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 Vous avez dit: défis?

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Tryskel
Miserere mei
Tryskel

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MessageSujet: Vous avez dit: défis?   Vous avez dit: défis? EmptyVen 2 Avr 2010 - 19:33

31/03/10



VOUS AVEZ DIT DEFI ?






C’est quoi un défi au juste ?



Le dico, toujours précis dit que c’est : l’action de défier, ce qui nous contraint à aller voir :

Défier : du latin fidus, fidèle. Provoquer au combat, à la lutte. Inciter quelqu’un par la provocation, à faire quelque chose en prétendant qu’il n’en est pas capable.

Refuser de se soumettre à, braver…



Pourquoi relever les défis ?



C’est plein de contraintes tordues, d’exigences bizarroïdes qui vous obligent à vous triturer la plume pour parvenir à pondre dans la sueur et les larmes un truc qui tienne à peu près la route, et encore, les produits ne sont pas analysés, heureusement parce que ce serait direction panier la plupart du temps.

Parce qu’outre les contraintes intrinsèques à l’écriture proprement dite, le défi se fait en temps limité, ce qui aggrave la contrainte.

Je parle ici précisément des défis plume de Ro, mais aussi des défis d’écriture plus généralement.



Alors pourquoi ?

Premier défi plume auquel je me suis frottée : panique à bord : « j’y arriverai jamais, je vais être nulle » et j’en passe…

Une heure a été trop, juste un petit texte, vite fait, surtout ne pas relire, sauf pour l’orthographe, mais heureusement le dico est là pour souligner les fautes, ne pas me relire, sinon, je ne poste pas.

Le deuxième itou, même panique, même texte hyper court, même qu’on m’a fait la remarque « c’est un peu court, tu aurais du faire plus long ».

Ben oui, mais, j’ai l’habitude d’écrire de la poésie donc des textes courts, je ne suis pas bonne en prose quand je m’essaie à la nouvelle le résultat est pas terrible, voire franchement mauvais.



Pourtant, les trois derniers défis, j’ai manqué de temps, ça a été la galopade pour faire tenir dans l’heure.

Le temps de lire les consignes, de les noter, et de me demander comment sortir un texte qui les respecte tout en étant cohérent, déjà, ça bouffe du temps, pis trouver le déclic, la première phrase qui va tout déterminer, en tenant compte du lieu ou/et de l’objet imposés, par exemple une valise et la Gironde, le phare de Bourges et le Big Bang, ou un parking avec une pédale en tweed pour ne citer que ça.

Et curieusement, une fois que le déclic s’est fait, ça coule tout seul, les mots viennent, s’organisent, les phrases s’assemblent, les contraintes s’intègrent, c’est du délire dans les deux sens, du délire parce que le texte, c’est n’importe quoi, mais aussi du délire parce que ce truc tordu fonctionne très bien. J’écris parce que je suis obligée d’écrire, parce que je vais pas me dégonfler une fois que j’ai dit : « Oui, j’en serais. »

Parce que de moi-même, seule devant ma feuille, jamais au grand jamais je n’écrirais des trucs pareils, j’y penserais même pas, pas mon style, pas pour moi…

Parce que toute seule dans mon coin, je tourne un peu autour des mêmes thèmes, je raconte un peu les mêmes histoires sur les mêmes sujets, là je me sors de moi, et je vois que je peux écrire de la prose, à condition d’être stimulée.

Certes, et on me l’a dit, le texte peut être étoffé et un peu retravaillé, mais ce qui est important, c’est que l’élan est donné, et qu’il se prolonge au delà du défi.

J’écris des essais/articles sur des thèmes auxquels je n’aurais jamais touché avant, ces temps ci la politique, je ne m’étais jamais vraiment intéressée à la politique, je râlais dans mon coin ce qui ne fait rien avancer, là j’écris, pas des textes « politiques » au sens strict j’en fais pas mais à propos de, et pour écrire, en écrivant j’affine ma propre réflexion.



Vous me direz : « tout ça parce que tu relèves les défis », oui, parce que -je sais j’en dis des « parce que » mais je vois pas une autre formule, ou plutôt je ne veux pas la chercher, écrire sur les défis est une forme de défi – parce que si je ne les relevais pas, je ne saurai pas que je peux écrire autre chose autrement.

D’habitude, j’attends la divine inspiration, qui comme vous savez est très capricieuse, et pas toujours heureusement inspirée, même si j’angoisse pas sur la feuille blanche, si ça vient pas, ça vient pas, ça viendra plus tard, pas grave.

Mais lors d’un défi, pas question de sécher, faut produire, produire en articulant ce qu’on écrit autour des contraintes.

Passer la panique primale, je m’aperçois que ça s’organise quasi tout seul, ce qu’il faut, et ça j’ai vraiment beaucoup de mal à le faire, c’est, selon la formule consacrée « Me LACHER », laisser aller, laisser courir les mots, laisser quelque part le texte s’écrire de lui-même, et les contraintes ne sont plus contraignantes, elles deviennent des points d’appui, des tremplins pour le texte.

Je parle pour moi, mais il n’est que de voir quelle variété donne les mêmes contraintes, pas un des participants n’écrit pareil. Et chaque texte est différent parce que justement c’est en se lâchant qu’on est le plus soi même, qu’on écrit avec ses tripes.

C’est ce que j’aime dans les défis, me prouver que je peux le faire, et lâcher la plume, elle court toute seule branchée sur le viscéral.







Hors les défis, je me frotte aux concours de poésie, là c’est aussi une forme de défi mais différent. Un thème imposé, je n’écris que très rarement exprès pour, je fouille mes archives pour voir si j’ai des textes qui collent au thème, sinon, je laisse tomber parce que je n’aime pas écrire sur commande, mais je relève les défis qui sont des commandes.

L’intérêt des concours c’est qu’ils sont anonymes, ce qui est jugé c’est uniquement le texte, pas vous, on ne vous connaît pas, au moins en principe. Pour avoir reçu des prix à des concours au fin fond de la France sans même connaître autrement que vaguement les organisateurs par ce qu’ils disent d’eux-mêmes, je pense que ces concours sont équitables et que l’anonymat est respecté, ça fait plaisir de voir ce qu’on écrit reconnu.

Et bien sûr, c’est une bande d’ahuris sans goût si on n’a pas de prix !





Je ne sais pas si j’ai été vraiment claire pour relever le défi de parler des défis, mais j’ai un joker, je n’avais de contraintes ni expressives, ni horaires…
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Rosacée



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MessageSujet: Re: Vous avez dit: défis?   Vous avez dit: défis? EmptyJeu 8 Avr 2010 - 10:12

Belle présentation de la définition du défi.
C'est un bel écrit où l'on sent bien tout le ressenti vécu face au défi d'écriture et je te rejoins sur beaucoup de choses que tu as dites.
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Who

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MessageSujet: Re: Vous avez dit: défis?   Vous avez dit: défis? EmptyJeu 8 Avr 2010 - 12:42

D'ailleurs, à propos de défis, c'est quand le prochain défi plume ? Gaga
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Romane
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MessageSujet: Re: Vous avez dit: défis?   Vous avez dit: défis? EmptyJeu 8 Avr 2010 - 14:42

Je m'étais posé un post-it sur la narine droite, pour ne pas oublier de passer sur ce fil. Donc me voici.

Comme ça, en vrac : oui, le mot défi est un peu hard, puisqu'il suppose de se faire violence et parfois de violenter autrui si l'on se défie à deux ou plus. Pour cette raison je n'aime pas ce mot.

Par contre ici, c'est un défi entre soi et soi. Nulle compétition, nulle note, nul trophée. Juste on est en face de soi, devant son écran ou sa feuille de papier. J'y vais ou j'y vais pas ? Autant y aller, ce qui constitue en soi un premier défi : celui d'oser.

Après, ben oui. La première phrase et tout suit, comme si tout attendait qu'on pose cette phrase là pour se libérer d'un silence d'inexistence mort avant de naître. Une autre phrase aurait donné lieu à une autre délivrance, va savoir laquelle... c'est un peu le thème de l'Avenue des Croisements, hein.

Le lâcher-prise arrive tout seul, autorisé et même incité par la contrainte horaire. Pas le temps de fignoler, le fignolage c'est pour après, quand on doit tenir 60 minutes, pas une de plus. Un défi sur un mois de délai est une autre conception, un autre travail. On pourrait même se lancer le défi d'écrire un roman, disons sur trois ou quatre mois, ce serait encore autre chose. Chaque facette est passionnante, chacune nous sort de notre monotonie habituelle. J'ai déjà pensé au roman, figure-toi. Il me faut un peu de temps pour organiser avant de proposer, c'est tout.

Le côté magique de ce défi en une heure, est donc cet oser, suivi de ce lâcher-prise, tous deux suivis par un partage à égalité : tout le monde a osé, tout le monde a lâché prise, tout le monde partage. Oui, magique, parce qu'on a tous donné pendant une heure, naissance à quelque chose qui n'aurait jamais existé, chaque texte si différent des autres, parfois certains presque conçus à l'identique, c'est la surprise à chaque fois, les rires et le soulagement : j'ai réussi. Eux aussi. On a construit ensemble une heure durant, la formidable expérience d'un affairement et d'un amusement, d'une découverte de soi et des autres.
Merci, Trys.

A quand le prochain ? Dès que j'ai cinq minutes pour souffler. Promis.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Bonjour, je suis Romane, alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane."
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Tryskel
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MessageSujet: Re: Vous avez dit: défis?   Vous avez dit: défis? EmptyVen 9 Avr 2010 - 15:58

Citation:
"Par contre ici, c'est un défi entre soi et soi. Nulle compétition, nulle note, nul trophée. Juste on est en face de soi, devant son écran ou sa feuille de papier. J'y vais ou j'y vais pas ? Autant y aller, ce qui constitue en soi un premier défi : celui d'oser."

Ben vi, quand t'as franchi ce pas là, tu peux tout oser, par exemple écrire le premier mot imposé: "crumble" et te retrouver devant les colosses d'Abou Simbel, c'est ça qui est chouette, une fois que t'as franchi le pas.
Et une fois ce pas là franchi, ce n'est plus si terrifiant d'en franchir d'autres, c'est comme ça que tu avances.
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