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 L'histoire du capitalisme

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Tryskel
Miserere mei


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MessageSujet: Re: L'histoire du capitalisme   Ven 21 Mai 2010 - 18:24

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/la-terre-a-qui-appartient-elle-75308?utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed%3A+agoravox%2FgEOF+%28AgoraVox+-+le+journal+citoyen%29

Le Moyen Age n'est pas capitaliste, même si les banquiers apparaissent très tôt.
Ils ne l'est pas parce que l'argent en temps que tel n'a pas de valeur, le peu qu'on les riches, ils se dépêchent de le dépenser parce que la dépense montre la générosité, on est dans une société du don (pour ceux qui ont de quoi donner) où la seule vraie richesse est la terre, où on laisse des terres communales ou de "Vaine pâture" à ceux qui n'en ont pas. Un système qui permet la survie des plus pauvres.

" Quels sont les éléments constitutifs du capitalisme qui n'exitent pas dans l'Europe médièvale?
Une alimentation suffisante et régulière en métaux précieux ou en monnaie papier.
Hors jusqu'à la fin du XVème siècle la monnaie manque, on est dans une économie de troc, de paiement en nature. ce n'est qu'après la découverte de l'Amérique et le transfert régulier en Europe de masses de métaux précieux, or et argent que cette première exigence du capitalisme fut satisfaite.
Une deuxième condition fut la formation, à la place de la multiplicité de marché qui avait fragmenté l'usage des monnaies imparfaitement réglé par les foires et les Lombards, d'un unique marché qui qui ne se constitua qu'à partir du XVIème siècle, et qui n'est d'ailleurs pas encore entièrement achevé, à travers une succsession de mondialisations.
La troisième institution décisive fut l'appartion d'un organisme qui n'avait pas réussi à s'imposer à Anvers au XVème et qui s'établit enfin à Amsterdam en 1609: La Bourse"
Source: Le Moyen Age et l'Argent: Jacques le Goff

jacques le Goff est notre plus grand médiéviste, c'est son dernier essaiqui vient de paraître.

L'Europe n'existe pas.
Juste celle du fric, donc du Capital, que ce soit à 6 ou à 57, ou plus, c'est juste une mécanique.
La vraie Europe serait celle des peuples , de la culture et du social, on en est loin.
Ils n'ont pas sauvé la Grèce, ils se sont auto protégé au moins provisoirement contre les "marchés" autrement dit les spéculateurs, enfin ils ont fait semblant de croire qu'ils se protégeaient parce que la spéculation se nourissant d'elle même repart de plus belle.

Et ne me demandez pas de plaindre les actionnaires qui perdent des sous, qu'ils soient petits ou gros, ils sont tous à fourrer dans le même bas de laine!
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noann



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MessageSujet: Re: L'histoire du capitalisme   Ven 21 Mai 2010 - 18:42

Tryskel a écrit:

Et ne me demandez pas de plaindre les actionnaires qui perdent des sous, qu'ils soient petits ou gros, ils sont tous à fourrer dans le même bas de laine!

Là vous exagérez.

Les entreprises ont besoin des actionnaires, certaines du moins, et nous avons tous besoin des entreprises.

On a fait beaucoup de social ces dernières décennies, tant mieux, mais opposer le social à l'économie est une option manichéenne qui finira par nous jeter tous sur la paille. Quand on dit : les patrons les investisseurs, les actionnaires.. tous dans le même sac, on fait du tort à tout le monde !

Ce n'est pas contre ceux qui gagnent de l'argent qu'il faut lutter, c'est contre ceux qui le font mal, sans sentiment, au détriment absolu des autres.
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Tryskel
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MessageSujet: Re: L'histoire du capitalisme   Ven 21 Mai 2010 - 18:55

[quote="noann

Ce n'est pas contre ceux qui gagnent de l'argent qu'il faut lutter, c'est contre ceux qui le font mal, sans sentiment, au détriment absolu des autres.[/quote]

Je suis d'accord Noann, ne jetons pas le bébé avec l'eau du bain, mais le seul mot d'actionnaire me colle des boutons!
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noann



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MessageSujet: Re: L'histoire du capitalisme   Ven 21 Mai 2010 - 19:02

Tryskel a écrit:

Je suis d'accord Noann, ne jetons pas le bébé avec l'eau du bain, mais le seul mot d'actionnaire me colle des boutons!

Moi aussi !

Mais faisons au moins la différence entre petit porteur retraité, et day-trader qui spécule à mort (mort de l'ouvrier )

Je vous assure, moi je place mon petit pécule dans des titres surtout parce que je ne gagne pas (plus) grand chose, et que je veux arrondir (et en fait j'arrondis surtout vers le bas !).
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Tryskel
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MessageSujet: Re: L'histoire du capitalisme   Ven 21 Mai 2010 - 20:24

Je suis d'accord sur le principe Iomi.
Cercle vertueux/ cercle vicieux...
L'entreprise "vertueuse" est celle qui selon le principe de base du capitalisme tel qu'on me l'enseigna, réinvestit l'argent qu'elle gagne dans des structures qui lui permettent de s'étendre et/ou de mieux travailler, par là même crée des emplois.
L'entreprise vicieuse est celle qui perd de vue le sens même du mot entreprise pour placer ses bénéfices au lieu de les réinvestir dans la production et distribue des dividendes scandaleux à ses actionnaires, et cerise sur le gâteau, délocalise et licencie pour gagner toujours plus et satisfaire ces mêmes actionnaires.
En fermant des sites, en délocalisant elles acccentuent le chômage par effet boule de neige qui touchent directement leurs fournisseurs et leurs sous traitant, et l'entreprise, plus c'est gros, plus ça encaisse, plus c'est vicieux!
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lucarne



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MessageSujet: Re: L'histoire du capitalisme   Ven 21 Mai 2010 - 23:40

noann a écrit:
Tryskel a écrit:

Et ne me demandez pas de plaindre les actionnaires qui perdent des sous, qu'ils soient petits ou gros, ils sont tous à fourrer dans le même bas de laine!
Là vous exagérez.
Je ne trouve rien d'exagéré dans ces propos. Les actionnaires, petits ou gros, sont des personnes qui gagnent de l'argent sans rien faire. Et je ne connais pas un seul exemple où l'arrivée de l'actionnariat dans une entreprise ne se soit pas fait aux dépends des salariés.
Tout ce qui compte alors est de satisfaire les actionnaires. Que l'entreprise fonctionne de plus en plus mal, que les salariés pètent les plombs, qu'ils gagnent à peine de quoi vivre, tout cela, on s'en fiche. Alors, peu à peu, l'entreprise décline, et les salariés deviendront tôt ou tard des chômeurs. Mais ce n'est pas grave puisque les actionnaires pourront quitter le navire et aller voir ailleurs.
Bien sûr que les petits actionnaires trinquent plus que les gros quand ça va mal, mais franchement, le principe de l'actionnariat est le pire qui soit pour l'entreprise, tant économiquement qu'humainement.
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Romane
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MessageSujet: Re: L'histoire du capitalisme   Sam 22 Mai 2010 - 12:15

Eh bien mes p'tits loups, je viens de parcourir la suite du fil, très intéressant, ceci dit en passant. Mais voyez, la réflexion que je me fais à l'issue de cette lecture :

Vous n'avez pas l'impression de tourner autour du système social/économique/humain de la même manière que l'on tourne autour du sujet de la mort : quelque chose d'incontournable que ça plaise ou non, qu'on pense ou non qu'il y ait une autre forme de vie ou le néant une fois passé l'arme à gauche ?

Parce que les solutions, je ne les vois pas. Les grandes questions : alors on fait quoi ? Je ne leur vois aucune réponse. Alors c'est quoi ? Mouliner à vide ? C'est l'impression que ça me laisse. La pensée fait que chacun essaye de comprendre (l'histoire du capitalisme est intéressante, vos contributions le montrent bien), mais dans les actes, tout le monde s'accorde à dire que tout le monde se crève au boulot pour finir par récolter des clopinettes et bien peu de considération, pendant que le corps se fatigue et la tête se laisse creuser pour trouver quelque piste à confort bien mérité.

Alors au fond, eh bien je me dis que les petites gouttes d'eau qui forment les grands océans dont parlait Luca je crois plus haut, ce à quoi j'adhère personnellement à cent pour cent, ne sont pas si stupides que cela, malgré certains regards qu'on croise et qui semblent condescendants, ou encore plus simplement d'autres regards qui montrent une parfaite indifférence (ceci de manière générale dans la vie, hein, je n'axe rien sur quelqu'un en particulier, que ce soit bien clair).

Donc finalement, chacun fait ce qu'il peut, comme il peut, avec ses poids et ses capacités, dans le grand enchevêtrement des rouages de la vie.

Mais d'autre solution, je n'en vois toujours pas se pointer à l'horizon, et ce n'est pas demain la veille qu'on la verra arriver.

Alors quoi ? Ben que chacun trouve comment vivre son temps de vie de manière à ce qu'il soit le plus doux possible. Se malmener soi-même au nom de l'humanité ne mène à rien si ce n'est sacrifier une vie, et sacrifier une vie ne peut servir qu'à une autre goutte d'eau, pas au grand fleuve qui poursuit inexorablement son chemin.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Bonjour, je suis Romane, alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane."
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
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MessageSujet: Re: L'histoire du capitalisme   Sam 22 Mai 2010 - 12:59

Romane a écrit:
Alors quoi ? Ben que chacun trouve comment vivre son temps de vie de manière à ce qu'il soit le plus doux possible. Se malmener soi-même au nom de l'humanité ne mène à rien si ce n'est sacrifier une vie, et sacrifier une vie ne peut servir qu'à une autre goutte d'eau, pas au grand fleuve qui poursuit inexorablement son chemin.

C'est la sagesse même !

chinois
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noann



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MessageSujet: Re: L'histoire du capitalisme   Sam 22 Mai 2010 - 13:03

lucaerne a écrit:

Les actionnaires, petits ou gros, sont des personnes qui gagnent de l'argent sans rien faire.

Ou qui perdent de l'argent sans rien faire

N'oubliez pas que le capital de départ, il a fallu l'acquérir, souvent par le travail. Après, bon an mal an, quand ça rapporte 10 % on est content, un peu plus qu'un livret.
Mais bon c'est sur qu'il y en a qui s'en foutent plein les poches au détriment du monde

A propos des entreprises qui délocalisent, dégueulasse, oui d'accord... Mais les clients qui achètent chinois, sans se soucier de la petite couturière courbaturée et de la perte d'emploi ici...... qu'en penser ?

Je crois que chacun à un rôle dans le malheur d'un autre (ou le bonheur d'un autre a contrario). On peste contre le capitalisme, oui oui, mais (presque) tout le monde en profite. On gueule contre les nantis qui sont de l'autre côté de la facture, mais on leur achète leurs produits venus de l'est au détriment des ouvriers, de l'écologie, de l'emploi.
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lucarne



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MessageSujet: Re: L'histoire du capitalisme   Sam 22 Mai 2010 - 13:47

Romane a écrit:
sacrifier une vie ne peut servir qu'à une autre goutte d'eau, pas au grand fleuve qui poursuit inexorablement son chemin.
chinois chinois chinois

Quant aux clients qui achètent chinois, on en revient toujours au même constat :
1) Les entreprises ne pensent plus qu'à la satisfaction de leurs actionnaires.
2) Les salariés voient leur pouvoir d'achat fondre et leur précarité augmenter sans cesse.
3) Quand il faut habiller les enfants, ces salariés achètent chinois parce qu'ils n'ont plus le choix.
4) Les entreprises voient leurs marchés s'effondrer.
Et on repart au 1.
Et tant que tout le monde joue son petit rôle, on reste dans le cercle vicieux.

Il y a quelques temps, mon entreprise a ouvert son capital. Avec mes collègues, nous parlions souvent de la dégradation de nos conditions de travail tout autant que de la qualité des prestations rendues. Et pourtant, la grande majorité des salariés s'est précipitée pour acheter des actions (on ne résiste apparemment pas aux pseudo-sirènes).
Conclusion : Pour gagner quelques clopinettes, ils participent eux-mêmes à scier la branche sur laquelle ils sont assis. Cherchez l'erreur...

Donc, les petits actionnaires, en croyant gagner trois francs six sous, participent directement à installer le système qui les plume. Et les gros requins se frottent les mains.
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MessageSujet: Re: L'histoire du capitalisme   Sam 22 Mai 2010 - 13:50

lucaerne a écrit:

Donc, les petits actionnaires, en croyant gagner trois francs six sous, participent directement à installer le système qui les plume. Et les gros requins se frottent les mains.

Les clients aussi, pour gagner trois centimes, achètent asiatique, ce qui contribue à la délocalisation et à l'appauvrissement de l'économie européenne.
Oui certains n'ont pas le choix (quoique), mais ceux qui ont le choix n'agissent pas autrement.
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lucarne



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MessageSujet: Re: L'histoire du capitalisme   Sam 22 Mai 2010 - 14:00

Désolée Noann, mais sur ce point, tu ne me feras pas changer d'avis.
J'ai vu les dégâts que générait l'arrivée de l'actionnariat dans une entreprise. Ils l'ont aussi vu à France Télécom...

J'ai aussi connu la période "aller faire ces courses avec le dernier billet de 100 francs qui reste pour le mois". Il ne s'agissait pas de gagner quelque argent, il s'agissait d'acheter à manger et de quoi habiller mes mômes. Alors quand un t-shirt chinois valait 10 francs contre 50 pour un français, je ne pouvais pas faire autrement car la différence me permettait de mettre ce budget dans l'alimentation.

Et crois-moi, si mon employeur avait augmenté mon salaire (pour rémunérer mon travail) au lieu de verser des dividendes aux actionnaires (pour rémunérer leur non-travail), je me serais fait un plaisir d'acheter "éthique".
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noann



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MessageSujet: Re: L'histoire du capitalisme   Sam 22 Mai 2010 - 14:12

lucaerne a écrit:
J'ai aussi connu la période "aller faire ces courses avec le dernier billet de 100 francs qui reste pour le mois". Il ne s'agissait pas de gagner quelque argent, il s'agissait d'acheter à manger et de quoi habiller mes mômes. Alors quand un t-shirt chinois valait 10 francs contre 50 pour un français, je ne pouvais pas faire autrement car la différence me permettait de mettre ce budget dans l'alimentation.

Je ne dis pas le contraire, mais c'est du tournage en rond.

Le système actuel me semble un équilibre dû à l'avantage que tirent un grand nombre de personnes, pas seulement des actionnaires.

Bien d'autres personnes profitent du système. Patrons qui gagnent plus en délocalisant. Intermédiaires, importateurs. Nouveaux patrons chinois qui s'enrichissent. Et même familles asiatiques qui sont sauvées d'une mort de faim prématurée (mais à quelle condition il est vrai !)

Et même, je dirai, au risque de me faire des ennemis, l'on trouvera certains chômeurs et préretraités qui sont satisfaits de leur condition, ne veulent pas spécialement travailler, qui sont bien contents que tout le labeur soit fait à l'étranger, pouvoir acheter moins cher des produits et se contenter ainsi des émoluments que la société leur donne.
Si l'économie ici marchait mieux, certains devraient retravailler et je ne suis pas sur que ça plaise à tout le monde.

Donc on râle, oui, mais on sait profiter du système aussi (moi le premier ! j'avoue !)

La question que je me pose est : si vous gagniez le double, refuseriez-vous d'acheter tout ce qui est fabriqué à l'étranger ? Mais la réponse est simple : il suffit de regarder ceux qui gagnent le double de vous. Achètent-ils 'éthique' pour autant ? Non.
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lucarne



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MessageSujet: Re: L'histoire du capitalisme   Sam 22 Mai 2010 - 15:06

noann a écrit:
Si l'économie ici marchait mieux, certains devraient retravailler et je ne suis pas sur que ça plaise à tout le monde.
Mouai... Propos entendus tellement souvent, et pourtant ils me font toujours autant froid dans le dos. Il me semble important de ne pas se tromper de responsables.
Si être chômeur était aussi confortable, je suppose que nous le serions tous, s'pas...
Si l'économie marchait mieux, il n'y aurait peut-être plus de chômeurs, mais il y aurait probablement encore autant de riches profiteurs.
Si l'économie marchait mieux, il y aurait du travail pour tout le monde, donc plus "d'excuse" (en faut-il ?) pour ne pas travailler. Mais la bourse et la spéculation resterait toujours à mes yeux une parfaite ineptie.
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noann



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MessageSujet: Re: L'histoire du capitalisme   Sam 22 Mai 2010 - 15:33

[quote="lucaerne"]
noann a écrit:
Mais la bourse et la spéculation resterait toujours à mes yeux une parfaite ineptie.

Une question : avez-vous un livret d'épargne ?

Si la réponse est oui, vous êtes vous aussi spéculateur (trice). Que fait votre banque avec cet argent ? Elle le place. Elle investit. Qui sont les plus grands spéculateurs ? Les banques qui jouent avec l'argent de leurs clients. Pourquoi croyez-vous que plusieurs banques ont été menacées de faillite ?

Pour pouvoir se considérer comme tout à fait étranger à la spéculation, il faut ne pas mettre du tout les pieds dans une banque.
Pour acheter de façon équitable, il ne faut rien acheter à l'est.
etc etc etc

Bref, pour vivre de façon étique, il faut se construire un cabanon, vivre de son potager, et se mettre une plume quelque part.

De façon directe ou indirecte, nous contribuons tous à l'économie de marché.
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lucarne



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MessageSujet: Re: L'histoire du capitalisme   Sam 22 Mai 2010 - 15:44

noann a écrit:
Une question : avez-vous un livret d'épargne ?
Ben non...

Et bien sûr, il est difficile, et même impossible d'être parfait. Mais ça n'empêche pas de réfléchir et de faire du mieux que l'on peut. Si déjà tout le monde en faisait autant, ce serait un progrès.


noann a écrit:
Bref, pour vivre de façon étique
Joli lapsus ! Wink
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MessageSujet: Re: L'histoire du capitalisme   Sam 22 Mai 2010 - 15:57

lucaerne a écrit:
noann a écrit:
Une question : avez-vous un livret d'épargne ?
Ben non...

Et bien sûr, il est difficile, et même impossible d'être parfait. Mais ça n'empêche pas de réfléchir et de faire du mieux que l'on peut. Si déjà tout le monde en faisait autant, ce serait un progrès.


noann a écrit:
Bref, pour vivre de façon étique
Joli lapsus ! Wink

ouaiiiis. Éthique bien entendu

Bah oui faire du mieux qu'on peut. C'est ce que tout le monde fait, en fait, mais... pour soi. Reste à faire ce qu'on peut, pour les autres !
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Tryskel
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MessageSujet: Re: L'histoire du capitalisme   Sam 22 Mai 2010 - 16:41

lucaerne a écrit:


Et bien sûr, il est difficile, et même impossible d'être parfait. Mais ça n'empêche pas de réfléchir et de faire du mieux que l'on peut. Si déjà tout le monde en faisait autant, ce serait un progrès.


noann a écrit:
Bref, pour vivre de façon étique
Joli lapsus ! Wink

Ben oui, juste chacun à son niveau se serait déjà bien.
regarder les étiquettes pour pas acheter chinois.
Quand Adidas a annoncé qu'il quittait la Chine, je me suis dit "Tiens, ils ont compris, ils font un geste", tu parles!
Ils ont "délocalisé" de Chine où l'ouvrier (et c'est bien de souligner dans quelles conditions travaillent les ouvriers là bas) touche 100 euros par mois, une vraie fortune, et comble du scandale commence à revendiquer des trucs aussi farfelus que des salaires décents et une sécurité sociale, délocalisation pour le Viet Nam où l'ouvrier touche 40 euros par mois et ne revendique pas!

Si votre boîte annonce qu'elle va pas bien et qu'elle perd de l'argent, vous avez du souci à vous faire parce que vous allez vous faire virer.
Si votre boîte annonce qu'elle va bien et qu'elle gagne de l'argent, vous avez du souci à vous faire parce que, pour qu'elle en gagne encore plus, vu qu'elle estime que vous lui coûtez trop cher, vous allez vous faire virer.

C'est le système qui est intrinséquement pervers depuis que le financier est dans sa bulle complètement déconnecté de l'économique.
Depuis que les actionnaires exigent que leur argent leur rapporte de l'argent. Finit les "placements de pères de famille" qui rapportaient moins et pas si vite mais surement, parce que le rapport était lié à la bonne santé des entreprises.

Il y a ceux qui bossent et gagnent juste de quoi survivre, on revient au XIXème siècle.
Quand on voit des gens qui tout en travaillant ne trouvent pas à se loger décement parce qu'ils ne gagnent pas assez ou sont en CDD, et que les propriètaires exigent des garanties pour certains de plus en plus lourdes, qu'on manque en France cruellement de logement sociaux, on voit bien que le système n'est pas du tout équilibré.

On peut choisir de ne pas travailler, auquel cas on n'a pas à se plaindre, on choisit jamais de se faire licencier d'une boîte quand elle marche ou juste parce qu'aprés rachat on est victime de ce qui s'appelle pudiquement un "Plan de restructuration", traduisez: le repreneur veut plus de fric, donc il écrème ces salariés suceurs de benefs, parce que le repreneur c'est souvent un fond de pension dont les actionnaires veulent plus de sous, et plus ça va pire c'est.

Je suis à la retraite, on me dit" mais tu pourrais donner des cours pour avoir plus d'argent".
Ben nan!
Donner des cours c'est à peu près le seul boulot que je sais faire mais j'en ai marre, et pis y'a plein de jeunes qui demandent que ça et qui en plus besoin que moi.
Si mon ex employeur qui bat le rappel de ses retraités pour remplacer les profs dont il supprime les postes revenait me chercher je l'enverrais se faire voir, question d'éthique!
Je touche ce que je touche, je fais avec!
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Vilain
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MessageSujet: Re: L'histoire du capitalisme   Sam 22 Mai 2010 - 18:40

y'a juste un truc...c'est que certains n'ont pas le choix...faut "travailler" ou "voler"...et que pour d'autres " voler les autres pour ne rien faire et s'enrichir"
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lucarne



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MessageSujet: Re: L'histoire du capitalisme   Sam 22 Mai 2010 - 19:31

Long, mais passionnant, et hélas de plus en plus d'actualité :

*
L'horreur économique, de Viviane Forrester (1996)

En résumé…

"Nous vivons au sein d'un leurre magistral, d'un monde disparu que des politiques artificielles prétendent perpétuer. Nos concepts du travail et par là du chômage, autour desquels la politique se joue (ou prétend se jouer) n'ont plus de substance : des millions de vies sont ravagées, des destins sont anéantis par cet anachronisme. L'imposture générale continue d'imposer les systèmes d'une société périmée afin que passe inaperçue une nouvelle forme de civilisation qui déjà pointe, où seul un très faible pourcentage de la population terrestre trouvera des fonctions. L'extinction du travail passe pour une simple éclipse alors que, pour la première fois dans l'Histoire, l'ensemble des êtres humains est de moins en moins nécessaire au petit nombre qui façonne l'économie et détient le pouvoir. Nous découvrons qu'au-delà de l'exploitation des hommes, il y avait pire, et que, devant le fait de n'être plus même exploitable, la foule des hommes tenus pour superflus peut trembler, et chaque homme dans cette foule. De l'exploitation à l'exclusion, de l'exclusion à l'élimination... ?"


EXTRAITS

Rechercher un travail qui n'existe pas…


"On ne sait s'il est risible ou bien sinistre, lors d'une perpétuelle, indéracinable et croissante pénurie d'emplois, d'imposer à chacun des chômeurs décomptés par millions – et ce, chaque jour ouvrable de chaque semaine, chaque mois, chaque année – la recherche 'effective et permanente' de ce travail qu'il n'y a pas."

Les riches n'ont plus besoin des pauvres

"[...] La pente suivie est bien celle-là, néanmoins. Une quantité majeure d'êtres humains n'est déjà plus nécessaire au petit nombre qui, façonnant l'économie, détient le pouvoir. Des êtres humains en foules se retrouvent ainsi, selon les logiques régnantes, sans raison raisonnable de vivre en ce monde où pourtant ils sont advenus à la vie."

"Qu'elle qu'ait pu être l'histoire de la barbarie au cours des siècles, jusqu'ici l'ensemble des humains a toujours bénéficié d'une garantie : il était essentiel au fonctionnement de la planète comme à la production, à l'exploitation des instruments du profit dont il figurait une part. Autant d'éléments qui le préservaient.
Pour la première fois, la masse humaine n'est plus matériellement nécessaire [...]"

Les pauvres ont-ils le droit de vivre ?

"Nul n'osera déclarer, en démocratie, que la vie n'est pas un droit, qu'une multitude de vivants est en nombre excédentaire. Mais, sous un régime totalitaire, ne l'oserait-on pas ? Ne l'a-t-on pas osé déjà ? Et n'en admettons-nous pas déjà le principe, tout en le déplorant, lorsqu'à des distances équivalentes à celles de nos lieux de vacances, la famine décime des populations ?"

L'Économie au pouvoir

"Voici donc l'économie privée lâchée comme jamais en toute liberté – cette liberté qu'elle a tant revendiquée et qui se traduit en déréglementations légalisées, en anarchie officielle. Liberté assortie de tous les droits, de toutes les permissivités. Débridée, elle sature de ses logiques d'une civilisation qui s'achève et dont elle active le naufrage."

"[...] la priorité de leurs bilans tient lieu de loi universelle, de dogme, de postulat sacré, et c'est avec la logique des justes, l'impassible bienveillance des belles âmes et des grands vertueux, le sérieux des théoriciens, qu'est provoqué le dénuement d'un nombre toujours croissant d'êtres humains et que sont perpétrés la soustraction des droits, la spoliation des vies, le massacre des santés, l'exposition des corps au froid, à la faim, aux heures vides, à la vie horrifiée."

Le tiers-monde

"Cette agrégation d'anonymats, on la retrouve, démultipliée, dans ces foules immenses abandonnées sur d'autres continents, des populations entières, parfois, livrées à la famine, aux épidémies, à toutes les formes de génocides, et souvent sous l'emprise de potentats agréés et soutenus par les grandes puissances. Foules d'Afrique, d'Amérique du Sud. Misère du sous-continent indien. Tant d'autres. Échelles monstrueuses, et l'indifférence occidentale à la mort latente ou aux hécatombes qui se déroulent à des distances qui sont celles de banales destinations touristiques."

"Indifférence aux masses de vivants sacrifiés ; quelques minutes d'émotion, toutefois, lorsque la télévision diffuse deux ou trois images de ces dérélictions, de ces tortures, et que nous nous grisons discrètement de nos indignations magnanimes, de la générosité de nos émotions, de nos serrements de cœur sous-tendus par la satisfaction, plus discrète encore, de n'être que des spectateurs – mais dominants."

"Mais qui d'entre nous hurle en apprenant qu'aux Indes, par exemple, des pauvres vendent leurs organes (rein, cornée, etc.) afin de subsister un temps ? [...] Quels boucliers levés contre le tourisme sexuel ?"

La pauvreté se développe dans les pays riches

"[...] loin de voir les zones sinistrées [le tiers-monde] sortir de leur désastre et rejoindre les nations prospères – comme on avait pu le croire, comme on avait cru pouvoir le croire –, on assiste à l'instauration de ce désastre dans des sociétés jusque-là en expansion et d'ailleurs toujours aussi riches qu'auparavant, mais où les modes d'acquisition du profit se sont transformés."

"L'accentuation du chômage dans les pays développés tend […] à les faire insensiblement rejoindre la pauvreté du tiers-monde. On avait pu espérer voir se produire le contraire, et la prospérité se propager ; c'est la misère qui se mondialise et se répartit dans les contrées jusqu'ici favorisées, avec une équité qui fait honneur aux partisans de ce terme en vogue."

L'indifférence

"L'indifférence est féroce. Elle constitue le parti le plus actif, sans doute le plus puissant. Elle permet toutes les exactions, les déviations les plus funestes, les plus sordides. Ce siècle en est un tragique témoin."

Vous avez perdu votre travail ? Perdez donc aussi votre logement…

"Quelle corrélation raisonnable peut-il y avoir, par exemple, entre perdre un travail et se faire expulser, se retrouver à la rue ? La punition n'a aucune commune mesure avec le motif avancé, donné pour évident. Que soit traité comme un crime le fait de ne pas pouvoir payer, de ne plus pouvoir payer, de ne pas réussir à payer, est déjà en soi surprenant, si l'on y réfléchit. Mais être ainsi châtié, jeté à la rue, pour n'avoir plus été en mesure de régler un loyer parce que l'on n'a plus de travail [...] relève du démentiel ou d'une perversité délibérée. D'autant plus qu'un domicile sera exigé pour conserver ou trouver ce travail qui seul permettrait se retrouver un domicile. [...] Ce n'est pas seulement injuste, c'est d'une atroce absurdité, d'une bêtise consternante, qui rend comiques les allures suffisantes de nos sociétés dites civilisées."

Dresser les pauvres contre les pauvres pour mieux régner

"Faire ici une différence entre Français de souche et enfants d'immigrés ayant ou non droit à la citoyenneté française, reviendrait à tomber dans l'un des pièges destinés à distraire de l'essentiel pour régner. Il s'agit avant tout de pauvres. Et de pauvreté."

"Même si on dresse des pauvres contre des pauvres, des opprimés contre des opprimés et non contre les oppresseurs, contre ce qui opprime, c'est cette condition-là qui est visée, brimée, et que l'on répudie. On a rarement vu, à notre connaissance, un émir expulsé, 'scotché' dans un charter !"

La violence des pauvres justifie leur rejet

"Ils ne peuvent secouer leur sort et leur joug que par des moyens détournés, souvent dans la violence, dans l'illégalité, qui les affaiblissent davantage et répondent en un sens aux vœux de ceux qui ont intérêt à les maintenir à l'écart dans cet abandon, ainsi justifié."

Ces patrons qui utilisent les aides de l'État pour délocaliser

"[...] l'entreprise se voit offrir ces mille subventions, exonérations, possibilités de contrats avantageux pour elle afin qu'elle embauche. Et ne délocalise pas. Bienveillante, elle prend. N'embauche pas. Délocalise ou menace de le faire si tout ne se passe pas à son gré."

"[...] Ou bien, toujours sur les ondes [note : RTL, 8 juillet 1995], c'est le président du CNPF, le patron des 'forces vives' de ce pays, qui, à propos d'avantages récemment consentis (offerts avec enthousiasme, plutôt) à ses troupes afin toujours qu'elles embauchent, se montre réticent non à accepter d'en profiter, ce qu'avec ses ouailles il s'apprête à faire, mais à ce qui leur est demandé (timidement suggéré plutôt) en retour. Assez scandalisé, il finit par admettre que chez Untel, dans telle entreprise, on pourra peut-être, grâce aux subventions accordées pour embaucher, 'faire l'effort de diminuer un peu le taux de licenciement annuel, qui est de 5%' ! D'ailleurs, 'parler de contrepartie en ce domaine dénote une mauvaise compréhension de la réalité économique' [note : Tribune Desfossé, 30 mai 1994.]."

Employer ? un acte de charité

"[...] les employeurs [...] ne consentent à faire quelques efforts languissants pour embaucher ou pour ne pas licencier des travailleurs que si ces travailleurs sont mis en condition d'accepter n'importe quoi. [...] Il est donc normal de disposer de ces oiseux, de discuter à leur propos sans qu'ils aient accès à ces discussions. Normal encore que ceux qui détiennent la dignité puissent parler à leur place, et puissent envisager de les dresser comme on ferait d'animaux, avec des méthodes efficaces comme celle qui consiste à les inscrire pour leur bien dans une 'insécurité' méthodiquement étudiée, délibérément organisée, aux retombées cependant si douloureuses qu'elles peuvent saccager des vies, les abréger parfois.
N'est-ce pas faire acte de charité que de s'occuper d'eux ?"

Les fuites de capitaux, les boucs émissaires et les politiques

"Quant aux fuites de capitaux hors de tout circuit fiscal, elles priveront de ressources les structures économiques et sociales de l'État escroqué. [...]
Mais qui s'en indignerait vraiment, hormis certains spécialistes ? L'opinion se soucie bien davantage (et avec véhémence) de la présence 'd'étrangers' – c'est-à-dire d'étrangers pauvres – supposés rafler des emplois inexistants [...].
Sus aux immigrés qui entrent, bon vent aux capitaux qui sortent ! Il est plus facile de s'en prendre aux faibles qui arrivent, ou qui sont là, et même arrivés depuis longtemps, qu'aux puissants qui désertent !"

"Les pouvoirs et les puissances se gardent bien de rien éclairer. Ils attisent les rejets, apprécient le flou dans lequel se trament les délocalisations, les fuites de capitaux et autres opérations plus ou moins licites, et savourent la tranquillité de leur règne sur des ouailles divisées.
Les pays occidentaux ferment donc jalousement leurs frontières terrestres à 'la misère du monde', mais laissent s'échapper par des routes virtuelles les richesses auxquelles leurs citoyens impuissants, désinformés, s'imaginent avoir encore droit, celles qu'ils croient encore posséder et devoir défendre, mais qu'ils laissent fuir sans émotion."

"Ce ne sont pas les immigrés qui épuisent chez nous une masse salariale déjà en voie de disparition, mais plutôt, parmi les habitants des contrées défavorisées, ceux qui ne sont pas devenus des étrangers, ceux qui n'ont pas émigré, mais qui, demeurés au sein de leurs propres pays, travaillent à des prix (si l'on peut dire) d'aumône, sans protection sociale, dans des conditions oubliées ici. [...]
Les marchés peuvent choisir leurs pauvres dans des circuits élargis ; le catalogue s'enrichit, car il existe désormais des pauvres pauvres et des pauvres riches. Et il en existe – on en découvre toujours – d'encore plus pauvres, moins difficiles, moins 'exigeants'. Pas exigeants du tout. Des soldes fantastiques. Des promotions partout. Le travail est pour rien si l'on sait voyager. Autre avantage : le choix de ces pauvres-là, de ces pauvres pauvres, appauvrira les pauvres riches qui, devenus plus pauvres, proches des pauvres pauvres, seront à leur tour moins exigeants. La belle époque !"

L'ultralibéralisme ou l'alignement vers le bas

" [...] Rien ne saurait mieux démontrer la puissance de l'économie privée, son hégémonie. [...] Rien, sinon le chantage exercé à partir de là sur les politiques des pays développés afin qu'elles s'alignent sur le bas, diminuent la fiscalité, réduisent les dépensent publiques, les protections sociales, réglementent les déréglementations, les dérégulations, et 'libèrent' le droit de licencier sans contrôle, abolissent le salaire minimum, flexibilisent le travail, et cætera, et cætera."

Les sous-SMIC

"On se rue sur les CES, qui offrent de si belles carrières et débouchent, avec un peu de chance, sur un autre CES, c'est-à-dire un contrat à temps déterminé, tout à fait temporaire. Travail à temps partiel. Salaire équivalent à la moitié du SMIC, soit environ 2 800 F par mois !"

Baisse du chômage, hantise de la Bourse

"Un détail presque anecdotique. Alors que tous les politiciens s'égosillent à nous confier leur ardeur à lutter contre le chômage, l'annonce d'une baisse de celui-ci aux États-Unis a fait s'effondrer, très récemment, les cours de la Bourse dans le monde entier. On pouvait lire dans Le Monde du 12 mars 1996 : 'Le vendredi 8 mars laissera sur les marchés financiers la trace d'une journée noire. La publication des chiffres excellents, mais inattendus sur l'Emploi aux États-Unis a été reçue comme une douche froide. [...] À Wall Street, l'indice Dow Jones, qui avait battu encore un record mardi, a terminé sur une dégringolade de plus de 3% ; il s'agit de la plus forte baisse en pourcentage depuis le 15 novembre 1991. Les places européennes ont aussi lourdement chuté... Les places financières semblent particulièrement vulnérables à toutes mauvaises nouvelles...' [...]
Autre détail : les mêmes cours montaient en flèche, il y a quelques années, à l'annonce d'un licenciement monstre par Xerox de dizaines de milliers de travailleurs."

"Cette baisse de la Bourse dictée par celle du chômage a-t-elle frappé l'opinion ? On ne l'a guère soulignée. [...] N'y avait-il pas là quelque signe, quelque indice ? Eh bien non ! Il n'a pas semblé. Même si la contradiction était radicale avec les lyrismes du discours général, avec les sempiternelles déclarations des politiques, celles aussi des chefs d'entreprise. Même si c'était un aveu des puissances financières reconnaissant là leurs intérêts véritables [...]."

La fin du travail aurait pu être une libération

"En 1980 encore, nous pouvions écrire : '... Il est surprenant que la cybernétique ne se soit développée sous aucun régime. Que l'on s'en tienne toujours au même marché bancal et opprimant. La cybernétique n'est pas forcément une solution, mais que l'on ignore cette possibilité fait tout de même symptôme. Manque d'imagination ? Au contraire, trop d'imagination ! Et que terrifie la liberté...' [La Violence du calme par Viviane Forrester] Car l'idée de la fin du travail, ou de tout ce qui allait dans cette voie, ne pouvait alors être tenue que pour une libération !"

"[Les conséquences de la cybernétique], inscrites dans nos mœurs, auraient dû être des plus bénéfiques, presque miraculeuses. Elles ont des effets désastreux.
Au lieu d'ouvrir la voie d'une diminution et même d'une abolition bienvenues, concertées du travail, elle suscite sa raréfaction. [...]
Loin de représenter une délivrance favorable à tous, proche d'un fantasme paradisiaque, l'évanouissement du travail devient une menace.

Les "résultats", modèle anglo-saxon

"Ce dernier [le modèle anglo-saxon] obtient depuis quelque temps une baisse du chômage dans les statistiques grâce à une aide sociale qui frôle le degré zéro, à une maestria spectaculaire de la flexibilité du travail, et surtout grâce au fait que, selon le secrétaire du Travail lui-même, Robert Reich [Le Monde, 7-8 avril 1996.], par ailleurs grand économiste, souvent visionnaire, 'les États-Unis continuent de tolérer une grande disparité dans les revenus – la plus importante de tous les pays industrialisés –, laquelle serait sans doute intolérable dans la plupart des pays d'Europe occidentale'. Mais cette misère 'intolérable', fondée sur ce qui est présenté pudiquement comme une 'grande disparité' entre l'indigence indicible d'un nombre impressionnant et l'opulence sans pareille d'une petite minorité, permet à Robert Reich de poursuivre : 'En revanche, le pays a opté pour une plus grande flexibilité qui s'est traduite par davantage d'emplois."

"En clair, on est aussi pauvre, mais, en plus (si l'on ose dire), sans aide sociale, et tout en travaillant ! Triomphe des principes de l'OCDE et autres organisations mondiales. Non seulement les chômeurs davantage châtiés, le dénuement social accentué offrent au plus bas prix une main-d'œuvre dressée, manipulable à souhait, mais ils font baisser le taux du chômage. Cela se traduit par l'institutionnalisation d'une misère impensable dans un pays aussi puissant, où les fortunes s'amplifient dans des proportions jusqu'ici inconnues."

"Aux États-Unis, remarquait Edmund S. Phelps, l'emploi est favorisé au détriment des salaires, alors qu'en Europe, les salaires le sont au détriment de l'emploi. Peut-être. Mais rien, nulle part, ne joue au détriment du profit !"

La résistance française au modèle anglo-saxon

"[...] C'est surtout surprenant et dû, en France, à la résistance discrète d'une opinion silencieuse, inorganisée, mais nerveuse, apte à de soudaines vigilances et, sur beaucoup de points, encore peu liée ou même étrangère à la 'pensée unique'. Une culture sociale et des acquis sociaux très enracinés nous maintiennent encore dans un ordre qui, pour être ébranlé, pour sembler céder, tient toujours d'un registre humain, lequel persiste à demeurer souvent une référence majeure. Même si, mondialisés comme il se doit, nous glissons plus ou moins insensiblement hors de cet ordre du droit, il est encore le nôtre."

L'obole donnée aux pauvres diminue

"Dans la majorité des cas, les allocations de chômage ne permettent de subsister qu'au-dessous, souvent très au-dessous du seuil de pauvreté. Tous les quatre mois elles diminuent de 15 à 25 pour cent. La durée des indemnisations a été raccourcie en 1992. Quant au RMI, il représente la somme fabuleuse de 2 300 F par mois ! Sans compter le nombre impressionnant de cas non inscrits. Sans compter certaines retraites, comme celles de veuves 'vivant' avec 2 000 francs par mois. Sans compter aussi les poubelles que sont bien des 'asiles' de vieillards. Vieillards pauvres, punis si cruellement, en ces lieux qui font la honte d'une 'civilisation', d'avoir vécu et d'encombrer encore."

Notre dernière utilité : consommer

"Reste au grand nombre un dernier rôle à remplir, éminent : celui de consommateurs. Il convient à chacun : n'arrive-t-il pas, même aux plus défavorisés de manger, par exemple, des nouilles aux noms célèbres, plus honorés que leurs propres noms ? des nouilles cotées en Bourse ? [...]
Consommer, notre dernier recours. Notre dernière utilité."

Supprimer les acquis sociaux pour aider les pauvres

"On désintègre des institutions, on dégrade des acquis sociaux, mais, chaque fois, pour les préserver, pour leur donner une dernière chance : 'C'est pour mieux te sauver, mon enfant !"

Extraits trouvés ici : http://membres.multimania.fr/eschstru/HorreurEconomique.htm
Nouveau site (très intéressant) : http://ultraliberalisme.online.fr/


*


Car le bon fonctionnement du capitalisme a besoin de tout ce que nous pouvons dénoncer : des classes moyennes, des classes pauvres, des travailleurs précaires, des chômeurs, des pays défavorisés... Tout cela alimente son gros ventre d'ogre. Il ne faudrait pas faire l'erreur de croire que tout cela tient de malheureux hasards. Tout est construit et maintenu pour maintenir la puissance et la richesse d'une infime minorité. Cette dernière, qui dispose d'un pouvoir mondial monstrueux, n'a aucun intérêt à voir la condition humaine améliorée, car alors, elle perdrait sa toute-puissance.


Dernière édition par lucaerne le Dim 23 Mai 2010 - 21:16, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L'histoire du capitalisme   Sam 22 Mai 2010 - 21:02

noann a écrit:
Mais les clients qui achètent chinois, sans se soucier de la petite couturière courbaturée et de la perte d'emploi ici...... qu'en penser ?
Prise au piège dans les rouages, encore une fois, ce n'est pourtant pas compliqué à comprendre. Tu gagnes X par mois, t'as juste de quoi payer ton loyer, tes charges, de quoi faire bouffer tes gosses et éventuellement trois ronds de côtés pas davantage, histoire de remplacer le fer à repasser s'il claque. Ok. Alors tu fais quoi, quand tu es devant la vitrine et que t'as deux produits, l'un qui vaut la peau des fesses, l'autre qui est vingt fois moins cher, et que tu dois acheter ce pull pour ton gosse ou que sais-je. Ben si t'es très aventurier, tu prends le plus cher et tu te flanque dans le rouge. Sinon, tu prends le moins cher, pardi.

Il m'est arrivé de passer par des situations matérielles différentes, certaines à peu près confortables, d'autres beaucoup moins. Mon truc à moi, c'est d'acheter de la qualité de chez nous quand je le peux, le moins cher d'ailleurs quand je ne peux pas. Simple comme B. A. BA.

Le piège est absolument remarquable, évidemment. Je ne pense même pas qu'il ait été prémédité, j'aurais plutôt tendance à penser qu'il est conséquence de.

Et pendant que j'y suis, je me demande ce que pensent les têtes de gouvernements quand le pays qu'ils gèrent perd de son prestige culturel, économique, et tout le tralala. Perso, je serais mortifiée et honteuse, je vous le jure. Je transpose par une image plus réduite : famille, groupes dont je m'occupe, et ainsi de suite : si je rate, je suis plutôt mal dans mes baskets parce que je suis responsable. Et que la responsabilité, c'est pas rien et ça compose le profil d'une personne. Alors disons que je suis faite comme ça, je n'y peux rien. Mais eux, eux... ben je me pose la question. Tout en ayant une partie de la réponse : le fric, le pouvoir, le reste rien à battre. Moralement ? Ont-ils de la morale... ?!

Citation :
Quand on voit des gens qui tout en travaillant ne
trouvent pas à se loger décement parce qu'ils ne gagnent pas assez ou
sont en CDD, et que les propriètaires exigent des garanties pour
certains de plus en plus lourdes, qu'on manque en France cruellement de
logement sociaux, on voit bien que le système n'est pas du tout
équilibré.
Ouais. Et m'étonnerait que ceux-là fassent la fine bouche devant les produits pas chers. Ils n'ont pas le choix. Faut être réaliste et pas non plus frapper ceux qui sont acculés. N'oubliez pas qu'ils ne sont pas des cas isolés...

Citation :
"On ne sait s'il est risible ou bien sinistre, lors d'une perpétuelle, indéracinable et croissante pénurie d'emplois, d'imposer à chacun des chômeurs décomptés par millions – et ce, chaque jour ouvrable de chaque semaine, chaque mois, chaque année – la recherche 'effective et permanente' de ce travail qu'il n'y a pas."
Eh oui. Et les affairés du pôle emploi vous regardent ironiquement en vous demandant comment il se fait que vous êtes encore inscrit. Forcément, ils ont des ordres pour faire baisser les stats, alors on crée le système de l'auto-entreprise, je le sais, j'ai suivi la formation pour voir. Eh bien je vais vous dire : leur objectif est de vous voir débarrasser le plancher des chômeurs, histoire de faire place nette et pouvoir déclarer X personnes en moins. Leurre, leurre, leurre ! Hypocrisie totale ! Sur 100 créations d'auto-entrepreneurs, je voudrais bien savoir combien sont viables... ah, quelle ironie !

Citation :
"Qu'elle qu'ait pu être l'histoire de la barbarie au cours des siècles, jusqu'ici l'ensemble des humains a toujours bénéficié d'une garantie : il était essentiel au fonctionnement de la planète comme à la production, à l'exploitation des instruments du profit dont il figurait une part. Autant d'éléments qui le préservaient.
Pour la première fois, la masse humaine n'est plus matériellement nécessaire [...]"
Tiens, ça me fait penser à notre dernière conversation, lors de ton avant-dernier passage, Vilain.
Voilà le danger le plus important : celui que les pauvres ne soient plus que des gêneurs. Il est très facile de s'en débarrasser. Suffit de les laisser crever de faim. Peut-être va-t-on en venir à mon scénario, non ? Non ?

Citation :
"L'indifférence est féroce. Elle constitue le parti le plus actif, sans doute le plus puissant. Elle permet toutes les exactions, les déviations les plus funestes, les plus sordides. Ce siècle en est un tragique témoin."
L'indifférence ? Elle est générée par l'anesthésie du commerce. Les vitrines pleines, les besoins grandissants au fur et à mesure des progrès technologiques. Forcément, comment se passer du confort une fois qu'on l'a entre les mains. Vous allez revenir aux lampes à pétrole, vous ? Ben non. Vous engraissez EDF. Et pendant que ça vous occupe la cervelle, parce qu'il faut trouver comment faire le chèque, ben vous vous foutez du voisin, pas le temps de s'en occuper. (je dis "vous", c'est une expression, hein)

Il est épatant, cet article. Il dit bien ce qu'il veut dire. Malheureusement.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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Vilain
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MessageSujet: Re: L'histoire du capitalisme   Dim 23 Mai 2010 - 2:54

Le vrai fantastique..;est qu'on le supporte et qu'on croit vivre encore en démocratie....heureusement que je n'aie plus 20 ans!.......
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Belaruska

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MessageSujet: Re: L'histoire du capitalisme   Dim 23 Mai 2010 - 10:57

Le système capitaliste n’est pas idéal, c’est sûr. Mais où est l’alternative? Le socialisme???
L’expérience a montré que le modèle économique du socialisme n’était pas efficace du tout. Je sais pas, peut-être, les réalisateurs étaient mauvais. Mais voyant qu’il n’a pas marché nulle part...
Le principe « Chacun selon ses moyens, chacun selon ses mérites » est bon sur le papier, mais pas en pratique, nottament, en URSS. «L’égalité» menait au nivèlement total de tout et de tous: le niveau de vie du médecin, de l’ingénieur, de l’architecte etc. était le même que celui de l’ouvrier. Alors, pourquoi se donner la peine de s’instruire?
Oui, l’état garantissait l’emploi, il n’y avait pas de chômage. Mais il garantissait le minimum, et le désir d’avoir quch de plus était une crime.
Il faut être juste. Le gouvernement prenait en son charge l’enseignement qui était gratuit à tous les niveaux, ainsi que la médecine; musées, théâtres, cinéma, voyages (même l’avion) étaient bon marché et accessibles presque pour tout le monde.
Pourtant, l’économie fonctionnait très mal. Il y avait le déficit de tout. Oui, la consommation, c’est mauvais., mais la non-consommation (quand il n’y a rien à consommer) c’est encore pire. C’est quand dans le magasin on ne trouve, par ex., aucun Т-shirt (ni cher, ni bon marché, ni chinos, ni de grande marque) ou il y en a 100 pour 1000 personnes. Et pour se le procurer il faut faire une grande queue de 2-3 heures sans aucune garantie de l’acheter. Presque toutes les femmes cousaient et tricotaient très bien, pas au grand plaisir, mais pour se mettre quch sur le dos et habiller les enfants. Et on peut continuer et continuer...
Bref, je suis persuadée que chaque système a ses + et -. Et voilà le rêve utopique: prendre le meilleur de l’un et de l’autre et créer le troisème.
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MessageSujet: Re: L'histoire du capitalisme   Dim 23 Mai 2010 - 11:50

Bela pose le doigt sur quelque chose d'important : la différence entre le papier et le passage à l'acte.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: L'histoire du capitalisme   Dim 23 Mai 2010 - 12:01

Capitalisme-socialisme : alternative binaire.
J'ai appris que dans tout domaine, les alternatives binaires sont de mauvaises alternatives. Toujours imaginer au moins trois solutions, voire plus. Je ne pense pas que l'homme soit condamné à envisager uniquement ce qui a déjà été essayé. Nous sommes capables d'avoir tellement d'imagination sur certains sujets !

En outre, le capitalisme a échoué à l'échelle mondiale, et chaque jour qui passe nous le prouve d'avantage.
Le socialisme a échoué dans des zones géographiques et des situations historiques bien particulières. Si on prend le cas de l'URSS, il faut ne pas oublier que la révolution russe datait de 1917. En comparaison, la révolution française date de 1789 ; un siècle après, la France était en pleine confusion (valse des gouvernements, assassinats, "Semaine sanglante" de mai 1871, naissance de la troisième république, "grande dépression" de 1873 à 1896, première guerre mondiale...).

Avant de penser à trouver des noms et des étiquettes, il s'agirait juste, au départ, de remettre l'homme - le citoyen - au cœur des choix de société.
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MessageSujet: Re: L'histoire du capitalisme   Dim 23 Mai 2010 - 16:16

Le socialisme dans son principe n'est pas mauvais.
C'est en effet l'application qui en a été faite qui était mauvaise, partir du principe d'une dictature, fusse celle du prolétariat, ne peut pas aboutir à quelque chose de bien.
Mais l'effondrement du socialisme a dopé le capitalisme le confirmant dans l'idée qu'il est le seul système valable puisque tout est posé en effet sur une option binaire, qui est enfermante en soi.
Si le système opposé en face s'est cassé la figure, c'est qu'il n'était pas bon, simplissime.
Le problème du capitalisme c'est qu'il est contagieux parce qu'il promet l'argent facile, parce qu'il se pose en seule option: progrès et croissance y compris pour les pays en voie de développement auxquel on ne propose que cette voie là par institutions internationales (FMI et autres) interposées, avec des résultats désastreux.

Ceux qui tiennent les cordons des bourses s'opposent farouchement à la mise en place d'une autre solution parce qu'ils perdraient tout, argent et pouvoir. Ce même si le système montre ses limites et nous enfonce dans le mur, la petite poignée qui en profite ne lâchera rien.
Pour nous c'est la cata, pour eux ça fonctionne, ils s'enrichissent, alors pourquoi changer?

Le drame c'est qu'effectivement l'humain ne vaut plus rien, que la paupérisation gagne de plus en plus de personne, que les couches moyennes sont laminés, mais comme dit l'article (fort interessant et juste) ils n'ont même plus besoin des pauvres alors qu'avant le paupérisme était un moyen de gouvernance économique, des masses dont on pouvait disposer...

Ce que tu dis des errances de la France après la Révolution est juste Luca, il a fallu 100 ans pour enfin trouver la République et encore, elle a mis des décennies à se stabiliser en étant acceptée (sans occulter l'épisode Vichy qui n'était plus ni républicain ni démocratique).
Mais ça concerne la gouvernance politique, pas l'économie qui elle a continué tranquillement en se développant sur un mode de plus en plus capitaliste.

Quand l'Etat (mode socialiste) se mêle d'économie, ça marche pas, quand il renonce, ça marche pas non plus.
Nous sommes dans une période de renonciation totale malgré les sommets économique et les moulins de bras. la démocratie est vidée de son sens puisque ce ne sont plus les gouvernements élus qui décident, d'ailleurs ils sont élus grâce au fric des capitalistes, il n'est pas question pour eux de cracher dans la soupe.
Mr Marché laisse causer, il continue à jongler avec les milliards virtuels, enfin pas virtuels pour tout le monde!
La question de la Grèce montre que les spéculateurs peuvent mettre à leur grè un état à genoux, même pas par méchanceté, non, juste pour gagner encore et toujours plus!
Le jour ou ils décideront que le caca de poule rapporte, ils spéculeront dessus!
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