silence C'est pour éviter l'asphyxie Oui je suis un cri de défense Un cri qu'on pousse à la folie
Je ne suis qu'un cri
Pardonnez si je vous dérange Je voudrais être un autre bruit Etre le cri de la mésange N'être qu'un simple gazouillis
Tomber comme un flocon de neige Etre le doux bruit de la pluie Moi je suis un cri qu'on abrège Je suis la détresse infinie
Je ne suis qu'un cri
Jean Ferrat
et ça aussi
Les cerisiers
J'ai souvent pensé c'est loin la vieillesse Mais tout doucement la vieillesse vient Petit à petit par délicatesse Pour ne pas froisser le vieux musicien
Si je suis trompé par sa politesse Si je crois parfois qu'elle est encor loin Je voudrais surtout qu'avant m'apparaisse Ce dont je rêvais quand j'étais gamin
Ah qu'il vienne au moins le temps des cerises Avant de claquer sur mon tambourin Avant que j'aie dû boucler mes valises Et qu'on m'ait poussé dans le dernier train
Bien sûr on dira que c'est des sottises Que mon utopie n'est plus de saison Que d'autr' ont chanté le temps des cerises Mais qu'ils ont depuis changé d'opinion
Moi si j'ai connu des années funestes Et mes cerisiers des printemps pourris Je n'ai pas voulu retourner ma veste Ni me résigner comme un homme aigri
Ah qu'il vienne au moins le temps des cerises Avant de claquer sur mon tambourin Avant que j'aie dû boucler mes valises Et qu'on m'ait poussé dans le dernier train
Tant que je pourrai traîner mes galoches Je fredonnerai cette chanson-là Que j'aimais déjà quand j'étais gavroche Quand je traversais le temps des lilas
Que d'autres que moi chantent pour des prunes Moi je resterai fidèle à l'esprit Qu'on a vu paraître avec la Commune Et qui souffle encore au cœur de Paris
Ah qu'il vienne au moins le temps des cerises Avant de claquer sur mon tambourin Avant que j'aie dû boucler mes valises Et qu'on m'ait poussé dans le dernier train
jean Ferrat
filo
Nombre de messages: 7192 Age: 100 Localisation: Montpellier Date d'inscription: 02/04/2007
Sujet: Re: On quitte un à un la vie - Jean Ferrat Lun 15 Mar 2010 - 4:48
Pourquoi ne pas regrouper tous tes posts sur Ferrat en un fil ? Parce que je te sens bien parti, là !
*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"* L'art est un sale boulot, mais il faut bien que quelqu'un le fasse >>>> http://filosphere.com <<<<