Forums Liens Utiles


 
AccueilAccueil  FAQFAQ  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 26Avril 1937: Guernica

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Tryskel
Miserere mei
avatar

Nombre de messages : 9740
Age : 69
Localisation : A l'Ouest d'Avalon
Date d'inscription : 25/09/2007

MessageSujet: 26Avril 1937: Guernica   Dim 25 Avr 2010 - 20:29

Le lundi 26 avril 1937, pendant un jour de marché, la petite ville basque de Guernica est bombardée par des avions allemands et italiens.
C'est la première fois dans l'Histoire moderne qu'une population urbaine est sciemment massacrée. Ce massacre a été voulu par Hitler, allié du général Franco dans la guerre civile espagnole, pour terroriser la population civile.André Larané.
Terrain d'essais militaires

Dès le début de la guerre civile, Hitler a utilisé l'Espagne comme un banc d'essai pour des armes nouvelles et un terrain d'entraînement pour ses aviateurs. En octobre 1936 a été créée une unité aérienne spéciale, la Légion Condor, sous le commandement du général Hugo Speerle. Il est assisté du lieutenant-colonel baron Wolfram von Richthofen, cousin du«Baron rouge», un autre aviateur, héros de la Grande Guerre.
Forte de 6500 hommes, la Légion Condor comprend quatre escadrilles de 12 avions de chasse et de bombardement, trois escadrilles de six avions de reconnaissance, une escadrille de six hydravions et un groupe de 48 blindés. Cette unité offre aux pilotes de guerre allemands des stages d'entraînement intensif en situation de guerre réelle. C'est une manière pour eux de contourner le traité de Versailles de 1919 qui leur interdit de développer leur aviation de guerre.Une tragique première

Lorsque les franquistes dirigent leurs attaques sur le pays basque et les Asturies, au nord-ouest de l'Espagne, la Légion Condor va s'acquérir une sinistre notoriété en bombardant Guernica.
Cette ville était connue pour son chêne sacré au pied duquel se réunissaient depuis le Moyen Âge les représentants du peuple basque. Tous les deux ans, du règne d'Isabelle de Castille à 1876, les représentants de la couronne espagnole avaient coutume de renouveler à cet endroit leur serment de respecter les libertés basques. Guernica était devenue au XXe siècle une cité industrielle de 7.000 âmes, pourvue de plusieurs usines d'armement.
La veille du drame, elle est traversée par les combattants républicains basques, les gudaris. Ils fuient l'avance des franquistes et tentent de gagner Bilbao, au nord, en vue d'y organiser une nouvelle ligne de défense. Le baron von Richthofen propose à ses alliés espagnols de couper la route aux fuyards en détruisant le pont de Rentería, au nord de Guernica. Il n'est pas officiellement question d'attaquer la ville proprement dite.
Dans les faits, les 33 bombardiers de la Légion Condor emportent dans leurs soutes non seulement des explosifs brisants et des bombes antipersonnelles utiles pour cette mission mais aussi 2500 bombes incendiaires.
Ces ogives bourrées d'aluminium et d'oxyde de fer sont capables d'élever la température environnante à 2700°C. Rien à voir avec la simple destruction d'un pont !
Accompagnés de plusieurs chasseurs et d'avions italiens, les bombardiers attaquent la ville en plusieurs vagues, au moment où se tient le marché, de 16h30 à 18h. Les deux tiers des maisons, la plupart en bois, sont détruites et incendiées.
À la faveur du bombardement, les nazis mettent au point une stratégie de terreur qu'ils auront l'occasion de réemployer pendant la Seconde Guerre mondiale, avec par exemple le sinistre sifflement des Stukas en piqué.
L'attaque fait selon les estimations les plus plausibles 800 à 1000 morts (*). Il est possible que le général Franco n'en ait pas été informé au préalable,... ce qui ne veut pas dire que, dans le cas contraire, il s'y serait opposé.
Dans un premier temps, le mardi, les nationalistes répandent la rumeur que l'attaque aurait été le fait des républicains eux-mêmes qui auraient dynamité la ville ! Ils sèment aussi le doute sur le nombre de victimes... Faute d'être crus, ils assurent que le bombardement était un acte de guerre justifié par la présence sur place de troupes et d'usines d'armement. Mais ces dernières n'ont pas été affectées par l'attaque, tout comme d'ailleurs le chêne sacré et le Parlement voisin, ainsi que le fameux pont de Rentería !
Trois jours plus tard, le 29 avril, c'est par ce même pont que les franquistes font leur entrée dans la ville dévastée. Le général Emilio Mola, qui n'a rien d'un tendre, est lui-même choqué par le spectacle de désolation. A l'étranger, les révélations sur le bombardement entraînent beaucoup de démocrates à retirer leur soutien au général Franco et au camp nationaliste...Indignation picturale

Dans les semaines qui suivent la tragédie de Guernica, alors que l'opinion internationale est encore sous le coup de l'émotion, le gouvernement espagnol (républicain) commande (et paie) à Pablo Ruiz Picasso, peintre espagnol résident à Paris, une oeuvre destinée à en perpétuer le souvenir.
L'artiste, qui est à cette époque inspiré par le thème de la corrida, compose une toile de proportions grandioses, en noir et blanc, où la souffrance est évoquée par des hommes mais aussi des chevaux et des taureaux déchiquetés et hurlant de douleur. Présentée à l'Exposition internationale des arts et techniques, à Paris, en mai 1937, Guernica est l'oeuvre à la tonalité la plus dramatique de la longue carrière de Picasso.


L'Espagne réconciliée avec elle-même expose aujourd'hui la toile au Musée de la reine Sophie, à Madrid, non loin de la gare d'Atocha... Cette gare a été frappée le 11 mars 2004 victime d'une autre forme de folie !Sources: www.herodote.net
Revenir en haut Aller en bas
lucarne



Nombre de messages : 5259
Age : 52
Localisation : Lyon
Date d'inscription : 29/01/2009

MessageSujet: Re: 26Avril 1937: Guernica   Dim 25 Avr 2010 - 21:15

Merci pour ce beau rappel.

Tryskel a écrit:
L'Espagne réconciliée avec elle-même
Hélas...

Citation :
Manifestations de soutien au juge Garzon

Par AFP, publié le 25/04/2010 à 17:30

Des milliers de personnes ont manifesté dans vingt-huit villes d'Espagne "contre l'impunité du franquisme" et pour défendre le juge espagnol accusé d'avoir voulu enquêter sur les crimes amnistiés du franquisme.

Des manifestations de soutien au juge Garzón, accusé d'avoir voulu enquêter sur les crimes amnistiés du franquisme, étaient organisées samedi dans plusieurs villes d'Espagne.

Des manifestations ont rassemblé plusieurs centaines de personnes à la mi-journée à Jaen (sud), Valence (est) et Las Palmas, aux Canaries, sous les slogans "contre l'impunité du franquisme" et "contre la criminalisation de Garzón". D'autres mobilisations ont eu lieu dans un total d'une vingtaine de villes en Espagne ainsi qu'à l'étranger, à Paris, Londres, Lisbonne, Buenos Aires et Mexico.

La plus importante s'est tenue à Madrid en fin d'après-midi. "Les Fascistes, hors des tribunaux!", "Justice universelle!", "Plus de juges comme Garzón", scandaient les milliers de Madrilènes qui ont défilé dans le centre de la capitale espagnole jusqu'à la Puerta del Sol.

Certains arboraient des photos en noir et blanc de personnes disparues tuées pendant le régime franquiste et des drapeaux républicains espagnols. Selon El Pais, ces manifestations ressemblaient d'ailleurs davantage à un hommage aux victimes du franquisme qu'à une défense de l'action du juge Garzón.

Des hommes politiques de gauche, des artistes, des parents de victimes du franquisme et des associations pour la mémoire historique ouvraient la marche. La manifestation des "Garzonistes", selon l'expression critique du quotidien conservateur ABC, s'est conclue par la lecture d'un manifeste par le cinéaste Pedro Almodovar, l'écrivaine Almudena Grandes et le poète communiste Marcos Ana.

Éliminer la loi d'amnistie de 1977 ?

Ces rassemblements ont été organisés par "un groupe de citoyens qui luttent pour la justice" qui se se disent étrangers à la politique et se sont beaucoup servis des réseaux sociaux comme Facebook pour mobiliser.

Un des organisateurs, Toni García a souligné samedi la nécessité d'éliminer la loi d'amnistie de 1977, disposition "injuste et ridicule" qui "empêche d'enquêter sur des crimes contre l'humanité" de la Guerre civile (1936-39) et de la dictature franquiste (1939-1975).

Le juge Garzón est poursuivi par le Tribunal suprême pour avoir voulu, pour la première fois en Espagne, enquêter sur les disparus de la Guerre civile et de la répression franquiste, en enfreignant, "sciemment" selon l'accusation, la loi d'amnistie générale votée en 1977, deux ans après la mort de Franco.

La mise en accusation du juge Garzón suscite une vive controverse en Espagne, où elle choque profondément les milieux de gauche et les associations de victimes du franquisme. La droite estime quant à elle que la justice doit suivre son cours en toute indépendance.

Le soutien de Felipe Gonzalez

Le juge Garzón a reçu le soutien remarqué de l'ex-chef de gouvernement socialiste Felipe Gonzalez que le magistrat avait pourtant mis gravement en cause avec son enquête dans les années 90 sur les Gal, organisation para-policière responsable de l'assassinat d'indépendantistes basques.

Gonzalez a qualifié vendredi "d'injuste et inexplicable" le futur procès contre Garzón, ajoutant: "vous savez que je n'ai pas une relation privilégiée avec Garzón et peut-être que cela donne plus de poids à mes mots".

À Madrid, une "contre-manifestation" devait se dérouler samedi en fin d'après-midi à l'appel du parti d'extrême-droite "La Phalange" pour "défendre l'honneur" de ceux qui ont "souffert la répression et l'assassinat par ceux de la deuxième République" espagnole (1931-36).

Garzón contre-attaque

Ces mobilisations interviennent alors que le juge Garzón a décidé de contre-attaquer, mettant directement en cause le juge du Tribunal suprême Luciano Varela qui veut le juger.

Garzón a demandé la récusation du juge Varela, estimant que ce dernier a manifesté son "intérêt indirect" et sa "partialité" dans cette affaire, selon l'acte officiel de demande de récusation.

Source L'Express : http://www.lexpress.fr/actualite/monde/europe/manifestations-de-soutien-au-juge-garzon_887338.html
Revenir en haut Aller en bas
http://sisyphe-heureux.blogspot.com/
Tryskel
Miserere mei
avatar

Nombre de messages : 9740
Age : 69
Localisation : A l'Ouest d'Avalon
Date d'inscription : 25/09/2007

MessageSujet: Re: 26Avril 1937: Guernica   Lun 26 Avr 2010 - 15:25

C'est l'article qui parle de réconciliation, mais le frnquisme, comme le "pinochisme" n'est hélas pas mort, ce qui se passe en Espagne aujourd'hui le prouve.
Ce qu'ils voulaient dire, c'est que Guernica, le tableau, était à New York parce que malgrè une demande officielle du gouvernement franquiste, Picasso a toujours refusé qu'il soit en Espagne tant que le franquisme régnait, il a accepté son exposition à Madrid après la mort de Franco.
Revenir en haut Aller en bas
Romane
Administrateur
avatar

Nombre de messages : 91113
Age : 62
Localisation : Kilomètre zéro
Date d'inscription : 01/09/2004

MessageSujet: Re: 26Avril 1937: Guernica   Dim 2 Mai 2010 - 2:30

Merci Trys pour cette brillante explication.
Je dois dire que les œuvres de Picasso me laisse généralement froide, mais que celle-ci est émotionnellement puissante !

Quant à Guernica, j'ai le souvenir d'une chorégraphie sur un texte évoquant ce thème, absolument remarquables (la choré et le texte). On y retrouvait les corps cassés, la vie broyée, cette formidable bêtise humaine dont certains civils ne peuvent plus parler...

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Bonjour, je suis Romane, alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane."
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
http://lessouffleursdereve.jimdo.com/
Revenir en haut Aller en bas
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: 26Avril 1937: Guernica   

Revenir en haut Aller en bas
 
26Avril 1937: Guernica
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» 26Avril 1937: Guernica
» Dustin Hoffman 1937
» James M. Barrie (1860 - 1937), le père de Peter Pan
» 1937 Ford corbillard
» [Walt Disney] La Revue de Mickey (1937)

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Forums Liens Utiles :: Connaissance du Monde :: Il était une fois... :: Anniversaire du jour-
Sauter vers: