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 Comment détruire l'Education Nationale!

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thierry



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MessageSujet: Re: Comment détruire l'Education Nationale!   Dim 27 Juin 2010 - 12:53

http://www.servimg.com/image_preview.php?i=117&u=12237837


Voilà où je les ai emmenés jeudi, 7 h de marche aller-retour, ils y sont tous arrivés. Quand on était au bord du lac, j'ai vu Mina et Amel, sa copine, "l'amour de sa vie" comme elles disent entre elles, les yeux rivés sur les paysages, un peu à l'écart, je suis allée les voir.
"Comment c'est possible tout ça ?
-Quoi Mina ?
- La Nature, toute cette vie, c'est si beau et en même temps si incroyable. Pourquoi c'est là ? Pourquoi il y a tout ça ? Nous, quand on fait quelque chose, il y a une raison. Alors, c'est quoi la raison de la vie?"
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thierry

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MessageSujet: Re: Comment détruire l'Education Nationale!   Dim 27 Juin 2010 - 17:05

Peut-être ça.
"Lumière de la paix, et il n'y aura jamais d'autre paix, jamais de bonheur plus grand dans le monde. Les guerres, les crimes, les mensonges, la faim, la soif, la souffrance, tout cela s'efface quand cette lumière emplit l'espace."
J.M.G Le Clézio.
Il faut que je lui donne cette phrase demain.
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thierry

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MessageSujet: Re: Comment détruire l'Education Nationale!   Dim 27 Juin 2010 - 20:36

La sortie de sept heures on l'avait préparée avec sept autres sorties de plus en plus longues, je précise parce que sinon vous allez croire que je suis un monstre ^^
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Tryskel
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MessageSujet: Re: Comment détruire l'Education Nationale!   Ven 9 Juil 2010 - 18:53

Pendant les travaux, la destruction continue!


http://www.marianne2.fr/Et-apres-on-brulera-les-dictionnaires_a194974.html?com#com_996441
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blue note

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MessageSujet: Re: Comment détruire l'Education Nationale!   Ven 9 Juil 2010 - 22:53

Edifiant.
Heureusement que "secret story" reprend à la télé. Ca va élever le débat puisque la coupe du monde de foot est presque terminée.
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Tryskel
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MessageSujet: Re: Comment détruire l'Education Nationale!   Mer 15 Déc 2010 - 18:10

On n'en parle pas très fort, mais l'entreprise de démolition continue ses ravages en sous main.

Florilège:
A l'aube de la 4ème année du règne de Sarko 1er, heureux monarque dont les serviteurs zélés devancent les désirs!

http://www.rue89.com/2010/09/01/education-comment-letat-organise-le-communautarisme-164735
" La liberté de créer sa propre école est inscrite dans la loi. Chacun est libre d'en bénéficier. Ce qui est inadmissible, c'est que l'Etat, vous et moi, financions par notre impôt ce genre d'établissements et contribuions à cet éclatement entre groupements divers qui ont toute raison de se multiplier."

http://www.rue89.com/2010/12/14/le-cahier-de-textes-numerique-cest-big-brother-en-classe-180693
A l'heure actuelle, le Chef d'établissement n'a pas de pouvoir à intervenir sur la façon dont un enseignant organise et dirige sa classe, le seul qui ait autorité en ce domaine, c'est l'Inspecteur!

http://www.rue89.com/restez-assis/2010/12/08/le-rapport-pisa-ou-leducation-a-la-performance-179736
De l'apprentissage de la compétition puisque dans un monde marchand tout doit être rentabilisé et comptabilisé!

http://www.rue89.com/restez-assis/2010/11/09/lump-veut-un-patron-capable-dexfiltrer-dans-chaque-ecole-174767

http://www.rue89.com/restez-assis/2010/09/15/propagande-de-rentree-internats-pour-eleves-perturbateurs-166596
Quelle école pour quelle société? Contrairement à une idée reçue, l'école n'est pas là pour modifier la société ni même la faire évoluer, elle est là pour la reproduire et surtout que chacun reste bien à sa place!
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thierry

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MessageSujet: Re: Comment détruire l'Education Nationale!   Mer 15 Déc 2010 - 19:07

Blog > Le désir de l'école.
Le 11/12/2010 à 22:02

"Mais moi, l'école, ça ne me manque pas du tout. Et je ne la désire pas."

Inutile de préciser que cette phrase lancée par un élève me tourneboule depuis deux jours.

S'il n'y a pas de manque, il ne peut y avoir de désir. Mais pourquoi ce manque ne s'éveille-t-il pas ?

Je ne garde que la conclusion d'un long échange avec les enfants. Une idée principale qui est ressortie de façon générale.

Le plus difficile avec l'école, c'est de n'être jamais autorisé à profiter du présent...

Dès qu'un apprentissage est fini, un autre commence.

Dès qu'une leçon est apprise, une autre arrive.

Dès qu'un contrôle est passé, un autre se prépare.

Dès qu'une année est finie, une autre se présente.

Il n'y a pas de présent dans cette course en avant, ce qui revient à priver l'enfant de la satisfaction. D'autant plus qu'il n'y avait pas en lui de manque ni par conséquent de désir. L'école n'est qu'un labeur constant qui n'autorise que subrepticement le contentement. La pression revient immanquablement à la charge.

On voit dès lors l'importance du Maître. Il est le seul à pouvoir déclencher ce manque essentiel. Qu'un désir s'éveille, que le labeur devienne plaisir, que l'énergie ne soit pas constamment projetée vers l'avenir mais dans la jouissance de l'instant, dans le bonheur d'apprendre, sans qu'aucune sanction ne vienne salir ce bonheur.

On voit dès lors l'incongruité du systéme. Des notes, des contrôles, des bulletins, des appréciations, des sanctions arbitraires, des jugements subjectifs, tous les "Peut mieux faire" qui rappellent que la vie est à venir, que le futur est un présent insaisissable, qu'il faut travailler encore et encore pour s'approcher de ce fameux seuil de réussite cher au système.



"Tu seras un Homme mon fils," disait Kipling.

-Est-ce que ça donne le droit au système de m'arracher à ma vie d'enfant."



L'enfant est là. Et pas dans cet avenir d'adulte.

Ce sytème révèle avant tout l'incapacité des adultes à générer en l'enfant un manque de connaissances, un désir d'apprendre, une énergie à utiliser pour être celui qui sait et en profite et non, uniquement, celui qui doit savoir, le regard fixé vers l'horizon à atteindre.

On en revient à cet épouvantable espoir que l'on martèle dans des esprits malléables. Cette idée que la vie est à venir, qu'il faut gagner sa vie, qu'il faut préparer sa retraite, qu'il faut réserver son caveau. Jusqu'à en oublier d'être là.

L'école en devient finalement un aprrentissage de toutes les dérives spirituelles de l'individu.



Ca me mine au plus profond.

Pour ma part, je pense que le mal est fait à l'école primaire, qu'il est renforcé par le collège et trouve son aboutissement au lycée. C'est une oeuvre de désintégration de l'individu. Comment des parents pourraient-ils s'investir dans le respect de l'école quand ils ont eux-mêmes été démolis par cette école, qu'ils le sont encore par le jugement inique des enseignants? Il faut arrêter de dire que les parents n'éduquent pas leurs enfants. Aucun parent n'est satisfait de la révolte et de l'échec scolaire de leurs enfants. Eux aussi, ils en souffrent. Et de toute façon, mettre les parents au pilori ne les incitera jamais à soutenir les professeurs. Celui qui est condamné ne sera jamais le soutien de ses juges. Que l'école reconnaisse ses erreurs serait déjà un pas immense, qu'elle reconnaisse qu'elle n'est plus un sanctuaire mais un tribunal, qu'elle admette qu'elle doit revoir à la base même son fonctionnement, que les enseignants apprennent à vivre avec les jeunes et non "contre" les jeunes.
Le projet de classe est le seul moyen de créer le "manque" favorable à un désir. Que ce projet soit associé à la vie du jeune et non le support à un enseignement didactique. C'est la motivation le moteur et non la peur de la sanction. Il n'y a aucune sanction à donner quand on travaille en osmose. C'est un accompagnement et non un rapport de force.


Je n'ai plus confiance dans la majorité des enseignants. Ils sont bien plus responsables de la situation que les familles elles-mêmes. Le rejet du problème sur les autres est une pratique ancestrale. Ca n'a jamais rien changé. Lorsque des parent sont obligés d'aller chercher de l'aide en dehors de l'institution, c'est que celle-ci n'assure plus sa mission. Quant aux parents d'élèves, ils sont déjà tellement assommés par la vie quotidienne qu'ils se contentent bien souvent de faire le dos rond.

Il ne s'agit plus de changer de techniques d'apprentissage, de calendrier scolaire, de formation des professeurs mais bien d'établir QUI mérite d'entrer dans cette fonction ? C'est au départ que ça se joue. Mais pour établir quels sont les critères de sélection des futurs enseignants, encore faut-il que le projet éducatif soit entièrement reconstruit. Et ça, personne ne le veut.

Le fait par exemple que les enseignants soient recrutés avec un master est un non sens absolu étant donné qu'on va chercher les enseignants parmi ceux qui ont supporté le système...Et qui ont oublié depuis longtemps leur propre parcours à l'école primaire. Recruter après le BAC était bien plus favorable...Et largement suffisant, techniquement, pour enseigner à de jeunes enfants. Une formation dans la psychologie de l'enfance me semble être un critère essentiel aujourd'hui. Au lieu de cela on retrouve des adultes ayant passé un master en SVT, histoire, Anglais, mathématiques, lettres modernes...Où est l'intérêt ? Est-ce que ces gens se sont interrogés sur l'importance spirituelle de ce métier, sur le développement de l'enfant, sur l'accompagnement indispensable et non l'élaboration de criètes sélectifs ? On nous demande de faire des évaluations alors qu'on ne connaît même pas les enfants qu'on évalue...On ne connaît que leur capacité à entrer dans un cadre restrictif.

La complexification artificielle des méthodes du primaire est une absurdité. Ca n'a rien de compliqué d'apprendre à lre, à compter. Ca n'est pas la technique qui importe mais l'énergie, l'amour, la patience, l'attention, l'empathie qu'on y met. Ca ne sert à rien de faire de la linguistique avant, absolument à rien. Comme ça ne sert à rien de faire des maths en fac pour aller apprendre la multiplication. C'est comme si on demandait à un bûcheron de savoir faire un meuble Louis XVI avant de tronçonner un chêne.
C'est la formation de "l'individu-enseignant" qu'il faut entièrement reprendre, le contenant et pas le contenu.


Le haut niveau d'étude éloigne l'individu de la sphère enfantine. Dès lors il agit comme un technicien certain de ses compétences intellectuelles au lieu d'être un individu aimant et sensible à cette sphère enfantine. L'essentiel dans un ap...prentissage est de comprendre le fonctionnement de l'enfant au lieu de vouloir le faire entrer dans un fonctionnemendt d'adulte. Etre l'enfant au lieu d'être un technicien. Entrer dans sa sphère au lieu de chercher à le faire entrer dans un espace hermétique pour lui. L'enseignant qui comprend l'enfant l'amène à se comprendre lui-même. Dès lors, il ne s'agit pas d'être enfermé dans un fonctionnement stéréotypé mais de briser en soi ce carcan de certitudes. Plus on croit savoir et moins on est apte à apprendre. Apprendre pour soi comme apprendre aux autres. Il faut se vider de soi pour devenir "l'enfant" et l'amener en tant que compagnon de cordée à avancer. Il n'y a pas le maître et loin derrière lui un groupe d'enfants épuisés mais un ensemble homogène avançant conjointement vers un but. Le maître qui fait la trace en oubliant la réalité du groupe affaiblit la classe entière parce qu'elle n'existe pas. Elle n'est plus qu'un ensemble de techniques privée de sa condition humaine.
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phi

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MessageSujet: Re: Comment détruire l'Education Nationale!   Mer 15 Déc 2010 - 19:49

Je voudrais rajouter des choses mais je ne pense pas être en contradiction avec Thierry, bien au contraire. Simplement je me sens plus que concernée, puisque je fais partie des nouveaux professeurs des écoles, stagiaire cette année donc et devant une classe depuis la rentrée sans formation ou presque après... des études de philosophie des sciences aaaarg.
Jusqu'à la session 2009 du concours de recrutement (qui était déjà bien absurde) il fallait, sauf dispense de diplôme, un bac+3 ou équivalent pour pouvoir passer le concours, et en plus une attestation comme quoi on savait nager et une attestation de premiers secours.
A partir de l'an prochain en effet (cette année c'était spécial mais bref...) il faudra pour passer le concours un papier en langues (ben oui ça coûte trop cher d'organiser des épreuves de langues je suppose) un autre en informatique (même commentaire) et un bac +5 ou équivalent, + des "stages en responsabilités" (donc des moments où l'éventuel futur prof sera devant la classe pour "s'entrainer" ce qui fait que c'est un boxon pas possible cette année pour leur "trouver des classes" alors que la plupart des écoles sont surchargées, les profs absents souvent pas remplacés,...). Ca ne sera pas forcément un master n'ayant rien à voir avec l'enseignement en primaire, puisqu'il sera de plus en plus dur de passer le concours en candidat libre et d'obtenir tous les papiers nécessaires pour un concours offrant de moins en moins de place et un métier quand même très difficile et pas particulièrement bien considéré ni rémunéré. Il faut être sacrément motivé, surtout pour arriver avec l'image des "nouveaux bébés profs qui se la jouent pro avec leur master et leur absence de formation" Neutral Le gouvernement a tout bien réussi pour qu'on se tape dessus le plus possible entre profs.
Personnellement je n'avais pas de maître d'accueil dans l'école quand on m'a attribuée la classe, on a donc désigné d'office quelqu'un (en fait la directrice savait qu'on allait la désigner donc elle s'est proposée d'elle-même finalement et il se trouve qu'elle est vraiment super avec moi, j'ai de la chance) et j'ai cru comprendre que l'indemnité pour exercer cette fonction, déjà minable au départ, ne leur serait finalement pas versée de sitôt Rolling Eyes Il y a eu aussi tout un micmac avec des remplaçants plus expérimentés que nous qu'on mettait dans nos classes pour nous remplacer pendant nos semblants de formations, avec un manque d'informations et de cohérence assez hallucinant.
Le recrutement au niveau master est une réforme absurde et menée en dépit du bon sens, elle fait à peu près l'unanimité contre elle.
Cela étant personnellement, je ne regrette pas d'avoir fait des études plutôt longues et sans rapport a priori avec l'enseignement, et je ne dirai pas que ça ne m'a rien apporté en tant que maîtresse. Ca peut éloigner certaines personnes de la réalité de l'enfance, du métier,... sans doute, je ne peux pas parler au nom de tous les étudiants en master bien sûr. Je pense que beaucoup de gens, y compris des gens qui se reconvertissent après des années à faire un tout autre métier ne savent effectivement pas trop à quoi ressemble la vie dans une classe et peuvent déchanter ou être complétement inadaptés sans s'en rendre compte. Mais pour moi la culture, le recul et la diversité que j'ai pu voir pendant mes études, j'ai l'impression qu'elle me sert un peu tous les jours, que ça m'a appris à ne pas m'enfermer dans une façon de faire ou dans un mode de vie particulier, enfin je me fais sans doute des illusions, et je ne parle pas du tout ici de ce qu'on nous martèle dans les iufm, je ne suis pas passée par là, j'ai tenté le concours en candidat libre et j'ai ensuite eu la classe avant d'avoir le stage iufm censé nous former (très logique... mais du coup nous n'étions pas dupes des discours théoriques qui ne fonctionnaient pas)
Cette année je doute évidemment beaucoup, je fais tout ce que je peux pour mes élèves, je pars de ce qu'ils sont et pas de théories compliquées que je n'ai pas apprises à l'université et j'espère...
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thierry

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MessageSujet: Re: Comment détruire l'Education Nationale!   Mer 15 Déc 2010 - 20:00

Bienvenue dans le "bouillon" Phi...
Il y a une jeune enseignante comme toi dans mon école, première année...24 ans...Une tutrice qui passe de temps en temps et un instit qui est censé lui filer un coup de main, un instit bien dans les clous évidemment...
Bon...Hier, soir, je vais la voir dans sa classe avant de partir, je vois bien que ça ne va pas, tendue, des gestes brusques, de la colère en elle...Je lui pose une question et elle fond en larmes dans mes bras...Elle pourrait être ma fille...
Je hais ce gouvernement. Je hais ce qu'il fait vivre à des jeunes comme toi, je hais les douleurs que ça génère, pour les adlutes, pour les enfants, pour l'amour et l'estime que j'ai envers ce métier.
Envie de tout envoyer c...
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Romane
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MessageSujet: Re: Comment détruire l'Education Nationale!   Mer 15 Déc 2010 - 23:56

Je ne suis pas prof, ni instit, ni élève, ni même parent d'élève maintenant. Je ne suis rien.

N'empêche, démoralisée par la tournure des événements, démoralisée pour l'avenir de nos jeunes autant que votre santé nerveuse.

Trys dit une phrase à laquelle je ne toucherai pas un mot tant elle me semble refléter l'exacte et triste réalité : l'école n'est pas là pour modifier la société ni même la faire évoluer,elle est là pour la reproduire et surtout que chacun reste bien à saplace!

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Bonjour, je suis Romane, alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane."
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
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MBS

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MessageSujet: Re: Comment détruire l'Education Nationale!   Jeu 16 Déc 2010 - 0:30

Pas le temps de tout lire mais je devine la tonalité générale...

Normalement, s'il décide de se déplacer (j'attends toujours son e-mail de confirmation), j'attends demain matin mon stagiaire de Master 2 de janvier. Il est entre écrit et oral du CAPES et va découvrir les joies de l'enseignement pendant le mois de janvier dans mes classes. Il sera payé... Le serai-je un jour pour le temps que je vais lui consacrer ? Mystère... Mais bon, laissons cela de côté, ce n'est pas le plus important.

En fait, ce stagiaire va faire la même chose que le stage en situation que faisaient les anciens profs stagiaires au mois de janvier, à un moment où ils avaient déjà reçu quatre mois de formation et passé quatre mois avec les classes qu'ils avaient à l'année. Il suffisait "juste" (si on peut dire) de voir comment ils s'adaptaient dans un autre niveau (lycée s'isl étaient en collège à l'année et vice-versa). Sauf que là, c'est le béotien parfait que je vais voir arriver. Il y a certes eu des formations dans le cadre de la deuxième année de master mais, si j'en crois ce que ma meilleure amie me raconte sur les formations informatiques, il y a 1 étudiant sur 3 environ à chaque séance. Et c'est là que le doute m'étreint très fortement. Pour avoir encadré des profs stagiaires ancienne version dans toutes les situations, le gros problème (hormis l'aspect strictement pédagogique) était de leur faire prendre conscience qu'ils bossaient pour de vrai (et que les sorties nocturnes jusqu'à pas d'heure entre les journées de formation qui font qu'on dort debout la deuxième... ou la veille d'aller faire un cours, ce n'était pas la meilleure manière de bien démarrer dans le métier). Là, on va avoir des jeunes qui vont faire un boulot de prof sans même être prof (c'est-à-dire en premier lieu avoir une responsabilité à exercer)... Ok, on est là pour encadrer mais quand même !... S'il foire tout le chapitre que je vais lui confier, je fais quoi avec mes classes ? Je recommence le chapitre, je le passe par pertes plus que par profit, je fais des photocopies pour rattraper les manques ? Et si le devoir qu'il donne en fin de course est infaisable ou corrigé n'importe comment ? Le risque est quand même bien plus considérable que dans l'ancien système... Et je ne parle même pas de l'hypothèse d'un cours de géo fait par un historien de formation ayant soigneusement évité l'autre matière dans son cursus universitaire.

Il fallait refuser me rétorquera-t-on... Ouais mais que vaut-il mieux ?... Laisser ce genre de stagiaire à des collègues qui se contenteront de faire plaisir à l'inspection (qui se bagarre pour trouver des endroits où les mettre) et de toucher leur petite prime un jour... ou se décarcasser pour qu'ils ne partent pour leur vrai première année sans rien ?
C'est vraiment un truc de dingues...
Mais l'Education Nationale est un truc de dingues !...
Par essence...

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: Comment détruire l'Education Nationale!   Jeu 16 Déc 2010 - 0:53

Et s'il s'avérait finalement que lui et toi êtes sur la même longueur d'ondes ? Alors oui, lui sera certainement sur un niveau moindre mais bon, toi aussi tu as "commencé" un jour.
Vous n'avez pas le moyen de vous mettre d'accord ou de discuter un peu tous les deux ?
Si ça se trouve, il a autant la trouille que toi ou se pose lui aussi des questions...
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MessageSujet: Re: Comment détruire l'Education Nationale!   Jeu 16 Déc 2010 - 9:52

Bien sûr que c'est possible (c'est même souhaitable...) mais disons que l'étudiant en question a commencé par mal se comporter avec la secrétaire du proviseur en la prenant pour une conne, qu'il ne répond pas à mon e-mail (alors qu'il a répondu tout de suite lorsque j'ai pris le premier contact... à croire qu'ilv oulait seulement être sûr que je l'acceptais...). J'en saurais plus dans un peu plus de deux heures...


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MessageSujet: Re: Comment détruire l'Education Nationale!   Jeu 16 Déc 2010 - 12:42

J'espère pour vous deux que cela va se passer correctement.
Lorsque j'ai commencé mon métier, je n'ai eu droit qu'à 1 heure d'accompagnement. Après quoi j'étais seule dans la fosse aux lionnes. Je n'en menais pas large à ce moment-là. Le soir venu, j'étais épuisée, non pas par mes heures de cours, mais parce que je serrais les fesses tout le temps. Tous les 2 soirs j'étais chez JoK, histoire de décompresser entièrement. Et aussi parce que je devais apprendre à mieux utiliser l'outil informatique.
Ce n'est que la semaine suivante que je les ai pris au dépourvu, mes élèves. Au lieu d'enseigner, je les ai poussées à me donner leurs visions sur ce qui se passait autour d'elles, leurs familles, bref leurs vies. Petit à petit, je réussis à les avoir non pas comme élèves, mais comme des interlocutrices.
La relation avait changé, leur attention est acquise. Les résultats seront là dès la fin de la première année.

Toujours pour ma profession, il a fallu que je m'absente de l'école. Le remplacement se fait par une jeune débutante aussi. Nous allons donc dans un premier temps discuter ensemble, elle et moi. Alors oui, elle a ses propres idées sur le job qu'elle doit faire. Notre relation a également été du type accompagnatrice à stagiaire. J'y ai juste ajouté honnêteté professionnelle. Elle a eu plus de chance que moi à mes débuts. Puisqu'elle a bénéficié de 3 mois complets en duo, enfin pas tout à fait, j'étais présente 1 jour sur 2 en gros.
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Tryskel
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MessageSujet: Re: Comment détruire l'Education Nationale!   Jeu 16 Déc 2010 - 19:31

Je suis entièrement d'accord avec toi Thierry, je comprend et je partage ta colère!

D'ac aussi avec toi Phi, exiger un Master est une connerie et une imposture, ce ne sont pas 5 ans d'études qui vont faire un bon enseignant. Cependant, comme tu le dis, ces études peuvent apporter une ouverture d'esprit par la culture qu'elles supposent.

J'ai été jetée à 20 ans avec tout juste mon Bac et pas l'ombre d'une expèrience devant des gars de 15/16 ans, avec à enseigner la Géographie et l'Education Civique parce que personne n'en voulait dans le collège. J'ai eu droit juste à quelques miettes d'histoire. A l'époque c'étaient encore les PEGC taillables et corvéables à merci qui enseignaient plusieurs disciplines.
C'est moi qui ai souhaité une formation au métier (parrallélement à la fac), je suis donc entrée à l'Ecole Normale au Centre de Formation des PEGC, qui s'il m'a permis d'obtenir diplôme et titularisation ne m'a pas appris à enseigner. D'autant que le Centre fonctionnait encore sur d'ancien shémas dignes de la IIIème République, l'élan sincère des "Hussards Noirs" en moins!!! Et au Centre on n'aimait pas ceux qui suivaient des études, selon eux c'était inutile.
Aujourd'hui on exige des tas de papiers prouvant par quelles cases sont passés les postulants profs, mais toujours et moins que jamais un questionnement sur leurs motivations et j'ose le mot leur "vocation" parce que ce p... de métier en exige une pour tenir le coup!

Mais le gouvernement se fout des vocations, ce qu'il veut ; outre la démolition du système; c'est un prof devant chaque classe pour que les parents qui sont aussi des électeurs ne râlent pas. A la limite, ce que fait le prof, on s'en fout dés l'instant qu'il est là, que c'est pas trop le bordel dans la classe et qu'il distribue quelques "bonnes notes"!
Sauf qu'on a fait croire aux parents qu'ils avaient leur mot à dire, certes, il n'est pas question de les tenir à l'écart, on peut les associer de diverses façons, mais certains (et pas les plus démunis) en ont traduit qu'ils pouvaient intervenir dans l'enseignement, donc le travail du prof. Les pires étant ces "Parents d'Elèves" qui sont eux mêmes enseignants!

La formation est toujours au centre du problème, même si on se forme sur le terrain essentiellement, partir avec un bagage minimum sur la façon d'exercer c'est la moindre des choses. Hors on a détruit les Ecoles Normales pour faire les IUFM qui ont été peu efficaces, et du coup on a détruit les IUFM pour les inclure dans l'Université.
On a aussi détruit la MAFPEN (Formation permanente des enseignants) qui était plutôt efficace (quand les thèmes de stage n'était pas farfelus). J'ai obtenu l'Agreg grâce au formateur qui ne ménageait pas sa peine, ne comptait pas ses heures, jusqu'à nous réunir le Dimanche pour préparer l'oral. Il a pris sa retraite l'année suivante et n'a pas été remplacé. J'ai intégré la MAFPEN comme formatrice, on m'avait aidée, c'était on tour d'aider les autres! Mais elle a été intégrée dans les IUFM dont ce n'était vraiment pas le souci et elle a périclité. Au passage j'attends encore qu'on me paye les heures que j'y ai passées! mèche

Quand j'ai débuté (aprés ma titularisation) on pouvait s'absenter pour suivre une formation, puis les formations se sont faites de plus en plus rares, de plus en plus courtes et se passaient pendant les vacances ou les jours de congé (mercredi; samedi) ce qui n'encourageait pas les ardeurs à les suivre!
C'est une tactique, on s'arrange pour que se soit très difficle à suivre, et on finit par supprimer au motif que ça n'interesse quasi personne...

Bon courage avec les stagiaires (j'en ai eu deux mais ça c'est bien passé). Je crois que c'st plus leur propre façon de fonctionner qu'il faut leur faire découvrir et surtout s'ils ont vraiment envie de faire ça!

Je suis partie à temps, ça commençait plus que sérieusement à se dégrader, mais je ne décolère pas face au massacre. Comme Thierry, j'en veux au gouvernement (je devrais mettre au pluriel) qui l'organise sciemment parce que si les enseignants sont des victimes, voire des cibles, c'est quand même les mômes qui morflent le plus!
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MessageSujet: Re: Comment détruire l'Education Nationale!   Ven 17 Déc 2010 - 19:07

Je mets ça ici parce que si ça ne parle pas que de l'école il en est beaucoup question. C'est quasi une preuve à contrario que malgrè l'organisation de l'école française qu'un des intervenants qualifie de "colonne de distillation", elle peut pour qui arrive à s'en servir (et veut bien bosser un minimum quand même) servir de tremplin.
Ca dure presqu'une heure, mais il y est dit des choses très interessantes. Les intervenants (dont les noms ne sont pas cités) ne sont pour une fois pas des stars ou des peoples, simplements des français "issus de l'immigration" qui parlent de leur vécu et qui s'en sont pas trop mal sortis.
Comme quoi, c'est pas facile, mais c'est possible.

Et si le film s'attache aux français de la "diversité" ce qui y est montré est applicable aux francos français des classes "défavorisées".

"La question n'est pas de savoir si la discrimination existe, oui elle existe, elle est ": est ce que la discrimination va nous empêcher de devenir ce que nous voulons?"



http://www.publicsenat.fr/vod/documentaire/voyage-en-beurgeoisie/67326


Et à propos des profs stagiaires, j'ai trouvé ça:

Des militaires pour former les profs stagiaires

Par Julie_prof | Professeure stagiaire | 15/12/2010 | 17H44


Jusqu'à l'an dernier, les professeurs stagiaires travaillaient à mi-temps, ce qui leur permettait de suivre une formation en alternance à l'IUFM. Aujourd'hui, ils se retrouvent devant leur classe sans aucune préparation mais avec la promesse de bénéficier de quelques sessions de formation en cours d'année. Le 3 décembre, l'une de celles-ci se tenait à Bordeaux. Julie -son prénom a été changé- y était. Elle raconte ce qui ressemble à « une mauvaise blague ».


Lors de la réunion de « formation » du vendredi 3 décembre, qui s'est tenue au lycée Gustave Eiffel à Bordeaux, les professeurs stagiaires ont été conviés à suivre un cours magistral de 9h30 à 12h30.

Les professeurs ne sont pas une profession libérale

Les interventions successives n'ont répondu en rien à nos demandes les plus pressantes et à nos inquiétudes. Alors même qu'aucun d'entre nous n'a commencé sa formation disciplinaire ce qui, de l'avis de tous, est une urgence bien réelle.

A la fin de la troisième intervention détaillant les droits et devoirs du fonctionnaire, un responsable des ressources humaines nous a rappelé que nous « devions » 35 heures par semaine à l'Etat et que nous n'étions pas une profession libérale et que nous dépendions d'une hiérarchie structurée.

Un collègue a posé la question suivante :

« Tout ce que vous nous dites est certes intéressant et je suis d'accord qu'en tant que fonctionnaire, nous nous devons de connaître le fonctionnement de notre institution mais qu'en est-il de notre droit à la formation disciplinaire ? Nous n'avons encore eu à ce jour aucune formation ! »


A cette invective fortement applaudie par tous, une inspectrice a pris la parole et a répondu : « Il faut savoir qu'il est du devoir de tout enseignant de s'autoformer et les tuteurs sont aussi là pour vous aider… »

Orienter nos élèves en difficulté vers des carrières militaires
A notre grande surprise, à 14 heures, lorsque la réunion a repris, nous avons vu se succéder à la tribune deux militaires, un major et un colonel (si je me souviens bien) accompagné d'un IPR [inspecteur pédagogique régional, ndlr] d'histoire-géographie et d'un professeur agrégé d'histoire, commandant de réserve.

Les thèmes abordés ont été alors plus exotiques les uns que les autres : « l'enseignement de la défense », « la défense aujourd'hui : nouvelles menaces, nouvelles configurations, les enjeux », « un exemple de partenariat Défense-lycée », « le recensement et la JAPD », etc.

Tous ces thèmes ont été servis avec une sauce idéologique particulièrement intéressante : « Grâce à Dieu, grâce à Dieu, grâce à Dieu nous connaissons la paix en Europe depuis plus de soixante ans », « La paix a été préservée grâce à la bombe nucléaire », etc…

Nous avons aussi été incités à orienter nos élèves en difficulté vers des carrières militaires ! Tout ça avec, en arrière-plan, des images de jeunes militaires avec des armes à la main en exercice de tirs, etc…

Nous avons été plusieurs à nous demander si ce n'était pas une mauvaise blague avec une caméra cachée.

« Mademoiselle, vous êtes payée pour suivre ces formations »
Evidemment, beaucoup de nos collègues furieux que l'on se moque de leurs préoccupations quotidiennes (apprendre à construire des séquences de cours ou évaluer les élèves par exemple) ont déjà commencé à quitter massivement les lieux…

L'IPR, irrité, lâche alors quelques remarques injurieuses allant jusqu'à remettre en doute notre posture professionnelle. Peut-être aurait-il dû se féliciter d'avoir devant lui des enseignants avec un esprit critique !

La fin de la séance est épique, l'IPR nous interpellant : « Bon, nous sommes en retard mais… à qui la faute ? »…

Il apostrophe ensuite une professeure stagiaire qui était en train de se diriger vers la sortie et lui dit :

« Mademoiselle, vous n'avez pas le droit de quitter la salle, vous êtes payée pour suivre ces formations »…


A la professeure stagiaire de lui rétorquer courageusement :

« J'ai un train à prendre, il est 16h31 et je ne suis payée que jusqu'à 16h30. »


« Des conversations d'intellectuels qui ne servent à rien »
Face à l'hostilité généralisée et réciproque, beaucoup ont quitté la salle. Le commandant de réserve, visiblement en colère, se permet une comparaison hasardeuse :

« En salle des profs, on entend des conversations d'intellectuels qui ne servent à rien alors que nous, dans l'armée, on est dans l'action pour la nation. »


Un autre gradé de l'armée prend la suite en affirmant de manière décomplexée qu'il n'y a pas de déontologie dans l'éducation nationale !

Pour conclure, nous nous sommes tous sentis insultés tant par le choix des thèmes abordés, qui témoignent d'une ignorance totale de nos problèmes quotidiens, que par des propos inacceptables à notre égard et sur l'ensemble de la profession que, quelque part, nous représentions ce jour-là.

Source: Rue 89
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MessageSujet: Re: Comment détruire l'Education Nationale!   Sam 18 Déc 2010 - 10:19

Ce dernier texte me met doublement mal à l'aise. Par ce qu'il raconte d'abord mais aussi parce que c'est quand même vraiment gros. L'académie de Toulouse qui n'est pas bien loin de celle de Bordeaux a mis en place des journées de formation disciplinaire pour les nouveaux profs depuis la rentrée (et même la semaine avant la rentrée) et il serait complètement impossible de voir un IPR se prêter à une telle action pro-militariste(et pourtant j'en connais une qui ets carrièriste au possible...). Donc, il y a deux solutions : ou Bordeaux a choisi de saboter délibérément la formation pour montrer l'absurdité du nouveau système (mais je vois mal des gens risquer leur carrière pour ça), soit nous sommes en face d'une sorte de bobard ou d'un règlement de compte en règle. Mon expérience dans ce dernier domaine m'amène à beaucoup de vigilance quand on fait réagir des profs "stagiaires" (ancienne et nouvelle formule confondues). Combien de fois a-t-on vu des stagiaires en fin d'année dézinguer la formation qui leur était proposée pendant l'année sous le prétexte qu'elle était trop ceci ou trop cela ? Et les réactions étaient alors d'une telle disproportion que cela faisait réfléchir sur l'honnêteté intellectuelle de ces personnes qui entraient officiellement dans la profession. Il y en avait même pour se plaindre... qu'on leur ait donné une formation tellement ils étaient sûr de ne pas en avoir besoin ! Etrangément, ceux dont les critiques étaient les plus fondées étaient ceux qui les exprimaient le plus sereinement et calmement. Entre quatre yeux (ou plus) et pas en écrivant la presse ou au recteur (ce qu'avait fait un stagiaire mécontent d'une formatrice qui lui avait juste dit qu'il ne travaillait pas assez à la préparation de ses cours).
Donc me voici circonspect et inquiet de ce nouveau développement. Parce que, encore une fois, face à un système stupide, il y a aussi des personnes qui bossent pour essayer de ne pas broyer les jeunes profs dans la nouvelle machine... ou ceux qui vont débouler l'année prochaine. Et un tel texte aura aussi pour effet de mettre tout le monde dans le même sac.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: Comment détruire l'Education Nationale!   Lun 17 Jan 2011 - 20:22

Education : l'autonomie se situe au coeur même de l'idéologie néolibérale


La généralisation annoncée de la loi d'autonomie des universités, la LRU, aux écoles primaires et à l'enseignement secondaire fait réagir les auteurs de cette tribune, François Cocq et Francis Daspe. Ils y dénoncent une logique de démantèlement de l'éducation publique, au profit de nouveaux modes de gestions managériaux.




A l’image des médecins du Malade imaginaire de Molière préconisant la saignée pour tout remède, les Diafoirus du système éducatif crient dans un réflexe pavlovien « Autonomie ! » dès que l’on parle Ecole. L’autonomie de l’université promue par la loi LRU du 10 août 2007 ne représentait que le galop d’essai : ce sont maintenant le primaire et le secondaire qui sont dans la ligne de mire !

Le 12 janvier, Christian Nique, en charge d’une première évaluation de six mois du dispositif CLAIR (collèges et lycées pour l’innovation, l’ambition et la réussite) mis en œuvre dans 105 établissements, s’est ainsi empressé d’annoncer la généralisation de celui-ci à 249 collèges et 1725 écoles pour la prochaine rentrée. Au programme : recrutement des enseignants « sur profil », contrat d’objectif pour l’établissement, pluridisciplinarité pour les professeurs, mutualisation des enseignants entre le primaire et le privé, latitude laissée dans la DHG (dotation horaire globale) pour aménager le temps scolaire et les enseignements eux-mêmes ! Soyons clairs justement : cette manœuvre ne vise rien moins que lancer à grande échelle l’autonomie des établissements. Avec tout ce qu’elle porte en elle comme atteintes à l’Ecole de la République.

L’autonomie signifie d’abord mise en concurrence des établissements scolaires, en parfaite cohérence avec la suppression de la carte scolaire : la liberté d’inscrire ses enfants dans l’établissement de son choix sera dès lors reconnue aux parents. Perspective totalement illusoire, car la logique de cette disposition aboutira nécessairement à une inversion radicale : ce seront in fine les établissements (une partie de ceux bénéficiant initialement d’avantages comparatifs) qui choisiront leurs élèves, tandis que les autres en seront réduits à accueillir les élèves non désirés ou pour qui il sera trop difficile de s’extraire de leur enracinement territorial ou de leur appartenance sociale. Dans le même temps, force est de constater les avantages toujours plus nombreux concédés à l’enseignement privé (à 95% confessionnel) qui se prépare à s’attaquer avec voracité à ce grand marché des établissements qui lui est offert sur un plateau.

La volonté d’octroyer des pouvoirs accrus aux chefs d’établissements vise quant à elle à les transformer en chefs d’entreprise, notamment en matière de gestion des personnels et du déroulement de leurs carrières. Tout cela au mépris des statuts comme le confirme la récente sortie de Christian Jacob. La possibilité de recruter et de mettre à pied les personnels viendrait couronner le nouvel édifice au nom du tropisme d’une gestion managériale parée de toutes les vertus.

Le renforcement de l’autonomie favorise également l’ingérence des pouvoirs locaux et des intérêts privés (élus, chefs d’entreprise et notables de tous ordres) dans le fonctionnement de l’Ecole. C’est aller à rebours d’une évolution séculaire : l’institution scolaire s’est construite par une mise à distance salutaire de toute forme de pressions d’ordre consumériste et des agissements clientélistes de féodalités locales. Mise à distance qui signifiait la prise en considération prioritaire de l’intérêt général au détriment des revendications particularistes et privées que ces intrusions induisent de fait.

Les incidences dans le domaine pédagogique ne sont pas moindres. Le but recherché est le démantèlement du cadre national qui structure jusqu’à présent notre système éducatif, et ce en dépit des entorses qui lui ont été faites au cours des dernières années : programmes et examens nationaux, modalités de recrutement des enseignants. La réussite à un concours accorde aux professeurs un statut protecteur indispensable à un exercice empreint de sérénité de leurs fonctions. C’est précisément ce statut, qui est la garantie du service public et donc de l’intérêt général, que l’on cherche à rogner méthodiquement par tous les moyens.

Se dessine un nouveau mode de gestion fondé sur la généralisation de la contractualisation, dont dépendrait l’allocation des moyens mis à disposition des établissements. Ces moyens seraient fonction de la réalisation de contrats d’objectifs déterminés de gré à gré avec les autorités hiérarchiques en contrepartie d’une obligation de résultats. Les effets pervers attendus ne sont pas très difficiles à décrypter. Le système favorisera par effet cumulatif les établissements les mieux lotis qui seront en capacité d’atteindre aisément leurs objectifs, offrant par ce biais le cadre idéal à une contractualisation à double vitesse.

Pour y remédier, la tentation sera grande aux établissements en difficulté (ou tout simplement et de manière plus prosaïque à la recherche de financements supplémentaires) de promouvoir une réussite factice au prix d’un abaissement des exigences et des ambitions. Une fois de plus la regrettable confusion entre démocratisation et massification sera opérée, les aspects comptables quantitatifs l’emportant par nécessité sur les préoccupations qualitatives de l’enseignement dispensé. L’autonomie n’est surtout pas une mesure neutre. Elle n’est pas à confondre avec la liberté pédagogique qui existe déjà et donne bien des possibilités d’action pour qui veut l’utiliser à bon escient.

L’autonomie se situe au cœur même de l’idéologie néolibérale. Elle génère de manière quasi mécanique le corollaire du libéralisme : un accroissement significatif des inégalités instaurant une « école à deux vitesses ». Dénonçons le vrai visage de l’autonomie, redoutable miroir aux alouettes à la fois moyen et finalité de l’entreprise de destruction de l’Ecole de la République. Elle n’est pas la solution, mais bien une cause et un symptôme du problème.

Marianne2 17/01/11


Les passages en gras sont soulignés par mes soins...

Cette évolution n'est pas vraiment une nouveauté, depuis des lustres existent des "Etablissements d'Excellence" qui trient leurs élèves à l'entrée, et pour l'intégration desquels par leurs enfants, les parents qui en ont les moyens financiers et relationnels sont prêts à tout ou presque... Ces établissements dont les chefs sont nommés directement par le ministère recrutent leurs enseignants sur profil.
Un type de recrutement dont nombre de chefs d'établissement rêvent sans oser le dire tout haut: choisir "ses" profs c'est avoir barre sur eux,c'est pas le cas aujourd'hui, l'enseignant peut s'il n'est pas débutant choisir l'établissement dans lequel il souhaite enseigner, et sa nomination se fait sur son niveau de dipôme, son ancienneté ... sans que le chef d'établissement lambda ait son mot à dire. Chef qui n'a guère de pouvoir sur la carrière des enseignants, il ne peut qu'attribuer une note administrative, la pédagogie relève des inspecteurs, et les programmes, le nombre d'heures par discipline selon le niveau et la section décidés par le ministère, sont les mêmes pour tous.

L'école à deux vitesses existe depuis la création de l'école, une pour les enfants des classes favorisées, l'autre pour les autres, sauf que... le passage, certes à dose homéopathique d'enfants "défavorisés" dans les établissements secondaires généraux qui pouvaient les conduire aux études supèrieures, voire dans des cas rarissimes aux "Grandes Ecoles" était possible, ça fait un moment que ce n'est plus le cas!
Les "Grandes Ecoles" sont par ailleurs une spécificité française, et elles ont toutes à l'origine été fondées pour permettre la création de corps d'état (Polytechnique, Mines, ENA...) recrutés sur les compétences quelque soit le milieu social de l'étudiant s'il travaillait pour ... On en est loin, les classes favorisées se sont vite réservé ces niches éducatives qui ne sont plus que leurs moules reproducteurs. Ce pourquoi l'accès à l'Université a été un peu plus ouvert, ce n'est pas la Fac qui ouvre les "bonnes" portes...
Bien sûr ce ne sera jamais avoué, ils n'ont pas envie de provoquer des émeutes en annonçant qu'ils cassent l'Ecole à laquelle malgré tout les français demeurent attachés et croient encore, c'est plus vicieux, mais je répète, ce n'est que l'une des dernières étapes d'un processus en marche depuis longtemps!
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MessageSujet: Re: Comment détruire l'Education Nationale!   Sam 17 Déc 2011 - 19:31

Site trouvé en cherchant des éléments de réponses aux problèmes de Phi.
Je ne l'ai pas exploré en entier, il est très fourni, mais il me paraît interessant.

L'article qui suit reprend deux vieilles antiennes qui sont de plus en plus dans l'air du temps:

1) La possibilité pour les chefs d'établissement (qui, rapellons le ne sont pas formés particulièrement aux responsabilités de chef) de choisir les profs, de constituer "leur" équipe pédagogique. Un souhait que j'ai entendu plus d'un exprimer, si le chef choisit "ses" profs, il n'y aura aucune contestation de sa gestion des RH, ce sera entre gens de bonne compagnie, exit les emmerdeurs contestataires!
Mais sur quels critères ce choix? Quelle évaluation, par qui?

Quid des profs dont personne ne voudra, pas forcément parce qu'ils sont mauvais mais parce qu'ils débutent ou qu'ils n'ont pas de "réseaux"...
Et sachant que (sauf rares exceptions) les chefs d'établissements visent à changer pour un bahut plus grand (ils ont une prime au nombre d'élèves) plus prestigieux; ce qui explique qu'ils ne veulent pas de vagues dans leur boîte; que deviendra l'équipe ainsi constituée si le chef va ailleurs? Sans compter l'ambiance, bonjour les léche bottes déjà assez nombreux quand (pour l'instant) le chef n'a pas vraiment d'influence sur leur carrière...

2) La fameuse "présence" du prof dans l'établissement. Mouais, ces fainéants ne font réglementairement"QUE" 18 ou 15 heures, un scandale! C'est compter sans les heures sups qu'on s'arrange pour qu'elles ne puissent pas être refusées compte tenu des horaires de la discipline suivant les sections et les niveaux, toujours un peu boîteux, alors une heure ou deux en plus, c'est rien!
Qu'ils aillent les faire ces heures devant élèves, après, s'ils sortent entiers, ils pourront causer!

Les préparations, les corrections, c'est pas comptabilisé, c'est rien! On m'a dit encore récemment que les cours une fois qu'on les a préparés, ils resservent tels quels! Difficile de faire admettre que 15 heures (horaire d'agrégé) ça atteint facile les sacro saintes 35! Que les profs n'ont ni prime, ni 13ème mois, ils ont les vacances! D'ailleurs, quand ils ne sont pas en vacances, ils sont en congé maladie!
Et que je revoyais toujours mes cours d'une année sur l'autre, sans compter que les programmes, les épreuves d'examen changent à la vitese grand V, t'es à peine habitué qu'il faut tout revoir!
A priori, ce ne serait pas si absurde si les moyens de travailler dans l'établissement hors les heures en classe étaient donnés, si le salaire augmentait en conséquence (les enseignants français sont parmi les plus mal payés d'Europe)...
Mais nan, faut pas rêver! Ca c'est encore de la démago!

Tain, suis contente d'être à la retraite, profitant égoïstement d'une pension scandaleusement élevée que je n'ai pas méritée, payée à ne rien faire après des décennies à avoir été payée à ne rien faire! mdr

http://www.aideauxprofs.org/index.asp?affiche=News_Display.asp&ArticleID=1927


Dernière édition par Tryskel le Sam 17 Déc 2011 - 20:59, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Comment détruire l'Education Nationale!   Sam 17 Déc 2011 - 19:34

Euh ?...

Pareil...

mdr

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MessageSujet: Re: Comment détruire l'Education Nationale!   Sam 17 Déc 2011 - 20:18

Euh ?...

Finalement, tout bien réfléchi, je veux bien faire les 35 heures... Depuis le temps que je ne sais plus vraiment ce que c'est qu'avoir du temps libre...

Quant à la notation par le chef d'établissement, pas besoin d'attendre la réforme (ou pas réforme d'ailleurs mais coup de provoc du shampouineur de la rue de Grenelle) pour découvrir la face cachée des choses. Lorsqu'on est plus proche de la fin de carrière que du début, il y a un truc qui s'appelle la hors-classe, une sorte d'échelle de rémunération différente pour les "bons profs" (où on voit que le mérite existe déjà contrairement aux discours ambiants). Pour la faire courte, l'année dernière il fallait 348 points pour l'atteindre, j'en ai eu 347... Conclusion logique, cette année devrait être la bonne... Ben non !... Au détours d'une discussion avec ma proviseur, elle m'explique que cette année elle n'a droit qu'à quatre notations "très favorable" parmi les profs de l'établissement ; autrement dit, sans le crier sur la place publique, on limite la promotion au mérite. Là où elle a été gênée c'est quand elle m'explique qu'elle a dû aller expliquer à une collègue pourquoi elle lui mettait une moins bonne appréciation cette année que l'année dernière (vous imaginez le truc : "vous avez travaillé encore mieux que l'année d'avant mais je vous mais juste un avis favorable et pas très favorable parce que vous n'avez aucune chance d'obtenir la hors-classe cette année). Doublement gênée même parce qu'elle se rend compte en expliquant ça que moi aussi je suis passé à la trappe (forcément, je suis "beaucoup" plus jeune que les habituels candidats...). Mais, comme le dit Trys, c'ets une nouvelle preuve qu'il y a un monde entre ce qui se dit dans l'opinion et les réalités...

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: Comment détruire l'Education Nationale!   Sam 17 Déc 2011 - 21:13

Ca me rappelle ma première année de toute fraîche débutante. Inspection: rapport très élogieux, note de l'inspecteur: 10/20!
Furax, je suis allée voir le directeur (c'était encore un directeur de CEG, rien que des garçons, j'avais 21 ans et aucune formation...) pour m'étonner et demande pourquoi seulement 10 puisque j'étais si bonne. Réponse: "Vous débutez, on ne peut pas vous mettre plus, même si vous étiez géniale, ça ne dépasserait pas 11"!
Voilà comment on encourage les débutants!

La formation, c'est venu après et parce que j'ai fait ce qu'il fallait pour, concours, Ecole Normale, diplômes, rien ne m'a été conseillé pour la titularisation, je n'ai pas été vraiment encouragée pour le reste, un agrégé, ça coûte cher! Mais j'allais pas rester remplaçante toute ma vie!
Au moins, y'avait encore une formation, même qu'on pouvait prendre les heures de stage sur les heures de cours! L'Age d'Or mdr

Oui, il y a un abîme entre la réalité du vécu (pour les profs consciencieux au moins) et ce que les gens racontent parce qu'ils l'ont entendu dire, et qu'ils ne savent rien, et que ça arrange le ministère que le public ne sache pas réellement ce qui se passe entre les murs des établissements! Je dis bien "consciencieux" parce que des magouilleurs, des tire au flanc, dés qui avancent sans forcer parce qu'ils ont des relations et/ou qu'ils savent quelles bottes lécher, y'en a, mais c'est loin d'être la majorité!
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MessageSujet: Re: Comment détruire l'Education Nationale!   Ven 23 Déc 2011 - 19:06

EVALUATION DES PROFS PAR LE CHEF D'ETABLISSEMENT

Contre bien sûr, totalement!

http://www.rue89.com/2011/12/22/pour-ou-contre-levaluation-des-profs-par-le-chef-detablissement-227582

Contre parce que:
La majorité des chefs d'établissement ne sont pas formé pour évaluer une pratique disciplinaire. Comment un ancien prof de maths peut -il évaluer les pratiques dans les disciplines littéraires? Et réciproquement?

Mais surtout parce que ça va renforcer les clans autour du chef, le léchebottisme, le se faire bien voir. parce que les "bien vus" du chef ne sont pas toujours et même pas souvent, les meilleurs dans l'exercice de l'enseignement.

Parce que la pression sera encore plus forte de la part des parents et du ministère. les parents pourront se plaindre encore plus d'un prof, et le chef cédera.

Parce que ce sera encore plus un moyen de couper toutes les têtes qui dépassent.
Que l'ambiance qui est déjà pas joyeuse dans la majorité des établissements va devenir carrément pourrie avec la crainte d'être "mal noté" quelle que soit la qualité du travail fourni. Et les chers collègue qui cafteront d'autant plus qu'ils sauront sur qui taper auprès du chef, on sait vite qui a ou pas la cote auprès du patron!
Le ministère aura de bons petits soldats aux ordres, contrôlés par les chefs au niveau local. Et le prof aura intérêt quoi qu'il se passe à ne pas la ramener, à accepter heures sups emploi du temps et classes qu'on voudra bien lui donner, sachant que les "meilleurs" sont attribuées à ceux qui sont bien vus du chef!
Comme dit un des coms: "les établissements sont de vrais paniers de crabes."

Pour l'instant la notation pédagogique est du ressort des inspecteurs. Je dis pas que c'est l'idéal, mais ils sont sensés être compétents dans leur discipline. C'est vrai que les inspections sont peu fréquentes (en moyenne tous les 3 ans, et encore). Qu'il faut parfois la demander pour assurer son avancement, mais au moins elle met à l'abri des humeurs du chef. On peut toujours lui coller un rapport favorable sous le nez s'il n'est pas content de nous!

Et la majorité des chefs d'établissement ne sont pas compétents pour occuper le poste qui est avant tout administratif. Ils sont recrutés sur Liste d'Aptitude, par cooptation, après une tentative de mise en place d'un concours qui était 'trop ouvert" au goût de certains, pensez donc: des PEGC (ça existait encore), des Directeurs de CIO, même des documentalistes, Fi donc!
Eux aussi cherchent à se faire bien voir du rectorat pour obtenir un meilleur établissement. Donc ils refusent de voir certains problèmes pour ne pas faire de vagues et ne pas être mal notés.

Et non, j'èxagère pas, je suis passée par la direction, même qu'ils n'ont pas voulu me garder: pas assez souple, pas assez administrative... Au moins, je sais comment ça fonctionne, et j'ai entendu des propos de chefs à faire frémir pour l'avenir de l'Education Nationale, c'était il y a en gros une vingtaine d'années!

Les chefs en rêvaient, Chatel l'a fait!
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JoK
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MessageSujet: Re: Comment détruire l'Education Nationale!   Ven 27 Jan 2012 - 19:16

Sacré buzz en ce moment sur Twitter... Les RASED (Réseaux d'Aides Spécialisées aux Elèves en Difficulté)

http://www.ozp.fr/spip.php?article11450
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phi

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MessageSujet: Re: Comment détruire l'Education Nationale!   Ven 27 Jan 2012 - 19:20

C'est déjà le cas largement le cas malheureusement, tout simplement parce qu'il n'y en a plus assez pour qu'ils soient vraiment efficaces directement auprès des élèves, quand on voit le nombre d'écoles sur lesquelles ils sont censés intervenir...
D'ailleurs, certains enseignants finissent par se méfier des rased ("marre des yakafoktu" en gros)
De toutes façons je doute qu'ils continuent à exister bien longtemps Embarassed
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JoK
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MessageSujet: Re: Comment détruire l'Education Nationale!   Ven 27 Jan 2012 - 19:24

Je ne fais que relayer des infos glanées sur Twitter, Phi. Un autre lien donné ce jour :
http://www.snuipp.fr/RASED-la-strategie-du-grignotage
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MessageSujet: Re: Comment détruire l'Education Nationale!   

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Comment détruire l'Education Nationale!
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