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 Etude de la fantasy

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Tryskel
Miserere mei
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MessageSujet: Etude de la fantasy   Ven 9 Avr 2010 - 20:12

09/04/10





ETUDE DE LA FANTASY

PLAN







I) DEFINITION : Qu’est ce que la Fantasy



II) HISTOIRE


III) LES SOURCES



A) Fantasy mythes et contes

B) Fantasy et Moyen Age

C) Fantasy et Merveilleux

]D)Fantasy et Magie


IV) BIBLIOGRAPHIE DES PRINCIPALES ŒUVRES DE FANTASY





Cette étude est construite essentiellement à partir de l'article Fantasy de Wikipédia et du recueil: Actes du Colloque du CRELID Fantasy: le Merveilleux médiéval aujourd'hui. Et de mes propres connaissances.

C'est pourquoi je ne cite pas systématiquement les sources, sauf si d'autres aussi importante s'imposaient en cours de recherche.
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Vic Taurugaux

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MessageSujet: Re: Etude de la fantasy   Ven 9 Avr 2010 - 20:15

Ha!
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Tryskel
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MessageSujet: La Fantasy I) Définition   Ven 9 Avr 2010 - 20:17

03/04/10





LA FANTASY I)




I) DEFINITION



Qu’appelle t-on Fantasy exactement ?



Le genre, longtemps traité comme un sous produit de la Science Fiction, elle-même considérée comme une sous littérature, ne s’en dégage vraiment que dans les années 50 avec la publication du Seigneur des Anneaux (1954/1955) qui devient son archétype de référence, bien qu’il ne soit pas le premier.

SF et Fantasy sont toutes deux des littératures de l’imaginaire (parfois écrites par les mêmes auteurs), mais si elles font toute deux appel au merveilleux, elles ne fonctionnent pas sur la même logique.



Dans son acception actuelle, le terme « Fantasy » serait apparu aux Etats-Unis avec la revue « the magazine of Fantasy en 1949. D’abord limité au domaine littéraire il s’est étendu aux arts picturaux, au cinéma, aux jeux.



Pour l’écrivain et éditeur André François Ruaud, la Fantasy peut être considérée comme un sous genre du fantastique.

« La Fantasy est une littérature fantastique incorporant dans son récit un élément d’irrationnel qui n’est pas traité seulement de manière horrifique, elle présente généralement un aspect mythique et est souvent incarnée par l’irruption ou l’utilisation de la magie. »



A l’inverse, la chercheuse Anne besson, qui s’appuie sur la tradition littéraire française distinguant merveilleux et fantastique, la Fantasy est une incarnation moderne et un prolongement du genre littéraire du merveilleux, et n’est en aucun cas un sous genre littéraire du fantastique (position que je soutiens). En effet, ce dernier se définit comme l’intrusion du surnaturel dans un cadre réaliste, autrement dit, l’apparition de faits inexpliqués et inexplicables dans un contexte connu du lecteur.

Dans la Fantasy, la magie ne pose pas question et les univers « surnaturels » sont acceptés comme naturels et rationnels par le lecteur.

Le roman de Fantasy serait alors une sorte de conte merveilleux.



« La Science Fiction et la Fantasy font toute deux appel à un merveilleux, qu’il soit scientifique ou magique, que l’on appelle pour la SF « the sens of wonder » (wonder signifiant merveilleux en anglais). Pourtant les deux genres sont différents, à quoi tient une telle distinction ?

A première vue, la SF semble traiter de mondes futurs ou assimilés tacitement à notre futur, tandis que la Fantasy fait référence à une période technologiquement plus ancienne, voire sans technologie, et à des œuvres passé, adoptant généralement une esthétique médiévale ou antique. Beaucoup qualifient également la SF de littérature rationnelle alors que la Fantasy ferait appel à l’irrationnel et à la pensée magique. Certains insistent sur le fait que les vaisseaux spatiaux avec leur rayon laser ont la même fonction que les dragons crachant du feu et que la différence ne serait qu’une question d’habillage…



On peut établir une première différence d’ordre logique dans la manière dont sont présentés les éléments de merveilleux qu’on rencontre.

Les univers de SF répondent plutôt à ce qu’on peut appeler la logique de l’appareil, en ce sens que les phénomènes merveilleux mis en scène sont maîtrisables, maîtrisés et de ce fait enseignables donc infiniment reproductibles. Ces merveilles ne sont pas l’effet d’un don divin mais d’une maîtrise toute humaine d’ordre technologique et scientifique…



A l’inverse, les merveilles des univers de Fantasy relèvent de la transcendance : elles ne sont pas maîtrisées par un savoir humain et relèvent de l’inexplicable. De ce fait elles sont condamnées à n’être ni reproduites ni enseignées. Elles appartiennent au domaine du don, don du divin, du destin ou du hasard, et sont sacralisées dans leur typographie par une majuscule.

C’est cette logique de la transcendance qui fait de la Fantasy un genre relevant de la pensée magique ou de l’irrationnel.



Le héros de SF semble toujours vouloir changer le monde, et y parviens. Le héros de Fantasy au contraire semble vouloir le conserver tel qu’il est. En ce sens, il met en œuvre une logique conservatrice rejetant à la fois les avantages et les inconvénients qu’un bouleversement pourrait provoquer dans le monde qui l’entoure.

D’une part le héros n’a pour unique visée que de préserver le monde tel qu’il est des visées révolutionnaires d’un ennemi qui est lui, insatisfait de l’ordre du monde et cherche à le bouleverser. »

Exemple dans le Seigneur des Anneaux, les Hobbits veulent préserver la Comté, Aragorn rétablir la royauté, tandis que les Elfes ont une attitude plus ambiguë en refusant à l’exception de Légolas et d’Arwen (qui agit par amour) de se mêler de ce qui se passe, ils savent que leur temps en Terre du Milieu est fini, que va venir le Temps des Hommes s’ils triomphent de Sauron.

Sauron lui agit pour régner par le Mal sur le monde, il a des alliés parmi les hommes et parvient à corrompre Saroumane en le convainquant que le changement, par sa victoire est inéluctable.



« D’autre part, la quête du héros est souvent la réitération d’une quête antérieure, accomplie par un ancêtre mythique qui a ouvert la voie aux générations futures mais qui n’a pas résolu le conflit ou le problème s’offrant à lui. Isildur, l’ancêtre d’Aragorn a bien pris l’anneau à Sauron, détruisant ainsi son enveloppe matérielle, mais il n’a pas détruit l’Anneau permettant à Sauron de survivre, c’est à son descendant qu’il appartient d’achever la mission.

Le héros de Fantasy se doit donc de répéter cette quête pour mener à bien ce que son lointain ancêtre a entrepris et amener une solution définitive au conflit. »



Tolkien inscrivait son œuvre dans ce qu’il appelait la « Faërie » une sorte de conte de fée.

« La Faërie recèle bien d’autres choses, en dehors des fées, des elfes, nains, géants, trolls sorcières et dragons. Elle recèle les mers, le soleil, la lune, le ciel ainsi que la terre et toutes les choses qui s’y trouvent : arbres et oiseaux, eau et pierres, pain et vin, et nous-mêmes, mortels que nous sommes, gagnés par l’enchantement. »

J R R Tolkien : Du conte de fée.

Le point commun de nombreux romans de fantasy est qu’ils se déroulent dans des mondes parallèles, ou dans des contextes qui peuvent éventuellement s’interpréter comme un lointain passé oublié (Antiquité, Moyen Age), avec leurs créatures imaginaires, leurs mythe, leurs épopées, leur magie. On y trouve aussi une nature préservée et l’omniprésence du sacré.



La Fantasy n’est donc pas un sous genre d’une sous littérature mais une littérature à part entière dont les sources multiples se trouvent dans l’Histoire et surtout dans les mythes et les contes.
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MessageSujet: Re: Etude de la fantasy   Ven 9 Avr 2010 - 20:26

Citation :
Le héros de SF semble toujours vouloir changer le monde, et y parviens. Le héros de Fantasy au contraire semble vouloir le conserver tel qu’il est. En ce sens, il met en œuvre une logique conservatrice rejetant à la fois les avantages et les inconvénients qu’un bouleversement pourrait provoquer dans le monde qui l’entoure.

Dans eragon (il me semble, je ne l'ai pas lu), le héros veut renverser un régime totalitaire.
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lucarne



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MessageSujet: Re: Etude de la fantasy   Ven 9 Avr 2010 - 22:44

Tryskel a écrit:
Le héros de SF semble toujours vouloir changer le monde, et y parviens. Le héros de Fantasy au contraire semble vouloir le conserver tel qu’il est. En ce sens, il met en œuvre une logique conservatrice rejetant à la fois les avantages et les inconvénients qu’un bouleversement pourrait provoquer dans le monde qui l’entoure.
Tiens... tu viens de me souffler un élément qui me déplaît dans l'oeuvre de Tolkien, et qui rejoint le fait que les gentils vivent à l'ouest ou au nord et sont en majorité bien blancs alors que les méchants viennent de l'est ou du sud et sont souvent "plus foncés"...
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MessageSujet: Re: Etude de la fantasy   Ven 9 Avr 2010 - 22:53

Citation :
Tiens... tu viens de me souffler un élément qui me déplaît dans l'oeuvre de Tolkien, et qui rejoint le fait que les gentils vivent à l'ouest ou au nord et sont en majorité bien blancs alors que les méchants viennent de l'est ou du sud et sont souvent "plus foncés"...

Roh mais non, c'est que le Bien, c'est le blanc, la lumière, donc ils sont clair, et que le Mal, C'est le noir, les ténèbres, donc ils sont sombres. Faut pas voir de racisme là dedans voyons... mèche

Sérieusement, c'est vrai que je sais pas de quel bord idéologique il était, le J.R.R, et si c'était vraiment par racisme ou pas.
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MessageSujet: Re: Etude de la fantasy   Ven 9 Avr 2010 - 23:51

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MessageSujet: Re: Etude de la fantasy   Sam 10 Avr 2010 - 0:56

J'en suis moi aussi plus que choquée.
Who, si tu te poses une question de ce genre, aies au moins la décence d'aller chercher quelques renseignements avant d'écrire n'importe quelle sottise.
Si les livres de Tolkien font référence au nord et à l'ouest, c'est parce qu'il était spécialiste, et pas qu'un peu, des langues et civilisations saxonnes, scandinaves, celtes et germaniques. C'était un érudit, un savant, chrétien dans le bon sens du mot (et même moi je reconnais que ça peut exister), un homme que la guerre avait profondément marqué.
Accessoirement, c'est aussi quelqu'un qui a publiquement dénoncé l'apartheid en 1959 lors de son discours d'adieu à Oxford, où il était professeur, et déjà reconnu comme écrivain populaire.
J'imagine qu'il ne serait pas non plus devenu l'idole du mouvement hippie aux states à cette période s'il avait été raciste...
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MessageSujet: Re: Etude de la fantasy   Sam 10 Avr 2010 - 1:23

Donc je vais traduire mes propres phrases :

La première, je rebondissais sur les propos de lucaerne qui sous entendait déjà fortement que tolkien était raciste, parce que ça me gonfle qu'on cherche le moindre petit détail dans les œuvres de tout les grand auteurs pour leur prêter des idéologies qu'ils n'ont pas en les interprétant mal. Bien que n'ayant pas lu ses livres, je sais que son histoire n'est pas aussi manichéenne que ne peut le laisser penser les films de Jackson.

La deuxième, étant obligé d'admettre qu'en effet, les peuples libres sont blancs et ceux asservis par Sauron basanés, (ce qui, de nos jours, se fait très vite taxer de preuve de racisme), et admettant aussi qu'au final je ne suis pas celui qui connait le mieux son œuvre ou sa personnalité, je ne suis pas le mieux placé pour en parler et je laissais donc à parole à quelqu'un qui en connait plus que moi.
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Vic Taurugaux

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MessageSujet: Re: Etude de la fantasy   Sam 10 Avr 2010 - 9:14

Peut-être cette incursion dans le racisme (mal contemporain) vient du fait que la fantasy traite du manichéisme. Cette pensée dualiste qui oppose le bien au mal, la nuit au jour, le noir au blanc. La quête du héros est alors de résoudre le conflit qu'impose ce paysage "binaire". Le héros doit trouver une solution "alternative" pour échapper au chaos, à la guerre, etc..
Comment trouver un ordre qui concilie les contraires, comment vivre aujourd'hui dans un monde multiculturel ?

Tryskell, que je remercie pour ce travail, date le début du genre "fantasy" dans le courant du XXème siècle. Ce qui m'intéresserait de voir développer est le contexte "historique" dans lequel elle apparaît. L'intérêt venu du siécle passé, (peut-être issu du romantisme) pour la littérature populaire, la littérature enfantine et le gout ethnologique naissant. Les colonies occidentales n'abritent pas que des sauvages à instruire, mais d'autres civilisations porteurs de mythes et de savoirs différents du modèle occidental.
La fantasy ne serait-elle pas un effort pour penser l'autre et nous extraire du classicisme bienséant?
La magie du conte comme de cette littérature nous enseignerait que, malgré notre mythe occidental, tout ne peut-être raisonner, qu'il faut accepter des mondes étranges, des étrangers sans vouloir à tout prix les maîtriser par nos concepts intellectuels...

Maintenant, il faut aussi se méfier de l'utilisation du mythe pour forger de façon artificielle une identité permettant de distinguer le bon peuple du mauvais peuple. C'est l'utlisation par les nazis d'éléments de mythe occidentaux qui leur permit de "bricoler" la race aryenne ...
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MessageSujet: Re: Etude de la fantasy   Sam 10 Avr 2010 - 9:55

Pas seulement la bricoler, la récupérer à leur compte... Comme tout le reste d'ailleurs.

Les aryens sont à la base un groupe linguistique de l'asie centrale dans le troisième millénaire avant jésus-christ. C'est pour cette raison que leur symbole fut la croix gammée, reprise de la svastika, vieux symbole indo-européen qu'ils ont attribué aux aryens de l'époque, et dont les nazis se considéraient les descendants les plus purs.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Aryenne

Edit : je trouve qu'on s'est vachement éloigné du sujet là spc
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lucarne



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MessageSujet: Re: Etude de la fantasy   Sam 10 Avr 2010 - 11:59

Effectivement, et même si ça déplaît à certains, je maintiens que l'oeuvre de Tolkien est très (trop) manichéenne. De ce fait, elle pose la question de la pérennité d'une oeuvre dans le temps. Certaines traversent les siècles sans réserves, d'autres DOIVENT être lues avec perspective. Or, les lecteurs ont-ils tous cette perspective ? C'est là tout le danger que j'y vois, et je trouve que ce n'est pas rien, quand même. Ça mérite bien un peu de recul et de précaution.

Si on prend un exemple totalement différent, j'ai adoré La ferme africaine de Karen Blixen. Pour autant, lectrice d'aujourd'hui, je n'ai pas pu m'empêcher de noter un réel paternalisme colonial dans les mots de l'auteur. Pourtant, KB est loin d'être raciste ; simplement, elle écrit comme une femme cultivée non raciste de SON époque, engagée qui plus est. Un lecteur d'aujourd'hui qui ne prendrait pas la peine de replacer les mots dans leur contexte et leur époque se fourvoierait.

Il se trouve que KB n'a pas l'audience de Tolkien, notamment depuis l'adaptation cinématographique du Seigneur des Anneaux. Et pour les personnes qui se seront contentées des films, le risque est bien là de développer ou d'ancrer une idéologie déjà bien présente aujourd'hui.

Alors oui, je m'interroge. Et je continuerai à m'interroger. Et que ceux qui ne s'interrogent jamais me jettent la première pierre.
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Vic Taurugaux

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MessageSujet: Re: Etude de la fantasy   Sam 10 Avr 2010 - 12:42

lucaerne a écrit:
Alors oui, je m'interroge. Et je continuerai à m'interroger. Et que ceux qui ne s'interrogent jamais me jettent la première pierre.

N'est-ce pas l'intérêt de ce genre littéraire qui comme le conte ballade son lecteur dans des épopées où tout n'est pas résolu. Tout come le héros avance dans sa quête, le lecteur chemine et doit lui aussi se forger sa "pensée" face à ce qui lui est raconté. Il participe à l'aventure, il doit s'engager comme le héros .... Au bout d'un moment, le lecteur doit prendre position, l'auteur ne répondant pas à tout.
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Shan



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MessageSujet: Re: Etude de la fantasy   Sam 10 Avr 2010 - 12:43

lucaerne a écrit:
... Et que ceux qui ne s'interrogent jamais me jettent la première pierre.

Tu veux devenir une icône Martyr ? Ange

prend 2 personnes de même condition, de même courant de pensées, et fais leur lire l'ouvrage. Chacune va le prendre, se l'approprier un temps. Mais chacune y verra autre chose, peut-être. Bon ou moins bon, qu'importe, non ?

Tryskel a écrit:
... Aragorn rétablir la royauté...

Ceci n'est pas tout à fait véridique. Si ça ne tient qu'à lui, il préfère fuir cette responsabilité. Mais les évènements vont l'obliger à endosser cet aspect. En effet, il va avoir besoin de l'épée d'Isildur, seule à même de garantir son statut d'héritier du Trône royal.
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MessageSujet: Re: Etude de la fantasy   Sam 10 Avr 2010 - 20:42

Shan a écrit:
lucaerne a écrit:
... Et que ceux qui ne s'interrogent jamais me jettent la première pierre.
Tu veux devenir une icône Martyr ?
Tsss... point du tout... j'ai ma formule magique anti-cailloux toujours sous la main !
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MessageSujet: Re: Etude de la fantasy   Sam 10 Avr 2010 - 23:14

Avec tout cela, j'ai quand même oublié l'essentiel, qui était de remercier Trys de ce travail fouillé.
Je me suis aussi posé des questions sur ton interprétation sur ce qui est SF et ce qui est fantasy. Une réflexion intéressante, mais je dois réfléchir plus parce que là, je ne suis pas tout à fait d'accord, je cherche des exemples... tong

Bon, Lulu, on n'est pas de la même opinion sur ce qu'a écrit Tolkien.
Je trouve, au contraire, qu'il y a une grande humanité et un espoir profond dans ce qu'il écrit, même si cela est teinté d'une certaine douleur.
On a pu interpréter son livre de mille manières, et on ne s'est pas gêné pour le faire. Certaines interprétation sont carrément fantaisistes.
Mais ce qui le différencie de nombreux livres de fantasy après lui, c'est cette prudence face au jugement trop rapide sur le bien et le mal.
Justement, il n'y a pas de personnages tout noir ou tout blanc, on trouve dans tout le livre une idée de rédemption possible, de soulagement aux douleurs de l'âme, d'utilité même du mal.
Et non, je ne trouve pas que Tolkien soit "daté", justement.
De même, quand je lis Shakespeare, même si la langue, magnifique au demeurant n'est certes pas l'anglais actuel, il existe une pérennité des thèmes, des sentiments et des réactions humaines.
Tolkien écrit avec la même immortalité dans sa plume, même si lui s'estimait comme un très modeste écrivain, et qu'il a écrit "Bilbo" pour ses enfants, non pour un public.
Après, il existe mille interprétations...
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MessageSujet: Re: Etude de la fantasy   Dim 11 Avr 2010 - 0:42

blue note a écrit:
Bon, Lulu, on n'est pas de la même opinion sur ce qu'a écrit Tolkien. (...) Après, il existe mille interprétations...
Je suis tout à fait d'accord. C'est bien le propre de l'art et je ne vois pas ce qu'il y a de choquant là-dedans.
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Tryskel
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MessageSujet: Re: Etude de la fantasy   Dim 11 Avr 2010 - 20:00

Vic Taurugaux a écrit:
Peut-être cette incursion dans le racisme (mal contemporain) vient du fait que la fantasy traite du manichéisme. Cette pensée dualiste qui oppose le bien au mal, la nuit au jour, le noir au blanc. La quête du héros est alors de résoudre le conflit qu'impose ce paysage "binaire". Le héros doit trouver une solution "alternative" pour échapper au chaos, à la guerre, etc..
Comment trouver un ordre qui concilie les contraires, comment vivre aujourd'hui dans un monde multiculturel ?

Tryskell, que je remercie pour ce travail, date le début du genre "fantasy" dans le courant du XXème siècle. Ce qui m'intéresserait de voir développer est le contexte "historique" dans lequel elle apparaît. L'intérêt venu du siécle passé, (peut-être issu du romantisme) pour la littérature populaire, la littérature enfantine et le gout ethnologique naissant. Les colonies occidentales n'abritent pas que des sauvages à instruire, mais d'autres civilisations porteurs de mythes et de savoirs différents du modèle occidental.
La fantasy ne serait-elle pas un effort pour penser l'autre et nous extraire du classicisme bienséant?
La magie du conte comme de cette littérature nous enseignerait que, malgré notre mythe occidental, tout ne peut-être raisonner, qu'il faut accepter des mondes étranges, des étrangers sans vouloir à tout prix les maîtriser par nos concepts intellectuels...

Maintenant, il faut aussi se méfier de l'utilisation du mythe pour forger de façon artificielle une identité permettant de distinguer le bon peuple du mauvais peuple. C'est l'utlisation par les nazis d'éléments de mythe occidentaux qui leur permit de "bricoler" la race aryenne ...

La fantasy est plutôt manichéenne si on la regarde superficiellement. les récits sont a une très forte majorité ceux de la lutte du Bien contre le Mal. Et dans la symbolique sur laquelle s'articulent les histoires, le Bien est clair et blanc, le Mal sombre et noir, c'est comme ça.
Gandalf le "Gris" parce qu'au début il est un échelon au dessous de Saroumane, devient le "Blanc" parce qu'il a traversé l'Eau et le Feu, et parce que Saroumane ayant déchu en choisissant le camp de Sauron, il prend sa place.
Mais le signe de Saroumane reste la Main Blanche!
De même, Anakine Skywalker à mesure qu'il s'enfonce dans le côté obscur de la Force va se vêtir de noir jusqu'à devenir Dark Vador (dark signifiant Ténèbre.)

Les sources de la Fantasy sont en grande partie issues du folklore, des récits et de la culture populaires, qui ne s'embarrassent que rarement de nuances. Et je rejoins Vic, n'allons pas toujours interpréter à notre aune et ne cherchons pas à disséquer ou rationnaliser à tous crins un genre qui n'a pas d'autres prétentions que de distraire en nous emmenant dans des univers où ne jouent pas les mêmes critères que ceux de nos sociétés contemporaines.
Je réserve un topo complet sur les sources, mais elles sont multiples, déjà par les contes et mythes dont elles s'inspirent, ensuite par les récits antèrieurs qui inspirent plus ou moins consciement les auteurs d'aujourd'hui.

Je sais qu'en suivant le plan que j'ai adopté je réduis un peu une matière d'une grande richesse, mais il en faut un, le mien vaut ce qu'il vaut et je vous prie d'excuser le côté un peu universitaire de l'étude. J'ai hésité à me lancer parce qu'en fait je savais pas trop par quel bout prendre ce travail, que je fais avec grand plaisir, je suis une inconditionnelle de la Fantasy, sans doute à cause de son côté contes et mythes, parce qu'on y est en plein.

Pour ce qui est du "conservatisme" dans l'article il est bien précisé qu'il ne faut pas prendre le mot dans un sens péjoratif, ce que veulent les héros, c'est préserver leur monde, point/barre contre des méchants qui souhaitent l'asservir.
C'est ce que fait Eragon, ce que fait Aragorn, qui c'est vrai n'a pas vraiment envie d'être roi, mais n'a pas le choix: il DOIT l'être. Parce qu'il est l'héritier, mais aussi parce que pour aller chercher l'Armée des Morts et l'obliger à tenir son serment, il doit avoir l'épée que seul un roi peut brandir, il doit aussi être roi pour épouser Arwen qui ne peut se mésallier fille de roi elfe qu'elle est.

Le héros de fantasy ne choisit pas son destin, dans la majorité des cas, il est projeté d'une petite vie tranquille dans des aventures auxquelles il ne comprend pas grand chose au début. Aventures qui vont le conduire à se découvrir lui même (sens de la quête), à découvrir qu'il est bien plus qu'il ne croit : fils de roi ou de héros disparu dans des conditions tragiques ou ayant du se séparer de l'enfant, il devient peu à peu totalement ce qu'il doit être. Il peut être aussi l'héritier d'une prophétie. Il évolue au cours de l'histoire, se trouve lui même, mais jamais seul, il reçoit l'aide d'amis ou de compagnons qui l'aident dans sa quête, soutiennent son combat.

La magie est quasi omniprésente dans la Fantasy et là on revient au manichéisme elle est Noire ou Blanche.
En fait ce n'est pas la nature de la magie qui est différente, mais l'usage qui en est fait, selon les intentions du magicien. Ce n'est qu'un instrument (c'est très bien vu dans les Chroniques de Krondor), comme un couteau, il est "bon" si vous coupez votre steack ou taillez votre crayon avec, il est "mauvais" si vous le plantez dans le ventre de votre voisin, mais c'est toujours un couteau qui n'est qu'un objet sans état d'âme.
Bon, dans les récits de Fantasy on trouve des objets magiques, animés, comme l'Anneau, mais la magie n'est pas intrinsèque à l'objet, quelqu'un animé de bonnes ou mauvaises intentions l'y a placée.
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MessageSujet: Re: Etude de la fantasy   Dim 11 Avr 2010 - 22:52

Ne t'excuse pas du côté universitaire de ton étude, Trys, au contraire, c'est passionnant de voir quelqu'un prendre les choses rationnellement, avec un plan d'ensemble et tout et tout.
Moi en tous cas, je me régale. Parce que j'adoooooore la fantasy !
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MessageSujet: Re: Etude de la fantasy   Lun 12 Avr 2010 - 20:32

12/04/10



FANTASY II)


HISTOIRE


Quand la Fantasy est elle née ?

Si l’on se réfère à ses sources, on peut dire qu’elle est aussi ancienne que la littérature, les premières œuvres sont des récits mythiques comme, l’Epopée de Gilgamesh étant le plus ancien des textes rédigés. Ces récits font intervenir des éléments de magie, de merveilleux, des dieux, des êtres fantastiques, mêlés à quelques éléments contemporains de leur rédaction qu’on pourrait qualifier d’historiques.

Historiques mais avec une nuance de taille : l’Histoire telle que nous la concevons aujourd’hui n’existait pas.

Au mieux on rédigeait des Chroniques (le mot Chroniques est souvent repris en titre ou sous titre de cycle de Fantasy), mais ces chroniques étaient commandées par de grands personnages et bien sûr, elles chantent leur gloire sans grand souci de vérité, et mêlent allégrement histoire, conte, mythe, légende...



De même, si la Fantasy puise dans le folklore, dans les contes et légendes de la culture populaire européenne essentiellement, il serait erroné de l’assimiler à une littérature de contes.

Les contes sont longtemps restés oraux, d’où les nuances qu’on y trouve, ils voyageaient par les marchands, les soldats et se fixaient là où le peuple pouvait les assimiler. Le fond est d’une immense richesse. C’est cette richesse qui a poussé dés le début du XIXème siècle ceux qu’on nomme « folkloristes » à les recueillir pour ne pas qu’ils disparaissent sous les assauts d’une culture bourgeoise, intellectuelle, écrite.

C’est avec Perrault au XVIIème siècle que le conte (fort affadi sous sa plume) se réduit à une sous littérature pour enfants, même si dans les campagnes, les conteurs demeurent jusqu’au milieu du XXème siècle.



La Fantasy utilise tous les éléments du conte et du mythe, mais ne prend sa forme propre qu’au XIXème siècle. A partir du moment où le récit et la part de merveilleux qu’il contient forme clairement une fiction a but divertissant.

On peut dire cependant que les auteurs de Fantasy aiment à voir dans ces auteurs anciens des précurseurs, et il est très fréquent qu’ils puisent leur inspiration dans de telles œuvres en se revendiquant de l’imaginaire qu’elles véhiculent.



Car la Fantasy est très clairement, avant tout une littérature de l’imaginaire.

Cependant, la faire naître précisément au XIXème siècle serait quelque peu réducteur. Je pense entre autre à Shakespeare avec Le Songe d’une Nuit d’Eté et la Tempête qu’on peut sans extrapolation hasardeuse inscrire dans la Fantasy, de même la Flûte Enchantée de Mozart qui mettent en scène des êtres féériques et la magie. Mais on peut les classer dans les contes, car la frontière est mince, surtout avant que la Fantasy ne prenne son indépendance comme genre littéraire.



La vogue du conte à partir de la Renaissance et ses réécritures littéraires, parfois précieuses, en particulier en France au XVIIème siècle, font partie d’un mouvement plus vaste qui, à long terme, aboutit à la Fantasy contemporaine.

Il faut cependant distinguer la forme du conte de la plupart des récits de Fantasy, qui optent plutôt pour le roman, la suite romanesque ou la nouvelle, lorsqu’ils n’utilisent pas des supports différents (BD, cinéma, jeux-de rôle ou vidéo-).

Les entreprises de collecte des contes populaires et l’intérêt croissant pour le folklore et sa préservation qui donnent lieu à des collectes comme celles des Frères Grimm et d’Arnold Van Gennep pour toute l’Europe, ou plus locale comme celles de Paul Sébillot pour la France, François Marie Luzel et Anatole Le Braz pour la Bretagne, peuvent être considérées comme annonçant la naissance et le succès de la Fantasy.



Mais on reconnaît officiellement la naissance de la Fantasy moderne avec l’auteur écossais George Mac Donald (Phantastes 1858 et The Princess and the Goblin 1872) ; « goblin » signifiant elfe ; et l’écrivain peintre et architecte William Morris( The World Beyond the World 1894) dont l’œuvre a influencé Tolkien.

Dans le même temps, la Tétralogie de Wagner « L’anneau du Nibelung » 1869 qui s’inspire de la mythologie germano/ scandinave et d’autres œuvres de musique classique servent à leur tour d’inspiration forte aux auteurs de Fantasy.

Sous l’influence du romantisme, qui redécouvre le Moyen Age et son légendaire (un Moyen Age fortement idéalisé et stylisé), les différents arts se rejoignent pour former la matrice de la Fantasy (les Préraphaélites s’inspirent du légendaire et inspirent à leur tour).

Ces influences croisées fournissent un matériau riche et varié.



Il faut cependant attendre le XXème siècle pour que ce style trouve un public plus large avec entre autres « la fille du Roi des Elfes » 1926 de lord Dunsany ou les nouvelles de Conan le Barbare de Robert E. Howard, père fondateur de l’Heroic Fantasy. De nombreux auteurs américains s’y consacrent créant ainsi sur le papier un Moyen Age étonnant que l’Amérique n’a jamais connu et qui expliquerait le succès du genre aux Etats-Unis.



C’est dans les années cinquante que ce genre populaire mais manquant encore de reconnaissance connaît un vrai succès critique et public avec le Seigneur des Anneaux de J. R. R. Tolkien (1954- 1955) qui devient l’archétype de référence du roman médiéval fantastique.



Deux grands style de Fantasy apparaissent : l’Heroic Fantasy, avec un héros solitaire comme Conan le Barbare, et la Fantasy de groupe avec le Seigneur des Anneaux où les héros vivent leurs aventures ensemble et se complètent via leurs différentes compètences.

Les innovations formelles (le fond demeurant le même) et stylistiques se multiplient pour renouveler le genre, mais la forme dominante reste celle du roman autonome ou inclus dans une suite romanesque.
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MessageSujet: Re: Etude de la fantasy   Lun 12 Avr 2010 - 22:36

Ben ça alors, j'ignorais que William Morris, que j'admire beaucoup en tant qu'artiste Art Nouveau, avait écrit un livre !
J'adore aussi la Tétralogie, bien que Wagner ait encore une réputation sulfureuse, pour ce qu'une tripoté d'incultes aux théories mal digérées ont fait de sa musique.
Et les peintres préraphaélites, j'adore aussi, bien que ce ne soit ni à la mode, ni considéré comme de bon goût.
Bref, j'adore tout ce qui se rapporte à la Fantasy.
D'ailleurs, le site de Léonard m'a énormément plu, avec ses illustrations très "fantasy".
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MessageSujet: Re: Etude de la fantasy   Mar 13 Avr 2010 - 9:07

Je bois du petit lait. Ribot, il va de soi.
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MessageSujet: Re: Etude de la fantasy   Mar 20 Avr 2010 - 19:23

19/04/10







LA FANTASY ET LES MYTHES, CONTES, LEGENDES


Récit de fiction destiné à divertir les lecteurs la Fantasy puise dans la culture populaire, ses sources sont essentiellement le conte, le mythe, la légende, souvent revisités, souvent mêlés pour créer des univers originaux puise dans la culture populaire.

Il ne s’agit donc absolument d’histoire réelle, le lecteur est invité d’emblé dans l’imaginaire, un imaginaire qui se construit à partir d’imaginaires multiples et beaucoup plus anciens.

Sans faire remonter les sources de la Fantasy aux plus anciens récits de l’Humanité :

Epopée de Gilgamesh, Iliade, Odyssée, il est certain que les mythologies lui fournissent une base, l’exemple le plus connu étant le Seigneur des Anneaux qui crée un monde original en mariant le légendaire germanique et le légendaire celtique.



Mythes contes et légendes sont souvent imbriqués, pourtant, s’ils sont construits sur l’imaginaire, si l’architecture des récits présente des analogies, ils différent par leurs sources, et par les personnages qu’ils font intervenir, en outre le mythe et la légende ne se présentent pas d’emblée comme totalement imaginaire.



I) LE CONTE



Récit de fiction généralement assez bref, il relate au passé des actions, des épreuves, des péripéties vécues par un héros solitaire ou un groupe de personnages.

L’histoire racontée se déroule dans un autre temps (la narration se fait toujours au passé) et un autre lieu que ceux où se situent le conteur et son auditoire.

« Il était une fois », la formule marque d’entrée la frontière entre l’univers du conte et notre monde, la fiction et le réel.

Univers la plupart du temps indéterminé : temps et lieu sont rarement évoqués avec précision, le conte donne l’impression de se situer hors du monde actuel.

Dans le conte, tout est possible : un personnage peut dormir 100 ans, les objets sont doués de pouvoir, le plus faible triomphe du plus fort…

Les lois qui régissent l’univers du conte différent de celles qui régissent le nôtre.

En outre les personnages sont monolithiques, unidimensionnels, ils n’ont aucune profondeur ou densité, ils ne sont pas vraisemblables puisqu’ils n’ont pas la complexité du réel.

Si le conte est un récit objectif, c’est en ce sens que le narrateur ne cherche pas à y inscrire sa propre subjectivité.


L’univers du conte est manichéen. Sa construction est en général très simple : grande lisibilité, texte accessible à tous.

En outre, même s’il est souvent cru et violent (ogre dévoreur d’enfants) combats, souffrances physique et morale décrite sans détour, le conte finit bien, c’est un genre optimiste.



Le conte appartient à la culture populaire, fait par et pour le peuple, il appartient à la mémoire collective, il cherche à édifier, et chaque membre de la communauté s’y retrouve, il a un rôle social.



Pour certains c’est un produit spontané de l’imagination populaire, pour d’autres c’est une forme dégradée du mythe.



II) LE MYTHE



Le mythe (étymologiquement : parole) est un récit fondateur, anonyme et collectif qui remplit une fonction socio religieuse.

Il sert le plus souvent d’élément de cohésion entre les individus d’un groupe.

Il met en scène le plus souvent des personnages surhumains ( Dieux, Demi dieux) dotés de pouvoirs surnaturels mais aussi de sentiments humains.

Il se réfère à des événements anciens chargés de sens : dans les sociétés primitives, il sert d’explication du monde. Il est tenu pour vérité, contrairement à la fable et au conte.

Chaque détail est chargé de signification, signification évidente pour les auditeurs contemporains de sa création mais qu’aujourd’hui nous avons perdu.

Les Douze travaux d’Hercule sont pour certains le récit du combat civilisateur de l’homme contre la nature représentée par les monstres ou animaux fabuleux que doit vaincre le héros : Hydre de L’Herne, lion de Nemée (dont la peau le rend invulnérable), Sanglier d’Erymante…



Les sociétés industrielles l’ont relégué dans le domaine de la poésie et de l’imaginaire. Les mythes restent cependant l’expression d’une culture, ils expriment les aspirations profondes de l’inconscient et mettent en scène des situations éternelles.

Bien plus, dans toutes les productions littéraires se décèlent les soubassements d’images permanentes, une armature d’archétype qui manifeste sa lointaine parenté avec le mythe.



III) LA LEGENDE



Littéralement la Légende c’est : ce qui doit être lu, d’où les légendes qui accompagnent les cartes et les images pour les expliciter.



C’est un récit à caractère merveilleux où des faits historiques sont transformés par l’imagination populaire et/ou l’invention poétique.

La légende s’accroche sur un fait, un personnage réel mais dont on sait en général très peu de chose, l’ignorance d’une grande part des faits ou de la vie, des actes du personnage facilite l’extrapolation autour de lui.

Certains de ces personnages de légende ont donné lieu à des cycles complets où évoluent d’autres personnages qui pour certains ont également donné lieu à un cycle.

Je pense notamment à Roland : comte des marches de Bretagne tué dans l’attaque de l’arrière garde de l’armée de Charlemagne attaqué par des basques lors de son retour d’Espagne, ça c’est pour l’Histoire et on n’en sait pas plus sur lui.

Devenu le neveu de Charlemagne, il entre dans la légende avec son olifant et son épée Durandal, avant de mourir, il veut détruire Durandal en frappant le rocher, mais l’épée le fend sans se briser, dans les Pyrénées on vous montre aujourd’hui la « Brèche de Roland » sauf qu’il y en a plusieurs.

Comme on vous montre le cachot de Monte Christo au Château d’If ou le tombeau d’Arthur.

Arthur était Dux Bellorum (chef de guerre) et s’est battu en Bretagne (l’actuelle Grande Bretagne) contre l’envahisseur saxon, c’est tout ce que l’Histoire en dit.

Et autour de ce personnage totalement obscur se tisse la Matière de Bretagne avec les cycles des aventures des Chevaliers de la Table Ronde.

Plus soucieuse du détail que le conte, elle est toujours en formation et en évolution comme le mythe alors que le conte est un récit clos sur lui-même.



C’est dans ces trois genres de récits que puise la Fantasy, plus proche à mon sens du conte et de la légende que du mythe proprement dit, elle construit soit des récits indépendants, soit le plus souvent des trilogies ou des cycles plus longs, en incluant des créatures récurrentes imaginaires : le barbare (Conan), les elfes, les nains, les dragons, et un grand nombre d’autres créatures merveilleuses, bien ou malveillantes, elles vont soit aider le héros soit entraver sa quête.

La Fantasy inclus presque toujours des éléments magiques et des magiciens ou sorciers.

Elle est marquée par ces différents archétypes toujours recombinés avec plus ou moins de bonheur.

Et toujours plus ou moins sous jacente la lutte du Bien contre le Mal.

En cela, la Fantasy est proche du conte, par ses personnages, elle est proche de la légende, mais certains cycles sont fondés sur un mythe ou une prophétie que le ou les héros doivent accomplir.



Le héros de Fantasy, comme celui du conte a bien souvent des origines moins obscures qu’il ne pensait, et se trouve du jour au lendemain projeté dans des aventures qu’au début il ne maîtrise pas, c’est peut à peu qu’il découvre ce dont il est capable, parfois qu’il possède des pouvoirs magiques. Il est souvent accompagné et ses compagnons l’aident à s’accomplir jusqu’à la victoire finale sur les méchants.



Comme le conte, la Fantasy projette le lecteur dans un univers imaginaire sans aucune prétention au réalisme, il faut l’accepter comme tel.
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MessageSujet: Re: Etude de la fantasy   Mar 20 Avr 2010 - 21:28

Je suis ce fil avec beaucoup d'intérêt. Un grand bonheur !
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Etude de la fantasy
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