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 Ces enfants qu'on oublie dans les voitures.

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Mena

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MessageSujet: Ces enfants qu'on oublie dans les voitures.   Sam 5 Juin 2010 - 12:14

J'en tremble encore! Il fut un temps, pas très lointain, où on entendait parler que des chiens féroces avaient dévorés des enfants, parce que leur maîtres les avaient mal dressés!
L'année dernière, si mon souvenir est bon, un père de famille, dépassé, stressé, avait "oublié" de déposer son petit chez la nourrice et le gamin était resté la journée enfermé dans la voiture, jusqu'à ce que le père s'en souvienne qu'il avait oublié de faire quelque chose. Et le gamin il en est mort.
Nous vivons dans une société où il faut aller vite, où il faut donner le meilleur de soi, ou on est mis en marge de cette même société, au point d'en faire que des parents devienent presque des robots!
La mode de mettre au monde autant que possible des enfants, parce qu'on les aime tout simplement, n'est plus à l'ordre du jour.
Je ne peux pas me mettre à la place de cette maman qui, pour passer la nuit à l'hôpital, près de son autre enfant gravement malade, ait oublié sa petite fille, son autre bebé dans une voiture...la nuit entière!
16 mois c'est l'âge de ma fille aînée, lorsque je suis arrivée à Toulon. Mon mari avait "rempilé" comme on dit dans le jargon militaire et se trouvait propulsé à la base de Toulon dans le corps des marins pompiers, et je débarque avec ma petiote, après avoir passé la nuit dans le train de Paris (il n'y avait pas de TGV à l'époque), en plein mois de juillet, ma petite avec des pantalons en laine (je n'avais éteint le poêle à charbon que lorsque les démenageurs sont venus pour charger les meubles! nous étions en Normandie haute, à côté de Chartres), moi très chic, pour l'époque j'avais mis mon blazer bleu avec des boutons dorés et ma jupe plisée, façon anglaise...je cuisais sous mes vêtements!
Nathalie cuisais aussi, alors à peine débarquée, en attendant que son père vienne nous chercher car il défilait! 14 juillet 1966!) je l'ai mise à poil, elle n'a gardé que sa petite culotte, qui était encore garnie d'une couche, et vas-y la Mena que je te coure après, car elle se déplaçait très vite, ramassant tout et n'importe quoi! Je lui ai acheté une glace qui l'a calmée.
Quand j'évoque cette période qui m'est venue en mémoire, je revois l'âge de ma fille et cette petite enfermée dans une voiture. Mon Dieu! Dans quel monde vivons-nous?
De fois je comprends quelque part ces "illuminés" sectaires qui vivent aux Etats Unis, coupés de la civilisation, vivant comme en plein moyen âge.
C'est peut-être eux qui ont raison! Qui sait?
Cette mère dépassée, avec ses quatre enfants, n'avait-elle personne à qui confier l'un ou l'une de ses enfants?
Comment pouvons-nous vivre dans cette solitude?
J'en pleure!
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blue note

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MessageSujet: Re: Ces enfants qu'on oublie dans les voitures.   Dim 6 Juin 2010 - 0:33

C'est un sujet délicat, et qui me laisse perplexe.
S'agit-il d'un acte manqué ?
Quand on écoute ces parents "oublieux", on s'aperçoit qu'il n'ont pas de problème particulier avec le bébé, qu'ils l'aiment, qu'ils seraient bien incapables de lui faire du mal. Juste ils l'oublient toute la journée dans une voiture.
Ca me semble quand même psychologiquement suspect. On peut provisoirement oublier de sortir son petit de la voiture, on est surchargé de courses, on a des soucis en tête, certes, mais pas une journée !
Quand j'oublie mon écharpe, je ne mets pas une journée à m'en apercevoir. Et il me semble que quand on aime quelqu'un, on pense à lui plusieurs fois par jour, non ?
Le problème, et je m'en suis aperçue quand je m'occupais des jeunes, c'est que certaines personnes font des gosses par convention sociale. On rencontre quelqu'un, on l'aime, on fait des enfants. Point. Certains n'imaginent pas autre chose. Et puis ils se rendent compte qu'un gamin, ça pleure la nuit, ça coûte cher, ça salit des couches, ça demande de l'attention, ça empêche de sortir le soir...etc.
Inconsciemment, ces parents oublieux ne sont pas ceux qui, même de façon tout à fait inconsciente, n'ont pas bien évalué l'impact d'un bébé dans leur vie, et s'en "débarrasse" par lassitude ?
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lucarne



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MessageSujet: Re: Ces enfants qu'on oublie dans les voitures.   Dim 6 Juin 2010 - 0:50

Non Blue, je crois que tu sous-estimes grandement l'épuisement physique et psychologique que certaines personnes subissent. Avec un travail à temps plein et deux enfants en bas âge, vivant dans un quasi isolement social (pas de famille et pas le temps de faire des connaissances), il m'est arrivé d'être dans ce genre d'état. Alors j'imagine avec quatre enfants et/où un travail totalement aliénant... Ce qui ne remet absolument pas en cause l'amour qu'on peut porter à ses enfants.

Peut-être devrions-nous nous pencher plus sérieusement sur les situations complètement déshumanisantes dans lesquelles sont plongés certains d'entre nous dans un pays qui se dit moderne et qui voit pourtant ces cas se multiplier et s'aggraver.

Comment peut-on juger des situations dont on ne nous montre - sciemment - que le côté médiatique et émotionnel ?
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Romane
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MessageSujet: Re: Ces enfants qu'on oublie dans les voitures.   Dim 6 Juin 2010 - 1:43

Je rejoins le propos de Luca. Il est parfaitement possible d'être happé par les rouages du quotidien au point d'oublier quelque chose d'important (ici un enfant dans la voiture, mais ce peut-être un fer à repasser branché posé sur la planche et qui peut faire prendre feu à la maison, ou que sais-je). Parce que la machine qui nous entraîne est effroyablement puissante, et que l'épuisement peut se traduire par des oublis de n'importe quelle nature.

C'est comme ça qu'on peut se retrouver dans une situation qu'on n'a pas voulue, pas préméditée, qui est même contraire à ce qu'on pense/aime/voudrais/etc.

Un regard au premier degré culpabilisant ajoute un poids supplémentaire terrible.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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Alizé

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MessageSujet: Re: Ces enfants qu'on oublie dans les voitures.   Dim 6 Juin 2010 - 2:40

On ne voit souvent l'évènement que sous l'angle présenté par les médias, mais pas de l'intérieur, pas dans la vie de la mère...nous revenons alors à ce que nous avons vécu pour essayer de comprendre, mais notre vécu n'est pas celui de l'autre (peut-être que le connaissant on n'en voudrait pas, peut-être que dans les mêmes conditions on aurait fait pire !).
Oh, je suis désolée pour les "on", pas le temps de réfléchir à une meilleure formulation.
(vous savez ce que me diraient mes fils en lisant celà ?
- Maman arrête, arrête de comprendre les autres, arrête de les excuser !
mais ils le diraient avec tant de tendresse que je continuerai)
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Romane
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MessageSujet: Re: Ces enfants qu'on oublie dans les voitures.   Dim 6 Juin 2010 - 10:53

Alizé a écrit:
(vous savez ce que me diraient mes fils en lisant celà ?
- Maman arrête, arrête de comprendre les autres, arrête de les excuser !
mais ils le diraient avec tant de tendresse que je continuerai)

Oui mais tes fils sont un peu jeunes et ne peuvent pas avoir tout compris. Déjà pour nous c'est difficile, alors pour eux...

Parce que moi je trouve que la condamnation occupe une place bien trop empirique y compris dans notre regard. Que savons-nous des autres pour les juger ? Et qui sommes nous pour nous permettre de porter un jugement ?

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Rosacée



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MessageSujet: Re: Ces enfants qu'on oublie dans les voitures.   Dim 6 Juin 2010 - 10:58

Il est sûr que l'on ne voit que ce que les médias apportent, bien frais, à la une des journaux.
Alors oui, oh mon dieu, mais comment ont-ils pu faire ça ? Laisser un enfant dans la voiture, l'avoir ainsi oublié.
Il est sûr que je n'aimerais pas leur place. Non seulement une bonne partie du monde à les yeux rivés sur leur malheur - mais aussi sur la faute. Que c'est répugnant ! Ben je n'aimerais pas être à leur place. Etre l'assassin qui a oublié son enfant dans la voiture. Il va falloir vivre avec ce poids toute sa vie - sachant que désormais la vie du couple est en berne - sachant que le regard de la famille ne sera plus jamais le même - sachant que les amis pourront se détourner.
Ce qui m'ennuie c'est qu'on stigmatise tout. Je dis "on" aussi parce que je préfère la neutralité. Et on focalise. Ah mais maintenant, ça devient la mode. Chaque enfant laissé dans la voiture est un prétexte pour dire que l'on veut s'en débarasser...
Il ne faut pas tout mélanger. Mais il est tellement évident de se dire que ceci n'est pas admissible.

J'ai été mère indigne ainsi que l'une de mes amies. Lorsque nos aînés avaient 9 ans, alors que nous sortions de la patinoire de Lyon, nous devions faire vite pour traverser. Nous avions dit aux enfants de nous suivre et de faire vite. Alors, nous pensions que tout le monde suivait, c'est-à-dire nos enfants. Nous avons courus et atteint la voiture, nous sommes montées, essoufflées, les portes ont claqué dans le brouhaha de la circulation. Ma meilleure amie a démarré. Pour nous, tout semblait tellement normal. Nous avons quand même roulé pendant 2 kilomètres avant de réaliser que dans la voiture, malgré la musique, c'était trop silencieux.
Je ne vous raconterais jamais, parce qu'il faut le vivre pour le comprendre, l'angoisse, l'horreur, la douleur qui nous submerge à cet instant même. Tous les films qui nous passent par la tête. Nous étions quand même à Lyon, et il fallait traverser une avenue large comme une autoroute. Et nos garçons n'étaient pas avec nous ! On les avait laissés, on les avait oubliés sur la chaussée ! Et nous avions roulé comme si de rien n'était.
Par chance, nous avons retrouvé nos garçons devant la patinoire. Ils attendaient, blèmes. Maintenant, on en rit quand on en parle. Car je crois qu'il vaut mieux que cela soit ainsi. Puis c'est facile, ils sont là et bien vivants. Nous les avons pas tués involontairement.
Alors, oui, les parents, les autres, les gens auraient dit : Vous auriez dû les tenir par la main, ne pas les lacher. Mais voilà, entre ce qu'on doit faire et ce qu'il se passe parfois sur le moment, et ce qu'on pense, il y a une sacré marge.
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Mena

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MessageSujet: Re: Ces enfants qu'on oublie dans les voitures.   Dim 6 Juin 2010 - 12:03

Je n'avais lancé ce fil que pour devélopper un débat sur la solitude, sur la robotisation des hommes et des femmes qui peuplent nos villes de ce vingtetunième siècle! Pas pour stigmatiser une mère accablée déjà, je pense, par ce qu'elle vient de vivre!
Mais, je vois que j'obtiens l'effet contraire.
Je ne veux pas me mettre à la place de cette maman, pas pour égoïsme, mais parce que je ne saurais pas! Trop de choses me dépassent.
Il y a une "dislocation" des liens humains. Une solitude qui se promène dans les rues, dans les places et les parcs et qui nous suit jusqu'à chez-nous!
Il existe de gens qui n'ont plus des liens familiaux, j'en connaît, personnellement! Et je n'ose pas demander pourquoi! Pas parce que ça ne me regarde pas, mais parce que je ne veux pas passer pour une "voyeuse". Car je ne le suis pas. Ce qui se passe me dérange, parce que je refuse l'indifférence sous toutes ses formes. Je n'ose m'éloigner que lorsque je me sens moi-même en danger, alors je lâche prise pour ne pas m'enfoncer aussi. Je n'aurais jamais pu faire un métier tel que "assistante sociale" ou quelque chose qui lui ressemble. Je suis trop près de gens, je me sens très concernée par ce qu'ils peuvent ressentir.
Enseignante en Fac. j'avais de fois des élèves qui venaient vers moi pour "se confier", pas du point de vue scolaire, mais sur des choses délicates et personnelles, et j'en ai eu des surprises! Je dois avoir une tête de confidente...à savoir. C'est difficile parfois, de conseiller des ados, ou de jeunes adultes... Au fait c'était beaucoup plus facile pour moi de "sevir", par les notes et les "colles" parfois auprès des écoliers, petits lutins encore pleins de fraîcheur et des "coups à inventir"!
Alors, il arrive un moment où j'ai envie de me tirer très loin de partir, de courir droit devant moi, mais pour aller où? Serait-ce de la lâcheté?
Peut-être, car l'humain est partout tel quel. Depuis qu'il a su qu'il pouvait tout et se sentit tout puissant, il est devenu ce qu'il est: un être tout seul, ne pensant parfois qu'à lui-même. Alors ne m'en veuillez pas d'avoir commenté cet horrible fait divers. Je ne juge personne en particulier.
Et je n'ai plus envie d'écouter les info. Tout est dérangeant. Tout me fait sursauter. Je devrais me mettre en boule et ne regarder que ma petite famille, au fait. Car avec elle je me sens heureuse, mais, comme toujours je n'ose pas les déranger, car ils vivent leur propre vie, et ils ont raison, mais ils savent tous que je suis là, pas très loin au cas où ils auraient besoin, n'est-ce pas?
Bisous
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Romane
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MessageSujet: Re: Ces enfants qu'on oublie dans les voitures.   Dim 6 Juin 2010 - 12:10

Eh bien mais le fil a embrayé sur cette solitude, et la déshumanisation instaurée par les différents systèmes, la robotisation qui fait qu'on peut oublier l'essentiel au profit des obligations et des urgences, ou tout bêtement par encombrement du cerveau totalement parasité par le système.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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Rosacée



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MessageSujet: Re: Ces enfants qu'on oublie dans les voitures.   Dim 6 Juin 2010 - 12:11

C'est vrai que tu obtiens l'effet contraire. Peut-être parce que le titre fait défaut. Cependant, je viens de te lire et relire.
Oui, je comprends ce que tu exprimes. Bien sûr que nous sommes un peu tous conditionnés au temps, à ce que tout aille vite et à cette forme de robotisation de nous. Comme si nous étions tous formatés en restant seuls dans notre coin.
Parfois il m'arrive de me demander si l'on a du temps pour soi.
Je comprends ce que tu exprimes que l'on en sait pas du vécu des enfants, des ados, et qu'ils viennent nous confier.
On impose un rythme de vie dès tout petit à nos propres enfants, toujours avec cette idée du meilleur...
Je n'ai pas le temps là, mais il y aurait beaucoup à dire.

Bisous Mena !
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blue note

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MessageSujet: Re: Ces enfants qu'on oublie dans les voitures.   Dim 6 Juin 2010 - 22:57

Ce n'était pas mon but de condamner ces parents, qui auront effectivement un poids insupportable à gérer jusqu'à la fin de leurs jours. Comment oublier quand il s'est passé une chose comme cela ?
Quand à les juger... ils font partie de la société humaine, ils seront très logiquement jugés par leurs pairs, qui je l'espère, tiendront compte de leurs soucis, de leur psychologie, de leur solitude...etc avant d'émettre un avis.
Mais ce qui me turlupine dans l'affaire, c'est la durée de cet oubli. Une journée entière ? Je sais qu'on peut être absolument épuisée, j'ai un métier où je n'est pas été en reste. Je sais qu'on peut avoir un boulot prenant où il est obligatoire de se concentrer.
Mais vous passez une journée entière sans penser à vos petits ? Vous n'imaginez pas une seconde, comme cela, ce qu'ils sont en train de faire, s'ils vont bien, s'ils ont mangé correctement à la cantine, s'ils ont réussi leur devoir de maths ?
Quand j'avais la grande de mon ex à la maison, je pensais à tout cela, et pourtant ce n'était pas mon enfant (encore que, quand on élève...).
Alors ne pas y penser de toute la journée, ne pas se rendre compte du bug, moi je trouve cela inquiétant.


Dernière édition par blue note le Dim 6 Juin 2010 - 23:05, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Ces enfants qu'on oublie dans les voitures.   Dim 6 Juin 2010 - 23:03

blue note a écrit:
Mais vous passer une journée entière sans penser à vos petits ?
Ben oui, ça m'est arrivé. Lorsque j'avais un boulot où je n'arrêtais pas de courir et de faire 100 trucs différents à la fois. Je me retenais même d'aller aux WC, alors... Et j'avais un réveil que je faisais sonner dans mon bureau pour partir bien à l'heure, sinon je retrouvais mon fils devant la porte de l'école avec la directrice qui me traitait de tous les noms parce que j'étais en retard (parfois d'à peine 5 mn). Il m'est même arrivé de prendre un sens interdit un jour tellement j'étais paniquée parce qu'un accident avait bloqué la circulation et que je voyais l'heure passer.

Sales souvenirs...
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Romane
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MessageSujet: Re: Ces enfants qu'on oublie dans les voitures.   Dim 6 Juin 2010 - 23:13

Citation :
Mais ce qui me turlupine dans l'affaire, c'est la durée de cet oubli.
Une journée entière ?

Moi ça ne m'étonne pas. Parce que oui, on peut être totalement happé par autre chose et n'atterrir dans le contexte familial qu'en fin de journée (sauf quand on a des problèmes personnels suffisamment puissants pour parasiter le boulot). Par contre, il est assez rare d'oublier le boulot pendant qu'on est chez soi....

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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Vic Taurugaux

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MessageSujet: Re: Ces enfants qu'on oublie dans les voitures.   Lun 7 Juin 2010 - 10:17

Il faut se méfier de la « mise en scène du scandale » dont sont de plus en plus coutumiers les journalistes. Chaque jour, il faut un scoop qui a pour fonction de faire réagir émotionellement sur l'instant, avant de se faire voler la vedette par un autre scoop le lendemain par un concurrent économique.

Si on prend un peu de recul par rapport à cet enfant que nous ne connaissions pas et si nous analysions scrupuleusement tous les faits divers d'une semaine sur la France entière, nous serions surpris de voir le nombre d'accidents dans lesquels des enfants sont impliqués. Bien sûr, ce nombre serait proportionnellement très inférieur aujourd'hui qu'en 1966 si la couverture médiatique était comparable, car leur sécurité a grandement progressé. Mais aujourd'hui, statistiquement, plus d'un enfant va être victime d'un accident de la route, ménager ou scolaire. Le contexte de cet accident, les facteurs de risque, les responsabilités seront à chaque fois différentes même si les organismes de prévention schématiseront pour tout le monde les risques les plus « mortifères »: conduite sous l'emprise de l'alcool, vitesse, mauvais stockage des produits dangereux, non-surveillance des piscines etc...

Quand on donne de vrais moyens à ces organismes, elle peuvent faire des campagnes d'éducation à la gestion de ces risques par tout un chacun qui misent plus sur la raison que sur l'émotion.




Il est facile de crier au scandale, de monter le scandale avec la mort d'un bébé. Il suffit de se servir des mécanismes de défense psychologiques des parents eux-même. Car rappelons brièvement ce qu'est un enfant: un être peu viable et qui doit sa survie aux soins quotidiens délivrés par ses parents et les personnes (nounous, crèches, familles, écoles) qui les aident dans cette tâche. La responsabilité des parents qui ont mis au monde ce petit mortel est quotidienne et il leur faut, pour se défendre de l'angoisse que cette situation génère, une certaine « insouciance » qui accompagne leur vigilance. Ce va et vient entre insouciance et vigilance entraînant son lot de culpabilité. Telle mère sera jugée tantôt fusionnelle, tantôt inconsciente en fonction de son comportement mais surtout d'observations aléatoires.




Le scandale de ce bébé mort dans la voiture parentale est que les parents sont des gens ordinaires. C'est à dire qu'il nous ressemblent et nous renvoient à nos propres manquements ou difficultés à assurer notre rôle de parents et qui a fait, qu'un jour ou l'autre, nous sommes nous aussi passé très près de l'accident avec notre propre progéniture. Alors, plutôt que de dire que le métier de parents est forcément un métier à risque, la tentation est forte de trouver comme boucs émissaires des « mauvais parents », des « assassins » parmi ceux d'entre nous qui sont victimes de ce drame effroyable: la perte de leur enfant. Tout est mis en scène pour suggérer que les parents seraient omnipotents et pourraient magiquement assurer un monde idéal à leur descendance, et que ceux qui faillissent dans ce rêve seraient des monstres.




Comment se fait-il qu'aujourd'hui encore une mère de famille de quatre enfants, qui a un de ses garçons hospitalisés doivent retourner illico travailler plutôt que de se reposer après une nuit de veille à son chevet? Devrait-on alors, si elle réclamait auprès de son entreprise ce droit élémentaire, la traiter de feignante? Souvent, les jeunes parents ne s'aperçoivent pas de leur situation précaire pour remplir la mission qui est la leur. Comme ils aiment leurs enfants, ils pensent que c'est facile de les élever. Cette pensée magique leur est nécessaire. Elle leur permet d'assurer malgré la réalité. Mais, par la suite, quand les enfants sont grands, on voit bien que cette pensée a permis des exploits que, raisonnablement, les parents n'auraient sans doute pas réalisé. Car, le moteur économique de leur métier n'est pas l'argent mais la passion. Celle-là même qui rend si aveugle.




Seulement, ce fait divers n'était pas là pour nourrir une réflexion sur les conditions d'existence des jeunes familles et des contraintes qui pèsent sur eux et dont le devoir de la société serait de les alléger. Non, le fait divers était là juste pour culpabiliser davantage, pour faire perdre confiance en eux-mêmes aux parents les plus fragiles, les plus inquiets et qui peuvent alors tomber dans la pensée folle qu'ils pourraient devenir eux aussi les « meurtriers » de leurs propres enfants. Stigmatiser ainsi la fonction parentale aujourd'hui en France n'est pas anodine, ni dépourvu d'effets...
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phi

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MessageSujet: Re: Ces enfants qu'on oublie dans les voitures.   Lun 7 Juin 2010 - 12:22

blue note a écrit:

Le problème, et je m'en suis aperçue quand je m'occupais des jeunes, c'est que certaines personnes font des gosses par convention sociale. On rencontre quelqu'un, on l'aime, on fait des enfants. Point. Certains n'imaginent pas autre chose. Et puis ils se rendent compte qu'un gamin, ça pleure la nuit, ça coûte cher, ça salit des couches, ça demande de l'attention, ça empêche de sortir le soir...etc.
Je pense que même si ça n'a sans doute pas grand rapport avec les faits divers tragiques qui ont été évoqués ici, c'est un problème bien réel qui a peut être à voir avec cette "mécanisation" imposée, cette exigence de correspondre à ce qu'on attend de nous. Il faut être à la fois des employés modèles et des parents, et alors que nous vivons dans une époque ou avoir des enfants devrait être un vrai choix il semble que "par convention" le couple "normal" se doive d'avoir des enfants, ce serait ne pas en avoir qui deviendrait presque suspect, il faut se justifier de ne pas vouloir d'enfants, pas d'en avoir. Mais que deviennent ces enfants nés "par convention", même si ils ne sont pas pour autant maltraités?
Tout se passe comme si les femmes devaient être parfaites dans tous les domaines en étant en permanence à la fois parfaitement attentive à leurs enfants (et même à tous leurs enfants à la fois) et à leur travail. A force d'exigences multiples et contradictoires, on arrive à de grandes souffrances.
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lucarne



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MessageSujet: Re: Ces enfants qu'on oublie dans les voitures.   Lun 7 Juin 2010 - 13:55

Vic Taurugaux a écrit:
Seulement, ce fait divers n'était pas là pour nourrir une réflexion sur les conditions d'existence des jeunes familles et des contraintes qui pèsent sur eux et dont le devoir de la société serait de les alléger. Non, le fait divers était là juste pour culpabiliser davantage, pour faire perdre confiance en eux-mêmes aux parents les plus fragiles, les plus inquiets et qui peuvent alors tomber dans la pensée folle qu'ils pourraient devenir eux aussi les « meurtriers » de leurs propres enfants. Stigmatiser ainsi la fonction parentale aujourd'hui en France n'est pas anodine, ni dépourvu d'effets...
Je me faisais ce genre de réflexion tôt ce matin.

Parce qu'alors que la parité est mise à toutes les sauces, le droit du travail des femmes et patati et patata... dans la réalité, rien n'est fait, ou plutôt tout est fait dans le sens contraire. Il faut faire des enfants pour la démographie du pays, les femmes ont le droit de travailler... mais qu'elles se débrouillent avec ce grand écart (les hommes en prennent parfois leur lot, mais c'est loin d'être encore systématique).

Je me souviens des galères de garde d'enfant lorsque nous sommes arrivés dans les Bouches-du-Rhône. Il m'est arrivé de laisser mon fils chez la seule assistante maternelle que j'avais trouvée et de m'effondrer en pleurs dans les escaliers car je savais qu'il n'y serait pas bien. Et pourtant, il me fallait aller travailler. Lorsqu'il est entré à l'école maternelle, je devais l'y laisser toute la journée, y compris cantine et garderie du matin. Lorsque j'avais 5 mn de retard au travail le matin, j'en prenais plein la gueule par mon chef (essayez de tenir un timing précis avec des bambins). Lorsque j'avais 5 mn de retard à l'école le soir j'en prenais aussi plein la gueule par la directrice. Plus les sous-entendus parce que je ne pouvais pas le récupérer à midi et que ça lui faisait une bien longue journée... Plus la culpabilité parce que oui, bien sûr, ça lui faisait une longue journée. Plus la frustration parce que j'aurais aimé passer bien plus de temps avec mes enfants et que j'avais l'impression d'être toujours en train de courir après le temps. Il m'est arrivé de faire les devoirs avec mon fils assis par terre dans la salle de bain pour surveiller sa sœur dans la baignoire.

Lorsque je prenais un jour de congé parce qu'un de mes enfants avait 39 de fièvre, j'étais convoquée par la direction. J'y avais droit, mais ça ne les empêchait pas de me faire remarquer mon "manque de fiabilité" (ça a dû m'arriver 4 ou 5 fois en tout pour mes deux enfants !).

Il y a 2 ou 3 ans, ma fabuleuse entreprise a pondu une charte de l'égalité professionnelle. Au milieu des différentes mesures adoptées se trouvait l'engagement de fixer les réunions de travail à des horaires décents (ni trop tôt le matin, ni trop tard le soir). Quelques jours après, je fus convoquée à une réunion à... 17h30. La différence, c'est que j'avais 40 ans et quelques, plus de bouteille, plus d'esprit critique et plus de confiance en moi. J'ai donc expliqué que je ne pouvais pas y participer. Et j'ai rappelé ce fameux engagement. J'ai aussi fini par refuser de travailler le dimanche.

Mais allez donc savoir pourquoi, par un curieux hasard de circonstance, les deux personnes qui ont subi un harcèlement professionnel ont été les deux mères de famille. Ce qui est drôle c'est qu'ils ont mis à la place de ma collègue (qui était ceci dit super compétente) une jeune femme... qui a rapidement annoncé sa grossesse. Ces bonnes femmes quand même...

Alors oui, j'aimerais bien un jour que ce genre de "faits divers" fasse vraiment réfléchir sur les conditions de vie des jeunes parents, surtout chez les plus précaires d'entre eux.

Car bien sûr, lorsqu'on souhaite avoir un enfant, lorsqu'on décide d'en avoir un, avec tout son amour et toute sa responsabilité, on est loin de pouvoir imaginer à quel point notre société peut être terrible pour les enfants et leurs parents.
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Vic Taurugaux

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MessageSujet: Re: Ces enfants qu'on oublie dans les voitures.   Lun 7 Juin 2010 - 14:36

J'entends Phi et Lucaerne. Quoi de meilleure nouvelle que d'entendre pour la libération des femmes, qu'elles puissent « choisir leurs maternités ». La médecine a fait des progrès et désormais les femmes peuvent « désirer» avoir, ou non un enfant selon leur planning.

Tout existerait dans le meilleur des mondes si, les choses correspondaient à cette alléchante publicité.

C'est vrai que durant les trente glorieuses, les hommes faisaient des carrières tout aussi glorieuses dans la société. Leurs femmes se languissaient alors à l'ombre des logis de pondre la marmaille nécessaire à la gloire du héros. Mais, elles étaient cependant maîtresses de maison et mères de famille. Depuis, grâce à leurs luttes, elles ont cru conquérir droit de citer dans la dite société. Bien leur en prenne.

Désormais, pour qu'un foyer vive, ladite société exige deux salaires. Les femmes sont aimablement conviées à devenir cadres, ministres, etc, Cherchez l'embrouille!

A mon avis, les enfants ont sans doute beaucoup de mal à voir la différence!




A mon avis aussi, les femmes ne doivent-elles pas se tromper de combat. Avant de faire un enfant, qu'elles calculent d'abord leur salaire et celui du père réunis! Car généralement les pères n'équivalent plus, (ou à quelques trop rares exceptions) et ce malgré leurs indéfectibles qualités, au jack-pot!
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MessageSujet: Re: Ces enfants qu'on oublie dans les voitures.   Lun 7 Juin 2010 - 14:55

lucaerne a écrit:


Je me souviens des galères de garde d'enfant lorsque nous sommes arrivés dans les Bouches-du-Rhône. Il m'est arrivé de laisser mon fils chez la seule assistante maternelle que j'avais trouvée et de m'effondrer en pleurs dans les escaliers car je savais qu'il n'y serait pas bien. Et pourtant, il me fallait aller travailler. Lorsqu'il est entré à l'école maternelle, je devais l'y laisser toute la journée, y compris cantine et garderie du matin. Lorsque j'avais 5 mn de retard au travail le matin, j'en prenais plein la gueule par mon chef (essayez de tenir un timing précis avec des bambins). Lorsque j'avais 5 mn de retard à l'école le soir j'en prenais aussi plein la gueule par la directrice. Plus les sous-entendus parce que je ne pouvais pas le récupérer à midi et que ça lui faisait une bien longue journée... Plus la culpabilité parce que oui, bien sûr, ça lui faisait une longue journée. Plus la frustration parce que j'aurais aimé passer bien plus de temps avec mes enfants et que j'avais l'impression d'être toujours en train de courir après le temps. Il m'est arrivé de faire les devoirs avec mon fils assis par terre dans la salle de bain pour surveiller sa sœur dans la baignoire.

Ah mince, Vic nos messages se sont croisés...

C'est vrai que ce que soulève Vic donne à réfléchir sur la condition de vie des parents.
Ce que tu soulèves Luca, je le comprends très bien.

J'avais pris un conger parental pour mon dernier enfant, ce qui nous a été bénéfique à tous. Et puis de mon côté, je n'avais rien à perdre au niveau salaire. Oui, je précise parce que le conger parental c'est bien quand on ne gagne pas beaucoup. Mais si la marge est assez haute, beaucoup ne s'y risquent pas. Bref, ceci est un choix bien entendu. Ce n'est pas de cela dont j'ai envie de parler.
Quelques mois avant la reprise, j'avais inscrit ma dernière à la halte garderie, 2h30 par semaine afin de commencer à l'habituer à un autre environnement, une sorte de collectivité - mais avec un effectif plus réduit. Cela lui permettait de rencontrer d'autres enfants, et maman avait un peu de temps pour faire autre chose.
Puis il a bien fallu reprendre le travail. Alors trois mois avant, j'ai fait le nécessaire pour trouver une "nounou" - j'ai téléphoné pas loin à 50 personnes en trois mois - ce fut une véritable galère. Quand enfin cela se présentait bien, je repris mon travail. Cependant, tout ne s'est pas déroulé super bien. Ma dernière étant très difficile lors des repas, cela a créé un gros souci pour la nounou qui en gardait déjà 3 en bas âge (des bébés) avec deux enfants à elle. En moins de trois mois, je me suis retrouvée avec plus personne pour garder la petite. Comme j'avais été avertie deux semaines avant, j'ai bien essayé de reprendre contact avec d'autres nounous qui elles mêmes étaient au complet et en attendant, je confiais mon enfant à une nounou qui ne la voulait plus.
Puis, la petite de trois ans s'est rétrouvée en journée pleine à l'école. Elle était déposée à 7h45, mangeait à la cantine et était récupérée entre 17h30 et 18 heures.
J'avais réussi à faire modifier mon horaire du matin. Heureusement, l'employeur a été compréhensif. Je me souviens lors de mes journées de boulot, le nombre de fois où les larmes me sont montées aux yeux. Parce que j'avais conscience du rythme que je lui faisais vivre. Mais aussi parce que certaines personnes vous le repprochent ou vous le font remarquer. C'est juste assez pour vous faire culpabiliser. Alors quand on tient la barre du navire toute seule, c'est tout aussi dur moralement que d'être à deux à bosser...
J'ai aussi le droit à des congers parents enfant malade. Lorsque vous avez un enfant qui fait une à deux otites séreuses par mois, avec plus de 39 de fièvre, les congers partent très vite. J'en prenais l'ordre deux à trois jours à chaque fois suivant la gravité de ses otites. L'hiver semble long. Après, je prenais deux jours et je rendais les heures que je devais. Et vous avez des commentaires sur votre absence.
En attendant, je passais avec elle des nuits sans dormir et la journée il fallait assurer un minimum. Lorsque je reprenais le travail, j'étais sur les rotules. Le soir, je déambulais et je n'avais qu'une hâte : celle de me coucher. Mais on fait de son mieux, jusqu'à lire la petite histoire du soir même quand on en peut plus, parce que votre enfant réclame de votre présence. Mais tout ceci, je l'ai fait avec beaucoup de plaisir. Ce n'est pas cela que je reproche. Non, ce sont les conditions de vie. Le rythme qu'impose le système. Les remarques, les reproches que l'on vous fait : trop d'absence ou bien alors pourquoi tu prends deux jours, t'as qu'à prendre une semaine complète. Pourquoi tu ne confies pas ton enfant à une voisine.
Ben vi, comme si j'allais confier mon enfant avec 39 de fièvre à une autre voisine qui elle même a des enfants, et ce, comme ça, au dernier moment ! Quelle logique !
Alors, j'ai souvent culpabilisé entre le fait d'être une mère bienveillante et le fait d'être une superbe bosseuse !


Alors je vais reprendre la phrase de Luca : Car bien sûr, lorsqu'on souhaite avoir un enfant, lorsqu'on décide d'en avoir un, avec tout son amour et toute sa responsabilité, on est loin de pouvoir imaginer à quel point notre société peut être terrible pour les enfants et leurs parents.
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MessageSujet: Re: Ces enfants qu'on oublie dans les voitures.   Lun 7 Juin 2010 - 17:42

Vic Taurugaux a écrit:
A mon avis aussi, les femmes ne doivent-elles pas se tromper de combat. Avant de faire un enfant, qu'elles calculent d'abord leur salaire et celui du père réunis! Car généralement les pères n'équivalent plus, (ou à quelques trop rares exceptions) et ce malgré leurs indéfectibles qualités, au jack-pot![/font]
Le problème Vic, c'est qu'on ne peut rien prévoir. Les emplois ne sont jamais fiables. Un moment c'est l'homme qui a le meilleur salaire ou le job le plus stable (ça compte aussi !), un moment c'est l'inverse. Comment prendre le risque que l'un des deux ne travaille pas lorsqu'on sait que l'autre peut se retrouver au chômage du jour au lendemain ? En outre, les deux conjoints ont droit à leur indépendance, à la sécurité que cela procure en cas de séparation (y compris pour les enfants) et au moment de la retraite (même si...).

Nous avons décidé d'avoir notre deuxième enfant alors que notre situation s'était stabilisée. Alors que j'étais enceinte de sept mois, la boîte de mon mari a déposé le bilan suite à des compressions budgétaires dans le domaine de la formation.

À ce compte-là, peu de personne pourrait estimer être en capacité garantie de faire des enfants. À part bien sûr, comme d'habitude, pour les classes les plus favorisées.
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