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 "Madame, il y a le feu à la baraque !" Sommaire, 4ème de couverture et intro

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cathecrit
Collectionneuse d'éphémère
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MessageSujet: "Madame, il y a le feu à la baraque !" Sommaire, 4ème de couverture et intro   Ven 11 Juin 2010 - 3:54

«MADAME, IL Y A LE FEU A LA BARAQUE !»

SOMMAIRE......................................................................... 1

Introduction (1 page)(écrit).................................................. 5

Texte A : Clown de service (en cours)

Chapitre 1 : Déménagement (3 pages) (écrit) ................................................................................. 6
..
Texte B : Collection d'instants fugaces(écrit)(2 pages et demi).. 9

Chapitre 2 : En travaux... (3 pages) (Écrit).................................................................................. 12

Poésie A : Souffrance (écrit)………………………………………………………

Chapitre 3 : Arthrodèse :c'est pas un nouveau sport ! (4 pages) (écrit)................................................................................. 16


Poésie B : Foule d’images (écrit)...................................................... 20
Ultime séparation (écrit)................................................. 21

Chapitre 4 : Convalescence (5 pages) (écrit).................................................................................... 22

Gravure a : Les yeux du bord de mer (dessiné)..……………………........... 27

Chapitre 5 : En travaux, suite et fin (3 pages) (écrit)(écrit)............... 28

Chapitre 6 : Du mariage jusqu'en eaux troubles... (3,5 pages) (Écrit). 32

Texte : Arc-en-ciel (écrit)………………………………………………………………….. 36

Chapitre 7 : La révélation (6 pages) (écrit)…….................................. 37

Texte C : Qu'enserre (écrit)………………………………………………………………... 44

Chapitre 8 : Chimiothérapie chez les schtroumpfs (3 pages) (Ecrit) ........46

Texte D : Pour une poignée de cheveux (2,5)………………………………............48

Gravure b : Calque de l'homme de Druillet (dessiné)…………………........ 51

Chapitre 9 : Grand désordre partout……………………………………………………… 52

Texte D : Pink crasy (0,75) (écrit)

Chapitre 10 : Vitesse de croisière ……………………………………………………………

Gravure c : Paysage de Brenne (peint)

Chapitre 11 : « Second look » (1 page) (en cours)………………………………………..

Texte E : Dernière chimio

Gravure d : Promenade en ciel de mer (peint)

Chapitre 12 : Rémission……………………………………………………………………..

Gravure e : 3 roses pour un merci (peint)

Texte F : Plaidoyer à l'égard de la patience (écrit)

Chapitre 13 : Le syndrome du canal carpien

Gravure f : Queues de baleines (peint)

Chapitre 14 : 7 ans de rémission............................................................................................



Epilogue............................................................................................58
L'idée est d'intercaler les chapitres avec quelques uns de mes textes poétiques ou de mes dessins et peintures. Le fil rouge devrait rester le titre du livre.
« MADAME, IL Y A LE FEU A LA BARAQUE ! »
En quelques mots, pour donner envie de lire... (A lire au dos du livre)

J'ai toujours aimé rire. Rire et faire rire. Depuis bien avant le collège, j'aime cela. Je ne sais plus depuis quand... j'aime l'humour bien sûr, quelque soit sa couleur, du noir au blanc. Et puis surtout, faire rire est pour moi comme une seconde respiration. Un plaisir intense et irraisonné dont j'use et abuse dès que je peux ! Et cela sans toujours préparer ni préméditer mes actions.

J'ai toujours aimé écrire. Enfin depuis le collège. Depuis cette époque, j'écris des poésies et j'ai souvent noircis un journal intime où jeter mes émotions, bonnes ou mauvaises. Et puis écrire, ça fait partie de mon travail et je l'utilise tout le temps, plutôt avec bonheur paraît-il !

J'ai toujours aimé tendre la main, aider mon prochain, en l'écoutant, en commentant et en échangeant avec lui. J'ai souvent beaucoup voulu aider malgré la volonté de ceux que je croisais d'ailleurs... Il paraît qu'aider, c'est un peu dominer et ma volonté profonde est d'aider mon prochain, mais pas à tout prix, pas surtout contre sa volonté. J'ai appris cela depuis peu.
Et puis j'ai rencontré, au détour de ma vie, de sacrés pépins et de vrais drames, parfois dans une succession effrayante qui, si elle m'a fait croire à la loi des séries, m'a néanmoins fait réagir et m'a jusqu'ici, toujours sauvée !
Rire, écrire, aider en utilisant mon vécu personnel. Ce sont les 4 vecteurs qui m'ont amenée à écrire ce livre. J'ai fais un pas vers ceux qui, rencontrant comme moi des difficultés qui les déconcertent, les abattent ou les font douter, consciemment ou pas, essayaient de s’en sortir. A eux, à vous de faire l'autre pas. Ou pas. Ce sera votre pas, votre choix...


Introduction

Même si ça doit vous paraître un gros rien vantard, je suis quelqu'un de bien. Je veux dire quelqu'un qui aime apporter le bien, quelqu'un qui a une morale, une ligne de conduite quoi ! Bon je ne dis pas que je ne fais toujours que du bien (loin de là), mais j'essaie de tendre vers cela.

J'ai la chance d'avoir vécu pas mal de belles choses et cela m'a sans doute aidé à supporter les aléas (le mot est faible) de ma vie aux multiples méandres. Et puis j'ai la chance d'avoir aussi le caractère à relativiser assez vite, à chercher le positif dans une situation qui ne l'est pas, ou alors à en rire, à en faire de l'humour. Et à voir surtout que de bonnes choses surviennent souvent après les mauvaises, pour peu que je sache les voir et en prendre conscience ! Bref, je vois le verre à moitié plein quand d’autres le voient à moitié vide.

Et puis, il faut accorder une place spéciale au fait, le plus important, de comprendre le pourquoi des mauvais événements qui nous arrivent au cours de notre vie. Comprendre pourquoi il fallait que ça nous arrive et surtout comment transformer cela en positif. Réfléchir à mieux se connaître, mieux se comprendre (nous-mêmes et nos proches) : ça pourrait être le programme de toute une vie, non ?

Dernièrement, on m'a dit que j'avais une plume rigolote et alors je me suis dit : Oui, pourquoi je n'essaierais pas d'écrire mon histoire à ma façon, avec l'habillage humoristique dont j'affuble la plupart de mes dires et de mes écrits ?

Bien sûr, il y a la peur de la fameuse « page blanche » et pour avoir du mal à commencer un dessin, une peinture, je sais combien ça peut bloquer. Moi je dis que c'est commencer qui est difficile. Et là, en plus, je ne sais pas trop par où commencer mon histoire... par quel bout la prendre…

A moins qu’elle ne commence en Essonne où je me suis installée voici 5 ans avec ma petite famille recomposée...
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cathecrit
Collectionneuse d'éphémère
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MessageSujet: Chapitre 1,2 Collection d'instants fugaces et Souffrance   Ven 11 Juin 2010 - 4:13

Texte 1 : Clown de service

D'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours aimé faire le clown partout où je me trouvais. Parce que j'aime faire rire. Enfin j’aimais. Être le centre d'intérêt aussi..
Et pourquoi diable est-ce que j'aime être le point de mire ? Ben faut bien, si l'on aime faire rire parce que du coup on l'est souvent (le point de mire) ! Bon, c'est un peu mince comme explication, je reconnais... Alors 'psychologions' un peu...

Oh, bien sûr la vie m'a apprise qu'il n'était pas judicieux de toujours faire le guignol. Parce qu'à la longue, à force de ne faire que le guignol, on fini rapidement par vous prendre pour un guignol... En fait, lorsqu’on a appris cela il faut savoir aussi ou et quand faire le guignol.... Parce qu’il y a des lieux et des moments propices à la guignolerie et d’autres pas. Alors là, pour peut qu'on aime pratiquer la chose, on peut s'éclater ! Et puis il faut je crois, savoir s’économiser lorsqu’on veut faire rire vraiment. Je veux dire qu’à certains moments, il est bon de rester en retrait et, tout en gardant la fibre humoristique bien éveillée, on peut s’amuser beaucoup en observant les autres. Je m’adonne souvent à ce jeu là. J’espère que les autres font de même en m’observant à leur tour

Bien sûr, il faut un public : amis, famille ou spectateurs imprévus et souvent tous improbables et éphémères groupies…


Chapitre 1 : Déménagement

Pour de multiples raisons, nous avons décidé, mon homme et moi de partir vivre ailleurs. D'abord parce qu'il fallait cette nouvelle respiration à notre couple (nous vivions dans la maison que j'avais acheté avec mon premier mari). Ensuite, parce A., mon ami (mon homme, ma moitié, mon ti cœur, c'est le même : c'est Alain !) mettait souvent plus d'une heure et demie pour aller de la maison à son atelier et que ça lui était si pénible que certains soirs, il rentrait dormir chez sa mère qui demeure plus près de son travail (et puis pas que pour ça, mais c'est une autre longue histoire...). Enfin, je travaillais dans des secteurs ZEP (Zone d'éducation Prioritaire) depuis des années et avec des enfants en difficulté depuis 4 ans et j'estimais ne pas pouvoir pleinement exercer mon métier, parce qu'il fallait la plupart du temps, répondre aux urgences. De plus, nous souhaitions vivre dans un département plus aéré, plus calme. Et plus près de la campagne.

Donc, après en avoir parlé à mes enfants Nicolas, 14 ans et Quentin, 10 ans (qui n'étaient pas chauds au début, je l'avoue, mais ils s'y sont faits, petit à petit...), l'automne 2003 puis l'hiver et le printemps 2004 passeront, avec, chaque week-end, le même programme pour Alain, mon compagnon et moi : rouler plus ou moins vite d'un département à l'autre, du nord-est au sud pour visiter une, 2 voire 3 maisons.

Dès le début du mois de janvier, nous tombons littéralement amoureux d'une maison qui nous paraît juste fabuleuse (en fait, la maison de nos rêves à tous les deux), aperçue à la vitrine d'une agence qui nous emmène la voir... de la rue ! Parce que les propriétaires sont en vacances pour trois mois et n'ont laissé leurs clefs à aucune agence... ça n'arrive qu'à nous un truc pareil ! Plusieurs agences nous disent même qu'ils l'ont en vente depuis 4 ans mais qu'ils ne la font plus visiter parce que les propriétaires veulent un type précis, et qu'en plus, le plancher de 2 chambres n'est pas terrible (même que des visiteurs ont refusé d'acheter à cause de ça)... Et nous, pendant des semaines (de la mi-janvier au 19 mars en fait), nous allons aller chaque semaine visiter d’autres maisons et revenons chaque fois «baver» devant la maison désespérément vide de nos rêves. Et chaque fois s'imposera à chacun de nous en son fort intérieur la même idée («c'est celle-là et aucune autre»).

La maison de nos rêves... Elle mérite bien un ou deux paragraphes ! Elle est construite assez loin de la rue et nous y serons plus au calme. Nous apprendrons par l'agence qu'elle est construite sur un terrain de plus de 500 mètres carrés, ce qui est absolument suffisant pour nous. Le jardin est joliment paysagé, devant comme derrière avec un potager au fond. Le style extérieur de la maison est genre breton avec une porte et une petite fenêtre arrondies, entourées de pierres de taille en granit rose de l'Yonne. Il y a aussi beaucoup de bois : fenêtres à petits carreaux, volets, porte d'entrée et du garage. A l'intérieur, on est accueilli par une entrée cathédrale très lumineuse. La moitié inférieure des murs de l'entrée sont recouverts de panneaux de chêne. L'escalier menant au premier aussi en chêne, les portes fenêtres à petits carreaux également. A l'étage, en haut de la mezzanine on voit très bien une partie de la charpente. Nous profitons d'un séjour double traversant (c'est-à-dire, plus de 35 m2 et avec une porte-fenêtre à chaque bout de la pièce) qui bien qu'un peu sombre est un bel espace avec une cheminée. Étant tous deux aquariophiles, un bac planté de 600 litres trône au côté droit de la cheminée. A l'arrière de cette salle à manger se trouve une terrasse plein nord.

Il y a, au rez-de-chaussée, 2 petites chambres servant pour l'une à la la fois de bureau, soit de chambre à coucher dès que ma belle-mère vient à la maison et pour l'autre, soit de lingerie/salle de peinture, soit de chambre à coucher pour mes parents (ils ont récemment acheté un lit et un sommier gonflables, très pratique en attendant d'acheter un canapé/lit qui soit parfait, aussi bien qu'un couchage classique. Jouxtant une les 2 chambres se trouve une salle d'eau avec urinoir et sans aucun rangement, mais mon homme prévoit de remplacer l'antique grand lavabo sur pied par une vasque encastrée dans un panneau de bois exotique surmontant un petit meuble de rangement. A l'étage, hormis une vaste mezzanine, se trouvent 3 grandes chambres et une grande salle de bain en marbre. Plus un w.-c. à part et un genre de grand cagibi ou l'on ne se déplace que courbé. Au-dessus, on a encore la place pour mettre une grande pièce mansardée. Enfin, il faudrait faire pas mal de travaux.

Enfin, les propriétaires ayant réintégrés leur résidence principale, une visite est prévue pour un vendredi soir. Nous piaffons tout simplement d'impatience ! Et ne regrettons pas le déplacement car le coup de cœur pour l'extérieur se confirme à l'intérieur. Certes, il faut aimer le rustique et les boiseries, mais c'est justement notre cas. Et puis la maison est saine (ça nous changera de la mienne), elle est loin de la rue, donc calme. Et il y a assez de chambres pour recevoir qui nous voulons dans les chambres du rez-de-chaussée.

La signature de la promesse de vente vient couronner nos efforts, mais nous ne sommes pas au bout de nos surprises et il nous faudra suer carrément « sang et eaux » avant d'aller signer chez le notaire... J'adresse là un merci particulier à notre banque et leur assureur qui ont fait très fort pour nous mettre des bâtons dans les roues... Sans oublier l'agence immobilière.

Citons en pagaille l'avenant à la promesse de vente (suite à une erreur de la part de l'agence : noter comme apport personnel en monnaie sonnante et trébuchante la valeur de ma maison qui n'est pas encore vendue, alors que j'ai demandé un crédit-relais !) que j'ai dû taper moi-même à force de voir celles de l'agence truffées d'erreurs, l'offre de prêt de la banque où l'on m'accordait généreusement pas moins de 72 ans d'ancienneté (oui il faut croire que les emmerdements, ça conserve rudement bien!!). Et cette fameuse offre qui au lieu des 45 jours a mis 4 mois à nous être accordée à cause du fait que je suis diabétique. Eh oui, les assureurs n'assurent que s'ils sont sûrs qu'il n'y a absolument aucun risque ; s'il y a le moindre risque, ils font en sorte que vous leur rapportiez encore plus ; pour moi, ce fut la prime d'assurance doublée chaque mois et, pire encore (vous verrez plus tard...), l'exclusion totale de l' I.T.T. (Incapacité Temporaire de Travail). Et, tout à l'idée de voir les vendeurs casser la vente (puisque la date de vente était dépassée) alors que j'avais signé pour vendre ma maison au 15 septembre, j'ai accepté les conditions de l'assurance du crédit qui étaient pourtant hors la loi puisqu'ils auraient dû mettre une exclusion d' I.T.T. avec un numéro concernant le diabète.

Nous avions initialement prévu de déménager le 16 juillet 2004 mais cela s'est finalement déroulé le 27 août, tous justes 3 jours avant la rentrée des classes... Ce fut une rentrée sur les chapeaux de roues et plus d'une fois, dans les premiers jours, j'ai furieusement désespéré retrouver les indispensables cartons contenant soit les affaires scolaires de mes enfants, soit les draps pour dormir ou encore un minimum de vaisselle pour éviter se nourrir à la Cro-Magnon !

Et moi qui comme la plupart des femmes ne suis pas douée pour le sens de l'orientation (surtout en ville), j'ai connu quelques moments de panique le matin en accompagnant mon fils au collège, puis en tenant de rallier l'école où j'allais travailler... Le soir, je reprenais en sens inverse ma route à tâtons. Pareil pour aller à la poste, à la banque, ou chez tout un tas de petits commerçants genre cordonnier, bijoutier, couturier, puisque notre nouvelle commune est toute petite et que la rue commerçante se résume à un rond-point pourvu de 7 ou 8 commerce très basics !

Le point positif c'est qu'il est beaucoup plus facile de circuler dans cette commune (et celles environnantes) que là où nous habitions auparavant. Au début, je suis même toujours surprise des gestes de politesse des automobilistes, moi qui suis plutôt habituée à me faire forcer le passage accompagné des gestes obscènes ayant cours dans le département... Je trouve vraiment une différence de tissu urbain. De plus c'est une commune où l'on trouve très peu d'immeubles et il est interdit de construire plus de 3 ou 4 étages... Il y a encore beaucoup de petits pavillons que les parisiens se faisaient construire dans les années 50 pour aller «passer le week-end à la campagne». Et puis l'on trouve beaucoup de pavillons plus récents dont certains sont de vraies merveilles. Je serai ainsi les premiers mois toujours contente d'écumer les rues de ma ville, avec, flottant vaguement dans mon esprit, l'idée que je visite la région, comme quand je découvre un coin de vacances... Et j'ai encore parfois ce sentiment lorsque je me lance dans un coin inconnu.

Mon ami Alain a eu la bonne idée d'acquérir un GPS et j'avoue que c'est vraiment extra pour aller à une adresse inconnue et plus pratique que le plan de banlieue à consulter vite-fait pendant le feu rouge alors qu'il nous faut déjà au moins 3 minutes pour nous repérer dessus et que juste au moment où l'on retrouve le fameux «vous êtes ici», bien entendu, le feu passe au vert ! D'ailleurs vous avez sûrement remarqué que les feux rouges nous en veulent et ne passent au vert que lorsqu'on les souhaitait rouges pour chercher une paire de lunettes, un bâton de rouge ou à se retrouver sur ce maudit plan de banlieue. Mais il est toujours rouge vif lorsque nous n'avons que notre montre à consulter alors que l'heure de la sortie des classes est déjà passée et que, du coup, on arrivera trop tard à la banque et qu'on se paierai la queue à la poste ... Bref, les feux rouges sont les ennemis jurés de la plupart des femmes !

Enfin, malgré toutes les aides à ma disposition, je me perd souvent et cela va durer plusieurs mois, selon les différentes courses à faire et du fait qu'il me faut retrouver un bon cordonnier, teinturier, fleuriste, boulanger, etc... Et chaque fois, les premiers mois, j'aurai droit à l'effet «Chic ! Je suis en vacances, je découvre le coin ! » Au fil du temps, mes actions devenant par la force des choses quotidiennes, cet effet disparaîtra, hélas, peu à peu.

Tout de même, je suis un peu gênée de ne plus avoir près de chez moi ni mes amis, ni mes parents, ni mon ex-belle famille avec qui j'ai gardé de bons contacts. Désormais pour voir les uns et les autres, il faut se farcir minimum 45 minutes de la fameuse A86, quand elle n'est pas bouchée, auquel cas il faut bien souvent multiplier par deux ces 45 minutes. Le tout bien sûr, aller et retour....
On est donc sûr de circuler dans les embouteillages, soit à l'aller, soit au retour. Mais je ne veux pas trop me plaindre, car j'ai souhaité déménager. Mais mes parents, eux n'ont pas du tout souhaité me voir m'éloigner... Je les ai toujours informés de mes projets au fur et à mesure, pour que ce soit mieux accepté mais enfin je m'inquiète quand même à l'avance pour le temps où ils auront plus souvent besoin de moi.... Et ce temps-là n'est pas si loin puisqu'ils sont tous deux assez malades (diabétiques, à l'insuline pour ma mère, qui souffre du dos depuis plus de 30 ans, le tout saupoudré de désespoir, et a eu un cancer du sein il y a 5 ans et mon père a eu un accident vasculaire cérébral hémorragique il y a 6 ans ; depuis il est épileptique, perd peu à peu ses facultés : vue, audition, sens de l'orientation, équilibre et cela empire doucement mais sûrement).

Comme je l'ai dis plus haut, moi aussi je suis diabétique depuis 8 ans. Je ne pouvais guère y échapper, ayant plusieurs de mes ascendants (en plus de mes parents) atteints de cette maladie dégénérescente. Mais on vit très bien de nos jours avec cette maladie, pourvu que l'on se surveille et à l'aide de quelques comprimés, puis, inéluctablement de petites piqûres.

Alors oui, c'est contraignant mais comme je ne cesserai de le dire tout au long de ces pages, c'est bien mieux qu'à l'époque pas si lointaine où les diabétiques ne disposaient de RIEN et mourraient de leur foutue maladie ! Aujourd'hui, on ne meure de son diabète que si on l'ignore et encore ça met du temps et puis c'est d'autant plus idiot que ça va attaquer certains organes comme les reins ou les yeux tout en bouchant gentiment nos artères, mais rien de foudroyant ; Donc, mieux vaut soigner son diabète que de se retrouver dialysé, aveugle ET toujours diabétique !!!


TEXTE A :
COLLECTION D'INSTANTS FUGACES

Je suis une collectionneuse.

Je collectionne les grenouilles en pierre, je collectionne les kangourous -à défaut d'en avoir de vrais-, je collectionne les poissons en verre ou en porcelaine et puis les requins et les baleines en plastiques, les plus rares possibles.

Petite, je collectionnais les timbres dans des albums, les sauterelles dans des sacs en plastique. Et les mauvaises notes en maths. Mais j'ai arrêté. Trop de boulot. J'ai aussi collectionné les fautes d'orthographe mais je n'aimais pas non plus : trop de mauvaises notes et trop de copie. Enfin ça a été long.

J'ai collectionné les ortho-machin ; c'était des gens dont le métier est de réparer ce qui ne va pas chez toi : orthophoniste, orthoptiste, orthodontiste. Ils ont fait ce qu'ils ont pu : je fais encore des fautes, je porte des lunettes et j'ai encore quelques dents de travers... Mais rien de catastrophique.

Vers 14/15 ans, j'ai collectionné les boutons rouges, noirs et blancs que peu d'entre nous ont la chance d'éviter. J'ai collectionné pas mal de maladies et encore aujourd'hui, mais je n'ai pas envie d'en parler, parce que ça fait partie des collections que je n'ai pas souhaité faire. C'est mon corps qui a décidé.

C'est souvent que notre corps décide à notre place et qu'on y peut rien. Mais souvent aussi en fait, on ne le sait pas la plupart du temps, mais souvent, il a raison. Questionnez-le ou prenez le temps de l'écouter, vous verrez qu'il a raison.

Non que l'esprit ait tout le temps tord, mais justement, l'esprit fait de l'esprit et oublie sur quoi il est implanté. Un peu comme une plante qui oublierait ses racines et se prendrait pour une plante épiphyte. Ouais, je fais de temps en temps la collection de mots rarement usités. C'est marrant, ça agrémente, ça empêche que le lecteur qui fait pas gaffe ne s'endorme sur les mots trop connus.

Et puis je collectionne les images. Pas dans mes tiroirs et ni dans un album. Dans ma tête.

Enfin si, quand même, je collectionne des images que j'aime bien, des images que j'ai faites moi-même avec une boîte qui règle tout toute seule ; bon des photos. Mais y a pas que les classiques photos-famille ou photos-portrait ou paysages, il y a les photos prises pour servir de modèles pour en faire des tableaux, alors ce ne sont plus que de bêtes photos qui vont dormir dans un album ou dans la pochette du photographe... Mais je mets aussi des images dans ma tête, quand j'ai pas le temps de faire une photo et que la vue vaut vraiment le coup. Alors je me dis « photo » au moment où l'image pourrait être photographiée et comme ça l'image peut y trouver refuge. Bien sûr pour ne pas l'oublier, il faut aller la voir de temps en temps.

Ainsi, j'ai la « photo » d'une petite fille qui joue dans la terre. Elle est accroupie et me regarde. Il y a le ciel très bleu, la végétation très verte (avec pourtant pleins de verts différents) et la terre très noire parce que c'est une région très volcanique du Rwanda. Pourtant c'est cette petite fille en maillot rouge qu'on voit le mieux. Ça aurait fait une très belle photo, je l'aurais fait agrandir, je l'aurais encadrée, j'aurais été fière. Mais elle est bien là, au chaud dans mes pensées. Je la partage avec celui qui fut ce jour là près de moi. Dans mon souvenir, la petite fille me regarde et c'est ce regard-là ou plutôt notre échange à cette seconde là dont je suis le plus fière.

Et c'est ça ma plus belle collection. Une collection de regards.

Il y a le regard de ce bébé tout petit que j'ai croisé l'autre jour et qui m'a suivie des yeux longtemps simplement parce que je faisais pareil.

Il y a le regard de cette enfant le jour où elle a compris comment faire pour lire un mot sans mélanger les sons et celui de cet enfant surpris que je ne lui grille pas sa place à la boulangerie.

Il y a mon regard stupéfait le jour où, dînant dans un petit resto à la frontière entre le Mexique et le Guatemala, j'avais abandonné l'os de ma patte de poulet à un chien famélique et où quelques instants plus tard, je l'ai vu défendre son bien avec un gosse encore plus maigre que lui.

Il y a le regard de mon homme lorsque je lui plais et que c'est réciproque.
Il y a le regard plein de joie et d'émotion de mon prof de théâtre lorsqu'il vient nous féliciter à la fin d'une scène particulièrement réussie.

Il y a tous les regards de bonheur joyeux que j'ai croisé le jour où je me suis mariée et le regard d'émotion humide dans les yeux de son mari le jour où j'ai lu l'épitaphe de sa femme décédée brusquement.

Il y a de par le monde des milliers de paires d'yeux avec lesquels nous n'accrocherons pas, mais il y a des millions de regards avec lesquels, sans un mot, sans un geste et sans même une parole, nous accrocherons de suite, parce qu'en même temps nous avons été témoins de quelque chose qui un instant nous a réunis. Et parce que cela nous a donné du bonheur, nous ne l'oublierons pas. Même si c'était un bonheur emprunt de tristesse. Nous ne l'oublierons pas.

Parce que ces rencontres-là sont absolument imprévisibles et qu'elles nous sortent du quotidien.

Voilà pourquoi c'est ma plus belle collection.

Parce qu'elle me donne du bonheur sans compter et m'aide à meubler les longs moments d'attente, à égayer les jours de peine ou alléger les heures de souffrance. Et voilà pourquoi j'encourage tous ceux et celles qui sont parvenus jusqu'à ces lignes à démarrer eux aussi une belle collection du même genre. Mais, à bien y réfléchir, je suis sûre que, beaucoup d'entre vous l'ont commencée depuis longtemps. Sans s'en apercevoir.

C'est fou tout ce qu'on peut faire sans s'en apercevoir.... 10 septembre 2007

Chapitre 2 : En travaux !...

Donc, nous voilà dans LA maison de nos rêves et nous sommes heureux. Mon compagnon Alain s'affaire à tout faire fonctionner parfaitement et nous passons du temps dans les magasins de meubles du coin.

Je nourris secrètement l'espoir qu'Alain pourra un jour fabriquer notre lit et de jolis petits chevets mais.... cela s'avérera finalement impossible puisqu'il faut d'abord honorer les commandes et que ces commandes là rapportent... Nous irons donc dans un magasin spécialisé commander le fameux lit dont je rêve, modèle Louis-Philippe en merisier. Et puis en comparant tous les lits, notre choix s'arrêtera sur un modèle proche du style que j'affectionne mais sans pied de lit, ce qui convient mieux aux 1,80 m de mon compagnon. Nous décidons de prendre un lit de 1,60 m et nous ne le regretterons jamais, c'est une largeur qui me paraît idéale.

Ayant quelques économies personnelles, je parviens à convaincre mon compagnon qui est moins dépensier que moi (normal, c'est un homme et je suis une femme) (il y a de bonnes chances pour que ceci vous évoque des choses...) d'acquérir aussi un superbe buffet toujours Louis-Philippe. Je suis ravie, c'est très beau et ça me change des meubles de piètre qualité et de style très différent qui me restent de ma vie d'avant mon divorce. A cette époque, nous aimions les meubles en bois clair. Aujourd'hui, je préfère de beaucoup les bois un peu plus foncés et le fameux style Louis-Philippe, ou bien le rustique qui du reste va très bien avec le style de la maison.

Parallèlement, nous décidons de démarrer les travaux prévus au premier étage, puisque toutes les chambres sont à refaire. En effet, au contraire du reste de la maison auquel nous ne toucherons pas puisqu'il est impeccable et que les couleurs nous plaisent (hormis la couleur un peu trop orange de l'entrée cathédrale), le choix des couleurs posées sur les murs et le plafond des trois chambres est pour le moins curieux et en tout cas inadapté : pour la notre : moquette d'un rose assez soutenu, murs et plafond en papier bleu marine ( ! ), pour la seconde donnant sur l'arrière de la maison plafond en papier gris, moquette murale rouge vif ( !! ) autour du velux côté mansardé et beige de l'autre et pour la troisième donnant comme la première sur le devant de la maison plafond en papier beige, moquette murale vert forêt autour de la fenêtre ( !!! ). Il faut savoir qu'un papier recouvrant un plafond fini toujours par se décoller. Et ça donne à l'ensemble un genre vieillot mo moche qui donne envie de tout décoller de suite.

Notre future chambre se trouve d'un côté de la maison avec la salle de bain en marbre rose (s'il vous plaît), le tout sur plancher béton, alors que de l'autre côté, les deux chambres qui seront celles de mes enfants se trouvent au-dessus de la salle à manger et ont un plancher bois qui, d'après mon menuisier-ébéniste de compagnon, a été très mal posé, sans aucune isolation phonique (c'est vrai qu'il grince affreusement par endroits, et qu'il est tellement «gondolé» qu'on ne peut y poser du parquet comme nous le souhaitions).

Mon compagnon étant du métier va refaire d'abord notre chambre, aidé de moi-même et de ma belle-mère (essentiellement pour ce qui concerne la mise au propre de la pièce) et surtout d'un collègue peintre à la retraite. Après que les murs et le plafond aient été remis à neuf (plafond peint en blanc et murs recouverts de papier beige discrètement brillant) mon ami va s'attaquer au sol qu'il va recouvrir d'un joli parquet flottant façon merisier clair. Nous sommes ravis de l'effet général classique, mais très lumineux. Nous passerons beaucoup de temps à nous occuper de fignoler les rideaux et doubles-rideaux de la fenêtre (ben oui, c'est dur de mettre des doubles-rideaux à la moumoute ! Une fois l'éclairage posé, nous allons pouvoir emménager dans Notre chambre puisque jusqu'ici nous dormions dans la salle à manger où du reste nous n'étions pas si mal, puisque notre lit faisait face à la cheminée et que régulièrement nous nous faisions le plaisir d'une ch’tite flambée.

Nous sommes très contents et dans ma tête mûri un projet d'intermède aux antipodes que je mijote depuis longtemps, vraiment longtemps : partir tous les quatre au Kenya. Déjà, au moment de divorcer de mon 1er mari, nous nous étions dits que le premier de nous deux qui retournerait au Kenya emmènerait nos fils et recevrait l'aide financière de l'autre. Précisions que j'ai attrapé la bosse des voyages avec mon ex avec lequel j'ai pas mal voyagé, notamment en Afrique orientale : Kenya donc, Rwanda, ex-Zaïre, Botswana, Afrique du Sud à la toute fin de l'apartheid et un petit bout du Zimbabwe (je ne résiste pas au plaisir de noter que nous avons fait du rafting juste après les Chutes Victoria ! Mais cela fera peut-être l'objet d'un prochain ouvrage, qui sait). Avec Alain, nous avons fait un petit périple marin d'une semaine à bord du plus vieux gréement de France, le « Anne-Christine ». Nous avons vogué en mer méditerranée et avons même affronté un temps assez gros la dernière nuit. Cela aussi est une autre histoire... Donc, après de multiples discussions, car les enfants hésitent et mon ami préférerait rester la semaine au bord de l'eau à plonger alors que je leur propose un safari où il faudra en quelque sorte courir un peu pour suivre le mouvement. Mais bon, je réussis à convaincre mon monde et je vais retenir le voyage dans une agence hyper connue qui fait du safari pas cher (et tous types de voyages bien sûr). Je me réjouis à l'avance (je pourrais même dire que je m'en lèche les babines, c'est plus imagé et vous comprenez qu'en fait je saute de joie et d'impatience !!!) de ce voyage en famille qui est prévu pour les vacances de Pâques.

Après notre chambre, il est décidé de refaire la chambre avec le velux et sera celle de Quentin, puisqu'il l'a choisie. Par hasard, beaucoup de caisses de jouets ont été déposées dans l'autre chambre (elle sert d'ailleurs plus ou moins de 'salle de jeux ' aux enfants) et il est plus facile de déménager celle de derrière. Elle va être refaite comme la première mais c'est mon fils qui choisira le papier. Étant cavalier, ce sera un papier bleu avec des nuages et des chevaux. Pour le côté mansardé, ce sera un papier bleu clair légèrement brillant. Le plafond sera blanc pour renvoyer la lumière. Tout se passe bien et sans embûche et, là aussi, nous sommes contents du résultat.

Mais la chambre n'est pas près d'être habitable puisqu'il faut refaire le plancher entièrement. Comme je l'ai déjà dis, le plancher est plus que pas terrible : il a été cloué et du coup, il grince de partout ; ensuite c'est un plancher qui ondule comme une tôle ondulée (sans rire) et nous qui voulons poser du parquet ne le pouvons pas puisque par endroits il y a des variations de plus de 3 cm ou disons qu'en posant un grand niveau de 2 mètres de long on peut parfois glisser sa main dessous ! Impressionnant. Alain, mon menuisier-ébéniste de compagnon se demande comment il est possible que les constructeurs de la maison aient installé les poutres porteuses du plancher avec plusieurs centimètres de décalage (je veux dire qu'elles ne sont pas toutes au même niveau). Nous ne savons toujours pas pourquoi aujourd'hui. Nous avons maintes fois demandé les plans aux anciens propriétaires qui les détenaient puisqu'ils ont fait construire ce pavillon, mais ont toujours fait la sourde oreille pour nous les donner. Curieux...

Donc, nous entrons dans une période de travaux difficile et pénible (la suite des événements le montrera Ô combien) puisqu'il va falloir retirer ou plutôt arracher (au pied de biche d'ailleurs) les panneaux d'aggloméré qui constituent le fameux plancher. La suite des dits travaux en deviendra vraiment délicate car on sera obligé, pour se déplacer, de marcher uniquement sur les poutres puisque entre celles-ci est fixé un placo-plâtre qui sert de plafond à l'étage au-dessous et ne peut en aucun cas supporter le poids d'un être humain quel que soit son âge...

Il s'agit donc de travaux dangereux et nous faisons une grossière erreur, je le dis tout net, en laissant les enfants y aller (ils nous aident parfois). J'y vais moi-même, ce qui est aussi une erreur puisque je ne suis pas du métier. On a beau savoir que c'est dangereux et qu'il faut marcher ici et pas là, à longue, on s'habitue, on va plus vite et...

De surcroît, il n'y a pas que la chambre qui a 'perdu' son plancher. Il y a aussi une partie du palier puisqu'il se trouve au-dessus du salon-salle à manger et que toutes cette partie est en plancher bois. Ce qui fait que pour aller dans l'autre chambre, celle qui fait salle de jeux, il faut passer par une partie du palier rendue dangereuse vu qu'il faut marcher seulement sur les poutres...

Un week-end, le samedi pour être précise, travaillant dans cette fameuse chambre (ce long travail d'extrême précision consiste à remettre chaque centimètre du plancher de niveau afin que l'ensemble soit parfaitement plat), mon ami Alain pose mal son pied et, alors que je suis à quelques mètres en train de travailler à mon ordinateur qui est installé sur la partie 'plancher-béton' du palier, j'entends un grand bruit (ce sont 2 panneaux de placo qui tombent bruyamment au sol du rez-de-chaussée) et, tournant la tête je vois mon ami à terre, se cramponnant aux poutres, les fesses dans le vide d'un côté et les jambes pareilles, de l'autre ! Je suis terrifiée à l'idée qu'il aurait pu faire une chute de 3 mètres environ. Et des conséquences de cette chute !

Le lendemain après-midi de ce même week-end, alors que mon homme est occupé à poser le nouveau plancher sur le palier, celui de la chambre étant refait, je décide d'aller chercher mes enfants. Ils sont allés jouer dans la chambre-salle de jeux et j'ai trop peur qu'en jouant (ou en se chamaillant, ce qui arrive très souvent), ils sortent en courant de cette chambre et passent au travers du placo. D'ailleurs, quelques heures plus tôt, j'ai placé un carton sur ce morceau qui est juste devant l'entrée de la chambre pour éviter que quiconque ne marche là.

Et voilà que j'avance d'un pas vif vers la porte de la chambre tout en discutant avec Alain. Je fais 2 pas sur le plancher qui vient d'être posé et j'oublie qu'il y a ces 40 centimètres qui ne sont pas recouverts de ce nouveau plancher. J'avance et je fais un pas, un de trop, juste là où il ne faut pas. Le placo-plâtre cède aussitôt sous mon poids et en un instant je tombe à l'étage au-dessous, trop surprise pour tenter quoique ce soit. En chutant je me cogne contre une poutre. Ma mémoire refuse de se souvenir comment je suis tombée car je ne me souviens pas d'avoir cogné cette poutre ni de comment je suis tombée.

Je me retrouve sur le carrelage, assise sur ma cuisse gauche, mes jambes repliées à ma droite et appuyée sur l'avant-bras gauche, groggy, hébétée, ne comprenant pas pourquoi le décor de la salle à manger s'offre à mes yeux alors que j'étais au premier. J'entends des cris venant du premier mais je suis comme dans une sorte de bulle étrange, ne parvenant pas à m'en extraire. J’ai l'impression que je participe à un film, mais de l'intérieur, tout en restant spectatrice et où tout se déroule au ralenti. La douleur irradie en un point de mon dos ; cela fait comme un soleil dont les pointes douloureuses s'amplifient à chaque instant et me ramènent à l'instant présent. Je réalise avec horreur que c'est bien moi qui suis tombée et que les conséquences risquent d'être terribles... Elles le seront. Toutes...


Cependant, une partie de mon cerveau, semble-t-il à part de toute idée de danger sanitaire immédiat, décide que, pour n’affoler ni enfant ni conjoint (tu parles, ils y sont déjà, affolés… ça court partout !), il vaut mieux ne pas faire appel au S.A.M.U. Donc, à retenir pour tous hein –et je le dis sur un ton plaisantin parce que je ne peux hélas pas revenir sur la boulette mais que ce soit clair j’ai, on a eu tord- : si l’un de vos proches passe comme moi au travers du plancher, ne l’écoutez pas s’il vous dit que tout baigne (une personne en état de choc n’est pas maître de ses moyens, surtout pas d’évaluer une situation d’urgence qui la concerne au premier chef) et surtout NE LA DEPLACEZ PAS. Et APPELEZ LES SECOURS !!

TEXTE B :
SOUFFRANCE



Cette nuit-ci ne veut pas m'offrir le repos.
Elle me laisse éveillée et tous sens acérés,
L'œil aux aguets, la pensée vagabonde
Et le corps en émoi, terrassé de douleur

Depuis des heures, j'en ressens chaque partie :
Ça bat et ça frémit, ça lance et ça gémit ;
Ça brûle et ça fourmille, ça crépite et ça crie.
Et je crie en silence, écœurée de souffrance !

Lentement, les minutes assassinent les heures,
Et je les parcours dans toutes les positions.
Puis le cri des oiseaux doucement cherche l'aube.
Cette nuit rien à faire, je ne dormirai pas.

Je me relève et j'écris pour tuer ce temps
Qui chaque jour assurément me tue pourtant...
Alors gagne-t-on des heures en la nuit veillant
Ou bien perd-t-on sa vie à fuir le repos ?

Vivre dit-on c'est chaque jour mourir un peu...
Alors souffrir permet de se sentir vivant...
Et d'oublier ses souffrances en écrivant,
Porter ses sens plus haut et prendre du plaisir...


Cathecrit, 24-08-2007
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MessageSujet: Re: "Madame, il y a le feu à la baraque !" Sommaire, 4ème de couverture et intro   Ven 11 Juin 2010 - 4:20

Chapitre 3 : Arthrodèse : c'est pas un nouveau sport !

Il y a des morceaux de verre partout, c'est un aquarium boule que j'ai dû entraîner dans ma chute (on m'avait offert des poissons en verre et j'avais acheté ce truc qui en fait est tout sauf un aquarium, il faut le savoir. Aucun vrai aquariophile ne me contredira). C'est un peu drôle de parler de ces morceaux de verre mais cela fait partie du décor que j'ai vu quand j'ai regardé autour de moi. Je retranscris au plus près ce que j'ai vu et ressentis.

Je suis peu à peu envahie par une douleur qui sera de plus en plus insoutenable. Je pense à vérifier que je bouge mes jambes et je me dis qu'alors, (stupidement il est vrai) c'est que rien n'est trop grave...J'entends Alain qui descend en trombe l'escalier tout en hurlant quelque chose que je ne comprends pas aux enfants. Il est furieux car il les estime responsables puisque j'allais les chercher. Alors que nous n'aurions jamais dû les laisser aller jouer ne serait-ce qu'une seule fois.

Or, nous l'avons fait et j'estime qu'ils n'y sont pour rien. Mais nous nous en parlerons plus tard... Alain déboule dans la pièce et me demande si ça va. Je fais oui de la tête. J'ajoute aussitôt que j'ai mal. Dans le mouvement Alain ou les enfants me ramènent coussin, verre d'eau et doliprane. Je suis entourée de milliers de morceaux de verre de toutes tailles et Alain me propose de m'aider à me relever. Il veut m'installer sur le lit de mon fils Quentin qui est au rez-de-chaussée. Nicolas nous demande s'il ne serait pas plus sage d'appeler le S.A.M.U. ou les pompiers. Alain l'envoie plus ou moins promener et moi, loin de me douter de ce que j'ai, je ne veux effrayer personne en déclenchant ce genre de mécanique.

Donc, Alain me relève et je vais marcher avec son soutien et celui de Nicolas jusqu'au lit de Quentin. Il y a bien une trentaine de pas et c'est difficile. Mais c'est bien plus dur de m'allonger car le lit est bas. Aucune position ne me soulage et le moindre mouvement m'occasionne des douleurs terribles. Moi qui croyais qu'une fois allongée et comptant sur l'effet du comprimé, cela irait mieux, je suis rapidement forcée de me rendre à l'évidence : je dois aller à l'hôpital passer des radios. Je le dis à Alain et vu mon visage, il est d'accord. Là encore, nous allons passer à côté de l'évidence et moi qui suis habituée à agir comme il faut lorsqu'à l'école un élève se blesse, je vais me lever et marcher jusqu'à la voiture alors que les douleurs irradient tout le dos et deviennent intolérables. Nous partons vers l'hôpital le plus proche, il faut rouler environ 10 minutes mais cela va durer assez longtemps car chaque trou, chaque bosse de la route sont autant de tortures... Alain a allongé le siège passager, il a ajouté des coussins. Et m'y installer aura été tout aussi difficile que de m'en extraire. Je suis à bout de forces. Et ce sont des brancardiers qui, se précipitant pour me soutenir, m'aideront à faire les derniers mètres jusqu'au brancard.

Je souffre tant que je peux à peine m'expliquer. La seule position qui me soulage un peu et que l'on m'autorise c'est de replier mes jambes au-dessus de mon ventre et de les maintenir avec mes bras. Mais je dois évidement rester sur le dos. J'y resterai longtemps. Vraiment très longtemps...

Lorsque l'équipe médicale apprend ce qui m'est arrivée, ils sont stupéfaits du nombre de mouvements accomplis d'une manière si risquée depuis la chute et nous disent que nous avons fait une folie qui risque de me coûter la marche. Mon ami Alain va se faire carrément enguirlander dans la salle d'attente. Je réalise, bien que souffrant chaque minute un peu plus, qu'ils ont hélas raison. Après m'avoir perfusé pour calmer la douleur, on m'emmène passer une échographie pour vérifier si je ne suis pas enceinte et si aucun organe n'est touché.

Puis je vais passer quelques radios et je n'oublierai jamais le diagnostique très cru du médecin urgentiste : «Elle est en vrac votre vertèbre ! ». Et moi « En vrac ? » Alors lui «Ben oui elle est cassée en mille morceaux et il y en a tout près du conduit de votre moelle en plus. Vous avez vraiment de la chance qu'ils ne l'aie pas percé.»

Plus tard, on me dira aussi, d'abord que j'ai une étonnante résistance à la douleur (c'est elle qui m'a fait tenir ainsi, là où la plupart des gens n'auraient pas pu se relever) et que mon squelette est très solide parce qu'avec une telle chute, j'aurais pu avoir plusieurs fractures... Mais l'équipe médicale a beau me dire que «j'ai de la chance», j'ai du mal à voir les choses sous cet angle et mes pensées trottent à toute allure...

La journée est foutue, la journée et la semaine oui ! Voire sûrement le mois, peut-être même plus... Je pense au boulot, il va falloir que j'appelle les collègues parce que je ne serai sûrement pas à mon poste le lendemain, lundi (ça me fait suer, j'aime mon boulot). Et soudain, je réalise que sûrement aussi, il faudra annuler notre voyage au Kenya (ce qui me fait encore beaucoup plus suer que le boulot). La suite des événements montrera combien je vais regretter de ne pas être classiquement passé par l'escalier, ce que beaucoup, pour plaisanter, me diront plus tard... Effectivement, c'est moins rapide, certes, mais finalement plus sûr, et ce n'est rien de le dire !

Mon ami a prévenu sa mère de l'accident et vu la tournure des événements, il est nécessaire qu'elle vienne rapidement à la maison pour s'occuper de mes enfants. Là je dois dire merci Nicole parce qu'elle n'a pas fini de me rendre service, et sans jamais rechigner. Carrément épatante. Quant à moi, je vais patienter encore un peu aux urgences, le temps de me trouver un lit dans le service d'orthopédie chirurgicale. Alain file me chercher quelques accessoires indispensables à mon bien être hospitalier bien imprévu.

On va me faire passer un scanner dont il faudra attendre le résultat pendant quelques heures. L'orthopédiste présent ce week-end (un peu jeune à mon avis) vient me voir. Il nous parle, en attendant, de me faire porter un corset façon seconde peau pendant 3 mois, histoire de laisser à ma vertèbre le temps de se refaire, si ce n'est une santé, tout du moins une bonne cure de repos. Cela m'étonne franchement puisqu'on m'a parlé d'esquilles d'os issues de ma vertèbre L1 frôlant le «tuyau» dans lequel coule ma moelle épinière. J'ai rarement vu un corset -aussi serré soit-il- faire disparaître des morceaux d'os. Pour réparer ça, pas moyen à mon avis d'éviter le 'coup de billard'. Le médecin ajoute néanmoins que la décision finale ne sera prise que le lendemain par l'équipe des médecins chirurgiens orthopédistes. Cela me paraît effectivement être le mieux.

Un peu plus tard, lorsqu'Alain, crevé et contrarié comme jamais (le pauvre, l'a pas fini avec moi ; le pire c'est que je ne blague même pas.) lorsqu'il sera reparti, solitaire, vers notre domicile, ce même orthopédiste reviendra me voir à 3 reprises, puisque je ne dors pas, vu les douleurs installées au bas de mon dos et malgré les antalgiques. Ayant eu entre temps le compte-rendu du scanner, il passera quelques heures à étudier ces résultats et viendra modérer son premier avis pour finir par me dire tout à fait le contraire, c'est à dire qu'il vaut mieux penser à l'opération qu'à autre chose. Ça ne m'étonne pas, ça me rassurerait même plutôt. Parce que je ne veux pas rester avec ces morceaux de ma vertèbre comme autant d'épées de Damoclès. Enfin je ferais moins la fière une fois la table d'opération en vue. Pour sûr...

Dès le lendemain, 9 heures pétantes, comme il me l'avait été dit, l'équipe des Chirurgiens orthopédistes surgit à la porte de ma chambre. Un costaud moustachu semble mener la meute m'affirme d'ailleurs sans autre préambule qu'on va effectivement m'opérer d'ici une paire d'heure car je suis une urgence. Me voilà à la fois rassurée et morte de trouille. Mais bon, je n'ai pas le choix. Dès qu'ils se précipitent au chevet du suivant, je préviens Alain par un message laconique qui fait l'effet d'une bombe. Derechef, il m'appelle et je sens le ton de sa voix incrédule : « Mais enfin, hier il n'était question que d'un corset...» Le pauvre, il ne supporte pas l'idée que l'on m'ouvre, même pour une bonne raison.

Alors je lui explique qu'avec le scanner l'obligation d'opérer a paru évidente pour ôter les esquilles d'os, étant donné les risques de paralysie des jambes. Il me dit qu'il me trouve calme et je lui explique que j'ai eu la nuit pour m'y faire et que dès la veille, cette solution m'était apparue la meilleure. Vite, il faut raccrocher car on doit me préparer pour l'opération. Je laisse mon pauvre cœur à ses interrogations...

En moins de deux je suis déshabillée (il faut m'aider car je ne peux me lever), toilettée comme un toutou, rasée et préparée pour la salle d'op., comme ils disent. Le brancardier est là et via les couloirs me confie au second brancardier réservé au transport des malades dans l'enceinte du 'bloc' comme ils disent aussi. On me souhaite bon courage et je souris mollement. Je patiente un moment dans le couloir puis, on vient me chercher et, je ne sais pourquoi, l'on m'abandonne dans un coin de la salle où, très bientôt on va m'ouvrir pour remettre de l'ordre dans ma colonne. Et sans plus me calculer, arrivent 2 infirmières dûment masquées apportant chacune un chariot rempli d'instruments (dont quelques scies qui pourraient sans doute servir à mon mari qui, rappelez-vous est menuisier-ébéniste...). Ça me refroidit salement, moi qui n'avait déjà pas chaud vu la température qu'il règne dans le bloc (on a beau savoir que c'est normal, avoir froid n'aide pas à se sentir mieux et puis je n'ai qu'un drap sur moi). Les chariots sont à moins d'un mètre de moi mais les 2 infirmières discutent ferme et repartent sans un mot ni un regard dans ma direction.

Mais ce qui m'effraie le plus, ce sont les 2 types en tenues vertes qui sont affairés autour de la table d'opération. Ils ont rajouté au milieu par-dessus la table 2 espèce de boudins et sont très occupés à les fixer et à calculer, et je les entends : « Il faut que ça tombe exactement à l'endroit où l'on va 'ouvrir' et 'écarter' ». Ils parlent d'étirer la colonne et je déglutis péniblement en pensant qu'il s'agit de la mienne. C'est un vrai supplice de voir et d'entendre tout cela. Brusquement, je me sens aspirée par une angoisse qui enfle inexorablement et m'emporte en un cri de révolte et de désespoir ! : « Je ne veux pas voir tout cela, je n'ai rien à faire ici ! Occupez-vous de moi parce que sinon, ça va me faire crever et ce sera même plus la peine de m’opérer !! »

L'anesthésiste entre en trombe suivit d'un vol d'infirmières en formation serrée. Le médecin (qui en fait est une femme) me fait des excuses en prenant fait et cause pour moi puisque, effectivement, on n'aurait jamais dû me faire rentrer si tôt. Les deux types m'ont jeté un court regard mais poursuivent leur tâche qui semble essentielle à la réussite de l'opération. Mais l'équipe d'anesthésistes s'affaire autour de moi, on me parle d'un ton rassurant, on me perfuse gentiment et on m'assure que dans un instant je serai endormie... Ils disent vrai, ma conscience s'évapore...

Le réveil est terrible. D'abord je mets un temps fou à me sortir du maelström dans lequel on m'a plongée. Un peu plus tard, je me débats et j'essaie d'arracher mon masque d'oxygène à tel point, qu'il faut m'attacher. Du coup, je reste plus longtemps en salle de réveil. L'opération a duré presque 3 heures.

Il a fallu enlever plusieurs esquilles d'os venues se placer très près du canal de la moelle épinière, essayer de remettre le mieux possible ma vertèbre en place car elle s'est déplacée et se trouve affreusement écrasée, poser deux plaques le long des 3 vertèbres (L2, L1 et S je ne sais plus combien) puis enfoncer des grosses vis dans ces 3 vertèbres (oui grosses, on n'en doute pas lorsqu'on voit les radios... Je les offre à votre vue atterrée pour que vous ne fassiez pas le même faux-pas que moi). Enfin (je ne sais plus trop pourquoi), il a fallu aussi me déplacer certaines vertèbres je crois). Je crois, parce que tout cela n'est pas détaillé dans le compte-rendu opératoire que l'on me donnera plus tard. Ou alors j'ai loupé une phrase, ou pas compris du tout ce qu'on me disait. Mais je garde à l'esprit la vision des deux types qui préparaient la table d'opération et parlaient de positionner et d'écarter mes vertèbres... Le problème c'est qu'on nous en dit aussi peu que possible et qu'il faut perpétuellement aller à la pêche aux infos sans se décourager... pas facile lorsqu'on est dans son lit sous morphine et sans pouvoir bouger.

Alain et sa mère qui sont venus à 19 heures et pensaient me voir dans ma chambre sont très inquiets de ne pas m'y trouver. Peu après qu'on les ait rassurés sur mon compte, un brancardier me ramène enfin. Je suis apathique. On m'a installé une pompe à morphine pour que je dose moi-même, selon la douleur, combien je dois m'injecter d'anesthésiant. Alain doit se pencher sur ma bouche pour comprendre le peu que je lui dis. Ils me sourient et ma belle-mère fait des signes d'encouragement mais je vois bien que leurs visages sont inquiets et tendus.

Mais le pire, c'est que malgré tous les antalgiques, je souffre terriblement. Ce sera mon lot quotidien des quelques jours suivants et ce ne sera pas le pire à supporter. Souvent on croit endurer l'impensable et puis, survient un événement, un petit rien ou un gros quelque chose qui se rajoute douloureusement à l'impensable. Pour moi, ce sera la mise au fauteuil dès le lendemain par les infirmières du service, sous les ordres d'une kiné vaguement présente prenant elle-même ses ordres du grand ponte du service, celui-là même qui m'a opérée la veille, mais que je ne verrai pas le temps où l'on va m'asseoir. Me voilà donc au fauteuil et il est environ 11 heures.

Imaginez alors ma tête lorsque je demande combien de temps on va me laisser là et que les infirmières (hélas c'est vrai toujours très occupées parce qu'en nombre archi insuffisant) me disent qu'elles me laisseront au fauteuil pour le repas !!! Au bout de 10 à 15 minutes la douleur est devenue fulgurante et furieuse. Je ne sais plus comment me mettre. D'autant que je n'ai que bien peu de marge de manœuvre. Alors, après que ma voisine ait sonné sans succès, je me lève en m'accrochant au lit tout proche et fait 3 pas, soutenue par ma voisine de chambre qui doit être opérée d'un doigt un peu plus tard. Je remercie cette femme encore aujourd'hui car elle m'a aidée à sortir du fauteuil de la torture. Il n'y a pas d'autre mot. Je me remets au lit en prenant soin d'utiliser les habitudes que ma mère utilise depuis si longtemps, elle qui souffre du dos depuis toujours, c'est-à-dire sur le côté pour se coucher sans déplacer sa colonne ni utiliser mes abdominaux.

Surprise des infirmières lorsqu'on vient m'apporter le repas. «Mais qu'est-ce que vous faîtes au lit vous ?» (C’est vrai, inhabituel pour un malade opéré de la veille non ?) J'hésite dans le choix de mes réponses : «Je me détends et j'y arrive bien mieux que dans votre foutu fauteuil !» ou «A votre avis ?» ou encore «Si on vous le demande...» ou même «Je passais par là et j'ai vu un plumard vide alors je m'y suis installée, vu que je n'ai rien à faire en ce moment.» Je vous laisse deviner ce que j'ai répondu.

Par la suite, j'ai refusé qu'on me laisse au fauteuil où je me sentais si mal. J'en parle à Alain qui prenait de mes nouvelles et il me donne l'idée d'appeler la Clinique Arago pour avoir l'avis soit du chirurgien qui l'avait opéré de son hernie discale en 2001, soit du rhumatologue qui travaille avec le chirurgien. Je saute sur l'idée et téléphone «dans la foulée». La secrétaire ne fait pas obstacle et on me passe le rhumato. Après lui avoir exposé les faits, il me conseille, au lieu de refuser frontalement de m'asseoir, de contourner la chose en faisant plusieurs déplacements dans la journée, et en étant rapidement autonome pour me laver (debout bien sûr, même si c'est en 3 fois) ou tout autre chose. Ensuite, il me conseille de voir son collègue chirurgien orthopédiste pour avis. Ce que je ferai. Et bien m'en fera...
L'hôpital me «sort» rapidement, 6 jours après l'opération, avec une simple ordonnance de di-antalvic. Mais oui ! Et je vous passe le retour en ambulance de courses, avec passage sur dos d'âne en trombe et moi (et ma belle-mère) hurlant de concert et d'indignation à l'arrière... Ceux-là ne nous transporterons plus nulle part. Ou alors, c’est qu’ils conduiront le corbillard ! Le lendemain, j'ai du mal à obtenir un rendez-vous pour que mon médecin de famille passe chez moi. La secrétaire a reçu des ordres qu'elle applique à la lettre. Enfin quand même, il passe et me prescrit de la morphine pour soulager l'affreuse douleur qui a eu le temps de s'installer depuis la veille ou l'on m'a retiré la pompe à morphine... Je vais aussi récupérer un déambulateur qui a servi à ma grand-mère et il me sera bien utile au début. Si, si.
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MessageSujet: Re: "Madame, il y a le feu à la baraque !" Sommaire, 4ème de couverture et intro   Sam 12 Juin 2010 - 0:01

Juste un tout petit passage discret, pour dire qu'actuellement je lis très peu sur écran, mais je n'oublie pas que beaucoup de textes m'attendent. Ce sera pour "dès que possible" et "petit à petit". J'ôterai même ce message quand tu seras repassée par là, Cath, pour ne point interrompre la suite de la pièce.

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MessageSujet: Re: "Madame, il y a le feu à la baraque !" Sommaire, 4ème de couverture et intro   Dim 13 Juin 2010 - 6:10

V'la enfin la suite... J'ai honte... Tout ce temps alors que c'est écrit depuis des lustres !!
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Romane
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MessageSujet: Re: "Madame, il y a le feu à la baraque !" Sommaire, 4ème de couverture et intro   Lun 7 Fév 2011 - 3:21

Heureusement que tu en parles dans l'autre fil, j'avais complètement zappé ! Rolling Eyes Embarassed Bon. Promis, juré, craché, je reviens te lire dès que possible. Ah ben zut alors !

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MessageSujet: Re: "Madame, il y a le feu à la baraque !" Sommaire, 4ème de couverture et intro   Lun 7 Fév 2011 - 22:47

Non, non, pas besoin d'excuses du tout. Si je te faisais la liste de tout ce que j'ai oublié de lire ici, sur le Cercle et sur Signes.... je crois que je ferais pêter la toile !!!

mdr

Tu prends ton temps et moi je pense à poster la suite. OK ? Et merci d'être passée.
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MessageSujet: Re: "Madame, il y a le feu à la baraque !" Sommaire, 4ème de couverture et intro   

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"Madame, il y a le feu à la baraque !" Sommaire, 4ème de couverture et intro
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