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 Jeannot ( Théatre. Pièce provençale)

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aristée
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MessageSujet: Jeannot ( Théatre. Pièce provençale)   Jeannot ( Théatre. Pièce provençale) EmptyMer 9 Juin 2010 - 21:29

JEANNOT






PERSONNAGES



TOUS LES
PERSONNAGES ONT L’ACCENT DU MIDI, OU SE PASSE L’ACTION



JEANNOT 30 ans



Madame ROSE 60
ans



49


Le rideau se lève. L’avant scène est occupée par la terrasse
d’un café. Au fond à droite, la porte du café lui-même. 4 tables de café sur la
terrasse et une dizaine de chaises…



Un homme d’une
trentaine d’années, visiblement un ouvrier en salopette, lit un journal en
buvant un café. Par la gauche, arrive une dame d’une soixantaine d’années qui
vient s’asseoir à la table à coté.





LA DAME


Bonjour,
Jeannot ! Les nouvelles sont bonnes ?





JEANNOT
(levant la tête)



Ah, c’est vous
Rose ? Les nouvelles ne sont ni bonnes ni mauvaises. Elles ne parlent pas de
moi. Alors, je m’en fous !





ROSE


Et que veux tu
qu’ils disent de toi dans les journaux ? Que tu as tué ta petite amie ?





JEANNOT


Risque pas !!
J’ai pas de petite amie !





ROSE


Ah bon ? C’est
nouveau ça !!!








JEANNOT


Non, ce n’est
pas nouveau ! Ça fait une semaine !





ROSE


Et toujours
pas de remplaçante ?





JEANNOT
(riant)



Non. La place
est libre. Si vous voulez en profiter, Rose !





ROSE


Ah, ça non
alors !!! C’est toi qui profiterais… de mes sous…





JEANNOT


Vous en avez
beaucoup des sous, mon coeur ?





ROSE


Toujours plus
que toi ! Qu’est-ce que tu fais en ce moment ?







JEANNOT
(montrant son journal)



Vous le voyez
! Je lis les petites annonces





ROSE


Tu n’as plus
de travail ?





JEANNOT


Je n’y suis
pour rien. Les patrons sont des idiots. J’ai plein d’idées pour leur faire
gagner de l’argent, je leur donne mes idées gratis, et eux, ils disent que je
suis fou, et que je ferais mieux de faire mon travail. Et puis ils me foutent à
la porte.





ROSE


S’ils te
foutent à la porte, il doit bien y avoir une vraie raison. C’est pas parce que
tu leur donnes des idées farfelues.







JEANNOT


Non. Ils n’ont
pas de raison. Des prétextes seulement. Ils disent que je ne fous rien. C’est
complètement faux. Moi, je pense, et penser c’est du travail non ?





ROSE


Peut être bien
qu’ils ne t’ont pas embauché pour penser, mais pour faire un certain travail





JEANNOT


Un travail qui
n’est pas digne de moi, de mes capacités.





ROSE


S’il n’était
pas digne de toi, fallait pas l’accepter.





JEANNOT


Que voulez
vous Rose, je crois toujours qu’une fois dans la maison, ils reconnaîtront ma
valeur. Mais non ! Je vous dis que les patrons sont idiots.



Un garçon
vient sur la terrasse





ROSE


Bonjour,
Joseph ! Tu me donneras un café





LE GARCON


Bien, Madame
Rose



Le garçon
sort. Après un moment de silence





ROSE


J’ai peut être
quelque chose pour toi, Jeannot. Mais à condition que tu ne te mêles pas de penser,
et que tu fasses ton travail.





JEANNOT


Je suis votre
homme madame Rose !






ROSE


Attends !!! Tu
ne sais même pas ce que je vais te proposer !





JEANNOT


J’ai
confiance. Vous êtes une femme intelligente, je suis un homme intelligent, nous
ne pouvons que nous entendre.





ROSE
(dubitative)



Ouais !! Je
suis une femme intelligente, ça c’est sûr, mais pour le reste…





JEANNOT (la
main sur le coeur)



Madame Rose,
vous me mésestimez et ça me rend malheureux





ROSE


Garde tes
singeries pour toi



On doit sentir
qu’elle hésite encore avant de parler





ROSE


J’ai peut être
quelque chose pour toi, mais j’hésite. Je ne sais pas si tu es vraiment fait
pour cette chose.





JEANNOT
(toujours excessif dans ses attitudes)



Ne me demandez
pas de tuer. Non. Ça, je saurais pas. Mais pour tout le reste, vous bénirez le
jour ou vous m’aurez confié une mission… Ou même un travail, s’il le faut.





ROSE (regarde
longuement Jeannot, et finit par lui dire)



J’ai besoin
d’un homme de confiance pour s’occuper de mon agence immobilière.







JEANNOT


Vous avez une
agence immobilière Madame Rose ? À vous ?





ROSE


Oui. À moi.
Mon pauvre frère est mort il y a un mois, et il me lègue son agence
immobilière. Il y a bien une secrétaire, mais elle n’est pas capable de la
gérer. Elle est timide, et avec les clients, quelquefois, il faut pas être
timide.





JEANNOT


Oh, alors là,
pour la timidité, vous êtes tombée sur l’homme qu’il vous faut. S’il fallait
aller dire Merde au Pape, Madame Rose, j’irais lui dire !





ROSE


Je ne demande
pas que mon gérant aille engueuler ma clientèle !!





JEANNOT


C’était pour
vous expliquer, Madame Rose. Et puis, le Pape n’est pas votre client.
Remarquez, que s’il venait à l’agence, je saurais le recevoir, lui baiser la
main, lui dire : Votre majesté, je suis votre humble serviteur, et tout et
tout…



Le garçon
revient, pose la tasse de café devant Rose et ressort





ROSE


On ne dit pas
Votre Majesté au pape !





JEANNOT


Je le sais
bien qu’on ne lui dit pas Votre Majesté. Là encore c’était pour vous expliquer
qu’en toutes circonstances, je sais me mettre à la bonne hauteur. Je





sais bien qu’on lui dit pas Votre Majesté, on lui dit : Mon
Seigneur





ROSE


Non on ne lui
dit pas Mon Seigneur. Heureusement il y a peu de chance qu’il vienne à
l’agence. Je ne sais pas si j’ai bien fait de te parler de ça. Tu sais, être
Agent immobilier, c’est un poste à responsabilité.





JEANNOT (air
très au courant)



Je sais, je
sais. C’est un poste à haute responsabilité… et bien payé… Qué, Madame Rose ?





ROSE


Il est payé
selon les résultats ; Au fond, c’est vrai, je ne risque pas grand-chose. Si tu
ne fais rien, tu n’auras rien. Tu sais où elle est mon agence ?





JEANNOT


Je savais même
pas que vous aviez un frère, peuchère ! Alors son agence…





ROSE


Bon. Voilà la
carte de l’Agence. Je t’y attends demain matin à 9 heures. Ne sois pas en
retard !





JEANNOT


Pour ça, pas
de risque Madame Rose. Pour être plus sûr, j’y serai à 7 heures !!





ROSE


Je ne t’en
demande pas tant. !! Viens à 9 heures et ce sera très bien !



JEANNOT


Madame Rose,
je ferai tout pour vous tirer de ce mauvais pas.







ROSE


Qué mauvais
pas ?





JEANNOT


Je vois que
vous êtes embêtée avec cette agence qui vous tombe du ciel (il lève les yeux
vers le ciel et mains jointes, dit :



Merci,
Monsieur le frère de Madame Rose. Mais soyez tranquille, je suis là ! Elle est
entre de bonnes mains votre agence !)



À ce moment
quelques gouttes de pluie se mettent à tomber





JEANNOT


Vé, madame
Rose, j’ai fait pleurer votre frère, de joie et de reconnaissance.



Le rideau
tombe.

( A suivre)
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MessageSujet: JEANNOT ( Suite)   Jeannot ( Théatre. Pièce provençale) EmptyJeu 10 Juin 2010 - 9:10

Le rideau se
lève sur un bureau d’agence immobilière



Devant un
petit bureau à gauche et face au public, la secrétaire tape à la machine



Jeannot est
sur un siège, et Rose est dans le fauteuil du bureau.



ROSE


Bon. Tu m’as
bien compris ; Quand un client vient, tu le reçois gentiment mais sans en faire
trop. Surtout, ne te mêle pas de parler à sa place. Laisse lui dire ce qu’il
cherche exactement…





Après, quand
il t’aura bien dit ce qu’il cherche, tu viendras devant ce classeur (elle lui
désigne un grand classeur). Les affaires sont classées selon le nombre de
pièces, des studios aux 6 pièces et plus. De l’autre



côté, tu as les maisons en ville en haut et en campagne en
bas.



Les prix sont
indiqués sur les fiches. Et ne t’avises pas d’accepter des rabais sans l’accord
formel du propriétaire. Compris ?



JEANNOT


Oh, Madame
Rose, je suis pas fada. Vous allez voir. Je vais pouvoir donner ma mesure. Je
vais vous étonner ! Et peut être bien, je vais m’étonner moi aussi ! C’est vous
dire si j’ai confiance ! Ah, oui ! La secrétaire comment elle s’appelle ?



ROSE


Elle s’appelle
Annie.



JEANNOT se
lève et va vers le bureau d’Annie



JEANNOT


Bonjour
Mademoiselle Annie. Vous avez un joli prénom. Moi, c’est Jeannot. Je suis votre
chef, mais vous verrez, je ne suis pas méchant, n’ayez pas peur de moi.
D’ailleurs, je vous invite à manger ensemble à midi. Je connais un café ou les
sandwichs sont… je ne vous dis que ça…



(il revient
s’asseoir sur sa chaise)



ROSE


Tu vas me
faire plaisir de ne pas embêter Annie. Elle sait ce qu’elle a à faire, alors ne
t’en occupe pas.



JEANNOT




Soyez
tranquille, vaï ! Je la rendrai pas malheureuse, Mademoiselle Annie.



ROSE


Bon. Il faut
que je file. Je repasserai en fin d’après-midi pour voir comment ça s’est passé



JEANNOT


Si vous
voulez. Mais sans attendre ce soir, je peux vous le dire tout de suite : Ça se
sera très bien passé !



ROSE (qui se
lève et sort)



Nous verrons,
nous verrons !



Dès que Rose
est sortie, Jeannot se lève et va s’installer sur le fauteuil derrière le
bureau. Il écarte bras et jambes et baille affreusement.



JEANNOT


Dites,
Mademoiselle Annie, il en vient souvent des clients ?



ANNIE


Ça dépend des
jours. Quelquefois 2 ou trois, quelquefois plus.



JEANNOT


Oh, mais
dites, vous avez une jolie voix !! Et moi, je suis très sensible aux voix. Vous
verrez, on va bien s’entendre vous et moi.



ANNIE ne
répond pas et Jeannot hausse les épaules.



La porte en
s’ouvrant déclanche une sonnette. Entre une dame d’une cinquantaine d’années.



JEANNOT




Bonjour,
Madame, entrez, entrez, n’ayez pas peur, je vais pas vous manger.



LA DAME


C’est mieux
pour vous, parce que je vous préviens, je suis coriace !



JEANNOT
(galant avec outrance)



Je ne puis
vous croire, Madame, vous êtes fondante.



LA DAME


Je ne suis pas
venue pour parler cuisine. Je cherche un studio. Vous en avez ?



JEANNOT


Bien sûr chère
madame, que j’en ai des studios. Mais dans un appartement de 4 ou 5 pièces,
vous seriez plus à l’aise !



LA DAME


C’est un
studio que je veux. Vous en avez oui ou non ?



JEANNOT


Mais oui, bien
sûr ! Je disais ça pour vous rendre service. Votre personnalité s’épanouirait
mieux dans un 5 pièces !



LA DAME


Je peux très
bien m’épanouir dans un studio. Alors ?



JEANNOT (il se
dirige vers le classeur, et prend un air affairé)



Voyons, voyons
! Té !! J’ai là une affaire superbe… et pas chère. C’est un beau trois pièces…



LA DAME
(hurlant)



J’ai dit
studio !!!





JEANNOT (après avoir sursauté)


Mais oui, mais
oui, ma petite Dame ! Un peu de patience. Nous disons donc : Studio.



La, j’en ai
un… mais sincèrement, je ne vous le conseille pas



LA DAME


Pourquoi ?


JEANNOT


Pourquoi ?
Mais… il est tout petit.



LA DAME


Combien de
mètres carrés ?



JEANNOT


Peuchère, il
est tout petitout 46 mètres carrés.



LA DAME


Pour un studio
ce n’est pas mal. Passez moi votre fiche.



JEANNOT (la
cachant derrière son dos)



Ah ça madame,
c’est pas possible ! Vous devez me comprendre : Le secret professionnel ! C’est
grave ça, le secret professionnel.



LA DAME


Si vous ne
voulez pas que je regarde la fiche et si vous ne voulez pas me dire ce qu’elle
contient, comment voulez vous que je me fasse une opinion ? Vous êtes un sacré
Agent immobilier. Gardez la votre fiche, et votre studio !! Au revoir Monsieur.



(Elle sort)


JEANNOT


Bon débarras !
Elle ne me plaisait pas.

( A suivre)
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MessageSujet: JEANNOT   Jeannot ( Théatre. Pièce provençale) EmptyVen 11 Juin 2010 - 10:00

ANNIE


Il me semble
Monsieur que cette Dame pouvait être une bonne cliente. Elle était prête à
acheter, c’est dommage !



JEANNOT


Peuh ! Elle
est venue par curiosité. Vous savez, à moi, on ne la fait pas ! Je m’y connais
en femme ! Tiens, je vais vous prouver que je m’y connais en femme. Je ne vous
connais pas, hein ? Je ne vous avais jamais vue, d’accord ?



ANNIE


C’est vrai.


JEANNOT


Hé bien je
peux vous dire que vous souffrez.



ANNIE


Je souffre,
moi ?



JEANNOT


Oh ! Vous ne
vous en rendez peut être pas compte, mais vous souffrez d’un manque !



ANNIE


Ah ? Et de
quoi je manque ?



JEANNOT


D’amour, ma
belle !! Et la Providence, miséricordieuse, m’a mis sur votre chemin. Une vie
nouvelle s’ouvre devant vous.



ANNIE


Désolée, vous
avez tout faux. Je me suis fiancée il y a quinze jours, et je suis très
heureuse.







JEANNOT


Oui. On dit
ça, mais des fois, on a tort. En tous cas, vous savez que je suis là, et prêt à
vous consoler quand vos beaux yeux se seront ouverts.



ANNIE


Vous êtes très
gentil. En attendant, vous avez sans doute raté une affaire avec cette dame.



JEANNOT


Mais non. Je
n’ai rien raté du tout. Je suis habitué aux affaires.



ANNIE


Si c’est comme
pour les affaires de coeur, j’ai bien peur que Madame Rose ait fait une erreur
de casting.



JEANNOT


Oh, dites !!
Pourquoi vous êtes méchante avec moi ?



ANNIE


Pas méchante.
Lucide seulement.



JEANNOT


Alors, là,
c’est encore plus méchant. Mais je vous prouverai que votre jugement hâtif est
faux. Attendez le prochain client. Té ? Je crois que c’est pour tout de suite.



Arrive un
couple de jeunes, visiblement amoureux. Ils se tiennent par la main. Jeannot se
précipite vers eux.



JEANNOT


Bonjour les
jeunes. Donnez vous la peine de vous asseoir… Là. Bon. Alors ? Attendez,
laissez moi deviner. Vous, vous cherchez une petite maison avec






un jardin pour que vos petitouts puissent s’amuser en toute
sécurité. C’est ça ?



LE JEUNE HOMME



Ah, nous
voudrions bien, mais nous n’avons pas encore les moyens. Nous nous contenterons
d’un petit studio.



JEANNOT


Un studio ? Et
tout petit encore !! Mais jeune homme, il faut savoir être ambitieux. Ce qu’il
vous faut je vais vous le dire, moi : C’est un appartement avec deux chambres.
Vous n’allez pas faire coucher le bébé dans votre chambre, ce serait gênant !



LA JEUNE FEMME



D’abord, nous
ne voulons pas d’enfant tout de suite, et puis, nous n’avons pas les moyens.
Nous cherchons un studio. Vous en avez ?



JEANNOT


Bien sûr que
j’en ai ! J’ai de tout, madame. Mais quand même…(se résignant) Bon. Puisque
vous y tenez !



(Il se dirige
vers le classeur)



Voyons,
voyons… Tiens, j’ai là un petit deux pièces, une affaire !



LE JEUNE HOMME



On vous a dit
un studio !



JEANNOT


Bon, bon. Mais
c’est dommage, vous ratez une affaire. J’ai ce fameux studio de 46 mètres
carrés.



LE JEUNE HOMME



Pourquoi
fameux ?







JEANNOT


Pourquoi
fameux ? Hé bien… Parce que tout le monde le veut.



LA JEUNE FEMME



Si tout le
monde le veut, pourquoi n’est il pas encore vendu ?



JEANNOT


Parce que
c’est un bijou. Et un bijou, ça ne se donne pas à n’importe qui. C’est mon
principe !!



LE JEUNE HOMME



Et ce bijou,
vous le donnez pour combien ?



JEANNOT
(regardant la fiche)



100.000 euros.
Vous voyez, c’est tout rond, tout net. Pas de surprise !



LE JEUNE HOMME



Quand vous
donnez quelque chose, ça revient cher !



JEANNOT


Oh, mais
dites, ce n’est pas n’importe quel studio. Il y a l’ascenseur dans l’immeuble.
Et vous pouvez le prendre pour descendre comme pour monter.



LA JEUNE FEMME



C’est toujours
comme ça, non ?



JEANNOT


Oh mais pardon
! Des fois, il n’y a pas d’ascenseur du tout !



LE JEUNE HOMME



Oui, bon. Et
ce bijou, on peut le visiter ?







JEANNOT


Bien sûr !
Attendez, je demande à ma subalterne.



Annie ! Où sont
les clés de ce studio ?



ANNIE


Avec toutes
les autres. Dans le tiroir de votre bureau. Il y a une étiquette avec un numéro
qui correspond au numéro de la fiche.



JEANNOT
(s’adressant aux clients)



Mais bien sûr,
dans le tiroir de mon bureau !! Il faut m’excuser, il y a tellement de clients
en ce moment que je perds la tête. Voyons, voyons ! Ah la 310 ; la voilà.
J’emmène la fiche ce sera plus sûr !



(À Annie)


Mademoiselle
Annie, je vais faire visiter. Si des clients viennent, soyez aimable, dites leur
que je serai bientôt là. Faites les asseoir et faites leur la causette.



ANNIE


Je suis
toujours aimable avec la clientèle !



JEANNOT


Oui, bon. Mais
soyez encore plus aimable que d’habitude ! (aux clients) Nous y allons ?



Ils sortent
tout les trois et le rideau tombe.



Le rideau se
lève sur le même décor. Annie seule en scène tape à la machine.



La porte de
l’agence s’ouvre en tintant, et Jeannot entre.



ANNIE


Alors,
Monsieur Jeannot, on ne vous a pas vu depuis ce matin. Vous avez fait affaire
avec le jeune couple.







JEANNOT


M’en parlez
pas, ma belle !! Ces jeunes, ils savent pas ce qu’il leur faut !



ANNIE


Ils n’ont pas
aimé le studio ?



JEANNOT


Si bien sûr.
Il est magnifique ce studio !



ANNIE


Ils l’ont
trouvé trop cher ?



JEANNOT


Non… Enfin, oui,
quand je leur ai dit que je m’étais trompé sur le prix et que c’était 120.000
et non pas 100.000 Euros.



ANNIE


Mais le prix,
c’est 100.000 euros !



JEANNOT


Je sais bien,
mais cela ne pouvait pas aller. Un studio, j’estime que c’est fait pour une seule
personne. Pour deux personnes, il faut 2 pièces, sinon, c’est la promiscuité.
C’est mon principe !



ANNIE


Oh, mais
dites, pour un nouveau dans le métier, vous en avez des principes !!



JEANNOT


Oui, j’en ai
des principes ! Je suis à cheval sur les principes !! Mais attention, ça veut
pas dire que je m’assois dessus ! Elle est bonne celle là, hein ? (il rit tout
seul) Bon. Peut être vous comprenez pas. Ça fait rien. Voyez vous Annie, un
agent immobilier, il doit





pas vendre n’importe quoi à n’importe qui. Moi, je conseille
!



ANNIE


C’est bien
beau tout ça, mais avec quoi elle va nous payer Madame Rose, si on ne vend rien
?



JEANNOT


On vendra, on
vendra, faites moi confiance !

( A suivre)
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MessageSujet: JEANNOT   Jeannot ( Théatre. Pièce provençale) EmptySam 12 Juin 2010 - 9:41

ANNIE


Dites,
Monsieur Jeannot, vous savez qu’il va être 6 heures ? Pourquoi vous êtes pas
revenu à l’agence après avoir fait visiter le studio ?



JEANNOT


Pourquoi ?
Parce que je suis allé faire la sieste pardi ! Et maintenant, je suis en pleine
forme pour faire des affaires !



ANNIE


Vous êtes en
pleine forme, mais c’est quand l’agence va fermer !



JEANNOT


Oui. Je
pensais justement que j’allais changer les heures d’ouverture.



ANNIE


Vous savez, je
ne sais pas si à 11 heures du soir vous aurez beaucoup de clients !



JEANNOT (très
compétent)



Une clientèle,
ça s’éduque mon petit !!



À ce moment,
la porte s’ouvre et entre Rose.



ROSE


Alors les
enfants, ça a marché aujourd’hui ?







JEANNOT


Oui, Madame
Rose ! Ça a marché ! Il y a eu deux clients !



ROSE


Et vous avez
fait affaire ?



JEANNOT


C’est-à-dire…
C’était deux clients bêtes.



ROSE


Qu’est-ce que
c’est un client bête ?



JEANNOT


C’est un
client qui ne sait pas ce qu’il lui faut !



ROSE


Il faut les
conseiller.



JEANNOT


C’est ce que
j’ai fait Madame Rose. Il y a un couple de jeunes, qui voulaient acheter un
studio.



ROSE


Et alors ?


JEANNOT


Je vous ai dit
que c’était un couple. Un studio pour un couple ça ne va pas. Il leur faut deux
pièces.



ROSE


Mais s’ils
n’ont pas les moyens de se payer un deux pièces, il faut leur vendre un studio.
Tu leur avais parlé du 310 ?



JEANNOT


J’ai fait
mieux, Madame Rose. On est allé le visiter.







ROSE


Et alors ?


JEANNOT


Alors, j’ai du
leur dire qu’il valait 120.000 euros.



ROSE


Mais pourquoi
tu leur as dit ça ? Il me semble que c’est 100.000 seulement.



JEANNOT


Je vous l’ai
dit. Ils ne savent pas ce qu’il leur faut !



Un long
silence.



ROSE


Tu te fous de
moi, Jeannot ?



JEANNOT


Oh madame Rose
!! Je ne me permettrais pas !



ROSE


Alors si tu ne
te fous pas de moi… C’est que tu es fou !! Tu as raté une vente qui était toute
faite ;



JEANNOT


Vous m’avez
dit vous-même qu’il fallait conseiller les clients.



ROSE


Les conseiller
pour qu’ils achètent. Pas l’inverse !!!



JEANNOT


Oh, si vous
voulez que je les conseille pour qu’ils achètent, Madame Rose, c’est contraire
à mes principes, mais pour vous, je le ferai.



ROSE


Ce n’est pas
que pour moi qu’il faut vendre. C’est pour nous trois. Nous avons des intérêts
liés.





JEANNOT (la main sur le coeur)


Comptez sur
moi, Madame Rose, J’assurerai notre vie à tous.



ROSE


Oui… Nous
verrons et ferons le bilan en fin de semaine. Bon je vous laisse. Tachez d’être
plus… productifs. Vendez ! Même de petites affaires !



ROSE sort.


JEANNOT


Elle est
marrante la patronne ! Elle a pas de principe elle, mais pour moi, c’est dur.



Un homme entre
en faisant tinter la sonnette d’entrée.



JEANNOT


Bonjour
Monsieur, asseyez vous, nous avons sûrement ce qu’il vous faut.



L’HOMME


Vous êtes très
aimable, mais je voudrais seulement savoir ou habite Madame Cuche ?



JEANNOT


Madame Cuche ?
Connais pas. Vous connaissez Annie ?



ANNIE


Oui, c’est la
porte à côté au 123



L’HOMME


Merci. (il
ressort)



JEANNOT


Oh, mais
dites, Annie, on est pas une agence de renseignements, ici !





ANNIE


C’est
contraire à vos principes de rendre un service ?



JEANNOT


Non, bien sûr.
Mais pour le moment, il faut que je vende. Sinon madame Rose, elle va avoir une
fausse idée de moi.



Un autre homme
entre.



JEANNOT


C’est pour un
renseignement ?



LE MONSIEUR


Exactement. Je
voudrais des renseignements sur la villa que vous proposez en vitrine.



JEANNOT


Certainement
Monsieur ! Bien sûr, elle est un peu chère, mais nous avons un vaste studio de
46 mètres carrés, une merveille !



LE MONSIEUR


Un studio ne
m’intéresse pas. Je vous demande des renseignements sur la villa.



JEANNOT


Ah, cette
villa, Monsieur, c’est un diamant dans l’écrin de son jardin !



LE MONSIEUR


Je vous crois,
je vous crois. Je vous crois même tellement que je suis d’accord avec vous.
Elle est un peu chère.



JEANNOT


Oh, Monsieur,
ce qu’il faut voir, c’est la marchandise. Un bijou, je vous dis. Ensuite, les
prix, vous savez, ça va, ça vient.







ANNIE


Si vous me
permettez d’intervenir, Monsieur Jeannot, le propriétaire de la villa, nous a
bien prévenu qu’il mettait en vente à son juste prix et n’accepterait aucun
rabais.



JEANNOT


Mademoiselle
Annie, tapez sur votre machine, et laissez moi traiter avec Monsieur. Ah !
J’avais oublié de vous en parler : j’ai un très bel appartement très clair, en
plein centre, une affaire !



LE MONSIEUR


Si je veux une
villa ce n’est pas pour être en plein centre, et de plus, je veux un jardin.
Alors votre appartement (il fait un geste de la main le rejetant par-dessus
l’épaule)



JEANNOT


Oui, je
comprends, Monsieur se moque de cet appartement. C’est dommage, parce que
c’était une affaire. Mais le client est roi ! C’est mon principe.

( A suivre)
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MessageSujet: JEANNOT   Jeannot ( Théatre. Pièce provençale) EmptyDim 13 Juin 2010 - 9:32

Cette villa a
combien d’ouvertures sur le sud ?



JEANNOT


Un certain
nombre.



LE MONSIEUR


Ce n’est pas
très précis. Vous connaissez cette affaire ?



JEANNOT


Oui, je la
connais. Elle vaut (il regarde la fiche) 360.000 euros.






LE MONSIEUR


Vous me
prouvez que vous savez lire, mais pas que vous êtes allé la visiter. Y êtes
vous allé ?



JEANNOT


Pas encore,
mais je me propose de le faire.



LE MONSIEUR


Finalement, ce
« diamant dans son écrin de jardin » vous ne le connaissez même pas ! Vous avez
un sacré culot. Ça ne vous embête pas de mentir. ?



JEANNOT


Je ne mens
pas, Monsieur. Jamais. Mais pour le prix, je suis sûr que c’est très bien,
alors j’interprète. Interpréter, ce n’est pas mentir.



LE MONSIEUR


On ne va pas
entrer dans une discussion sémantique.



JEANNOT


Non, je mens
pas !! C’est une discussion mais je mentique pas du tout »



LE MONSIEUR
(dubitatif)



Vous vous
moquez de moi ? Ou si c’est une astuce elle est vaseuse !



JEANNOT


Monsieur, je
comprends pas tout ce que vous dites !



LE MONSIEUR


Bon. Revenons
à votre domaine ; ou à ce qui devrait être votre domaine.



JEANNOT


Ça, j’ai
compris. Mais c’est pas gentil !






LE MONSIEUR


Je suis un
client. Je n’ai pas à être gentil, mais à être satisfait. Alors, cette villa,
puisque vous ne la connaissez pas, nous allons la visiter ?



JEANNOT


Je sais bien
que vous êtes le client, et que le client est roi (à voix basse) : Roi de quoi,
on le dit pas.



LE MONSIEUR


Que dites vous
? Vous pourriez parler à haute voix. Déjà que vous êtes incompétent, si vous
êtes impoli en plus…



JEANNOT


Mais dites !!!
Qu’est-ce que je vous ai fait ? Pourquoi me dire des choses désagréables ?
Est-ce que je vous dis que vous êtes cocu, moi ?



LE MONSIEUR


Mais c’est
insupportable à la fin !! Ma femme est une honnête épouse, Monsieur !



JEANNOT (qui
ne se contrôle plus)



Si elle est
honnête, elle doit être malheureuse, et savoir que vous ne la méritez pas.



LE MONSIEUR


Mais c’est
insensé, ça !!! Vous n’êtes pas le patron ici, je pense. Qui est le patron ?
Vous allez avoir de mes nouvelles !!



JEANNOT


Ne vous
fatiguez pas. Avoir de vos nouvelles, je m’en fous, et cette villa, té ! Même
si vous m’en donniez un million, je vous la vendrais pas !!






LE MONSIEUR


Parfait !! Je
vais chercher le propriétaire, et je vous fous mon billet que je le trouverai,
et que j’achèterai sans passer par vous. Et je déposerai une plainte contre
vous.



JEANNOT


Vous n’avez
pas de témoin !



LE MONSIEUR


Oh, que si !!!
(il se tourne vers Annie) Mademoiselle a tout entendu. N’est ce pas
mademoiselle ?



ANNIE


J’ai entendu
que vous étiez désagréable avec Monsieur Jeannot.



LE MONSIEUR


Salope !!!


Pendant qu’il
sort, Annie lui crie : Ça, je suis témoin. Je l’ai bien entendu. !



JEANNOT


Annie, vous
avez été merveilleuse. Moi normalement je suis un calme, mais là, il a exagéré
ce bonhomme. Merci Annie, je m’en souviendrai.



ANNIE


Oh, y a pas de
quoi ! Je le connais ce monsieur. C’est vrai qu’il est cocu, et lui de son
coté, il est sorti avec ma copine Josette en lui promettant le mariage, et
quand il a rompu, il lui a même pas donné une bague.



JANNOT


Ça m’étonne
pas. C’est le genre de type qui ne sait pas vivre.







Après un moment de silence, il ajoute.


C’est pas le
tout, ça, mais il faudrait que je vende quelque chose, sinon, Madame Rose sera
pas contente.



ANNIE


J’ai peut être
une idée.



JEANNOT


Je vous
écoute, O mon ange protecteur en attendant plus !



ANNIE


Ne plaisantez
pas, Monsieur Jeannot, avec les choses du sentiment.



JEANNOT


Je vous le
promets, Annie jolie. Je vous écoute.



ANNIE


Nous avons à
la vente une petite maison en exclusivité. Il y a un client qui la veut
absolument parce qu’elle est mitoyenne avec la sienne. Mais le frère de Madame
Rose ne voulait pas la lui vendre. Vous comprenez, le client s’était présenté
aux élections contre lui !!!



Maintenant,
que peuchère, il est plus là, le frère de Madame Rose, vous pourriez aller voir
le client, et même en lui demandant 50.000 euros de plus, il achètera, et
Madame Rose chantera vos louanges de vendeur.



JEANNOT
(prenant Annie dans ses bras)



Annie, vous
êtes la femme la plus merveilleuse du monde. Je crois bien que je vais vous
aimer comme un fou. Nous aurons des enfants merveilleux. Nous en





reparlerons. Dites, vous me donnez l’adresse de ce client et
la fiche de la maison. Je vais régler ça tout de suite, faites moi confiance.



ANNIE


Oh, pour cette
affaire, je vous fais confiance : Elle est toute faite. Mais pour le reste,
comme vous dites, nous en reparlerons.



(Annie va
chercher dans le classeur clients potentiels, puis dans le classeur des
affaires, et donne les deux fiches à Jeannot)



ANNIE


Vous voyez,
l’affaire est à 380.000 euros. Je pense que jusqu’à 420 ou 430.000 euros, il
sera d’accord.



JEANNOT prend
les fiches, les lis, puis s’embrassant le bout des doigts et soufflant les
baisers vers Annie.



JEANNOT (un
peu déclamatoire)



Je vais me
battre, mon coeur, férocement, pour faire vivre notre petit groupe, et pour
vous en particulier. J’ai charge d’âme, je ne faillirai pas !!



Puis il
regarde plus attentivement la fiche et murmure.



JEANNOT


Oui. C’est
bien celle là !



Il sort en
bombant le torse et le rideau tombe.

( A suivre)
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MessageSujet: JEANNOT ( Suite)   Jeannot ( Théatre. Pièce provençale) EmptyLun 14 Juin 2010 - 9:22

LE MONSIEUR


Cette villa a
combien d’ouvertures sur le sud ?



JEANNOT


Un certain
nombre.



LE MONSIEUR


Ce n’est pas
très précis. Vous connaissez cette affaire ?



JEANNOT


Oui, je la connais.
Elle vaut (il regarde la fiche) 360.000 euros.






LE MONSIEUR


Vous me
prouvez que vous savez lire, mais pas que vous êtes allé la visiter. Y êtes
vous allé ?



JEANNOT


Pas encore,
mais je me propose de le faire.



LE MONSIEUR


Finalement, ce
« diamant dans son écrin de jardin » vous ne le connaissez même pas ! Vous avez
un sacré culot. Ça ne vous embête pas de mentir. ?



JEANNOT


Je ne mens
pas, Monsieur. Jamais. Mais pour le prix, je suis sûr que c’est très bien,
alors j’interprète. Interpréter, ce n’est pas mentir.



LE MONSIEUR


On ne va pas
entrer dans une discussion sémantique.



JEANNOT


Non, je mens
pas !! C’est une discussion mais je mentique pas du tout »



LE MONSIEUR
(dubitatif)



Vous vous
moquez de moi ? Ou si c’est une astuce elle est vaseuse !



JEANNOT


Monsieur, je
comprends pas tout ce que vous dites !



LE MONSIEUR


Bon. Revenons
à votre domaine ; ou à ce qui devrait être votre domaine.



JEANNOT


Ça, j’ai
compris. Mais c’est pas gentil !






LE MONSIEUR


Je suis un
client. Je n’ai pas à être gentil, mais à être satisfait. Alors, cette villa,
puisque vous ne la connaissez pas, nous allons la visiter ?



JEANNOT


Je sais bien
que vous êtes le client, et que le client est roi (à voix basse) : Roi de quoi,
on le dit pas.



LE MONSIEUR


Que dites vous
? Vous pourriez parler à haute voix. Déjà que vous êtes incompétent, si vous
êtes impoli en plus…



JEANNOT


Mais dites !!!
Qu’est-ce que je vous ai fait ? Pourquoi me dire des choses désagréables ?
Est-ce que je vous dis que vous êtes cocu, moi ?



LE MONSIEUR


Mais c’est
insupportable à la fin !! Ma femme est une honnête épouse, Monsieur !



JEANNOT (qui
ne se contrôle plus)



Si elle est
honnête, elle doit être malheureuse, et savoir que vous ne la méritez pas.



LE MONSIEUR


Mais c’est
insensé, ça !!! Vous n’êtes pas le patron ici, je pense. Qui est le patron ?
Vous allez avoir de mes nouvelles !!



JEANNOT


Ne vous
fatiguez pas. Avoir de vos nouvelles, je m’en fous, et cette villa, té ! Même
si vous m’en donniez un million, je vous la vendrais pas !!







LE MONSIEUR


Parfait !! Je
vais chercher le propriétaire, et je vous fous mon billet que je le trouverai,
et que j’achèterai sans passer par vous. Et je déposerai une plainte contre
vous.



JEANNOT


Vous n’avez
pas de témoin !



LE MONSIEUR


Oh, que si !!!
(il se tourne vers Annie) Mademoiselle a tout entendu. N’est ce pas
mademoiselle ?



ANNIE


J’ai entendu
que vous étiez désagréable avec Monsieur Jeannot.



LE MONSIEUR


Salope !!!


Pendant qu’il
sort, Annie lui crie : Ça, je suis témoin. Je l’ai bien entendu. !



JEANNOT


Annie, vous
avez été merveilleuse. Moi normalement je suis un calme, mais là, il a exagéré
ce bonhomme. Merci Annie, je m’en souviendrai.



ANNIE


Oh, y a pas de
quoi ! Je le connais ce monsieur. C’est vrai qu’il est cocu, et lui de son coté,
il est sorti avec ma copine Josette en lui promettant le mariage, et quand il a
rompu, il lui a même pas donné une bague.



JANNOT


Ça m’étonne
pas. C’est le genre de type qui ne sait pas vivre.







Après un moment de silence, il ajoute.


C’est pas le
tout, ça, mais il faudrait que je vende quelque chose, sinon, Madame Rose sera
pas contente.



ANNIE


J’ai peut être
une idée.



JEANNOT


Je vous
écoute, O mon ange protecteur en attendant plus !



ANNIE


Ne plaisantez
pas, Monsieur Jeannot, avec les choses du sentiment.



JEANNOT


Je vous le
promets, Annie jolie. Je vous écoute.

( A suivre)
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MessageSujet: JEANNOT ( Suite)   Jeannot ( Théatre. Pièce provençale) EmptyMar 15 Juin 2010 - 8:56

ANNIE


Nous avons à
la vente une petite maison en exclusivité. Il y a un client qui la veut
absolument parce qu’elle est mitoyenne avec la sienne. Mais le frère de Madame
Rose ne voulait pas la lui vendre. Vous comprenez, le client s’était présenté
aux élections contre lui !!!



Maintenant,
que peuchère, il est plus là, le frère de Madame Rose, vous pourriez aller voir
le client, et même en lui demandant 50.000 euros de plus, il achètera, et
Madame Rose chantera vos louanges de vendeur.



JEANNOT
(prenant Annie dans ses bras)



Annie, vous
êtes la femme la plus merveilleuse du monde. Je crois bien que je vais vous
aimer comme un fou. Nous aurons des enfants merveilleux. Nous en





reparlerons. Dites, vous me donnez l’adresse de ce client et
la fiche de la maison. Je vais régler ça tout de suite, faites moi confiance.



ANNIE


Oh, pour cette
affaire, je vous fais confiance : Elle est toute faite. Mais pour le reste,
comme vous dites, nous en reparlerons.



(Annie va
chercher dans le classeur clients potentiels, puis dans le classeur des
affaires, et donne les deux fiches à Jeannot)



ANNIE


Vous voyez,
l’affaire est à 380.000 euros. Je pense que jusqu’à 420 ou 430.000 euros, il
sera d’accord.



JEANNOT prend
les fiches, les lis, puis s’embrassant le bout des doigts et soufflant les
baisers vers Annie.



JEANNOT (un
peu déclamatoire)



Je vais me
battre, mon coeur, férocement, pour faire vivre notre petit groupe, et pour
vous en particulier. J’ai charge d’âme, je ne faillirai pas !!



Puis il
regarde plus attentivement la fiche et murmure.



JEANNOT


Oui. C’est
bien celle là !



Il sort en
bombant le torse et le rideau tombe.







Le rideau se
lève sur un salon banal. Un homme dans son fauteuil, lit un journal. On sonne.
Il se lève, va ouvrir et revient avec Jeannot.



JEANNOT


Vous êtes
Monsieur Mercier ?






MERCIER


Je vous l’ai
déjà dit, il y a deux secondes. Vous êtes sourd ?



JEANNOT


Oh, que non,
je ne suis pas sourd. Mais je viens parler de choses importantes, il faut que
je sois certain de m’adresser au monsieur voulu. Ça s’appelle la conscience
professionnelle.



MERCIER


Et votre
profession, c’est quoi ?



JEANNOT


Moi, Monsieur,
je suis Agent immobilier. Alors c’est sérieux !



MERCIER


Sérieux ? Oh
oui, mais n’exagérons pas.



JEANNOT


Je n’exagère
jamais Monsieur.



MERCIER


Bon. Et si
vous me disiez pourquoi vous êtes là !



JEANNOT


Pour vous
annoncer une bonne nouvelle ! Une nouvelle, que quand vous la connaîtrez vous
risquez de mourir de plaisir !!!



MERCIER


Je n’ai pas le
coeur malade. Allez y !



JEANNOT


C’est la
maison à côté.





MERCIER


Oui, et alors
?



JEANNOT


Elle est à
vous si vous la voulez, et je sais que vous la voulez !



MERCIER


Je me doutais
bien qu’après la mort de votre prédécesseur, je l’aurais : Je vous en offre
300.000 euros.



JEANNOT


Je suis comme
vous, Monsieur Mercier, j’aime bien rigoler. Mais pas en affaire. Les affaires,
c’est sérieux. Cette Maison c’est un bijou dans un écrin de verdure.



MERCIER


Ouais ! Le
bijou n’est pas en très bon état et l’écrin est défraîchi. Alors, comme vous le
dites soyons sérieux. 300.000 !



JEANNOT


Sérieusement,
je vais vous faire un prix d’ami. Vous me versez 430.000 euros et cette
magnifique maison et son jardin des mille et une nuits sont à vous. Un cadeau.



MERCIER


Pas question.
Je ne veux pas discuter. Dîtes moi quel est votre dernier prix, et je dirai oui
ou non.



JEANNOT


Dîtes,
Monsieur, je suis pauvre moi. Je n’ai pas les moyens d’avoir plusieurs prix.
J’ai charge d’âme et je n’ai pas le droit de brader la marchandise. Je n’ai





qu’un prix. Un seul ! Avantageux pour vous. Et c’est 430.000
euros !



MERCIER


Vous êtes
aussi borné que votre prédécesseur !



JEANNOT


Je peux pas
vous laisser dire ça. Lui il ne voulait pas vendre, ou du moins, la vendre à
vous. Il était borné. Moi, j’ai des principes, mais je ne suis pas borné. Je
vous la vends, et par-dessus le marché, je vous fais un prix d’ami.



MERCIER


Il n’est pas
bon d’être de vos amis. Enfin, nous n’allons pas discuter 107 ans. D’accord
pour 430.000 euros. Vous avez de la chance. J’achète parce que j’ai peur
qu’avec vos talents de vendeur, vous ne la vendiez à n’importe qui, et, si ça
se trouve, à un mauvais coucheur qui sera juste à côté de chez moi.



JEANNOT se
rengorgeant.



Mes talents de
vendeur, Monsieur Mercier vous êtes trop bon !!!



MERCIER


Mais non, mais
non !! Vous savez être tellement insupportable que pour ne plus avoir à
discuter avec vous, pour avoir la paix, on vous achèterait n’importe quoi !



JEANNOT


Ça, c’est pas
gentil de me dire ça ! Mais vous savez comme disait Jules, il n’y a que le résultat
qui compte !!!

( A suivre)
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MessageSujet: JEANNOT ( FIN)   Jeannot ( Théatre. Pièce provençale) EmptyMer 16 Juin 2010 - 9:28

MERCIER


Ce n’est pas
Jules. C’est Machiavel.



JEANNOT


Oui, mais
c’est Jules, mon cousin qui me l’a appris !



MERCIER


Vous voyez :
Vous avez toujours le dernier mot !



(À ce
moment-là, une jeune femme entre en chantonnant)



LA JEUNE FEMME
(elle fait un clin d’oeil à Jeannot)



Oh, pardon !
Excuse moi, Papa, je ne savais pas que tu étais avec quelqu’un. (elle fait un
second clin d’oeil à Jeannot)



MERCIER
(faisant les présentations)



Ce quelqu’un
est un Agent immobilier, Monsieur Jeannot. Voici ma fille Aurore.



JEANNOT


Oh, Monsieur
Mercier ! Comme vous avez bien fait de lui donner ce prénom ! Mademoiselle,
vous avez la fraîcheur d’une matinée de printemps, vous avez la beauté des
statues antiques, vous avez le charme…



MERCIER


Arrêtez
d’énumérer les qualités de ma fille, sinon, nous serons encore là demain matin.



AURORE




Oh Papa,
laisse le finir sa phrase. Vous disiez, le charme ?



JEANNOT


Té ! Monsieur
votre père m’a coupé l’inspiration. C’est délicat l’inspiration, un petit
souffle d’air et pfffuitt, elle est partie.



AURORE


Alors je
saurais jamais quel est mon charme ?



JEANNOT


Oh que si.
Votre papa m’a coupé l’inspiration, mais maintenant que vous êtes là, vous êtes
ma Muse.



Mademoiselle
Aurore, vous avez le charme discret et envoûtant des parfums capiteux de
l’Orient.



MERCIER


Bigre ! Vous
n’auriez pas du être Agent immobilier mais poète !



JEANNOT
flatté.



Vous croyez ?
Après tout, je crois que vous avez raison. Et un poète ne doit pas estamper les
gens. Pour la maison d’à côté, pour les beaux yeux de Mademoiselle Aurore, je
vous la fais à 380.000 euros. Je n’estampe jamais ! C’est mon principe !



MERCIER


Vous êtes un
authentique poète, Monsieur Jeannot ! À principes, mais poète.



JEANNOT
suffisant.



Oui, je crois
!



AURORE
(souriant à Jeannot)





Combien en
vouliez vous de la maison, avant que j’arrive ?



JEANNOT


Avant, je veux
dire avant votre divine apparition, nous avions pris accord à 430.000 euros.



AURORE


430.000 euros
moins 380.000, ça fait tout juste 50.000 euros. Comme tu étais d’accord sur le
premier prix, et que c’est grâce à moi que le prix a baissé, tu me dois 50000
euros mon petit papa. Et tu y gagnes encore sur les frais de notaire !



MERCIER


Ma fille n’est
pas une poétesse, elle !! Bon… Allons, je suis bon prince : je t’en donnerai la
moitié.



AURORE


Je ne vois pas
pourquoi on partagerait. D’ailleurs, si tu ne me donnais pas 50.000 euros, je
suis sûre que Monsieur Jeannot reviendrait à son prix de départ. C’est vrai,
Monsieur Jeannot, hein ?



JEANNOT


Certainement,
Mademoiselle Aurore. Le vrai prix est 430.000 euros. C’est votre beauté et
votre joie de vivre qui ont obtenu un rabais. Il est certain, qui si à cause de
votre papa, vous n’étiez plus heureuse, il n’y aurait plus de rabais. C’est
logique, non ?



AURORE


Bien sûr que
c’est logique. Vous êtes très gentil Monsieur Jeannot.



JEANNOT
(galant)



Ce n’est pas
être gentil que de reconnaître la beauté.



MERCIER


Vous avez
bientôt fini tous les deux ?







(a sa fille) : Bon. Tu les auras, tes 50.000 euros. Mais
qu’est-ce que tu vas en faire ?



AURORE


Je pense que
nous allons d’abord aller dans les îles grecques pendant 8 jours avec monsieur
Jeannot.



MERCIER


Quoi ? Mais
enfin tu plaisantes Aurore !! Tu ne vas pas partir avec ce monsieur que tu ne
connais pas !



AURORE (riant)



Oh, que non
!!! Ce n’est pas un inconnu. Nous nous connaissons depuis longtemps et nous
nous sommes même fiancés… pour de rire bien sûr, quand on était petits. Mais
maintenant que j’ai de l’argent et qu’il a une situation où il est très fort,
nous allons nous marier.



MERCIER


Vous vous
connaissez depuis longtemps ?



Tu ne vas pas
me dire que cette comédie sur le prix de vente était un coup monté ?



AURORE


Ecoute, mon
petit papa, cela doit te faire plaisir. Tu constates que l’on se débrouille
bien, lui, c’est un excellent Agent immobilier, tu l’as dit toi-même, et moi,
je ne suis pas idiote non plus. Nous ferons un bon couple.





Ah ! il faut que
je te demande : Tu ne voulais pas qu’il y ait n’importe qui à côté de chez toi,
alors je crois que tu aimerais bien que nous soyons tes voisins. Tu pourrais
nous prêter la maison que tu viens d’acheter, qué ? Ce serait bien pour tous !



JEANNOT


Et soyez sans
crainte, Monsieur Mercier !!! Elle sera bien entretenue, votre maison qui sera
un petit peu la notre. Faites nous confiance ! (À Aurore) Tu viens ma belle ?
(À Monsieur Mercier) je reviens demain pour la signature du sous seing privé.



AURORE


Et tu me
verseras ma petite commission papa !



JEANNOT


Ah, oui ! Il
faut que vous veniez avec les sous d' Aurore, parce que, je ne sais pas si vous
la connaissez bien, mais moi, si !!! Et si elle n’a pas ses sous, elle voudra
pas qu’on signe le sous seing privé à 380.000 euros. C’est pas vrai Aurore ? Et
peuchère, vous seriez obligé de signer à 430.000 euros. Ce serait bête, qué ?



AURORE


Te fatigue pas
mon Jeannot. Il me connaît mon papa, il sait que je suis sérieuse, et il
viendra avec les sous.



JEANNOT


Comme ça,
c’est bien. Parce qu’un accord, c’est un accord. C’est mon principe, bon papa !



Le rideau
tombe.



FIN
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