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 Blaise Cendrars

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Astérisque
"J'étais pas là"
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MessageSujet: Blaise Cendrars   Mar 8 Juin 2010 - 1:38

Blaise Cendrars

Blaise Cendrars, pseudonyme de Frédéric-Louis Sauser, 1er septembre 1887 à la Chaux-de-Fond (Suisse), Paris le 21 janvier 1961. Son père est suisse et sa mère écossaise.

Dès son enfance la famille voyage (Italie, Allemagne). Suite à ses résultats scolaires médiocres, ses parents l’envoient en apprentissage chez un horloger à Moscou (1904). Sous les encouragements d’un bibliothécaire, il commence à écrire. En 1907, de retour à Berne, il étudie la médecine.

A partir de 1911, les voyages reprennent : Paris, Saint-Pétersbourg puis New-York. Il découvre cette année là Schopenhauer dont la formule "le monde est ma représentation" fait déclic et va inspirer son œuvre poétique qui se nourrira de sa vie. Il signe alors son poème "les Pâques à New-York" de son pseudonyme : Blaise Cendrars.

A New-York, il rejoint une amie polonaise rencontrée à Berne, Féla Poznanska, qui deviendra sa femme et dont il aura trois enfants.

En 1912, retour à Paris, où il fonde une revue "les Hommes Nouveaux" avec un écrivain anarchiste Émile Szittya. Il y rencontre également Rémy de Gourmont, Apollinaire, Chagall, Léger, Survage, Modigliani, Csaky, Archipenko, Robert. Sonia Delaunay collabore avec lui sur le plan pictural sur " la Prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France", une expérience qui fera date dans l’édition, un poème tableau de deux mètres de haut. Publication de "Les Pâques" et "Séquences".

Il s’engage dans la Légion étrangère dès le début de la Première Guerre Mondiale. Le 28 septembre 1915, il est blessé à la main droite et sera amputé de tout l’avant bras. Il sera naturalisé dans l’année qui suit. Durant une "année terrible", le poète va devoir apprendre à écrire et vivre de la main gauche, il s’adapte, apprend la sténo et la dactylographie. 1917 : " La Fin du monde filmée par l’Ange N D", "Profond aujourd’hui". 1918 "J’ai tué", illustré par Fernand Léger. Il publie également des poèmes écrits avant guerre : " le Panama ou les aventures de mes sept oncles", 1918 : " Dix-neuf poèmes élastiques".

Puis s’éloigne de Paris et des mouvements Dada et surréaliste pour assister Abel Gance sur " J’accuse" et "La roue". En 1921, il s’essaye à la réalisation à Rome, mais sans succès. Il se lance alors dans une compilation de récits de tradition orale africains "Anthologie Nègre". Darius Milhaud et Fernand Léger collaborent à "La création du monde", argument de ballet qui en est extrait.

De 1924 à 1928, il découvre et effectue plusieurs séjours au Brésil. Il se re-trouve dans le pays et sa culture. Il y rencontre des poètes : Manuel Bandeira et Carlos Drummond de Andrade, et des des peintres Cicero Diaz et surtout Tarsila do Amaral. En 1924 il publie "Kodak" et "Feuilles de route" illustré par T. do Amaral.
1925. À son retour, il publie des romans : "L’or", c’est par ce roman qu’il sera classé dans la catégorie des romanciers d’aventure par la décennie. Puis en 1926, c’est "Moravagine", "Le Plan de l’Aiguille" et Les Confessions de Dan Yack".
1930 " Rhum, l’aventure de Jean Galmot", par cette biographie romancée, il aborde alors le monde du journalisme. Il devient grand reporter. 1934 il rencontre Henri Miller. 1935 sort un recueil des nouvelles qu’il a publiées dans la grande presse : " Histoires Vraies". 1935 " Panorama de la pègre".
1939 : il s’engage comme correspondant de guerre, publie "Chez l’armée anglaise" qui sera passé au pilon par les Allemands. Il gagne Aix en Provence et y séjourne jusqu’à la fin de l’Occupation. Il cesse d’écrire pour ne reprendre qu’en 1943.
1945 : S’inspirant du genre musical qu’est la rhapsodie pour la forme, il va revenir sur deux traumatismes qui l’ont marqué (la perte de son bras et le suicide d’une jeune femme) il entreprend la rédaction d’une tétralogie romanesque : "L’homme foudroyé", "La main coupée", "Bourlinguer" et "Le Lotissement du ciel".
1948 : Il renoue avec la poésie
1949 : Collaboration avec Robert Doisneau pour son premier album : " La banlieue de Paris". Cette même année, il épouse Raymone Duchâteau, une comédienne qu’il a connue en 1917.
1950 : Retour à Paris. Il collabore à la Radiodiffusion Française.
1956 : Publication de "Emmène-moi au bout du monde".
1960 : Il fait une congestion cérébrale et décède le 21 janvier 1961.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Blaise_Cendrars
Pour sa voix :
http://www.larevuedesressources.org/spip.php?article533%20&PHPSESSID=12b0e4a7131965c67364930aaa775ced

* *
Présenter Blaise Cendrars semble une gageure dès lors que l’on prend connaissance de son cheminement. L’écriture poétique, romanesque, journalistique, devient avec lui une geste dont la relation est bien pauvre et frustrante, lui qui a exploré avec fougue toutes les voies de son époque. Si vous aimez les bourlingueurs, des mondes lointains ou intérieurs, je vous souhaite de partager le bonheur de plonger dans son univers, âmes frileuses vous abstenir !
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Romane
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MessageSujet: Re: Blaise Cendrars   Mar 8 Juin 2010 - 21:29



Astérisque a écrit:
Blaise Cendrars. Un de ces monuments que j’ai contournés pendant des lustres, avec toujours des excuses circonstanciées : pas sous la main, pas le temps, quand j’aurai fini celui-là… Et puis un jour, le livre est là sous mon nez, à la rèderie, perdu au milieu de n’importe quoi. Un clin d’œil ça ne s’ignore pas.


Déjà le titre, rien que le titre, met la puce à l’oreille : Moravagine. Ca sonne comme : mort à vagin’ ou bien : mo(t) ravag’ gin’ (gyn’), ou : mo(t) ravage in… D’emblée, ça sent le souffre et le règlement de comptes.
Celui d’un homme qui est sorti de la grande guerre, amputé, diminué. Et qui va devoir surmonter son handicap. Manque de sensibilité ? Que devient-on quand d’un seul coup une main vous manque, la plus exercée, la plus fine, la main directrice ? Lorsqu’on est écrivain. Quelles sensations lorsque l’on retrouve la femme aimée, et que soudain on ne peut plus l’étreindre que par moitié ? Quand on voudrait à nouveau tenir ce visage aimé dans la coupe de ses mains et que… Non, définitivement, non, un bord de la coupe est ébréché, cassé. Définitivement. On ne peut plus aimer, caresser, adorer que d’un bras, et d’une main doublement gauche ? Une moitié de sensualité se refuse à vous. La moitié manquante… ma moitié disaient certains pour désigner leur femme ?

Avec les sensations fantômes qui doivent l’habiter… Cette main qui appuyait sur la détente et enclenchait la baïonnette… Il a tué sur commande et dans la légalité. Il a commis des actes de barbarie auxquels il n’avait sans doute pas pensé lorsqu’il s’est engagé, lui qui a étudié la médecine et s’est passionné pour la psychiatrie... Consentant, donc responsable ? Ce choix qui engage (il s’est engagé) bien au-delà de ce qu’il pouvait imaginer… Il a tué pour le compte d’une "mère patrie" (un mot qui ne veut plus rien dire aujourd’hui), ou pour une conception de la liberté, comme tous ses compagnons d’un bord ou de l’autre. Pour le compte d’une "mère" dont il n’est pas encore l’enfant, sa reconnaissance par elle, sa naturalisation, ne viendra qu’après la perte de son bras. Comment ne pas avoir des sentiments ambigus à l’égard d’une telle femme ?


Alors il a la rage au ventre. Et il l’écrit. Il ne tue plus personne. Il écrit. Peu d’entre ces hommes qui ont survécu à l’horreur auront la possibilité et un tel talent à en rendre l’absurdité. Lui connaît la psychanalyse et ses enjeux alors si décriés. Son rapport aux productions imaginaires. Elle s’est banalisée pour nous depuis, jusqu’à devenir un des thèmes majeurs des conversations au coin du feu, une bière ou un verre de cognac millésimé à la main… Occupés qu’ils sont à panser, rafistoler ces milliers de corps, les médecins n’ont cure de (ni même vocation à) prendre en charge ces âmes malades, pas plus dans la Révolution que dans la guerre. À la mesure des moyens dont nous disposons aujourd’hui à chaque crise, qu’elle soit accidentelle ou fait de guerre ou de terrorisme, imagine-t-on la quantité de "cellules psychologiques" qu’il aurait fallu mettre en place ?
C’est loin la Grande Guerre, presque un siècle… Qui, parmi les plus âgés, se souvient des récits familiaux. De ces bribes d’horreur que nos grands pères n’ont lâchées que tardivement et encore pas toujours ? C’est une tante qui m’a raconté le cauchemar de mon propre grand-père, cauchemar qui l’a hanté jusqu’à sa mort (il était de l’âge de Cendrars). Trop atroce pour être dit ici.
Le texte en lui-même semble décousu, change de style, de rythmes… Ne pas y chercher l’unité de ton ni la logique, pas plus que dans les productions de l’inconscient. La psychanalyse est là, nous en sommes avertis d’entrée de jeu. Qui a jamais pensé qu’un parcours analytique était une douce promenade au pays des souvenirs ? C’est là où "ça" fait mal qu’il faut gratter. Ce mal si difficile à identifier, cette part de nous-même que nous rejetons désespérément.
Cendrars le psy décide alors de libérer le fou, il fait son fou-fou, pourrait-on dire, si le propos n’était si sombre. Il l’accompagne dans sa fuite en avant, dans une quête décousue comme sont décousues les productions de l’inconscient, nos rêves… qui nourrissent pourtant la poésie. Je pense à Baudelaire, à Villon, à Bataille…



Alors de la préface à la postface, il y a la malle… la malle à double fond. La malle grosse des écrits de Moravagine. Malle verrouillée dont le roman est l’inventaire. Enfermée à clef au fond d’un grenier "les manuscrits sont en piteux état". Inventaire pas terminé, pas plus que les écrits de Cendrars ne s’achèvent ici. Comme si Cendrars nous invitait à être les témoins, après lui, de la mise à mort de Raymond La Science. La malle violée par la soldatesque, les écrits dispersés, les productions de l’esprit détruites et exposées à la putréfaction… jusqu’à la photo de la mère qui gît dans la boue, salie, méconnaissable.


Je ne suis pas sortie indemne de cette lecture. Poésie pure, témoignage de désordres intérieurs ? Je vais continuer à lire Cendrars.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Bonjour, je suis Romane, alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane."
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